Texte d'or
“Car le fruit de la lumière consiste en toute sorte de bonté, de justice et de vérité.” (Éphésiens 5:9, LSG) · Lire dans la Bible
La leçon présente les neuf vertus du fruit de l'Esprit dans trois relations (avec Dieu, avec le prochain et avec soi-même), montre que ce fruit se cultive tout au long de la vie, en demeurant en Christ comme le sarment sur la vigne, et explique pourquoi un don sans fruit finit comme à Corinthe. Le don se reçoit tout prêt ; le fruit, l'Esprit le produit lentement.
Tout le monde veut être utilisé par Dieu. Tout le monde veut voir Dieu agir par ses mains pendant le culte, sentir la puissance, avoir un don. Et c'est une bonne chose : la Bible elle-même ordonne de rechercher les dons avec zèle (1 Corinthiens 12:31). Mais faites un test honnête : avez-vous déjà vu une file d'attente devant l'autel pour demander la longanimité ? Pour demander la maîtrise de soi ? Eh oui. La leçon d'aujourd'hui porte sur ce que presque personne ne demande et qui manque le plus quand le culte se termine et que les lumières s'éteignent.
Le texte d'or dit où ce fruit apparaît : "Car le fruit de la lumière consiste en toute sorte de bonté, de justice et de vérité." (Éphésiens 5:9). La bonté, la justice et la vérité ne sont pas des choses faites pour l'estrade. Elles apparaissent à la maison, dans la salle de classe, dans le groupe de messages, dans la façon de traiter celui qui a mal agi envers vous.
La lecture en classe comporte deux passages, et tous deux sont lus : Jean 15:1-8, où Jésus se présente comme le cep, et Galates 5:19-25, où Paul met côte à côte les œuvres de la chair et le fruit de l'Esprit. Lors du dernier cours, vous avez vu que le sarment ne porte du fruit qu'attaché au cep. Aujourd'hui, nous abordons le fruit lui-même. Le parcours suit la revue en trois étapes : les neuf vertus du fruit, comment il se cultive et quelle est la relation entre le fruit et les dons spirituels. Et une phrase accompagne toute l'étude : le don se reçoit ; le fruit se cultive.
Avant de commencer, un avertissement. Personne ne sortira d'ici avec neuf objectifs à atteindre d'ici dimanche. Ce serait un effort humain déguisé en vie de croyant, et non le fruit de l'Esprit. Le fruit vient de Lui. Votre part est de rester attaché à Celui qui le produit.
I — Le fruit de l'Esprit
Un seul fruit, neuf saveurs
Paul fait tout tenir en deux versets : "Mais le fruit de l’Esprit, c’est l’amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la bénignité, la fidélité, la douceur, la tempérance ;" (Galates 5:22). "la loi n’est pas contre ces choses." (Galates 5:23).
Remarquez bien ce qui est écrit : le fruit, et non les fruits. Ce sont neuf vertus, mais un seul fruit, comme une grappe de raisin. Ce n'est pas un menu où chacun choisit les trois qui correspondent à son tempérament et laisse les autres à ceux qui "ont des facilités". L'Esprit travaille l'ensemble tout entier, en son temps et au rythme de chacun.
אב Dans l'original — grec. Dans Galates 5:22, le mot traduit par "fruit" est karpós, au singulier. Trois versets plus tôt, Paul appelle ce que la nature humaine produit les œuvres de la chair, avec érga, au pluriel (Galates 5:19). Le contraste est volontaire : la chair se disperse dans de nombreuses directions et divise la personne de l'intérieur ; l'Esprit forme une seule vie, entière et cohérente.
Les œuvres de la chair apparaissent juste avant, dans la lecture en classe (Galates 5:19-21). Paul y rassemble des péchés de plusieurs sortes : ceux du corps, de la fausse religion, des relations (inimitiés, querelles, jalousies, colères, Galates 5:20) et des excès (ivrogneries, excès de table, Galates 5:21). Et il avertit que ceux qui commettent de telles choses n'hériteront pas du royaume de Dieu (Galates 5:21). Paul parle de celui qui vit de cette manière, et non de celui qui trébuche, se repent et se relève. La liste n'est pas là pour que vous comptiez les péchés des autres. Elle est là pour montrer le contraste : d'un côté, ce que la nature humaine produit toute seule ; de l'autre, ce que l'Esprit produit chez celui qui appartient à Christ. Le péché en soi est le sujet d'un autre cours. Aujourd'hui, l'accent est mis sur le fruit.
La revue organise les neuf vertus en trois relations : avec Dieu, avec le prochain et avec vous-même. Paul n'a pas divisé la liste ainsi, mais cette division aide à voir où le fruit apparaît dans la vie réelle.
Avec Dieu : amour, joie et paix
Amour. C'est la première de la liste et la plus grande de toutes : "Maintenant donc ces trois choses demeurent : la foi, l’espérance, la charité ; mais la plus grande de ces choses, c’est la charité." (1 Corinthiens 13:13). C'est par amour que Dieu a planifié toute la rédemption : "Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu’il ait la vie éternelle." (Jean 3:16). Et cet amour ne naît pas en nous ; il est répandu : "Or, l’espérance ne trompe point, parce que l’amour de Dieu est répandu dans nos cœurs par le Saint-Esprit qui nous a été donné." (Romains 5:5). C'est pourquoi Jean dit : "Pour nous, nous l’aimons, parce qu’il nous a aimés le premier." (1 Jean 4:19). Sans cette première vertu, les huit autres ne deviennent que de la bonne éducation. Et la bonne éducation, aussi excellente soit-elle, n'est pas le fruit de l'Esprit.
Joie. C'est l'allégresse, mais pas celle que l'on ressent uniquement quand tout va bien. C'est la joie qui fait traverser la tribulation au croyant tout en continuant à faire confiance, même si la victoire tarde. L'ordre est court : "Soyez toujours joyeux." (1 Thessaloniciens 5:16). Cette joie n'interdit pas la tristesse : Jésus lui-même a pleuré (Jean 11:35). C'est la joie qui demeure sous la tristesse, parce qu'elle s'appuie sur qui est Dieu, et non sur ce qui est en train de se passer.
Paix. La revue la définit bien : la tranquillité d'un esprit libre du mal, remis au Prince de la paix. Ce n'est pas l'absence de problèmes ; c'est le fait de ne pas être gouverné par le tourment intérieur. Celui qui est de l'extérieur ne comprend pas d'où elle vient : "Et la paix de Dieu, qui surpasse toute intelligence, gardera vos cœurs et vos pensées en Jésus-Christ." (Philippiens 4:7).
❤ Pour votre vie — la paix ne signifie pas ne jamais ressentir d'anxiété. Un croyant rempli de l'Esprit traverse aussi des nuits d'angoisse. Si l'anxiété ou la tristesse ne s'en vont pas, ne le cachez pas et ne culpabilisez pas : parlez-en à vos parents, à votre pasteur et, si nécessaire, cherchez une aide professionnelle. Demander de l'aide n'est pas un manque de foi.
Avec le prochain : longanimité, bénignité et bonté
Longanimité. Le mot veut dire "souffle long", une patience profonde. C'est la patience de côtoyer celui qui vous offense sans riposter à l'instant même. Ce n'est pas faire semblant de ne pas avoir eu mal. C'est retenir la réplique tranchante qui était déjà prête, afin que les choses ne se règlent pas à chaud. Paul demande cela à l'Église : "en toute humilité et douceur, avec patience, vous supportant les uns les autres avec charité," (Éphésiens 4:2).
❤ Pour votre vie — la longanimité ne consiste pas à supporter l'agression en silence. Être patient avec un camarade pénible est une chose. Supporter l'agression, l'humiliation, la menace ou l'abus en est une autre, et la Bible ne vous demande pas cela. Si quelqu'un vous fait du mal, à la maison, à l'école, sur internet ou même à l'église, parlez-en dès aujourd'hui à un adulte de confiance : vos parents, votre enseignant, votre pasteur. L'adulte règle le problème ; vous, vous prévenez.
Bénignité. C'est la bienveillance qui ne souhaite de mal à personne et veut le meilleur pour tous, au point de se réjouir quand l'autre réussit. "La charité est patiente, elle est pleine de bonté ; la charité n’est point envieuse ; la charité ne se vante point, elle ne s’enfle point d’orgueil," (1 Corinthiens 13:4). Remarquez le verset qui vient juste après la liste du fruit : "Ne cherchons pas une vaine gloire, en nous provoquant les uns les autres, en nous portant envie les uns aux autres." (Galates 5:26). La bénignité est la vertu qui manque le plus quand quelqu'un de votre classe ou de votre groupe obtient précisément ce que vous vouliez : la place, la note, le compliment, l'attention. Et Paul relie cela au pardon : "Soyez bons les uns envers les autres, compatissants, vous pardonnant réciproquement, comme Dieu vous a pardonné en Christ." (Éphésiens 4:32).
Bonté. C'est faire le bien sans rien attendre en retour : "Ainsi donc, pendant que nous en avons l’occasion, pratiquons le bien envers tous, et surtout envers les frères en la foi." (Galates 6:10). La revue lance deux avertissements. Le premier est contre la bonté d'apparence, celle qui existe pour être vue et qui disparaît quand personne ne regarde ni ne filme. Le second est doctrinal : les bonnes œuvres ne mènent personne au Ciel. "Car c’est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu. Ce n’est point par les œuvres, afin que personne ne se glorifie." (Éphésiens 2:8-9). La bonté est le résultat du salut, et jamais son prix.
Avec vous-même : foi, douceur et tempérance
Foi. Ici, le mot a le sens de fidélité : être loyal envers Dieu, digne de confiance, quelqu'un qui tient parole. C'est la fidélité qui maintient la personne ferme quand apparaît la tentation d'être infidèle. Ce n'est pas la même chose que le don de la foi que vous avez étudié parmi les dons : celui-là est une capacité accordée pour le service ; celle-ci est un trait de caractère. En pratique, c'est être le même croyant à l'église et devant sa copie d'examen quand le professeur ne regarde pas.
Douceur. C'est l'humilité et la modestie, le contraire de l'orgueil. C'est parler avec calme, réfléchir avant de réagir, ne pas avoir besoin de gagner toutes les discussions. Jésus a dit : "Heureux les débonnaires, car ils hériteront la terre !" (Matthieu 5:5), et il s'est décrit lui-même comme doux et humble de cœur (Matthieu 11:29). Être doux, ce n'est pas être faible. C'est être fort sans avoir besoin de l'afficher.
Tempérance. C'est la maîtrise de soi, le contrôle de soi, savoir vivre avec modération. La revue donne deux exemples très concrets : dépenser plus que ce que l'on a et ne pas réussir à freiner sa langue. Jacques parle de la langue sans détour : "Nous bronchons tous de plusieurs manières. Si quelqu’un ne bronche point en paroles, c’est un homme parfait, capable de tenir tout son corps en bride." (Jacques 3:2). Et Paul utilise l'image de l'athlète : "Tous ceux qui combattent s’imposent toute espèce d’abstinences, et ils le font pour obtenir une couronne corruptible ; mais nous, faisons-le pour une couronne incorruptible." (1 Corinthiens 9:25). "Mais je traite durement mon corps et je le tiens assujetti, de peur d’être moi-même rejeté, après avoir prêché aux autres." (1 Corinthiens 9:27). La tempérance ne consiste pas à ne jamais ressentir d'envie. Elle consiste à ne pas être gouverné par elle, que ce soit l'envie d'acheter, de répliquer, de rester une heure de plus devant l'écran ou d'aller là où l'on ne doit pas aller.
אב Dans l'original — grec. "Longanimité" traduit makrothymía, de makrós, "long", et thymós, "souffle, colère" : mettre du temps avant d'exploser. "Tempérance" traduit enkráteia, de krátos, "force, maîtrise" : avoir de la force sur soi-même. Les deux mots parlent de puissance, mais d'une puissance tournée vers l'intérieur.
II — Cultiver le fruit de l'Esprit
La revue pose un diagnostic qui fait mal : nous semblons beaucoup plus intéressés par les dons de l'Esprit que par le fruit. Et elle explique pourquoi le fruit fait peur : il prend du temps. Ce ne sont pas des ajustements de façade qui se produisent du jour au lendemain. C'est un changement dans les dispositions les plus intimes du cœur, un processus qui dure toute la vie.
Le sarment ne fabrique pas le raisin
Jésus explique le mécanisme avec l'image de la vigne : "Demeurez en moi, et je demeurerai en vous. Comme le sarment ne peut de lui-même porter du fruit, s’il ne demeure attaché au cep, ainsi vous ne le pouvez non plus, si vous ne demeurez en moi." (Jean 15:4). "Je suis le cep, vous êtes les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure porte beaucoup de fruit, car sans moi vous ne pouvez rien faire." (Jean 15:5).
Le sarment ne fait pas d'effort pour donner du raisin. Il ne décide pas de la récolte et n'invente pas le fruit. Il reste attaché au cep, et la sève fait le reste. Détachez le sarment du cep et il ne produit rien, quelle que soit sa bonne volonté. Sans Jésus, nous ne pouvons rien faire : vraiment rien.
אב Dans l'original — grec. L'invitation à demeurer en lui traduit meínate en emoí, du verbe ménō : demeurer, rester, habiter. Ce verbe apparaît plusieurs fois dans Jean 15, et culmine au verset 9 : "Comme le Père m’a aimé, je vous ai aussi aimés. Demeurez dans mon amour." (Jean 15:9). Ce n'est pas une visite du dimanche. C'est une adresse fixe.
Alors, quelle est la part du croyant ? Demeurer. Et demeurer est une décision de chaque jour, pas un sentiment : rester attaché le jour où l'on en a envie et le jour où l'on n'en a aucune envie. Même cette décision, Dieu la soutient : "car c’est Dieu qui produit en vous le vouloir et le faire, selon son bon plaisir." (Philippiens 2:13). La grâce rend capable, et le croyant répond.
Lentement, mais pour de vrai
Le fruit pousse comme pousse une plante : de la terre, du temps, de la pluie, et des saisons où il semble que rien ne se passe. Paul décrit l'œuvre de l'Esprit ainsi : "Nous tous qui, le visage découvert, contemplons comme dans un miroir la gloire du Seigneur, nous sommes transformés en la même image, de gloire en gloire, comme par le Seigneur, l’Esprit." (2 Corinthiens 3:18). De gloire en gloire : peu à peu, d'un degré à un autre.
Cela désamorce deux pièges. Le premier est le perfectionnisme : penser que, si l'Esprit est en vous, vous ne perdrez plus jamais patience, et vous désespérer à chaque chute. Ce n'est pas ainsi. Celui qui tombe confesse son péché : "Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous les pardonner, et pour nous purifier de toute iniquité." (1 Jean 1:9). Et il continue. Le second piège est le laxisme : utiliser l'idée que "c'est un processus" comme excuse pour faire du surplace. Un long processus n'est pas un processus à l'arrêt. Pierre dit que ces vertus, lorsqu'elles grandissent, ne nous laissent ni oisifs ni stériles dans la connaissance de notre Seigneur Jésus-Christ (2 Pierre 1:8).
🕊 Notre lecture — la sanctification est un processus. Quand une personne croit en Christ, Dieu la justifie une fois pour toutes : elle est pardonnée et acceptée, et cela ne se fait pas à crédit. À ce même moment commence la sanctification, qui se poursuit toute la vie : le caractère de Christ qui se forme, jour après jour. Nous n'enseignons pas que le croyant devient impeccable dans ce monde, ni que la sanctification se produit d'un seul coup. L'Esprit produit ; le croyant coopère, demeure et peut résister. C'est pourquoi la liste s'appelle un fruit, et non un trophée.
L'émondage n'est pas un rejet
Jésus dit une chose que peu de gens aiment entendre : "Tout sarment qui est en moi et qui ne porte pas de fruit, il le retranche ; et tout sarment qui porte du fruit, il l’émonde, afin qu’il porte encore plus de fruit." (Jean 15:2). Remarquez bien : le sarment qui est émondé est précisément celui qui porte du fruit. Le vigneron coupe ce qui consomme de l'énergie inutilement afin que la plante donne du rendement là où cela compte.
אב Dans l'original — grec. Le verbe traduit par émonder ou nettoyer est kathaírei, mot utilisé pour la taille de la vigne. Et le verset suivant utilise la même racine (katharoí) : "Déjà vous êtes purs, à cause de la parole que je vous ai annoncée." (Jean 15:3). Le vigneron taille par la parole. Une grande partie de ce que le Père coupe en nous, Il le coupe par l'Écriture : une habitude que la Bible expose, une attitude qu'un verset démonte.
Tout ce qui fait mal n'est pas une punition. Parfois, c'est un émondage. "Il est vrai que tout châtiment semble d’abord un sujet de tristesse, et non de joie ; mais il produit plus tard pour ceux qui ont été ainsi exercés un fruit paisible de justice." (Hébreux 12:11). Mais attention : l'émondage, c'est Dieu qui retire de vous ce qui entrave votre marche. L'émondage n'est jamais quelqu'un qui vous maltraite. L'agression, l'humiliation et l'abus ne sont pas un "traitement de Dieu" à supporter en silence. Cela doit être signalé à un adulte de confiance, le jour même.
Le sarment qui se détache
Jésus parle aussi de l'autre sarment : "Si quelqu’un ne demeure pas en moi, il est jeté dehors, comme le sarment, et il sèche ; puis on ramasse les sarments, on les jette au feu, et ils brûlent." (Jean 15:6). C'est un verset sérieux, et nous ne pouvons pas l'édulcorer.
🕊 Notre lecture — l'avertissement est réel, et il est donné avec amour. Dans la lecture de notre Église, demeurer en Christ est une réponse véritable du croyant, et non quelque chose d'automatique qui continue même si la personne s'éloigne. Celui qui se détache du cep et ne revient pas peut, oui, être retranché. Mais remarquez à qui Jésus a dit cela : à des disciples qu'Il venait tout juste d'appeler purs (Jean 15:3) et aimés (Jean 15:9). L'avertissement n'a pas été donné pour terroriser celui qui lutte contre un défaut. Celui qui lutte est encore attaché. Il a été donné pour rappeler celui qui se détache lentement, sans s'en rendre compte. Tant qu'il y a de la vie, il y a un chemin de retour.
Approchez-vous
La revue ouvre la leçon avec une image de menuiserie : tout comme le bois est travaillé à l'atelier, nous sommes travaillés entre les mains de Dieu. Et elle montre le chemin : s'approcher de Dieu, avec la promesse qu'il s'approchera de nous (Jacques 4:8). Dieu a déjà fait le premier pas en Christ. Votre part est de vous approcher, même sans rien ressentir, et Il promet de venir à votre rencontre. Plus on est proche de Lui, plus on est loin du péché.
Paul exige la même cohérence entre la foi et la pratique : "Ceux qui sont à Jésus-Christ ont crucifié la chair avec ses passions et ses désirs. Si nous vivons par l’Esprit, marchons aussi selon l’Esprit." (Galates 5:24-25). D'abord vous appartenez à Christ ; ensuite vous marchez. Et la promesse l'accompagne : "Je dis donc : Marchez selon l’Esprit, et vous n’accomplirez pas les désirs de la chair." (Galates 5:16). Ce n'est pas un conseil basé sur la seule force de volonté. C'est une puissance accordée d'en haut, ce que la nature humaine, livrée à elle-même, n'a jamais produit.
III — La relation entre le fruit de l'Esprit et les dons spirituels
De l'extérieur vers l'intérieur, de l'intérieur vers l'extérieur
La revue résume la différence en une image. Les dons de l'Esprit viennent de l'extérieur vers l'intérieur et arrivent déjà prêts lorsqu'ils sont accordés : "Un seul et même Esprit opère toutes ces choses, les distribuant à chacun en particulier comme il veut." (1 Corinthiens 12:11). Le fruit vient de l'intérieur vers l'extérieur, par la grâce de l'Esprit, et a besoin de mûrir avec le temps.
Vous avez étudié les dons il y a deux cours ; ici, ils n'interviennent que pour la comparaison. Et cette comparaison n'est pas une rivalité. Les deux viennent du même Esprit, et les deux sont pour aujourd'hui. Le don a un but précis : "Or, à chacun la manifestation de l’Esprit est donnée pour l’utilité commune." (1 Corinthiens 12:7), c'est-à-dire pour l'édification du Corps de Christ. Le fruit est ce qui rend le croyant capable d'utiliser le don de la bonne manière. Le don se reçoit ; le fruit se cultive.
Corinthe : aucun don ne manquait
L'exemple que souligne la revue est l'Église de Corinthe. Paul lui écrit : "de sorte qu’il ne vous manque aucun don, dans l’attente où vous êtes de la manifestation de notre Seigneur Jésus-Christ." (1 Corinthiens 1:7). En matière de dons, c'était une Église bien servie. Et ce fut précisément l'Église qui donna le plus de fil à retordre à Paul. Il y avait des groupes qui se disputaient pour des dirigeants (1 Corinthiens 1:12), un frère qui traînait son frère devant les tribunaux (1 Corinthiens 6:1), la Cène du Seigneur qui tournait à la scène d'inégalité, les uns mangeant bien et les autres ayant faim (1 Corinthiens 11:21), et des réunions où tout le monde voulait parler en même temps, au point que Paul dut demander : "Mais que tout se fasse avec bienséance et avec ordre." (1 Corinthiens 14:40).
Son diagnostic est direct : "En effet, puisqu’il y a parmi vous de la jalousie et des disputes, n’êtes-vous pas charnels, et ne marchez-vous pas selon l’homme ?" (1 Corinthiens 3:3). Les dons étaient authentiques, car ils venaient de Dieu. Ce qui manquait, c'était le fruit.
🏛 Curiosité — une ville à deux ports. Corinthe se trouvait sur un isthme étroit de la Grèce, avec un port tourné vers chaque mer. Par là passaient des marchands, des marins et des voyageurs de tout l'empire, avec beaucoup d'argent en circulation et une forte compétition pour le statut social. Une culture qui récompensait celui qui se mettait le plus en avant et parlait le mieux est entrée, sans que personne ne s'en aperçoive, à l'intérieur de l'Église.
C'est au milieu de ce chaos que Paul écrit : "Aspirez aux dons les meilleurs. Et je vais encore vous montrer une voie par excellence." (1 Corinthiens 12:31). Et ce chemin est le chapitre 13 : "Quand je parlerais les langues des hommes et des anges, si je n’ai pas la charité, je suis un airain qui résonne, ou une cymbale qui retentit." (1 Corinthiens 13:1). "Et quand j’aurais le don de prophétie, la science de tous les mystères et toute la connaissance, quand j’aurais même toute la foi jusqu’à transporter des montagnes, si je n’ai pas la charité, je ne suis rien." (1 Corinthiens 13:2).
Le fruit donne une direction au don
La revue conclut : une vie remplie de dons, mais dépourvue des vertus du fruit, tend à être vide. Ce sont les vertus du fruit qui orientent l'usage profitable des dons. Sans fruit, ce qui devait édifier l'Église devient un instrument de vanité, de dispute et même de division. Avec le fruit, le don parvient au frère de la manière dont Dieu le voulait.
❤ Pour votre vie — les coulisses comptent. Si vous servez dans quelque domaine que ce soit à l'église (louange, multimédia, accueil, cours pour les enfants, une parole pendant le culte), souvenez-vous : ce que Dieu forme en vous apparaît moins au micro que pendant la répétition, dans la file d'attente, dans le groupe de messages et dans la façon de traiter celui qui s'est trompé. Personne ne fait un culte d'action de grâces pour la maîtrise de soi. Mais c'est ce qu'il reste de vous quand le micro s'éteint.
Christ dans la leçon
Le fruit de l'Esprit n'est pas un idéal abstrait. C'est le portrait de Jésus. Amour, joie, paix, patience, bonté, fidélité, douceur, maîtrise de soi : tout cela a déjà marché en Galilée, avec un nom et un visage. Il s'est décrit lui-même comme doux et humble de cœur (Matthieu 11:29). Quand l'Esprit produit le fruit en vous, Il forme en vous le caractère du Fils.
Et Jésus ne commence pas par exiger de la production. Il commence par purifier : "Déjà vous êtes purs, à cause de la parole que je vous ai annoncée." (Jean 15:3). Il commence par aimer : "Comme le Père m’a aimé, je vous ai aussi aimés. Demeurez dans mon amour." (Jean 15:9). Il est mort sur la croix à notre place, est ressuscité et a envoyé le Saint-Esprit (Jean 16:7) pour habiter en celui qui croit. C'est pourquoi Paul dit que ceux qui appartiennent à Christ ont crucifié la chair (Galates 5:24) : d'abord vient l'appartenance à Lui, et seulement ensuite la marche.
Le but de tout cela, c'est aussi Lui : "Si vous portez beaucoup de fruit, c’est ainsi que mon Père sera glorifié, et que vous serez mes disciples." (Jean 15:8). Le fruit n'existe pas pour que vous paraissiez bien sur la photo. Il existe pour que le Père soit glorifié et pour que les gens perçoivent en vous quelque chose de Jésus.
✝ Christ dans la leçon. Il est le cep ; vous êtes le sarment. La sève n'est pas à vous, le fruit n'est pas à vous, et la force de demeurer vient aussi de Lui. Le fruit de l'Esprit, c'est Jésus qui est formé en vous, lentement et pour de vrai.
Application pratique
Choisissez une vertu et remettez-la à Dieu. Laquelle des neuf savez-vous que vous faites semblant d'avoir devant les autres ? N'essayez pas de tout réparer d'un coup. Apportez celle-là à Dieu dans la prière, avec sincérité, et demandez-lui de produire cela en vous, parce que tout seul vous n'y arrivez pas (Jean 15:5).
Retenez la réplique tranchante. La prochaine fois que quelqu'un vous provoque, comptez jusqu'au bout avant de répondre. La longanimité est un souffle long, et un souffle long commence par une phrase que vous n'avez pas dite (Éphésiens 4:2).
Célébrez la victoire de l'autre. Quand quelqu'un obtient ce que vous vouliez, dites à cette personne que vous êtes heureux pour elle, sans ironie et sans "mais". La bénignité n'a pas d'envie (1 Corinthiens 13:4).
Servez sans estrade. Si vous êtes utilisé dans quelque service à l'église, prenez soin des coulisses autant que du micro : la répétition, la file d'attente, le groupe de messages. Un don sans fruit finit comme à Corinthe (1 Corinthiens 3:3).
Prière finale
Seigneur Jésus, Tu es le cep, et je suis le sarment. Je confesse que bien souvent j'ai voulu le don et j'ai oublié le fruit. J'ai voulu être utilisé pendant le culte et je n'ai pas voulu être transformé pendant la semaine. Saint-Esprit, produis en moi ce que je ne parviens pas à fabriquer : l'amour, la joie, la paix, la longanimité, la bénignité, la bonté, la foi, la douceur et la tempérance. Cette vertu que je fais semblant d'avoir, je Te la remets maintenant. Émonde en moi ce qui fait obstacle, et donne-moi de la patience envers mon propre processus. Que je n'abandonne pas quand je tombe, et que je ne me détache pas du cep quand je ne ressens rien. Au nom de Jésus, qui est mort sur la croix à ma place, est ressuscité et m'a envoyé l'Esprit. Amen.
Soli Deo Gloria — l'Écriture gouverne ; tout le reste, à genoux.
Questions fréquentes sur cette leçon
Qu'est-ce que le fruit du Saint-Esprit ?+
C'est le caractère que le Saint-Esprit produit chez celui qui est uni à Christ. Paul le décrit ainsi : "Mais le fruit de l’Esprit, c’est l’amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la bénignité, la fidélité, la douceur, la tempérance ;" (Galates 5:22). Ce n'est ni un effort pour paraître bon ni une liste d'objectifs : c'est ce qui naît lorsque la personne demeure en Jésus, comme le sarment sur la vigne (Jean 15:5).
Pourquoi la Bible dit-elle 'fruit' et non 'fruits' de l'Esprit ?+
Parce qu'en Galates 5:22 le mot est au singulier : il y a neuf vertus, mais un seul fruit. Juste avant, Paul parle des œuvres de la chair, au pluriel (Galates 5:19). La chair se disperse dans de nombreuses directions ; l'Esprit forme une vie entière. C'est pourquoi personne ne choisit trois vertus en laissant les autres : l'Esprit travaille l'ensemble.
Quelle est la différence entre le fruit et les dons du Saint-Esprit ?+
Le don est donné tout prêt, de l'extérieur vers l'intérieur, par l'Esprit qui distribue à chacun en particulier comme il le veut (1 Corinthiens 12:11), pour le bien de l'Église (1 Corinthiens 12:7). Le fruit grandit de l'intérieur vers l'extérieur, avec le temps, et forme le caractère de Christ en nous. Les deux viennent du même Esprit et ne rivalisent pas. Mais un don sans fruit devient un problème : à Corinthe aucun don ne manquait (1 Corinthiens 1:7), et pourtant il y avait de la jalousie, des disputes et des divisions (1 Corinthiens 3:3).
Si je lutte encore contre les mêmes défauts, est-ce le signe que je n'ai pas le Saint-Esprit ?+
Non. Le fruit est cultivé, et la culture prend du temps. La Bible décrit la transformation comme un processus où nous sommes transformés de gloire en gloire (2 Corinthiens 3:18), et non comme une réparation d'un week-end. Celui qui lutte contre ses défauts, confesse quand il tombe (1 Jean 1:9) et reste proche de Jésus est en train d'être façonné. Le signal d'alarme n'est pas d'avoir des défauts ; c'est de renoncer à demeurer.
Que signifie le sarment qui est retranché en Jean 15:6 ? Un croyant peut-il se perdre ?+
Jésus a dit : "Si quelqu’un ne demeure pas en moi, il est jeté dehors, comme le sarment, et il sèche ; puis on ramasse les sarments, on les jette au feu, et ils brûlent." (Jean 15:6). Selon la lecture de notre Église, l'avertissement est réel : demeurer en Christ est la réponse du croyant, et celui qui se détache de lui et ne revient pas peut, oui, être retranché. Mais Jésus a donné cet avertissement pour ramener, non pour effrayer celui qui lutte. Peu avant, il avait dit aux disciples : "Déjà vous êtes purs, à cause de la parole que je vous ai annoncée." (Jean 15:3). Tant qu'il y a de la vie, la porte du retour est ouverte.
Que sont la longanimité, la bénignité et la tempérance ?+
Ce sont trois vertus du fruit aux noms anciens. La longanimité signifie 'longue patience' : la patience de ne pas rendre l'offense sur-le-champ. La bénignité consiste à vouloir le bien de tous et à savoir se réjouir de la victoire de l'autre, parce que l'amour n'est pas envieux (1 Corinthiens 13:4). La tempérance est la maîtrise de soi : ne pas être gouverné par ses envies, par l'argent ou par sa langue, comme l'athlète qui s'abstient de tout (1 Corinthiens 9:25).
Guide de l'enseignant
Essence du cours
Le don se reçoit tout prêt ; le fruit se cultive toute la vie, en demeurant en Christ, et c'est le fruit qui donne une direction au don.
Plan du cours
| Temps | Étape |
|---|---|
| 0–3 min | Histoires de la semaine dernière (la phrase de la lecture quotidienne) |
| 3–7 min | Introduction (la file d'attente que personne ne fait) |
| 7–10 min | Lecture en classe (Jean 15:1-8 ; Galates 5:19-25) |
| 10–19 min | Point 1 — Neuf vertus, une seule grappe |
| 19–26 min | Point 2 — Attaché, émondé et patient |
| 26–32 min | Activité (Estrade ou coulisses ?) |
| 32–38 min | Point 3 — Le don se reçoit, le fruit se cultive |
| 38–41 min | Questions de la classe |
| 41–45 min | Christ + conclusion + défi + prière |
Commencez ainsi
Dites, lentement : "Tout le monde veut le don. Quelqu'un ici a-t-il déjà vu une file d'attente devant l'autel pour demander la longanimité ?" Attendez les rires et les réponses ("jamais", "personne ne sait même ce que c'est"). Enchaînez : "La longanimité, c'est la patience de supporter celui qui vous a offensé sans riposter sur-le-champ. Maintenant, voici une question à laquelle chacun répondra seulement pour soi, sans parler à voix haute : parmi les neuf vertus du fruit, laquelle savez-vous que vous n'avez pas tout en faisant semblant de l'avoir devant les autres ?" Ne demandez pas de réponse. Dites : "Gardez-la en tête. À la fin du cours, nous y reviendrons." Demandez ensuite la lecture en classe.
Pour la lecture : demandez à un volontaire de lire Jean 15:1-8 et à un autre de lire Galates 5:22-25. Lisez vous-même Galates 5:19-21, sur un ton normal, sans vous arrêter pour commenter point par point. Si quelqu'un pose une question sur l'un des péchés de la liste, répondez en une phrase et dites que le sujet du péché fait l'objet d'un cours à part entière.
Point 1 — Neuf vertus, une seule grappe
- Dans la revue : point 1 ("Le Fruit de l'Esprit"), sous-points 1.1 (relation avec Dieu), 1.2 (relation avec le prochain) et 1.3 (relation avec soi-même).
- Ce qu'il faut enseigner : "le fruit" est au singulier : neuf vertus, un seul fruit, et non un menu à la carte (Galates 5:22). Les œuvres de la chair sont au pluriel (Galates 5:19). La revue organise les neuf vertus en trois relations : avec Dieu (amour, joie, paix), avec le prochain (longanimité, bénignité, bonté) et avec soi-même (foi, douceur, tempérance). Deux avertissements de la revue : la bonté d'apparence n'est pas le fruit, et les bonnes œuvres ne sauvent pas (Éphésiens 2:8-9).
- Verset d'ancrage : "Mais le fruit de l’Esprit, c’est l’amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la bénignité, la fidélité, la douceur, la tempérance ;" (Galates 5:22).
- Question clé : "Pourquoi pensez-vous que Paul a écrit 'le fruit', au singulier, et non 'les fruits' ?"
- Réponses probables (+ approfondissement) : "parce que tout va ensemble", "parce que cela vient du même Esprit", "parce que l'une entraîne l'autre". Approfondissez : "Est-il possible d'avoir beaucoup de joie et aucune douceur ? Qu'est-ce que cela montre ?"
- Si personne ne parle : dessinez au tableau trois cercles et écrivez à l'intérieur DIEU, PROCHAIN, MOI. Lisez les neuf vertus et demandez à la classe dans quel cercle entre chacune d'elles. Dessinez ensuite une grappe de raisin autour des trois : "C'est un seul fruit."
Point 2 — Attaché, émondé et patient
- Dans la revue : point 2 ("Cultiver le Fruit de l'Esprit") et l'introduction de la leçon (la menuiserie et Jacques 4:8).
- Ce qu'il faut enseigner : le sarment ne fabrique pas le raisin ; il demeure attaché au cep (Jean 15:4-5). Demeurer est une décision quotidienne, pas un sentiment. Le fruit prend du temps : la sanctification est un processus, de gloire en gloire (2 Corinthiens 3:18), et non une réparation express lors d'un camp de jeunesse. Ni perfectionnisme (désespérer à chaque chute) ni laxisme (utiliser le "processus" comme excuse). Le Père émonde le sarment qui porte du fruit (Jean 15:2), et le sarment qui se détache et ne revient pas peut être retranché (Jean 15:6). Le chemin consiste à s'approcher de Dieu (Jacques 4:8).
- Verset d'ancrage : "Demeurez en moi, et je demeurerai en vous. Comme le sarment ne peut de lui-même porter du fruit, s’il ne demeure attaché au cep, ainsi vous ne le pouvez non plus, si vous ne demeurez en moi." (Jean 15:4).
- Question clé : "Qu'est-ce qui pousse quelqu'un à renoncer à changer un défaut de son propre caractère ?"
- Réponses probables (+ approfondissement) : "la personne voulait que ce soit rapide", "on se lasse de retomber toujours dans la même erreur", "on pense qu'on est fait comme ça et c'est tout". Approfondissez : "Si le fruit vient de l'Esprit, quelle est exactement notre part ?" Orientez vers le fait de demeurer : la prière, la Parole, la confession quand on tombe, et continuer à rester près de Jésus le jour où l'on ne ressent rien.
- Si personne ne parle : racontez vous-même, avec sincérité et sans détails pesants, un domaine de votre caractère que Dieu a changé lentement au fil des années, et combien de temps cela a pris. La classe se détend lorsqu'elle réalise que l'enseignant est lui aussi en chantier.
Point 3 — Le don se reçoit, le fruit se cultive
- Dans la revue : point 3 ("La relation entre le Fruit de l'Esprit et les Dons Spirituels") et la conclusion ("Pour conclure").
- Ce qu'il faut enseigner : le don vient tout prêt, de l'extérieur vers l'intérieur, distribué par l'Esprit à chacun en particulier comme il le veut (1 Corinthiens 12:11), pour le bien de tous (1 Corinthiens 12:7). Le fruit vient de l'intérieur vers l'extérieur et mûrit avec le temps. Ils ne sont pas rivaux, et tous deux sont pour aujourd'hui. Corinthe ne manquait d'aucun don (1 Corinthiens 1:7) mais vivait dans la jalousie et la division (1 Corinthiens 3:3) : le manque de fruit a conduit au mauvais usage des dons. C'est pourquoi Paul indique une voie par excellence (1 Corinthiens 12:31), l'amour (1 Corinthiens 13:1-2). Ne dressez pas la liste des dons et ne les expliquez pas un par un : cela a été fait il y a deux cours.
- Verset d'ancrage : "Quand je parlerais les langues des hommes et des anges, si je n’ai pas la charité, je suis un airain qui résonne, ou une cymbale qui retentit." (1 Corinthiens 13:1).
- Question clé : "Comment une Église à qui il ne manquait aucun don est-elle devenue l'Église qui a eu le plus besoin de correction ?"
- Réponses probables (+ approfondissement) : "il manquait l'amour", "chacun voulait se mettre en avant", "ils utilisaient le don pour se montrer". Approfondissez : "Leur don était-il faux ?" Laissez la classe arriver à la réponse : non, le don venait de Dieu ; ce qui manquait, c'était que le vase soit travaillé.
- Si personne ne parle : écrivez au tableau, sur deux colonnes, CADEAU et JEUNE PLANTE. Demandez : "Quelle est la différence entre recevoir un cadeau emballé et recevoir une jeune pousse à planter ?" Laissez la classe répondre (le cadeau arrive prêt ; la pousse demande de la terre, de l'eau, du temps). Écrivez en dessous : DON et FRUIT.
Activité
Objectif : entraîner le regard à distinguer le don et le fruit, et percevoir ce qui se passe quand l'un apparaît sans l'autre, sans exposer personne dans la classe.
Matériel : les six scènes ci-dessous, écrites sur une feuille que l'enseignant lira ; le tableau.
Étape par étape : expliquez que vous allez lire six scènes fictives, et qu'aucune ne concerne quelqu'un de la classe ou de l'église. Après chaque scène, la classe répond en levant la main pour l'une des trois options que vous écrivez au tableau : DON, FRUIT ou DON SANS FRUIT. Ne demandez à personne de s'expliquer seul devant les autres ; ceux qui veulent commenter le font librement. Les scènes :
- Un jeune homme est utilisé par Dieu pour prier pour les frères pendant le culte. Lors de la répétition de louange, il crie sur celui qui se trompe de note. (don sans fruit)
- Une jeune fille remarque que personne ne range les chaises après le culte. Elle reste, les range et n'en parle à personne. (fruit : bonté)
- Pendant le culte, quelqu'un apporte une parole qui édifie et console toute l'église. (don : pour l'utilité commune, 1 Corinthiens 12:7)
- Un camarade se moque d'un élève dans le groupe de messages de la classe. Celui-ci ne répond pas sur-le-champ, garde son sang-froid et, le soir, envoie un message calme. (fruit : longanimité)
- Une jeune fille prêche très bien et passe la semaine à bouder parce qu'une autre personne a été invitée à prêcher à sa place. (don sans fruit : manque de bénignité)
- Un jeune homme reçoit sa première gratification de stage et, même s'il a envie de tout dépenser, en met une partie de côté et n'achète pas sur un coup de tête. (fruit : tempérance)
À la fin, demandez : "Et si le jeune homme de la scène 1 était aussi celui de la scène 2 ? Utilisé pendant le culte et fidèle dans les coulisses ?" Laissez la classe répondre.
Conclusion (retour au texte) : "C'est cela que Dieu veut : le don et le fruit ensemble. Le don sans le fruit devient ce que Paul a appelé de l'airain qui résonne (1 Corinthiens 13:1). Le fruit ne rivalise pas avec le don ; le fruit donne une direction au don. Le don se reçoit ; le fruit se cultive."
Si on vous pose cette question
- Question : "Si c'est l'Esprit qui produit le fruit, quelle est exactement ma part ?" Réponse courte : Demeurer. Le sarment ne fabrique pas le raisin, mais il doit rester attaché au cep (Jean 15:4). En pratique : s'approcher de Dieu même sans rien ressentir (Jacques 4:8), marcher par l'Esprit (Galates 5:25), confesser son péché quand on tombe (1 Jean 1:9) et ne pas abandonner. Même la volonté de faire cela, c'est Dieu qui la donne : "car c’est Dieu qui produit en vous le vouloir et le faire, selon son bon plaisir." (Philippiens 2:13). La grâce rend capable ; vous répondez.
- Question : "Cela fait des années que je lutte contre le même défaut. Est-ce que cela veut dire que je n'ai pas l'Esprit ?" Réponse courte : Non. Le fruit est une culture, et cultiver prend du temps : nous sommes transformés de gloire en gloire (2 Corinthiens 3:18). Celui qui lutte, confesse et reste près de Jésus est en train d'être travaillé par Dieu. Le signal d'alarme n'est pas d'avoir un défaut ; c'est de renoncer à demeurer. Et s'il s'agit de quelque chose qui vous retient captif ou vous blesse, ne luttez pas tout seul : parlez-en à votre pasteur ou à un adulte de confiance. Enseignant : accueillez avec bienveillance celui qui pose cette question ; elle vient souvent de quelqu'un qui est fatigué et qui a honte.
- Question : "Pourquoi parle-t-on autant des dons dans l'église et si peu du caractère ?" Réponse courte : La revue elle-même l'admet : nous semblons plus intéressés par les dons que par le fruit. Le don se voit ; le fruit est silencieux. Mais Paul, en écrivant à l'Église la plus remplie de dons du Nouveau Testament, a ordonné de rechercher les dons et a montré une voie par excellence, l'amour (1 Corinthiens 12:31 ; 13:1). Il ne s'agit pas de choisir l'un ou l'autre. Il s'agit de ne pas laisser le don marcher sans le fruit.
- Question : "Jean 15:6 veut-il dire qu'un croyant peut se perdre ?" Réponse courte : Dans la lecture de notre Église, l'avertissement est réel : demeurer en Christ est la réponse du croyant, et celui qui se détache du cep et ne revient pas peut être retranché. Mais Jésus a dit cela à des disciples qu'Il venait tout juste d'appeler purs et aimés (Jean 15:3, 9). L'avertissement vise à rappeler celui qui est en train de se détacher, et non à effrayer celui qui lutte. Celui qui lutte est encore attaché. Enseignant : répondez avec calme et sans ton menaçant.
Conclusion + défi de la semaine
- Conclusion : "Corinthe avait tous les dons et peu de fruit, et on sait comment cela a fini. Le fruit ne s'achète pas, ne se fabrique pas et ne vient pas tout prêt : l'Esprit le produit chez celui qui reste attaché à Jésus. Et Jésus est le cep qui est mort sur la croix à notre place, est ressuscité et a envoyé l'Esprit habiter en nous. Vous vous souvenez de la vertu que chacun a gardée en tête au début du cours ? Remettez-la-Lui maintenant. Le don se reçoit ; le fruit se cultive."
- Défi : Pratiquez la bénignité envers une personne précise : choisissez quelqu'un qui a obtenu quelque chose de bon (une note, une place dans l'équipe, un compliment, une réussite), de préférence quelque chose que vous vouliez aussi, et dites-lui, en personne ou par un message privé, une phrase sincère de joie pour sa victoire. Sans ironie, sans "mais", sans comparer avec vous et sans rien publier sur les réseaux. Si personne autour de vous n'a rien accompli cette semaine, une victoire récente compte aussi. Avant de parler, priez en silence : "Saint-Esprit, produis cela en moi, parce que tout seul je n'y arrive pas." Dimanche, revenez avec votre témoignage.
- Comment faire le suivi dimanche : ouvrez le cours en demandant qui veut raconter comment cela s'est passé de dire cette phrase et ce qu'il a ressenti avant de la dire. Personne n'a besoin de dire le nom de la personne ni ce qu'elle a réussi. Valorisez ceux qui admettent que c'était difficile : c'est exactement là que le fruit est en train d'être cultivé. Ceux qui ne l'ont pas fait, invitez-les à le faire cette semaine, sans mettre personne mal à l'aise.
Kit de l'enseignant
- Avant : lisez Jean 15:1-17, Galates 5:13-26 et 1 Corinthiens 12:31 à 13:13. Regardez la leçon vidéo, si elle est déjà en ligne.
- La revue et les traductions bibliques : les différentes traductions de la Bible et la revue présentent de légères variations de formulation dans Éphésiens 5:9, Jean 15:5 et Galates 5:20, 25, tout en gardant le même sens ; prévenez la classe afin que personne ne soit surpris par les différences entre l'écran et la revue.
- Références à vérifier : l'exhortation à s'approcher de Dieu pour qu'il s'approche de nous, dans l'introduction, se trouve dans Jacques 4:8. L'appel à faire du bien à tous, à propos de la bonté, se trouve dans Galates 6:10. La liste des neuf vertus se trouve dans Galates 5:22-23. Si votre exemplaire indique un autre numéro, voici les bonnes références.
- Précautions de langage : ne dressez pas la liste des dons et ne les expliquez pas un par un (c'était le cours d'il y a deux semaines) ; ici, ils n'interviennent que par contraste avec le fruit. Lisez Galates 5:19-21 sans commenter chaque péché et sans entrer dans les détails ; le sujet du péché a son propre cours, et n'anticipez pas le thème du prochain cours. N'enseignez pas le perfectionnisme ("celui qui a l'Esprit ne se trompe plus") et ne donnez pas au "processus" l'allure d'une excuse. Parlez de Jean 15:6 avec sérieux et sans ton menaçant. La revue dit que la douceur fait du bien à la santé : traitez cela comme une observation de bon sens, sans promettre de guérison et sans laisser entendre que celui qui est malade manque de douceur. Ne demandez à personne de dire à voix haute quelle vertu lui manque, ni de confesser un péché devant la classe.
- Si un élève confie quelque chose de grave : si, en parlant de la longanimité ou de l'émondage, quelqu'un raconte qu'il subit des agressions, des humiliations ou des abus, accueillez sa parole immédiatement sans demander de détails devant la classe ("merci de ta confiance, nous allons en parler après le cours") et transmettez l'information au pasteur ou à la direction de l'église le jour même. Indiquez clairement que la patience ne consiste pas à supporter l'agression en silence.
- Apportez : votre Bible, la feuille avec les six scènes de l'activité, un marqueur pour le tableau.
- Priez avant : priez pour les élèves qui se sentent fatigués de lutter contre le même défaut, afin qu'ils repartent avec de l'espérance et non de la culpabilité. Priez pour ceux qui servent dans l'église, afin que le fruit accompagne le don. Et demandez que la classe voie Jésus, le cep, et non une liste d'objectifs.
Devoir à la maison
Votre mission de la semaine
Pratiquez la bénignité envers une personne précise : choisissez quelqu'un qui a obtenu quelque chose de bon (une note, une place dans l'équipe, un compliment, une réussite), de préférence quelque chose que vous vouliez aussi, et dites-lui, en personne ou par un message privé, une phrase sincère de joie pour sa victoire. Sans ironie, sans "mais", sans comparer avec vous et sans rien publier sur les réseaux. Si personne autour de vous n'a rien accompli cette semaine, une victoire récente compte aussi. Avant de parler, priez en silence : "Saint-Esprit, produis cela en moi, parce que tout seul je n'y arrive pas."
Pourquoi
Parce que la bénignité consiste à se réjouir de la victoire de l'autre, et que l'amour est patient, plein de bonté et sans envie (1 Corinthiens 13:4). Vous ne vous sentirez pas prêt, et ce n'est pas nécessaire : le fruit vient de l'Esprit, et Il le produit chez celui qui reste attaché à Jésus (Jean 15:5). Le don se reçoit ; le fruit se cultive, et il se cultive ainsi, une phrase à la fois.
Comment savoir que vous l'avez fait
Une personne bien précise a entendu de votre bouche une phrase de joie pour sa victoire, et vous ne l'avez pas comparée à la vôtre.
Dimanche, revenez avec votre témoignage
Le prochain cours commencera avec ceux qui voudront raconter comment cela s'est passé de dire cette phrase et ce qu'ils ont ressenti avant de la dire. Personne n'a besoin de mentionner le nom de la personne. Dimanche, revenez avec votre témoignage.






