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Le fruit du Saint-Esprit

Leçon 11 · 4e trimestre 2026 · 29/11/2026 · 23 min de lecture

Par Equipe Marcas Editora

Première bientôt

Dimanche 29 novembre · 09:00 (heure de Brasilia)

Le cours vidéo n'a pas encore été diffusé.

Texte d'or

“Car le fruit de la lumière consiste en toute sorte de bonté, de justice et de vérité.” (Éphésiens 5:9, LSG) · Lire dans la Bible

La leçon présente les neuf vertus du fruit de l'Esprit dans trois relations (avec Dieu, avec le prochain et avec soi-même), montre que ce fruit se cultive tout au long de la vie, en demeurant en Christ comme le sarment sur la vigne, et explique pourquoi un don sans fruit finit comme à Corinthe. Le don se reçoit tout prêt ; le fruit, l'Esprit le produit lentement.

Tout le monde veut être utilisé par Dieu. Tout le monde veut voir Dieu agir par ses mains pendant le culte, sentir la puissance, avoir un don. Et c'est une bonne chose : la Bible elle-même ordonne de rechercher les dons avec zèle (1 Corinthiens 12:31). Mais faites un test honnête : avez-vous déjà vu une file d'attente devant l'autel pour demander la longanimité ? Pour demander la maîtrise de soi ? Eh oui. La leçon d'aujourd'hui porte sur ce que presque personne ne demande et qui manque le plus quand le culte se termine et que les lumières s'éteignent.

Le texte d'or dit où ce fruit apparaît : "Car le fruit de la lumière consiste en toute sorte de bonté, de justice et de vérité." (Éphésiens 5:9). La bonté, la justice et la vérité ne sont pas des choses faites pour l'estrade. Elles apparaissent à la maison, dans la salle de classe, dans le groupe de messages, dans la façon de traiter celui qui a mal agi envers vous.

La lecture en classe comporte deux passages, et tous deux sont lus : Jean 15:1-8, où Jésus se présente comme le cep, et Galates 5:19-25, où Paul met côte à côte les œuvres de la chair et le fruit de l'Esprit. Lors du dernier cours, vous avez vu que le sarment ne porte du fruit qu'attaché au cep. Aujourd'hui, nous abordons le fruit lui-même. Le parcours suit la revue en trois étapes : les neuf vertus du fruit, comment il se cultive et quelle est la relation entre le fruit et les dons spirituels. Et une phrase accompagne toute l'étude : le don se reçoit ; le fruit se cultive.

Avant de commencer, un avertissement. Personne ne sortira d'ici avec neuf objectifs à atteindre d'ici dimanche. Ce serait un effort humain déguisé en vie de croyant, et non le fruit de l'Esprit. Le fruit vient de Lui. Votre part est de rester attaché à Celui qui le produit.

I — Le fruit de l'Esprit

Un seul fruit, neuf saveurs

Paul fait tout tenir en deux versets : "Mais le fruit de l’Esprit, c’est l’amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la bénignité, la fidélité, la douceur, la tempérance ;" (Galates 5:22). "la loi n’est pas contre ces choses." (Galates 5:23).

Remarquez bien ce qui est écrit : le fruit, et non les fruits. Ce sont neuf vertus, mais un seul fruit, comme une grappe de raisin. Ce n'est pas un menu où chacun choisit les trois qui correspondent à son tempérament et laisse les autres à ceux qui "ont des facilités". L'Esprit travaille l'ensemble tout entier, en son temps et au rythme de chacun.

אב Dans l'original — grec. Dans Galates 5:22, le mot traduit par "fruit" est karpós, au singulier. Trois versets plus tôt, Paul appelle ce que la nature humaine produit les œuvres de la chair, avec érga, au pluriel (Galates 5:19). Le contraste est volontaire : la chair se disperse dans de nombreuses directions et divise la personne de l'intérieur ; l'Esprit forme une seule vie, entière et cohérente.

Les œuvres de la chair apparaissent juste avant, dans la lecture en classe (Galates 5:19-21). Paul y rassemble des péchés de plusieurs sortes : ceux du corps, de la fausse religion, des relations (inimitiés, querelles, jalousies, colères, Galates 5:20) et des excès (ivrogneries, excès de table, Galates 5:21). Et il avertit que ceux qui commettent de telles choses n'hériteront pas du royaume de Dieu (Galates 5:21). Paul parle de celui qui vit de cette manière, et non de celui qui trébuche, se repent et se relève. La liste n'est pas là pour que vous comptiez les péchés des autres. Elle est là pour montrer le contraste : d'un côté, ce que la nature humaine produit toute seule ; de l'autre, ce que l'Esprit produit chez celui qui appartient à Christ. Le péché en soi est le sujet d'un autre cours. Aujourd'hui, l'accent est mis sur le fruit.

La revue organise les neuf vertus en trois relations : avec Dieu, avec le prochain et avec vous-même. Paul n'a pas divisé la liste ainsi, mais cette division aide à voir où le fruit apparaît dans la vie réelle.

Avec Dieu : amour, joie et paix

Amour. C'est la première de la liste et la plus grande de toutes : "Maintenant donc ces trois choses demeurent : la foi, l’espérance, la charité ; mais la plus grande de ces choses, c’est la charité." (1 Corinthiens 13:13). C'est par amour que Dieu a planifié toute la rédemption : "Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu’il ait la vie éternelle." (Jean 3:16). Et cet amour ne naît pas en nous ; il est répandu : "Or, l’espérance ne trompe point, parce que l’amour de Dieu est répandu dans nos cœurs par le Saint-Esprit qui nous a été donné." (Romains 5:5). C'est pourquoi Jean dit : "Pour nous, nous l’aimons, parce qu’il nous a aimés le premier." (1 Jean 4:19). Sans cette première vertu, les huit autres ne deviennent que de la bonne éducation. Et la bonne éducation, aussi excellente soit-elle, n'est pas le fruit de l'Esprit.

Joie. C'est l'allégresse, mais pas celle que l'on ressent uniquement quand tout va bien. C'est la joie qui fait traverser la tribulation au croyant tout en continuant à faire confiance, même si la victoire tarde. L'ordre est court : "Soyez toujours joyeux." (1 Thessaloniciens 5:16). Cette joie n'interdit pas la tristesse : Jésus lui-même a pleuré (Jean 11:35). C'est la joie qui demeure sous la tristesse, parce qu'elle s'appuie sur qui est Dieu, et non sur ce qui est en train de se passer.

Paix. La revue la définit bien : la tranquillité d'un esprit libre du mal, remis au Prince de la paix. Ce n'est pas l'absence de problèmes ; c'est le fait de ne pas être gouverné par le tourment intérieur. Celui qui est de l'extérieur ne comprend pas d'où elle vient : "Et la paix de Dieu, qui surpasse toute intelligence, gardera vos cœurs et vos pensées en Jésus-Christ." (Philippiens 4:7).

❤ Pour votre vie — la paix ne signifie pas ne jamais ressentir d'anxiété. Un croyant rempli de l'Esprit traverse aussi des nuits d'angoisse. Si l'anxiété ou la tristesse ne s'en vont pas, ne le cachez pas et ne culpabilisez pas : parlez-en à vos parents, à votre pasteur et, si nécessaire, cherchez une aide professionnelle. Demander de l'aide n'est pas un manque de foi.

Avec le prochain : longanimité, bénignité et bonté

Longanimité. Le mot veut dire "souffle long", une patience profonde. C'est la patience de côtoyer celui qui vous offense sans riposter à l'instant même. Ce n'est pas faire semblant de ne pas avoir eu mal. C'est retenir la réplique tranchante qui était déjà prête, afin que les choses ne se règlent pas à chaud. Paul demande cela à l'Église : "en toute humilité et douceur, avec patience, vous supportant les uns les autres avec charité," (Éphésiens 4:2).

❤ Pour votre vie — la longanimité ne consiste pas à supporter l'agression en silence. Être patient avec un camarade pénible est une chose. Supporter l'agression, l'humiliation, la menace ou l'abus en est une autre, et la Bible ne vous demande pas cela. Si quelqu'un vous fait du mal, à la maison, à l'école, sur internet ou même à l'église, parlez-en dès aujourd'hui à un adulte de confiance : vos parents, votre enseignant, votre pasteur. L'adulte règle le problème ; vous, vous prévenez.

Bénignité. C'est la bienveillance qui ne souhaite de mal à personne et veut le meilleur pour tous, au point de se réjouir quand l'autre réussit. "La charité est patiente, elle est pleine de bonté ; la charité n’est point envieuse ; la charité ne se vante point, elle ne s’enfle point d’orgueil," (1 Corinthiens 13:4). Remarquez le verset qui vient juste après la liste du fruit : "Ne cherchons pas une vaine gloire, en nous provoquant les uns les autres, en nous portant envie les uns aux autres." (Galates 5:26). La bénignité est la vertu qui manque le plus quand quelqu'un de votre classe ou de votre groupe obtient précisément ce que vous vouliez : la place, la note, le compliment, l'attention. Et Paul relie cela au pardon : "Soyez bons les uns envers les autres, compatissants, vous pardonnant réciproquement, comme Dieu vous a pardonné en Christ." (Éphésiens 4:32).

Bonté. C'est faire le bien sans rien attendre en retour : "Ainsi donc, pendant que nous en avons l’occasion, pratiquons le bien envers tous, et surtout envers les frères en la foi." (Galates 6:10). La revue lance deux avertissements. Le premier est contre la bonté d'apparence, celle qui existe pour être vue et qui disparaît quand personne ne regarde ni ne filme. Le second est doctrinal : les bonnes œuvres ne mènent personne au Ciel. "Car c’est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu. Ce n’est point par les œuvres, afin que personne ne se glorifie." (Éphésiens 2:8-9). La bonté est le résultat du salut, et jamais son prix.

Avec vous-même : foi, douceur et tempérance

Foi. Ici, le mot a le sens de fidélité : être loyal envers Dieu, digne de confiance, quelqu'un qui tient parole. C'est la fidélité qui maintient la personne ferme quand apparaît la tentation d'être infidèle. Ce n'est pas la même chose que le don de la foi que vous avez étudié parmi les dons : celui-là est une capacité accordée pour le service ; celle-ci est un trait de caractère. En pratique, c'est être le même croyant à l'église et devant sa copie d'examen quand le professeur ne regarde pas.

Douceur. C'est l'humilité et la modestie, le contraire de l'orgueil. C'est parler avec calme, réfléchir avant de réagir, ne pas avoir besoin de gagner toutes les discussions. Jésus a dit : "Heureux les débonnaires, car ils hériteront la terre !" (Matthieu 5:5), et il s'est décrit lui-même comme doux et humble de cœur (Matthieu 11:29). Être doux, ce n'est pas être faible. C'est être fort sans avoir besoin de l'afficher.

Tempérance. C'est la maîtrise de soi, le contrôle de soi, savoir vivre avec modération. La revue donne deux exemples très concrets : dépenser plus que ce que l'on a et ne pas réussir à freiner sa langue. Jacques parle de la langue sans détour : "Nous bronchons tous de plusieurs manières. Si quelqu’un ne bronche point en paroles, c’est un homme parfait, capable de tenir tout son corps en bride." (Jacques 3:2). Et Paul utilise l'image de l'athlète : "Tous ceux qui combattent s’imposent toute espèce d’abstinences, et ils le font pour obtenir une couronne corruptible ; mais nous, faisons-le pour une couronne incorruptible." (1 Corinthiens 9:25). "Mais je traite durement mon corps et je le tiens assujetti, de peur d’être moi-même rejeté, après avoir prêché aux autres." (1 Corinthiens 9:27). La tempérance ne consiste pas à ne jamais ressentir d'envie. Elle consiste à ne pas être gouverné par elle, que ce soit l'envie d'acheter, de répliquer, de rester une heure de plus devant l'écran ou d'aller là où l'on ne doit pas aller.

אב Dans l'original — grec. "Longanimité" traduit makrothymía, de makrós, "long", et thymós, "souffle, colère" : mettre du temps avant d'exploser. "Tempérance" traduit enkráteia, de krátos, "force, maîtrise" : avoir de la force sur soi-même. Les deux mots parlent de puissance, mais d'une puissance tournée vers l'intérieur.

II — Cultiver le fruit de l'Esprit

La revue pose un diagnostic qui fait mal : nous semblons beaucoup plus intéressés par les dons de l'Esprit que par le fruit. Et elle explique pourquoi le fruit fait peur : il prend du temps. Ce ne sont pas des ajustements de façade qui se produisent du jour au lendemain. C'est un changement dans les dispositions les plus intimes du cœur, un processus qui dure toute la vie.

Le sarment ne fabrique pas le raisin

Jésus explique le mécanisme avec l'image de la vigne : "Demeurez en moi, et je demeurerai en vous. Comme le sarment ne peut de lui-même porter du fruit, s’il ne demeure attaché au cep, ainsi vous ne le pouvez non plus, si vous ne demeurez en moi." (Jean 15:4). "Je suis le cep, vous êtes les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure porte beaucoup de fruit, car sans moi vous ne pouvez rien faire." (Jean 15:5).

Le sarment ne fait pas d'effort pour donner du raisin. Il ne décide pas de la récolte et n'invente pas le fruit. Il reste attaché au cep, et la sève fait le reste. Détachez le sarment du cep et il ne produit rien, quelle que soit sa bonne volonté. Sans Jésus, nous ne pouvons rien faire : vraiment rien.

אב Dans l'original — grec. L'invitation à demeurer en lui traduit meínate en emoí, du verbe ménō : demeurer, rester, habiter. Ce verbe apparaît plusieurs fois dans Jean 15, et culmine au verset 9 : "Comme le Père m’a aimé, je vous ai aussi aimés. Demeurez dans mon amour." (Jean 15:9). Ce n'est pas une visite du dimanche. C'est une adresse fixe.

Alors, quelle est la part du croyant ? Demeurer. Et demeurer est une décision de chaque jour, pas un sentiment : rester attaché le jour où l'on en a envie et le jour où l'on n'en a aucune envie. Même cette décision, Dieu la soutient : "car c’est Dieu qui produit en vous le vouloir et le faire, selon son bon plaisir." (Philippiens 2:13). La grâce rend capable, et le croyant répond.

Lentement, mais pour de vrai

Le fruit pousse comme pousse une plante : de la terre, du temps, de la pluie, et des saisons où il semble que rien ne se passe. Paul décrit l'œuvre de l'Esprit ainsi : "Nous tous qui, le visage découvert, contemplons comme dans un miroir la gloire du Seigneur, nous sommes transformés en la même image, de gloire en gloire, comme par le Seigneur, l’Esprit." (2 Corinthiens 3:18). De gloire en gloire : peu à peu, d'un degré à un autre.

Cela désamorce deux pièges. Le premier est le perfectionnisme : penser que, si l'Esprit est en vous, vous ne perdrez plus jamais patience, et vous désespérer à chaque chute. Ce n'est pas ainsi. Celui qui tombe confesse son péché : "Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous les pardonner, et pour nous purifier de toute iniquité." (1 Jean 1:9). Et il continue. Le second piège est le laxisme : utiliser l'idée que "c'est un processus" comme excuse pour faire du surplace. Un long processus n'est pas un processus à l'arrêt. Pierre dit que ces vertus, lorsqu'elles grandissent, ne nous laissent ni oisifs ni stériles dans la connaissance de notre Seigneur Jésus-Christ (2 Pierre 1:8).

🕊 Notre lecture — la sanctification est un processus. Quand une personne croit en Christ, Dieu la justifie une fois pour toutes : elle est pardonnée et acceptée, et cela ne se fait pas à crédit. À ce même moment commence la sanctification, qui se poursuit toute la vie : le caractère de Christ qui se forme, jour après jour. Nous n'enseignons pas que le croyant devient impeccable dans ce monde, ni que la sanctification se produit d'un seul coup. L'Esprit produit ; le croyant coopère, demeure et peut résister. C'est pourquoi la liste s'appelle un fruit, et non un trophée.

L'émondage n'est pas un rejet

Jésus dit une chose que peu de gens aiment entendre : "Tout sarment qui est en moi et qui ne porte pas de fruit, il le retranche ; et tout sarment qui porte du fruit, il l’émonde, afin qu’il porte encore plus de fruit." (Jean 15:2). Remarquez bien : le sarment qui est émondé est précisément celui qui porte du fruit. Le vigneron coupe ce qui consomme de l'énergie inutilement afin que la plante donne du rendement là où cela compte.

אב Dans l'original — grec. Le verbe traduit par émonder ou nettoyer est kathaírei, mot utilisé pour la taille de la vigne. Et le verset suivant utilise la même racine (katharoí) : "Déjà vous êtes purs, à cause de la parole que je vous ai annoncée." (Jean 15:3). Le vigneron taille par la parole. Une grande partie de ce que le Père coupe en nous, Il le coupe par l'Écriture : une habitude que la Bible expose, une attitude qu'un verset démonte.

Tout ce qui fait mal n'est pas une punition. Parfois, c'est un émondage. "Il est vrai que tout châtiment semble d’abord un sujet de tristesse, et non de joie ; mais il produit plus tard pour ceux qui ont été ainsi exercés un fruit paisible de justice." (Hébreux 12:11). Mais attention : l'émondage, c'est Dieu qui retire de vous ce qui entrave votre marche. L'émondage n'est jamais quelqu'un qui vous maltraite. L'agression, l'humiliation et l'abus ne sont pas un "traitement de Dieu" à supporter en silence. Cela doit être signalé à un adulte de confiance, le jour même.

Le sarment qui se détache

Jésus parle aussi de l'autre sarment : "Si quelqu’un ne demeure pas en moi, il est jeté dehors, comme le sarment, et il sèche ; puis on ramasse les sarments, on les jette au feu, et ils brûlent." (Jean 15:6). C'est un verset sérieux, et nous ne pouvons pas l'édulcorer.

🕊 Notre lecture — l'avertissement est réel, et il est donné avec amour. Dans la lecture de notre Église, demeurer en Christ est une réponse véritable du croyant, et non quelque chose d'automatique qui continue même si la personne s'éloigne. Celui qui se détache du cep et ne revient pas peut, oui, être retranché. Mais remarquez à qui Jésus a dit cela : à des disciples qu'Il venait tout juste d'appeler purs (Jean 15:3) et aimés (Jean 15:9). L'avertissement n'a pas été donné pour terroriser celui qui lutte contre un défaut. Celui qui lutte est encore attaché. Il a été donné pour rappeler celui qui se détache lentement, sans s'en rendre compte. Tant qu'il y a de la vie, il y a un chemin de retour.

Approchez-vous

La revue ouvre la leçon avec une image de menuiserie : tout comme le bois est travaillé à l'atelier, nous sommes travaillés entre les mains de Dieu. Et elle montre le chemin : s'approcher de Dieu, avec la promesse qu'il s'approchera de nous (Jacques 4:8). Dieu a déjà fait le premier pas en Christ. Votre part est de vous approcher, même sans rien ressentir, et Il promet de venir à votre rencontre. Plus on est proche de Lui, plus on est loin du péché.

Paul exige la même cohérence entre la foi et la pratique : "Ceux qui sont à Jésus-Christ ont crucifié la chair avec ses passions et ses désirs. Si nous vivons par l’Esprit, marchons aussi selon l’Esprit." (Galates 5:24-25). D'abord vous appartenez à Christ ; ensuite vous marchez. Et la promesse l'accompagne : "Je dis donc : Marchez selon l’Esprit, et vous n’accomplirez pas les désirs de la chair." (Galates 5:16). Ce n'est pas un conseil basé sur la seule force de volonté. C'est une puissance accordée d'en haut, ce que la nature humaine, livrée à elle-même, n'a jamais produit.

III — La relation entre le fruit de l'Esprit et les dons spirituels

De l'extérieur vers l'intérieur, de l'intérieur vers l'extérieur

La revue résume la différence en une image. Les dons de l'Esprit viennent de l'extérieur vers l'intérieur et arrivent déjà prêts lorsqu'ils sont accordés : "Un seul et même Esprit opère toutes ces choses, les distribuant à chacun en particulier comme il veut." (1 Corinthiens 12:11). Le fruit vient de l'intérieur vers l'extérieur, par la grâce de l'Esprit, et a besoin de mûrir avec le temps.

Vous avez étudié les dons il y a deux cours ; ici, ils n'interviennent que pour la comparaison. Et cette comparaison n'est pas une rivalité. Les deux viennent du même Esprit, et les deux sont pour aujourd'hui. Le don a un but précis : "Or, à chacun la manifestation de l’Esprit est donnée pour l’utilité commune." (1 Corinthiens 12:7), c'est-à-dire pour l'édification du Corps de Christ. Le fruit est ce qui rend le croyant capable d'utiliser le don de la bonne manière. Le don se reçoit ; le fruit se cultive.

Corinthe : aucun don ne manquait

L'exemple que souligne la revue est l'Église de Corinthe. Paul lui écrit : "de sorte qu’il ne vous manque aucun don, dans l’attente où vous êtes de la manifestation de notre Seigneur Jésus-Christ." (1 Corinthiens 1:7). En matière de dons, c'était une Église bien servie. Et ce fut précisément l'Église qui donna le plus de fil à retordre à Paul. Il y avait des groupes qui se disputaient pour des dirigeants (1 Corinthiens 1:12), un frère qui traînait son frère devant les tribunaux (1 Corinthiens 6:1), la Cène du Seigneur qui tournait à la scène d'inégalité, les uns mangeant bien et les autres ayant faim (1 Corinthiens 11:21), et des réunions où tout le monde voulait parler en même temps, au point que Paul dut demander : "Mais que tout se fasse avec bienséance et avec ordre." (1 Corinthiens 14:40).

Son diagnostic est direct : "En effet, puisqu’il y a parmi vous de la jalousie et des disputes, n’êtes-vous pas charnels, et ne marchez-vous pas selon l’homme ?" (1 Corinthiens 3:3). Les dons étaient authentiques, car ils venaient de Dieu. Ce qui manquait, c'était le fruit.

🏛 Curiosité — une ville à deux ports. Corinthe se trouvait sur un isthme étroit de la Grèce, avec un port tourné vers chaque mer. Par là passaient des marchands, des marins et des voyageurs de tout l'empire, avec beaucoup d'argent en circulation et une forte compétition pour le statut social. Une culture qui récompensait celui qui se mettait le plus en avant et parlait le mieux est entrée, sans que personne ne s'en aperçoive, à l'intérieur de l'Église.

C'est au milieu de ce chaos que Paul écrit : "Aspirez aux dons les meilleurs. Et je vais encore vous montrer une voie par excellence." (1 Corinthiens 12:31). Et ce chemin est le chapitre 13 : "Quand je parlerais les langues des hommes et des anges, si je n’ai pas la charité, je suis un airain qui résonne, ou une cymbale qui retentit." (1 Corinthiens 13:1). "Et quand j’aurais le don de prophétie, la science de tous les mystères et toute la connaissance, quand j’aurais même toute la foi jusqu’à transporter des montagnes, si je n’ai pas la charité, je ne suis rien." (1 Corinthiens 13:2).

Le fruit donne une direction au don

La revue conclut : une vie remplie de dons, mais dépourvue des vertus du fruit, tend à être vide. Ce sont les vertus du fruit qui orientent l'usage profitable des dons. Sans fruit, ce qui devait édifier l'Église devient un instrument de vanité, de dispute et même de division. Avec le fruit, le don parvient au frère de la manière dont Dieu le voulait.

❤ Pour votre vie — les coulisses comptent. Si vous servez dans quelque domaine que ce soit à l'église (louange, multimédia, accueil, cours pour les enfants, une parole pendant le culte), souvenez-vous : ce que Dieu forme en vous apparaît moins au micro que pendant la répétition, dans la file d'attente, dans le groupe de messages et dans la façon de traiter celui qui s'est trompé. Personne ne fait un culte d'action de grâces pour la maîtrise de soi. Mais c'est ce qu'il reste de vous quand le micro s'éteint.

Christ dans la leçon

Le fruit de l'Esprit n'est pas un idéal abstrait. C'est le portrait de Jésus. Amour, joie, paix, patience, bonté, fidélité, douceur, maîtrise de soi : tout cela a déjà marché en Galilée, avec un nom et un visage. Il s'est décrit lui-même comme doux et humble de cœur (Matthieu 11:29). Quand l'Esprit produit le fruit en vous, Il forme en vous le caractère du Fils.

Et Jésus ne commence pas par exiger de la production. Il commence par purifier : "Déjà vous êtes purs, à cause de la parole que je vous ai annoncée." (Jean 15:3). Il commence par aimer : "Comme le Père m’a aimé, je vous ai aussi aimés. Demeurez dans mon amour." (Jean 15:9). Il est mort sur la croix à notre place, est ressuscité et a envoyé le Saint-Esprit (Jean 16:7) pour habiter en celui qui croit. C'est pourquoi Paul dit que ceux qui appartiennent à Christ ont crucifié la chair (Galates 5:24) : d'abord vient l'appartenance à Lui, et seulement ensuite la marche.

Le but de tout cela, c'est aussi Lui : "Si vous portez beaucoup de fruit, c’est ainsi que mon Père sera glorifié, et que vous serez mes disciples." (Jean 15:8). Le fruit n'existe pas pour que vous paraissiez bien sur la photo. Il existe pour que le Père soit glorifié et pour que les gens perçoivent en vous quelque chose de Jésus.

✝ Christ dans la leçon. Il est le cep ; vous êtes le sarment. La sève n'est pas à vous, le fruit n'est pas à vous, et la force de demeurer vient aussi de Lui. Le fruit de l'Esprit, c'est Jésus qui est formé en vous, lentement et pour de vrai.

Application pratique

Choisissez une vertu et remettez-la à Dieu. Laquelle des neuf savez-vous que vous faites semblant d'avoir devant les autres ? N'essayez pas de tout réparer d'un coup. Apportez celle-là à Dieu dans la prière, avec sincérité, et demandez-lui de produire cela en vous, parce que tout seul vous n'y arrivez pas (Jean 15:5).

Retenez la réplique tranchante. La prochaine fois que quelqu'un vous provoque, comptez jusqu'au bout avant de répondre. La longanimité est un souffle long, et un souffle long commence par une phrase que vous n'avez pas dite (Éphésiens 4:2).

Célébrez la victoire de l'autre. Quand quelqu'un obtient ce que vous vouliez, dites à cette personne que vous êtes heureux pour elle, sans ironie et sans "mais". La bénignité n'a pas d'envie (1 Corinthiens 13:4).

Servez sans estrade. Si vous êtes utilisé dans quelque service à l'église, prenez soin des coulisses autant que du micro : la répétition, la file d'attente, le groupe de messages. Un don sans fruit finit comme à Corinthe (1 Corinthiens 3:3).

Prière finale

Seigneur Jésus, Tu es le cep, et je suis le sarment. Je confesse que bien souvent j'ai voulu le don et j'ai oublié le fruit. J'ai voulu être utilisé pendant le culte et je n'ai pas voulu être transformé pendant la semaine. Saint-Esprit, produis en moi ce que je ne parviens pas à fabriquer : l'amour, la joie, la paix, la longanimité, la bénignité, la bonté, la foi, la douceur et la tempérance. Cette vertu que je fais semblant d'avoir, je Te la remets maintenant. Émonde en moi ce qui fait obstacle, et donne-moi de la patience envers mon propre processus. Que je n'abandonne pas quand je tombe, et que je ne me détache pas du cep quand je ne ressens rien. Au nom de Jésus, qui est mort sur la croix à ma place, est ressuscité et m'a envoyé l'Esprit. Amen.

Soli Deo Gloria — l'Écriture gouverne ; tout le reste, à genoux.

Questions fréquentes sur cette leçon

Qu'est-ce que le fruit du Saint-Esprit ?+

C'est le caractère que le Saint-Esprit produit chez celui qui est uni à Christ. Paul le décrit ainsi : "Mais le fruit de l’Esprit, c’est l’amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la bénignité, la fidélité, la douceur, la tempérance ;" (Galates 5:22). Ce n'est ni un effort pour paraître bon ni une liste d'objectifs : c'est ce qui naît lorsque la personne demeure en Jésus, comme le sarment sur la vigne (Jean 15:5).

Pourquoi la Bible dit-elle 'fruit' et non 'fruits' de l'Esprit ?+

Parce qu'en Galates 5:22 le mot est au singulier : il y a neuf vertus, mais un seul fruit. Juste avant, Paul parle des œuvres de la chair, au pluriel (Galates 5:19). La chair se disperse dans de nombreuses directions ; l'Esprit forme une vie entière. C'est pourquoi personne ne choisit trois vertus en laissant les autres : l'Esprit travaille l'ensemble.

Quelle est la différence entre le fruit et les dons du Saint-Esprit ?+

Le don est donné tout prêt, de l'extérieur vers l'intérieur, par l'Esprit qui distribue à chacun en particulier comme il le veut (1 Corinthiens 12:11), pour le bien de l'Église (1 Corinthiens 12:7). Le fruit grandit de l'intérieur vers l'extérieur, avec le temps, et forme le caractère de Christ en nous. Les deux viennent du même Esprit et ne rivalisent pas. Mais un don sans fruit devient un problème : à Corinthe aucun don ne manquait (1 Corinthiens 1:7), et pourtant il y avait de la jalousie, des disputes et des divisions (1 Corinthiens 3:3).

Si je lutte encore contre les mêmes défauts, est-ce le signe que je n'ai pas le Saint-Esprit ?+

Non. Le fruit est cultivé, et la culture prend du temps. La Bible décrit la transformation comme un processus où nous sommes transformés de gloire en gloire (2 Corinthiens 3:18), et non comme une réparation d'un week-end. Celui qui lutte contre ses défauts, confesse quand il tombe (1 Jean 1:9) et reste proche de Jésus est en train d'être façonné. Le signal d'alarme n'est pas d'avoir des défauts ; c'est de renoncer à demeurer.

Que signifie le sarment qui est retranché en Jean 15:6 ? Un croyant peut-il se perdre ?+

Jésus a dit : "Si quelqu’un ne demeure pas en moi, il est jeté dehors, comme le sarment, et il sèche ; puis on ramasse les sarments, on les jette au feu, et ils brûlent." (Jean 15:6). Selon la lecture de notre Église, l'avertissement est réel : demeurer en Christ est la réponse du croyant, et celui qui se détache de lui et ne revient pas peut, oui, être retranché. Mais Jésus a donné cet avertissement pour ramener, non pour effrayer celui qui lutte. Peu avant, il avait dit aux disciples : "Déjà vous êtes purs, à cause de la parole que je vous ai annoncée." (Jean 15:3). Tant qu'il y a de la vie, la porte du retour est ouverte.

Que sont la longanimité, la bénignité et la tempérance ?+

Ce sont trois vertus du fruit aux noms anciens. La longanimité signifie 'longue patience' : la patience de ne pas rendre l'offense sur-le-champ. La bénignité consiste à vouloir le bien de tous et à savoir se réjouir de la victoire de l'autre, parce que l'amour n'est pas envieux (1 Corinthiens 13:4). La tempérance est la maîtrise de soi : ne pas être gouverné par ses envies, par l'argent ou par sa langue, comme l'athlète qui s'abstient de tout (1 Corinthiens 9:25).

Ados

4e trimestre