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Leçon 8
L’amour qui corrige

Questions fréquentes sur cette leçon
1.Pourquoi Hébreux 12:6 dit-il que Dieu châtie celui qu'il aime ? Dieu punit-il par la maladie et la tragédie ?
L'auteur de l'épître aux Hébreux cite Proverbes 3:11-12 à des personnes qui souffraient de la persécution à cause de la foi et pensaient à abandonner. L'image est celle d'un père qui éduque son fils, et son propos est le suivant : la souffrance que vous affrontez ne prouve pas que Dieu vous a abandonnés ; Dieu se sert même de cela pour vous former. Cela ne veut pas dire que toute maladie, tout accident ou toute perte soit une punition pour un péché. Jésus a refusé cette lecture lorsque les disciples ont demandé qui avait péché pour qu'un homme naisse aveugle (Jean 9:1-3). Et ce verset n'autorise non plus aucun être humain à frapper, blesser ou humilier quelqu'un au nom de Dieu. Hébreux parle de ce que fait le Père, et explique aussitôt le but : il nous corrige pour notre bien, afin que nous ayons part à sa sainteté (Hébreux 12:10).
2.Quelle est la différence entre la discipline biblique et l'abus spirituel ?
La discipline biblique cherche à gagner le frère (Matthieu 18:15), commence en privé, se fait avec douceur (Galates 6:1), traite d'un péché que la Bible appelle péché et se termine par le pardon et la consolation (2 Corinthiens 2:7). L'abus spirituel utilise le langage de la discipline pour autre chose : faire taire celui qui pose des questions, punir celui qui n'est pas d'accord, contrôler les vêtements, les fréquentations amoureuses, le vote, l'argent et les amitiés, exposer la vie des gens en chaire, menacer de l'enfer celui qui veut partir. La Bible elle-même en montre un cas : Diotrèphe, qui cherche à occuper le premier rang parmi eux et les chasse de l'Église (3 Jean 9-10). Jean n'appelle pas cela du zèle ; il appelle cela de mauvaises œuvres. Et Pierre interdit aux pasteurs d'agir en dominateurs sur l'héritage de Dieu (1 Pierre 5:3). L'abus spirituel n'est pas une discipline mal exercée. C'est le péché de celui qui abuse.
3.En cas d'abus, de harcèlement ou de violence domestique, l'Église règle-t-elle cela en interne ?
Non. Matthieu 18 est le chemin pour un péché entre frères, et non pour un crime. Les abus sexuels, le harcèlement, la violence domestique, la maltraitance et toute violence contre un enfant ou un adolescent vont aux autorités et au réseau de protection, et l'Église ne demande à personne d'attendre, de pardonner d'abord ou de se taire. Au Brésil, en cas d'urgence, appelez le 190 ; les cas de violence contre un enfant, un adolescent, une personne âgée ou une personne handicapée peuvent être signalés au Disque 100 et au Conselho Tutelar ; la violence envers les femmes, au Ligue 180. Les responsables de l'Église doivent être prévenus pour protéger la personne blessée et accompagner le cas, mais jamais à la place du signalement. La Bible dit que l'autorité civile est un serviteur de Dieu pour punir le mal (Romains 13:4). La discipline de l'Église peut avoir lieu ensuite, sur la vie de membre de celui qui a commis le crime. Elle ne remplace pas la loi et ne protège pas l'agresseur.
4.Qu'a voulu dire Jésus en demandant de le considérer comme un païen et un publicain (Matthieu 18:17) ?
C'est la dernière étape, lorsque la personne a déjà été recherchée en privé, puis avec un ou deux témoins, puis par l'Église, et qu'elle refuse malgré tout d'abandonner son péché. L'Église la traite alors comme quelqu'un du dehors : elle ne peut plus recevoir la confiance, la table et les fonctions de celui qui vit l'engagement de membre. Mais remarquez comment Jésus traitait les païens et les publicains. Il mangeait avec eux, a appelé un publicain à être apôtre (Matthieu 9:9) et a raconté la parabole de la brebis perdue précisément à ceux qui s'en plaignaient (Luc 15:1-7). Ainsi, être traité comme un païen et un publicain ne veut pas dire être un ennemi. Cela veut dire quelqu'un qui a de nouveau besoin de l'Évangile. Paul dit la même chose : "Ne le regardez pas comme un ennemi, mais avertissez-le comme un frère." (2 Thessaloniciens 3:15).
5.Comment recevoir une correction sans me sentir humilié ?
Commencez par séparer la personne du message. Celui qui corrige peut se tromper de ton, et vous pourrez le dire ensuite, avec calme ; mais le message peut être vrai malgré tout. Écoutez jusqu'au bout avant de vous défendre. Remerciez, même s'il vous faut réfléchir avant d'être d'accord. Portez ce que vous avez entendu devant Dieu et devant la Bible, et, si nécessaire, auprès d'une personne mûre de confiance. Les Proverbes placent la différence entre le sage et le moqueur exactement ici : "Ne reprends pas le moqueur, de crainte qu’il ne te haïsse ; Reprends le sage, et il t’aimera." (Proverbes 9:8). Et rappelez-vous qu'être corrigé n'est pas être rejeté : "Supportez le châtiment : c’est comme des fils que Dieu vous traite ; car quel est le fils qu’un père ne châtie pas ?" (Hébreux 12:7). En même temps, l'humiliation ne fait pas partie de la correction biblique. Si quelqu'un utilise la correction pour exposer, ridiculiser ou diriger votre vie, cela doit être porté devant les responsables.
6.J'ai été discipliné dans une autre Église d'une manière qui m'a blessé. Que dois-je faire de cela ?
Premièrement, vous n'avez pas besoin de faire semblant que cela n'a pas fait mal, ni de conclure que tout était de votre faute. Une correction faite avec humiliation, sans entretien en privé, pour un motif personnel ou selon une règle que la Bible n'établit pas est une blessure réelle, et Dieu ne l'approuve pas. Deuxièmement, s'il y a eu un péché de votre part dans cette histoire, il peut être traité devant Dieu avec simplicité : "Celui qui cache ses transgressions ne prospère point, Mais celui qui les avoue et les délaisse obtient miséricorde." (Proverbes 28:13). Une chose n'annule pas l'autre. Troisièmement, allez trouver les responsables de cette maison et racontez ce qui s'est passé, à votre rythme. Cela aide à prendre soin de vous et à ne répéter l'erreur avec personne. Jésus ne brisera pas le roseau cassé (Matthieu 12:20). Vous pouvez réapprendre à faire confiance doucement.






