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Prenez garde à l'ego et à ses ambitions

Leçon 12 · 3e trimestre 2026 · 06/09/2026 · 20 min de lecture

Par Equipe Marcas Editora

La vidéo dispose d'un doublage automatique en français. Si vous entendez du portugais, ouvrez les paramètres du lecteur (⚙) → Piste audio → Français.

Texte d'or

“J’ai été fort réjoui, lorsque des frères sont arrivés et ont rendu témoignage de la vérité qui est en toi, de la manière dont tu marches dans la vérité.” (3 Jean 3, LSG) · Lire dans la Bible

La troisième lettre de Jean tient sur une carte et conserve deux portraits que l'on reconnaît de loin : Gaïus, qui vit pour servir, et Diotrèphe, qui vit pour être servi. La leçon n'apprend à personne à débusquer des Diotrèphe chez les autres — elle tourne le miroir vers l'intérieur et demande où chacun veut la première place. Elle montre aussi que l'ambition n'est pas un péché : étudier, rêver d'un métier et vouloir progresser sont de bonnes choses. Le problème, c'est l'ego qui transforme l'œuvre de Dieu en scène. Et la leçon se termine là où elle devait se terminer : en Christ, qui, étant Dieu, s'est dépouillé lui-même et a pris une forme de serviteur.

Il existe une douleur bien particulière que presque tout le monde a déjà ressentie et dont presque personne ne parle : vous avez fait quelque chose de bien et quelqu'un d'autre en a récolté le mérite.

Vous avez organisé l'exposé, mais c'est un autre qui l'a présenté. Vous avez rangé toute la maison et votre mère a remercié votre frère. Vous avez eu l'idée, et elle est devenue « son idée ». Remarquez ce qui dérange vraiment dans ces moments-là. Bien souvent, ce n'est pas le préjudice subi — c'est le fait que personne ne sache que c'était vous.

Cette sensation porte un nom, et ce nom est très ancien : l'ego.

La leçon d'aujourd'hui s'appuie sur une lettre minuscule, presque un billet, pour traiter ce sujet. Elle est aussi courte que la lettre que nous avons étudiée dimanche dernier — les deux tiennent sur une carte postale. Et à l'intérieur se trouvent deux portraits que l'on reconnaît immédiatement : un homme qui vivait pour servir et un homme qui vivait pour être servi.

Avant de continuer, un avertissement sur la façon de lire cette leçon, car il est facile d'en faire un mauvais usage. Le miroir, ici, est pour vous. Ce n'est pas une liste de symptômes pour partir à la chasse au méchant de l'histoire dans votre église. Si vous terminez ce cours avec un autre nom que le vôtre en tête, la leçon n'a pas fonctionné.

Dans ce cours, nous allons découvrir les trois noms qui apparaissent dans cette lettre, distinguer l'ambition légitime de l'ego — qui ne sont pas la même chose — et arriver au seul endroit où cette conversation peut se terminer : en Christ.

1. Une lettre de deux noms

Celui qui écrit est l'apôtre Jean, vers l'an 90 apr. J.-C., depuis Éphèse, déjà âgé, déjà dirigeant expérimenté. Et, contrairement à presque toutes les lettres du Nouveau Testament, celle-ci n'est pas adressée à une église : elle est adressée à une personne. "L’ancien, à Gaïus, le bien-aimé, que j’aime dans la vérité." (3 Jean 1).

L'objectif de la lettre est double, et les deux aspects apparaissent côte à côte. D'un côté, Jean écrit pour féliciter Gaïus pour son hospitalité et son soutien aux missionnaires de passage. De l'autre, il écrit pour mettre en garde au sujet d'un homme appelé Diotrèphe, qui provoquait des divisions dans cette église. Et un troisième nom apparaît encore à la fin, presque en passant : Démétrius, l'homme à qui tous rendaient un bon témoignage.

Trois noms, trois portraits : Gaïus, exemple de fidélité. Diotrèphe, exemple d'orgueil. Démétrius, exemple de bon témoignage.

Le Texte d'or est la phrase par laquelle Jean ouvre cet éloge : "J’ai été fort réjoui, lorsque des frères sont arrivés et ont rendu témoignage de la vérité qui est en toi, de la manière dont tu marches dans la vérité." (3 Jean 3). Et juste après, il dit une chose qui mérite qu'on s'arrête pour la lire deux fois : "Je n’ai pas de plus grande joie que d’apprendre que mes enfants marchent dans la vérité." (3 Jean 4).

Remarquez d'où venait la nouvelle. Ce n'est pas Gaïus qui l'a racontée. Ce sont d'autres personnes qui sont venues trouver Jean et ont parlé de lui. Gardez ce détail en mémoire, car il reviendra plus loin.

🏛 Curiosité — ce que signifiait accueillir les frères. Au premier siècle, il n'existait ni bâtiment d'église, ni hôtel sûr, ni réseau d'églises organisé. Les missionnaires voyageaient de ville en ville et dépendaient entièrement de l'hospitalité de ceux qui étaient déjà chrétiens : un lit, un repas et une maison pour réunir l'assemblée. C'est pourquoi Jean écrit qu'ils sont partis pour son Nom, sans rien recevoir des païens (3 Jean 7) — autrement dit, ils ne faisaient pas payer ceux du dehors, ils ne faisaient pas de la prédication un commerce. Et il conclut : "Nous devons donc accueillir de tels hommes, afin d’être ouvriers avec eux pour la vérité." (3 Jean 8). Celui qui hébergeait n'était pas un simple figurant de la mission. Il en était compagnon d'œuvre. Ouvrir sa maison, c'était littéralement participer à l'œuvre.

2. Gaïus : fidèle en tout, et il aime sans choisir

Jean résume Gaïus en une phrase : "Bien-aimé, tu agis fidèlement dans ce que tu fais pour les frères, et même pour des frères étrangers," (3 Jean 5).

Deux éléments de cette phrase méritent notre attention.

En toute chose. Cela ne veut pas dire que Gaïus ne péchait jamais. Cela veut dire qu'il n'avait pas une version de lui-même pour l'église et une autre pour le reste de sa vie. Sa fidélité n'était pas un costume du dimanche.

Et c'est ici que la leçon vous touche de manière très directe. Il est relativement facile de paraître spirituel à l'intérieur de l'église — l'ambiance aide, tout le monde fait pareil. Le vrai caractère apparaît ailleurs : à l'école, dans le groupe de discussion, dans votre façon de parler quand vous êtes irrité, dans votre honnêteté scolaire, dans ce que vous faites quand personne de l'église ne regarde.

Pensez à une scène banale. L'examen est difficile, la moitié de la classe a triché, personne ne s'est fait prendre et personne ne se fera prendre. Ne pas tricher à ce moment-là ne vous rapporte ni note, ni éloge, ni rien de visible. C'est précisément pour cela que c'est de la fidélité : c'est la part de votre vie que seul Dieu voit.

Et envers les étrangers. La seconde marque de Gaïus est encore plus dérangeante. Il traitait de la même manière ceux de la maison et ceux du dehors. Il ne choisissait pas qui servir.

L'ego, lorsqu'il agit, choisit toujours. Il calcule : vaut-il la peine d'être vu en train d'aider cette personne ? Est-ce que cela me rapproche de ceux dont je veux être proche ? Est-ce que cela rapporte ? Aimer comme Christ, c'est tout l'inverse — c'est servir sans calculer, car la Bible affirme avec fermeté que Dieu ne fait point acception de personnes (Actes 10:34 ; Romains 2:11 ; Jacques 2:1).

Traduisez cela dans votre semaine. Un nouvel élève arrive dans l'établissement et personne n'engage la conversation avec lui, parce qu'il est différent, ou timide, ou qu'il ne rentre dans aucune case. Le groupe a déjà décidé qu'il n'en valait pas la peine. Vous asseoir à côté de cette personne ne vous rapportera rien — et c'est exactement là tout l'enjeu. Celui qui aime comme Christ ne demande pas qui le mérite.

3. Diotrèphe : l'homme qui voulait la première place

Voici maintenant la partie lourde de la lettre. Et Jean ne tourne pas autour du pot :

"J’ai écrit quelques mots à l’Église ; mais Diotrèphe, qui aime à être le premier parmi eux, ne nous reçoit point." (3 Jean 9)

Relisez l'expression centrale : qui cherche à avoir la première place parmi eux. Ce n'est pas une accusation générale d'orgueil. C'est la description très précise d'un homme qui voulait être le premier au sein de l'église.

Ω Dans l'original — grec. Le mot traduit par chercher à avoir la première place parmi eux est philoprōteúōn (φιλοπρωτεύων). Il est formé de deux éléments assemblés : philéo, aimer, apprécier ; et prōtos, premier. Littéralement, "celui qui aime être le premier". Ce mot n'apparaît qu'une seule fois dans tout le Nouveau Testament — il a été forgé ici, pour ce cas précis. Et remarquez que le grec ne décrit pas une fonction : il décrit une affection. Le problème de Diotrèphe n'était pas dans son badge ; il était dans ce qu'il aimait.

Il vaut aussi la peine de noter qu'« ego » n'est ni un terme religieux ni une insulte. En grec, egṓ (ἐγώ) — puis, en latin, ego — signifie simplement « moi ». C'est le mot le plus court de la langue et le plus difficile à déloger du centre.

Le texte montre les dégâts se produire sur trois niveaux :

Premièrement : il parlait en mal des responsables. Jean dit que Diotrèphe tenait contre eux de mauvais propos (3 Jean 10). Ce n'était pas un désaccord ouvert et honnête — c'étaient des paroles en sous-main, des insinuations, des rumeurs. La Bible prend la parole au sérieux parce que la parole construit et la parole détruit.

Aujourd'hui, cela coûte moins cher que jamais. Une blague blessante dans le groupe, un commentaire sur un responsable sans connaître la moitié des faits, une capture d'écran transférée, un « j'ai entendu dire que ». Personne n'a besoin de monter sur une estrade pour détruire la réputation de quelqu'un : trente secondes et un téléphone suffisent.

Et il y a là une racine que la leçon désigne sans détour : la rébellion contre ceux qui dirigent naît presque toujours d'un cœur qui refuse d'être repris. Un responsable vous donne une orientation. Au lieu d'y réfléchir, vous répliquez aussitôt, vous vous défendez, vous allez vous plaindre auprès de vos amis. Celui qui rejette toute correction ferme la porte à sa propre croissance — et cette porte se ferme de l'intérieur.

Deuxièmement : il bloquait les autres. Il n'accueille pas les frères, empêche ceux qui veulent les accueillir et les chasse de l'église (3 Jean 10). Mesurez l'ampleur de la chose. Il ne suffisait pas à Diotrèphe de ne pas servir ; il empêchait ceux qui voulaient servir. Il ne lui suffisait pas de rejeter les missionnaires ; il expulsait ceux qui les accueillaient.

L'ego ne reste pas tranquille dans son coin. Il crée des clans, il crée des rivalités, il crée de l'exclusion. Un groupe d'adolescents qui décide, sans le dire tout haut, qu'untel n'entre pas dans les activités — parce qu'on ne l'aime pas, parce qu'il est bizarre, parce qu'il ne fait pas partie de la bande — fait, à son échelle, exactement ce que Diotrèphe faisait à la sienne. L'orgueil divise ; l'amour unit. Et le contraste avec Jean est frappant : le même apôtre se présenterait, dans l'Apocalypse, comme un compagnon dans la tribulation et dans le royaume (Apocalypse 1:9).

Troisièmement : il utilisait l'église comme une scène. C'est le cœur de la leçon. Diotrèphe n'avait pas tort de vouloir diriger — la Bible présente le leadership comme une chose bonne et nécessaire. Il avait tort dans sa motivation. Jésus a enseigné que l'autorité dans le Royaume s'exerce en servant, et non en commandant. Lorsque le cœur recherche la position plus que la vocation, le ministère cesse de glorifier Christ et se met à glorifier la personne.

Il existe un petit exemple très parlant de cela, à la mesure de votre âge : le jeune qui n'accepte de participer à la louange que lorsqu'il peut chanter en solo et montrer son talent ; dès qu'on lui confie un autre rôle, il perd tout intérêt. Ce n'est pas la fonction qui a changé. C'est le projecteur qui a disparu. Beaucoup veulent la position ; peu veulent la responsabilité qui l'accompagne.

🔬 Notre lecture. Voici maintenant l'avertissement le plus important de cet article, et il faut le dire en toutes lettres : 3 Jean 10 n'est pas une autorisation pour vous d'exposer qui que ce soit. Jean était apôtre. Il avait autorité sur cette église, il allait se rendre sur place en personne et traiterait l'affaire de front, en présence de l'assemblée. Cela relève du gouvernement de l'église, exercé par ceux qui en ont la responsabilité — ce n'est pas un modèle pour qu'un adolescent organise une dénonciation, monte un dossier ou ouvre un débat sur un groupe de messagerie. Lorsque vous voyez quelque chose qui ne va pas dans votre église, la voie chrétienne est celle-ci : priez, et parlez-en en privé avec les responsables ou avec vos parents. Sans public, sans capture d'écran, sans « j'ai juste besoin de vider mon sac ». La seule exception concerne une situation grave, qui blesse ou met quelqu'un en danger : là, vous en parlez immédiatement à un adulte de confiance, et c'est l'adulte qui agit. En dehors de cela, la règle est simple : la médisance ne devient pas un service rendu à Dieu simplement parce que le sujet est spirituel.

4. L'ambition n'est pas un péché. L'ego, oui.

Ici, la leçon demande une précision chirurgicale, car il est facile de sortir d'une telle étude avec la peur de vouloir quoi que ce soit.

Faisons donc bien la part des choses. Vouloir progresser n'est pas un péché. Étudier pour réussir, s'entraîner pour mieux jouer d'un instrument, rêver d'un métier, vouloir apprendre, vouloir bien faire ce que vous faites — rien de tout cela n'est être un Diotrèphe. La Bible ordonne de travailler avec dévouement et qualifie la paresse de problème, non de vertu. Dieu n'est pas honoré lorsque le croyant livre le pire de lui-même.

Ce que la leçon condamne est tout autre : l'ego qui utilise l'œuvre de Dieu comme une scène. C'est l'ambition qui écrase les autres. C'est vouloir la place de devant plus que vouloir le Royaume.

Paul le dit d'une manière qui ne laisse aucune échappatoire : "Ne faites rien par esprit de parti ou par vaine gloire, mais que l’humilité vous fasse regarder les autres comme étant au-dessus de vous-mêmes." (Philippiens 2:3). Et il complète : "Que chacun de vous, au lieu de considérer ses propres intérêts, considère aussi ceux des autres." (Philippiens 2:4). Remarquez bien le « aussi ». Paul ne vous a pas demandé de cesser d'exister, ni d'arrêter de prendre soin de votre vie. Il a demandé d'arrêter de ne regarder que la vôtre.

Le diagnostic le plus triste du chapitre est une courte phrase que Paul glisse presque en passant : "tous, en effet, cherchent leurs propres intérêts, et non ceux de Jésus-Christ." (Philippiens 2:21). Cela a été écrit à propos de chrétiens. À propos de gens d'église.

Alors, au lieu d'essayer de mesurer la taille de votre orgueil — ce qui est une mesure impossible à faire honnêtement —, utilisez trois questions concrètes. Elles sont faites pour qu'on y réponde en silence, dans sa tête :

  1. Si personne ne savait ce que vous faites pour Dieu, continueriez-vous à le faire avec le même zèle ?
  2. Qu'est-ce qui réjouit le plus votre cœur : voir Christ glorifié ou vous voir reconnu ?
  3. Lorsqu'une autre personne est félicitée pour quelque chose que vous faites bien vous aussi, que se passe-t-il à l'intérieur de vous ?

La troisième est souvent la plus révélatrice. Il est facile d'être humble tout seul.

5. N'imitez pas le mal — et le nom dont presque personne ne se souvient

Après avoir décrit Diotrèphe, Jean ne laisse pas l'histoire sans application. Il se tourne vers Gaïus et dit :

"Bien-aimé, n’imite pas le mal, mais le bien. Celui qui fait le bien est de Dieu ; celui qui fait le mal n’a point vu Dieu." (3 Jean 11)

Remarquez le verbe : imiter. Jean parle d'imitation. Et la vie chrétienne, en fin de compte, est une suite de choix sur qui imiter.

C'est particulièrement important à votre âge, parce que c'est la période où le plus de monde se dispute cette place : l'école, le groupe, les comptes que vous suivez, l'artiste, l'athlète, l'influenceur, et parfois même quelqu'un au sein de l'église. La question que la plupart posent est : « Cette personne est-elle célèbre ? » La bonne question est tout autre : « La vie de cette personne oriente-t-elle vers Dieu ? » Tout ce qui devient viral ne mérite pas d'être copié.

Et la seconde moitié du verset affirme quelque chose de fort : celui qui fait le bien est de Dieu. Attention à ne pas lire cela comme « les bonnes œuvres sauvent » — ce n'est pas le cas, et la Bible est claire sur le fait que nous sommes sauvés par la grâce. Ce que Jean dit, c'est que notre vie révèle à qui nous appartenons. Dieu est la source de toute bonté ; par conséquent, la vraie bonté porte son empreinte. Les bonnes œuvres n'achètent pas le salut, mais elles révèlent une vie qui a été transformée.

Et c'est ici qu'intervient notre foi : nous croyons que la nouvelle naissance et l'action du Saint-Esprit rendent le chrétien capable de rejeter le péché et de vivre dans la sainteté. Ce n'est pas une simple force de volonté, et ce n'est pas non plus automatique. La grâce rend capable ; vous coopérez. Chaque jour. Diotrèphe est la preuve qu'on peut être à l'intérieur de l'église et résister à cette grâce — et Gaïus est la preuve qu'on peut coopérer avec elle jusque dans les choses que personne ne voit.

Enfin, le nom dont presque personne ne se souvient. Avant de conclure sa lettre, Jean écrit : "Tous, et la vérité elle-même, rendent un bon témoignage à Démétrius ; nous aussi, nous lui rendons témoignage, et tu sais que notre témoignage est vrai." (3 Jean 12).

Démétrius n'a aucun discours enregistré, aucun exploit spectaculaire, pas une seule ligne de biographie. Il n'a qu'une chose : les gens disaient du bien de lui. Et, d'après ce que l'on comprend des coutumes de l'époque, c'est probablement lui qui a porté cette lettre en main propre jusqu'à Gaïus — le facteur de l'histoire, celui qui a fait le travail.

Remarquez le contraste final de la lettre. Diotrèphe s'est battu pour être le premier et il est resté marqué à jamais comme l'exemple de l'orgueil. Démétrius a simplement fait ce qui était juste, et la Bible a inscrit son nom avec une mention que tout le monde aimerait recevoir.

Christ dans la leçon

L'opposé de Diotrèphe n'est pas « être humble ». L'humilité, à elle seule, n'est qu'un comportement — et un comportement, cela se simule. L'opposé de Diotrèphe est une Personne.

Et il y a une scène de l'Évangile qu'il faut raconter ici, parce qu'elle empêche cette leçon de tourner à l'arrogance spirituelle.

Deux disciples se sont approchés de Jésus avec une demande : "Accorde-nous, lui dirent-ils, d’être assis l’un à ta droite et l’autre à ta gauche, quand tu seras dans ta gloire." (Marc 10:37). Ils voulaient les deux meilleures places. Ils voulaient la primauté.

Et l'un de ces deux-là était Jean. Le même homme qui, soixante ans plus tard, écrirait contre Diotrèphe parce qu'il voulait la première place.

Retenez bien cela, car cela change le ton de tout l'ensemble. Lorsque Jean dénonce l'amour de la première place, il ne parle pas depuis un piédestal. Il parle en tant qu'homme qui a déjà demandé cela et qui a été repris par Jésus lui-même. Cette leçon n'est pas un doigt pointé ; c'est un homme qui montre sa propre cicatrice.

Et voyez comment Jésus a répondu à la demande des deux frères. Il n'a pas dit : « Quelle absurdité, oubliez la grandeur. » Il a fait quelque chose de bien plus intéressant : il a redéfini ce qu'est être grand.

"Il n’en est pas de même au milieu de vous. Mais quiconque veut être grand parmi vous, qu’il soit votre serviteur ; et quiconque veut être le premier parmi vous, qu’il soit l’esclave de tous. Car le Fils de l’homme est venu, non pour être servi, mais pour servir et donner sa vie comme la rançon de plusieurs." (Marc 10:43-45)

Lisez posément : Jésus n'a pas interdit de vouloir être grand. Il a indiqué par où l'on y arrive. Dans le Royaume, le chemin vers le haut passe par le bas.

Et il ne l'a pas enseigné de loin. Paul raconte comment cela s'est produit :

"Ayez en vous les sentiments qui étaient en Jésus-Christ, lequel, existant en forme de Dieu, n’a point regardé comme une proie à arracher d’être égal avec Dieu, mais s’est dépouillé lui-même, en prenant une forme de serviteur, en devenant semblable aux hommes ; et ayant paru comme un simple homme, il s’est humilié lui-même, se rendant obéissant jusqu’à la mort, même jusqu’à la mort de la croix." (Philippiens 2:5-8)

Arrêtez-vous sur cette expression : il s'est dépouillé lui-même, renonçant à toute réputation.

Diotrèphe se battait pour sa réputation dans une petite église de province. Jésus possédait toute la gloire de l'univers et y a renoncé. L'un se disputait une place en vue devant quelques dizaines de personnes ; l'Autre, étant Dieu, a accepté la dernière place qui existait — la croix, la mort réservée aux esclaves et aux criminels.

Et le verset suivant boucle la boucle : "C’est pourquoi aussi Dieu l’a souverainement élevé, et lui a donné le nom qui est au-dessus de tout nom," (Philippiens 2:9). La première place que Diotrèphe a tenté de prendre de force a été donnée à Christ, parce qu'il est descendu le premier.

La question de cette leçon n'a donc jamais été : « Êtes-vous orgueilleux ? » La question est : qui occupe la première place dans votre cœur — Christ ou votre moi ?

Et la réponse ne consiste pas à faire plus d'efforts pour être humble. Elle consiste à regarder vers lui si longtemps que votre moi cesse peu à peu d'être le sujet principal.

Application pratique

Examinez la motivation, pas la taille. N'arrêtez pas de rêver, n'arrêtez pas d'étudier, n'arrêtez pas de vouloir bien faire. Demandez-vous seulement, avant chaque décision de cette semaine : est-ce que cela glorifie Dieu ou est-ce que cela nourrit seulement mon ego ? Cette question tient en cinq secondes et protège toute une année.

Servez une fois sans en tirer de crédit. La preuve la plus honnête que vous n'êtes pas sur une scène, c'est de faire quelque chose de bien sans que personne sache que c'était vous. Ce n'est pas pour jouer au héros. C'est pour que vous sentiez la différence.

Restez avec celui qui ne vous rapporte rien. Une fois cette semaine, asseyez-vous à côté de quelqu'un qui est seul, ou engagez la conversation avec celui que le groupe ignore. Gaïus traitait de la même façon ceux de la maison et ceux du dehors.

Acceptez une remarque sans vous défendre. Lorsque quelqu'un vous reprend ou vous conseille — père, mère, professeur, responsable —, retenez votre réponse pendant dix secondes et écoutez jusqu'au bout avant d'argumenter. Un esprit enseignable n'est pas une faiblesse ; c'est la seule porte par laquelle entre la maturité.

Coupez court aux commérages dès leur arrivée. Si un commentaire sur quelqu'un de l'église arrive jusqu'à vous, votre rôle est simple : ne le transmettez pas. Inutile de faire la morale à qui que ce soit, inutile d'annoncer que vous ne ferez aucun commentaire. Ne transmettez rien, tout simplement.

Et si vous avez vu quelque chose de vraiment grave, parlez-en à qui a la responsabilité d'agir. Priez pour cette personne et parlez-en en privé avec les responsables ou avec vos parents. S'il s'agit de quelque chose de grave, parlez-en immédiatement à un adulte de confiance. Ce qui n'est jamais la bonne voie, c'est le groupe de messagerie.

Prière finale

Seigneur Jésus, vous aviez toute la gloire et vous vous êtes dépouillé vous-même de toute réputation pour moi. Je n'ai presque rien et pourtant je me bats pour la première place. Pardonnez-moi pour les fois où j'ai voulu être vu plutôt qu'être utile, et pour les fois où j'ai servi uniquement parce que quelqu'un regardait. Gardez ma bouche de parler en mal des autres. Donnez-moi un cœur qui accepte la correction sans se défendre. Et, Seigneur, aidez-moi à ne pas sortir d'ici en cherchant des défauts chez les autres : ce miroir est pour moi. Que je veuille grandir, oui, mais de la manière que vous avez enseignée — en servant. En votre nom, amen.

Soli Deo Gloria — l'Écriture gouverne ; tout le reste, à genoux.

Questions fréquentes sur cette leçon

Vouloir progresser, rêver d'un métier, vouloir être bon dans ce que je fais — est-ce être Diotrèphe ?+

Non. Et il est important de ne pas sortir du cours avec cette confusion en tête. La Bible n'a jamais demandé à personne d'être médiocre exprès : elle demande de tout faire de bon cœur, comme pour le Seigneur. Le problème de Diotrèphe n'était pas la taille de son rêve, mais le maître de ce rêve. Il voulait la première place parmi les frères et utilisait l'Église comme marchepied pour y parvenir. Il existe un test simple et honnête : observez ce qui se passe en vous lorsque la première place ne vient pas. Si vous continuez à étudier, à servir et à bien faire les choses même loin des projecteurs, votre ambition est à sa juste place. Si, sans les projecteurs, vous perdez toute envie, ce n'est pas l'œuvre qui vous motive — ce sont les applaudissements.

Si je raconte ce que j'ai fait de bien, ou si je le publie, suis-je devenu Diotrèphe ?+

Pas nécessairement, et remarquez un détail du texte : celui qui a fait l'éloge de Gaïus publiquement, c'est Jean, et ceux qui ont rendu témoignage de son amour devant l'Église, ce sont d'autres personnes (3 Jean 6). Gaïus n'a pas fait sa propre publicité — les autres l'ont raconté. La bonne question n'est pas 'peut-on le raconter ?', mais 'dans quel but ?'. Raconter pour encourager quelqu'un à faire de même est une chose ; raconter pour être admiré en est une autre. Jésus a abordé cela avec beaucoup de franchise en parlant de l'aumône et de la prière faites pour être vues (Matthieu 6:1-6). Et il existe un moyen pratique de vérifier : si personne n'aimait votre publication, l'auriez-vous fait de la même manière ?

Et si Diotrèphe est mon responsable ? Que dois-je faire ?+

Tout d'abord, une chose doit être claire : ce n'est pas la tâche que cette leçon vous confie. Jean était apôtre et avait autorité sur cette Église — ce qu'il a fait en 3 Jean 10 était un acte d'autorité apostolique, et non un exemple à suivre pour un adolescent. Le texte ne vous autorise à exposer, pointer du doigt ou confronter qui que ce soit, et encore moins à lancer un tel sujet dans un groupe de discussion. La voie chrétienne, lorsque vous remarquez quelque chose qui ne va pas, est tout autre : priez pour cette personne et parlez-en aux responsables de l'Église ou à vos parents, en privé, avec ceux qui ont la responsabilité de traiter la question. Une exception importante : s'il s'agit de quelque chose de grave, qui blesse ou met quelqu'un en danger, parlez-en immédiatement à un adulte de confiance — père, mère, pasteur, enseignant. Ce n'est pas du commérage, c'est de la protection, et c'est à l'adulte de régler la situation.

L'humilité consiste-t-elle à se rabaisser sans cesse et à refuser les compliments ?+

Non, et cette version de l'humilité fatigue tout le monde. La fausse humilité, c'est de l'ego à l'envers : cela reste une conversation centrée sur vous, mais par la négative. Remarquez que Gaïus a reçu un éloge par écrit, de la part d'un apôtre, et que la Bible l'a conservé. L'humilité biblique ne consiste pas à penser que vous ne valez rien ; elle consiste à cesser de ne regarder qu'à soi-même. C'est exactement ce que Paul écrit : "Que chacun de vous, au lieu de considérer ses propres intérêts, considère aussi ceux des autres." (Philippiens 2:4). Être humble, ce n'est pas se trouver petit — c'est être capable de voir l'autre.

S'il y avait un Diotrèphe au sein même de l'Église de l'apôtre Jean, pourquoi ferais-je confiance à une Église aujourd'hui ?+

Cette question est légitime, et la réponse commence par un hommage à la Bible elle-même : remarquez qu'elle n'a pas caché le problème. La lettre aurait pu s'en tenir aux éloges adressés à Gaïus, mais elle ne l'a pas fait — le nom, la conduite et les dégâts causés par Diotrèphe sont là, écrits et conservés depuis deux mille ans. Un livre inventé pour promouvoir une institution ne fait pas cela. De plus, l'Église n'a jamais reposé sur la qualité de ses membres. Si cela avait dépendu d'eux, elle aurait disparu dès le premier siècle. Elle repose sur Christ. Qu'il y ait des personnes en tort en son sein ne prouve pas que l'Évangile est faux ; cela prouve qu'il est encore nécessaire, y compris pour ceux qui sont déjà à l'intérieur.

Ados

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