Texte d'or
“Si tu obéis à la voix de l’Éternel, ton Dieu, en observant et en mettant en pratique tous ses commandements que je te prescris aujourd’hui, l’Éternel, ton Dieu, te donnera la supériorité sur toutes les nations de la terre.” (Deutéronome 28:1, LSG) · Lire dans la Bible
La septième leçon ouvre Deutéronome 28, le chapitre des bénédictions et des malédictions de l'alliance, et lit le texte à sa juste place : un pacte national avec Israël, suspendu à un "si", et non un contrat d'enrichissement individuel. L'étude suit les trois points de la revue — les bénédictions de l'obéissance, les conséquences de la désobéissance et la Nouvelle Alliance en Christ — et répond aux questions qui pèsent dans la classe : la maladie et les difficultés financières sont-elles une malédiction ? existe-t-il une malédiction familiale ? le croyant qui pèche tombe-t-il sous le coup de Deutéronome 28 ? À la fin, la leçon arrive à la croix, où Christ est devenu malédiction pour nous.
Leçon 7 • Malédictions et bénédictions de l’alliance
Qui peut se tenir debout ? Étude complète de Deutéronome 28, avec l'hébreu, l'ancienne Bible grecque, les traités du Proche-Orient ancien, la lecture de la synagogue, les Lamentations, Absalom et la croix, les sources juives et chrétiennes, la théologie de la prospérité et de la « malédiction héréditaire » à la lumière de l'Écriture, la science, l'appareil pédagogique pour l'enseignant et la rubrique « Parole de pasteur ! » dans son intégralité
Église Marcas do Evangelho — Cariacica/ES, Brésil • Pasteur Jairo Carvalho et Pasteure Jaciana Carvalho • 4e trimestre de 2026 (Lições Bíblicas Adultes, CPAD, maison d'édition des Assemblées de Dieu au Brésil, commentateur Pasteur Osiel Gomes)
✶ Texte d'or — Deutéronome 28:1
"Si tu obéis à la voix de l’Éternel, ton Dieu, en observant et en mettant en pratique tous ses commandements que je te prescris aujourd’hui, l’Éternel, ton Dieu, te donnera la supériorité sur toutes les nations de la terre." (Deutéronome 28:1)
Note de texte : les traductions diffèrent légèrement sur l'ordre des mots dans cette phrase. Dans l'hébreu, l'expression traduite par obéir ou écouter double le verbe : אִם־שָׁמוֹעַ תִּשְׁמַע (ʾim-šāmôaʿ tišmaʿ), « si en écoutant tu écoutes », la manière hébraïque de dire « si tu écoutes vraiment ». L'expression annonçant l'élévation ou la supériorité cache le verbe « donner » : וּנְתָנְךָ… עֶלְיוֹן (ûnᵉtānᵉkā… ʿelyôn), « et il te donnera… en haut ». Ce verbe, nātan, apparaît dix-sept fois dans le chapitre (Partie XI, tableau 2). Le verset demande un auditeur qui garde tous les commandements ; la section « Christ dans la leçon » montre qui a été cet auditeur.
Vérité pratique (CPAD) : L'obéissance à la voix de Dieu révèle l'amour et la foi, conduit aux bénédictions de l'alliance en Christ et préserve notre communion avec Lui.
- Date — Dimanche 15 novembre 2026
- Trimestre — Le Dieu de l'alliance : avertissements, promesses et bénédictions dans le livre du Deutéronome (13 leçons)
- Texte de l'étude — Deutéronome 28:1-68, avec Deutéronome 27 et 29:1, et les parallèles de Lévitique 26, Deutéronome 21:18-23, Josué 8:30-35, 2 Samuel 15–18, Lamentations 1 et 3, Daniel 9:11-13, Ésaïe 50 et 53, Galates 3:10-14, Hébreux 8–10 et 13:11-14 et Apocalypse 6:17 ; 7:9-17 ; 22:3, 16, 17
- Lecture en classe — Deutéronome 28:1-6, 15-19
- Mot-clé — RESPONSABILITÉ
- Lecture quotidienne — Lun — Deutéronome 28:1 ; Romains 10:17 (Obéissance : écouter Dieu avec le cœur) • Mar — Deutéronome 6:4 ; Romains 6:16, 17 (Écouter et obéir : la réponse de la foi à la Parole) • Mer — Deutéronome 28:1 ; 1 Samuel 15:22 (Obéissance : condition pour jouir des promesses) • Jeu — Deutéronome 28:15 ; Galates 6:7, 8 (Désobéissance : conséquences du rejet de Dieu) • Ven — Deutéronome 28:16, 17 ; Ésaïe 59:2 (Le péché rompt la communion avec Dieu) • Sam — Deutéronome 11:26 ; Hébreux 10:26, 27 (Choix et responsabilité devant la grâce divine)
- Cantiques (Harpa Cristã, recueil de cantiques des Assemblées de Dieu au Brésil) — 126, 175 et 258
- Version biblique — Les textes bibliques de cette traduction sont tirés de la version Louis Segond 1910, jamais de mémoire ; les éditions et traductions diffèrent sur quelques versets de ce chapitre (Partie III, point 1). Le nom divin YHWH est rendu par l'Éternel. Les textes qui n'apparaissent qu'avec leur référence doivent être ouverts dans la Bible de l'enseignant.
Dossier de recherche de la leçon : exégèse de l'hébreu, l'ancienne Bible grecque, les sources juives et chrétiennes, l'archéologie, la théologie, la rubrique « Parole de pasteur ! » dans son intégralité et le support pour l'enseignant. L'article de la leçon, plus court et narratif, se trouve dans l'onglet Article de la leçon.
Présentation — comment utiliser ce dossier
Voici le matériel de recherche de la leçon, destiné à l'enseignant qui souhaite préparer son cours avec les sources en main et à tout lecteur désireux d'aller au-delà de la revue (Lições Bíblicas). Chaque partie peut être lue séparément. La Partie I situe Deutéronome 28 dans le livre et dans la cérémonie des monts Ébal et Garizim. La Partie II ouvre le monde dans lequel ce chapitre a été entendu : les traités des Hittites et des Assyriens, le serment que le roi assyrien Assarhaddon a imposé à ses vassaux en 672 av. J.-C., lorsque Manassé, roi de Juda, figurait parmi les vassaux de l'Assyrie, les malédictions de futilité des inscriptions araméennes et le débat sur l'autel du mont Ébal. La Partie III compare les traductions et lit le chapitre dans l'hébreu et dans la Bible grecque. La Partie IV parcourt les 68 versets en sept blocs. La Partie V rassemble la théologie en neuf axes, avec les questions que pose la classe : la théologie de la prospérité, la « malédiction héréditaire », Christ devenu malédiction, le peuple juif et la question qui donne son titre à ce dossier, « qui peut se tenir debout ? ». Viennent ensuite les erreurs courantes dans l'enseignement, l'Église ancienne et les réformateurs, la lecture juive, la science, le lexique, les tableaux, Christ dans la leçon et l'application.
La rubrique « Parole de pasteur ! » figure intégralement dans ce dossier. Après l'application se trouve le texte complet de la rubrique de cette leçon, « Il a voulu », du Pasteur Jairo Carvalho. Ce texte réunit trois fils conducteurs : la lecture des malédictions que personne ne veut faire à la synagogue, le souhait angoissé de Deutéronome 28:67 qu'un père a répété en pleurant Absalom, et l'Homme qui est entré à Jérusalem sous la bénédiction et est sorti de la ville en portant la malédiction. L'enseignant peut le lire comme une prédication et vérifier les sources de chaque affirmation à la fin de la section. L'Appendice A propose huit plans de prédication, parmi lesquels les versions antérieures de la rubrique.
Une remarque sur la lecture en classe. La revue lit 28:1-6 et 15-19 : la condition, les six bénédictions, la condition inverse et les six malédictions. Presque tout le chapitre est laissé de côté, et il y a une raison pastorale à cela : la longue liste de 28:20-68 n'a pas été faite pour être lue à la hâte en salle de classe. Ce dossier parcourt les 68 versets afin que l'enseignant comprenne ce qui se trouve derrière les deux listes, et indique ce qu'il convient ou non d'apporter en classe.
Notre traitement des sources. Toute affirmation historique est accompagnée de la source qui l'appuie. Là où les chercheurs divergent, le dossier expose le désaccord : cela vaut pour la datation du Deutéronome face aux traités assyriens, pour l'autel du mont Ébal et pour les décomptes de mots dans le Nouveau Testament, qui varient selon le texte grec utilisé (les traductions traditionnelles suivent le Texte reçu ; de nombreux outils numériques suivent le texte critique). Là où le fichier de la revue que nous utilisons comporte une référence qui ne correspond pas, le dossier le signale avec respect, afin que l'enseignant puisse vérifier dans l'édition imprimée (Partie III, point 4). La théologie de ce matériel est arminienne, wesleyenne et pentecôtiste, et cela apparaît chaque fois que la lecture en dépend.
Partie I — Où nous en sommes : le chapitre qui scelle l'alliance de Moab
Deutéronome 28 est la conclusion d'une alliance. Le chapitre suivant commence par un regard en arrière : "Voici les paroles de l’alliance que l’Éternel ordonna à Moïse de traiter avec les enfants d’Israël au pays de Moab, outre l’alliance qu’il avait traitée avec eux à Horeb." (Deutéronome 29:1). Dans l'hébreu, cette phrase est le dernier verset du chapitre 28 (28:69) ; nombre de Bibles occidentales la placent comme le premier verset du chapitre 29. Elle fonctionne comme une charnière : elle clôt les chapitres 5 à 28, qui répètent et appliquent la loi, et ouvre l'appel final des chapitres 29 et 30. Deutéronome 28 est la partie de l'alliance qui énonce ce qui arrive lorsqu'elle est gardée et lorsqu'elle est rompue.
Avant la condition, la grâce. Juste avant la cérémonie des bénédictions et des malédictions, Moïse et les sacrificateurs ont dit au peuple : "Moïse et les sacrificateurs, les Lévites, parlèrent à tout Israël, et dirent : Israël, sois attentif et écoute ! Aujourd’hui, tu es devenu le peuple de l’Éternel, ton Dieu. Tu obéiras à la voix de l’Éternel, ton Dieu, et tu mettras en pratique ses commandements et ses lois que je te prescris aujourd’hui." (Deutéronome 27:9-10). L'ordre des phrases est riche d'enseignement. Israël n'est pas devenu le peuple de Dieu parce qu'il a obéi ; il a reçu la condition de peuple et a été appelé à écouter la voix de Celui qui avait fait de lui un peuple. La condition de 28:1 vient après la déclaration de 27:9 affirmant qu'Israël est devenu ce jour-là le peuple de Dieu. La condition de Deutéronome 28 a été donnée à ceux qui appartenaient déjà à Dieu.
La cérémonie des deux montagnes. Deutéronome 27 ordonne qu'après le passage du Jourdain, la loi soit écrite sur de grandes pierres enduites de chaux et qu'un autel soit dressé sur le mont Ébal (27:2-8). Six tribus devaient se tenir sur le mont Garizim pour bénir le peuple — Siméon, Lévi, Juda, Issacar, Joseph et Benjamin — et six sur le mont Ébal pour maudire — Ruben, Gad, Aser, Zabulon, Dan et Nephtali (27:12, 13). Les Lévites devaient prononcer à haute voix douze malédictions, et après chacune d'elles tout le peuple devait répondre amen (27:14-26). Il vaut la peine de regarder ce que ces douze malédictions atteignent. La première vise celui qui fabrique une idole et la place dans un lieu caché (27:15) ; une autre vise celui qui frappe son prochain en secret (27:24) ; une autre, celui qui accepte un présent pour frapper une personne innocente (27:25) ; d'autres protègent l'aveugle, l'étranger, l'orphelin et la veuve (27:18, 19). Ce sont des péchés qu'un tribunal de village n'aurait peut-être jamais découverts. Par son amen, chaque Israélite acceptait que Dieu juge ce qu'aucun juge ne voyait.
La dernière des douze les résume toutes. "Maudit soit celui qui n’accomplit point les paroles de cette loi, et qui ne les met point en pratique ! -Et tout le peuple dira : Amen !" (Deutéronome 27:26). C'est le verset que Paul citera en Galates 3:10, avec un mot supplémentaire qui provient de 28:58 (Partie III, point 3). À partir de ce verset, Paul montre que la loi, par elle-même, laisse tout être humain sous la malédiction, et que seul Christ l'a ôtée (Partie V, axe 6).
Josué a accompli l'ordre. "Alors Josué bâtit un autel à l’Éternel, le Dieu d’Israël, sur le mont Ébal," (Josué 8:30). Il écrivit sur les pierres une copie de la loi de Moïse (8:32), plaça la moitié du peuple devant le mont Garizim et l'autre moitié devant le mont Ébal, afin de bénir premièrement le peuple d'Israël (8:33). Ensuite, "Josué lut ensuite toutes les paroles de la loi, les bénédictions et les malédictions, suivant ce qui est écrit dans le livre de la loi. Il n’y eut rien de tout ce que Moïse avait prescrit, que Josué ne lût en présence de toute l’assemblée d’Israël, des femmes et des enfants, et des étrangers qui marchaient au milieu d’eux." (Josué 8:34-35). Trois détails sont utiles pour la classe. La bénédiction est venue en premier. La lecture a été complète, sans coupures. Les femmes, les enfants et les étrangers ont tout entendu. Dans la Bible grecque, ce passage apparaît à un autre endroit du livre (Josué 9:2a-f, dans l'édition de Rahlfs), et l'on y lit que Josué écrivit sur les pierres τὸ δευτερονόμιον (tò deuteronómion), « le Deutéronome », le nom dont le livre a hérité. Le nom de Josué, dans cette traduction, est le même nom que Jésus, Ἰησοῦς. Un fragment de Josué découvert à Qumrân (4QJosª) place également la scène à un autre endroit, juste après la traversée du Jourdain.
Quatorze versets de bénédiction et cinquante-quatre de malédiction. Le cours a relevé cette disproportion. Elle s'explique par au moins trois raisons qui s'additionnent. La première tient au genre littéraire : les traités du Proche-Orient ancien consacraient beaucoup plus de lignes aux malédictions qu'aux bénédictions (Partie II). La deuxième est le réalisme de Moïse : au chapitre 31, il affirme que le peuple rompra l'alliance (31:16-18, 27-29). La troisième est que les malédictions fonctionnent comme une carte de l'exil tracée à l'avance. Israël lirait sa propre histoire avec ce chapitre en main. Daniel a prié en captivité : "Tout Israël a transgressé ta loi, et s’est détourné pour ne pas écouter ta voix. Alors se sont répandues sur nous les malédictions et les imprécations qui sont écrites dans la loi de Moïse, serviteur de Dieu, parce que nous avons péché contre Dieu." (Daniel 9:11). Lorsque le livre de la loi fut retrouvé aux jours de Josias, la parole du Seigneur mentionna toutes les malédictions écrites dans le livre lu devant le roi de Juda (2 Chroniques 34:24). Après l'exil, ceux qui étaient revenus s'engagèrent par imprécation et par serment à marcher dans la loi de Dieu (Néhémie 10:29). Le livre des Lamentations pleure les ruines de Jérusalem avec les mots mêmes de ce chapitre (Partie IV, bloc G ; Partie XI, tableau 6).
Le chapitre en sept blocs. La Partie IV suit cette division : A (28:1, 2), la voix et la condition ; B (28:3-6), les six bénédictions ; C (28:7-14), les bénédictions élargies ; D (28:15-19), les six malédictions ; E (28:20-44), le premier cycle de malédictions, qui s'achève par l'inversion de la tête et de la queue ; F (28:45-57), le pourquoi et le siège ; G (28:58-68), l'Exode à l'envers. Le début et la fin se répondent. Le chapitre s'ouvre en plaçant Israël en haut au-dessus des nations (28:1) et se referme sur Israël mis en vente sans que personne ne l'achète (28:68).
Troisième discours, ou fin du deuxième ? La revue appelle Deutéronome 28 le troisième grand discours de Moïse, suivant la Bíblia de Estudo Pentecostal Edição Global, qui divise les discours en 1:1–4:43, 4:44–26:19 et 27:1–30:20 (p. 300, citée dans la Leçon 1). De nombreux commentateurs préfèrent une autre division : le deuxième discours irait de 4:44 (où Moïse présente la loi) jusqu'à 28:68, et le troisième commencerait en 29:2, lorsque Moïse convoqua de nouveau tout Israël. Les deux lectures se défendent, car 29:1 peut conclure ce qui précède ou introduire ce qui suit. Pour la classe, il suffit de dire que les chapitres 27 et 28 constituent la cérémonie et les sanctions de l'alliance, entre la loi (chapitres 12 à 26) et l'appel final (chapitres 29 et 30).
Un chapitre jumeau : Lévitique 26. Le Lévitique comporte lui aussi des bénédictions (26:3-13) et des malédictions (26:14-39), et les malédictions y viennent par vagues, chacune frappant sept fois plus (26:18, 21, 24, 28). La différence réside dans la fin. Lévitique 26 se termine sur une note d'espérance à l'intérieur même du chapitre : "Je me souviendrai de mon alliance avec Jacob, je me souviendrai de mon alliance avec Isaac et de mon alliance avec Abraham, et je me souviendrai du pays." (Lévitique 26:42) ; "Mais, lorsqu’ils seront dans le pays de leurs ennemis, je ne les rejetterai pourtant point, et je ne les aurai point en horreur jusqu’à les exterminer, jusqu’à rompre mon alliance avec eux ; car je suis l’Éternel, leur Dieu." (Lévitique 26:44). Deutéronome 28 ne contient pas de promesse de retour ; celle-ci vient deux chapitres plus loin (30:1-10, sujet de la Leçon 8). Les rabbins ont compté 49 malédictions dans Lévitique 26 et 98 dans Deutéronome 28 (Partie VIII). La Partie XI, tableau 4, place les deux chapitres côte à côte.
Partie II — Le monde de Deutéronome 28 : traités, serments et une montagne
1. Alliances avec bénédiction et malédiction dans le Proche-Orient ancien
Deutéronome 28 parle la langue des traités de son monde. Les grands rois concluaient des pactes avec des rois mineurs, les vassaux. Le texte du pacte rappelait ce que le grand roi avait accompli, énumérait les obligations du vassal, ordonnait de conserver la tablette et de la lire en public, prenait des témoins et se terminait par des malédictions pour quiconque violerait le serment et, dans bien des cas, par des bénédictions pour qui le garderait. George E. Mendenhall a attiré l'attention sur ce parallèle en 1954, en comparant l'alliance biblique aux traités hittites du deuxième millénaire av. J.-C. (« Covenant Forms in Israelite Tradition », The Biblical Archaeologist 17).
Deux groupes de traités nous intéressent ici. Les traités hittites (XIVe et XIIIe siècles av. J.-C.) possèdent un prologue historique et présentent des bénédictions aux côtés des malédictions ; dans ces textes, observe Gad Barnea, de l'Université de Haïfa, les bénédictions viennent habituellement après les malédictions (TheTorah.com, 2022). Les traités néo-assyriens (VIIIe et VIIe siècles av. J.-C.) n'ont pas de prologue historique et ne comportent presque pas de bénédictions. Aaron Koller, de la Yeshiva University, résume ainsi : dans ces traités, « les bénédictions pour la loyauté, si elles existent, sont beaucoup plus courtes que les malédictions pour la déloyauté » (The Bible and Interpretation, septembre 2014). Le Deutéronome possède un prologue historique (chapitres 1 à 4), une loi, des témoins (4:26 ; 30:19 ; 31:28) et un chapitre entier de sanctions, avec les bénédictions en première place.
2. Le serment d'Assarhaddon (672 av. J.-C.)
Lors de la campagne de fouilles de 1955, des archéologues de la British School of Archaeology in Iraq ont découvert à Nimroud, l'ancienne Calach, dans le temple du dieu Nabû, les tablettes d'un même serment. Il y en avait au moins huit exemplaires. Le roi assyrien Assarhaddon avait fait jurer aux dirigeants soumis, au printemps de 672 av. J.-C., qu'ils reconnaîtraient son fils, Assurbanipal, comme héritier du trône. Donald J. Wiseman a publié le texte en 1958, dans la revue Iraq 20, sous le titre devenu célèbre : « Les traités de vassalité d'Assarhaddon ». Les exemplaires de Nimroud avaient été jurés par des chefs de peuples de l'est de l'empire, comme ceux de Médie (Oracc, page « The Succession Treaties of Esarhaddon »). L'édition de référence se trouve dans Simo Parpola et Kazuko Watanabe, Neo-Assyrian Treaties and Loyalty Oaths (State Archives of Assyria 2, Helsinki, 1988).
En 2009, un autre exemplaire est apparu à Tell Tayinat, dans le sud de la Turquie. Tayinat était la capitale d'une province assyrienne. La tablette se trouvait dans le sanctuaire intérieur d'un temple (le Bâtiment XVI) et était tombée de son support lorsque le temple avait pris feu (Hans Ulrich Steymans, « Deuteronomy 28 and Tell Tayinat », Verbum et Ecclesia 34/2, 2013). Jacob Lauinger a publié le texte en 2012 (Journal of Cuneiform Studies 64, p. 87-123). La découverte a montré que la tablette du serment restait exposée dans un temple, à la vue de ceux qui y entraient, et que le serment avait également été imposé à des provinces assyriennes, et non pas seulement à des peuples étrangers.
Juda a-t-il lui aussi reçu ce serment ? Une inscription d'Assarhaddon lui-même mentionne « Manassé, roi de Juda » parmi les vingt-deux rois d'Occident qui envoyèrent des matériaux de construction pour le palais de Ninive (Prisme B ; traduction de Leo Oppenheim dans ANET, p. 291). Manassé était vassal de l'Assyrie durant ces années-là. Aucun exemplaire du serment n'a été retrouvé à Jérusalem. Steymans soutient que, si les provinces et les vassaux d'Occident ont reçu la tablette, Jérusalem l'a reçue elle aussi, et qu'elle a pu être exposée dans le temple. C'est une déduction, et ce dossier la présente comme telle.
Les malédictions qui rappellent Deutéronome 28. Le serment s'achève par une longue série de malédictions, chacune confiée à un dieu du panthéon. Dans la traduction citée par Seth L. Sanders (From Adapa to Enoch, p. 171-175), avec la numérotation des lignes de l'édition de Parpola et Watanabe, on lit : « Que Sîn, l'éclat du ciel et de la terre, te revête de lèpre » (ligne 419) ; « Que Shamash, la lumière du ciel et de la terre… t'ôte la vue. Marche dans les ténèbres ! » (ligne 422) ; « Que Ninurta… donne ta chair à l'aigle et au vautour » (ligne 425) ; « Que Vénus, la plus brillante des étoiles, fasse sous tes yeux coucher tes femmes dans le sein de ton ennemi » (ligne 428) ; « Qu'ils rendent ton sol comme du fer » (ligne 526) ; « De même que la pluie ne tombe pas d'un ciel de bronze, ainsi que ni pluie ni rosée ne viennent sur tes champs » (ligne 530). Voici maintenant le Deutéronome : "Le ciel sur ta tête sera d’airain, et la terre sous toi sera de fer." (Deutéronome 28:23) ; "Ton cadavre sera la pâture de tous les oiseaux du ciel et des bêtes de la terre ; et il n’y aura personne pour les troubler." (Deutéronome 28:26) ; "L’Éternel te frappera de l’ulcère d’Égypte, d’hémorrhoïdes, de gale et de teigne, dont tu ne pourras guérir. L’Éternel te frappera de délire, d’aveuglement, d’égarement d’esprit, et tu tâtonneras en plein midi comme l’aveugle dans l’obscurité, tu n’auras point de succès dans tes entreprises, et tu seras tous les jours opprimé, dépouillé, et il n’y aura personne pour venir à ton secours." (Deutéronome 28:27-29) ; "Tu auras une fiancée, et un autre homme couchera avec elle ; tu bâtiras une maison, et tu ne l’habiteras pas ; tu planteras une vigne, et tu n’en jouiras pas." (Deutéronome 28:30).
La ressemblance va au-delà des images. En Deutéronome 28:27-29, la maladie de peau précède la cécité et l'obscurité, dans le même ordre que les malédictions de Sîn, le dieu de la lune, et de Shamash, le dieu du soleil (lignes 419-424). Lévitique 26:19 présente l'image du ciel et de la terre dans l'ordre inverse, avec des cieux comme du fer et une terre comme de l'airain. Deutéronome 28:23 suit l'ordre du serment assyrien : ciel d'airain, terre de fer. Steymans soutient que la séquence de 28:20-44 suit celle d'un paragraphe entier du serment, le § 56, la malédiction des grands dieux. La Partie XI, tableau 3, rassemble ces parallèles.
3. Le débat sur la datation
Pour une partie des chercheurs, Deutéronome 28 a copié le serment assyrien. C'est la thèse de Steymans depuis sa thèse de doctorat, publiée en 1995 (Deuteronomium 28 und die adê zur Thronfolgeregelung Asarhaddons, Orbis Biblicus et Orientalis 145). Selon lui, les scribes de Juda, qui connaissaient la tablette du roi de Ninive, auraient rédigé un serment hébraïque semblable, adressé au Dieu d'Israël, entre 672 et 622 av. J.-C. ; le chapitre se serait ensuite amplifié durant l'exil.
Pour d'autres, les parallèles ne décident pas de la date. Koller observe que la structure générale du Deutéronome ressemble davantage aux traités hittites du deuxième millénaire qu'aux traités néo-assyriens, et conclut : « il ne semble pas y avoir de preuve solide que le Deutéronome date du VIIe siècle ». Joshua Berman a montré que Deutéronome 13 présente des parallèles plus proches dans un traité hittite (CTH 133) que dans le serment d'Assarhaddon (Journal of Biblical Literature 130, 2011). Kenneth A. Kitchen et Paul J. N. Lawrence ont rassemblé les traités du Proche-Orient ancien en trois volumes et ont situé la forme du Deutéronome au deuxième millénaire (Treaty, Law and Covenant in the Ancient Near East, Wiesbaden, Harrassowitz, 2012). Barnea rappelle que certaines images de Deutéronome 27 et 28 ont des parallèles jusque dans une inscription perse de la fin du VIe siècle, celle de Behistun, et conclut que ces parallèles, à eux seuls, ne permettent pas de dater le texte. Laura Quick affirme que « Deutéronome 28 assure la médiation entre les traditions de l'Orient et de l'Occident » (The Bible and Interpretation, 2018).
Comment présenter cela à l'Église. La revue affirme que Moïse est l'auteur du Deutéronome, en s'appuyant sur Deutéronome 1:1 et 31:9, 24, et le livre déclare que Moïse acheva d'écrire dans un livre toutes les paroles de cette loi (31:24). Les parallèles montrent, avant tout, le genre littéraire : Dieu a parlé à Israël dans la langue d'alliance que les peuples de ce monde comprenaient, et les formules de malédiction ont circulé pendant des siècles, en hittite, en akkadien et en araméen. Une phrase semblable dans deux textes prouve que tous deux appartiennent au même monde ; à elle seule, elle ne décide pas qui a écrit le premier. Il y a en outre un bénéfice pastoral, quelle que soit la position adoptée sur la datation : si la tablette du roi assyrien a réellement été exposée à Jérusalem, chaque lecture de Deutéronome 28 dans le temple rappelait au peuple que son véritable Roi était un autre.
4. Ce que Deutéronome 28 fait différemment
Les parallèles aident à voir les différences. Premièrement, les bénédictions viennent en premier et occupent quatorze versets. Deuxièmement, un seul Dieu exécute les sanctions en envoyant la malédiction (28:20) ; dans le serment assyrien, chaque dieu du panthéon a sa propre malédiction, tandis que dans le Deutéronome les témoins sont les cieux et la terre (30:19). Troisièmement, le vassal est le peuple tout entier, et non pas seulement le roi : hommes, femmes, enfants et étrangers ont entendu la lecture (Josué 8:35). Quatrièmement, le motif de l'alliance est l'amour de Celui qui a racheté, parce que l'Éternel, son Dieu, l'aimait (Deutéronome 23:5 ; cf. 7:8), et la réponse attendue inclut la joie (28:47), un mot qui ne s'accorde pas avec un serment arraché par la peur. Cinquièmement, le but est le témoignage : "Tous les peuples verront que tu es appelé du nom de l’Éternel, et ils te craindront." (Deutéronome 28:10). Sixièmement, il existe un chemin de retour. Le serment assyrien s'achève sur une longue série de malédictions. L'alliance de Moab se termine par une invitation à choisir la vie (Deutéronome 30:19).
5. Les malédictions de futilité et leur envers
Une partie des malédictions de Deutéronome 28 suit un schéma connu : vous travaillez, et un autre en profite. "Tu auras une fiancée, et un autre homme couchera avec elle ; tu bâtiras une maison, et tu ne l’habiteras pas ; tu planteras une vigne, et tu n’en jouiras pas." (Deutéronome 28:30). "Tu transporteras sur ton champ beaucoup de semence ; et tu feras une faible récolte, car les sauterelles la dévoreront. Tu planteras des vignes et tu les cultiveras ; et tu ne boiras pas de vin et tu ne feras pas de récolte, car les vers la mangeront." (Deutéronome 28:38-39). Laura Quick appelle ces formules des « malédictions de futilité » et montre qu'elles apparaissent dans des inscriptions araméennes des IXe et VIIIe siècles av. J.-C. : onze fois dans les traités de Sefiré, six fois sur la statue de Tell Fekherye, deux fois dans l'inscription de Bukān. Delbert R. Hillers a étudié la manière dont les prophètes ont utilisé ce type de malédiction (Treaty-Curses and the Old Testament Prophets, Rome, 1964).
Les prophètes ont repris la formule contre l'injustice. "Aussi, parce que vous avez foulé le misérable, Et que vous avez pris de lui du blé en présent, Vous avez bâti des maisons en pierres de taille, Mais vous ne les habiterez pas ; Vous avez planté d’excellentes vignes, Mais vous n’en boirez pas le vin." (Amos 5:11) (cf. Sophonie 1:13 ; Michée 6:15). Ésaïe, en parlant des nouveaux cieux et de la nouvelle terre, a défait la malédiction avec les mêmes mots : "Ils bâtiront des maisons et les habiteront ; Ils planteront des vignes et en mangeront le fruit. Ils ne bâtiront pas des maisons pour qu’un autre les habite, Ils ne planteront pas des vignes pour qu’un autre en mange le fruit ; Car les jours de mon peuple seront comme les jours des arbres, Et mes élus jouiront de l’œuvre de leurs mains." (Ésaïe 65:21-22). La malédiction de la futilité prend fin là où commence la nouvelle création.
6. Ébal et Garizim : géographie et archéologie
Les deux montagnes se font face, séparées par la vallée où se trouvait Sichem, aujourd'hui Naplouse. Garizim est au sud ; Ébal, au nord. Deutéronome 11:29 avait déjà annoncé que la bénédiction serait prononcée sur l'une et la malédiction sur l'autre. En 1980, lors d'un relevé de la région montagneuse de Manassé, Adam Zertal a découvert sur le mont Ébal une structure de pierre qu'il a fouillée durant huit campagnes, de 1982 à 1989 (Université de Haïfa et Israel Exploration Society). Zertal l'a interprétée comme l'autel de Josué 8:30-35 et l'a datée du début de l'âge du Fer, d'après la céramique (entre 1220 et 1000 av. J.-C.). La majorité des archéologues n'accepte pas l'identification avec l'autel de Josué. Aharon Kempinski y a vu une tour de guet ; Israël Finkelstein et Benjamin Mazar y ont vu un lieu de culte, mais non l'autel de Josué ; Nadav Naʾaman a suggéré le lieu de culte de Sichem au début de l'âge du Fer. Ralph K. Hawkins a réexaminé le site dans un ouvrage (The Iron Age I Structure on Mt. Ebal, Eisenbrauns, 2012). Il n'y a pas de consensus.
La « tablette de la malédiction ». En mars 2022, Scott Stripling, Gershon Galil et Pieter van der Veen ont annoncé la découverte d'une petite lamelle de plomb pliée, trouvée en 2019 lors du tamisage des déblais des fouilles de Zertal (donc hors de toute couche stratigraphique datable), portant une inscription qu'ils ont lue comme une malédiction au nom de YHWH ; l'étude est parue dans Heritage Science (2023). Cette lecture a été sévèrement critiquée. Aren Maeir a qualifié l'annonce d'« assez préoccupante » et la publication de « très faible, voire trompeuse » ; Christopher Rollston a déclaré qu'il ne voyait « aucune lettre véritablement discernable » (Biblical Archaeology Society). Ce dossier n'utilise pas cette lamelle comme preuve. La foi de l'Église en Deutéronome 27 et 28 repose sur le texte, que Josué a accompli et que Paul a cité.
Partie III — Le texte : la revue, les traductions, l’hébreu et la Bible grecque ancienne
1. La lecture de la revue et les traductions, côte à côte
La revue et ce dossier suivent deux traductions portugaises différentes ; ces variantes de formulation ne changent pas la doctrine, mais l’enseignant qui lit à haute voix doit savoir d’où vient chaque terme, tandis que l’aide théologique du point II cite Deutéronome 28:65, 66 dans une troisième traduction.
| TEXTE | LECTURE DE LA REVUE | TRADUCTION DU DOSSIER |
|---|---|---|
| Deutéronome 28:1 | Différence dans la place de l’adverbe « aujourd’hui » et la graphie du nom divin | Ordre inverse pour l’adverbe et nom divin en capitales |
| Deutéronome 28:4 | Emploi de termes distincts pour la portée des vaches et les troupeaux de brebis | Autre formulation pour les petits du gros et du menu bétail |
| Deutéronome 28:15 | Emploi du verbe « faire » pour les commandements et inversion de « sur toi viendront » | Emploi du verbe « accomplir » et ordre « viendront sur toi » |
| Deutéronome 28:18 | Pluriel pour les troupeaux de brebis et autre terme pour la portée des vaches | Singulier collectif pour le troupeau de brebis |
| Deutéronome 28:65 (aide) | Formulation abrégée mentionnant un cœur tremblant | Texte complet mentionnant un cœur agité, des yeux languissants et une âme souffrante |
| Deutéronome 28:66 (aide) | Formulation portant sur l’absence d’assurance pour sa propre vie | Traduction littérale sur l’effroi nuit et jour et le fait de ne pas croire à sa propre vie |
Les éditions plus anciennes de la traduction suivie dans ce dossier, qui circulent dans des logiciels et des fichiers numériques, diffèrent de l’édition de 2011 par des détails de formulation, de majuscules et de ponctuation dans quatre versets de ce chapitre (28:18, 51, 58 et 67).
2. L’hébreu, mot à mot
a) "Si tu écoutes la voix" (28:1, 2, 13, 15, 45, 62)
Le verbe qui ouvre le chapitre est שָׁמַע (šāmaʿ), et l’expression complète est שָׁמַע בְּקוֹל (šāmaʿ bᵉqôl), "écouter dans la voix", que l’hébreu emploie pour "obéir". La revue l’explique bien : écouter et obéir forment un seul acte. Le verset 1 redouble le verbe, ʾim-šāmôaʿ tišmaʿ, "si en écoutant tu écoutes". La même racine encadre tout le chapitre : elle figure dans la condition des bénédictions (28:1, 2, 13), dans la condition des malédictions, si tu n’écoutes pas la voix (28:15), et dans les deux propositions causales qui expliquent le malheur : parce que tu n’as pas écouté la voix de l’Éternel, ton Dieu (28:45) et parce que vous n’avez pas obéi à la voix de l’Éternel, votre Dieu (28:62).
La première malédiction de la Bible est elle aussi née d’une voix. Dieu dit à Adam : "Il dit à l’homme : Puisque tu as écouté la voix de ta femme, et que tu as mangé de l’arbre au sujet duquel je t’avais donné cet ordre : Tu n’en mangeras point ! le sol sera maudit à cause de toi. C’est à force de peine que tu en tireras ta nourriture tous les jours de ta vie," (Genèse 3:17). En hébreu, "tu as écouté la voix" emploie le même verbe et le même mot "voix" que Deutéronome 28:1 (šāmaʿtā lᵉqôl ; dans le Deutéronome, šāmaʿ bᵉqôl), et "maudit" est le même mot que dans les six malédictions de 28:16-19 (ʾărûrâ). Dans Deutéronome 21:18, le fils rebelle est celui qui n’obéit pas à la voix de son père (le même šāmaʿ bᵉqôl). Le Serviteur d’Ésaïe dit : "Le Seigneur, l’Éternel, m’a donné une langue exercée, Pour que je sache soutenir par la parole celui qui est abattu ; Il éveille, chaque matin, il éveille mon oreille, Pour que j’écoute comme écoutent des disciples. Le Seigneur, l’Éternel, m’a ouvert l’oreille, Et je n’ai point résisté, Je ne me suis point retiré en arrière." (Ésaïe 50:4-5). Dans la Bible, la malédiction commence lorsque l’homme écoute la mauvaise voix, et la bénédiction arrive par Celui qui s’est réveillé chaque matin pour écouter la bonne voix.
En grec, écouter et obéir sont également apparentés. La revue rappelle que le mot grec pour l’obéissance, ὑπακοή (hypakoḗ ; le fichier de la revue imprime "hypakollõ", erreur de lecture optique), vient de ὑπό ("sous") et ἀκούω ("écouter"). L’épître aux Hébreux l’applique au Fils : "a appris, bien qu’il fût Fils, l’obéissance par les choses qu’il a souffertes, et qui, après avoir été élevé à la perfection, est devenu pour tous ceux qui lui obéissent l’auteur d’un salut éternel," (Hébreux 5:8-9).
b) "Te donnera la supériorité sur toutes les nations" (28:1)
L’hébreu dit וּנְתָנְךָ יְהוָה אֱלֹהֶיךָ עֶלְיוֹן (ûnᵉtānᵉkā YHWH ʾĕlōhêkā ʿelyôn), "et l’Éternel, ton Dieu, te mettra en haut". ʿElyôn est ici un adjectif, "haut, supérieur" ; ce n’est pas le titre de "Très-Haut", bien que ce soit le même mot. L’expression reprend Deutéronome 26:19, où Dieu promet d’élever Israël au-dessus de toutes les nations avec le même verbe et le même mot. Tout le chapitre oscille entre le haut et le bas. La bénédiction dit : "L’Éternel fera de toi la tête et non la queue, tu seras toujours en haut et tu ne seras jamais en bas, lorsque tu obéiras aux commandements de l’Éternel, ton Dieu, que je te prescris aujourd’hui, lorsque tu les observeras et les mettras en pratique," (Deutéronome 28:13). La malédiction inverse les rôles : "L’étranger qui sera au milieu de toi s’élèvera toujours plus au-dessus de toi, et toi, tu descendras toujours plus bas ; il te prêtera, et tu ne lui prêteras pas ; il sera la tête, et tu seras la queue." (Deutéronome 28:43-44). En hébreu, l’élévation progressive se dit maʿlâ māʿlâ, "en haut, en haut", et l’abaissement maṭṭâ māṭṭâ, "en bas, en bas".
c) "Viendront sur toi et t’atteindront" (28:2, 15) et "te poursuivront" (28:22, 45)
Les bénédictions et les malédictions emploient les mêmes verbes : וּבָאוּ עָלֶיךָ… וְהִשִּׂיגֻךָ (ûvāʾû ʿālêkā… wᵉhiśśîgûkā), "et viendront sur toi… et t’atteindront". La différence apparaît ensuite. Seules les malédictions "poursuivent" : elles poursuivront le rebelle jusqu’à ce qu’il périsse (28:22) ; "Toutes ces malédictions viendront sur toi, elles te poursuivront et seront ton partage jusqu’à ce que tu sois détruit, parce que tu n’auras pas obéi à la voix de l’Éternel, ton Dieu, parce que tu n’auras pas observé ses commandements et ses lois qu’il te prescrit." (Deutéronome 28:45). "Poursuivre" est רָדַף (rādap), et le couple "poursuivre et atteindre" est celui de l’armée de Pharaon : "Les Égyptiens les poursuivirent ; et tous les chevaux, les chars de Pharaon, ses cavaliers et son armée, les atteignirent campés près de la mer, vers Pi-Hahiroth, vis-à-vis de Baal-Tsephon." (Exode 14:9). La malédiction court après le désobéissant comme Pharaon a couru après Israël. David a employé le même verbe à l’inverse : "Oui, le bonheur et la grâce m’accompagneront Tous les jours de ma vie, Et j’habiterai dans la maison de l’Éternel Jusqu’à la fin de mes jours." (Psaume 23:6). "M’accompagneront" traduit yirdᵉpûnî, "me poursuivront". Pour celui qui a l’Éternel pour berger, c’est la miséricorde qui est à ses trousses.
d) "Béni" et "maudit" : les deux listes (28:3-6 et 28:16-19)
"Béni" est בָּרוּךְ (bārûk), participe du verbe bārak, bénir ; "maudit" est אָרוּר (ʾārûr), participe de ʾārar, le mot des sentences de malédiction (les douze de Deutéronome 27:15-26 ; celle du serpent et celle du sol en Genèse 3:14, 17). Chaque liste compte six lignes qui se répondent. Les paires "ville et champs" et "entrer et sortir" sont des mérismes, un procédé hébraïque qui nomme les deux extrêmes pour dire "tout" : en tout lieu, dans toute activité. La liste des malédictions n’est toutefois pas une copie inversée de celle des bénédictions. Elle modifie l’ordre, plaçant la corbeille et la huche avant le fruit des entrailles (28:17, 18), et laisse de côté le fruit du bétail (comparez 28:4 avec 28:18). La Partie XI, tableau 1, place les deux listes côte à côte.
La même expression traverse trois moments du chapitre. Le fruit des entrailles est béni (28:4). Le fruit des entrailles est maudit (28:18). Et, lors du siège : "Au milieu de l’angoisse et de la détresse où te réduira ton ennemi, tu mangeras le fruit de tes entrailles, la chair de tes fils et de tes filles que l’Éternel, ton Dieu, t’aura donnés." (Deutéronome 28:53). En hébreu, on lit les trois fois pᵉrî viṭnᵉkā. Ce qui était la première bénédiction de la famille devient la pire horreur de la guerre. Élisabeth a employé la première de ces phrases pour le Fils que portait Marie, en proclamant béni le fruit de ses entrailles (Luc 1:42).
e) "Ta corbeille et ta huche" (28:5, 17)
"Corbeille" est טֶנֶא (ṭeneʾ), mot qui n’apparaît que quatre fois dans la Bible : pour la corbeille des prémices de Deutéronome 26:2, 4, apportée à l’autel avec les premiers fruits de la terre, et ici (28:5, 17). "Huche", le pétrin où l’on pétrissait le pain, est מִשְׁאֶרֶת (mišʾeret), autre mot comptant quatre occurrences : les grenouilles d’Égypte entrèrent dans les pétrins des Égyptiens (Exode 8:3 ; dans l’hébreu, 7:28) ; la nuit de la sortie, "Le peuple emporta sa pâte avant qu’elle fût levée. Ils enveloppèrent les pétrins dans leurs vêtements, et les mirent sur leurs épaules." (Exode 12:34) ; et ici. La corbeille rappelle le culte de reconnaissance ; la huche rappelle le pain quotidien et la nuit de la Pâque. La bénédiction rejoint l’autel et la cuisine.
f) "À ton arrivée… à ton départ" (28:6, 19)
"Tu seras béni à ton arrivée, et tu seras béni à ton départ." (Deutéronome 28:6). Ce mérisme désigne toute la vie active : partir au travail, rentrer à la maison, partir à la guerre et en revenir. Le Psaume 121 reprend les deux verbes, dans l’ordre inverse : "L’Éternel gardera ton départ et ton arrivée, Dès maintenant et à jamais." (Psaume 121:8) (en hébreu, ṣēʾtᵉkā ûvôʾekā, "ta sortie et ton entrée"). Jésus a appliqué ce couple à lui-même : "Je suis la porte. Si quelqu’un entre par moi, il sera sauvé ; il entrera et il sortira, et il trouvera des pâturages." (Jean 10:9). Le couple revient en Deutéronome 31:2, lorsque Moïse dit qu’il ne peut plus sortir et entrer à la tête du peuple (Leçon 9).
g) "Le nom de l’Éternel est invoqué sur toi" (28:10)
"Tous les peuples verront que tu es appelé du nom de l’Éternel, et ils te craindront." (Deutéronome 28:10). L’hébreu שֵׁם יְהוָה נִקְרָא עָלֶיךָ (šēm YHWH niqrāʾ ʿālêkā) est une formule de possession : le nom proclamé sur quelqu’un ou sur quelque chose indique à qui il appartient. La Bible grecque l’a traduit avec le verbe ἐπικαλέω (epikaléō) : ἐπικέκληται. Amos a employé cette formule pour les nations, en parlant de toutes les nations sur lesquelles son nom est invoqué (Amos 9:12) ; et Jacques, au concile de Jérusalem, a cité Amos pour déclarer que les païens étaient accueillis dans le peuple de Dieu, comme toutes les nations sur lesquelles son nom est invoqué (Actes 15:17, avec le même ἐπικέκληται). L’épître de Jacques parle du beau nom qui a été invoqué sur vous (Jacques 2:7). La bénédiction de 28:10 était un témoignage devant les nations, et les nations ont fini par entrer dans le peuple qui porte le Nom.
h) "Son bon trésor, le ciel" (28:12) et "tes cieux… seront d’airain" (28:23)
"L’Éternel t’ouvrira son bon trésor, le ciel, pour envoyer à ton pays la pluie en son temps et pour bénir tout le travail de tes mains ; tu prêteras à beaucoup de nations, et tu n’emprunteras point." (Deutéronome 28:12). Dans la malédiction, ce même ciel se ferme : "Le ciel sur ta tête sera d’airain, et la terre sous toi sera de fer. L’Éternel enverra pour pluie à ton pays de la poussière et de la poudre ; il en descendra du ciel sur toi jusqu’à ce que tu sois détruit." (Deutéronome 28:23-24). Dans un pays qui dépendait de la pluie, ces deux versets parlaient de vie et de mort. Le même contraste traverse la promesse relative au prêt : prêter à beaucoup de nations sans emprunter (28:12), contre voir l’étranger te prêter sans que tu lui prêtes (28:44).
i) "La malédiction, le trouble et la menace" (28:20)
Le premier verset du grand cycle de malédictions comporte trois mots : הַמְּאֵרָה (hammᵉʾērâ), "la malédiction" ; הַמְּהוּמָה (hammᵉhûmâ), "la confusion" ; et הַמִּגְעֶרֶת (hammigʿeret), "la réprimande", que certaines traductions rendent par "défaite". Le premier, mᵉʾērâ, n’apparaît que cinq fois dans la Bible : ici, en Proverbes 3:33 et 28:27, ainsi qu’en Malachie 2:2 et 3:9, les deux malédictions que Malachie prononce contre les sacrificateurs et le peuple qui déshonoraient Dieu (Partie VI, erreur 4). Le deuxième, mᵉhûmâ, est la grande confusion que Dieu avait promis de jeter sur les ennemis d’Israël (Deutéronome 7:23, Leçon 6). Ce qu’Israël s’attendait à voir chez ses ennemis retomberait sur lui-même. Le verset s’achève avec Dieu parlant à la première personne, évoquant la méchanceté des œuvres par lesquelles le peuple l’a abandonné (28:20).
j) "L’ulcère d’Égypte" (28:27) et "toutes les plaies d’Égypte" (28:60)
"Ulcère" est שְׁחִין (šᵉḥîn), le mot de la sixième plaie, les ulcères qui frappèrent les hommes et les bêtes en Égypte (Exode 9:9). Le chapitre va jusqu’à dire : "Il amènera sur toi toutes les maladies d’Égypte, devant lesquelles tu tremblais ; et elles s’attacheront à toi." (Deutéronome 28:60). C’est l’exact opposé de la promesse de Mara : "Il dit : Si tu écoutes attentivement la voix de l’Éternel, ton Dieu, si tu fais ce qui est droit à ses yeux, si tu prêtes l’oreille à ses commandements, et si tu observes toutes ses lois, je ne te frapperai d’aucune des maladies dont j’ai frappé les Égyptiens ; car je suis l’Éternel, qui te guérit." (Exode 15:26). Le même mot šᵉḥîn se trouve en Deutéronome 28:35 et en Job 2:7 (Partie IV, bloc E ; Partie V, axe 3).
k) "De délire, d’aveuglement et d’égarement d’esprit" (28:28)
Les trois termes sont שִׁגָּעוֹן (šiggāʿôn), עִוָּרוֹן (ʿiwwārôn) et תִמְהוֹן לֵבָב (timhôn lēvāv). Ils apparaissent ensemble une autre fois, en Zacharie 12:4, lorsque Dieu défend Jérusalem : "En ce jour-là, dit l’Éternel, Je frapperai d’étourdissement tous les chevaux, Et de délire ceux qui les monteront ; Mais j’aurai les yeux ouverts sur la maison de Juda, Quand je frapperai d’aveuglement tous les chevaux des peuples." (Zacharie 12:4). Les trois malédictions de Deutéronome 28:28 reviennent chez le prophète, dirigées cette fois contre les ennemis du peuple de Dieu.
l) "Un signe et un prodige" (28:46)
"Elles seront à jamais pour toi et pour tes descendants comme des signes et des prodiges." (Deutéronome 28:46). L’hébreu לְאוֹת וּלְמוֹפֵת (lᵉʾôt ûlᵉmôfēt) est le couple que le Deutéronome emploie pour les plaies d’Égypte : "L’Éternel a opéré, sous nos yeux, des miracles et des prodiges, grands et désastreux, contre l’Égypte, contre Pharaon et contre toute sa maison ;" (Deutéronome 6:22) (ʾōtōt ûmōftîm). Israël désobéissant deviendrait un "signe et prodige" comme l’Égypte. La Bible grecque a traduit par σημεῖα καὶ τέρατα (sēmeîa kaì térata), le même couple que Pierre a employé à la Pentecôte, mais désormais pour la grâce : Joël promet des prodiges en haut dans le ciel et des miracles en bas sur la terre (Actes 2:19), Jésus a été approuvé de Dieu par des miracles, des prodiges et des signes (2:22), et beaucoup de prodiges et de miracles se faisaient par les apôtres (2:43).
m) "Avec joie et de bon cœur, au milieu de l’abondance de toutes choses" (28:47, 48)
Voici le motif le plus saisissant du chapitre : "Pour n’avoir pas, au milieu de l’abondance de toutes choses, servi l’Éternel, ton Dieu, avec joie et de bon cœur, tu serviras, au milieu de la faim, de la soif, de la nudité et de la disette de toutes choses, tes ennemis que l’Éternel enverra contre toi. Il mettra un joug de fer sur ton cou, jusqu’à ce qu’il t’ait détruit." (Deutéronome 28:47-48). En hébreu, "au milieu de l’abondance de toutes choses" se dit mērōv kōl et "dans la disette de toutes choses" se dit bᵉḥōser kōl. Celui qui n’a pas servi Dieu avec joie dans l’abondance servirait l’ennemi dans le dénuement. Le "joug de fer" défait l’Exode : "Je suis l’Éternel, votre Dieu, qui vous ai fait sortir du pays d’Égypte, qui vous ai tirés de la servitude ; j’ai brisé les liens de votre joug, et je vous ai fait marcher la tête levée." (Lévitique 26:13). Le péché que le chapitre nomme en son centre est de servir Dieu sans joie quand tout abonde.
n) "Ce nom glorieux et redoutable" (28:58)
L’hébreu est הַשֵּׁם הַנִּכְבָּד וְהַנּוֹרָא (haššēm hannikbād wᵉhannôrāʾ). "Glorieux" vient de la racine kbd, qui signifie "être lourd" et, de là, "avoir de la gloire, être honoré". "Malédiction", קְלָלָה (qᵉlālâ), vient de la racine qll, "être léger, être méprisable". Dieu a employé ces deux racines au sujet de la maison d’Éli, en déclarant qu’il honorera ceux qui l’honorent, mais que ceux qui le méprisent seront méprisés (1 Samuel 2:30 ; en hébreu, mᵉkabbᵉday ʾăkabbēd ûvōzay yēqāllû). En hébreu, honorer c’est donner du poids, et maudire c’est rendre léger.
o) "L’Éternel prendra plaisir à vous faire périr" (28:63)
C’est le verset le plus dur du chapitre : "De même que l’Éternel prenait plaisir à vous faire du bien et à vous multiplier, de même l’Éternel prendra plaisir à vous faire périr et à vous détruire ; et vous serez arrachés du pays dont tu vas entrer en possession." (Deutéronome 28:63). Le verbe est שׂוּשׂ (śûś), se réjouir, dans les deux moitiés. Le Talmud a consigné le malaise suscité par ce texte. Rabbi Élazar a lu la seconde forme (yāśîś) comme un causatif : Dieu "ne se réjouit pas lui-même, mais fait que d’autres se réjouissent" (Meguila 10b ; Partie VIII). L’Écriture donne une autre clé : "Car ce n’est pas volontiers qu’il humilie Et qu’il afflige les enfants des hommes." (Lamentations 3:33) ; "Dis-leur : je suis vivant ! dit le Seigneur, l’Éternel, ce que je désire, ce n’est pas que le méchant meure, c’est qu’il change de conduite et qu’il vive. Revenez, revenez de votre mauvaise voie ; et pourquoi mourriez-vous, maison d’Israël ?" (Ézéchiel 33:11). La justice de Dieu est réelle et complète ; son plaisir est dans la vie. Deutéronome 30:9 revient au même verbe, śûś, pour dire que l’Éternel prendra de nouveau plaisir à ton bonheur (Leçon 8).
p) "La plante de ton pied n’aura point de repos" (28:65)
"Parmi ces nations, tu ne seras pas tranquille, et tu n’auras pas un lieu de repos pour la plante de tes pieds. L’Éternel rendra ton cœur agité, tes yeux languissants, ton âme souffrante." (Deutéronome 28:65). L’expression hébraïque מָנוֹחַ לְכַף־רַגְלֶךָ (mānôaḥ lᵉkap-raglekā) est la même que lors du déluge : "Mais la colombe ne trouva aucun lieu pour poser la plante de son pied, et elle revint à lui dans l’arche, car il y avait des eaux à la surface de toute la terre. Il avança la main, la prit, et la fit rentrer auprès de lui dans l’arche." (Genèse 8:9). Israël dispersé serait comme la colombe de Noé au-dessus des eaux, sans lieu où se poser. Les Lamentations ont employé ce terme pour Juda en exil : "Juda est en exil, victime de l’oppression et d’une grande servitude ; Il habite au milieu des nations, Et il n’y trouve point de repos ; Tous ses persécuteurs l’ont surpris dans l’angoisse." (Lamentations 1:3).
q) "Ta vie sera comme en suspens" (28:66)
"Ta vie sera comme en suspens devant toi, tu trembleras la nuit et le jour, tu douteras de ton existence." (Deutéronome 28:66). "En suspens" traduit תְּלֻאִים (tᵉluʾîm), "suspendue". C’est une graphie rare du verbe תָּלָה (tālâ), "pendre, suspendre", le même verbe qu’en Deutéronome 21:22, 23, où celui qui est pendu est déclaré maudit de Dieu. Cette graphie n’apparaît qu’ici et en Osée 11:7, où Dieu dit que son peuple est enclin à s’éloigner de lui, avant de répondre aussitôt : "Que ferai-je de toi, Éphraïm ? Dois-je te livrer, Israël ? Te traiterai-je comme Adma ? Te rendrai-je semblable à Tseboïm ? Mon cœur s’agite au dedans de moi, Toutes mes compassions sont émues." (Osée 11:8). En 2 Samuel 21:12, le texte hébraïque consigne les deux graphies, l’une écrite et l’autre lue. La Bible grecque a traduit "en suspens" par κρεμαμένη (kremaménē), du verbe de Galates 3:13, où "pendu" se dit ὁ κρεμάμενος. C’est pourquoi les Pères de l’Église ont lu ce verset comme une prophétie du Christ suspendu au bois (Partie VII). C’est un sens second, que l’Église ancienne a discerné ; le sens premier est celui d’une vie sans sécurité, qui ne tient qu’à un fil.
r) "Qui me fera voir" (28:67)
"Dans l’effroi qui remplira ton cœur et en présence de ce que tes yeux verront, tu diras le matin : Puisse le soir être là ! et tu diras le soir : Puisse le matin être là !" (Deutéronome 28:67). L’exclamation souhaitant voir le soir ou le matin traduit מִי־יִתֵּן (mî yittēn), littéralement "qui donnera ?", la formule hébraïque du souhait qui ne peut s’accomplir de lui-même. Avec ou sans pronom, elle apparaît 25 fois dans l’Ancien Testament (Partie XI, tableau 8). Onze de ces occurrences se trouvent dans Job. L’une est dans la bouche de Dieu : "Oh ! s’ils avaient toujours ce même cœur pour me craindre et pour observer tous mes commandements, afin qu’ils fussent heureux à jamais, eux et leurs enfants !" (Deutéronome 5:29). Une autre, dans celle de David pleurant Absalom : "Alors le roi, saisi d’émotion, monta dans la chambre au-dessus de la porte et pleura. Il disait en marchant : Mon fils Absalom ! mon fils, mon fils Absalom ! Que ne suis-je mort à ta place ! Absalom, mon fils, mon fils !" (2 Samuel 18:33) (dans l’hébreu, 19:1). Dieu désire un peuple qui l’écoute ; le peuple sous la malédiction désire seulement que la nuit passe. L’encadré "Fala, Pastor!" de cette leçon est construit sur cette formule.
s) "Il n’y aura personne pour vous acheter" (28:68)
"Et l’Éternel te ramènera sur des navires en Égypte, et tu feras ce chemin dont je t’avais dit : Tu ne le reverras plus ! Là, vous vous offrirez en vente à vos ennemis, comme esclaves et comme servantes ; et il n’y aura personne pour vous acheter." (Deutéronome 28:68). "Vous vous vendrez" traduit וְהִתְמַכַּרְתֶּם (wᵉhitmakkartem), forme réfléchie du verbe vendre : "vous vous mettrez en vente". "Il n’y aura personne pour acheter" est וְאֵין קֹנֶה (wᵉʾên qōneh). Le verbe acheter, qānâ, est celui de l’Exode, qui parle du peuple que Dieu a acquis (Exode 15:16), et celui du cantique de Moïse, qui demande s’il n’est pas ton père, qui t’a acquis (Deutéronome 32:6). Ce chapitre referme une chaîne d’expressions marquant l’absence de secours : personne ne les effraiera (28:26), il n’y aura personne pour te secourir (28:29, 31), mais il n’y aura personne pour vous acheter (28:68). Ésaïe connaissait cette chaîne : "Il voit qu’il n’y a pas un homme, Il s’étonne de ce que personne n’intercède ; Alors son bras lui vient en aide, Et sa justice lui sert d’appui." (Ésaïe 59:16) (cf. 63:5).
L’Exode à l’envers. La mention du chemin dont Dieu avait dit que tu ne le reverrais plus rappelle deux promesses. L’une est la loi du roi : "Mais qu’il n’ait pas un grand nombre de chevaux ; et qu’il ne ramène pas le peuple en Égypte pour avoir beaucoup de chevaux ; car l’Éternel vous a dit : Vous ne retournerez plus par ce chemin-là." (Deutéronome 17:16). L’autre est la parole de Moïse devant la mer : "Moïse répondit au peuple : Ne craignez rien, restez en place, et regardez la délivrance que l’Éternel va vous accorder en ce jour ; car les Égyptiens que vous voyez aujourd’hui, vous ne les verrez plus jamais." (Exode 14:13). L’hébreu de 28:68 et celui d’Exode 14:13 emploient la même construction (lōʾ tōsîf ʿôd lirʾōtāh / lōʾ tōsîfû lirʾōtām ʿôd). Le dernier verset du chapitre défait la sortie d’Égypte.
3. La Bible grecque ancienne et le Nouveau Testament
Les deux listes dans la Septante. Chaque "béni" de 28:3-6 est εὐλογημένος (eulogēménos) ; chaque "maudit" de 28:16-19, ainsi que les douze de 27:15-26, est ἐπικατάρατος (epikatáratos). En Deutéronome 21:23, la Septante emploie un autre mot pour le "maudit" pendu au bois : κεκατηραμένος ὑπὸ θεοῦ (kekatēraménos hypò theoû), "maudit par Dieu".
Ce que Paul a fait de ces mots. En Galates 3:10, Paul cite Deutéronome 27:26 avec un ajout : "Car tous ceux qui s’attachent aux œuvres de la loi sont sous la malédiction ; car il est écrit : Maudit est quiconque n’observe pas tout ce qui est écrit dans le livre de la loi, et ne le met pas en pratique." (Galates 3:10). La mention des choses qui sont écrites dans le livre ne se trouve pas en 27:26 ; elle vient de 28:58, où la Septante porte τὰ γεγραμμένα ἐν τῷ βιβλίῳ τούτῳ ("ce qui est écrit dans ce livre"). Paul a réuni les deux versets. En 3:13, en citant Deutéronome 21:23, Paul remplace le mot de la Septante par celui de notre liste : ἐπικατάρατος πᾶς ὁ κρεμάμενος ἐπὶ ξύλου ("maudit est quiconque est pendu au bois"). Ce remplacement relie la croix aux malédictions de Deutéronome 27 et 28. Paul cite également sans l’expression "par Dieu" (ὑπὸ θεοῦ), qui figure dans la Septante et dans l’hébreu ("maudit de Dieu", qilᵉlat ʾĕlōhîm). Certains commentateurs y voient une précaution de Paul ; d’autres, simplement une forme abrégée de la citation. Le texte ne permet pas de trancher avec certitude.
Les décomptes, avec la prudence requise. Dans le Nouveau Testament, εὐλογημένος est dit sept fois au sujet de Jésus : Matthieu 21:9 ; 23:39 ; Marc 11:9 ; Luc 1:42 (le fruit des entrailles) ; 13:35 ; 19:38 ; Jean 12:13. Au total, le mot apparaît dix fois dans le texte critique (SBLGNT) et onze fois dans le Texte Reçu, base des traductions traditionnelles, qui ajoute que Marie est bénie entre les femmes en Luc 1:28 (vérifié dans le Stephanus de 1550, le Scrivener de 1894 et le texte byzantin de 2005). Le seul pluriel est en Matthieu 25:34, où le Roi invite ceux qui sont bénis de son Père. Paul n’emploie ἐπικατάρατος que deux fois, toutes deux en Galates 3 ; le Texte Reçu comporte aussi ce mot en Jean 7:49, là où le texte critique porte une autre forme. Luc 1:42 reprend Deutéronome 28:4 mot pour mot en hébreu et dans nos traductions en proclamant béni le fruit des entrailles ; dans la Septante, non, parce que Deutéronome 28:4 emploie ἔκγονα ("postérité") et Luc emploie καρπός ("fruit").
Autres échos. La Septante ouvre 28:1 par une phrase absente de l’hébreu : καὶ ἔσται ὡς ἂν διαβῆτε τὸν Ιορδάνην, "et il arrivera, lorsque vous aurez passé le Jourdain". Elle traduit "à la tête, et non à la queue" par εἰς κεφαλὴν καὶ μὴ εἰς οὐράν (28:13). Elle termine le chapitre par καὶ οὐκ ἔσται ὁ κτώμενος, "et il n’y aura personne qui achète" (28:68). En 28:64, elle dit que Dieu dispersera le peuple εἰς πάντα τὰ ἔθνη, "dans toutes les nations" ; Jésus, en annonçant la chute de Jérusalem, a dit que le peuple serait emmené captif εἰς τὰ ἔθνη πάντα (Luc 21:24) : c’est un écho d’expression. Le "à haute voix" des Lévites en 27:14 est φωνῇ μεγάλῃ, la même expression que pour le cri de Jésus sur la croix (Matthieu 27:46, 50). En 2 Samuel 18, Absalom "suspendu" est κρεμάμενον (18:10), et la plainte de David est τίς δῴη τὸν θάνατόν μου ἀντὶ σοῦ, "qui donnera ma mort à ta place ?" (18:33) ; Jésus a employé les deux mêmes termes, "donner" et "à la place de", en Marc 10:45 (δοῦναι… λύτρον ἀντὶ πολλῶν).
4. Références du fichier de la revue à vérifier dans l’édition imprimée
Le fichier numérique de la revue que nous utilisons comporte quelques erreurs de reconnaissance optique et certaines références qui méritent d’être vérifiées. L’enseignant doit consulter l’exemplaire imprimé avant de se présenter devant la classe. Cela est signalé avec tout le respect dû au travail du commentateur.
(a) Au point III.1, le fichier imprime "Mt 19.17" ; la question 5 du questionnaire de révision porte "Mt 9.17". Le sens du paragraphe appelle Matthieu 9:17, le vin nouveau dans des outres neuves. (b) Dans l’encadré d’approfondissement (Dicionário Bíblico Baker), l’expression sur celui qui donne le pouvoir et la force de prospérer se trouve en Deutéronome 8:18, où il est dit que Dieu donne la force d’acquérir des richesses, et non en 8:17. (c) L’introduction appelle ce chapitre le "troisième grand discours" ; voir la Partie I sur les deux divisions possibles. (d) Au point III.3, à propos de l’affirmation selon laquelle le salut a coûté le sang de Christ avec renvoi à Éphésiens 2:8, 9 : Éphésiens 2:8, 9 parle de la grâce et de la foi ; le sang est mentionné en Éphésiens 1:7 et 2:13. (e) L’aide dévotionnelle (Richards) cite Romains 8:28 en parlant de ceux qui sont appelés par son décret, tandis que les traductions fidèles parlent de ceux qui sont appelés selon son dessein, et la lecture arminienne demande d’être attentif à cette différence (Partie V, axe 3). (f) L’aide théologique (Richards) cite Deutéronome 28:65, 66 dans une traduction différente de celle de référence (tableau ci-dessus) et affirme que la persécution des Juifs, "culminant dans l’holocauste nazi", "a ajouté son témoignage" aux paroles de Moïse ; la Partie V, axe 7, traite ce point avec prudence. (g) Erreurs de lecture optique du fichier original : "51 1.1-3" correspond à Psaumes 1:1-3 ; "i Pe 1.4" à 1 Pierre 1:4 ; "shãmcf" à šāmaʿ ; "hypakollõ" à hypakoḗ ; et la coquille "quardar", dans le Texte d'or en portugais, correspond au verbe garder ("guardar").
Partie IV — Exposition de Deutéronome 28, en sept blocs
Cette partie parcourt le chapitre entier. Les observations de vocabulaire déjà faites dans la Partie III ne sont pas répétées en détail ; le lecteur trouve la référence entre parenthèses. À la fin de chaque bloc se trouve une note "Pour la salle", avec ce qu'il convient d'apporter en classe.
Bloc A (28:1, 2) — La voix et la condition
S'il arrive que tu écoutes la voix de l'Éternel, ton Dieu : le chapitre commence par une promesse au futur (il arrivera) liée à une condition (si). La condition comporte trois parties : écouter la voix, avoir soin de garder et garder tous les commandements. L'aujourd'hui de ce qui est commandé ce jour-là est le jour de Moab, mais le Deutéronome le répète tant qu'il devient l'aujourd'hui de chaque génération qui écoute le livre. L'épître aux Hébreux a utilisé la même logique avec le Psaume 95 : "C’est pourquoi, selon ce que dit le Saint-Esprit : Aujourd’hui, si vous entendez sa voix, N’endurcissez pas vos cœurs, comme lors de la révolte, Le jour de la tentation dans le désert," (Hébreux 3:7-8).
Exalté dans quel but ? La promesse que l'Éternel, ton Dieu, t'élèvera au-dessus de toutes les nations de la terre n'est pas un projet d'empire. Le Deutéronome avait déjà dit quelle serait la hauteur d'Israël : "Vous les observerez et vous les mettrez en pratique ; car ce sera là votre sagesse et votre intelligence aux yeux des peuples, qui entendront parler de toutes ces lois et qui diront : Cette grande nation est un peuple absolument sage et intelligent !" (Deutéronome 4:6). La hauteur promise était celle d'un peuple qui montrerait aux nations ce que c'est que de vivre avec Dieu (28:9, 10 ; Partie III, point g).
Les bénédictions courent après celui qui obéit. "Voici toutes les bénédictions qui se répandront sur toi et qui seront ton partage, lorsque tu obéiras à la voix de l’Éternel, ton Dieu :" (Deutéronome 28:2). Les bénédictions apparaissent presque comme des personnes qui vont à la rencontre de celui qui obéit. L'obéissant n'a pas besoin de poursuivre la bénédiction : c'est elle qui l'atteint (Partie III, point c).
Condition réelle, sans mérite. La lecture arminienne prend au sérieux les deux moitiés du chapitre : la condition est véritable, et la réponse du peuple change ce qui arrive. En même temps, la condition n'achète rien. Israël était déjà le peuple de Dieu (27:9), avait été choisi sans le mériter (7:7, 8 ; 9:4-6) et avait été racheté avant de recevoir la loi (Exode 20:2). La revue dit à juste titre que les bénédictions "ne procèdent pas de rites ou de pratiques humaines, mais de la soumission au Seigneur (1 Samuel 15:22)". L'obéissance est la manière de vivre dans la grâce ; elle n'a jamais été le prix pour y entrer.
Pour la salle : le cours a déjà expliqué le šāmaʿ (écouter et obéir). L'étape suivante consiste à demander : qui a gardé tous les commandements ? La réponse se trouve dans "Christ dans la leçon" : le Fils qui a affirmé faire toujours ce qui est agréable au Père (Jean 8:29).
Bloc B (28:3-6) — Les six bénédictions
La liste couvre la vie ordinaire. La ville et les champs (l'espace entier) ; le fruit des entrailles, du sol et des troupeaux (la famille et la subsistance) ; la corbeille et la huche (l'autel et la cuisine ; Partie III, point e) ; l'entrée et la sortie (le temps et le travail de chaque jour). Il n'y a pas de luxe dans la liste. La bénédiction que Moïse décrit est une vie entière sous la faveur de Dieu, des champs à la cuisine.
Être béni et voir son fruit béni. Deux lignes bénissent la personne (tu seras béni, 28:3, 6) et quatre bénissent ce qui lui appartient. La bénédiction biblique commence par la relation avec Dieu et s'étend aux choses. Le Psaume 118 présente les mêmes racines que 28:6, bénir et entrer, lorsqu'il proclame béni celui qui vient au nom de l'Éternel (Psaumes 118:26 ; en hébreu, bārûk habbāʾ). C'est ce que la foule a chanté lorsque Jésus est entré à Jérusalem (Matthieu 21:9).
La limite marquée par la revue. La revue rappelle que ces promesses ont été faites à un peuple, sur une terre, sous une alliance nationale, et qu'"il ne s'agit pas de promesses individuelles ni de garanties automatiques". Le principe, toutefois, demeure : Dieu se soucie de la vie entière de son peuple. Jésus a dit la même chose sans transformer cela en contrat : "Car toutes ces choses, ce sont les païens qui les recherchent. Votre Père céleste sait que vous en avez besoin . Cherchez premièrement le royaume et la justice de Dieu ; et toutes ces choses vous seront données par-dessus." (Matthieu 6:32-33). Ces choses sont la nourriture, la boisson et le vêtement (6:31).
Pour la salle : lisez les six lignes lentement et demandez à la classe de placer chacune d'elles dans un lieu de la semaine (le travail, la maison, la table, la rue). Demandez ensuite : dans lequel de ces lieux est-ce que j'oublie que je dépends de Dieu ?
Bloc C (28:7-14) — Les bénédictions élargies
Victoire, greniers et travail. "L’Éternel te donnera la victoire sur tes ennemis qui s’élèveront contre toi ; ils sortiront contre toi par un seul chemin, et ils s’enfuiront devant toi par sept chemins." (Deutéronome 28:7) ; la malédiction renvoie la même phrase à l'envers (28:25). "L’Éternel ordonnera à la bénédiction d’être avec toi dans tes greniers et dans toutes tes entreprises. Il te bénira dans le pays que l’Éternel, ton Dieu, te donne." (Deutéronome 28:8).
Le centre de la liste est un peuple saint. "Tu seras pour l’Éternel un peuple saint, comme il te l’a juré, lorsque tu observeras les commandements de l’Éternel, ton Dieu, et que tu marcheras dans ses voies. Tous les peuples verront que tu es appelé du nom de l’Éternel, et ils te craindront." (Deutéronome 28:9-10). Le cours l'a bien dit : "le grenier était le moyen". Le but des bénédictions est un peuple qui appartient à Dieu et que les nations reconnaissent comme étant à lui (Partie III, point g).
Pluie, prêt, tête. "L’Éternel t’ouvrira son bon trésor, le ciel, pour envoyer à ton pays la pluie en son temps et pour bénir tout le travail de tes mains ; tu prêteras à beaucoup de nations, et tu n’emprunteras point." (Deutéronome 28:12). "L’Éternel fera de toi la tête et non la queue, tu seras toujours en haut et tu ne seras jamais en bas, lorsque tu obéiras aux commandements de l’Éternel, ton Dieu, que je te prescris aujourd’hui, lorsque tu les observeras et les mettras en pratique," (Deutéronome 28:13). L'expression "la tête et non la queue" est devenue un slogan dans beaucoup d'églises, presque toujours sans la condition qui suit aussitôt et sans le verset suivant. Ésaïe a utilisé les mêmes mots pour avertir que le prophète qui enseigne le mensonge est la queue (Ésaïe 9:15).
La racine de tout : aucun autre dieu. "et que tu ne te détourneras ni à droite ni à gauche de tous les commandements que je vous donne aujourd’hui, pour aller après d’autres dieux et pour les servir." (Deutéronome 28:14). Les bénédictions se terminent là où le Deutéronome commence toujours : au premier commandement. La bénédiction de l'alliance n'a jamais été offerte à quiconque voudrait Dieu et d'autres dieux en même temps.
Pour la salle : quand quelqu'un dit "je suis la tête et non la queue", lisez 28:13 en entier et 28:14. Le verset comporte une condition, un peuple et un seul Dieu.
Bloc D (28:15-19) — Les six malédictions
La condition contraire. "Mais si tu n’obéis point à la voix de l’Éternel, ton Dieu, si tu n’observes pas et ne mets pas en pratique tous ses commandements et toutes ses lois que je te prescris aujourd’hui, voici toutes les malédictions qui viendront sur toi et qui seront ton partage :" (Deutéronome 28:15). La revue explique le ʾim lōʾ, le "si… ne… pas". La phrase répète le cadre de 28:2 en inversant le signe, et la liste reprend les six domaines de la vie.
Ce qu'est la malédiction, et ce qu'elle n'est pas. Dans la Bible, la malédiction de l'alliance n'est ni un sortilège ni une force flottant dans l'air. C'est la sentence du Dieu même de l'alliance, par laquelle l'Éternel envoie la malédiction contre le rebelle (28:20). Elle a deux faces : le retrait de la bénédiction (le ciel qui se ferme, 28:23) et le jugement actif (la maladie, la défaite, l'exil). La revue en résume les dimensions : personnelle (la maison, le travail), sociale (l'absence de paix, 28:19) et spirituelle, lorsque le péché "rompt la communion avec Dieu" (Ésaïe 59:2) et produit la stérilité (Jean 15:5, 6).
Celui qui a reçu les deux listes. L'encadré "Il a voulu" montre que les deux listes sont tombées tout entières sur un seul Homme. Il a été salué comme béni en entrant à Jérusalem (Matthieu 21:9) et a entendu la même ville crier de le crucifier (Luc 23:21). Il est sorti de la ville en portant la croix (Jean 19:17 ; Hébreux 13:12), et en chemin on a chargé la croix sur le dos de Simon de Cyrène, qui revenait des champs (Luc 23:26). Béni à son entrée, maudit à sa sortie : la première et la dernière ligne des deux listes ont rejoint Jésus dans la même semaine.
Pour la salle : la lecture de la revue s'arrête en 28:19, et il est sage de s'arrêter là. Utilisez les trois dimensions de la revue et concluez avec Galates 3:13, afin que personne ne sorte du cours avec la crainte d'être sous le coup de la liste.
Bloc E (28:20-44) — Le premier cycle : de la maladie à la queue
La racine : avoir abandonné Dieu. "L’Éternel enverra contre toi la malédiction, le trouble et la menace, au milieu de toutes les entreprises que tu feras, jusqu’à ce que tu sois détruit, jusqu’à ce que tu périsses promptement, à cause de la méchanceté de tes actions, qui t’aura porté à m’abandonner." (Deutéronome 28:20). Avant toute maladie, le verset nomme la cause : abandonner l'Éternel (Partie III, point i).
Maladie, ciel fermé et défaite. Viennent la peste (28:21), les fièvres et les fléaux des cultures, qui poursuivent le coupable jusqu'à ce qu'il périsse (28:22) ; le ciel d'airain et la pluie de poussière (28:23, 24) ; la défaite par sept chemins (28:25) ; et un verset terrible : "Ton cadavre sera la pâture de tous les oiseaux du ciel et des bêtes de la terre ; et il n’y aura personne pour les troubler." (Deutéronome 28:26). La Bible conserve une scène qui répond à ce "personne". Lorsque sept descendants de Saül furent mis à mort et exposés sur la montagne, "Ritspa, fille d’Ajja, prit un sac et l’étendit sous elle contre le rocher, depuis le commencement de la moisson jusqu’à ce que la pluie du ciel tombât sur eux ; et elle empêcha les oiseaux du ciel de s’approcher d’eux pendant le jour, et les bêtes des champs pendant la nuit." (2 Samuel 21:10). Une mère a fait ce que le chapitre disait que personne ne ferait, et sa veillée a ému le roi.
Les maladies d'Égypte et le midi obscur. "L’Éternel te frappera de l’ulcère d’Égypte, d’hémorrhoïdes, de gale et de teigne, dont tu ne pourras guérir. L’Éternel te frappera de délire, d’aveuglement, d’égarement d’esprit, et tu tâtonneras en plein midi comme l’aveugle dans l’obscurité, tu n’auras point de succès dans tes entreprises, et tu seras tous les jours opprimé, dépouillé, et il n’y aura personne pour venir à ton secours." (Deutéronome 28:27-29) (Partie III, points j et k). À la croix, "Depuis la sixième heure jusqu’à la neuvième , il y eut des ténèbres sur toute la terre." (Matthieu 27:45). La sixième heure est midi. Matthieu ne cite pas le Deutéronome dans ce verset, mais quiconque lit les deux ne l'oublie pas.
La futilité. Femme, maison, vigne, bœuf, âne, brebis et enfants sont enlevés sous les yeux du propriétaire (28:30-34), au point d'en devenir fou devant ce que ses yeux voient (28:34). C'est la série des malédictions de futilité (Partie II, point 5).
La plaie de Job. "L’Éternel te frappera aux genoux et aux cuisses d’un ulcère malin dont tu ne pourras guérir, il te frappera depuis la plante du pied jusqu’au sommet de la tête." (Deutéronome 28:35). Le livre de Job emploie la même formulation : Satan frappa Job d'un ulcère malin, depuis la plante du pied jusqu'au sommet de la tête (Job 2:7). Job était l'homme que Dieu avait déclaré intègre et droit, frappé sans cause (Job 2:3). La plaie avait la forme de la malédiction, et ce n'était pas une malédiction. C'est le verset clé contre quiconque regarde un frère malade et dit qu'il est maudit (Partie V, axe 3).
L'exil et la queue. Le roi et le peuple s'en vont vers une nation qu'ils n'ont pas connue, et là ils serviront d'autres dieux, du bois et de la pierre (28:36) ; Israël deviendra un sujet d'étonnement, de proverbe et de raillerie (28:37). Les malédictions agricoles reviennent : sauterelles, insectes, olives qui tombent, chenilles (28:38-42). Le cycle s'achève en inversant la bénédiction de 28:13 : "L’étranger qui sera au milieu de toi s’élèvera toujours plus au-dessus de toi, et toi, tu descendras toujours plus bas ; il te prêtera, et tu ne lui prêteras pas ; il sera la tête, et tu seras la queue." (Deutéronome 28:43-44).
Pour la salle : ce bloc est destiné à l'enseignant. En classe, il suffit de mettre Job 2:7 à côté de Deutéronome 28:35, avec Job 2:3, et la scène de Ritspa comme image du soin que Dieu met dans le cœur de son peuple.
Bloc F (28:45-57) — Le pourquoi et le siège
Le résumé. "Toutes ces malédictions viendront sur toi, elles te poursuivront et seront ton partage jusqu’à ce que tu sois détruit, parce que tu n’auras pas obéi à la voix de l’Éternel, ton Dieu, parce que tu n’auras pas observé ses commandements et ses lois qu’il te prescrit." (Deutéronome 28:45). Ce sont les verbes de Pharaon (Partie III, point c). "Elles seront à jamais pour toi et pour tes descendants comme des signes et des prodiges." (Deutéronome 28:46) : Israël devient un avertissement pour les nations, comme l'Égypte l'avait été (Partie III, point l).
Le péché au centre du chapitre. "Pour n’avoir pas, au milieu de l’abondance de toutes choses, servi l’Éternel, ton Dieu, avec joie et de bon cœur," (Deutéronome 28:47). Le poids du verset réside dans deux expressions : avec joie et de bon cœur, et au milieu de l'abondance de toutes choses (Partie III, point m). L'abondance sans gratitude avait été le grand avertissement de Deutéronome 8 : "Garde-toi de dire en ton cœur : Ma force et la puissance de ma main m’ont acquis ces richesses. Souviens-toi de l’Éternel, ton Dieu, car c’est lui qui te donnera de la force pour les acquérir, afin de confirmer, comme il le fait aujourd’hui, son alliance qu’il a jurée à tes pères." (Deutéronome 8:17-18). La revue aborde ce point au point II.3, avec Malachie 2:2, où Dieu avertit qu'il maudira les bénédictions. Pour l'église qui prospère, c'est le verset le plus actuel du chapitre.
Une nation à la langue inconnue. "L’Éternel fera partir de loin, des extrémités de la terre, une nation qui fondra sur toi d’un vol d’aigle, une nation dont tu n’entendras point la langue," (Deutéronome 28:49). En hébreu, ne pas comprendre se dit lōʾ tišmaʿ, "tu n'écouteras pas" : celui qui n'a pas écouté la voix de Dieu entendrait une langue qu'il ne comprend pas. Jérémie a répété la menace (Jérémie 5:15), et Ésaïe l'a appliquée à ceux qui se moquaient de la parole prophétique : "Hé bien ! c’est par des hommes aux lèvres balbutiantes Et au langage barbare Que l’Éternel parlera à ce peuple. Il lui disait : Voici le repos, Laissez reposer celui qui est fatigué ; Voici le lieu du repos ! Mais ils n’ont point voulu écouter." (Ésaïe 28:11-12). Paul a cité Ésaïe 28:11 en enseignant sur les langues : "Il est écrit dans la loi : C’est par des hommes d’une autre langue Et par des lèvres d’étrangers Que je parlerai à ce peuple, Et ils ne m’écouteront pas même ainsi, dit le Seigneur. Par conséquent, les langues sont un signe, non pour les croyants, mais pour les non-croyants ; la prophétie, au contraire, est un signe, non pour les non-croyants, mais pour les croyants." (1 Corinthiens 14:21-22). Pour une église pentecôtiste, la chaîne est instructive : la langue incompréhensible apparaît d'abord comme signe de jugement sur ceux qui n'ont pas voulu écouter ; à la Pentecôte, les langues ont annoncé les merveilles de Dieu à des gens de nombreuses nations (Actes 2:11), et Paul rappelle que leur fonction devant l'incrédule demeure un signe.
Le siège. Les versets 52 à 57 décrivent le siège des villes et la famine qui pousse des parents à manger leurs propres enfants (28:53-57). L'homme le plus tendre et le plus délicat ainsi que la femme la plus tendre et la plus délicate deviennent cruels envers leur propre famille. La Bible rapporte que cela s'est produit lors du siège de Samarie (2 Rois 6:28, 29) et lors du siège de Jérusalem par les Babyloniens, où les mains des femmes compatissantes ont fait cuire leurs propres enfants (Lamentations 4:10 ; cf. 2:20). Flavius Josèphe a raconté un cas survenu lors du siège romain de 70 apr. J.-C., celui de Marie, fille d'Éléazar (Guerre des Juifs 6.3.4). Ce texte n'a pas été écrit par curiosité. C'est une complainte anticipée sur ce que le péché fait aux liens les plus tendres.
Pour la salle : 28:47 mérite un moment pendant le cours. Demandez : est-ce que je sers Dieu avec joie quand tout va bien, ou est-ce que je ne me souviens de lui que dans le manque ?
Bloc G (28:58-68) — L'Exode à l'envers
Le livre et le Nom. "Si tu n’observes pas et ne mets pas en pratique toutes les paroles de cette loi, écrites dans ce livre, si tu ne crains pas ce nom glorieux et redoutable de l’Éternel, ton Dieu," (Deutéronome 28:58). C'est le verset que Paul a joint à 27:26 dans Galates 3:10 (Partie III, point 3), et le verset du "poids" du Nom (Partie III, point n).
Le retour de l'Égypte. Les plaies reviennent, étonnantes, avec toutes les maladies d'Égypte (28:59-61). Le peuple que Dieu avait rendu aussi nombreux que les étoiles du ciel (Deutéronome 10:22 ; Genèse 15:5) restera en petit nombre (28:62). Viennent ensuite le verset sévère où Dieu prend plaisir à faire périr (28:63 ; Partie III, point o), la dispersion d'une extrémité de la terre à l'autre (28:64), l'absence de repos pour la plante du pied (28:65 ; Partie III, point p), la vie comme en suspens (28:66 ; point q), le souhait angoissé du matin et du soir (28:67 ; point r) et, enfin, le retour en Égypte sur des navires, sur un marché sans acheteur (28:68 ; point s).
Registre, et non calendrier. Josèphe raconte qu'après la chute de Jérusalem en 70 apr. J.-C., les captifs furent vendus "à très bas prix", parce que les acheteurs étaient peu nombreux (Guerre des Juifs 6.8.2), et que ceux de plus de dix-sept ans furent envoyés aux travaux forcés en Égypte (6.9.2). L'encadré d'aide théologique de la revue (Richards) énumère aussi 722 av. J.-C., 586 av. J.-C., 70 apr. J.-C. et 1948. Le cours a bien fait de dire "registre, et non prévision" : l'Écriture interprète les exils de 722 et de 586 av. J.-C. comme un jugement de l'alliance (2 Rois 17 ; Daniel 9:11), et Jésus a annoncé la chute de l'an 70 (Luc 19:43, 44 ; 21:20-24) ; après le Nouveau Testament, personne n'a l'autorité prophétique pour transformer chaque malheur du peuple juif en verset accompli (Partie V, axe 7).
Les Lamentations : Deutéronome 28 écrit avec des larmes. Le livre qui pleure les ruines de Jérusalem reprend les mots du chapitre. "Juda est en exil, victime de l’oppression et d’une grande servitude ; Il habite au milieu des nations, Et il n’y trouve point de repos ; Tous ses persécuteurs l’ont surpris dans l’angoisse." (Lamentations 1:3) : on y retrouve l'absence de repos de 28:65 et les verbes poursuivre et atteindre de 28:45. Ses adversaires sont devenus les maîtres (Lamentations 1:5) : en hébreu, c'est la tête de 28:44. Les mères qui font cuire leurs enfants (Lamentations 2:20 ; 4:10) accomplissent 28:53-57. Et, au milieu du livre, apparaît le matin que l'homme de 28:67 réclamait : "Les bontés de l’Éternel ne sont pas épuisées, Ses compassions ne sont pas à leur terme ; Elles se renouvellent chaque matin. Oh ! que ta fidélité est grande !" (Lamentations 3:22-23). Le même livre dit que ce n'est pas volontiers que Dieu humilie et afflige les enfants des hommes (Lamentations 3:33). La Partie XI, tableau 6, rassemble les parallèles.
Le colophon. Le chapitre se termine en hébreu par 28:69, que certaines traductions numérotent 29:1, rappelant que ce sont là les paroles de l'alliance que l'Éternel ordonna à Moïse de traiter avec les enfants d'Israël au pays de Moab (Partie I). Aussitôt après, Moïse convoque de nouveau le peuple et rappelle tout ce que Dieu a fait en Égypte et dans le désert (29:2-9). Le dernier verset des malédictions laisse Israël sans acheteur ; le reste de la Bible raconte qui a payé le prix.
Pour la salle : concluez avec Lamentations 3:22, 23 à côté de 28:67. Le même peuple qui, sous la malédiction, redoutait le matin a appris en exil que la miséricorde se renouvelle chaque matin.
Partie V — Théologie de la leçon — neuf axes
1. Bénédiction et malédiction, de l'Éden à la Nouvelle Jérusalem
La première parole de Dieu sur les êtres vivants a été une bénédiction. "Dieu les bénit, en disant : Soyez féconds, multipliez, et remplissez les eaux des mers ; et que les oiseaux multiplient sur la terre." (Genèse 1:22) ; "Dieu les bénit, et Dieu leur dit : Soyez féconds, multipliez, remplissez la terre, et l’assujettissez ; et dominez sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, et sur tout animal qui se meut sur la terre." (Genèse 1:28). La bénédiction, dans la Bible, est la faveur personnelle de Dieu qui donne la vie, le fruit et la présence. Après la chute, les premières malédictions tombent sur le serpent, déclaré maudit entre toutes les bêtes (Genèse 3:14), et sur la terre, déclarée maudite à cause de l'homme (Genèse 3:17). L'homme et la femme reçoivent la douleur, la sueur et la mort, mais le mot "maudit" n'est pas prononcé directement sur eux dans ce chapitre. Le premier être humain appelé maudit (ʾārûr) est Caïn, après avoir versé le sang de son frère (Genèse 4:11).
Abraham a été appelé pour inverser l'histoire. Dans Genèse 12:2-3, le verbe bénir et le substantif bénédiction apparaissent cinq fois : "Je ferai de toi une grande nation, et je te bénirai ; je rendrai ton nom grand, et tu seras une source de bénédiction. Je bénirai ceux qui te béniront, et je maudirai ceux qui te maudiront ; et toutes les familles de la terre seront bénies en toi." (Genèse 12:2-3). Dans l'hébreu, le verset 3 utilise deux verbes différents, que les traductions rendent tous deux par "maudire". Le premier, mᵉqallelᵉkā, vient de qālal, "rendre léger", "traiter avec mépris" (Partie III, point n) ; le second, ʾāʾōr, vient de ʾārar, le verbe du ʾārûr de Deutéronome 28. Il y a un autre détail que la traduction ne montre pas : l'expression désignant ceux qui le bénissent est au pluriel, et celle qui désigne celui qui le maudit est au singulier. La phrase compte sur beaucoup de personnes qui bénissent et peu qui maudissent.
Personne ne maudit ce que Dieu a béni. Balak a engagé Balaam pour maudire Israël, et le prophète n'a pu que bénir : "Comment maudirais-je celui que Dieu n’a point maudit ? Comment serais-je irrité quand l’Éternel n’est point irrité ?" (Nombres 23:8) ; "Voici, j’ai reçu l’ordre de bénir : Il a béni, je ne le révoquerai point." (Nombres 23:20) ; "L’enchantement ne peut rien contre Jacob, Ni la divination contre Israël ; Au temps marqué, il sera dit à Jacob et à Israël : Quelle est l’œuvre de Dieu." (Nombres 23:23). Le Deutéronome résume l'histoire par une phrase qui sert de clé pour le chapitre 28 : "Mais l’Éternel, ton Dieu, n’a point voulu écouter Balaam ; et l’Éternel, ton Dieu, a changé pour toi la malédiction en bénédiction, parce que tu es aimé de l’Éternel, ton Dieu." (Deutéronome 23:5) (dans l'hébreu, 23:6). Le verbe écouter est le même šāmaʿ que dans le Texte d'or. Israël est appelé à écouter la voix de Dieu, et Dieu n'a pas voulu écouter la voix de celui qui venait maudire son peuple. La raison se trouve à la fin du verset : parce que l'Éternel l'aimait.
L'Ancien Testament se termine par une menace, et le Nouveau, par la menace annulée. Dans l'ordre de nos Bibles, le dernier mot de l'Ancien Testament est "malédiction" (ou interdit) : "Il ramènera le cœur des pères à leurs enfants, Et le cœur des enfants à leurs pères, De peur que je ne vienne frapper le pays d’interdit." (Malachie 4:6) (dans l'hébreu, ḥērem). La synagogue, en lisant Malachie, répète le verset précédent pour ne pas terminer la lecture sur ce mot (Partie VIII). Le dernier chapitre de la Bible répond : "Il n’y aura plus d’anathème. Le trône de Dieu et de l’agneau sera dans la ville ; ses serviteurs le serviront et verront sa face," (Apocalypse 22:3). Jean fait écho à Zacharie 14:11, où l'hébreu dit aussi qu'il n'y aura plus de ḥērem (que plusieurs versions traduisent par destruction ou anathème).
Ce que cela enseigne. La bénédiction et la malédiction bibliques sont des paroles de Dieu lui-même au sein d'une relation, et non des forces autonomes que n'importe qui manipule. "Comme l’oiseau s’échappe, comme l’hirondelle s’envole, Ainsi la malédiction sans cause n’a point d’effet." (Proverbes 26:2). Les scribes hébreux ont enregistré ici deux lectures, l'une écrite (lōʾ, "non") et l'autre lue (lô, "à lui") ; les traductions diffèrent sur ce point selon qu'elles suivent la forme écrite ou la forme lue. La bouche humaine a une responsabilité morale : "De la même bouche sortent la bénédiction et la malédiction. Il ne faut pas, mes frères, qu’il en soit ainsi." (Jacques 3:10) ; "Bénissez ceux qui vous persécutent, bénissez et ne maudissez pas." (Romains 12:14). Le croyant bénit parce qu'il a été béni, et il ne maudit pas parce que Christ a porté la malédiction.
2. La condition et la grâce
L'alliance de Moab est gracieuse dans son origine et conditionnelle dans sa jouissance. C'est ce que la revue appelle des "promesses conditionnelles". Deux lectures erronées rôdent autour de ce chapitre. L'une transforme l'obéissance en salaire et la bénédiction en paiement. L'autre lit la grâce comme une licence et oublie que la réponse humaine est réelle. Paul et l'épître aux Hébreux maintiennent les deux vérités : la loi ne justifie personne (Galates 3:10-12), et celui qui méprise la grâce récolte ce qu'il a semé (Galates 6:7-8 ; Hébreux 10:26-29, textes de la revue).
La lecture arminienne. La tradition arminienne et wesleyenne comprend que Dieu, par grâce, rejoint le pécheur avant que celui-ci ne le cherche, donne la capacité de répondre et respecte la réponse qui est donnée. Le Deutéronome a cette forme. Dieu choisit, rachète et parle le premier ; ensuite il propose et attend. Le livre lui-même promet l'œuvre intérieure que le peuple ne parvenait pas à accomplir tout seul, annonçant que l'Éternel, son Dieu, circoncira son cœur (Deutéronome 30:6, Leçon 8), et les prophètes annoncent la nouvelle alliance (Jérémie 31:31-34 ; Ézéchiel 36:26-27). Le chapitre 28 mesure l'obéissance humaine et montre pourquoi le peuple avait besoin d'un cœur nouveau.
La condition accomplie. Un seul Homme a écouté la voix du Père et a gardé tous les commandements : "Celui qui m’a envoyé est avec moi ; il ne m’a pas laissé seul, parce que je fais toujours ce qui lui est agréable." (Jean 8:29). L'épître aux Hébreux met dans la bouche du Fils les paroles du Psaume 40 : "Alors j’ai dit : Voici, je viens (Dans le rouleau du livre il est question de moi) Pour faire, ô Dieu, ta volonté." (Hébreux 10:7). Paul conclut : "Car, comme par la désobéissance d’un seul homme beaucoup ont été rendus pécheurs, de même par l’obéissance d’un seul beaucoup seront rendus justes." (Romains 5:19). Dans la nouvelle alliance, l'obéissance du croyant est une réponse à l'obéissance de Christ, vécue par l'Esprit que Christ a répandu.
3. Rétribution, souffrance du juste et discipline
Deutéronome 28 est une sanction d'alliance donnée à une nation, et non une règle pour mesurer les individus. La revue insiste là-dessus, et avec raison. Le chapitre décrit ce qui arriverait à Israël en tant que peuple, dans le pays, s'il abandonnait l'alliance. Utilisé pour diagnostiquer le frère malade, au chômage ou endeuillé, il devient la théologie des amis de Job.
Job est le cas qui démonte cette règle. "Il y avait dans le pays d’Uts un homme qui s’appelait Job. Et cet homme était intègre et droit ; il craignait Dieu, et se détournait du mal." (Job 1:1). Il a perdu ses biens, ses enfants et sa santé, et il a dit : "et dit : Je suis sorti nu du sein de ma mère, et nu je retournerai dans le sein de la terre. L’Éternel a donné, et l’Éternel a ôté ; que le nom de l’Éternel soit béni ! En tout cela, Job ne pécha point et n’attribua rien d’injuste à Dieu." (Job 1:21-22). Il a été frappé des ulcères de Deutéronome 28:35 (Job 2:7), et Dieu l'a décrit comme un homme affligé sans cause (Job 2:3). Dans les discours des trois amis (Job 4–25), la thèse apparaît dès le premier : "Cherche dans ton souvenir : quel est l’innocent qui a péri ? Quels sont les justes qui ont été exterminés ?" (Job 4:7). À la fin, Dieu les a repris : "Après que l’Éternel eut adressé ces paroles à Job, il dit à Éliphaz de Théman : Ma colère est enflammée contre toi et contre tes deux amis, parce que vous n’avez pas parlé de moi avec droiture comme l’a fait mon serviteur Job." (Job 42:7). Il leur a ordonné d'apporter un sacrifice à Job, parce que son serviteur Job prierait pour eux (Job 42:8), et l'Éternel a rétabli Job dans son premier état quand il a prié pour ses amis (Job 42:10). La revue a placé Job dans la suggestion de méthode, aux côtés de Paul et des premiers chrétiens.
Jésus a refusé cette règle. Les disciples ont demandé au sujet de l'aveugle-né : "Ses disciples lui firent cette question : Rabbi, qui a péché, cet homme ou ses parents, pour qu’il soit né aveugle ?" (Jean 9:2). Jésus a répondu : "Jésus répondit : Ce n’est pas que lui ou ses parents aient péché ; mais c’est afin que les œuvres de Dieu soient manifestées en lui." (Jean 9:3). Au sujet des Galiléens tués par Pilate et des dix-huit de la tour de Siloé, il a demandé : "Ou bien, ces dix -huit personnes sur qui est tombée la tour de Siloé et qu’elle a tuées, croyez-vous qu’elles fussent plus coupables que tous les autres habitants de Jérusalem ? Non, je vous le dis. Mais si vous ne vous repentez, vous périrez tous également." (Luc 13:4-5). Devant le malheur d'autrui, Jésus renvoie la question à celui qui la pose : la repentance qui importe est la mienne.
La discipline d'un Père n'est pas une malédiction. L'épître aux Hébreux cite Proverbes 3:11 pour parler de la correction : "Et vous avez oublié l’exhortation qui vous est adressée comme à des fils : Mon fils, ne méprise pas le châtiment du Seigneur, Et ne perds pas courage lorsqu’il te reprend ;" (Hébreux 12:5) ; "Car le Seigneur châtie celui qu’il aime, Et il frappe de la verge tous ceux qu’il reconnaît pour ses fils." (Hébreux 12:6). La correction produit ensuite un fruit paisible de justice chez ceux qui ont été exercés par elle (Hébreux 12:11). Pour le croyant, la douleur peut être une école ; une malédiction, jamais (Romains 8:1).
La question que le cours a laissée ouverte. Le cours a conclu le point II par une question sans y répondre : "Quand votre vie devient difficile financièrement, quelle est votre première question ? Qu'est-ce que j'ai fait de mal ? Ou alors : qu'est-ce que Dieu est en train de faire ?". Les deux questions peuvent être légitimes. Le psalmiste demande : "Sonde-moi, ô Dieu, et connais mon cœur ! Éprouve-moi, et connais mes pensées ! Regarde si je suis sur une mauvaise voie, Et conduis-moi sur la voie de l’éternité !" (Psaume 139:23-24). Paul affirme : "Nous savons, du reste, que toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu, de ceux qui sont appelés selon son dessein." (Romains 8:28). L'encadré dévotionnel de la revue cite ce verset d'après la traduction de Richards (qui parle d'être appelés par son décret), tandis que les traductions courantes parlent de son dessein, et le verset suivant précise quel est ce dessein : que nous soyons semblables à l'image de son Fils (Romains 8:29). Dans la lecture arminienne, les appelés sont ceux-là mêmes qui aiment Dieu, et le bien promis est le caractère de Christ.
4. La théologie de la prospérité
Ce qu'elle enseigne. La théologie de la prospérité enseigne que la foi, les offrandes et la confession positive garantissent richesse et santé au croyant, et que la pauvreté et la maladie indiquent un manque de foi ou quelque malédiction non brisée. Deutéronome 28 est l'un de ses textes préférés. La revue la réfute nommément, et le cours a traité cette section avec soin.
Les chiffres. Dans l'enquête du Pew Research Center sur la religion en Amérique latine (2014, chapitre 4), les protestants qui disaient croire que Dieu accorde la prospérité matérielle à ceux qui ont assez de foi étaient majoritaires, dans une fourchette allant de 56 %, au Brésil, à 91 %, au Venezuela. Le Groupe de travail théologique du Mouvement de Lausanne, après deux rencontres à Akropong, au Ghana (octobre 2008 et septembre 2009), a publié en janvier 2010 "A Statement on the Prosperity Gospel". La déclaration qualifie cet enseignement de faux et dit qu'il déforme gravement la Bible ("false and gravely distorting of the Bible") ; elle rejette "la notion non biblique selon laquelle le bien-être spirituel peut se mesurer au bien-être matériel" ; et, avec équilibre, elle affirme qu'"il existe une vision biblique de la prospérité humaine" (notre traduction).
L'argument de la revue, et ce que l'Écriture dit encore. La revue (point I.3) argumente en quatre étapes : le chapitre appartient au pacte mosaïque, où les bénédictions étaient conditionnées à l'obéissance collective d'Israël dans une réalité théocratique ; "il ne s'agit ni de promesses individuelles ni de garanties automatiques" ; la théologie de la prospérité ignore le changement d'alliance (Hébreux 8:6) ; et elle contredit l'enseignement de Jésus et des apôtres sur les souffrances et les privations (Matthieu 5:11-12 ; 2 Corinthiens 6:10 ; Philippiens 4:12). Le cours a suivi cette voie et a ajouté 1 Timothée 6:9, rappelant que ceux qui veulent s'enrichir tombent dans la tentation et dans un piège. Trois arguments complètent le tableau. Premièrement : le Nouveau Testament a lu Deutéronome 27 et 28 à partir de la croix (Galates 3:10-14 ; axe 6). Deuxièmement : Jésus a averti que la vie d'un homme ne dépend pas de l'abondance de ses biens (Luc 12:15), et Paul dit qu'il a appris à vivre les deux situations sans mesurer la foi à celles-ci : "Je sais vivre dans l’humiliation, et je sais vivre dans l’abondance. En tout et partout j’ai appris à être rassasié et à avoir faim, à être dans l’abondance et à être dans la disette. Je puis tout par celui qui me fortifie." (Philippiens 4:12-13). Troisièmement : le chapitre 28 lui-même condamne l'abondance vécue sans joie en Dieu (28:47 ; Partie IV, bloc F), et Deutéronome 8:18 dit pourquoi Dieu donne la force d'acquérir des richesses : afin de confirmer son alliance.
L'équilibre. Réfuter la théologie de la prospérité, ce n'est ni faire l'éloge de la pauvreté ni mépriser le travail, comme le cours l'a dit. "C’est la bénédiction de l’Éternel qui enrichit, Et il ne la fait suivre d’aucun chagrin." (Proverbes 10:22). "Et mon Dieu pourvoira à tous vos besoins selon sa richesse, avec gloire, en Jésus-Christ." (Philippiens 4:19). La générosité est une grâce : "Que chacun donne comme il l’a résolu en son cœur, sans tristesse ni contrainte ; car Dieu aime celui qui donne avec joie. Et Dieu peut vous combler de toutes sortes de grâces, afin que, possédant toujours en toutes choses de quoi satisfaire à tous vos besoins, vous ayez encore en abondance pour toute bonne œuvre," (2 Corinthiens 9:7-8). Dieu bénit ; ce que l'Écriture interdit, c'est d'utiliser Dieu comme un moyen pour l'argent et l'argent comme une preuve de Dieu.
5. La "malédiction héréditaire" et le "bris de malédiction"
L'enseignement. Beaucoup enseignent que le croyant peut se trouver sous des malédictions héritées de ses ancêtres, qui devraient être identifiées et brisées par des prières spéciales. Le livre le plus connu dans cette lignée est Blessing or Curse: You Can Choose (Derek Prince, 1990). Sur le site du ministère ("Are You Living Under a Curse?"), Prince énumère sept "indications" de malédiction : effondrement mental ou émotionnel ; maladies répétées ou chroniques, "en particulier héréditaires ou sans diagnostic clair" ; fausses couches répétées ; rupture du mariage ; insuffisance financière continue ; propension aux accidents ; antécédents familiaux de suicides ou de morts non naturelles. La liste traite la maladie, la douleur et la pauvreté comme des signes de malédiction, et c'est là l'erreur des amis de Job.
Ce que dit l'Écriture. Le texte utilisé est Exode 20:5 : "Tu ne te prosterneras point devant elles, et tu ne les serviras point ; car moi, l’Éternel, ton Dieu, je suis un Dieu jaloux, qui punis l’iniquité des pères sur les enfants jusqu’à la troisième et la quatrième génération de ceux qui me haïssent," (Exode 20:5). Le verset parle de ceux qui persistent dans la haine envers Dieu, et il est suivi d'un autre : "et qui fais miséricorde jusqu’en mille générations à ceux qui m’aiment et qui gardent mes commandements." (Exode 20:6). La loi elle-même a établi : "On ne fera point mourir les pères pour les enfants, et l’on ne fera point mourir les enfants pour les pères ; on fera mourir chacun pour son péché." (Deutéronome 24:16). Quand le peuple de l'exil répétait le proverbe selon lequel les pères avaient mangé des raisins verts et les dents des enfants en avaient été agacées (Ézéchiel 18:2), Dieu l'a interdit : "L’âme qui pèche, c’est celle qui mourra. Le fils ne portera pas l’iniquité de son père, et le père ne portera pas l’iniquité de son fils. La justice du juste sera sur lui, et la méchanceté du méchant sera sur lui." (Ézéchiel 18:20) (cf. Jérémie 31:29-30). Pour celui qui est en Christ : "Christ nous a rachetés de la malédiction de la loi, étant devenu malédiction pour nous, car il est écrit : Maudit est quiconque est pendu au bois, -" (Galates 3:13) ; "Il n’y a donc maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont en Jésus-Christ." (Romains 8:1) ; "il a effacé l’acte dont les ordonnances nous condamnaient et qui subsistait contre nous, et il l’a détruit en le clouant à la croix ;" (Colossiens 2:14) ; "Si quelqu’un est en Christ, il est une nouvelle créature. Les choses anciennes sont passées ; voici, toutes choses sont devenues nouvelles." (2 Corinthiens 5:17).
Ce qui est réel, et comment on le traite. Les conséquences du péché existent et traversent parfois les générations, comme l'épée qui ne s'est pas éloignée de la maison de David (2 Samuel 12:10), et des schémas familiaux se répètent. La réponse biblique à cela est la repentance, le discipulat, le conseil sage et l'œuvre de l'Esprit (Romains 12:2 ; Galates 6:7-8), et non un rituel pour briser ce que Christ a déjà brisé. L'église pentecôtiste croit en la délivrance de celui qui est opprimé par le diable (Jésus a promis qu'en son nom ils chasseraient les démons, Marc 16:17), et cela est autre chose : le croyant appartient à Christ, et non à des ancêtres ni à des démons. Il existe encore un danger pratique. Enquêter sur des "malédictions" d'ancêtres peut pousser le croyant vers des pratiques que la loi interdit, comme le fait d'interroger les morts (Deutéronome 18:11). La peur d'être maudit rend aussi malade : la Partie IX montre ce que la médecine appelle l'effet nocebo.
6. Christ devenu malédiction pour nous (Galates 3:10-14)
L'argument de Paul, pas à pas. Premièrement, au sujet de tous ceux qui dépendent des œuvres de la loi : "Car tous ceux qui s’attachent aux œuvres de la loi sont sous la malédiction ; car il est écrit : Maudit est quiconque n’observe pas tout ce qui est écrit dans le livre de la loi, et ne le met pas en pratique." (Galates 3:10) (Deutéronome 27:26 avec 28:58). Deuxièmement : "Et que nul ne soit justifié devant Dieu par la loi, cela est évident, puisqu’il est dit : Le juste vivra par la foi." (Galates 3:11) (Habacuc 2:4). Troisièmement, la loi exige l'accomplissement : "Or, la loi ne procède pas de la foi ; mais elle dit : Celui qui mettra ces choses en pratique vivra par elles." (Galates 3:12) (Lévitique 18:5). Quatrièmement : "Christ nous a rachetés de la malédiction de la loi, étant devenu malédiction pour nous, car il est écrit : Maudit est quiconque est pendu au bois, -" (Galates 3:13) (Deutéronome 21:23). Cinquièmement, le but : "afin que la bénédiction d’Abraham eût pour les païens son accomplissement en Jésus-Christ, et que nous reçussions par la foi l’Esprit qui avait été promis." (Galates 3:14).
Devenu malédiction. Paul ne dit pas seulement que Christ a été maudit ; il dit qu'Il est devenu malédiction (κατάρα), de la même manière qu'il a écrit aux Corinthiens : "Celui qui n’a point connu le péché, il l’a fait devenir péché pour nous, afin que nous devenions en lui justice de Dieu." (2 Corinthiens 5:21). Le verbe traduit par racheter, ἐξηγόρασεν (exēgórasen), est un verbe d'achat ; le cantique de l'Apocalypse utilise le verbe simple en disant qu'il a racheté pour Dieu des hommes par son sang (Apocalypse 5:9, ἠγόρασας). Le marché sans acheteur de Deutéronome 28:68 a trouvé son Acheteur.
La loi du pendu. Deutéronome 21:22-23 ordonne que le corps de celui qui a été exécuté et pendu à un bois ne passe pas la nuit là, parce que celui qui est pendu est un objet de malédiction auprès de Dieu. Josué a accompli la loi avec le roi d'Aï et avec les cinq rois amoréens, en ôtant les corps au coucher du soleil (Josué 8:29 ; 10:26-27). Au Calvaire, la loi était encore rappelée : "Dans la crainte que les corps ne restassent sur la croix pendant le sabbat, -car c’était la préparation, et ce jour de sabbat était un grand jour, -les Juifs demandèrent à Pilate qu’on rompît les jambes aux crucifiés, et qu’on les enlevât." (Jean 19:31).
Substitution, sans diviser la Trinité. Ésaïe avait déjà dit : "Mais il était blessé pour nos péchés, Brisé pour nos iniquités ; Le châtiment qui nous donne la paix est tombé sur lui, Et c’est par ses meurtrissures que nous sommes guéris. Nous étions tous errants comme des brebis, Chacun suivait sa propre voie ; Et l’Éternel a fait retomber sur lui l’iniquité de nous tous." (Ésaïe 53:5-6). Pierre : "lui qui a porté lui-même nos péchés en son corps sur le bois, afin que morts aux péchés nous vivions pour la justice ; lui par les meurtrissures duquel vous avez été guéris." (1 Pierre 2:24). L'Église a toujours gardé deux vérités ensemble. Christ a réellement porté la malédiction qui était la nôtre. Le Père n'a pas haï le Fils sur la croix : "Le Père m’aime, parce que je donne ma vie, afin de la reprendre." (Jean 10:17). Le psaume que Jésus a cité sur la croix, demandant à son Dieu pourquoi il l'avait abandonné (Psaumes 22:1 ; Matthieu 27:46), dit, dans sa seconde moitié, que Dieu n'a ni méprisé ni dédaigné la souffrance de l'affligé, mais qu'il l'a écouté quand celui-ci a crié vers lui (Psaumes 22:24). Augustin, répondant au manichéen Fauste, a expliqué que ce qui a été maudit sur le bois, c'était la mort, le châtiment du péché : "Christ, sans faute, a pris notre châtiment, pour annuler notre faute et mettre fin à notre châtiment" (Contre Fauste 14.4) ; Il a été pendu au bois "comme notre substitut, portant notre châtiment" (14.7). Jean Chrysostome a écrit que Christ a pris sur lui "non la malédiction de la transgression, mais l'autre malédiction, pour ôter celle des autres" (Commentaire sur les Galates, chap. 3). La Partie VII rassemble ces voix.
Il l'a voulu. "Personne ne me l’ôte, mais je la donne de moi-même ; j’ai le pouvoir de la donner, et j’ai le pouvoir de la reprendre : tel est l’ordre que j’ai reçu de mon Père." (Jean 10:18). John Wesley a commenté Galates 3:13 ainsi : Christ a pris "la malédiction sur lui-même, afin que nous en soyons délivrés, en se soumettant volontiers à cette mort que la loi déclare particulièrement maudite". Sur 3:14, il a écrit que la promesse de l'Esprit est celle qui "inclut toutes les autres promesses". Luc utilise la même expression pour la Pentecôte : Jésus, élevé, a reçu du Père la promesse du Saint-Esprit et l'a répandue (Actes 2:33). La malédiction a été portée sur la croix afin que la bénédiction parvienne aux nations et que l'Esprit soit répandu sur l'Église.
7. Deutéronome 28 et le peuple juif
L'Écriture lit les exils d'Israël comme un jugement de l'alliance. Les livres des Rois expliquent la chute de Samarie (2 Rois 17), Daniel confesse que la malédiction et le serment écrits dans la loi de Moïse ont été déversés sur eux (Daniel 9:11), et les Lamentations pleurent avec les mots de Deutéronome 28 (Partie IV, bloc G). C'est l'Écriture qui interprète l'histoire du peuple de Dieu avec une autorité prophétique.
Jésus a pleuré, annoncé et intercédé. "Comme il approchait de la ville, Jésus, en la voyant, pleura sur elle, et dit :" (Luc 19:41) ; "Si toi aussi, au moins en ce jour qui t’est donné, tu connaissais les choses qui appartiennent à ta paix ! Mais maintenant elles sont cachées à tes yeux." (Luc 19:42). Il a annoncé la chute de Jérusalem, survenue en 70 apr. J.-C., et a dit au sujet des jours du siège : "Car ce seront des jours de vengeance, pour l’accomplissement de tout ce qui est écrit." (Luc 21:22) (cf. 19:43-44 ; 21:20-24). Sur la croix, il a prié : "Jésus dit : Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font. Ils se partagèrent ses vêtements, en tirant au sort." (Luc 23:34). (Note textuelle : la phrase manque dans d'importants manuscrits anciens, comme le Papyrus 75, le Codex Vaticanus et la première main du Codex de Bèze, et figure dans le Texte Reçu, dans la première main du Codex Sinaïticus, dans le Codex Alexandrinus et dans la grande majorité des manuscrits ; le Nouveau Testament grec de Tyndale House, à Cambridge, la maintient dans le texte et signale le doute dans l'apparat critique.) Paul, juif, a écrit : "J’éprouve une grande tristesse, et j’ai dans le cœur un chagrin continuel. Car je voudrais moi-même être anathème et séparé de Christ pour mes frères, mes parents selon la chair," (Romains 9:2-3) ; "Je dis donc : Dieu a-t-il rejeté son peuple ? Loin de là ! Car moi aussi je suis Israélite, de la postérité d’Abraham, de la tribu de Benjamin." (Romains 11:1) ; "ne te glorifie pas aux dépens de ces branches. Si tu te glorifies, sache que ce n’est pas toi qui portes la racine, mais que c’est la racine qui te porte." (Romains 11:18) ; "Car Dieu ne se repent pas de ses dons et de son appel." (Romains 11:29).
L'histoire de l'abus. L'Église n'a pas toujours parlé ainsi. Au IIe siècle, Méliton de Sardes, dans un sermon de Pâques, a accusé Israël en des termes qui ont marqué les siècles suivants : "Dieu a été assassiné ; le Roi d'Israël a été détruit par la main droite d'Israël" (Sur la Pâque, § 96). Au fil des siècles, des chrétiens ont utilisé Matthieu 27:25 et des textes comme Deutéronome 28 pour justifier le mépris et la violence envers les Juifs. En 1965, la déclaration Nostra Aetate (§ 4), du concile Vatican II, a affirmé que ce qui a été commis durant la passion de Christ "ne peut être imputé ni indistinctement à tous les Juifs vivant alors, ni aux Juifs de notre temps" ; que "les Juifs ne doivent pas être présentés comme réprouvés par Dieu ni maudits" ; et que l'Église "déplore les haines, les persécutions et toutes les manifestations d'antisémitisme" (traduction officielle). Au même IIe siècle que Méliton, Justin répondait autrement à l'hostilité : "et, en plus de tout cela, nous prions pour vous, afin que Christ ait miséricorde de vous" (Dialogue avec Tryphon 96).
Un mot sur le supplément de la revue. Le supplément théologique (Richards) dit que la persécution subie par les Juifs, "culminant dans l'holocauste nazi", "a ajouté son témoignage aux anciennes paroles de Moïse". Avec respect, il convient d'enseigner avec plus de prudence. La Bible autorise à lire comme un jugement les exils de 722 et 586 av. J.-C., parce que les prophètes les ont interprétés, et la destruction de l'an 70, parce que Jésus l'a annoncée. Après le Nouveau Testament, personne n'a d'autorité prophétique pour déclarer que la Shoah a été l'accomplissement de Deutéronome 28 ; et beaucoup de ceux qui ont persécuté les Juifs dans l'histoire se disaient chrétiens. Le cours a bien fait de dire que 1948 ne doit pas être lu comme un accomplissement daté. Devant la souffrance du peuple juif, la posture chrétienne est celle de Jésus devant Jérusalem : les larmes, la prière et l'espérance de Romains 11. "Frères, le vœu de mon cœur et ma prière à Dieu pour eux, c’est qu’ils soient sauvés." (Romains 10:1).
8. La nouvelle alliance : bénédictions spirituelles et responsabilité
Ce que la revue enseigne au point III. La nouvelle alliance a été promise dans Jérémie (Jérémie 31:31), assurée par la médiation de Christ, inaugurée dans sa mort et confirmée dans sa résurrection et dans la venue de l'Esprit (Luc 22:20 ; Hébreux 8:8 ; 9:16 ; Actes 2). Lors de la Cène, Jésus a dit : "Il prit de même la coupe, après le souper, et la leur donna, en disant : Cette coupe est la nouvelle alliance en mon sang, qui est répandu pour vous." (Luc 22:20). L'épître aux Hébreux explique le mot testament : "Car là où il y a un testament, il est nécessaire que la mort du testateur soit constatée. Un testament, en effet, n’est valable qu’en cas de mort, puisqu’il n’a aucune force tant que le testateur vit." (Hébreux 9:16-17). Deutéronome 28 suspendait la bénédiction au "si" du peuple ; la nouvelle alliance est un testament ouvert par la mort du Testateur, qui est ressuscité pour l'exécuter.
L'Esprit écrit de l'intérieur. Dieu dit : "Mais voici l’alliance que je ferai avec la maison d’Israël, Après ces jours-là, dit le Seigneur : Je mettrai mes lois dans leur esprit, Je les écrirai dans leur cœur ; Et je serai leur Dieu, Et ils seront mon peuple." (Hébreux 8:10). "Or, l’espérance ne trompe point, parce que l’amour de Dieu est répandu dans nos cœurs par le Saint-Esprit qui nous a été donné." (Romains 5:5). Le šāmaʿ qu'Israël n'a pas réussi à accomplir, écouter et pratiquer, l'Esprit le réalise de l'intérieur vers l'extérieur (Romains 8:4). La doctrine pentecôtiste distingue deux œuvres : l'Esprit qui habite en tout croyant dès la conversion et le baptême dans le Saint-Esprit, revêtement de puissance postérieur à la conversion, avec l'évidence initiale du parler en d'autres langues (Actes 1:8 ; 2:4). Les deux naissent de la croix (Galates 3:14 ; Actes 2:33).
La responsabilité demeure. La grâce n'efface pas le sérieux de l'alliance. Jésus a dit : "Si quelqu’un ne demeure pas en moi, il est jeté dehors, comme le sarment, et il sèche ; puis on ramasse les sarments, on les jette au feu, et ils brûlent." (Jean 15:6), et l'épître aux Hébreux met en garde contre celui qui foule aux pieds le Fils de Dieu et tient pour profane le sang de l'alliance (Hébreux 10:29). La lecture arminienne, que la revue adopte au point III.3, prend au sérieux la possibilité de l'apostasie. Le cours a bien équilibré les choses : Hébreux 10:26 parle de celui qui méprise la grâce les yeux ouverts, et non de celui qui tombe et se relève. Les bénédictions spirituelles en Christ (Éphésiens 1:3, cité par la revue) sont le sujet des Leçons 11 et 13.
9. Qui peut se tenir debout ?
La question de la synagogue. Rachi, le grand commentateur juif du Moyen Âge, raconte que, lorsqu'Israël a entendu les quatre-vingt-dix-huit malédictions de Deutéronome 28 (sans compter les quarante-neuf de Lévitique 26), "leurs visages ont pâli", et le peuple a demandé : "Qui peut se tenir debout devant celles-ci ?" (מִי יוּכַל לַעֲמֹד בָּאֵלּוּ ; commentaire sur Deutéronome 29:12, dans l'hébreu). Moïse a répondu par les paroles qui ouvrent la section suivante : "Vous vous présentez aujourd’hui devant l’Éternel, votre Dieu, vous tous, vos chefs de tribus, vos anciens, vos officiers, tous les hommes d’Israël," (Deutéronome 29:10) (dans l'hébreu, 29:9). Selon l'explication de Rachi, Moïse voulait dire : "vous avez beaucoup provoqué Dieu, et Il ne vous a pas détruits ; et voici que vous subsistez debout devant lui" (וַהֲרֵי אַתֶּם קַיָּמִים לְפָנָיו). Rachi ajoute une phrase surprenante : "les malédictions et les souffrances vous soutiennent et vous maintiennent debout devant lui" (וְהַקְּלָלוֹת וְהַיִּסּוּרִין מְקַיְּמִין אֶתְכֶם וּמַצִּיבִין אֶתְכֶם לְפָנָיו). Le verbe "maintenir debout" (maṣṣîvîn) vient de la même racine que niṣṣāvîm, le verbe traduit par se tenir debout dans Deutéronome 29:10. Dans la lecture juive, les malédictions et les souffrances ont maintenu le peuple debout. La lecture chrétienne sépare les deux choses : la malédiction, Christ l'a portée (Galates 3:13) ; la souffrance du croyant peut être une correction de Père, qui produit ensuite un fruit paisible de justice chez ceux qui ont été exercés par elle (Hébreux 12:11 ; axe 3).
La même question traverse la Bible. Le verbe de Rachi, עָמַד (ʿāmad), "se tenir debout", est celui du psalmiste : "Si tu gardais le souvenir des iniquités, Éternel, Seigneur, qui pourrait subsister ? Mais le pardon se trouve auprès de toi, Afin qu’on te craigne." (Psaume 130:3-4). C'est celui de Malachie : "Qui pourra soutenir le jour de sa venue ? Qui restera debout quand il paraîtra ? Car il sera comme le feu du fondeur, Comme la potasse des foulons." (Malachie 3:2). C'est celui de Nahum, qui réunit les deux verbes de Rachi, ʿāmad et qûm (d'où vient le qayyāmîm de la réponse de Moïse) : "Qui résistera devant sa fureur ? Qui tiendra contre son ardente colère ? Sa fureur se répand comme le feu, Et les rochers se brisent devant lui." (Nahum 1:6). L'Apocalypse la répète en grec, avec le verbe ἵστημι (hístēmi) : "car le grand jour de sa colère est venu, et qui peut subsister ?" (Apocalypse 6:17) (σταθῆναι).
La réponse vient au chapitre suivant. Tout de suite après la question, Jean voit une grande foule que personne ne pouvait compter, de toute nation, de toute tribu, de tout peuple et de toute langue, se tenant devant le trône et devant l'Agneau (Apocalypse 7:9). Le participe traduit par se tenant est le même verbe que celui de la question, ἑστῶτες (hestōtes), "debout". Qui sont-ils ? "Je lui dis : Mon seigneur, tu le sais. Et il me dit : Ce sont ceux qui viennent de la grande tribulation ; ils ont lavé leurs robes, et ils les ont blanchies dans le sang de l’agneau." (Apocalypse 7:14). Paul dit la même chose avec le même verbe : par Christ, nous avons accès par la foi à cette grâce dans laquelle nous demeurons fermes (Romains 5:2, ἑστήκαμεν). Jude termine sa lettre en louant celui qui a le pouvoir de nous préserver de toute chute et de nous faire paraître irréprochables et dans l'allégresse devant sa gloire (Jude 24 ; le verbe faire paraître est στῆσαι, "mettre debout").
Personne ne tient debout devant les quatre-vingt-dix-huit malédictions. Ne se tient debout devant le trône que celui qui a été lavé dans le sang de l'Agneau, qui a été pendu à la place de ceux qui sont tombés.
Partie VI — Dix erreurs courantes en enseignant cette leçon
1. "Deutéronome 28 enseigne que l'obéissance achète la faveur de Dieu"
La grâce vient avant. Juste avant la cérémonie des bénédictions et des malédictions, Moïse a dit : "Moïse et les sacrificateurs, les Lévites, parlèrent à tout Israël, et dirent : Israël, sois attentif et écoute ! Aujourd’hui, tu es devenu le peuple de l’Éternel, ton Dieu. Tu obéiras à la voix de l’Éternel, ton Dieu, et tu mettras en pratique ses commandements et ses lois que je te prescris aujourd’hui." (Deutéronome 27:9-10). Israël était déjà le peuple de Dieu lorsqu'il a entendu le "si" de 28:1. La revue parle de "promesses conditionnelles" : la condition règle la jouissance des bénédictions, et non l'entrée dans l'alliance (Partie I ; Partie V, axe 2).
2. "Deutéronome 28 est un contrat de prospérité : il suffit d'obéir, de donner une offrande ou de déclarer"
La revue rappelle que le texte appartient au pacte mosaïque et qu'"il ne s'agit ni de promesses individuelles ni de garanties automatiques". Le cours a ajouté qu'aucune dîme, aucune offrande et aucune déclaration ne garantissent un retour financier. Le Nouveau Testament a lu ces chapitres à la lumière de la croix (Galates 3:10-14), et Deutéronome 28 lui-même condamne celui qui sert Dieu sans joie au milieu de l'abondance (28:47). La Partie V, axe 4, rassemble les arguments.
3. "Celui qui traverse le besoin ou la maladie est sous la malédiction"
Job était un homme intègre, droit et craignant Dieu (Job 1:1) et il a souffert des ulcères de 28:35 sans cause (Job 2:3, 7). Dieu a repris les amis qui avaient posé ce diagnostic (Job 42:7). Au sujet de l'aveugle-né, Jésus a dit que ni lui ni ses parents n'avaient péché (Jean 9:3). Le cours a été direct : "le frère fidèle qui reste serré financièrement n'est pas sous la malédiction ; l'homme prospère qui ne connaît pas Dieu n'est pas sous la bénédiction". Le péché a des conséquences (Ésaïe 59:2, texte de la revue) ; ce que l'Écriture interdit, c'est de décréter la sentence sur le frère (Partie V, axe 3).
4. "Le croyant qui ne remet pas la dîme est sous la malédiction de Malachie 3:9"
Malachie a parlé au peuple de Juda après l'exil, encore sous l'alliance du Sinaï : "Vous êtes frappés par la malédiction, Et vous me trompez, La nation tout entière !" (Malachie 3:9). Le mot traduit par malédiction y est le même qu'en Deutéronome 28:20 (Partie III, point i), et le livre avait déjà parlé ainsi aux sacrificateurs (Malachie 2:2, texte de la revue). La dîme et l'offrande sont enseignées dans l'Église comme fidélité et gratitude, et Jésus a dit aux pharisiens qu'ils devaient payer la dîme sans omettre le jugement, la miséricorde et la fidélité (Matthieu 23:23). Dire au croyant qu'il est maudit contredit Galates 3:13 et Romains 8:1 et remplace la gratitude par la peur. Le cours a résumé : "une formule, c'est ce qu'on utilise avec une machine, pas avec un père". "Que chacun donne comme il l’a résolu en son cœur, sans tristesse ni contrainte ; car Dieu aime celui qui donne avec joie." (2 Corinthiens 9:7).
5. "Le croyant doit briser les malédictions familiales par une prière spéciale"
La loi a interdit de punir le fils pour le père (Deutéronome 24:16), et Ézéchiel a réfuté le proverbe des raisins verts en affirmant que le fils ne portera pas l'iniquité du père (Ézéchiel 18:20). Exode 20:5 parle de ceux qui haïssent Dieu, et le verset suivant promet la miséricorde jusqu'à mille générations envers ceux qui l'aiment (Exode 20:6). Pour celui qui est en Christ, la malédiction a été portée (Galates 3:13 ; Colossiens 2:14 ; Romains 8:1). Les schémas familiaux existent et se traitent par la repentance, le discipulat et le conseil (Partie V, axe 5).
6. "Dieu prend plaisir à détruire (28:63)"
Le verset utilise le même verbe de joie, śûś, pour le bien et pour le châtiment, et la tradition juive en a ressenti le poids (Partie III, point o ; Partie VIII). L'Écriture elle-même donne la clé : Dieu n'afflige ni n'attriste de bon cœur les enfants des hommes (Lamentations 3:33) et déclare qu'il ne prend pas plaisir à la mort du méchant, mais à ce que le méchant se détourne de sa voie et qu'il vive (Ézéchiel 33:11). Le verset affirme que le jugement est certain et complet ; le désir de Dieu apparaît dans l'appel à se convertir qui vient juste après dans Ézéchiel.
7. "Deutéronome 28 est un calendrier de l'histoire juive, de 722 av. J.-C. à 1948"
L'Écriture a interprété comme un jugement de l'alliance les exils de 722 et 586 av. J.-C. (2 Rois 17 ; Daniel 9:11), et Jésus a annoncé la destruction de l'an 70, disant que ce seraient des jours où s'accomplirait tout ce qui est écrit (Luc 21:22). Après le Nouveau Testament, personne n'a d'autorité prophétique pour dater des accomplissements dans l'histoire du peuple juif, de la Shoah à 1948. Le cours a bien dit : "enregistrement, non prédiction" (Partie IV, bloc G ; Partie V, axe 7).
8. "Les Juifs d'aujourd'hui sont un peuple maudit"
Paul répond : "Je dis donc : Dieu a-t-il rejeté son peuple ? Loin de là ! Car moi aussi je suis Israélite, de la postérité d’Abraham, de la tribu de Benjamin." (Romains 11:1) ; "En ce qui concerne l’Évangile, ils sont ennemis à cause de vous ; mais en ce qui concerne l’élection, ils sont aimés à cause de leurs pères." (Romains 11:28) ; "Car Dieu ne se repent pas de ses dons et de son appel." (Romains 11:29). Jésus a pleuré sur Jérusalem et a prié pour ceux qui le crucifiaient (Luc 19:41 ; 23:34). Les chrétiens qui ont utilisé Deutéronome 28 et Matthieu 27:25 pour justifier le mépris et la violence envers les Juifs ont péché contre l'Évangile lui-même (Partie V, axe 7).
9. "Dans la nouvelle alliance, la grâce a annulé les conséquences"
La revue dit : "La grâce n'annule pas la justice ; Dieu demeure saint, et nous récoltons ce que nous semons (Galates 6:7)". Le cours a résumé : "ce qui a changé, ce n'est pas la loi des semailles, c'est celui qui paie la note". Jésus a parlé du sarment qui ne demeure pas dans le cep (Jean 15:6), et l'épître aux Hébreux met en garde contre celui qui méprise la grâce (Hébreux 10:26-29 ; Partie V, axe 8).
10. "Hébreux 10:26 ferme la porte à celui qui est tombé et s'est repenti"
Le texte parle de celui qui pèche volontairement après avoir reçu la connaissance de la vérité et en vient à fouler aux pieds le Fils de Dieu (Hébreux 10:26, 29). Le cours a fait la bonne distinction : "il ne s'agit pas de celui qui tombe et se relève, il s'agit de celui qui méprise la grâce les yeux ouverts". Jean a écrit aux frères : "Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous les pardonner, et pour nous purifier de toute iniquité." (1 Jean 1:9) ; "Mes petits enfants, je vous écris ces choses, afin que vous ne péchiez point. Et si quelqu’un a péché, nous avons un avocat auprès du Père, Jésus-Christ le juste." (1 Jean 2:1). Celui qui craint d'être tombé dans ce péché, a dit le cours, "a déjà démontré qu'il n'est pas décrit là".
Partie VII — Voix de l'Église : les Pères, les réformateurs et Wesley
Deux lignes traversent la lecture chrétienne ancienne de ce chapitre. La première lit Deutéronome 28:66 (où la vie du peuple est dite comme en suspens devant lui) comme une prophétie de Christ pendu, parce que la Bible grecque a traduit l'expression par κρεμαμένη, "pendue", et parce que Jésus a dit qu'il est la vie (Jean 14:6). C'est un sens second, que l'Église ancienne a vu ; le sens premier est celui d'une vie sans sécurité (Partie III, point q). La seconde ligne explique Galates 3:13 : en quel sens Christ est devenu malédiction. Les citations ci-dessous ont été traduites par nos soins à partir des éditions anglaises indiquées dans la bibliographie.
Justin Martyr (v. 155-160). Dans le Dialogue avec Tryphon (96.1), il répond à l'objection selon laquelle le crucifié serait maudit : la loi déclarant maudit quiconque est pendu au bois confirme l'espérance chrétienne, "non parce que le crucifié est maudit de Dieu, mais parce que Dieu a prédit ce qui serait fait par vous tous et par ceux qui sont comme vous". Dans le même chapitre, après avoir rappelé que les chrétiens étaient maudits dans les synagogues, il écrit : "et, en plus de tout cela, nous prions pour vous, afin que Christ ait miséricorde de vous".
Méliton de Sardes (v. 160-170). Dans le sermon Sur la Pâque, il lit Deutéronome 28:66 comme une prophétie de la croix : "Vous verrez assurément votre vie suspendue devant vos yeux, nuit et jour, mais assurément vous ne croirez pas en votre Vie" (§ 61). Le même sermon comporte l'accusation du § 96 contre Israël, qui a pesé dans l'histoire chrétienne (Partie V, axe 7).
Irénée de Lyon (v. 180). Dans Contre les hérésies (IV.10.2), il cite : "Et ta vie sera suspendue devant tes yeux, et tu ne croiras pas en ta vie", et explique que le Verbe, "qui aussi nous rachète et nous vivifie dans les derniers temps", apparaît "pendu au bois, et ils ne croiront pas en lui". Il revient sur ce verset dans la Démonstration de la prédication apostolique (79).
Cyprien de Carthage (v. 250). Dans les Témoignages (II.20), recueil de textes bibliques organisé par thèmes, il place Deutéronome 28:66 (annonçant que ta vie sera pendue devant tes yeux) sous un titre qui reflète la polémique de l'époque : "Que les Juifs devaient clouer le Christ sur la croix".
Athanase d'Alexandrie (IVe s.). Dans Sur l'incarnation du Verbe (35.2 ; de nouveau en 37), il cite le verset au pluriel, avec le mot Vie lu comme nom de Christ : "Vous verrez votre Vie pendue devant vos yeux, et vous ne croirez pas". L'hébreu et la Bible grecque portent le singulier, comme Irénée.
Jean Chrysostome (v. 390). Dans le Commentaire sur les Galates (chap. 3), il explique que le peuple était sous la malédiction de celui qui ne demeure pas dans tout ce qui est écrit dans la loi, parce que personne n'a gardé la loi tout entière, et que "Christ a échangé cette malédiction contre l'autre : Maudit soit quiconque est pendu au bois". Il conclut : "Christ a pris sur lui non la malédiction de la transgression, mais l'autre malédiction, pour ôter celle des autres".
Augustin d'Hippone (v. 400). Fauste, le manichéen, accusait Moïse d'avoir lancé "une terrible malédiction sur Christ, le Fils de Dieu, qui pour notre salut a été pendu au bois" (Contre Fauste 14.1). Augustin répond que ce qui a été maudit sur le bois, c'est la mort, châtiment du péché : "C'est cela qui a été pendu au bois ; c'est cela que Moïse a maudit" (14.3). "'Il est mort' et 'Il a été maudit' sont la même chose" ; "Christ, sans faute, a pris notre châtiment, pour annuler notre faute et mettre fin à notre châtiment" (14.4) ; il a été pendu "comme notre substitut, portant notre châtiment" (14.7).
Martin Luther (1535). Dans le Commentaire sur l'épître aux Galates, sur 3:13, il dit que Christ a été compté comme "le plus grand transgresseur, meurtrier, adultère, voleur, rebelle et blasphémateur qui ait jamais existé sur la terre", "bien qu'Il ne les ait pas commis lui-même, mais qu'Il les ait reçus de bon gré". "Nous sommes les auteurs des péchés que nous commettons, mais ils ont été placés sur son corps, afin qu'Il y satisfasse par son propre sang." C'est pourquoi, lorsque la loi l'a trouvé "parmi les pécheurs et les voleurs", elle l'a condamné "comme un voleur".
Jean Calvin (1559). Dans l'Institution de la religion chrétienne (II.16.6) : "La croix était maudite non seulement dans l'opinion des hommes, mais par la détermination de la loi divine. C'est pourquoi Christ, pendu à celle-ci, s'assujettit à la malédiction."
John Wesley (1755 et 1765). Dans les Explanatory Notes upon the New Testament, il note sur Galates 3:13 que Christ a pris "la malédiction sur lui-même, afin que nous en soyons délivrés, en se soumettant volontiers à cette mort que la loi déclare particulièrement maudite", et sur 3:14, que la promesse de l'Esprit est celle qui "inclut toutes les autres promesses". Dans les Notes upon the Old Testament, il lit en 28:66 "les terreurs de ton propre esprit et la culpabilité de ta conscience, te faisant craindre même là où il n'y a rien à craindre", et en 28:68, un peuple devenu "si répugnant et méprisable que les hommes ne voudront pas vous avoir comme esclaves". La ligne qui va de Justin à Wesley soutient deux choses ensemble : Christ a réellement porté la malédiction, et le Père ne l'a pas maudit comme coupable.
Partie VIII — La lecture juive
La synagogue lit Deutéronome 28 chaque année, dans le cadre de la portion hebdomadaire Ki Tavo ("Quand tu entreras", Deutéronome 26:1–29:8 dans la numérotation hébraïque). Les coutumes ci-dessous datent d'époques très différentes : la Mishna remonte aux alentours de l'an 200 ; le Talmud de Babylone, aux siècles suivants ; le Shulchan Aruch, code de Joseph Karo, date de 1565 ; le Kitzur Shulchan Aruch, de Shlomo Ganzfried, de 1864. Ce sont des lectures de la tradition juive, citées comme telles.
"Un seul les lit toutes" (Mishna, Meguila 3:6). La règle est née pour les malédictions de Lévitique 26 : אֵין מַפְסִיקִין בַּקְּלָלוֹת, אֶלָּא אֶחָד קוֹרֵא אֶת כֻּלָּן, "on n'interrompt pas dans les malédictions ; un seul les lit toutes". Dans les autres portions, plusieurs hommes montent pour lire ; dans celle-ci, un seul.
Les deux raisons (Talmud, Meguila 31b). Pourquoi ne pas interrompre ? Rabbi Ḥiyya bar Gamda, au nom de Rabbi Asi, cite Proverbes 3:11 : מוּסַר ה׳ בְּנִי אַל תִּמְאָס, "Mon fils, ne rejette pas la correction de l'Éternel". Reish Lakish donne une autre raison : לְפִי שֶׁאֵין אוֹמְרִים בְּרָכָה עַל הַפּוּרְעָנוּת, "parce qu'on ne prononce pas de bénédiction sur le malheur", puisque chaque homme appelé à la lecture récite une bénédiction. La première raison utilise le même verset qu'Hébreux 12:5-6 cite pour parler de la correction du Père (Partie V, axe 3).
Le Lévitique au pluriel, le Deutéronome au singulier (Meguila 31b). Abaye observe que la règle vaut pour les malédictions du Lévitique, dites au pluriel (si vous ne m'écoutez pas, Lévitique 26:14), que Moïse a prononcées מִפִּי הַגְּבוּרָה, "de la bouche du Tout-Puissant" ; celles du Deutéronome sont au singulier (si tu n'obéis pas, Deutéronome 28:15), et Moïse les a prononcées מִפִּי עַצְמוֹ, "de lui-même". Selon le Talmud, par conséquent, Deutéronome 28 peut être interrompu ; c'est la coutume postérieure qui lui a étendu la règle du Lévitique.
Esdras et la fin de l'année (Meguila 31b). Le Talmud attribue à Esdras l'ordre de lire les malédictions du Lévitique avant la fête des Semaines (la Pentecôte juive) et celles du Deutéronome avant le Nouvel An, כְּדֵי שֶׁתִּכְלֶה הַשָּׁנָה וְקִלְלוֹתֶיהָ, "afin que l'année s'achève avec ses malédictions". Au XIIIe siècle, Abraham Hazan, de Gérone, a écrit le poème Achot Ketanah ("Petite sœur"), chanté avant la prière du soir du Nouvel An dans les rites séfarade et hassidique. Chaque strophe se termine par la demande "que l'année s'achève avec ses malédictions", selon les mots du Talmud ; la dernière change le refrain : "que l'année commence avec ses bénédictions".
"Qui veut" et la voix basse. Le Shulchan Aruch (Orach Chayim 428:6) rapporte : וכן נהגו שלא לקרות א׳ בשמו לעלות אלא קורין מי שירצה, "et ainsi l'on a coutume de n'appeler personne par son nom pour monter, mais on appelle qui veut". La Mishna Beroura (428:17) ajoute qu'en beaucoup d'endroits c'est le lecteur lui-même qui monte, "et c'est juste", et qu'il n'y a pas d'inconvénient à engager le bedeau de la synagogue pour cela. Le Kitzur Shulchan Aruch (78:4) prescrit de lire les malédictions sans interruption et בְּקוֹל נָמוּךְ, "à voix basse", mais assez fort pour que l'assemblée entende ; et le verset de l'espérance, où Dieu promet de se souvenir de son alliance avec Jacob (Lévitique 26:42), בְּקוֹל רָם, "à voix haute". Deutéronome 27:14 ordonnait aux Lévites de parler à haute voix (qôl rām) ; avec le temps, la synagogue s'est mise à lire les malédictions tout bas. L'encadré "Fala, Pastor!" de cette leçon commence par ces coutumes.
"Qui peut se tenir debout ?" (Rashi, sur Deutéronome 29:12 dans l'hébreu). Rashi rapporte que le peuple entendit 98 malédictions en Deutéronome 28, en plus des 49 de Lévitique 26 ; le peuple pâlit et demanda מִי יוּכַל לַעֲמֹד בָּאֵלּוּ ; Moïse le consola en déclarant qu'ils se tenaient tous ce jour-là devant l'Éternel, leur Dieu (Deutéronome 29:10). Le Midrash Tanchuma (Nitzavim 1) rapporte la même scène. La Partie V, axe 9, ouvre le commentaire entier.
Dieu ne se réjouit pas de la chute des méchants (Talmud, Meguila 10b). Rabbi Yoḥanan enseigne : שֶׁאֵין הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא שָׂמֵחַ בְּמַפַּלְתָּן שֶׁל רְשָׁעִים, "le Saint, béni soit-il, ne se réjouit pas de la chute des méchants". Lorsque les anges voulurent chanter pendant que les Égyptiens se noyaient, Dieu dit : מַעֲשֵׂה יָדַי טוֹבְעִין בַּיָּם, וְאַתֶּם אוֹמְרִים שִׁירָה?, "l'œuvre de mes mains se noie dans la mer, et vous voulez chanter ?". Rabbi Elazar applique cela à Deutéronome 28:63 et lit la forme yāśîś comme causative : הוּא אֵינוֹ שָׂשׂ, אֲבָל אֲחֵרִים מֵשִׂישׂ, "Il ne se réjouit pas, mais il fait que d'autres se réjouissent" (Partie III, point o).
La consolation après les malédictions. La lecture des prophètes qui accompagne Ki Tavo est Ésaïe 60:1-22, la sixième des sept lectures de consolation que la synagogue fait après le jeûne commémorant la destruction du temple. Elle commence par l'appel à se lever et à resplendir (Ésaïe 60:1). En hébreu, קוּמִי (qûmî), "lève-toi", est le verbe qûm, le même d'où vient le qayyāmîm de la réponse de Moïse dans le commentaire de Rashi. Après avoir entendu que personne ne tient debout devant les malédictions, la synagogue entend Dieu ordonner au peuple de se lever.
Ne pas terminer sur la malédiction. Le dernier verset de Malachie se termine par חֵרֶם (ḥērem), "malédiction" (Malachie 4:6 ; dans l'hébreu, 3:24). Comme les lectures de la synagogue ne se terminent pas sur une parole négative, celui qui lit Malachie lors du culte répète le verset précédent (Malachie 4:5 ; dans l'hébreu, 3:23). La tradition juive a lu Deutéronome 28 avec crainte, à voix basse et d'un seul trait, et a entouré la lecture d'espérance : dans le Lévitique, la promesse divine de se souvenir lue à voix haute ; après le Deutéronome, l'appel d'Ésaïe à se lever.
Partie IX — Ce que la science observe
La peur qui rend malade : l'effet nocebo. Dans l'étude SAMSON (F. A. Wood, J. P. Howard et collègues, New England Journal of Medicine 383, 2020, p. 2182-2184), des chercheurs de Londres ont suivi 60 patients qui avaient abandonné un médicament contre le cholestérol, une statine, à cause d'effets secondaires. Pendant douze mois, chaque patient a reçu, lors de mois tirés au sort, la statine, un placebo (comprimé sans médicament) ou aucun comprimé ; lors des mois avec comprimé, il ne savait pas s'il prenait la statine ou le placebo. L'intensité moyenne des symptômes a été de 16,3 avec la statine, de 15,4 avec le placebo et de 8,0 sans comprimé : le placebo a produit 90 % de la souffrance attribuée au médicament. La souffrance était réelle ; elle ne venait simplement pas du médicament. Six mois plus tard, la moitié des patients avaient repris la statine. C'est l'effet nocebo : l'attente d'un dommage produit des symptômes. La peur d'être maudit rend malade elle aussi, et c'est pourquoi l'Écriture la dissipe : la malédiction sans cause est sans effet (Proverbes 26:2) ; il n'y a aucune condamnation pour ceux qui sont en Jésus-Christ (Romains 8:1).
La "mort par sortilège" : une hypothèse débattue. Walter Cannon (American Anthropologist 44, 1942) a proposé que la terreur de celui qui se savait ensorcelé pouvait tuer, par excès d'activité du système nerveux sympathique. Curt Richter (Psychosomatic Medicine 19, 1957), avec des rats placés dans de l'eau agitée, a vu le cœur ralentir son rythme avant la mort et a parlé d'un état de "désespoir", avec prédominance du nerf vague. David Lester (American Anthropologist 74, 1972) a attribué les décès à la suggestion. Harry Eastwell (American Anthropologist 84, 1982), étudiant l'est de la Terre d'Arnhem, en Australie, a conclu que les cas s'expliquaient mieux par la déshydratation que par une réaction psychologique. L'hypothèse reste discutée ; ce qui est bien établi, c'est l'effet nocebo du point 1.
Des paroles qui blessent. M. H. Teicher, J. A. Samson, A. Polcari et C. E. McGreenery, chercheurs liés à l'Université Harvard ("Sticks, stones, and hurtful words", American Journal of Psychiatry 163, 2006, p. 993-1000), ont interrogé 554 jeunes de 18 à 22 ans. L'agression verbale des parents a eu des effets modérés à importants sur la santé émotionnelle, plus grands que ceux de l'agression physique au sein de la famille. C'est une étude d'association, avec questionnaire sur le passé. Elle illustre ce que la Bible dit de la bouche : "De la même bouche sortent la bénédiction et la malédiction. Il ne faut pas, mes frères, qu’il en soit ainsi." (Jacques 3:10).
Argent et joie. Matthew Killingsworth, Daniel Kahneman et Barbara Mellers (Proceedings of the National Academy of Sciences 120, 2023, "Income and emotional well-being: A conflict resolved") ont conclu que, pour la plupart des gens, un revenu plus élevé s'accompagne de plus de bonheur ; mais dans le groupe le plus malheureux, le bonheur monte jusqu'à environ 100 000 dollars par an puis cesse d'augmenter. Killingsworth a résumé : "si vous êtes riche et malheureux, plus d'argent n'aidera pas" (notre traduction). Deutéronome 28:47 qualifie de péché le fait de servir Dieu sans joie au milieu de l'abondance de toutes choses, et Jésus a déclaré que la vie d'un homme ne dépend pas de l'abondance de ses biens (Luc 12:15).
Le marché d'êtres humains reste ouvert. Le chapitre se termine par un peuple mis en vente (28:68). Les estimations mondiales de l'Organisation internationale du travail publiées en 2022 parlent de 50 millions de personnes en esclavage moderne dans le monde. Au Brésil, le ministère du Travail et de l'Emploi a informé en janvier 2026 que 2 772 personnes avaient été secourues d'un travail analogue à l'esclavage en 2025. Le verset le plus triste de Deutéronome 28 décrit encore la vie de millions de personnes, et la réponse de l'Évangile est l'Acheteur qui a payé de son propre sang (Apocalypse 5:9).
L'étoile du matin. Dans Apocalypse 22:16, Jésus se présente comme l'étoile brillante du matin. Ce que la Bible appelle l'étoile du matin est la planète Vénus, l'astre le plus brillant du ciel après le soleil et la lune, visible à l'est avant le lever du soleil à certaines périodes de l'année. C'est l'annonce que la nuit touche à sa fin. L'homme de Deutéronome 28:67 soupirait après la venue du matin.
Archéologie et chiffres. Les traités hittites et assyriens, la tablette du serment d'Assarhaddon trouvée à Tell Tayinat et le débat sur le mont Ébal se trouvent dans la Partie II. Les chiffres de la théologie de la prospérité en Amérique latine (Pew Research Center, 2014) se trouvent dans la Partie V, axe 4.
Partie X — Lexique de la leçon
| TEXTE | TERME | SENS |
|---|---|---|
| Deutéronome 28:1 | שָׁמַע בְּקוֹל — šāmaʿ bᵉqôl | "écouter la voix" : écouter et obéir ; en 28:1, le verbe est redoublé ("si tu écoutes attentivement") ; dans le Nouveau Testament, ὑπακοή (hypakoḗ), obéissance (Hébreux 5:8-9) |
| Deutéronome 28:1, 13 | נָתַן — nātan | donner ; 17 fois dans le chapitre (tableau 2) ; l'élévation promise est, en hébreu, "te donnera en haut" |
| Deutéronome 28:1, 43 | עֶלְיוֹן — ʿelyôn | haut, au-dessus (adjectif) ; le même mot que dans le titre du Dieu Très-Haut (Genèse 14:18-22) ; 28:43 répond par maʿlâ māʿlâ, "très haut au-dessus", pour l'étranger |
| Deutéronome 28:2, 15, 45 | נָשַׂג — nāśag | atteindre ; la bénédiction et la malédiction "t'atteindront" |
| Deutéronome 28:22, 45 | רָדַף — rādap | poursuivre ; uniquement dans les malédictions ; Exode 14:9 (l'armée de Pharaon) ; Psaumes 23:6 (le bonheur et la grâce qui accompagnent le fidèle) |
| Deutéronome 28:3-6 | בָּרוּךְ — bārûk | béni, participe de bārak ; dans la Septante, εὐλογημένος (eulogēménos) |
| Deutéronome 28:16-19 | אָרוּר — ʾārûr | maudit, participe de ʾārar, le mot des sentences (Deutéronome 27:15-26 ; Genèse 3:14, 17 ; 4:11) ; dans la Septante, ἐπικατάρατος (epikatáratos) |
| Deutéronome 28:15, 45 | קְלָלָה — qᵉlālâ | malédiction ; racine qll, "être léger", l'opposé de kbd, "être lourd, avoir de la gloire" (1 Samuel 2:30) |
| Deutéronome 28:5, 17 | טֶנֶא — ṭeneʾ | corbeille ; uniquement en Deutéronome 26:2, 4 (la corbeille des prémices) et 28:5, 17 |
| Deutéronome 28:5, 17 | מִשְׁאֶרֶת — mišʾeret | huche (pétrin) ; uniquement en Exode 7:28 dans l'hébreu (8:3 dans les Bibles courantes), Exode 12:34 (la pâte de la nuit de la Pâque) et Deutéronome 28:5, 17 |
| Deutéronome 28:10 | שֵׁם יְהוָה נִקְרָא עָלֶיךָ | "le nom de l'Éternel est invoqué sur toi" : la marque de celui qui appartient à Dieu (Amos 9:12 ; Actes 15:17 ; Jacques 2:7) |
| Deutéronome 28:13, 44 | רֹאשׁ / זָנָב — rōʾš / zānāv | tête / queue ; Lamentations 1:5 ("devenus la tête", lᵉrōʾš) ; Ésaïe 9:15 |
| Deutéronome 28:20 | מְאֵרָה — mᵉʾērâ | malédiction ; seulement cinq fois dans la Bible (Deutéronome 28:20 ; Proverbes 3:33 ; 28:27 ; Malachie 2:2 ; 3:9) |
| Deutéronome 28:20 | מְהוּמָה — mᵉhûmâ | confusion, panique ; le grand trouble promis contre les ennemis en Deutéronome 7:23 |
| Deutéronome 28:27, 35 | שְׁחִין — šᵉḥîn | ulcère ; la sixième plaie d'Égypte (Exode 9:9) ; les plaies de Job (Job 2:7) |
| Deutéronome 28:28 | שִׁגָּעוֹן · עִוָּרוֹן · תִמְהוֹן לֵבָב | délire, aveuglement, égarement d'esprit ; les trois mots reviennent en Zacharie 12:4, contre les ennemis de Jérusalem |
| Deutéronome 28:46 | לְאוֹת וּלְמוֹפֵת — lᵉʾôt ûlᵉmôfēt | pour signe et pour prodige ; le binôme des plaies d'Égypte (Deutéronome 6:22) ; dans la Septante, σημεῖα καὶ τέρατα (Actes 2:19, 22, 43) |
| Deutéronome 28:47 | בְּשִׂמְחָה וּבְטוּב לֵבָב | "avec joie et de bon cœur" (bᵉśimḥâ ûvᵉṭûv lēvāv) |
| Deutéronome 28:58 | נִכְבָּד — nikbād | glorieux ; racine kbd, "être lourd" |
| Deutéronome 28:63 | שׂוּשׂ — śûś | se réjouir, prendre plaisir ; deux fois dans le verset ; revient pour le bien en Deutéronome 30:9 |
| Deutéronome 28:65 | מָנוֹחַ — mānôaḥ | repos ; Genèse 8:9 (la colombe qui ne trouva pas de repos) ; Lamentations 1:3 |
| Deutéronome 28:66 | תְּלֻאִים — tᵉluʾîm | suspendue, "en suspens" ; de tālāʾ, graphie rare de tālâ, "pendre, suspendre" (Deutéronome 21:22-23) ; uniquement ici et en Osée 11:7 ; dans la Septante, κρεμαμένη |
| Deutéronome 28:67 | מִי־יִתֵּן — mî yittēn | "qui donnera ?", la formule du souhait ("plût à Dieu que") ; 25 fois dans l'Ancien Testament (tableau 8) |
| Deutéronome 28:68 | וְהִתְמַכַּרְתֶּם — wᵉhitmakkartem | "et vous vous mettrez en vente", forme réfléchie de mākar, vendre |
| Deutéronome 28:68 | קֹנֶה — qōneh | acheteur, possesseur ; de qānâ, acquérir (Genèse 14:19, 22 ; Exode 15:16 ; Deutéronome 32:6) |
| Deutéronome 29:10 (héb. 29:9) | נִצָּבִים — niṣṣāvîm | "vous vous tenez" : debout, présentés devant Dieu |
| Psaumes 130:3 ; Nahum 1:6 | עָמַד — ʿāmad | se tenir debout, subsister ; le verbe de la question "qui peut se tenir debout ?" dans le commentaire de Rashi |
| Galates 3:10, 13 | ἐπικατάρατος — epikatáratos | maudit ; le mot de la Septante en Deutéronome 27 et 28 ; Paul ne l'utilise qu'en Galates 3 |
| Galates 3:13 | κατάρα — katára | malédiction ; devenu malédiction pour nous |
| Galates 3:13 | ἐξαγοράζω — exagorázō | racheter en payant le prix ; le verbe simple, ἀγοράζω, figure en Apocalypse 5:9 (tu as racheté pour Dieu) |
| Galates 3:13 | κρεμάννυμι — kremánnymi | pendre, suspendre ; Deutéronome 21:23 et 28:66 dans la Septante ; 2 Samuel 18:10 (Absalom suspendu) |
| Galates 3:14 | ἡ ἐπαγγελία τοῦ πνεύματος | "la promesse de l'Esprit" ; la même expression en Actes 2:33, à la Pentecôte |
| Apocalypse 6:17 ; 7:9 | ἵστημι — hístēmi | se tenir debout, subsister ; qui peut subsister, et la foule qui se tenait debout ; Romains 5:2 ; Jude 24 |
Partie XI — Tableaux de synthèse
1) Les deux listes de la lecture en classe (Deutéronome 28:3-6 et 16-19)
| BÉNÉDICTION | MALÉDICTION | OBSERVATION |
|---|---|---|
| "Tu seras béni dans la ville, et tu seras béni dans les champs." (Deutéronome 28:3) | "Tu seras maudit dans la ville, et tu seras maudit dans les champs." (Deutéronome 28:16) | mérisme : les deux extrêmes pour dire "en tout lieu" |
| "Le fruit de tes entrailles, le fruit de ton sol, le fruit de tes troupeaux, les portées de ton gros et de ton menu bétail, toutes ces choses seront bénies." (Deutéronome 28:4) | "Ta corbeille et ta huche seront maudites." (Deutéronome 28:17) | la malédiction inverse l'ordre : la corbeille vient avant les entrailles |
| "Ta corbeille et ta huche seront bénies." (Deutéronome 28:5) | "Le fruit de tes entrailles, le fruit de ton sol, les portées de ton gros et de ton menu bétail, toutes ces choses seront maudites." (Deutéronome 28:18) | la malédiction omet le fruit du bétail ; Luc 1:42 reprend 28:4 |
| "Tu seras béni à ton arrivée, et tu seras béni à ton départ." (Deutéronome 28:6) | "Tu seras maudit à ton arrivée, et tu seras maudit à ton départ." (Deutéronome 28:19) | mérisme : toute activité ; Psaumes 121:8 ; Jean 10:9 |
2) Le verbe "donner" (nātan) en Deutéronome 28 : dix-sept fois
| TEXTE | SENS DANS LE VERSET | QUI DONNE, ET QUOI |
|---|---|---|
| 28:1 | te donnera la supériorité (en hébreu, "te donnera en haut") | l'Éternel place le peuple au-dessus des nations |
| 28:7 | livrera battus devant toi | l'Éternel livre les ennemis |
| 28:8 ; 28:11 ; 28:52 | qu'il te donne ; te donner ; qu'il t'a donné | l'Éternel donne le pays |
| 28:12 | pour donner la pluie | l'Éternel ouvre le ciel |
| 28:13 | fera de toi la tête | l'Éternel place le peuple en tête |
| 28:24 | donnera pour pluie… de la poussière et de la poudre | l'Éternel donne de la poussière au lieu de la pluie |
| 28:25 | te fera battre devant tes ennemis | l'Éternel livre le peuple |
| 28:31 ; 28:32 | seront livrées ; seront livrés | les brebis, puis les fils, livrés à d'autres |
| 28:48 | mettra un joug de fer | le joug de l'ennemi |
| 28:53 | que l'Éternel, ton Dieu, t'aura donnés | les enfants que Dieu a donnés, mangés durant le siège |
| 28:55 | n'en donnera à aucun d'eux | l'homme qui ne partage plus rien |
| 28:65 | te donnera un cœur agité | le cœur sans paix dans l'exil |
| 28:67 (2×) | qui fera voir (en hébreu, "qui donnera ?") | personne ne répond |
3) Deutéronome 28 et le serment d'Assarhaddon (Partie II)
| SERMENT (LIGNE) | LA MALÉDICTION ASSYRIENNE | DEUTÉRONOME 28 |
|---|---|---|
| 419 | Sîn, le dieu de la lune : "qu'il te revête de lèpre" | 28:27 : ulcères, hémorroïdes, gale et teigne |
| 422 | Shamash, le dieu du soleil : "qu'il t'ôte la vue. Marche dans les ténèbres !" | 28:28-29 : aveuglement ; tâtonner en plein midi comme l'aveugle dans l'obscurité |
| 425 | Ninurta : "qu'il donne ta chair à l'aigle et au vautour" | 28:26 : le cadavre servant de pâture à tous les oiseaux du ciel |
| 428 | Vénus : les femmes "sur les genoux de ton ennemi" | 28:30 : un autre homme couchera avec elle |
| 526 ; 530 | sol "comme du fer" ; "un ciel de bronze" sans pluie | 28:23-24 : cieux d'airain, terre de fer, poussière au lieu de la pluie |
| — | Lévitique 26:19 inverse les métaux : des cieux comme du fer, une terre comme de l'airain | l'ordre de 28:23 est celui du serment assyrien |
Lignes selon la numérotation de Parpola et Watanabe (State Archives of Assyria 2), dans la traduction citée par Seth L. Sanders. Les sources divergent sur les numéros exacts des lignes de la malédiction du ciel et de la terre (526-533, 528-532, 528-533).
4) Lévitique 26 et Deutéronome 28, côte à côte
| ASPECT | LÉVITIQUE 26 | DEUTÉRONOME 28 |
|---|---|---|
| Étendue | bénédictions 26:3-13 ; malédictions 26:14-39 ; confession et souvenir 26:40-45 | bénédictions 28:1-14 ; malédictions 28:15-68 |
| Personne grammaticale | pluriel : si vous ne m'écoutez pas (26:14) | singulier : si tu n'obéis pas (28:15) |
| Forme | vagues de châtiment, chacune sept fois plus (26:18, 21, 24, 28) | cycles qui grandissent jusqu'au siège et à l'Égypte (28:20-44 ; 45-57 ; 58-68) |
| Ciel et terre | cieux comme du fer, terre comme de l'airain (26:19) | cieux d'airain, terre de fer (28:23) |
| Fin du chapitre | espérance : Dieu promet de se souvenir de son alliance avec Jacob (26:42) et de ne pas les rejeter (26:44) | le peuple mis en vente, sans acheteur (28:68) ; l'espérance vient en Deutéronome 30 (Leçon 8) |
| Compte des rabbins | 49 malédictions | 98 malédictions (Rashi) |
| À la synagogue | lues avant la fête des Semaines ; un seul les lit toutes, sans interrompre (Mishna) ; 26:42 à voix haute (Kitzur) | lues avant le Nouvel An ; selon le Talmud elles pouvaient être interrompues, mais la coutume a étendu la règle (Partie VIII) |
5) L'Exode à l'envers
| DEUTÉRONOME 28 | CE QUI FAIT ÉCHO | L'ENVERS |
|---|---|---|
| 28:27 : l'ulcère d'Égypte | Exode 9:9 : šᵉḥîn, la sixième plaie | la plaie d'Égypte tombe sur Israël |
| 28:45 : te poursuivront et t'atteindront | Exode 14:9 : rādap et nāśag, Pharaon derrière le peuple | maintenant il n'y a pas de mer ouverte |
| 28:46 : pour signe et pour prodige | Deutéronome 6:22 : des signes et des prodiges contre l'Égypte | Israël devient un signe, comme l'Égypte |
| 28:48 : un joug de fer | Lévitique 26:13 : les liens du joug brisés par Dieu | le joug brisé revient |
| 28:60 : toutes les maladies d'Égypte | Exode 15:26 : la promesse de ne frapper d'aucune des maladies mises sur l'Égypte | la promesse de Mara à l'envers |
| 28:62 : en petit nombre | Deutéronome 10:22 : aussi nombreux que les étoiles du ciel | la multiplication défaite |
| 28:68 : te ramènera en Égypte sur des navires | Deutéronome 17:16 ; Exode 14:13 : ne plus jamais la revoir | le chemin interdit refait |
| 28:68 : personne ne vous achètera | Exode 15:16 : le peuple que Dieu a acquis | l'Acheteur absent |
6) Lamentations : Deutéronome 28 écrit avec des larmes (Partie IV, bloc G)
| LAMENTATIONS | DEUTÉRONOME 28 | CE QUI RELIE |
|---|---|---|
| elle habite parmi les nations et ne trouve pas de repos (1:3) | 28:65 | baggôyim, "parmi les nations", et mānôaḥ, "repos" |
| tous ses persécuteurs l'atteignent (1:3) | 28:45 | rādap et nāśag |
| ses adversaires sont devenus la tête (1:5) | 28:44 | lᵉrōʾš, "pour tête" |
| les femmes et les enfants durant le siège (2:20 ; 4:10) | 28:53-57 | le siège décrit à l'avance |
| elles se renouvellent chaque matin, et sa fidélité est grande (3:23) | 28:67 | bōqer, "matin" : celui que le maudit réclamait |
| ce n'est pas volontiers qu'il humilie et afflige les enfants des hommes (3:33) | 28:63 | la clé pour le verset le plus dur |
7) Les inversions à l'intérieur du chapitre
| BÉNÉDICTION | MALÉDICTION | L'ÉCHANGE |
|---|---|---|
| 28:1 : la supériorité sur toutes les nations de la terre | 28:43 : l'étranger s'élèvera de plus en plus au-dessus de toi, et toi, tu descendras de plus en plus bas | le haut et le bas changent de maître |
| 28:7 : des ennemis qui fuiront devant toi par sept chemins | 28:25 : tu fuiras devant eux par sept chemins | qui fuit |
| 28:10 : tous les peuples de la terre verront et te craindront | 28:37 : un sujet d'étonnement, de sarcasme et de raillerie parmi tous les peuples | ce que les peuples voient |
| 28:12 : son bon trésor, le ciel, pour donner la pluie | 28:23-24 : cieux d'airain ; de la poussière et de la poudre pour pluie | le ciel fermé |
| 28:12 : tu prêteras à beaucoup de nations | 28:44 : il te prêtera | qui prête |
| 28:13 : la tête, et non la queue | 28:44 : il sera la tête, et tu seras la queue | la tête et la queue |
| 28:63 : prenait plaisir à vous faire du bien | 28:63 : prendra plaisir à vous faire périr | le même verbe, śûś, dans les deux moitiés |
8) "Qui donnera ?" (mî yittēn) : les 25 occurrences dans l'Ancien Testament (Partie III, point r)
| TEXTE | QUI PARLE | LE SOUHAIT |
|---|---|---|
| Exode 16:3 | le peuple dans le désert | être mort en Égypte, près des pots de viande |
| Nombres 11:29 | Moïse | que tout le peuple de l'Éternel soit composé de prophètes |
| Deutéronome 5:29 | l'Éternel | que le peuple ait un cœur qui le craigne |
| Deutéronome 28:67 (2×) | l'homme sous la malédiction | voir le soir ; voir le matin |
| Juges 9:29 | Gaal, à Sichem | avoir le peuple sous sa main |
| 2 Samuel 18:33 (héb. 19:1) | David | être mort à la place d'Absalom |
| Job 6:8 | Job | que Dieu lui accorde ce qu'il demande |
| Job 11:5 | Tsophar | que Dieu parle contre Job |
| Job 13:5 | Job | que les amis gardent le silence |
| Job 14:4 | Job | comment tirer d'un être souillé un homme pur ? Personne ne le peut |
| Job 14:13 | Job | être caché dans le séjour des morts jusqu'à ce que la colère passe |
| Job 19:23 (2×) | Job | que ses paroles soient écrites dans un livre |
| Job 23:3 | Job | savoir où trouver Dieu |
| Job 29:2 | Job | revenir aux mois du passé |
| Job 31:31 | les gens de la tente de Job | être rassasié de la viande de sa table (l'hospitalité de Job) |
| Job 31:35 | Job | avoir quelqu'un qui l'écoute |
| Psaumes 14:7 ; 53:6 (héb. 53:7) | David | que de Sion vienne le salut d'Israël (cf. Romains 11:26) |
| Psaumes 55:6 (héb. 55:7) | David | avoir des ailes comme la colombe |
| Cantique des Cantiques 8:1 | la bien-aimée | que le bien-aimé soit comme un frère |
| Ésaïe 27:4 | l'Éternel, au sujet de sa vigne | qu'on lui oppose des ronces et des épines pour la guerre |
| Jérémie 9:1 (héb. 8:23) | Jérémie | que sa tête se change en eaux, pour pleurer |
| Jérémie 9:2 (héb. 9:1) | Jérémie | avoir au désert un gîte de voyageurs |
Décompte dans le texte hébreu (OSHB), avec et sans pronom lié au verbe. Sont exclues les deux questions avec le verbe au passé, "qui a donné ?" (Job 38:36 ; Ésaïe 42:24).
9) Deutéronome 28 et la croix (l'encadré "Fala, Pastor!" et la section "Christ dans la leçon")
| DEUTÉRONOME | DANS L'ÉVANGILE | CE QUI S'ACCOMPLIT |
|---|---|---|
| 28:1 : écouter la voix et observer tous les commandements | Jean 8:29 : faire toujours ce qui lui est agréable ; Hébreux 10:7 | le seul auditeur qui a tout observé |
| 28:4 : béni sera le fruit de tes entrailles | Luc 1:42 : les mêmes paroles, dans la bouche d'Élisabeth | la bénédiction arrive au sein de Marie |
| 28:6 : béni à ton arrivée | Matthieu 21:9 : béni soit celui qui vient (Psaumes 118:26, bārûk habbāʾ) | l'entrée à Jérusalem |
| 28:16 : maudit dans la ville | Luc 23:21 : les cris réclamant de le crucifier | la ville qui a crié "béni" réclame la croix |
| 28:16 : et maudit dans les champs | Luc 23:26 : Simon, qui revenait des champs | la ville et les champs sous la même croix |
| 28:19 : maudit à ton départ | Jean 19:17 : il sortit ; Hébreux 13:12 : il a souffert hors de la porte | la sortie en portant sa croix |
| 28:29 : tâtonner en plein midi | Matthieu 27:45 : des ténèbres depuis la sixième heure (écho ; Matthieu ne cite pas le Deutéronome) | l'obscurité en plein midi |
| 28:66 : ta vie comme en suspens (Septante κρεμαμένη) | Galates 3:13 : pendu au bois (κρεμάμενος) | la lecture des Pères (Partie VII) |
| 28:67 : le souhait anxieux de voir le matin | Marc 16:2 : de grand matin, au lever du soleil ; Apocalypse 22:16 | le matin de la résurrection |
| 28:68 : personne ne vous achètera | Apocalypse 5:9 : rachetés pour Dieu par son sang ; 1 Corinthiens 6:20 | l'Acheteur |
| 27:26 avec 28:58 : maudit quiconque n'accomplira pas les paroles de la loi | Galates 3:10, 13 | la malédiction de la loi portée |
| 21:23 : celui qui est pendu est un objet de malédiction auprès de Dieu | Galates 3:13 | la loi du pendu |
| 27:15-26 : douze "Amen" après douze malédictions | 2 Corinthiens 1:20 : par lui est prononcé l'Amen | l'amen aux promesses |
| 28:35 : ulcère depuis la plante du pied jusqu'au sommet de la tête | Job 2:7 : la même phrase ; Job était intègre et droit (2:3) | la plaie qui n'était pas une malédiction |
Christ dans la leçon
L'auditeur que le verset 1 demandait. Le texte d'or demande quelqu'un qui écoute la voix de Dieu et observe tous ses commandements (28:1). Ésaïe a entendu le Serviteur de l'Éternel dire : "Le Seigneur, l’Éternel, m’a donné une langue exercée, Pour que je sache soutenir par la parole celui qui est abattu ; Il éveille, chaque matin, il éveille mon oreille, Pour que j’écoute comme écoutent des disciples. Le Seigneur, l’Éternel, m’a ouvert l’oreille, Et je n’ai point résisté, Je ne me suis point retiré en arrière." (Ésaïe 50:4-5). Jésus a dit du Père qu'il fait toujours ce qui lui est agréable (Jean 8:29). L'épître aux Hébreux ajoute que, bien qu'étant Fils, il a appris l'obéissance par les choses qu'il a souffertes (Hébreux 5:8). Les deux chemins de Deutéronome 28 sont tombés sur le même Homme : les bénédictions, de droit ; les malédictions, par amour, à la place de ceux qui n'ont pas écouté.
Les deux listes dans la même semaine. L'encadré "Fala, Pastor!" de cette leçon suit les listes de la lecture en classe jusqu'à la semaine de la Pâque. Jésus est entré à Jérusalem sous l'acclamation de bénédiction (Matthieu 21:9), avec les paroles du Psaume 118 qui, en hébreu, unissent "béni" et "entrer", comme Deutéronome 28:6. Quelques jours plus tard, la même ville a crié de le crucifier (Luc 23:21), et Il est sorti en portant sa croix (Jean 19:17 ; Hébreux 13:12), tandis que Simon arrivait des champs (Luc 23:26). Le tableau 9 rassemble les parallèles.
Le Fils qui a écouté, à la place des fils qui n'ont pas écouté. Deutéronome 21 met côte à côte le fils indocile et rebelle, qui n'écoute pas la voix de son père (21:18), et la loi du pendu (21:22-23). Absalom, qui s'est élevé contre son père, a fini suspendu à un térébinthe (2 Samuel 18:10), et David a pleuré en souhaitant être mort à sa place (18:33). David ne le pouvait pas, car lui aussi vivait de pardon (2 Samuel 12:13). Le Serviteur d'Ésaïe déclare n'avoir pas été rebelle (Ésaïe 50:5) avec la racine du mot "rebelle" de Deutéronome 21:18, et il a été pendu au bois (Galates 3:13). Ce que David a demandé en pleurant à la porte de la ville, Jésus l'a accompli sur la croix : il a donné sa vie en rançon pour plusieurs (Marc 10:45).
L'Acheteur. Le chapitre se termine par un peuple en vente et sans acheteur, sans que personne l'achète (28:68). La loi de Moïse avait prévu un proche parent pour cette heure-là : "il y aura pour lui le droit de rachat, après qu’il se sera vendu : un de ses frères pourra le racheter." (Lévitique 25:48). Le mot "acheteur", qōneh, est celui du titre que Melchisédek a donné à Dieu lorsqu'il a béni Abraham au nom du Dieu Très-Haut, maître du ciel et de la terre (Genèse 14:19). Deutéronome 28 commence par "haut" (ʿelyôn, 28:1) et se termine sans "acheteur" (qōneh, 28:68) ; en Genèse 14, les deux mots sont réunis dans le nom de Dieu (ce sont les mêmes mots, et non le même titre, car en 28:1 ʿelyôn est un adjectif). L'Apocalypse chante l'Acheteur qui manquait : "Et ils chantaient un cantique nouveau, en disant : Tu es digne de prendre le livre, et d’en ouvrir les sceaux ; car tu as été immolé, et tu as racheté pour Dieu par ton sang des hommes de toute tribu, de toute langue, de tout peuple, et de toute nation ;" (Apocalypse 5:9). Paul en tire la conclusion : "Car vous avez été rachetés à un grand prix. Glorifiez donc Dieu dans votre corps et dans votre esprit, qui appartiennent à Dieu." (1 Corinthiens 6:20).
Le Dieu qui est passé seul entre les moitiés. En Genèse 15, Dieu conclut une alliance avec Abraham d'une manière étrange : "Quand le soleil fut couché, il y eut une obscurité profonde ; et voici, ce fut une fournaise fumante, et des flammes passèrent entre les animaux partagés." (Genèse 15:17). Beaucoup d'interprètes lisent la scène avec Jérémie 34:18, qui parle de ceux qui avaient coupé le veau en deux et avaient passé entre ses morceaux : celui qui passait entre les moitiés appelait sur lui-même le sort des animaux s'il rompait l'alliance. En Genèse 15, seul Dieu passe. Cette lecture a de bons défenseurs, mais Genèse 15 ne l'explique pas en toutes lettres. Si elle est exacte, Dieu lui-même a pris sur lui, depuis Abraham, le poids de l'alliance ; au Calvaire, le Fils a porté la malédiction de l'alliance que les hommes avaient rompue.
La bénédiction d'Abraham et l'Esprit. Paul dit pourquoi la malédiction a été portée : "afin que la bénédiction d’Abraham eût pour les païens son accomplissement en Jésus-Christ, et que nous reçussions par la foi l’Esprit qui avait été promis." (Galates 3:14). Jésus avait dit : "Et voici, j’enverrai sur vous ce que mon Père a promis ; mais vous, restez dans la ville jusqu’à ce que vous soyez revêtus de la puissance d’en haut." (Luc 24:49). À la Pentecôte, Pierre a expliqué que Jésus, élevé, a reçu du Père l'Esprit Saint qui avait été promis et l'a répandu (Actes 2:33), et il a ajouté : "Car la promesse est pour vous, pour vos enfants, et pour tous ceux qui sont au loin, en aussi grand nombre que le Seigneur notre Dieu les appellera." (Actes 2:39). La croix a ôté la malédiction, et la Pentecôte a rempli de bénédiction la place qu'elle a laissée.
Debout devant le trône. La question que la tradition juive met dans la bouche du peuple, "qui peut se tenir debout devant celles-ci ?" (Rashi ; la même scène figure dans le Midrash Tanchuma), reçoit la réponse de l'Apocalypse : debout devant le trône se tient la foule de ceux qui ont lavé leurs robes et les ont blanchies dans le sang de l'Agneau (Apocalypse 7:14 ; Partie V, axe 9). Le thème du Christ accomplissant le Deutéronome est celui de la Leçon 13 ; ici demeure le fil de la malédiction portée.
Application — ce qui reste pour la semaine
- Écouter avant de demander. Le chapitre commence par le šāmaʿ (28:1). Après la chute de Jérusalem, le peuple a demandé une direction à Jérémie et a promis d'obéir à la voix de l'Éternel, leur Dieu, que ce soit en bien ou en mal (Jérémie 42:6, texte de la revue). Jacques avertit : "Mettez en pratique la parole, et ne vous bornez pas à l’écouter, en vous trompant vous-mêmes par de faux raisonnements." (Jacques 1:22).
Pour réfléchir : Y a-t-il une direction de Dieu que vous avez demandée et à laquelle, lorsqu'elle est venue, vous n'avez pas voulu obéir ?
- La joie dans l'abondance. Le péché que le chapitre nomme en son centre est de servir Dieu sans joie lorsque tout abonde (28:47). Deutéronome 8:17-18 dit d'où vient la force pour acquérir des richesses, et dans quel but : afin de confirmer son alliance.
Pour réfléchir : Dans l'histoire de ce que vous avez accompli, qui est le personnage principal ?
- Aux côtés de celui qui souffre, sans diagnostic. Les amis de Job ont vu juste pendant les sept jours de silence et se sont trompés lorsqu'ils ont ouvert la bouche pour expliquer (Job 2:13 ; 42:7). Paul exhorte à pleurer avec ceux qui pleurent (Romains 12:15).
Pour réfléchir : Qui, près de vous, souffre et a davantage besoin de votre présence que de votre explication ?
- Libre de la peur de la malédiction. "L’enchantement ne peut rien contre Jacob, Ni la divination contre Israël ; Au temps marqué, il sera dit à Jacob et à Israël : Quelle est l’œuvre de Dieu." (Nombres 23:23). "Il n’y a donc maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont en Jésus-Christ." (Romains 8:1).
Pour réfléchir : Quelle peur de "malédiction" gouverne encore une décision dans votre maison ?
- Debout par la grâce. Personne ne tient debout devant les malédictions par sa propre force ; par Christ nous avons accès par la foi à cette grâce, dans laquelle nous demeurons fermes (Romains 5:2). Celui qui est tombé a un chemin de retour : "Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous les pardonner, et pour nous purifier de toute iniquité." (1 Jean 1:9).
Pour réfléchir : Que devez-vous confesser à Dieu aujourd'hui pour vous tenir de nouveau debout devant lui ?
Fala, Pastor! — Il a voulu — la rubrique du pasteur Jairo Carvalho, en intégralité
Texte de la rubrique dans la version du 23 octobre 2026, reproduit sans modifications. Il réunit trois versions antérieures, qui demeurent dans ce dossier comme plans de prédication de l'Appendice A. Toute citation biblique entre guillemets ou en bloc a été vérifiée dans la Bible de référence. Les sources et les réserves de chaque affirmation se trouvent à la fin de cette section, dans "Sources et notes de la rubrique".
Il a voulu
la lecture que personne ne veut faire, le soupir d'un père qui n'a pas pu et l'Homme qui est entré béni et est sorti maudit à notre place
PERSONNE NE VEUT → AH ! SI SEULEMENT → IL A VOULU
Pasteur Jairo Carvalho • Pasteure Jaciana Carvalho — Église Marcas do Evangelho, Cariacica/ES • 15 novembre 2026
Sur le Texte d'or : Le verset 1 demande quelqu'un qui écoute la voix de Dieu et garde tous ses commandements. Un seul Homme a accompli le verset 1. Il a reçu les bénédictions de plein droit et, à notre place, les malédictions.
Ouverture — la lecture que personne ne veut faire
Bonjour, mes frères et sœurs ! Quelle immense joie de vous accueillir dans un nouveau rendez-vous d'EBD Online. Nous arrivons à la Leçon 7, "Malédictions et bénédictions de l’alliance". Le mot-clé de la leçon est responsabilité. Aujourd'hui, je veux vous emmener dans une synagogue, la maison où les Juifs se réunissent pour prier et lire la Bible.
Là-bas, la Loi de Moïse est lue tout entière au long de l'année, un passage par semaine. Quand la lecture arrive à Deutéronome 28, le culte change. Le lecteur baisse la voix et ne s'arrête pas au milieu. Dans les autres passages, les hommes sont appelés par leur nom pour monter et lire. Dans celui-ci, personne n'est appelé. L'invitation est différente : מִי שֶׁיִּרְצֶה (mi sheyirtsê), "qui veut". Dans bien des endroits, personne ne se propose, et celui qui monte est le lecteur lui-même ou un employé de la synagogue, payé pour cela. Personne ne veut lire les malédictions.
C'est une coutume ancienne. Vers l'an 200, la Mishna, le premier grand recueil de lois des rabbins, ordonnait déjà que les malédictions du Lévitique soient lues en une seule fois, par un seul homme, sans s'arrêter au milieu. Avec le temps, la coutume est passée aussi à Deutéronome 28. Des livres juifs écrits plusieurs siècles plus tard rapportent le "qui veut" et la voix basse.
Pourquoi tant de précautions ? À cause des deux listes que nous avons lues aujourd'hui. Dans la première, Moïse dit "béni" six fois. Dans la seconde, il dit "maudit" six fois. Les listes parlent de la ville et des champs, de l'enfant dans le ventre, de la corbeille et du pétrin pour faire le pain, de l'heure de sortir de la maison et de l'heure d'y rentrer. C'est toute la vie d'une famille.
Voici le message d'aujourd'hui. Pour lire les malédictions, la synagogue appelle "qui veut", et personne ne veut. Vers la fin de celles-ci, Moïse montre un homme qui soupire : "ah ! si seulement". Des siècles plus tard, un père a soupiré de la même manière. Son fils rebelle est mort pendu à un arbre, et le père n'a pas pu mourir à la place du fils. Jésus a voulu. Il est entré à Jérusalem en entendant "béni", il est sorti de la ville en portant le "maudit" et il est mort pendu à la place des rebelles.**
Mouvement 1 — Personne ne veut
Deutéronome 28:16-19, 66-67 ; Galates 3:10
Écoutez la seconde liste de notre lecture :
"Tu seras maudit dans la ville, et tu seras maudit dans les champs. Ta corbeille et ta huche seront maudites. Le fruit de tes entrailles, le fruit de ton sol, les portées de ton gros et de ton menu bétail, toutes ces choses seront maudites. Tu seras maudit à ton arrivée, et tu seras maudit à ton départ." (Deutéronome 28:16-19)
La malédiction commence dehors, dans la ville et dans les champs. Puis elle entre dans la cuisine, dans le ventre de la mère, à la porte de la maison. Vers la fin du chapitre, elle entre dans le cœur d'un homme :
"Ta vie sera comme en suspens devant toi, tu trembleras la nuit et le jour, tu douteras de ton existence. Dans l’effroi qui remplira ton cœur et en présence de ce que tes yeux verront, tu diras le matin : Puisse le soir être là ! et tu diras le soir : Puisse le matin être là !" (Deutéronome 28:66-67)
Le matin, il veut que vienne le soir. Le soir, il veut que vienne le matin. Beaucoup de gens ici savent ce que c'est que de se retourner dans son lit sans réussir à dormir. Toute nuit sans sommeil n'est pas une malédiction. Mais c'est par ce soupir que Moïse a décrit l'homme sous la malédiction.
En hébreu, ce soupir ("ah ! si seulement") veut dire, mot à mot, "qui donnera ?". Ce sont deux mots : מִי יִתֵּן (mi yitén). C'est la phrase de celui qui a besoin de quelque chose et n'a pas le moyen de se le donner à lui-même. Qui me donnera le soir ? Qui me donnera le matin ? L'homme demande "qui donnera ?", et personne ne répond.
Un maître juif qui a vécu il y a près de mille ans a compté les malédictions de ce chapitre : quatre-vingt-dix-huit. Il raconte que, lorsque Israël a tout entendu, "les visages ont pâli", et le peuple a demandé : "Qui peut se tenir debout devant celles-ci ?"
La question est juste. L'apôtre Paul, citant le chapitre précédent, a écrit qu'est maudit quiconque ne demeure pas dans toutes les choses qui sont écrites dans le livre de la loi, pour les mettre en pratique (Galates 3:10). Toutes. Personne n'est demeuré dans toutes. Ni Israël, ni moi, ni vous. Personne ne veut lire les malédictions, parce que nous y sommes tous.
Mouvement 2 — Ah ! si seulement
2 Samuel 15:4-30 ; 18:5-33 ; Deutéronome 21:18-23 ; 2 Samuel 12:13
Maintenant, je veux vous raconter l'histoire d'un père et d'un fils. Le père était le roi David. Le fils s'appelait Absalom, et la Bible dit qu'il n'y avait pas en Israël d'homme aussi beau que lui. Absalom se levait tôt et se tenait à la porte de la ville. À quiconque arrivait avec un problème à soumettre au roi, il disait que si seulement on l'établissait juge dans le pays, il ferait justice (2 Samuel 15:4). Le fils aussi avait son "ah ! si seulement". Il voulait la place du père.
La Bible dit qu'il gagnait ainsi le cœur des hommes d'Israël (2 Samuel 15:6). Il volait le cœur du peuple. Un jour, il fit annoncer au son de la trompette qu'Absalom régnait à Hébron (2 Samuel 15:10). Le fils prit le trône, et David dut fuir Jérusalem :
"David monta la colline des oliviers. Il montait en pleurant et la tête couverte, et il marchait nu-pieds ; et tous ceux qui étaient avec lui se couvrirent aussi la tête, et ils montaient en pleurant." (2 Samuel 15:30)
Retenez cette montagne. Un roi pieds nus, en pleurs, chassé par son propre fils. La guerre éclata. Avant la bataille, David donna un ordre que toute l'armée entendit : traiter avec douceur, par amour pour lui, le jeune Absalom (2 Samuel 18:5). Autrement dit : traitez mon garçon avec ménagement. Le fils était en guerre contre le père, et le père demandait qu'on épargne le fils.
La bataille eut lieu dans une forêt, et voici ce qui arriva :
"Absalom se trouva en présence des gens de David. Il était monté sur un mulet. Le mulet pénétra sous les branches entrelacées d’un grand térébinthe, et la tête d’Absalom fut prise au térébinthe ; il demeura suspendu entre le ciel et la terre, et le mulet qui était sous lui passa outre." (2 Samuel 18:9)
Un soldat le vit et alla prévenir Joab, le général de David, en lui disant qu'il avait vu Absalom pendu à un chêne (2 Samuel 18:10). Joab désobéit au roi. Il prit trois traits et en transperça le cœur d'Absalom, encore vivant, pris dans l'arbre (2 Samuel 18:14). Ensuite, on jeta le corps dans une fosse, au milieu de la forêt, et l'on éleva sur lui un très grand monceau de pierres (2 Samuel 18:17).
Maintenant, ouvrez Deutéronome 21. Là, il y a deux lois, l'une à côté de l'autre. La première parle du fils indocile et rebelle qui n'écoute pas la voix de son père (Deutéronome 21:18). Notre Texte d'or parle d'écouter la voix. Ce fils n'écoutait pas, et il était lapidé (Deutéronome 21:21). La seconde loi vient juste après, déclarant que celui qui est pendu est maudit de Dieu (Deutéronome 21:23). En hébreu, c'est le même mot que le soldat a utilisé pour Absalom : pendu. Les deux lois sont tombées sur Absalom. Le fils qui n'a pas écouté son père a fini pendu à un arbre et couvert de pierres.
Aujourd'hui encore, à Jérusalem, au pied du mont des Oliviers, il y a un monument de pierre que le peuple appelle le Tombeau d'Absalom. Les archéologues disent qu'il a été construit environ mille ans après Absalom. Ce n'est pas sa tombe. Mais, pendant des siècles, ceux qui passaient par là jetaient une pierre, et les parents y emmenaient leurs enfants désobéissants pour qu'ils apprennent ce qui arrive à un fils rebelle. La ville s'est souvenue d'Absalom avec des pierres. David s'en est souvenu avec des larmes.
David était assis entre les deux portes de la ville, attendant des nouvelles. Les messagers arrivèrent en parlant de victoire, et le roi ne voulait savoir qu'une seule chose : si le jeune Absalom était en bonne santé (2 Samuel 18:32). Quand il comprit que son fils était mort, voici ce qui se passa :
"Alors le roi, saisi d’émotion, monta dans la chambre au-dessus de la porte et pleura. Il disait en marchant : Mon fils Absalom ! mon fils, mon fils Absalom ! Que ne suis-je mort à ta place ! Absalom, mon fils, mon fils !" (2 Samuel 18:33)
Avez-vous entendu ce soupir ("ah ! si seulement" / "que ne suis-je mort") ? Le fils avait soupiré parce qu'il voulait le trône du père. Maintenant, le père soupire parce qu'il aurait voulu mourir à la place du fils. En hébreu, le cri de David est le même mi yitén que celui de l'homme de Deutéronome 28 : "qui donnera ?". David est en train de dire : qui me donnera de mourir à ta place ?
Seulement, personne ne pouvait le donner. Absalom était déjà mort. David avait lui aussi besoin de pardon. Après son péché avec Bath-Schéba, il avait entendu du prophète Nathan que l'Éternel avait aussi pardonné son péché et qu'il ne mourrait pas (2 Samuel 12:13). David était en vie par miséricorde. Un coupable ne peut pas mourir à la place d'un autre coupable.
Mouvement 3 — Il a voulu
Matthieu 21:9-10 ; Luc 1:42 ; 22:39 ; Matthieu 26:39 ; Ésaïe 50:5-6 ; Luc 23:21, 26 ; Jean 19:17 ; Hébreux 13:11-12 ; Galates 3:13-14 ; Matthieu 27:40-46 ; Marc 10:45 ; 16:2 ; Luc 24:50
Mille ans plus tard, un autre Fils de David est entré à Jérusalem. C'était la semaine de la Pâque, et la foule criait que béni est celui qui vient au nom du Seigneur (Matthieu 21:9). Matthieu raconte que, lorsqu'il entra dans Jérusalem, toute la ville fut émue (Matthieu 21:10). Le peuple chantait le Psaume 118. En hébreu, l'acclamation bénissant celui qui vient comporte les mêmes mots que Deutéronome 28:6 sur le fait d'être béni à son arrivée. Sans le savoir, le peuple a chanté pour Jésus la dernière ligne de la première liste.
Il y a plus. Les premiers chrétiens lisaient l'Ancien Testament dans la Septante, la traduction grecque. Dans celle-ci, chaque "béni" de notre liste est le même mot : εὐλογημένος (eulogueménos). Dans le Nouveau Testament, ce mot est prononcé sept fois au sujet de Jésus. La première fois, il a été dit par Élisabeth, remplie du Saint-Esprit, lorsque Marie, enceinte, est entrée dans sa maison, proclamant béni le fruit de ses entrailles (Luc 1:42). Dans notre Bible, c'est le verset 4 de la lecture d'aujourd'hui, mot pour mot. Les bénédictions de Deutéronome 28 ont trouvé le seul Homme qui ait accompli le verset 1.
Quelques jours plus tard, de nuit, Jésus s'est rendu dans un lieu que nous connaissons déjà. Après être sorti, il alla, selon sa coutume, à la montagne des Oliviers (Luc 22:39). La même montagne que David avait gravie en pleurant à cause d'un fils rebelle. Dans la Leçon 5, nous avons entendu la prière de cette nuit-là, lorsqu'il demanda à son Père que, s'il était possible, cette coupe s'éloigne de lui, tout en ajoutant que cela se fasse non pas comme lui le voulait, mais comme le Père le voulait (Matthieu 26:39). Chez les prophètes, la coupe est le jugement de Dieu (Ésaïe 51:17). Il n'a pas voulu la coupe. Il a voulu la volonté du Père, et pour elle il a bu la coupe tout entière.
Des siècles auparavant, Ésaïe avait entendu le Serviteur de l'Éternel parler ainsi :
"Le Seigneur, l’Éternel, m’a ouvert l’oreille, Et je n’ai point résisté, Je ne me suis point retiré en arrière. J’ai livré mon dos à ceux qui me frappaient, Et mes joues à ceux qui m’arrachaient la barbe ; Je n’ai pas dérobé mon visage Aux ignominies et aux crachats." (Ésaïe 50:5-6)
Il n'a point été rebelle. En hébreu, "rebelle" est le même mot que Deutéronome 21 emploie pour le fils rebelle. Absalom a été le fils rebelle. Jésus a été le Fils qui ne s'est pas rebellé, et pourtant il est mort à la place des rebelles.
La même ville qui avait crié "béni" a crié ensuite de le crucifier (Luc 23:21). C'était la première ligne de la seconde liste : être maudit dans la ville. Puis vint la sortie :
"Jésus, portant sa croix, arriva au lieu du crâne, qui se nomme en hébreu Golgotha." (Jean 19:17)
Il est sorti. L'épître aux Hébreux dit que Jésus a souffert hors de la porte (Hébreux 13:12). En chemin, on mit la croix sur les épaules d'un certain Simon de Cyrène, qui revenait des champs (Luc 23:26). Jésus sortait de la ville, et Simon arrivait des champs. La ville et les champs du verset 16 se sont rencontrés sous la même croix. Dans la même semaine, Jésus a été béni en entrant et maudit en sortant.
Pourquoi hors de la ville ? L'épître aux Hébreux l'explique. Au temps de Moïse, l'animal qui mourait pour le péché du peuple était brûlé hors du camp (Hébreux 13:11 ; Lévitique 16:27). Hors du camp habitait aussi le lépreux, tout seul (Lévitique 13:46). C'était le lieu de celui qui ne pouvait pas rester près de Dieu. Jésus est allé dans ce lieu en portant notre péché.
Paul montre où la malédiction a abouti :
"Christ nous a rachetés de la malédiction de la loi, étant devenu malédiction pour nous, car il est écrit : Maudit est quiconque est pendu au bois, -" (Galates 3:13)
C'est la loi de Deutéronome 21, la même qui est tombée sur Absalom. Absalom est resté suspendu entre le ciel et la terre à cause de sa rébellion. Jésus est resté suspendu entre le ciel et la terre à cause de la nôtre. Le Fils qui a écouté la voix du Père a été pendu à la place des fils qui ne l'ont pas écoutée.
Il y a un détail que notre traduction ne montre pas. En français, tout est traduit par "maudit". Dans la Septante, Deutéronome 21 dit "maudit" avec un mot, et notre liste dit "maudit" avec un autre : ἐπικατάρατος (epikatáratos). Quand Paul cite Deutéronome 21, il change le mot et utilise celui de notre liste. Paul n'emploie ce mot que deux fois, et les deux se trouvent dans Galates 3 : une fois pour celui qui n'accomplit pas la loi, une autre pour Jésus sur la croix. Celui qui lit Paul regarde la croix et entend Deutéronome 28.
Vous souvenez-vous de la synagogue ? Là-bas, personne n'interrompt la lecture des malédictions. Au Calvaire, on a crié à Jésus d'arrêter et, s'il était Fils de Dieu, de descendre de la croix (Matthieu 27:40). La veille au soir, Il avait dit que le Père lui donnerait plus de douze légions d'anges s'Il le demandait (Matthieu 26:53). Il le pouvait. Il n'a pas voulu.
À la synagogue, un seul homme lit toutes les malédictions. Au Calvaire, un seul Homme les a toutes portées, car l'Éternel a fait retomber sur lui l'iniquité de nous tous (Ésaïe 53:6). Il ne l'a pas fait en silence : vers la neuvième heure, Jésus s'écria d'une voix forte, demandant à son Dieu pourquoi il l'avait abandonné (Matthieu 27:46).
Ce jour-là, il s'est produit une chose que celui qui connaît Deutéronome 28 n'oublie pas. L'une des malédictions disait que l'on tâtonnerait en plein midi, comme l'aveugle tâtonne dans l'obscurité (Deutéronome 28:29). Matthieu raconte : "Depuis la sixième heure jusqu’à la neuvième , il y eut des ténèbres sur toute la terre." (Matthieu 27:45). La sixième heure, c'est midi. Matthieu ne cite pas le Deutéronome dans ce verset, mais celui qui lit les deux frissonne. L'obscurité des malédictions est tombée sur Jésus à midi.
Vous souvenez-vous de la question de David : qui donnera ? Jésus a répondu : "Car le Fils de l’homme est venu, non pour être servi, mais pour servir et donner sa vie comme la rançon de plusieurs." (Marc 10:45). Dans la Septante, le cri de David est formulé ainsi : "qui donnera ma mort à ta place ?". Marc a écrit en grec, et les mots de Jésus sont les deux mêmes : "donner" et "à la place de". Là où notre Bible dit "en rançon pour plusieurs", le grec dit "rançon à la place de plusieurs". Ce que David a demandé en pleurant à la porte de la ville, Jésus l'a fait sur la croix.
Puis vint le dimanche. Les femmes allèrent au sépulcre de grand matin, au lever du soleil (Marc 16:2), et entendirent que Jésus était ressuscité. L'homme de Deutéronome 28 demandait : qui me donnera le matin ? Ce dimanche-là, le matin est arrivé.
Avant de monter au ciel, Jésus a fait un dernier geste : "Il les conduisit jusque vers Béthanie, et, ayant levé les mains, il les bénit." (Luc 24:50). Il était sorti de la ville en portant la malédiction. Maintenant, il sort avec les siens, les mains levées, en les bénissant. Celui qui est sorti maudit à notre place bénit maintenant notre sortie.
Paul dit pourquoi tout cela est arrivé : afin que, par la foi, nous recevions la promesse de l'Esprit (Galates 3:14). Pour nous, pentecôtistes, voici la base de la vie dans l'Esprit : le Saint-Esprit a été répandu sur des gens que Jésus a tirés de dessous la malédiction.
Au chapitre 27, Moïse a ordonné de lire douze malédictions devant le peuple. Après chacune d'elles, tout le peuple devait dire amen (Deutéronome 27:26). Douze fois amen, et les douze après une malédiction. Paul a écrit à l'Église que toutes les promesses de Dieu sont en lui le oui et par lui l'amen (2 Corinthiens 1:20). Israël a dit amen aux malédictions. En Christ, l'Église dit amen aux promesses.
C'est ici qu'entre notre responsabilité. Dire amen aux promesses ne transforme pas Deutéronome 28 en contrat de prospérité. Cela ne laisse pas non plus le croyant dans la peur de la malédiction, puisqu'il n'y a maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont en Jésus-Christ (Romains 8:1).
Que personne ne regarde un frère malade en disant qu'il est sous une malédiction. Deutéronome 28:35 parle d'ulcères malins depuis la plante du pied jusqu'au sommet de la tête. Le livre de Job utilise la même phrase pour les plaies d'un homme que Dieu a appelé intègre et droit, et qui souffrait sans cause (Job 2:3, 7). La plaie avait la forme de la malédiction, et ce n'était pas une malédiction.
Application — Ce qui reste pour la semaine
Premièrement : si vous êtes le père ou la mère d'un Absalom, transformez votre "ah ! si seulement" en prière. Vous ne pouvez pas mourir pour votre enfant, mais Jésus est déjà mort pour lui. Dites son nom à Dieu tous les jours. Tant qu'il y a de la vie, le chemin du retour est ouvert.
La question : Pour quel enfant, ou pour quelle personne de votre famille, allez-vous crier à Dieu en le nommant cette semaine ?
Deuxièmement : ne dites "maudit" sur personne, encore moins sur un enfant. Les paroles pèsent. En 2006, des chercheurs liés à l'Université Harvard ont interrogé 554 jeunes de 18 à 22 ans. Le poids des paroles agressives des parents dans leur vie a été plus grand que le poids des agressions physiques à la maison. Jésus a déjà porté le "maudit". Il ne nous appartient pas de répéter ce mot sur qui que ce soit. Paul enseigne : "Bénissez ceux qui vous persécutent, bénissez et ne maudissez pas." (Romains 12:14).
La question : Sur qui avez-vous prononcé des paroles de malédiction, y compris sur vous-même ?
Troisièmement : si vos nuits sont longues, commencez le matin avec la miséricorde de Dieu. Le livre des Lamentations a été écrit sur les ruines de Jérusalem, après l'accomplissement de Deutéronome 28, et il dit ceci : "Les bontés de l’Éternel ne sont pas épuisées, Ses compassions ne sont pas à leur terme ; Elles se renouvellent chaque matin. Oh ! que ta fidélité est grande !" (Lamentations 3:22-23).
La question : Quelle nuit de votre vie devez-vous remettre à Jésus cette semaine ?
Conclusion — Qui veut
Mes frères et sœurs, quand Deutéronome 28 arrive à la synagogue, personne ne veut monter pour lire. Vers la fin des malédictions, un homme soupire "ah ! si seulement". David a soupiré de la même manière à la porte de la ville, et il n'a pas pu. Jésus a voulu. Il est entré béni, est sorti maudit, n'est pas descendu quand on lui a ordonné de descendre, et le dimanche le matin est arrivé.
Vous souvenez-vous du peuple au visage pâle, demandant : "Qui peut se tenir debout devant celles-ci ?" Ce maître juif raconte que Moïse a répondu par la phrase suivante, affirmant qu'ils se tenaient tous aujourd'hui devant l'Éternel, leur Dieu (Deutéronome 29:10). Dans son explication, Moïse disait au peuple : bien des fois vous avez irrité Dieu, et Il ne vous a pas détruits. Regardez, vous êtes debout. Paul le dit avec plus de force en parlant de Jésus : par Lui, nous avons accès par la foi à cette grâce, dans laquelle nous demeurons fermes (Romains 5:2).
La Bible se termine en répondant à tout cela. Dans le dernier chapitre, Jean écrit qu'il n'y aura plus aucune malédiction (Apocalypse 22:3). Là, Jésus dit qu'il est la racine et la postérité de David, l'étoile brillante du matin (Apocalypse 22:16). C'est le Fils de David, qui a fait ce que David n'a pas pu faire. C'est le matin que l'homme de Deutéronome 28 demandait. Juste après vient l'invitation :
"Et l’Esprit et l’épouse disent : Viens. Et que celui qui entend dise : Viens. Et que celui qui a soif vienne ; que celui qui veut, prenne de l’eau de la vie, gratuitement." (Apocalypse 22:17)
Pour lire les malédictions, on a appelé "qui veut", et Il a voulu. Pour l'eau de la vie, l'Esprit appelle "qui veut". Dans le grec du Nouveau Testament, ce "veut" est le même verbe que celui de la prière de Gethsémané : non pas ce que je veux. Si vous n'avez pas encore remis votre vie à Jésus, aujourd'hui est le jour. Si vous lui appartenez déjà, sortez de chez vous demain en sachant qu'un jour Il vous dira la même parole qu'on Lui a dite, en invitant ceux qui sont bénis de son Père à venir (Matthieu 25:34). Il a voulu. Puissiez-vous vouloir aussi.
Que Dieu bénisse profondément chacun de vous. Et nous nous retrouvons lors de notre prochaine EBD Online.
Sources et notes de la rubrique
La synagogue. Mishna, Meguila 3.6 : אֵין מַפְסִיקִין בַּקְּלָלוֹת, אֶלָּא אֶחָד קוֹרֵא אֶת כֻּלָּן ("on n'interrompt pas dans les malédictions ; un seul les lit toutes"), règle donnée pour Lévitique 26. Talmud de Babylone, Meguila 31b : Abayé permet d'interrompre les malédictions du Deutéronome ; la coutume postérieure leur a étendu la règle du Lévitique, et la rubrique le précise ("Avec le temps, la coutume est passée aussi à Deutéronome 28"). Shulchan Aruch, Orach Chayim 428.6 (1565) : אלא קורין מי שירצה, "mais on appelle qui veut". Mishna Beroura 428.17 : dans bien des endroits, c'est le lecteur lui-même qui monte, et il n'y a pas d'inconvénient à payer le bedeau pour cela. Kitzur Shulchan Aruch 78.4 (1864) : קוֹרִין בְּקוֹל נָמוּךְ, "on lit à voix basse". La phrase de la rubrique "personne ne se propose" résume la réticence que ces solutions supposent ; les sources enregistrent les solutions, et non une statistique. Détails dans la Partie VIII.
Rachi. "Un maître juif qui a vécu il y a près de mille ans" est Rachi (1040-1105), dans son commentaire sur Deutéronome 29:12 (numérotation hébraïque ; 29:13 dans d'autres éditions) : les 98 malédictions, les visages qui ont pâli, la question מִי יוּכַל לַעֲמֹד בָּאֵלּוּ et la réponse de Moïse. La même scène se trouve dans le Midrash Tanchuma (Nitzavim 1). Voir Partie V, axe 9.
"Ah ! si seulement" en hébreu (Open Scriptures Hebrew Bible). Deutéronome 28:67 a מִי־יִתֵּן deux fois ; 2 Samuel 19:1 en hébreu (18:33) a mî yittēn mûtî ʾănî taḥteykā, "qui donnera ma mort, moi à ta place ?". Les traductions rendent souvent les deux par un souhait ("qui me donnera" ou "que ne suis-je"). Seuls Exode 16:3 et 2 Samuel 19:1 joignent mî yittēn et le verbe "mourir". Le souhait d'Absalom (2 Samuel 15:4) est une autre construction en hébreu (mî yᵉśimēnî šōfēṭ, "qui m'établira juge ?"), et la rubrique n'affirme l'identité hébraïque que pour Deutéronome 28:67 et 2 Samuel 18:33. Les 25 occurrences figurent dans la Partie XI, tableau 8.
Absalom "pendu". En 2 Samuel 18:9, l'expression disant qu'il resta suspendu entre le ciel et la terre traduit wayyuttan, le verbe nātan au passif ("il fut placé") ; le mot tālûy, "pendu", se trouve au verset 10, où le soldat dit avoir vu Absalom pendu à un chêne, sous la même forme qu'en Deutéronome 21:23, et la rubrique rattache l'argument au verset 10. Dans la Septante, 18:10 a κρεμάμενον, le verbe de Galates 3:13. L'expression d'un très grand monceau de pierres (18:17) est gal ʾăbānîm gādôl, la formule de Josué 8:29 (le roi d'Aï, pendu à un bois). Ésaïe 50:5 ("je n'ai point été rebelle", lōʾ mārîtî) et Deutéronome 21:18 (môreh, "rebelle") emploient le même verbe, mārâ, sous des formes différentes. Les traductions diffèrent sur le premier adjectif de Deutéronome 21:18 ("indocile" ou "obstiné").
Le monument appelé Tombeau d'Absalom. Le monument (Yad Avshalom), dans la vallée du Cédron, date du Ier siècle apr. J.-C. d'après le style de la construction (A. Kloner et B. Zissu, 2003 ; R. Hachlili, 2005). La coutume de jeter des pierres et d'y emmener les enfants désobéissants est rapportée par Z. Vilnay (The Guide to Israel, 1970) et par la fondation qui administre la Cité de David ; c'est une tradition, et non une donnée de fouille.
La Bible grecque et les décomptes. Chaque "béni" de Deutéronome 28:3-6 est εὐλογημένος ; chaque "maudit" de 28:16-19 (et de 27:15-26) est ἐπικατάρατος ; en 21:23, le "maudit" du pendu est κεκατηραμένος ὑπὸ θεοῦ. Dans le Nouveau Testament, εὐλογημένος est dit sept fois au sujet de Jésus (Matthieu 21:9 ; 23:39 ; Marc 11:9 ; Luc 1:42 ; 13:35 ; 19:38 ; Jean 12:13), dix fois au total dans le SBLGNT et onze dans le Texte Reçu, qui l'a aussi en Luc 1:28. Luc 1:42 répète Deutéronome 28:4 en hébreu et dans plusieurs traductions ; dans la Septante, non (ἔκγονα × καρπός). Paul n'utilise ἐπικατάρατος qu'en Galates 3:10, 13 (le Texte Reçu a aussi le mot en Jean 7:49). Le Psaume 118:26, bārûk habbāʾ, réunit les racines de "béni" et d'"entrer" de Deutéronome 28:6. Le "non pas ce que je veux" (Matthieu 26:39, θέλω) et le "qui veut" (Apocalypse 22:17, ὁ θέλων) sont le même verbe, dans le SBLGNT et dans le Texte Reçu.
Septante de 2 Samuel 18:33 et Marc 10:45. Le cri de David dans la Bible grecque est τίς δῴη τὸν θάνατόν μου ἀντὶ σοῦ, "qui donnera ma mort à ta place ?" ; Marc 10:45 a δοῦναι… λύτρον ἀντὶ πολλῶν : les deux mêmes termes, "donner" (δίδωμι) et "à la place de" (ἀντί).
Science. M. H. Teicher, J. A. Samson, A. Polcari et C. E. McGreenery, "Sticks, stones, and hurtful words: relative effects of various forms of childhood maltreatment", American Journal of Psychiatry 163 (2006), p. 993-1000 : 554 jeunes de 18 à 22 ans ; l'agression verbale des parents a eu des effets modérés à importants, supérieurs à ceux de l'agression physique familiale. C'est une étude d'association, avec questionnaire rétrospectif (Partie IX, point 3).
Réserves. (1) David et Absalom entrent à titre de contraste ("David n'a pas pu ; Jésus a voulu"), et non de typologie : David n'est pas la figure du Père, et Absalom est la figure du rebelle, jamais du Christ. (2) Matthieu 27:45 ne cite pas Deutéronome 28:29 ; la rubrique présente le rapprochement comme un écho, et le précise. (3) La rencontre de la ville et des champs en Luc 23:26 est une coïncidence de mots présentée comme une image, et non comme une prophétie. (4) Le retour à la Leçon 5 (Matthieu 26:39) est déclaré dans la rubrique elle-même. (5) La rubrique ne traite pas de l'histoire du peuple juif ; le sujet se trouve dans la Partie V, axe 7, et dans la Partie VI, erreur 8.
Appendice A — Huit plans de prédication à partir de Deutéronome 28
Les cinq premiers plans sont les versions de la rubrique "Fala, Pastor!" écrites pour cette leçon ; les trois derniers sont des thèmes étudiés et non retenus. Toutes les références ont été vérifiées ; les sources de chaque élément se trouvent dans les parties indiquées.
Plan 1 — "Il a voulu"
Thèse : pour lire les malédictions, la synagogue appelle "qui veut", et personne ne veut ; vers la fin de celles-ci, Moïse montre un homme qui soupire "ah ! si seulement" ; un père a soupiré ainsi pour son fils rebelle pendu à un arbre, et n'a pas pu mourir à sa place ; Jésus a voulu : il est entré à Jérusalem sous le "béni", est sorti en portant le "maudit" et est mort pendu à la place des rebelles. Mouvements : (1) Personne ne veut (Deutéronome 28:16-19, 66-67 ; Galates 3:10) ; (2) Ah ! si seulement (2 Samuel 15:4, 6, 10, 30 ; 18:5, 9, 10, 14, 17, 32, 33 ; Deutéronome 21:18, 21, 23 ; 2 Samuel 12:13) ; (3) Il a voulu (Matthieu 21:9-10 ; Psaumes 118:26 ; Luc 1:42 ; 22:39 ; Matthieu 26:39, 53 ; Ésaïe 50:5-6 ; Luc 23:21, 26 ; Jean 19:17 ; Hébreux 13:11-12 ; Lévitique 13:46 ; 16:27 ; Galates 3:13-14 ; Matthieu 27:40, 45-46 ; Ésaïe 53:6 ; Deutéronome 28:29, 35 ; Job 2:3, 7 ; Marc 10:45 ; 16:2 ; Luc 24:50 ; Deutéronome 27:26 ; 2 Corinthiens 1:20 ; Romains 8:1). Conclusion : Deutéronome 29:10 ; Romains 5:2 ; Apocalypse 22:3, 16-17 ; Matthieu 25:34. C'est la rubrique de cette leçon, reproduite en intégralité ci-dessus.
Plan 2 — "Il n'y aura personne pour vous acheter"
Thèse : Deutéronome 28 commence en plaçant le peuple "en haut" (ʿelyôn, 28:1) et se termine avec le peuple mis en vente, sans acheteur (ʾên qōneh, 28:68) ; la loi prévoyait un proche parent qui rachète le frère vendu, et Christ est cet Acheteur. Mouvements : (1) En haut (Deutéronome 28:1 ; 26:18-19 ; Genèse 14:18-19 ; Exode 15:16) ; (2) En vente (Deutéronome 28:29, 31, 35, 48, 60, 66-68 ; 17:16 ; Exode 14:13 ; Job 2:7 ; Romains 11:2) ; (3) Rachetés (Lévitique 25:48 ; Galates 3:13-14 ; Deutéronome 21:23 ; Matthieu 27:42, 45 ; Jean 19:23, 28 ; 1 Corinthiens 6:19-20 ; 7:23 ; 1 Timothée 2:6 ; Apocalypse 5:9-10 ; Romains 8:1). Première version de la rubrique (13 octobre 2026). Sources : Partie III, points b et s ; Partie IV, bloc G ; Partie IX, point 5 ; "Christ dans la leçon". Prudence : en 28:1, ʿelyôn est un adjectif ; le lien avec Genèse 14 est un lien de vocabulaire, et non de titre.
Plan 3 — "Qui veut" (aussi "Le chapitre que personne ne veut lire")
Thèse : pour lire les malédictions, la synagogue appelle "qui veut", et personne ne veut ; au Calvaire, Christ a voulu : il a pris sur lui toutes les malédictions et ne s'est pas arrêté jusqu'à la dernière ; maintenant l'Esprit appelle "qui veut" pour la bénédiction. Mouvements : (1) Les règles de la lecture (Mishna, Meguila 3.6 ; Meguila 31b ; Shulchan Aruch, Orach Chayim 428.6 ; Kitzur 78.4 ; Deutéronome 27:14 ; 28:2, 15, 45 ; Exode 14:9 ; Lamentations 1:3, 5 ; 3:33) ; (2) Accomplies au Calvaire (Jean 10:17-18 ; Ésaïe 53:6 ; Josué 8:34-35 ; Matthieu 26:39 ; Ésaïe 51:17, 22 ; Matthieu 26:53 ; 27:40, 45-46, 50 ; Luc 23:34, 43 ; Psaumes 22:24 ; Ésaïe 50:4-7 ; Deutéronome 21:18-23 ; Galates 3:13-14) ; (3) L'invitation (Apocalypse 22:17 ; Lamentations 3:22-23 ; Deutéronome 29:10 ; Romains 5:2 ; Actes 2:33). Versions du 13 au 22 octobre 2026. Prudence : les coutumes de la synagogue sont médiévales et modernes (1565 et 1864), et le parallèle avec le Calvaire est un contraste du prédicateur, sans prétendre à une dépendance historique ; le "qui veut" du Shulchan Aruch et celui d'Apocalypse 22:17 sont des mots différents.
Plan 4 — "Ah ! si seulement"
Thèse : Deutéronome 28 est le chapitre du Dieu qui donne ; celui qui écoute sa voix reçoit ce qu'Il donne, et celui qui tourne le dos finit par demander "qui donnera ?" ; un père a posé cette question en pleurant pour un fils rebelle, et n'a pas pu donner ce qu'il demandait ; Dieu a donné son Fils, pendu à la place des fils rebelles. Mouvements : (1) L'Éternel te donnera (Deutéronome 28:1, 12, 24, 45, 47, 65) ; (2) Qui donnera ? (2 Samuel 15:4, 6, 10, 30 ; 18:5-33 ; Deutéronome 21:18-23 ; 2 Samuel 12:10, 13) ; (3) Dieu a donné (Luc 22:39 ; Jean 3:16 ; Marc 10:45 ; 1 Timothée 2:6 ; Galates 3:13-14 ; Deutéronome 28:29 avec Matthieu 27:45 ; Marc 16:2 ; Romains 8:1 ; Ézéchiel 18:20 ; Apocalypse 22:3, 5, 16). Application : Lamentations 3:22-23 ; Luc 11:13. Conclusion : 2 Corinthiens 9:15. Version du 22 octobre 2026. Sources : Partie III, point r ; Partie XI, tableaux 2 et 8. Prudence : David n'est pas la figure du Père ; Absalom est la figure du rebelle.
Plan 5 — "Béni en entrant, maudit en sortant"
Thèse : les six bénédictions et les six malédictions de Deutéronome 28 ne sont tombées tout entières que sur Jésus : Il est entré à Jérusalem sous le "béni" et est sorti de la ville en portant le "maudit", afin que notre entrée et notre sortie soient bénies. Mouvements : (1) Béni en entrant (Deutéronome 28:1-6 ; Luc 1:41-42 ; Deutéronome 26:2 ; Exode 12:34 ; 1 Corinthiens 5:7 ; 15:20 ; Matthieu 21:9-10 ; Psaumes 118:22, 26 ; Matthieu 21:42 ; Luc 19:38, 41 ; Jean 8:29) ; (2) Maudit en sortant (Deutéronome 28:15-19 ; Luc 23:21, 26, 28-29 ; Jean 19:17, 20 ; Hébreux 13:11-12 ; Lévitique 13:46 ; 16:27 ; Galates 3:10, 13 ; Deutéronome 21:23) ; (3) Bénis de mon Père (Galates 3:14 ; Deutéronome 27:26 ; 2 Corinthiens 1:20 ; Luc 24:50-51 ; Lévitique 9:22-23 ; Hébreux 9:24, 28 ; Jean 10:9, 11 ; Psaumes 121:8 ; Matthieu 25:34 ; Hébreux 13:13-14). Ouverture : Deutéronome 27:12-13 (Garizim et Ébal). Version du 23 octobre 2026. Sources : Partie III, points d, e, f et 3 ; Partie XI, tableaux 1 et 9.
Plan 6 — "Ce qui vient derrière vous"
Thèse : la bénédiction de Deutéronome 28 atteint, et la malédiction poursuit avec les verbes de l'armée de Pharaon ; mais le Dieu de l'Exode est passé derrière son peuple, et celui qui marche avec Lui est suivi par le bonheur et la grâce. Mouvements : (1) Ce qui atteint et ce qui poursuit (Deutéronome 28:2, 15, 22, 45 ; Exode 14:9) ; (2) Le Dieu qui passe derrière (Exode 14:19-20 ; Ésaïe 52:12) ; (3) Ce qui nous suit (Psaumes 23:6 ; Lamentations 3:22-23). Sources : Partie III, point c. La bénédiction "atteint" (nāśag) ; seule la malédiction "poursuit" (rādap) ; le Psaume 23:6 utilise rādap pour le bonheur et la grâce, que les traductions rendent par le verbe accompagner ou suivre. Ésaïe 52:12, où le Dieu d'Israël est l'arrière-garde de son peuple, est le verset qui précède le quatrième chant du Serviteur.
Plan 7 — "À la tête et non à la queue"
Thèse : la promesse de placer à la tête et non à la queue vient avec une condition et peut s'inverser ; Celui qui n'avait pas où reposer sa tête l'a inclinée sur la croix, et c'est pourquoi Il est la Tête de l'Église. Mouvements : (1) À la tête, sous condition (Deutéronome 28:13) ; (2) À la queue (Deutéronome 28:43-44 ; Lamentations 1:5 ; Ésaïe 9:14-15) ; (3) La tête inclinée (Matthieu 8:20 ; Luc 9:58 ; Jean 19:30 ; Colossiens 1:18). Le verbe κλίνω, "incliner / reposer", avec κεφαλή, "tête", n'apparaît qu'en Matthieu 8:20, Luc 9:58 et Jean 19:30 (SBLGNT). Prudence : la déclaration consistant à se proclamer à la tête et non à la queue comme formule de prospérité oublie la condition du verset lui-même, qui demande d'obéir.
Plan 8 — "La plaie qui n'était pas une malédiction"
Thèse : Deutéronome 28:35 et Job 2:7 décrivent la même plaie avec les mêmes mots ; dans l'un, c'est une sanction de l'alliance ; dans l'autre, c'est la douleur d'un juste ; celui qui visite le malade apporte présence et prière, et laisse le diagnostic à Dieu et aux médecins. Mouvements : (1) La même plaie (Deutéronome 28:35 ; Job 1:1 ; 2:3, 7) ; (2) Les amis qui ont posé un diagnostic (Job 2:11-13 ; 4:7 ; 42:7-8, 10 ; Jean 9:2-3 ; Luc 13:1-5) ; (3) Le Serviteur blessé (Ésaïe 53:4-5 ; 1 Pierre 2:24 ; Jacques 5:14-15). Utile pour les visites aux malades et les cultes de prière pour les personnes souffrantes. Prudence : la foi en la guérison divine (Exode 15:26 ; Jacques 5:14-15) ne devient pas une formule, et le serviteur fidèle peut rester malade (2 Timothée 4:20). Sources : Partie V, axe 3 ; Partie VI, erreur 3.
Annexe B — Soutien à l'enseignant en classe
Plan de cours suggéré — 50 minutes
| TEMPS | QUOI FAIRE |
|---|---|
| 0-5 min | Écrivez au tableau les deux phrases de la suggestion méthodologique de la revue : "Dieu me bénit parce que je suis fidèle" et "Si je suis fidèle, je n'affronterai jamais la souffrance". Demandez à la classe de dire laquelle est conforme aux Écritures, et gardez la réponse pour le point I.3. |
| 5-12 min | Lecture en classe (Deutéronome 28:1-6, 15-19). Montrez l'expression hébraïque "si en écoutant tu écoutes" du Texte d'or et les deux listes (Partie XI, tableau 1) : l'ordre inversé et ce qui manque dans la liste des malédictions. |
| 12-22 min | Point I : obéir, c'est écouter et se soumettre (Jérémie 42:6 ; Jacques 1:22) ; la condition ; la théologie de la prospérité, avec les quatre étapes de la revue et l'équilibre (Partie V, axe 4). Revenez aux deux phrases du début du cours et présentez Job, Paul et les premiers chrétiens. |
| 22-34 min | Point II : le contraste (28:15) ; les dimensions de la malédiction ; le péché du centre, servir sans joie dans l'abondance (28:47) ; l'encadré historique avec la règle "registre, non prévision" (Partie V, axe 7) ; le cas de Job (Partie V, axe 3). |
| 34-45 min | Point III : la nouvelle alliance (Jérémie 31:31 ; Luc 22:20 ; Hébreux 8:10 ; 9:16, 17) ; le Saint-Esprit qui écrit à l'intérieur (Romains 5:5 ; Actes 2:4) ; la responsabilité (Galates 6:7, 8 ; Hébreux 10:26-29), avec la précaution de l'erreur 10 de la Partie VI. |
| 45-50 min | Christ dans la leçon : Galates 3:13, 14 et la question "qui peut se tenir debout ?", avec la foule d'Apocalypse 7:9, 14. Prière. |
Questions que les élèves posent souvent — avec réponses
Si je traverse une maladie ou des difficultés financières, suis-je maudit ? Non. Job était intègre et a souffert des ulcères de 28:35 sans cause (Job 2:3, 7), et Jésus a dit de l'aveugle que ni lui ni ses parents n'avaient péché (Jean 9:3). Le péché a des conséquences (Ésaïe 59:2), mais pour celui qui est en Christ, il n'y a aucune condamnation (Romains 8:1). Voir Partie V, axe 3.
Deutéronome 28 est-il valable aujourd'hui ? Les sanctions ont été données à Israël en tant que nation, dans le pays, au sein de l'alliance de Moab. Il demeure vrai que Dieu est saint et que l'on moissonne ce que l'on sème (Galates 6:7). La malédiction de la loi, Christ l'a portée (Galates 3:13), et les bénédictions en Christ embrassent toute la vie (Éphésiens 1:3, texte de la revue).
Existe-t-il une malédiction héréditaire ? La Bible dit que le fils ne portera pas l'iniquité du père (Ézéchiel 18:20 ; Deutéronome 24:16). Exode 20:5 parle de ceux qui continuent à haïr Dieu, et le verset 6 promet la miséricorde jusqu'à mille générations. Les schémas familiaux et les conséquences existent ; on les traite par la repentance et le discipulat (Partie V, axe 5).
Quelqu'un peut-il me maudire par jalousie ou par sorcellerie ? Balaam a essayé et n'a pas réussi : il n'y a ni enchantement contre Jacob, ni divination contre Israël (Nombres 23:23), et la malédiction sans cause n'a point d'effet (Proverbes 26:2). L'Église pentecôtiste prend au sérieux le combat spirituel et prie pour les opprimés (Marc 16:17), et le croyant vit ce combat sous la protection de Christ, sans crainte.
Dieu prend-il plaisir à punir ? (28:63) Le verset affirme que le jugement est certain. L'Écriture dit aussi que Dieu n'afflige ni n'attriste de bon cœur les enfants des hommes (Lamentations 3:33) et qu'il ne prend pas plaisir à la mort du méchant (Ézéchiel 33:11). Voir Partie III, point o, et Partie VIII (Meguila 10b).
Que signifie le fait que Christ est devenu malédiction pour nous (Galates 3:13) ? Qu'Il a porté à la place du pécheur la sentence de la loi brisée (Galates 3:13 ; 2 Corinthiens 5:21). Cela ne veut pas dire que le Père l'a haï : le Père l'aime parce qu'Il donne sa vie (Jean 10:17). Voir Partie V, axe 6, et Partie VII.
Les Juifs sont-ils maudits pour avoir rejeté Jésus ? Paul répond que Dieu n'a nullement rejeté son peuple (Romains 11:1) et que les dons et l'appel de Dieu sont sans repentir (Romains 11:29). Jésus a prié pour ceux qui le crucifiaient (Luc 23:34). Voir Partie V, axe 7.
Celui qui ne donne pas la dîme est-il sous la malédiction de Malachie 3:9 ? Malachie a parlé à Juda, sous l'alliance du Sinaï. La dîme et l'offrande relèvent de la fidélité et de la gratitude envers Dieu. Personne ne les apporte pour se protéger d'une malédiction, car le croyant en Christ en est déjà affranchi (Galates 3:13). Voir Partie VI, erreur 4.
Questionnaire — les cinq questions de la revue et treize autres
Qu'exprime le mot "obéir" ? Réponse de la revue : de l'hébreu shāma, obéir exprime l'union entre écouter et se soumettre, étant une réponse de foi à la Parole (Deutéronome 28:1).
Selon la leçon, qu'exige l'expérience des bénédictions spirituelles dans la vie du croyant et quelle est la portée de ces bénédictions ? Réponse de la revue : dans le Nouveau Testament, bien que le salut soit par la grâce, l'expérience des bénédictions spirituelles exige l'obéissance (Jean 14:15). Elles embrassent toute la vie (Deutéronome 28:2-6) et révèlent le soin et la justice de Dieu (Éphésiens 1:3 ; Matthieu 6:33).
Quelle condition apporte l'expression de Deutéronome 28:15 sur le refus d'écouter ? Réponse de la revue : le refus d'écouter (Deutéronome 28:15) apporte la condition négative (héb. 'im lo') et indique un jugement pour rejet délibéré (Exode 19:5 ; Lévitique 26:14, 15). Il ne s'agit pas d'une rigueur arbitraire, mais de la conséquence de la rébellion.
Selon la leçon, de quoi Dieu est-il la source ? Et quel choix a-t-Il placé devant le peuple ? Réponse de la revue : Dieu est la source de toute bénédiction et a placé devant le peuple le choix entre la bénédiction et la malédiction (Deutéronome 11:26).
Qu'est-il nécessaire pour comprendre la Nouvelle Alliance ? Réponse de la revue : pour comprendre la Nouvelle Alliance, il est nécessaire de comprendre l'Ancienne, car c'est en elle que commence le plan du salut, accompli en Christ (Matthieu 9:17).
Quelle forme prend la condition d'écouter de 28:1 en hébreu ? ʾim-šāmôaʿ tišmaʿ, "si en écoutant tu écoutes" : le verbe redoublé, la manière hébraïque de dire "si tu écoutes vraiment".
Quel verbe se cache derrière l'idée d'élever au-dessus des nations (28:1), et combien de fois apparaît-il dans le chapitre ? Nātan, "donner" : "te donnera en haut". Il apparaît dix-sept fois dans Deutéronome 28 (Partie XI, tableau 2).
Quelle est la différence entre les verbes de 28:2 et de 28:45 ? En 28:2, les bénédictions "atteindront" (nāśag) ; en 28:45, les malédictions "poursuivront" et "atteindront" (rādap et nāśag), les verbes de l'armée de Pharaon dans Exode 14:9.
Que change la liste des malédictions (28:16-19) par rapport à celle des bénédictions (28:3-6) ? Elle inverse l'ordre, en plaçant la corbeille et la huche avant le fruit des entrailles, et laisse de côté le fruit du bétail (comparer 28:4 avec 28:18).
Quel péché le chapitre nomme-t-il en son centre, en 28:47 ? Ne pas servir l'Éternel avec joie et de bon cœur, au milieu de l'abondance de toutes choses.
Que signifie l'expression traduite par en suspens (28:66), et comment les Pères de l'Église ont-ils lu ce verset ? Tᵉluʾîm, "suspendue" ; la Septante a traduit par κρεμαμένη. Méliton, Irénée et Athanase ont lu ce verset comme une prophétie de Christ suspendu à la croix (Partie VII).
Que signifie le souhait exprimé en 28:67 en hébreu ? Mî yittēn, "qui donnera ?" : la formule de celui qui désire ce qu'il ne peut se donner à lui-même.
Comment se termine le chapitre, et de quel verbe vient le mot "acheteur" ? Il se termine par l'annonce que personne ne les achètera (28:68). "Acheteur" est qōneh, du verbe qānâ, le même que dans la mention du peuple que Dieu a acquis (Exode 15:16).
Quelle loi Paul cite-t-il dans Galates 3:13, et quel mot remplace-t-il ? Deutéronome 21:23, selon lequel celui qui est pendu est maudit de Dieu. Paul remplace le mot de la Septante (κεκατηραμένος) par ἐπικατάρατος, le mot des malédictions de Deutéronome 27 et 28.
Pourquoi Job est-il important dans cette leçon ? Parce qu'il a souffert des ulcères de 28:35 sans cause (Job 2:3, 7), et que Dieu a réprimandé les amis qui avaient conclu qu'il avait péché (Job 42:7).
Quelle question, selon Rashi, le peuple a-t-il posée en entendant les malédictions, et où l'Apocalypse y répond-elle ? "Qui peut se tenir debout devant celles-ci ?" L'Apocalypse demande qui peut subsister (Apocalypse 6:17) et répond par la foule qui se tenait debout devant le trône, lavée dans le sang de l'Agneau (Apocalypse 7:9, 14).
Quelle expression relie Galates 3:14 à la Pentecôte ? La promesse de l'Esprit, que Pierre utilise dans Actes 2:33 pour expliquer l'effusion du Saint-Esprit.
Comment la tradition juive a-t-elle répondu à l'affirmation selon laquelle Dieu prendrait plaisir à les détruire (28:63) ? Dans le Talmud (Meguila 10b), Rabbi Yoḥanan enseigne que Dieu ne se réjouit pas de la chute des méchants, et Rabbi Elazar lit le verbe comme "fait se réjouir les autres".
Bibliographie commentée
Source officielle. GOMES, Osiel. Lições Bíblicas Adultos — Professor: O Deus da Aliança. 4e trimestre de 2026. Rio de Janeiro : CPAD (la maison d'édition des Assemblées de Dieu au Brésil), 2026, Leçon 7. Ouvrages de référence cités par la revue : Dicionário Bíblico Baker (CPAD), p. 79 ; RICHARDS, Lawrence O. Comentário Devocional da Bíblia. Rio de Janeiro : CPAD, 2012, p. 124 ; RICHARDS, Lawrence O. Guia do Leitor da Bíblia. Rio de Janeiro : CPAD, 2016, p. 138. Revue Ensinador Cristão, nº 107, p. 39 (support indiqué par la revue).
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☩ SOLI DEO GLORIA ☩
L'Écriture gouverne ; tout le reste, à genoux.
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Prière finale
Seigneur notre Dieu, merci parce que ton alliance n'a jamais été une grille de paiement. Tu as appelé un peuple qui t'appartenait déjà et tu lui as donné ta Parole pour qu'il l'écoute et en vive. Pardonne-nous, Père, pour les fois où nous avons entendu sans agir, et pour les fois où nous avons essayé d'acheter avec des offrandes ce que seule l'obéissance donne.
Garde-nous de mesurer ton amour à l'aune du compte bancaire. Console le frère qui est dans la gêne et qui a entendu dire qu'il manquait de foi ; le couple qui attend ; celui qui est malade, sans emploi ou en deuil. Garde-nous d'être Éliphaz pour qui que ce soit. Et, si nous prospérons, ne nous laisse pas t'oublier dans l'abondance.
Merci, par-dessus tout, pour Jésus. Le "maudit" qui pesait sur nous est tombé sur Lui, pendu au bois. Il est mort à notre place et est ressuscité le troisième jour, et par Lui nous ne vivons pas sous la malédiction, mais sous le soin d'un Père. Écris ta loi dans notre cœur par ton Saint-Esprit, afin que cette semaine écouter soit agir. Au nom de Jésus, amen.
Soli Deo Gloria — l'Écriture gouverne ; tout le reste, à genoux.
Questions fréquentes sur cette leçon
Deutéronome 28 promet-il la prospérité financière à celui qui est fidèle à Dieu ?+
Non comme un contrat individuel. Deutéronome 28 est la partie finale d'un pacte entre Dieu et Israël en tant que nation, sur une terre précise, sous un régime où Dieu gouvernait directement le peuple. Les bénédictions étaient collectives et parlent la langue d'une économie agricole : la pluie en son temps, les greniers, les portées des vaches et des brebis (Deutéronome 28:4). Tirer un verset de ce pacte et l'appliquer au salaire de quelqu'un aujourd'hui, c'est ignorer le contexte et le changement d'alliance : Christ est "Mais maintenant il a obtenu un ministère d’autant supérieur qu’il est le médiateur d’une alliance plus excellente, qui a été établie sur de meilleures promesses." (Hébreux 8:6). Le Nouveau Testament montre des serviteurs fidèles dans le besoin — Paul a appris "Je sais vivre dans l’humiliation, et je sais vivre dans l’abondance. En tout et partout j’ai appris à être rassasié et à avoir faim, à être dans l’abondance et à être dans la disette." (Philippiens 4:12) — et avertit que "Mais ceux qui veulent s’enrichir tombent dans la tentation, dans le piège, et dans beaucoup de désirs insensés et pernicieux qui plongent les hommes dans la ruine et la perdition." (1 Timothée 6:9). Dieu bénit et prend soin de toute la vie, mais la bénédiction est une grâce, non un paiement. La dîme, l'offrande ou la "déclaration" ne sont pas un mécanisme de rendement financier.
La maladie, le chômage, la pauvreté ou l'impossibilité d'avoir des enfants sont-ils un signe de malédiction ou de manque de foi ?+
Non. Job était "Il y avait dans le pays d’Uts un homme qui s’appelait Job. Et cet homme était intègre et droit ; il craignait Dieu, et se détournait du mal." (Job 1:1) et a perdu ses biens, ses enfants et sa santé ; les amis qui disaient qu'il souffrait à cause d'un péché ont entendu de Dieu : "Après que l’Éternel eut adressé ces paroles à Job, il dit à Éliphaz de Théman : Ma colère est enflammée contre toi et contre tes deux amis, parce que vous n’avez pas parlé de moi avec droiture comme l’a fait mon serviteur Job." (Job 42:7). Les disciples ont demandé, devant un aveugle de naissance, qui avait péché ; Jésus a répondu : "Jésus répondit : Ce n’est pas que lui ou ses parents aient péché ; mais c’est afin que les œuvres de Dieu soient manifestées en lui." (Jean 9:3). Paul a laissé Trophime malade à Milet (2 Timothée 4:20). Le péché a des conséquences réelles, et il y a des moments où le croyant lui-même doit examiner sa vie devant Dieu. Mais décréter le diagnostic sur la souffrance d'autrui est l'erreur des amis de Job. La prospérité n'est pas un certificat d'approbation, et son absence n'est pas une sentence de réprobation.
Existe-t-il une malédiction héréditaire ? Dois-je faire une campagne de prière pour briser une malédiction familiale ?+
Celui qui est en Christ ne vit pas sous la malédiction : "Christ nous a rachetés de la malédiction de la loi, étant devenu malédiction pour nous, car il est écrit : Maudit est quiconque est pendu au bois, -" (Galates 3:13), et "Il n’y a donc maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont en Jésus-Christ." (Romains 8:1). L'idée d'une malédiction qui passe automatiquement de père en fils a été rejetée par Dieu lui-même par l'intermédiaire d'Ézéchiel : "L’âme qui pèche, c’est celle qui mourra. Le fils ne portera pas l’iniquité de son père, et le père ne portera pas l’iniquité de son fils. La justice du juste sera sur lui, et la méchanceté du méchant sera sur lui." (Ézéchiel 18:20) (voir aussi Deutéronome 24:16). Le texte d'Exode 20:5 parle de l'iniquité punie sur ceux qui le haïssent — des générations qui persistent dans le même péché —, et non d'une sentence sur l'enfant qui se tourne vers Dieu. Les habitudes et les blessures familiales existent, et l'Évangile les affronte par la repentance, le discipulat, la prière et l'aide — non par un rituel, une chaîne payante ou une "rupture" que la croix n'aurait pas déjà réglée. En Christ, "Si quelqu’un est en Christ, il est une nouvelle créature. Les choses anciennes sont passées ; voici, toutes choses sont devenues nouvelles." (2 Corinthiens 5:17).
Si le croyant pèche, retombe-t-il sous les malédictions de Deutéronome 28 ?+
Non. Le croyant qui pèche ne retourne pas sous le régime d'Ébal ; il est sous la correction d'un Père. "Car le Seigneur châtie celui qu’il aime, Et il frappe de la verge tous ceux qu’il reconnaît pour ses fils." (Hébreux 12:6), et il corrige "Nos pères nous châtiaient pour peu de jours, comme ils le trouvaient bon ; mais Dieu nous châtie pour notre bien, afin que nous participions à sa sainteté." (Hébreux 12:10). La correction n'est pas une malédiction : la malédiction est une sentence ; la correction est un soin. Le chemin de celui qui est tombé est celui de la confession : "Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous les pardonner, et pour nous purifier de toute iniquité." (1 Jean 1:9). En même temps, la grâce n'annule pas les semailles : "Ne vous y trompez pas : on ne se moque pas de Dieu. Ce qu’un homme aura semé, il le moissonnera aussi." (Galates 6:7). Le péché continue d'avoir des conséquences et continue de blesser la communion avec Dieu.
Qu'est-ce que la Nouvelle Alliance et en quoi est-elle meilleure que celle du Sinaï ?+
C'est l'alliance promise par Jérémie — "Voici, les jours viennent, dit l’Éternel, Où je ferai avec la maison d’Israël et la maison de Juda Une alliance nouvelle," (Jérémie 31:31) —, dans laquelle Dieu dit : "Mais voici l’alliance que je ferai avec la maison d’Israël, Après ces jours-là, dit l’Éternel : Je mettrai ma loi au dedans d’eux, Je l’écrirai dans leur cœur ; Et je serai leur Dieu, Et ils seront mon peuple." (Jérémie 31:33). Jésus l'a inaugurée par son propre sang : "Il prit de même la coupe, après le souper, et la leur donna, en disant : Cette coupe est la nouvelle alliance en mon sang, qui est répandu pour vous." (Luc 22:20). Hébreux dit qu'elle est supérieure parce que Christ est "Mais maintenant il a obtenu un ministère d’autant supérieur qu’il est le médiateur d’une alliance plus excellente, qui a été établie sur de meilleures promesses." (Hébreux 8:6), et que "Jésus est par cela même le garant d’une alliance plus excellente." (Hébreux 7:22). La loi du Sinaï disait quoi faire ; la Nouvelle Alliance, par le Saint-Esprit, donne le vouloir : "Or, l’espérance ne trompe point, parce que l’amour de Dieu est répandu dans nos cœurs par le Saint-Esprit qui nous a été donné." (Romains 5:5).
Hébreux 10:26 veut-il dire que j'ai perdu mon salut parce que j'ai péché après ma conversion ?+
Le texte dit : "Car, si nous péchons volontairement après avoir reçu la connaissance de la vérité, il ne reste plus de sacrifice pour les péchés," (Hébreux 10:26). Il parle de celui qui méprise Christ les yeux ouverts — celui qui "de quel pire châtiment pensez-vous que sera jugé digne celui qui aura foulé aux pieds le Fils de Dieu, qui aura tenu pour profane le sang de l’alliance, par lequel il a été sanctifié, et qui aura outragé l’Esprit de la grâce ?" (Hébreux 10:29) —, écrit à des personnes tentées d'abandonner Christ et de retourner à l'ancien système. Il ne parle pas du croyant qui tombe, pleure son péché et revient. Les Assemblées de Dieu croient que l'apostasie est réelle et qu'il est possible d'abandonner la foi ; c'est pourquoi Hébreux avertit. Mais celui qui est affligé, craignant d'être allé trop loin, a déjà montré qu'il ne méprise pas la grâce. Pour celui-là, la porte est celle de 1 Jean 1:9 : confesser et être pardonné.
Article de la leçon
Voici l'article de la leçon — la lecture suivie de la leçon. Le dossier complet de recherche, avec exégèse, sources et lexique, se trouve dans l'onglet Étude.
Pensez à deux hommes. L'un est membre de l'assemblée depuis vingt ans, est fidèle dans la dîme, ne manque jamais un culte, a élevé ses enfants dans la crainte de Dieu — et continue d'avoir du mal à joindre les deux bouts à la fin du mois. Il a déjà entendu quelqu'un lui dire, avec une bonne intention, qu'il devait manquer de foi. L'autre n'a jamais mis les pieds dans une église et a acheté sa troisième voiture cette année. Si Deutéronome 28 était une grille de paiement, l'un des deux ne serait pas à sa place. Le Psaume 73 tout entier a été écrit à cause de cette scène, et la leçon d'aujourd'hui existe pour la lire correctement.
Dans la leçon précédente, Deutéronome 7 a expliqué pourquoi Dieu a choisi ce peuple : non pour sa taille, mais parce qu'Il l'a aimé. Deutéronome 28 dit comment ce peuple allait vivre au sein de l'alliance. Nous sommes dans le troisième grand discours de Moïse, dans les plaines de Moab, à quelques pas du Jourdain. Le chapitre suivant résume ce qui se passe : "Voici les paroles de l’alliance que l’Éternel ordonna à Moïse de traiter avec les enfants d’Israël au pays de Moab, outre l’alliance qu’il avait traitée avec eux à Horeb." (Deutéronome 29:1). C'est l'alliance du Sinaï renouvelée avec la génération qui va entrer dans le pays — et toute alliance avait des clauses.
Lisez à haute voix les versets 3 et 16 et remarquez : "Tu seras béni dans la ville, et tu seras béni dans les champs." (Deutéronome 28:3) ; "Tu seras maudit dans la ville, et tu seras maudit dans les champs." (Deutéronome 28:16). C'est la même phrase avec le signe inversé. Tout le chapitre est construit ainsi, et tout est suspendu à un mot hébreu de deux lettres, ʾim, "si", qui ouvre le verset 1 et le verset 15. La leçon suit les trois points de la revue : les bénédictions de l'obéissance, les conséquences de la désobéissance et la Nouvelle Alliance en Christ. Et une phrase nous accompagnera jusqu'à la fin : dans l'alliance, écouter c'est déjà obéir — et la bénédiction est grâce, non contrat.
I — Les bénédictions de l'obéissance dans l'alliance
1) La nature biblique de l'obéissance
Le chapitre s'ouvre sur une condition : écouter la voix de l'Éternel, son Dieu (Deutéronome 28:1). Et ce verbe est le plus important du Deutéronome. C'est le même qui ouvre la confession de foi que tout Israélite répétait matin et soir : "Écoute, Israël ! l’Éternel, notre Dieu, est le seul Éternel." (Deutéronome 6:4). La revue rappelle que, pour l'Hébreu, écouter et obtempérer ne faisaient qu'un. Écouter n'était pas capter un son ; c'était recevoir la parole et y répondre par sa vie.
אב Dans l'original — šāmaʿ, écouter c'est déjà agir. Le verbe hébreu שָׁמַע (šāmaʿ) signifie entendre, écouter, prêter attention et obéir, selon le contexte — et l'hébreu ne sépare pas ces choses comme le français les sépare. C'est pourquoi la Bible insiste tant pour ordonner d'écouter à des gens qui entendaient parfaitement : l'ordre n'a jamais concerné uniquement l'oreille. Dans Deutéronome 28, le mot apparaît aux deux extrémités : si l'on écoute (Deutéronome 28:1) et si l'on n'écoute pas (Deutéronome 28:15). Le Nouveau Testaments fait de même avec le grec. "Obéir" se dit hypakouō, qui unit "dessous" et "écouter" : écouter en se plaçant sous la parole. Paul remercie les Romains d'avoir obéi de cœur au modèle de doctrine auquel ils ont été confiés (Romains 6:17), et décrit son ministère comme un appel à l'obéissance de la foi parmi toutes les nations (Romains 1:5).
Celui qui a entendu et n'a pas agi, en hébreu, n'a pas entendu. Jacques le dit à l'Église : "Mettez en pratique la parole, et ne vous bornez pas à l’écouter, en vous trompant vous-mêmes par de faux raisonnements." (Jacques 1:22). La question de la leçon n'est donc pas de savoir si vous connaissez bien la Parole. Elle est tout autre, et plus dérangeante : ce que vous avez déjà entendu s'est-il transformé en obéissance ? Personne n'y répond machinalement, car la réponse demande un exemple. Quelle est la dernière chose que vous avez entendue de Dieu et que vous avez faite ?
La revue cite encore un cas qui mérite d'être raconté. Après la chute de Jérusalem, le reste du peuple est allé trouver Jérémie pour demander une parole de Dieu, et a prononcé la plus belle promesse d'obéissance de l'Ancien Testament : "Que ce soit du bien ou du mal, nous obéirons à la voix de l’Éternel, notre Dieu, vers qui nous t’envoyons, afin que nous soyons heureux, si nous obéissons à la voix de l’Éternel, notre Dieu." (Jérémie 42:6). La réponse est venue : restez dans le pays, ne descendez pas en Égypte. Et ils sont descendus en Égypte (Jérémie 43:7). Ils avaient demandé une direction, mais ne voulaient qu'une confirmation. C'est le šāmaʿ à l'envers — et c'est une tentation très adulte : apporter à Dieu une décision déjà prise et appeler cela une prière.
2) La condition pour jouir des promesses divines
Le "si" dérange, parce que notre génération n'aime pas qu'une promesse comporte une condition. Mais remarquez : la condition ne rend pas Dieu mesquin ; elle rend la relation réelle. Une alliance sans aucune condition n'est pas une alliance, c'est un transfert. Et la condition n'est pas le prix de la bénédiction ; c'est la nature de la relation. Personne n'achète l'attention de Dieu en obéissant, mais personne n'a de communion avec Lui en désobéissant.
Il est bon de distinguer deux choses que l'Église a tendance à confondre : le salut et la communion. Le salut est un don de la grâce. La communion se cultive — ou se refroidit. Deutéronome 28 n'explique pas comment on entre dans l'alliance ; Israël était déjà le peuple de Dieu, racheté d'Égypte avant tout commandement. Le chapitre traite de la manière d'y vivre. C'est pourquoi les bénédictions dépendent de l'obéissance, comme le dit la revue, et ne découlent pas de rites : "Samuel dit : L’Éternel trouve-t-il du plaisir dans les holocaustes et les sacrifices, comme dans l’obéissance à la voix de l’Éternel ? Voici, l’obéissance vaut mieux que les sacrifices, et l’observation de sa parole vaut mieux que la graisse des béliers." (1 Samuel 15:22). Saül avait apporté les meilleurs animaux pour l'autel. En théorie, il se montrait généreux envers Dieu. Samuel répond que la générosité ne remplace pas l'obéissance. Aucune offrande ne peut acheter ce que l'obéissance n'a pas donné.
🏛 Curiosité — pourquoi tant de malédictions ? Les traités du Proche-Orient ancien se terminaient habituellement par des bénédictions pour qui respectait l'accord et des malédictions pour qui le rompait, et ils étaient lus à haute voix devant le peuple. De nombreux chercheurs notent que le Deutéronome suit de près ce format. Dans Deutéronome 28, les bénédictions occupent les versets 1 à 14 ; les malédictions, les versets 15 à 68 — quatorze versets contre cinquante-quatre. Ce n'est pas parce que Dieu préfère menacer. C'est parce que le peuple devait savoir exactement à quoi il s'engageait. Une alliance se lit en entier avant d'être signée.
Remarquez maintenant la liste : "Le fruit de tes entrailles, le fruit de ton sol, le fruit de tes troupeaux, les portées de ton gros et de ton menu bétail, toutes ces choses seront bénies. Ta corbeille et ta huche seront bénies." (Deutéronome 28:4-5). La pluie au moment voulu (Deutéronome 28:12), être placé à la tête et non à la queue (Deutéronome 28:13). C'est toute la vie d'un peuple agricole : le champ, la maison, la famille, la table. Dieu prend soin de tout cela. Et le verset 2 emploie une expression singulière en disant que toutes ces bénédictions viendront sur celui qui obéit et l'atteindront (Deutéronome 28:2). La bénédiction court après celui qui obéit. Le détail qui passe souvent inaperçu est que le verset 15 emploie les mêmes mots pour les malédictions, affirmant qu'elles viendront sur lui et l'atteindront — et le verset 45 ajoute qu'elles le poursuivront. Les deux courent. Ce n'est pas un Dieu généreux d'un côté et distrait de l'autre ; c'est le même Dieu, la même parole et deux réponses possibles du peuple.
Et vers quoi pointait la bénédiction ? Le verset 9 répond : "Tu seras pour l’Éternel un peuple saint, comme il te l’a juré, lorsque tu observeras les commandements de l’Éternel, ton Dieu, et que tu marcheras dans ses voies." (Deutéronome 28:9). Le but n'était pas le grenier ; c'était le peuple saint. Le grenier était le moyen. Et le verset 10 complète en disant que tous les peuples de la terre verront que le nom de l'Éternel est invoqué sur Israël (Deutéronome 28:10). La bénédiction avait un destinataire et avait un témoin. Israël prospérait afin que les nations demandent qui était le Dieu de ce peuple. C'est une différence immense par rapport à la lecture moderne, qui transforme le chapitre en projet individuel.
3) L'erreur de la théologie de la prospérité
La revue est directe, et la leçon doit l'être aussi : on ne doit jamais utiliser Deutéronome 28 pour soutenir la théologie de la prospérité. Cet enseignement est très répandu et affirme, en résumé, que Dieu s'oblige à enrichir quiconque remplit certaines conditions — fidélité, offrande, "déclaration". Il convient de le dire avec respect : beaucoup de personnes sincères y croient, et non par mauvaise foi. Lu hors contexte, le chapitre semble bel et bien le promettre. C'est pourquoi la réponse n'est ni l'ironie ni les sobriquets. C'est le contexte, et le contexte s'enseigne. La revue donne trois raisons.
Premièrement : le chapitre appartient à l'alliance mosaïque, dans un régime théocratique. Il a été donné à un peuple spécifique, sur une terre spécifique, lorsque Dieu gouvernait directement cette nation. Il n'existe aujourd'hui aucune nation dans cette condition. On ne peut pas prendre une promesse faite à un peuple-nation sous la théocratie et l'appliquer à la fiche de paie de quelqu'un en 2026.
Deuxièmement : les promesses étaient collectives et nationales, et non des garanties individuelles et automatiques. Personne ne peut découper un verset de bénédiction nationale pour l'appliquer à son propre salaire. Remarquez le vocabulaire : greniers, portées du gros bétail, pluie au moment voulu. Personne parmi ceux qui utilisent ce chapitre pour promettre la richesse ne demande des veaux. La promesse est découpée puis convertie dans la monnaie d'aujourd'hui, sans le moindre critère.
Troisièmement, la raison la plus grave : cet enseignement ignore le changement d'alliance. Nous ne sommes pas sous l'alliance du Sinaï ; nous sommes sous l'alliance dont Christ est le médiateur, une alliance meilleure établie sur de meilleures promesses (Hébreux 8:6). Et il contredit ce que Jésus et les apôtres ont enseigné sur la souffrance et la privation. Jésus a averti : "Je vous ai dit ces choses, afin que vous ayez la paix en moi. Vous aurez des tribulations dans le monde ; mais prenez courage, j’ai vaincu le monde." (Jean 16:33). Paul a écrit : "Ce n’est pas en vue de mes besoins que je dis cela, car j’ai appris à être content de l’état où je me trouve. Je sais vivre dans l’humiliation, et je sais vivre dans l’abondance. En tout et partout j’ai appris à être rassasié et à avoir faim, à être dans l’abondance et à être dans la disette." (Philippiens 4:11-12). Et il a décrit le ministère comme celui de gens pauvres, mais enrichissant plusieurs, n'ayant rien, et possédant toutes choses (2 Corinthiens 6:10). Étienne a été lapidé (Actes 7:59), Jacques a été tué par l'épée (Actes 12:2). Si la prospérité matérielle était la mesure de l'approbation de Dieu, il nous faudrait conclure qu'Il a désapprouvé les apôtres.
Remarquez aussi où se situe l'affirmation selon laquelle on peut tout faire. Juste après avoir parlé de la faim et de l'abondance, Paul dit : "Je puis tout par celui qui me fortifie." (Philippiens 4:13). Le verset le plus utilisé sur les affiches de motivation ne parle pas de conquérir ; il parle de traverser la faim et l'abondance sans perdre Christ. Et le même Paul avertit Timothée : "Mais ceux qui veulent s’enrichir tombent dans la tentation, dans le piège, et dans beaucoup de désirs insensés et pernicieux qui plongent les hommes dans la ruine et la perdition." (1 Timothée 6:9).
La revue appelle véritable prospérité le fait de vivre le Royaume : "Cherchez premièrement le royaume et la justice de Dieu ; et toutes ces choses vous seront données par-dessus." (Matthieu 6:33). Et ces choses, dans le contexte, sont ce que l'on mangera, ce que l'on boira et de quoi l'on sera vêtu (Matthieu 6:31-32) — le pain quotidien dont le Père sait que nous avons besoin, pas la troisième voiture.
🕊 Notre lecture — ce que cette critique N'EST PAS. Rejeter la théologie de la prospérité ne revient pas à dire que Dieu ne bénit pas. Il bénit, prend soin, pourvoit et guérit, et les Assemblées de Dieu le croient. Ce n'est pas non plus du mépris pour le travail ni un éloge de la pauvreté ; Paul savait vivre dans l'abondance. C'est le refus de transformer la relation avec Dieu en marchandage. Aucune dîme, aucune offrande et aucune déclaration ne fonctionnent comme un mécanisme automatique de retour financier. Le marchandage a une marque facile à reconnaître : il met la personne aux commandes — faites ceci, et Dieu devra faire cela. Dieu ne se soumet à aucune formule, et là où il y a une formule, il n'y a pas de relation. Une formule s'utilise avec une machine, pas avec un père. Celui qui donne une offrande le fait par gratitude pour ce qu'il a déjà reçu, jamais comme un investissement au rendement promis. La différence se voit dans la réaction : celui qui a donné par gratitude n'est pas frustré quand la fin du mois ne s'améliore pas ; celui qui a donné comme un investissement l'est, culpabilise souvent sur sa propre foi et se voit poussé à faire une offrande plus importante, "pour voir si cette fois ça marche". C'est ainsi que se met en place un cycle d'exploitation au sein d'une église.
II — Les conséquences de la désobéissance dans l'alliance
1) Le contraste : de la bénédiction à la malédiction
Le verset 15 inverse tout : "Mais si tu n’obéis point à la voix de l’Éternel, ton Dieu, si tu n’observes pas et ne mets pas en pratique tous ses commandements et toutes ses lois que je te prescris aujourd’hui, voici toutes les malédictions qui viendront sur toi et qui seront ton partage :" (Deutéronome 28:15). La revue rappelle qu'en hébreu, c'est la même condition précédée d'une négation — ʾim lōʾ, "si... ne pas". Et ce qui suit reflète, point par point, ce qui précédait : ville et champ, corbeille et huche, fruit des entrailles et du sol, entrer et sortir (Deutéronome 28:16-19).
אב Dans l'original — bārûk et ʾārûr. "Béni" se dit בָּרוּךְ (bārûk) ; "maudit" se dit אָרוּר (ʾārûr). Les deux mots ouvrent des phrases identiques aux versets 3-6 et 16-19, comme les deux moitiés d'un sceau. ʾĀrûr est le mot de sentence des douze déclarations du chapitre précédent, auxquelles tout le peuple répondait par l'amen (Deutéronome 27:15-26). Ce n'est pas un mauvais sort jeté par quelqu'un contre quelqu'un ; c'est la déclaration solennelle que celui qui rompt l'alliance se place en dehors de sa bénédiction. Et les Proverbes rappellent l'autre versant : "Comme l’oiseau s’échappe, comme l’hirondelle s’envole, Ainsi la malédiction sans cause n’a point d’effet." (Proverbes 26:2). La malédiction, dans la Bible, n'est pas un sortilège flottant dans l'air.
La revue dit que cette condition négative indique un jugement dû au rejet délibéré (Lévitique 26:14-15), et ajoute une réserve importante : ce n'est pas une rigueur arbitraire, c'est la conséquence de la rébellion — et le chrétien ne doit pas lire ce texte de manière légaliste. La cible n'est pas celui qui trébuche et se relève. C'est le peuple qui a entendu, compris et tourné le dos. Jésus a dit quelque chose du même ordre : n'entre pas dans le Royaume celui qui se contente de dire Seigneur, Seigneur, mais celui qui fait la volonté du Père qui est dans les cieux (Matthieu 7:21).
2) Les malédictions dans les dimensions de la vie : personnelle, sociale et spirituelle
La revue organise les conséquences en trois dimensions, qui aident à lire le chapitre sans sensationnalisme.
La dimension personnelle. "Tu seras maudit dans la ville, et tu seras maudit dans les champs. Ta corbeille et ta huche seront maudites." (Deutéronome 28:16-17). La ville et le champ sont le lieu où l'on commerce et le lieu où l'on produit ; la corbeille et la huche représentent la table de la maison. Ce n'est pas une catastrophe lointaine ; c'est la vie quotidienne qui cesse de fonctionner. "L’Éternel enverra contre toi la malédiction, le trouble et la menace, au milieu de toutes les entreprises que tu feras, jusqu’à ce que tu sois détruit, jusqu’à ce que tu périsses promptement, à cause de la méchanceté de tes actions, qui t’aura porté à m’abandonner." (Deutéronome 28:20).
La dimension sociale. "Tu seras maudit à ton arrivée, et tu seras maudit à ton départ." (Deutéronome 28:19). La revue parle de conflits et d'absence de paix. Le reste du chapitre décrit un peuple qui se retourne peu à peu contre lui-même. Il y a là une logique qui se répète jusqu'à aujourd'hui : là où la relation avec Dieu se rompt, les relations avec les autres s'aigrissent. Une maison où personne ne prie devient souvent une maison où personne ne se parle. C'est pourquoi la dimension sociale apparaît comme une conséquence, et non comme un problème séparé.
La dimension spirituelle — et c'est la racine des autres. "Mais ce sont vos crimes qui mettent une séparation Entre vous et votre Dieu ; Ce sont vos péchés qui vous cachent sa face Et l’empêchent de vous écouter." (Ésaïe 59:2). Le mot clé est séparation. Ce n'est pas que Dieu cesse d'exister ou d'avoir du pouvoir ; le verset précédent dit que la main de l'Éternel n'est pas trop courte pour sauver (Ésaïe 59:1). C'est une communion interrompue de notre côté. La revue ajoute que cette séparation produit la stérilité, et cite Jésus : "Je suis le cep, vous êtes les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure porte beaucoup de fruit, car sans moi vous ne pouvez rien faire." (Jean 15:5). La bénédiction du fruit dans le Deutéronome a son équivalent dans le Nouveau Testament, et ce n'est pas un grenier : c'est un fruit de caractère et de vie dans l'Esprit. La malédiction la plus grave n'est pas le grenier vide ; c'est le sarment sec — des gens qui gardent des feuilles, mais sans fruit.
Le chapitre va bien au-delà du verset 19, et la lecture en classe s'arrête là à dessein. Les versets suivants accumulent des tableaux de défaite, de maladie, de siège et d'exil, jusqu'à la famine extrême d'une ville assiégée (Deutéronome 28:53-57), où la déshumanisation pénètre au sein même du foyer. La Bible raconte pour avertir, non pour exposer. Il n'est pas nécessaire de parcourir ce catalogue en classe. Il suffit de dire ce qu'il montre : lorsqu'un peuple abandonne Dieu, le péché déshumanise.
🕊 Notre lecture — "malédiction héréditaire" et "bris de malédiction". Le mot malédiction soulève souvent une question en classe, et elle mérite une réponse claire. Il existe un enseignement répandu selon lequel les maux familiaux — maladie, dépendance, divorce, pauvreté — seraient une "malédiction héréditaire" ou "générationnelle" qui passe de père en fils et doit être "brisée" lors de campagnes, de chaînes de prière ou de séances spéciales, parfois accompagnées d'une offrande. Nous rejetons catégoriquement cet enseignement. Premièrement, parce que celui qui est en Christ ne vit pas sous la malédiction : Christ nous a rachetés de la malédiction de la loi en devenant malédiction pour nous (Galates 3:13), et il n'y a aucune condamnation pour ceux qui sont en Jésus-Christ (Romains 8:1). Deuxièmement, parce que Dieu Lui-même a réfuté le proverbe des raisins verts qui agacent les dents des enfants (Ézéchiel 18:2) : le fils ne portera pas l'iniquité du père, et le père ne portera pas l'iniquité du fils (Ézéchiel 18:20 ; Deutéronome 24:16). Troisièmement, parce qu'Exode 20:5 parle de l'iniquité punie chez ceux qui haïssent Dieu — des générations qui persistent dans le même péché —, et le verset suivant dit que la miséricorde s'étend jusqu'à mille générations envers ceux qui L'aiment (Exode 20:6). L'enfant qui se tourne vers Dieu ne porte la sentence de personne. Ce qui existe, en revanche, ce sont des habitudes et des blessures qui se répètent dans une famille — et l'Évangile y fait face par la repentance, le discipulat, la prière, le conseil pastoral et, si nécessaire, une aide professionnelle. Non par un rituel. Une campagne qui promet de "briser" ce que la croix a déjà réglé affirme, sans le vouloir, que la croix n'a pas suffi. Et chercher chez les ancêtres l'origine spirituelle des problèmes s'approche dangereusement de ce que Dieu a interdit dans Deutéronome 18:10-11.
3) Les bénédictions doivent conduire à la communion avec Dieu
La revue place ici une phrase du Deutéronome qui résume le chapitre : "Vois, je mets aujourd’hui devant vous la bénédiction et la malédiction :" (Deutéronome 11:26). Dieu est la source de toute bénédiction — c'est Lui qui donne la force d'acquérir des richesses, afin de confirmer son alliance (Deutéronome 8:18). Et la bénédiction a une direction : ramener vers Celui qui l'a donnée. Lorsqu'elle cesse de conduire à Dieu, elle devient idolâtrie — le cadeau prenant la place du donateur.
Ce n'est pas une hypothèse. C'est ce qui est arrivé à ce peuple, et le Deutéronome lui-même avait prévenu : il fallait prendre garde d'oublier l'Éternel, son Dieu, de peur qu'après avoir mangé à satiété et avoir bâti et habité de belles maisons (Deutéronome 8:11-12), le cœur ne dise que c'est par sa propre force et la vigueur de sa main qu'il a acquis cette richesse (Deutéronome 8:17). L'abondance a été traitée comme un risque, pas seulement comme une récompense. On prêche beaucoup contre la pénurie et presque jamais contre l'oubli qui accompagne l'abondance — et l'histoire d'Israël montre lequel des deux a fait tomber le plus de gens. Deutéronome 28 le dit en toutes lettres lorsqu'il donne le motif des malédictions : "Pour n’avoir pas, au milieu de l’abondance de toutes choses, servi l’Éternel, ton Dieu, avec joie et de bon cœur," (Deutéronome 28:47). La racine n'a pas été le manque ; ç'a été l'ingratitude dans l'abondance.
Malachie montre jusqu'où cela peut aller et dit aux sacrificateurs, gens de l'autel, que Dieu maudira leurs bénédictions — et les a même déjà maudites — parce qu'ils ne prennent pas la chose à cœur (Malachie 2:2). La bénédiction devient malédiction sans changer de taille. C'est pourquoi la revue conclut que la prospérité matérielle ne peut être vue comme un signe absolu de l'approbation divine, et cite Jésus : "Et que sert-il à un homme de gagner tout le monde, s’il perd son âme ?" (Marc 8:36). Et Lui-même a affirmé que la vie d'un homme ne dépend pas de l'abondance de ses biens (Luc 12:15).
La phrase de la revue tranche dans les deux sens. La prospérité n'est pas un certificat d'approbation — et son absence n'est pas une sentence de réprobation. Les deux lectures erronées font des ravages. L'une produit l'arrogance spirituelle. L'autre pousse des personnes sincères à s'éloigner de Dieu parce qu'elles pensent avoir été rejetées — et celle-ci est plus silencieuse, car la personne n'annonce pas qu'elle a abandonné ; elle disparaît peu à peu.
Le livre de Job existe pour cela. Job était un homme intègre et droit, craignant Dieu et se détournant du mal (Job 1:1), et il a perdu ses biens, ses enfants et sa santé. Sa première réaction a été l'adoration : "et dit : Je suis sorti nu du sein de ma mère, et nu je retournerai dans le sein de la terre. L’Éternel a donné, et l’Éternel a ôté ; que le nom de l’Éternel soit béni !" (Job 1:21). Puis ses amis sont arrivés et, pendant des dizaines de chapitres, ont défendu à l'envers la théologie que cette leçon démonte : si vous souffrez, c'est que vous avez péché. Ils parlaient bien mais avaient tort au sujet de cet homme. À la fin, Dieu dit à Éliphaz : "Après que l’Éternel eut adressé ces paroles à Job, il dit à Éliphaz de Théman : Ma colère est enflammée contre toi et contre tes deux amis, parce que vous n’avez pas parlé de moi avec droiture comme l’a fait mon serviteur Job." (Job 42:7). Le "il doit manquer de foi" que le frère dans la gêne a entendu, c'est Éliphaz parlant au sein de l'église. Jésus a corrigé la même idée devant un aveugle de naissance. Les disciples ont demandé qui avait péché, cet homme ou ses parents, pour qu'il soit né aveugle, et Il a répondu que ce n'était ni lui ni ses parents, mais que c'était afin que les œuvres de Dieu soient manifestées en lui (Jean 9:2-3).
❤ Pour votre vie — si vous êtes arrivé fatigué. Peut-être êtes-vous arrivé à cette leçon fatigué d'essayer de comprendre pourquoi votre vie ne s'améliore pas. Comprenez une chose : le silence de Dieu sur votre compte bancaire n'est pas son opinion sur vous. Le psalmiste est passé par là : "Toutefois, mon pied allait fléchir, Mes pas étaient sur le point de glisser ; Car je portais envie aux insensés, En voyant le bonheur des méchants." (Psaume 73:2-3). Il a essayé de comprendre, et cela a été trop pénible à ses yeux — jusqu'à ce qu'il entre dans le sanctuaire de Dieu et comprenne leur sort final (Psaumes 73:16-17). La circonstance n'a pas changé ; c'est l'endroit d'où il regardait qui a changé. La foi ne change pas le chiffre ; elle change l'horizon dans lequel on le lit. Et il termine sans avoir rien récupéré de matériel : "Quel autre ai-je au ciel que toi ! Et sur la terre je ne prends plaisir qu’en toi. Ma chair et mon cœur peuvent se consumer : Dieu sera toujours le rocher de mon cœur et mon partage." (Psaume 73:25-26). Si vous êtes arrivé prospère, écoutez l'autre versant : la prospérité n'est pas un certificat ; c'est une responsabilité.
🏛 Curiosité — "Que s'est-il réellement passé ?" La revue propose un encadré sous ce titre. Les avertissements de Moïse se sont accomplis dans l'histoire d'Israël : le Royaume du Nord est tombé devant l'Assyrie en 722 av. J.-C. ; Jérusalem a été détruite par Babylone en 586 av. J.-C. ; un reste est revenu environ soixante-dix ans plus tard, mais Jérusalem a de nouveau été rasée par les Romains en 70 apr. J.-C., et le peuple juif a passé des siècles sans patrie. La bonne façon de lire ce parcours est d'y voir un constat historique, non un calendrier prophétique : Dieu avait dit ce qui arriverait si le peuple abandonnait l'alliance, et Il a averti pendant des siècles par les prophètes. Cela n'autorise personne à lire la souffrance du peuple juif — y compris les terribles persécutions du XXe siècle — comme un châtiment mérité. L'antisémitisme n'a pas sa place dans la foi chrétienne. Et le même Deutéronome qui annonce l'exil annonce le retour : c'est le sujet de la prochaine leçon.
III — La Nouvelle Alliance : nature, bénédictions et responsabilité
1) La nature de la Nouvelle Alliance
Deutéronome 28 laisse un problème en suspens. La loi disait quoi faire, et promettait la bénédiction à qui le ferait — mais ne donnait pas à l'homme la volonté de le faire. L'histoire a montré qu'Israël n'y est pas parvenu. C'est pourquoi Dieu a promis, par Jérémie, autre chose : "Voici, les jours viennent, dit l’Éternel, Où je ferai avec la maison d’Israël et la maison de Juda Une alliance nouvelle, Non comme l’alliance que je traitai avec leurs pères, Le jour où je les saisis par la main Pour les faire sortir du pays d’Égypte, Alliance qu’ils ont violée, Quoique je fusse leur maître, dit l’Éternel." (Jérémie 31:31-32). Ce qui change, c'est l'emplacement de la loi : "Mais voici l’alliance que je ferai avec la maison d’Israël, Après ces jours-là, dit l’Éternel : Je mettrai ma loi au dedans d’eux, Je l’écrirai dans leur cœur ; Et je serai leur Dieu, Et ils seront mon peuple." (Jérémie 31:33). Au lieu de tables de pierre, le cœur. C'est le šāmaʿ résolu de l'intérieur.
La revue décrit cette alliance en quatre temps : promise dans Jérémie, ayant Christ pour médiateur, inaugurée par sa mort et confirmée par sa résurrection et la venue de l'Esprit. Jésus l'a annoncée à table, la coupe à la main : "Il prit de même la coupe, après le souper, et la leur donna, en disant : Cette coupe est la nouvelle alliance en mon sang, qui est répandu pour vous." (Luc 22:20). L'épître aux Hébreux répète la promesse de Jérémie et l'applique à l'Église : "Mais voici l’alliance que je ferai avec la maison d’Israël, Après ces jours-là, dit le Seigneur : Je mettrai mes lois dans leur esprit, Je les écrirai dans leur cœur ; Et je serai leur Dieu, Et ils seront mon peuple." (Hébreux 8:10). Et la revue rappelle qu'elle ne se fonde pas sur la lettre, mais apporte le salut et demande la foi et la soumission : Christ est devenu pour tous ceux qui Lui obéissent l'auteur d'un salut éternel (Hébreux 5:9). Le verbe est le même qu'en Deutéronome 28:1 — écouter et obéir —, désormais devant le Fils.
🕊 Notre lecture — qui écrit la loi dans le cœur. La Nouvelle Alliance donne ce que l'ancienne ne pouvait pas donner parce que Dieu a répandu son Esprit. "Or, l’espérance ne trompe point, parce que l’amour de Dieu est répandu dans nos cœurs par le Saint-Esprit qui nous a été donné." (Romains 5:5). L'obéissance de la Nouvelle Alliance n'est pas un effort à la force du poignet, qui se fatigue et abandonne ; c'est le fruit de l'Esprit. Et la revue situe la confirmation de cette alliance à la Pentecôte : "Et ils furent tous remplis du Saint-Esprit, et se mirent à parler en d’autres langues, selon que l’Esprit leur donnait de s’exprimer." (Actes 2:4). Nous croyons en deux œuvres distinctes : l'Esprit qui habite en tout croyant dès la conversion et écrit la loi dans son cœur, et le baptême dans le Saint-Esprit, revêtement de puissance postérieur à la conversion, avec l'évidence initiale du parler en d'autres langues. Celui qui n'a pas encore été baptisé dans le Saint-Esprit n'est pas sans la loi dans le cœur ; et le baptême dans le Saint-Esprit n'est pas un "second salut". C'est encore moins une "onction pour prospérer" — ce serait faire revenir le marchandage par la porte de l'Esprit.
2) Les bénédictions spirituelles de la Nouvelle Alliance
La revue montre le lien entre les deux alliances : la première prépare, la seconde accomplit ; l'une est l'ombre, l'autre est la réalité (Hébreux 10:1). Et elle affirme que la Nouvelle est supérieure sur trois plans : les promesses, le sacrifice et la médiation. L'épître aux Hébreux dit de Christ : "Mais maintenant il a obtenu un ministère d’autant supérieur qu’il est le médiateur d’une alliance plus excellente, qui a été établie sur de meilleures promesses." (Hébreux 8:6). Le sacrifice est l'Agneau de Dieu, qui ôte le péché du monde (Jean 1:29).
Et il y a une différence de garantie qui change tout. L'alliance du Sinaï dépendait de l'accomplissement des deux parties, et l'une d'elles a failli tout le temps. La Nouvelle dépend de Quelqu'un qui a déjà tout accompli. C'est pourquoi l'épître aux Hébreux dit : "Jésus est par cela même le garant d’une alliance plus excellente." (Hébreux 7:22). Un garant est celui qui répond de la dette d'un autre lorsqu'il ne peut pas payer. Deutéronome 28 suspendait tout au "si" du peuple ; la Nouvelle Alliance suspend tout à la fidélité du Garant — et appelle le peuple à répondre avec foi.
Les bénédictions de cette alliance sont le pardon, la transformation, la paix avec Dieu, la justification et l'espérance. Paul met cela en ordre dans Romains 5, et ne cache pas la tribulation : "Bien plus, nous nous glorifions même des afflictions, sachant que l’affliction produit la persévérance, la persévérance la victoire dans l’épreuve, et cette victoire l’espérance. Or, l’espérance ne trompe point, parce que l’amour de Dieu est répandu dans nos cœurs par le Saint-Esprit qui nous a été donné." (Romains 5:3-5). Dans la Nouvelle Alliance, l'épreuve n'est pas une sentence ; c'est un atelier. Le frère du début, fidèle et dans la gêne, n'est pas sous une malédiction — et il n'est pas non plus à l'arrêt : Dieu accomplit quelque chose en lui. La revue mentionne encore, dans un encadré, la promesse de Romains 8:28 : "Nous savons, du reste, que toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu, de ceux qui sont appelés selon son dessein." (Romains 8:28). Il n'est pas dit que toutes choses sont bonnes ; il est dit qu'entre les mains de Dieu, elles concourent ensemble au bien de ceux qui L'aiment.
3) Le danger de la désobéissance à la Nouvelle Alliance
La Nouvelle Alliance n'est pas seulement un privilège ; elle comporte une responsabilité, et l'épître aux Hébreux est sévère sur ce point : "Car, si nous péchons volontairement après avoir reçu la connaissance de la vérité, il ne reste plus de sacrifice pour les péchés, mais une attente terrible du jugement et l’ardeur d’un feu qui dévorera les rebelles." (Hébreux 10:26-27). Remarquez deux expressions : pécher volontairement et après avoir reçu la connaissance de la vérité. La lettre a été écrite à des personnes tentées d'abandonner Christ et de retourner à l'ancien système, et décrit celui qui foule aux pieds le Fils de Dieu, qui tient pour profane le sang de l'alliance par lequel il a été sanctifié, et qui outrage l'Esprit de la grâce (Hébreux 10:29). Il ne s'agit pas de celui qui tombe et se relève ; il s'agit de celui qui méprise la grâce les yeux ouverts.
La revue dit, avec raison, que ce chemin conduit à l'apostasie et à la condamnation, et les Assemblées de Dieu le croient : il est possible d'abandonner la foi, et Jésus a averti : "Si quelqu’un ne demeure pas en moi, il est jeté dehors, comme le sarment, et il sèche ; puis on ramasse les sarments, on les jette au feu, et ils brûlent." (Jean 15:6). L'avertissement est réel. Mais lisez-le dans le bon sens : celui qui est affligé, craignant d'avoir commis un péché impardonnable, a déjà montré qu'il n'est pas décrit là. Celui qui méprise la grâce ne perd pas le sommeil pour elle. Pour celui qui est tombé, la porte reste ouverte : "Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous les pardonner, et pour nous purifier de toute iniquité." (1 Jean 1:9).
Et la loi des semailles demeure valable : "Ne vous y trompez pas : on ne se moque pas de Dieu. Ce qu’un homme aura semé, il le moissonnera aussi. Celui qui sème pour sa chair moissonnera de la chair la corruption ; mais celui qui sème pour l’Esprit moissonnera de l’Esprit la vie éternelle." (Galates 6:7-8). Ce qui a changé dans la Nouvelle Alliance, ce n'est pas la loi des semailles ; c'est Celui qui a payé la dette que nous n'avions aucun moyen de payer. Semer et moissonner n'est pas la même chose que mériter le salut — le salut est une grâce. Mais la moisson de nos choix reste la nôtre. Personne ne sème sans récolter. La question est de savoir ce que l'on va récolter.
Une dernière distinction protège beaucoup de gens. Le croyant qui pèche ne recommence pas à vivre sous les malédictions de Deutéronome 28. Il vit sous la correction d'un Père : "Car le Seigneur châtie celui qu’il aime, Et il frappe de la verge tous ceux qu’il reconnaît pour ses fils." (Hébreux 12:6). Et Il corrige pour notre bien, afin que nous participions à sa sainteté (Hébreux 12:10). La malédiction est une sentence ; la correction est un soin. "Il est vrai que tout châtiment semble d’abord un sujet de tristesse, et non de joie ; mais il produit plus tard pour ceux qui ont été ainsi exercés un fruit paisible de justice." (Hébreux 12:11). Celui qui est en Christ n'a pas une malédiction suspendue au-dessus de sa tête. Il a un Père qui ne renonce pas à le former.
Christ dans la leçon
Deutéronome 28 laisse le lecteur honnête sans issue. Les bénédictions dépendent de l'écoute, et aucune génération d'Israël n'a écouté comme elle le devait — pas même la nôtre. Le chapitre précédent avait déjà indiqué l'ampleur du problème : "Maudit soit celui qui n’accomplit point les paroles de cette loi, et qui ne les met point en pratique ! -Et tout le peuple dira : Amen !" (Deutéronome 27:26). Paul cite ce verset et en tire la conclusion : "Car tous ceux qui s’attachent aux œuvres de la loi sont sous la malédiction ; car il est écrit : Maudit est quiconque n’observe pas tout ce qui est écrit dans le livre de la loi, et ne le met pas en pratique." (Galates 3:10). Si l'histoire s'arrêtait là, la leçon se terminerait sur le mont Ébal.
Mais le Deutéronome contient une autre affirmation, perdue dans un chapitre sur les exécutions : celui qui est pendu est un objet de malédiction auprès de Dieu (Deutéronome 21:23). Paul relie les deux : "Christ nous a rachetés de la malédiction de la loi, étant devenu malédiction pour nous, car il est écrit : Maudit est quiconque est pendu au bois, -" (Galates 3:13). Sur la croix, l'ʾārûr du Deutéronome est tombé sur le Seul qui avait écouté et obéi en tout. Il a été blessé pour nos péchés et brisé pour nos iniquités, et le châtiment qui nous donne la paix est tombé sur Lui (Ésaïe 53:5). Jésus est mort sur la croix à notre place et est ressuscité le troisième jour. Et le verset suivant des Galates montre vers quoi la malédiction portée a ouvert le chemin : "afin que la bénédiction d’Abraham eût pour les païens son accomplissement en Jésus-Christ, et que nous reçussions par la foi l’Esprit qui avait été promis." (Galates 3:14).
Remarquez l'amen de Deutéronome 27. Le peuple disait amen à sa propre malédiction. Paul emploie le même mot pour Christ : "car, pour ce qui concerne toutes les promesses de Dieu, c’est en lui qu’est le oui ; c’est pourquoi encore l’Amen par lui est prononcé par nous à la gloire de Dieu." (2 Corinthiens 1:20). L'amen qui nous condamnait est devenu l'amen qui nous garantit. C'est pourquoi aucun croyant n'a besoin de "briser" une malédiction : elle a déjà été portée. Et c'est pourquoi notre obéissance n'achète pas la bénédiction — elle répond au Garant qui a déjà payé.
La Bible se termine par la phrase que Deutéronome 28 ne pouvait pas prononcer : "Il n’y aura plus d’anathème. Le trône de Dieu et de l’agneau sera dans la ville ; ses serviteurs le serviront et verront sa face," (Apocalypse 22:3). Dans l'alliance, écouter c'est déjà obéir — et la bénédiction est grâce, non contrat. En Christ, elle a un Garant.
Application pratique
1. Faites ce que vous avez déjà entendu. Šāmaʿ, c'est écouter de manière à passer à l'action (Deutéronome 28:1 ; Jacques 1:22). Il n'est pas nécessaire d'attendre une parole nouvelle de Dieu pour obéir ; presque toujours, il existe déjà une parole ancienne qui attend une réponse. Et prenez garde à la prière de Jérémie 42 : demander une direction alors que la valise est déjà prête pour l'Égypte. Pour réfléchir : quelle instruction claire de l'Écriture connaissez-vous depuis des années sans l'avoir encore mise en pratique ?
2. Cessez de mesurer votre relation avec Dieu à votre compte bancaire — dans les deux sens. La prospérité n'est pas un certificat ; la gêne financière n'est pas une réprobation (Psaumes 73 ; Job 42:7). Si vous vous êtes déjà cru approuvé parce que tout allait bien, ou rejeté parce que tout allait mal, demandez à Dieu de corriger votre point de vue. Pour réfléchir : lorsque la vie devient difficile, votre première question est-elle "qu'ai-je fait de mal ?" ou "que fait Dieu en moi ?"
3. Veillez à ce que vous dites au frère qui souffre. L'erreur des amis de Job a été de décréter un diagnostic sur la douleur d'autrui (Job 42:7 ; Jean 9:3). Au frère malade, au chômage, sans enfants ou en deuil, offrez votre présence et votre prière, non une sentence. Et personne en Christ ne doit être qualifié de "maudit" — ni par les autres, ni par soi-même (Galates 3:13 ; Romains 8:1). Pour réfléchir : avez-vous déjà été un Éliphaz pour quelqu'un ? Avez-vous déjà eu un Éliphaz dans votre histoire — et pour qui devez-vous prier ?
4. Remerciez dans l'abondance. La malédiction d'Israël avait pour racine l'ingratitude : "Pour n’avoir pas, au milieu de l’abondance de toutes choses, servi l’Éternel, ton Dieu, avec joie et de bon cœur," (Deutéronome 28:47). Faites de la table, du salaire et de la maison un motif de culte en famille, et non d'oubli (Deutéronome 8:11-18). Pour réfléchir : qu'avez-vous demandé à Dieu pour les prochains mois — et, s'Il vous l'accorde, cela vous rapprochera-t-il ou vous éloignera-t-il de Lui ?
Guide de l'enseignant
Essence du cours
Dans l'alliance, écouter, c'est déjà obéir : les bénédictions de Deutéronome 28 étaient une grâce pour un peuple qui répondait à Dieu, et non un contrat d'enrichissement ; la désobéissance rompt la communion et a des conséquences réelles ; et celui qui est en Christ ne vit pas sous la malédiction — Il est devenu malédiction pour nous —, mais sous le soin et la correction d'un Père, dans une alliance meilleure qui a un Garant.
Déroulement du cours
| Temps | Étape |
|---|---|
| 0–5 min | Ouverture (les deux hommes : lequel est béni ?) |
| 5–15 min | Point 1 — Écouter qui devient obéissance (point I) |
| 15–21 min | Dynamique de groupe — Trois phrases au tableau |
| 21–31 min | Point 2 — De la bénédiction à la malédiction, sans Éliphaz dans la salle (point II) |
| 31–40 min | Point 3 — La Nouvelle Alliance et le Garant + Christ (point III) |
| 40–45 min | Conclusion + défi de la semaine + prière |
Commencez ainsi
Racontez la scène sans hâte, comme quelqu'un qui décrit deux voisins : "Un frère fréquente l'assemblée depuis vingt ans, il est fidèle dans la dîme, ne manque jamais un culte, a élevé ses enfants dans la crainte de Dieu — et il a toujours du mal à joindre les deux bouts à la fin du mois. Il a déjà entendu quelqu'un lui dire qu'il devait manquer de foi. L'autre n'a jamais mis les pieds dans une église et a acheté sa troisième voiture cette année." Puis demandez : "Lequel des deux est béni ?" Laissez la classe répondre. On entend souvent "le premier, parce qu'il a Dieu", "cela dépend de ce que vous appelez bénédiction", "le second, mais seulement pour l'instant" — et parfois un silence gêné, parce que quelqu'un dans la salle est ce premier homme. Ne clôturez pas la question. Dites seulement : "Tout le Psaume 73 a été écrit à cause de cette scène. Et aujourd'hui, Deutéronome 28 va nous aider à la lire correctement." Faites la lecture en classe (Deutéronome 28:1-6, 15-19) et demandez au groupe de remarquer la phrase qui se répète en sens inverse (v. 3 et v. 16). Donnez la phrase clé du cours : "Dans l'alliance, écouter, c'est déjà obéir — et la bénédiction est une grâce, non un contrat."
Point 1 — Écouter qui devient obéissance
- Dans la revue : point I ("Les bénédictions de l'obéissance dans l'alliance"), sous-points 1, 2 et 3 ; l'encadré d'approfondissement ("Bénédiction et malédiction") et l'encadré dévotionnel "Si tu obéis pleinement", à la fin du point.
- Ce qu'il faut enseigner : šāmaʿ unit écouter et se soumettre — celui qui a entendu et n'a pas agi n'a pas écouté (Deutéronome 6:4 ; Jacques 1:22). Le "si" (ʾim) n'est pas le prix de la bénédiction ; c'est la nature de la relation ; et obéir vaut mieux que sacrifier (1 Samuel 15:22). La bénédiction avait un but — faire d'Israël un peuple saint — et des témoins — tous les peuples de la terre qui le verraient (28:9, 10). Énoncez la sauvegarde en toutes lettres : Deutéronome 28 est un pacte mosaïque, collectif, national, sous une théocratie ; ce n'est pas un contrat individuel d'enrichissement. La dîme, l'offrande ou la déclaration ne sont pas un mécanisme de rendement. Et cela n'est ni un éloge de la pauvreté ni un mépris du travail.
- Verset d'ancrage : "Samuel dit : L’Éternel trouve-t-il du plaisir dans les holocaustes et les sacrifices, comme dans l’obéissance à la voix de l’Éternel ? Voici, l’obéissance vaut mieux que les sacrifices, et l’observation de sa parole vaut mieux que la graisse des béliers." (1 Samuel 15:22)
- Question clé : "Si en hébreu écouter c'est déjà obéir, quelle part de la Parole que vous connaissez avez-vous réellement 'écoutée' ?"
- Réponses probables (+ approfondissement) : "on sait beaucoup de choses et on en fait peu", "écouter sans agir n'est que de l'information", "c'est comme Saül, qui donne une offrande et n'obéit pas". Approfondissez : "Pourquoi est-il plus facile de donner une offrande que d'obéir dans un domaine précis ?" (1 Samuel 15:22 ; Jérémie 42:6).
- Si personne ne parle : racontez l'histoire de Jérémie 42 en une minute — le peuple jure d'obéir à la voix de Dieu, qu'elle soit favorable ou défavorable (Jérémie 42:6), écoute la réponse et descend quand même en Égypte (Jérémie 43:7). Demandez : "Qui ici a déjà apporté à Dieu une décision qui était déjà prise ?" Ne demandez à personne de dire laquelle.
Point 2 — De la bénédiction à la malédiction, sans Éliphaz dans la salle
- Dans la revue : point II ("Les conséquences de la désobéissance dans l'alliance"), sous-points 1, 2 et 3 ; et l'encadré théologique "Que s'est-il réellement passé ?", à la fin du point.
- Ce qu'il faut enseigner : le verset 15 reflète le verset 1 — ʾim lōʾ, "si... ne pas" —, et les malédictions reflètent les bénédictions (bārûk × ʾārûr). Trois dimensions : personnelle (ville, champ, table — 28:16, 17), sociale (relations qui s'aigrissent — 28:19) et spirituelle, la racine (Ésaïe 59:2 ; Jean 15:5). La bénédiction doit conduire à la communion ; l'abondance oublieuse devient idolâtrie (Deutéronome 8:11-18 ; 28:47 ; Malachie 2:2). Énoncez les sauvegardes en toutes lettres : (1) la prospérité n'est pas un certificat d'approbation, et les difficultés financières, la maladie, le chômage ou l'absence d'enfants ne sont pas un signe automatique de malédiction ni de manque de foi (Job 1:1 ; 42:7 ; Jean 9:3) ; (2) il n'existe pas de "malédiction héréditaire" sur celui qui est en Christ, et une "campagne de brisement de malédiction" n'a aucun fondement biblique (Galates 3:13 ; Ézéchiel 18:20) ; (3) l'encadré historique est un registre, non un calendrier prophétique, et n'autorise pas à lire la souffrance juive comme un châtiment mérité. Ne parcourez pas le catalogue de 28:20-68 ; la lecture s'arrête au verset 19, et les versets du siège (28:53-57) demandent de la sobriété.
- Verset d'ancrage : "Mais ce sont vos crimes qui mettent une séparation Entre vous et votre Dieu ; Ce sont vos péchés qui vous cachent sa face Et l’empêchent de vous écouter." (Ésaïe 59:2)
- Question clé : "Pourquoi est-il si dangereux de regarder la souffrance de quelqu'un et d'en conclure que c'est une malédiction ?"
- Réponses probables (+ approfondissement) : "parce qu'on ne sait pas ce que la personne vit", "parce que Job était juste et a souffert", "parce que cela blesse celui qui est déjà meurtri". Approfondissez : "Et l'inverse — regarder celui qui prospère et en conclure que Dieu approuve sa vie ?" (Psaumes 73:3, 17 ; Marc 8:36).
- Si personne ne parle : lisez Job 42:7 lentement et dites : "Dieu s'est irrité contre la théologie des amis de Job. Ils parlaient bien, citaient des vérités et avaient tort au sujet de cet homme." Puis demandez simplement : "Qu'auriez-vous aimé qu'on vous dise au pire moment de votre vie ?"
Point 3 — La Nouvelle Alliance et le Garant
- Dans la revue : point III ("La Nouvelle Alliance : nature, bénédictions et responsabilité"), sous-points 1, 2 et 3.
- Ce qu'il faut enseigner : la loi disait quoi faire, mais ne donnait pas la volonté ; la Nouvelle Alliance écrit la loi dans le cœur (Jérémie 31:31-33 ; Hébreux 8:10), par le Saint-Esprit répandu (Romains 5:5 ; Actes 2:4). Elle est supérieure en promesses, en sacrifice et en médiation (Hébreux 8:6 ; Jean 1:29), et elle a un Garant qui a déjà tout accompli (Hébreux 7:22). Elle comporte aussi une responsabilité : Hébreux 10:26 concerne celui qui méprise la grâce les yeux ouverts, et non celui qui tombe et se relève ; et la loi des semailles demeure (Galates 6:7, 8). Le croyant qui pèche ne retourne pas sur Ébal ; il vit sous la correction d'un Père (Hébreux 12:6, 10, 11). Terminez en Christ : Il est devenu malédiction pour nous (Deutéronome 21:23 ; Galates 3:13), et dans la cité de Dieu il n'y aura plus jamais de malédiction (Apocalypse 22:3).
- Verset d'ancrage : "Jésus est par cela même le garant d’une alliance plus excellente." (Hébreux 7:22)
- Question clé : "Quelle est la différence entre vivre sous la malédiction et vivre sous la correction d'un Père ?"
- Réponses probables (+ approfondissement) : "la malédiction est un châtiment, la correction est un soin", "la malédiction éloigne, la correction rapproche", "le père corrige parce qu'il aime". Approfondissez : "Comment le croyant doit-il alors considérer une conséquence dure de son propre péché ?" (Hébreux 12:11 ; 1 Jean 1:9).
- Si personne ne parle : expliquez le mot "garant" par la vie courante : "Qui ici a déjà eu besoin de quelqu'un qui se porte garant pour un loyer ? Le garant répond lorsque l'autre ne peut pas payer." Puis lisez Hébreux 7:22 et Galates 3:13 à la suite.
Dynamique de groupe
- Objectif : aider la classe à séparer, avec ses propres mots, la bénédiction comme grâce de la bénédiction comme salaire.
- Matériel : un tableau et un feutre (ou une grande feuille).
- Déroulement : écrivez trois phrases au tableau, numérotées : (1) "Dieu me bénit parce que je suis fidèle." (2) "Si je suis fidèle, je ne souffrirai jamais." (3) "Je suis béni parce que Dieu est fidèle." Demandez à la classe d'échanger deux par deux pendant deux minutes : laquelle des trois est conforme à l'Écriture, et qu'est-ce qui est faux dans les autres ? Écoutez ensuite les binômes qui souhaitent prendre la parole. Conduisez l'échange ainsi : la phrase 2 tombe devant Job, Paul et Jean 16:33 ; la phrase 1 semble bonne, mais elle place le mérite au centre — c'est la porte d'entrée du marchandage ; la phrase 3 place la fidélité en Dieu, et notre obéissance devient une réponse, non une monnaie d'échange. Terminez en demandant : "Laquelle de ces phrases entendez-vous le plus à l'église ? Et à laquelle pensez-vous le plus quand la vie devient difficile ?"
- Conclusion (retour au texte) : "Deutéronome 28 comporte un 'si', mais ce 'si' n'a jamais été un prix. La bénédiction courait après un peuple qui appartenait déjà à Dieu (Deutéronome 28:2, 9). Dans la Nouvelle Alliance, la fidélité qui soutient tout est celle du Garant (Hébreux 7:22). Notre obéissance est l'amen de celui qui a déjà reçu."
- Pourquoi la suggestion de la revue a été adaptée : la suggestion de la revue ne propose que les deux premières phrases et demande à la classe de choisir la bonne. Le problème est que la phrase 1, seule, ressemble à la bonne réponse — alors qu'elle place le mérite au centre. La troisième phrase offre à la classe un point d'arrivée sûr. Le travail en binômes protège aussi ceux qui traversent des difficultés financières ou la maladie d'avoir à en parler devant tout le monde ; personne n'est interpellé par son nom.
Si l'on vous pose cette question
Question : "Mais Malachie 3 et Deutéronome 28 ne promettent-ils pas que, si je suis fidèle dans la dîme, Dieu me fera prospérer ?" Réponse courte : Dieu prend soin de celui qui est fidèle, et la fidélité dans l'offrande est obéissance et gratitude. Mais l'offrande n'est pas un placement au rendement garanti. Deutéronome 28 est un pacte national sous la théocratie, et l'Église vit dans la Nouvelle Alliance (Hébreux 8:6), dans laquelle Paul a appris aussi bien à être dans l'abondance qu'à avoir faim (Philippiens 4:12). Celui qui donne par gratitude ne se frustre pas quand la fin du mois ne s'améliore pas ; celui qui donne comme un investissement se frustre et finit par accuser sa propre foi. Si quelqu'un dans la salle a subi des pressions pour donner "afin de voir si maintenant cela marche", accueillez-le sans l'exposer et parlez-lui après le cours.
Question : "Mon enfant est né avec une maladie / nous n'arrivons pas à avoir d'enfants / je suis au chômage depuis un an. Est-ce une malédiction ?" Réponse courte : Non. Job était intègre et a tout perdu (Job 1:1), et Dieu a réprimandé les amis qui disaient que c'était à cause d'un péché (Job 42:7). Devant un aveugle de naissance, Jésus a déclaré que ni cet homme ni ses parents n'avaient péché (Jean 9:3). La Bible est remplie de couples justes qui ont attendu des enfants pendant des années. Priez avec la personne, proposez une aide concrète de l'église s'il y a lieu et, si le sujet est grave ou récent, parlez-en après le cours et orientez vers le pasteur. Ne répondez jamais à la douleur de quelqu'un par un diagnostic.
Question : "Ma famille a des antécédents de dépendance, de divorce, de violence. N'est-ce pas une malédiction héréditaire ? Ne dois-je pas la briser ?" Réponse courte : Celui qui est en Christ ne vit pas sous la malédiction (Galates 3:13 ; Romains 8:1), et Dieu a rejeté l'idée que le fils paie automatiquement pour le père (Ézéchiel 18:20 ; Deutéronome 24:16). Exode 20:5 parle des générations de ceux qui haïssent Dieu — ceux qui continuent dans le même péché. Les schémas familiaux existent et doivent être affrontés par la repentance, le discipulat, la prière, l'accompagnement pastoral et, le cas échéant, une aide professionnelle. Non par une campagne, une chaîne payante ou un rituel. La croix a déjà suffi (2 Corinthiens 5:17). Si la question implique une violence ou un abus en cours aujourd'hui, traitez-la comme une urgence pastorale et non comme une question théologique : accueillez la personne et informez la direction de l'église le jour même.
Question : "J'ai péché après ma conversion. Hébreux 10:26 dit-il qu'il n'y a plus de pardon pour moi ?" Réponse courte : Hébreux 10 parle de celui qui foule aux pieds le Fils de Dieu et tient pour profane le sang de l'alliance (Hébreux 10:29) — celui qui abandonne Christ les yeux ouverts. Il ne parle pas de celui qui tombe et revient en pleurant. L'apostasie existe, et l'avertissement est sérieux. Mais celui qui craint d'être allé trop loin montre déjà qu'il ne méprise pas la grâce. La porte est celle de 1 Jean 1:9. Dites cela avec calme et invitez la personne à prier avec vous après le cours.
Conclusion + défi de la semaine
- Conclusion : "Deutéronome 28 s'ouvre sur un 'si' et referme le miroir sur le même 'si' inversé : béni dans la ville et dans les champs, maudit dans la ville et dans les champs. Tout dépend de šāmaʿ — une écoute qui est déjà obéissance. La bénédiction était une grâce pour un peuple qui répondait à Dieu, jamais un contrat d'enrichissement ; et la prospérité n'est pas un certificat, pas plus que son absence n'est une sentence. Mais tout cela ne repose pas sur notre obéissance. Le 'maudit' du Deutéronome est tombé sur Jésus, pendu au bois : Il est mort sur la croix à notre place et est ressuscité le troisième jour. Par Lui, la loi est sortie des tables de pierre et a été écrite dans le cœur, et par Lui celui qui croit ne vit pas sous la malédiction, mais sous le soin d'un Père. Dans l'alliance, écouter, c'est déjà obéir — et la bénédiction est une grâce, non un contrat."
- Défi : choisissez une instruction claire de la Bible que vous avez déjà entendue maintes fois et que vous n'avez pas encore mise en pratique — quelque chose qui ne dépend que de vous, comme commencer le culte familial que vous remettez toujours à plus tard (Deutéronome 6:7), rendre un objet emprunté que vous avez gardé, téléphoner à vos parents (Exode 20:12) ou mettre à part le temps de prière que vous avez promis à Dieu. Écrivez deux lignes sur un papier : "Ce que j'ai déjà entendu :" (l'instruction, avec la référence) et "Ce que j'ai fait :" (le jour et ce que vous avez fait). Et faites-le avant samedi. Dimanche, revenez avec l'histoire.
Kit de l'enseignant
- Avant : lisez Deutéronome 28:1-19 à haute voix et parcourez des yeux le reste du chapitre, sans vous attarder sur le siège (28:53-57). Lisez ensuite Job 1 et 42, le Psaume 73, Jérémie 31:31-34 et Galates 3:10-14. Marquez dans votre Bible : Deutéronome 28:1, 2, 9, 10, 15, 16, 45, 47 ; Deutéronome 6:4 ; Deutéronome 8:11-18 ; 1 Samuel 15:22 ; Jérémie 42:6 ; Ésaïe 59:2 ; Job 1:1 ; 42:7 ; Jean 9:3 ; Psaumes 73:17, 25, 26 ; Philippiens 4:11-13 ; 1 Timothée 6:9 ; Jérémie 31:33 ; Hébreux 7:22 ; Hébreux 8:6 ; Hébreux 10:26, 29 ; Galates 6:7, 8 ; Hébreux 12:6, 11 ; Ézéchiel 18:20 ; Deutéronome 21:23 ; Galates 3:13, 14 ; Apocalypse 22:3. Regardez la leçon vidéo, si elle est déjà en ligne.
- Notes de texte, pour ne pas hésiter devant la classe : les traductions bibliques diffèrent légèrement dans la formulation du Texte d'or ainsi qu'aux versets 3, 4, 15 et 18 de la lecture en classe, sans que le sens en soit modifié.
- Références à vérifier dans votre revue : l'encadré d'approfondissement attribue à Deutéronome 8:17 la phrase sur la force de prospérer ; le verset qui dit que c'est Dieu qui donne la force d'acquérir des richesses est Deutéronome 8:18. Dans l'encadré dévotionnel (Romains 8:28) et dans l'encadré historique (Deutéronome 28:65, 66), les traductions diffèrent sur ces formulations sans changer le sens. Dans le point III, sous-point 1, la référence sur le vin nouveau dans les outres neuves est Matthieu 9:17 (la question de révision donne la bonne référence). Le texte de Psaumes 1:1-3, cité dans le point I, peut apparaître avec une abréviation différente.
- Apportez : votre Bible, un tableau et un feutre, ainsi qu'une feuille blanche pour que chaque élève emporte le défi à la maison.
- Priez avant : pour le frère qui arrivera en difficulté financière en entendant, intérieurement, qu'il manque de foi ; pour le couple qui attend un enfant et entendra la bénédiction sur le fruit des entrailles ; pour celui qui est malade ou au chômage ; pour celui qui a déjà dépensé ce qu'il n'avait pas dans une campagne de "brisement de malédiction" et qui a honte ; pour celui qui a peur d'avoir trop péché ; et pour celui qui a prospéré et est en train d'oublier Dieu. Demandez que le cours se termine à la croix, et non dans la peur.
Devoir à la maison
Votre mission de la semaine
Choisissez une instruction claire de la Bible que vous avez déjà entendue maintes fois et que vous n'avez pas encore mise en pratique — quelque chose qui ne dépend que de vous, comme commencer le culte familial que vous remettez toujours à plus tard (Deutéronome 6:7), rendre un objet emprunté que vous avez gardé, téléphoner à vos parents (Exode 20:12) ou mettre à part le temps de prière que vous avez promis à Dieu. Écrivez deux lignes sur un papier : "Ce que j'ai déjà entendu :" (l'instruction, avec la référence) et "Ce que j'ai fait :" (le jour et ce que vous avez fait). Et faites-le avant samedi.
Pourquoi
Dans l'alliance, écouter, c'est déjà obéir. Deutéronome 28 commence par la condition d'écouter la voix de l'Éternel, ton Dieu (Deutéronome 28:1), et en hébreu celui qui a entendu et n'a pas agi n'a pas écouté. La bénédiction ne s'achète pas par l'obéissance — elle est une grâce —, mais la communion se cultive en répondant à ce que Dieu a déjà dit, car l'obéissance vaut mieux que les sacrifices (1 Samuel 15:22).
Comment savoir que vous l'avez fait
Le papier comporte les deux lignes remplies : l'instruction avec la référence et le jour où vous l'avez accomplie. Si seule la première ligne est écrite, vous êtes encore en train d'entendre — vous n'avez pas encore écouté.
Dimanche, revenez avec l'histoire
Le prochain cours commencera par là : ce qui s'est passé lorsque vous avez fait ce que vous saviez déjà. Il n'est pas nécessaire de dire quelle était l'instruction, si c'est quelque chose de personnel — il suffit de raconter ce qui a changé. Ne restez pas à l'écart.







