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La mort de Moïse et la continuité de la promesse

Leçon 12 · 4e trimestre 2026 · 06/12/2026 · 38 min de lecture

Par Equipe Marcas Editora

Première bientôt

Dimanche 6 décembre · 09:00 (heure de Brasilia)

Le cours vidéo n'a pas encore été diffusé.

Texte d'or

“Moïse monta des plaines de Moab sur le mont Nebo, au sommet du Pisga, vis-à-vis de Jéricho. Et l’Éternel lui fit voir tout le pays :” (Deutéronome 34:1, LSG) · Lire dans la Bible

La douzième leçon ouvre Deutéronome 34, le dernier chapitre du livre : Moïse monte sur le Nebo, contemple le pays juré aux pères, meurt selon la parole de l'Éternel et est pleuré pendant trente jours. L'étude suit les trois points de la revue — la mort de Moïse comme la fin d'une vie fidèle, la succession de Josué et l'héritage qu'il a laissé — et aborde le deuil avec espérance. Elle se termine en Christ, la Descendance en qui la promesse s'accomplit.

Leçon 12 • La mort de Moïse et la continuité de la promesse — 4e trimestre de 2026.

Chaque famille a, un jour, une chaise qui reste vide. Elle demeure à la même place autour de la table, mais plus personne ne s'y assoit, et lorsque la famille se réunit — pour un anniversaire, un déjeuner du dimanche, les fêtes de fin d'année — c'est vers elle que les regards se tournent d'abord. Quiconque a déjà enterré un proche connaît ce silence. Et il connaît aussi la question qui l'accompagne, presque toujours tue : et maintenant ? La vie continue-t-elle sans lui ? Peut-elle continuer ? Le Deutéronome se termine exactement à cet endroit. Après trente-trois chapitres où Moïse parle au peuple, le livre change de voix, et le dernier chapitre se met à parler de lui — parce que lui ne parle plus.

Église Marcas do Evangelho — Cariacica, Brésil • 4e trimestre de 2026 (Lições Bíblicas Adultes) • Commentateur du trimestre : Pasteur Osiel Gomes.

✶ Texte d'or — Deutéronome 34:1

"Moïse monta des plaines de Moab sur le mont Nebo, au sommet du Pisga, vis-à-vis de Jéricho. Et l’Éternel lui fit voir tout le pays :" (Deutéronome 34:1)

Vérité pratique : Dieu conduit son œuvre avec fidélité, suscite des dirigeants et accomplit ses promesses en tout temps.

  • Lecture biblique en classe — Deutéronome 34:1-8 ; Josué 1:1-2 (il y a deux passages, et la revue demande de lire les deux)
  • Thème du trimestre — Le Dieu de l'Alliance : avertissements, promesses et bénédictions dans le livre du Deutéronome
  • Lecture quotidienne — Lun Deutéronome 34:1-4 ; Hébreux 11:13 • Mar Deutéronome 34:5-6 ; Psaumes 116:15 • Mer Deutéronome 34:7-8 ; Ecclésiaste 3:4 • Jeu Deutéronome 34:9 ; Nombres 27:18 • Ven Josué 1:1-2 ; 2 Timothée 2:2 • Sam Deutéronome 34:10-12 ; Hébreux 13:7
  • Cantiques (Harpa Cristã, recueil de cantiques des Assemblées de Dieu au Brésil) — 118, 215 et 509
  • Version biblique — Les textes bibliques de cette traduction sont copiés de la Louis Segond 1910, jamais de mémoire.

Situons la scène. Le peuple est toujours campé dans les plaines de Moab, sur la rive orientale du Jourdain, avec Jéricho en vue de l'autre côté du fleuve. Moïse a déjà fait tout ce qu'il avait à faire : il a répété la loi, appelé le peuple à choisir la vie, transmis la direction à Josué devant tous, enseigné un cantique et béni les tribus une à une. Il reste le dernier ordre. Dieu l'avait déjà donné : "Monte sur cette montagne d’Abarim, sur le mont Nebo, au pays de Moab, vis-à-vis de Jéricho ; et regarde le pays de Canaan que je donne en propriété aux enfants d’Israël. Tu mourras sur la montagne où tu vas monter, et tu seras recueilli auprès de ton peuple, comme Aaron, ton frère, est mort sur la montagne de Hor et a été recueilli auprès de son peuple," (Deutéronome 32:49-50). Et Moïse monte.

La leçon comporte trois étapes, suivant la revue : la mort de Moïse comme aboutissement d'une vie fidèle, la succession de Josué et l'héritage que Moïse a laissé. Remarquez que la lecture en classe comprend deux passages, et le second n'est pas là par hasard. Deutéronome 34 raconte la mort de Moïse ; Josué 1 raconte ce que Dieu a dit juste après. Le second passage existe pour répondre à la question de la chaise vide. Deux phrases nous accompagneront jusqu'à la fin. La première : le serviteur passe ; la promesse demeure. La seconde : le deuil a sa place, mais il n'a pas le dernier mot.

I — La mort de Moïse et l'exemple de fidélité

1) La contemplation de la promesse avant la mort

La revue observe que Moïse a été obéissant jusqu'à la fin : à la veille de sa mort, il a suivi les ordres du Seigneur (Deutéronome 34:1-4, en lien avec Deutéronome 32:48-52). Il ne monte pas sur le Nébo pour négocier, ni pour formuler une dernière requête. Il monte parce que Dieu lui a ordonné de monter. "Moïse monta des plaines de Moab sur le mont Nebo, au sommet du Pisga, vis-à-vis de Jéricho. Et l’Éternel lui fit voir tout le pays :" (Deutéronome 34:1).

Et cette montée accomplit une parole ancienne. Des années plus tôt, lorsque Dieu avait dit à Moïse qu'il n'entrerait pas dans le pays, il lui avait aussi fait une concession : "Monte au sommet du Pisga, porte tes regards à l’occident, au nord, au midi et à l’orient, et contemple de tes yeux ; car tu ne passeras pas ce Jourdain." (Deutéronome 3:27). Le refus était accompagné d'une invitation à voir. Et Dieu a accompli les deux parts. Le même Dieu qui n'a pas ouvert la porte de la traversée a ouvert la fenêtre de la vision — et n'en a laissé manquer aucune partie.

🏛 Curiosité — le Nébo et le sommet du Pisga. Le mont Nébo se trouve au pays de Moab, à l'est du Jourdain, juste au-dessus de l'endroit où le fleuve se jette dans la mer Morte, vis-à-vis de Jéricho (Deutéronome 32:49). Pisga est le nom du sommet, ou de la chaîne, d'où Moïse a regardé. D'en haut, par temps clair, on aperçoit la vallée du Jourdain, la mer Morte et la région de Jéricho, de l'autre côté du fleuve. Remarquez cependant la liste des versets 1 à 3 : Galaad, Dan, Nephthali, Éphraïm, Manassé, Juda jusqu'à la mer occidentale, le midi, la plaine de Jéricho, Tsoar. Elle balaye le pays du nord au sud et s'étend jusqu'à la Méditerranée — bien au-delà de ce que la vue porte à l'œil nu, comme beaucoup le soulignent. Le texte ne dit pas que Moïse a aperçu de lui-même ; il dit que l'Éternel le lui fit voir. C'est Dieu qui a conduit son regard.

Après la vision, voici la parole qui explique tout : "L’Éternel lui dit : C’est là le pays que j’ai juré de donner à Abraham, à Isaac et à Jacob, en disant : Je le donnerai à ta postérité. Je te l’ai fait voir de tes yeux ; mais tu n’y entreras point." (Deutéronome 34:4). Dans la même phrase, la promesse est confirmée et l'accès est refusé. Et Moïse entend les deux choses ensemble. Remarquez à qui appartient la promesse : elle n'est pas de Moïse. Elle a été jurée à Abraham, Isaac et Jacob des siècles avant sa naissance. Moïse l'a portée pendant quarante ans, mais elle était plus ancienne que lui — et elle allait lui survivre. La revue indique que le récit met en évidence la fragilité humaine et enseigne que le peuple doit demeurer fidèle à l'alliance et aux desseins divins même lors de la mort de ses dirigeants.

Moïse a vu sans toucher. Et la Bible ne traite pas cela comme un échec. L'épître aux Hébreux place Moïse dans toute une liste de personnes semblables : "C’est dans la foi qu’ils sont tous morts, sans avoir obtenu les choses promises ; mais ils les ont vues et saluées de loin, reconnaissant qu’ils étaient étrangers et voyageurs sur la terre." (Hébreux 11:13). Saluer de loin — c'est la meilleure description de ce qui s'est passé sur ce sommet. La revue en tire cette exhortation : faire confiance au Seigneur et marcher par la foi et non par la vue (2 Corinthiens 5:7), certains que celui qui a fait la promesse est fidèle (Hébreux 10:23).

Cela parle à beaucoup d'adultes. Il y a des parents qui ont prié toute leur vie pour la conversion d'un enfant et qui sont partis avant de la voir. Il y a ceux qui ont implanté une église, un ministère, une famille dans la foi, sans en voir la moisson. L'épître aux Hébreux ne dit pas que ces prières se sont perdues. Elle dit qu'ils sont morts en les voyant de loin et en y croyant. Et elle termine le chapitre par une phrase qui console : "Tous ceux-là, à la foi desquels il a été rendu témoignage, n’ont pas obtenu ce qui leur était promis, Dieu ayant en vue quelque chose de meilleur pour nous, afin qu’ils ne parvinssent pas sans nous à la perfection." (Hébreux 11:39-40). La promesse que quelqu'un a vue de loin ne meurt pas avec celui qui l'a vue.

2) Mourir sous les soins divins

"Moïse, serviteur de l’Éternel, mourut là, dans le pays de Moab, selon l’ordre de l’Éternel." (Deutéronome 34:5). Remarquez les deux expressions qui lui sont restées à la fin. Serviteur de l'Éternel — et non propriétaire, ni héros, ni fondateur. Et selon la parole de l'Éternel — et non selon les circonstances, le hasard ou la fatigue. La revue résume : ce dénouement est marqué par la fidélité ; il a commencé avec Dieu et a terminé avec Lui, à l'image de Paul qui a écrit à la fin de sa vie : "J’ai combattu le bon combat, j’ai achevé la course, j’ai gardé la foi." (2 Timothée 4:7). La vie publique de Moïse a commencé alors que Dieu lui parlait du milieu d'un buisson. Elle s'est terminée alors que Dieu lui parlait au sommet d'une montagne.

אב Dans l'original — selon la parole de l'Éternel. L'expression hébraïque est עַל־פִּי יְהוָה (ʿal-pî YHWH), ce qui signifie littéralement « sur la bouche de l'Éternel ». C'est le même mot peh, bouche, que Dieu a utilisé pour décrire sa relation avec Moïse : "Je lui parle bouche à bouche, je me révèle à lui sans énigmes, et il voit une représentation de l’Éternel. Pourquoi donc n’avez-vous pas craint de parler contre mon serviteur, contre Moïse ?" (Nombres 12:8). L'homme avec qui Dieu parlait bouche à bouche est mort aussi par la bouche de Dieu. L'expression ne décrit pas la manière dont il est mort — le texte ne donne pas de détails, et il ne convient pas d'en inventer. Elle décrit qui a décidé de l'heure : sa vie ne s'est pas achevée par accident ni par épuisement, mais par une parole du même Dieu qui l'avait appelé.

Puis vient le verset le plus surprenant du chapitre : "Et l’Éternel l’enterra dans la vallée, au pays de Moab, vis-à-vis de Beth-Peor. Personne n’a connu son sépulcre jusqu’à ce jour." (Deutéronome 34:6). En hébreu, le verbe traduit par enterrer est au singulier et le sujet n'est pas nommé ; le dernier à avoir parlé, au verset 4, est l'Éternel. C'est pourquoi la lecture la plus naturelle, que suit la revue, est que Dieu lui-même a enseveli Moïse. Il n'y a eu ni cortège, ni monument, ni pierre tombale. Et ce fut, en même temps, l'enterrement le mieux accompagné de l'histoire : Dieu était là.

La revue y voit un honneur : c'est Dieu lui-même qui l'ensevelit, ce qui montre que le Seigneur accorde du prix à la mort de ses saints. "Elle a du prix aux yeux de l’Éternel, La mort de ceux qui l’aiment." (Psaume 116:15). Elle a du prix — elle n'est pas indifférente, elle n'est pas un simple numéro de plus. Et le Nouveau Testament complète : "Et j’entendis du ciel une voix qui disait : Écris : Heureux dès à présent les morts qui meurent dans le Seigneur ! Oui, dit l’Esprit, afin qu’ils se reposent de leurs travaux, car leurs œuvres les suivent." (Apocalypse 14:13). Pour quiconque a perdu un proche qui aimait Dieu, ce verset est à lire lentement. Cette mort n'est pas passée inaperçue au ciel.

Et pourquoi personne n'a-t-il su où ? Le texte n'en donne pas la raison. L'explication la plus admise, que mentionne la revue, est pastorale : éviter l'idolâtrie. Un peuple qui avait fabriqué un veau d'or dans le désert aurait très bien pu transformer le tombeau de son plus grand dirigeant en sanctuaire. Et le risque n'était pas imaginaire. Des siècles plus tard, le roi Ézéchias brisa le serpent d'airain que Moïse avait fait, car les enfants d'Israël avaient brûlé des parfums devant lui jusqu'à cette époque (2 Rois 18:4). Si le peuple a brûlé de l'encens devant un objet fabriqué par Moïse, que n'aurait-il pas fait avec son corps ? Dieu a honoré son serviteur et l'a protégé, en même temps, du risque de devenir un objet de culte.

La leçon pour nous est directe. Nous honorons ceux qui sont partis ; nous ne les mettons pas à la place de Dieu. Se souvenir avec reconnaissance, raconter leur histoire, imiter leur foi — tout cela, la Bible l'ordonne. Faire du tombeau un lieu de requête, de vœu ou de consultation, non. L'Écriture interdit expressément d'interroger les morts (Deutéronome 18:11). Et la revue conclut ce point avec le Psaume du berger : Dieu prend soin de ses serviteurs fidèles jusqu'à la fin — "Quand je marche dans la vallée de l’ombre de la mort, Je ne crains aucun mal, car tu es avec moi : Ta houlette et ton bâton me rassurent." (Psaume 23:4). Moïse est descendu seul dans une vallée de Moab. Il n'était pas seul.

3) L'impact de la mort de Moïse sur le peuple

"Moïse était âgé de cent vingt ans lorsqu’il mourut ; sa vue n’était point affaiblie, et sa vigueur n’était point passée." (Deutéronome 34:7). Cent vingt ans sont souvent lus comme trois étapes de quarante ans : quarante en Égypte, quarante à Madian, quarante dans le désert avec le peuple (Actes 7:23, 30, 36). Et le texte tient à préciser que sa vue n'était pas affaiblie et que sa vigueur n'était pas passée. La revue en conclut que la mort de Moïse est survenue selon la volonté divine, et non par déclin naturel — ce n'était pas le corps qui était arrivé au bout ; c'était l'heure que Dieu avait fixée.

On pourrait se rappeler que, peu avant, Moïse avait dit : "Aujourd’hui, leur dit-il, je suis âgé de cent vingt ans, je ne pourrai plus sortir et entrer, et l’Éternel m’a dit : Tu ne passeras pas ce Jourdain." (Deutéronome 31:2). Il n'y a pas de contradiction. Sortir et entrer, ici, est l'expression qui désigne le fait de conduire le peuple, et la phrase poursuit en rappelant que l'Éternel lui a déclaré qu'il ne passerait pas le Jourdain. La limite de Moïse tenait à sa mission, et non à sa vue ou à sa force.

🕊 Notre lecture — la fidélité n'est pas la garantie d'un corps intact. La vigueur de Moïse est un détail de son histoire, et non une promesse pour tout serviteur fidèle. La Bible est honnête à ce sujet. Timothée, le fils dans la foi de Paul, souffrait de fréquentes indispositions (1 Timothée 5:23). Paul a laissé Trophime malade à Milet (2 Timothée 4:20). Paul lui-même a demandé trois fois d'être soulagé d'une souffrance et a entendu : "et il m’a dit : Ma grâce te suffit, car ma puissance s’accomplit dans la faiblesse. Je me glorifierai donc bien plus volontiers de mes faiblesses, afin que la puissance de Christ repose sur moi." (2 Corinthiens 12:9). Beaucoup de serviteurs de Dieu achèvent leur course sur un lit d'hôpital, après des années de maladie — et leur mort n'a pas moins de prix aux yeux de l'Éternel (Psaumes 116:15). Si vous avez pris soin de quelqu'un jusqu'à la fin, ou si vous êtes malade aujourd'hui, écoutez bien : la maladie n'est pas le signe que Dieu a moins aimé, ni que la foi a manqué. La fidélité ne se mesure pas à l'état du corps au dernier jour, mais au Dieu à qui l'on appartient jusqu'à ce jour.

Et ensuite, le deuil : "Les enfants d’Israël pleurèrent Moïse pendant trente jours, dans les plaines de Moab ; et ces jours de pleurs et de deuil sur Moïse arrivèrent à leur terme." (Deutéronome 34:8). Trente jours de deuil officiel, la même durée que celle accordée à Aaron : "Toute l’assemblée vit qu’Aaron avait expiré, et toute la maison d’Israël pleura Aaron pendant trente jours." (Nombres 20:29). La revue souligne que ce deuil exprimait l'honneur et la reconnaissance, et que, pour le chrétien, le deuil est un processus légitime d'adieu et de guérison — qui n'annule pas l'espérance.

Trois éléments de ce verset méritent notre attention. Le premier : le peuple a pleuré, et la Bible ne réprimande pas les pleurs. Il y a un temps pour pleurer et un temps pour rire, un temps pour se lamenter et un temps pour danser (Ecclésiaste 3:4). Devant le tombeau de Lazare, tout en sachant qu'il allait le ressusciter, "Jésus pleura." (Jean 11:35). Les larmes ne sont pas un manque de foi. Le deuxième : le peuple a pleuré ensemble. Ce n'était pas une veuve seule dans un coin ; c'étaient les enfants d'Israël, l'assemblée tout entière. Le deuil est fait pour être porté en communauté : "Réjouissez-vous avec ceux qui se réjouissent ; pleurez avec ceux qui pleurent." (Romains 12:15). Le troisième : les jours de pleurs prirent fin. Le deuil officiel a eu un terme. Cela ne veut pas dire que le manque s'est arrêté au trentième jour, ni qu'il existe un délai fixé pour que chacun cesse de souffrir — chaque douleur a son temps, et personne ne doit presser celui qui pleure. Cela veut dire que le deuil n'a pas été la fin de l'histoire. Après lui est venue une parole de Dieu.

Paul réunit les deux choses dans un même passage : "Nous ne voulons pas, frères, que vous soyez dans l’ignorance au sujet de ceux qui dorment, afin que vous ne vous affligiez pas comme les autres qui n’ont point d’espérance. Car, si nous croyons que Jésus est mort et qu’il est ressuscité, croyons aussi que Dieu ramènera par Jésus et avec lui ceux qui sont morts." (1 Thessaloniciens 4:13-14). Il ne dit pas de ne pas s'attrister, mais de ne pas s'attrister comme les autres. Le chrétien pleure — avec espérance.

À la fin de cette section, la revue propose un encadré intitulé « L'Épitaphe de Moïse ». L'auteur raconte qu'il a célébré les funérailles de plusieurs proches et que, chaque fois qu'il devait retracer la vie de l'un d'eux, il trouvait quelque chose qui le rendait particulier — une empreinte montrant que cette personne avait honoré Dieu. Et il observe que Deutéronome 34 fait de même avec Moïse : il rapporte les paroles de Dieu sur la montagne, la douleur du peuple, un mot sur Josué pour montrer que la vie continuait, et une épitaphe qui dit ce qu'il y avait de particulier en lui. Lorsque Dieu entre dans la vie de quelqu'un, il y laisse une marque qui demeure.

🏛 Curiosité — qui a écrit le dernier chapitre ? Deutéronome 34 raconte la mort de Moïse, et il est naturel de se demander qui l'a écrit. La Bible n'en donne pas le nom. Beaucoup comprennent que ce fut Josué, qui a vécu aux côtés de Moïse pendant quarante ans et a pris la conduite du peuple après lui, ou quelqu'un de cette même génération, sous la direction de Dieu. Cela n'enlève rien au fait que Moïse est l'auteur du livre : le livre lui-même rapporte que Moïse écrivit cette loi et la remit aux sacrificateurs (Deutéronome 31:9), et Jésus a dit : "Car si vous croyiez Moïse, vous me croiriez aussi, parce qu’il a écrit de moi." (Jean 5:46). Un dernier chapitre écrit par celui qui est resté, pour consigner la mort de celui qui a écrit, est exactement ce que tout lecteur attendrait d'un livre authentique.

II — La succession de Josué

Dans une leçon précédente de ce trimestre, nous avons vu Moïse appeler Josué devant tout Israël et l'encourager en public. C'était l'annonce. Ici, la succession s'accomplit : le prédécesseur est mort, le successeur a pris la relève et le peuple s'est mis à le suivre. C'est l'accomplissement de ce qui avait été annoncé alors.

1) Transfert de direction

"Josué, fils de Nun, était rempli de l’esprit de sagesse, car Moïse avait posé ses mains sur lui. Les enfants d’Israël lui obéirent, et se conformèrent aux ordres que l’Éternel avait donnés à Moïse." (Deutéronome 34:9). La revue note qu'une nouvelle direction est devenue nécessaire et que, une fois de plus, il apparaît clairement que le peuple doit demeurer dans l'obéissance même face au départ de grands dirigeants, car l'œuvre appartient à Dieu.

Remarquez l'ordre des choses dans ce verset. D'abord, Moïse a imposé les mains à Josué. Ensuite, Josué est rempli de l'esprit de sagesse. Et enfin, le peuple lui obéit. La revue explique que l'imposition des mains a représenté le transfert d'autorité et de bénédiction, et que Josué a été reconnu comme quelqu'un de divinement qualifié. Le geste a été public, de sorte que personne n'a pu dire par la suite qu'il ne savait pas qui était le nouveau dirigeant.

Mais la source de cette capacité n'était pas Moïse. Lorsque Dieu a désigné Josué, il a dit : "L’Éternel dit à Moïse : Prends Josué, fils de Nun, homme en qui réside l’esprit ; et tu poseras ta main sur lui." (Nombres 27:18). L'Esprit était déjà en Josué avant tout geste. Les mains de Moïse ont été le moyen utilisé par Dieu pour confirmer et remplir ; l'onction est venue de Dieu. D'où le principe que tire la revue : le Saint-Esprit qualifie et légitime les dirigeants à la tête de l'œuvre.

🕊 Notre lecture — le geste est humain ; le don vient de Dieu. L'imposition des mains se poursuit dans l'Église : les apôtres ont prié et imposé les mains aux sept hommes choisis pour servir (Actes 6:6), et l'Église d'Antioche a fait de même en envoyant Barnabas et Saul (Actes 13:3). Dans notre foi pentecôtiste, nous croyons que le même Esprit qui a rempli Josué continue de qualifier des serviteurs pour l'œuvre aujourd'hui, par ses dons. Mais l'imposition des mains n'est ni une transmission magique ni un héritage qu'un homme transmet à qui il veut. C'est un acte public de l'Église qui reconnaît et consacre celui que Dieu qualifie déjà. On n'impose pas les mains à celui que Dieu n'a pas encore préparé — et l'on ne retient pas dans la file d'attente celui que Dieu a déjà préparé.

Et remarquez la dernière partie du verset : les enfants d'Israël lui obéirent. La succession ne s'est achevée que lorsque le peuple a obéi. Une autorité reconnue sur le papier mais refusée dans la pratique est une succession à moitié, et une succession à moitié divise l'Église. Le peuple a fait sa part : il n'a pas passé son temps à comparer Josué à Moïse ; il s'est conformé aux ordres que l'Éternel avait donnés à Moïse. La parole que Moïse avait laissée a continué de commander, désormais par la bouche d'un autre.

2) La continuité de la promesse

La revue souligne que, même avec la mort de Moïse, il n'y a eu aucun changement dans la promesse de la Terre promise (Deutéronome 34:4, 9 ; Josué 1:1). Et c'est ici qu'intervient le second passage de notre lecture : "Après la mort de Moïse, serviteur de l’Éternel, l’Éternel dit à Josué, fils de Nun, serviteur de Moïse : Moïse, mon serviteur, est mort ; maintenant, lève-toi, passe ce Jourdain, toi et tout ce peuple, pour entrer dans le pays que je donne aux enfants d’Israël." (Josué 1:1-2).

Lisez lentement la première phrase de Dieu annonçant que Moïse, son serviteur, est mort. Dieu n'édulcore pas la perte. Il ne dit pas « Moïse s'est reposé », ni « Moïse est parti dans un monde meilleur », ni « n'y pense plus ». Il énonce le fait, en toutes lettres, et le dit avec affection en l'appelant son serviteur. La douleur du peuple n'a pas été niée. Mais la phrase ne s'arrête pas au deuil. Elle se poursuit par un impératif lui ordonnant de se lever maintenant. La reconnaissance de la perte et l'ordre d'avancer viennent dans la même phrase — et une fois accomplis les trente jours de pleurs. Dieu a respecté le temps du deuil avant d'ordonner de se lever.

Comparez maintenant les deux passages de la lecture. Sur la montagne, Dieu avait dit à Moïse que c'était le pays qu'il avait juré de donner (Deutéronome 34:4). Au Jourdain, il dit à Josué d'entrer dans le pays qu'il donne (Josué 1:2). Le dirigeant a changé ; le verbe de Dieu, non. Il continuait d'être Celui qui jure et Celui qui donne. La promesse n'était pas la propriété de Moïse pour mourir avec lui, et elle n'est pas devenue non plus la propriété de Josué. Elle appartenait à Dieu. Et Dieu a ajouté, quelques versets plus loin : "Nul ne tiendra devant toi, tant que tu vivras. Je serai avec toi, comme j’ai été avec Moïse ; je ne te délaisserai point, je ne t’abandonnerai point." (Josué 1:5). Sa présence n'a pas non plus été enterrée sur le Nébo.

La revue observe encore qu'il n'y a pas eu de désobéissance du peuple lors de cette transition, et que le nouveau dirigeant devait poursuivre fermement dans l'onction et l'autorité de Dieu pour conduire Israël au-delà du Jourdain. Et elle en tire la leçon : Dieu accomplit ses promesses par le moyen de dirigeants préparés, et les nouveaux ouvriers doivent être disposés à apprendre et à pratiquer ce qui leur est transmis. Paul dira la même chose à Timothée : "Et ce que tu as entendu de moi en présence de beaucoup de témoins, confie-le à des hommes fidèles, qui soient capables de l’enseigner aussi à d’autres." (2 Timothée 2:2).

Il y a un beau détail à la fin du livre de Josué. Lorsqu'il meurt, des décennies plus tard, le texte dit : "Après ces choses, Josué, fils de Nun, serviteur de l’Éternel, mourut, âgé de cent dix ans." (Josué 24:29). Dans Josué 1:1, il était appelé serviteur de Moïse. À la fin, il est appelé serviteur de l'Éternel — le même titre que Moïse en Deutéronome 34:5. Le titre s'est transmis, parce que le Seigneur que tous deux servaient, lui, n'est pas passé.

3) Le ministère de Moïse

Le chapitre se termine par l'épitaphe : "Il n’a plus paru en Israël de prophète semblable à Moïse, que l’Éternel connaissait face à face. Nul ne peut lui être comparé pour tous les signes et les miracles que Dieu l’envoya faire au pays d’Égypte contre Pharaon, contre ses serviteurs et contre tout son pays, et pour tous les prodiges de terreur que Moïse accomplit à main forte sous les yeux de tout Israël." (Deutéronome 34:10-12).

La revue souligne deux aspects qui montrent la singularité du ministère de Moïse. Le premier est sa relation personnelle avec le Seigneur, qui lui parlait face à face (Exode 33:11 ; Nombres 12:6, 8 ; Deutéronome 5:4 ; 18:15, 18). Le second est l'autorité divine pour accomplir de grands prodiges, comme les plaies qui se sont abattues sur l'Égypte (Exode 12:12 ; Deutéronome 4:34 ; 7:19). Et l'ordre compte : d'abord la relation, ensuite l'autorité. La seconde naît de la première.

L'Exode décrit cette intimité par une phrase surprenante : "L’Éternel parlait avec Moïse face à face, comme un homme parle à son ami. Puis Moïse retournait au camp ; mais son jeune serviteur, Josué, fils de Nun, ne sortait pas du milieu de la tente." (Exode 33:11). Remarquez qui se trouvait là, dans la tente, pendant que Dieu parlait à Moïse comme à un ami : le jeune Josué. Le successeur a été formé près du lieu où Moïse rencontrait Dieu. Avant d'hériter de la fonction, Josué a appris la présence.

La revue souligne également que Moïse n'agissait pas de son propre chef, mais suivait fidèlement la direction de Dieu, étant un instrument de sa puissance. Remarquez-le dans le texte même : les signes étaient ceux que l'Éternel l'avait envoyé accomplir. Les actes de Moïse n'étaient pas une démonstration personnelle ; ils révélaient le caractère, la justice et la majesté du Seigneur, et confirmaient ainsi son ministère devant le peuple.

À la fin de cette section, la revue propose l'encadré « L'Influence d'un Héritage Fidèle ». Il rappelle que la conscience de la présence de Dieu a donné à Josué et à Israël le courage d'aller de l'avant, et que le plus grand avantage de Josué a peut-être été de servir sous la direction de Moïse : il a vu de près l'engagement de cet homme humble envers le Seigneur, et l'engagement du Seigneur envers Moïse. C'est pourquoi la promesse divine d'être avec lui comme avec Moïse a dû lui apporter une telle assurance. Et l'encadré conclut que chacun de nous a besoin de quelqu'un qui serve de modèle — quelqu'un en qui nous puissions voir aussi bien la fidélité envers Dieu que la fidélité de Dieu.

III — L'héritage laissé par Moïse

1) Une définition de l'héritage

La revue donne cette définition : l'héritage est ce qu'une personne laisse derrière elle — des influences et des exemples pour les autres après sa mort. Il comporte des aspects matériels, spirituels, moraux et culturels. Dans le domaine spirituel, c'est l'empreinte laissée par des serviteurs de Dieu qui, par leur sainteté, leur obéissance, leur foi et leur fidélité, influencent des générations. L'héritage n'est pas un patrimoine financier, ni un nom sur une plaque, ni la fonction que quelqu'un a occupée. C'est ce qui continue de se produire dans la vie d'autres personnes parce que cette personne a vécu.

Et la revue présente trois canaux par lesquels la Bible transmet cet héritage. L'exemple de la foi — Hébreux 12 s'ouvre en parlant d'une si grande nuée de témoins qui nous entoure, afin que nous courions avec persévérance dans la carrière qui nous est ouverte (Hébreux 12:1). Les paroles et les œuvres — "Souvenez-vous de vos conducteurs qui vous ont annoncé la parole de Dieu ; considérez quelle a été la fin de leur vie, et imitez leur foi." (Hébreux 13:7). Remarquez : imiter la foi, et non copier les manières ; et considérer l'issue de leur vie, et pas seulement leur prédication. Étienne a résumé Moïse exactement ainsi, en disant qu'il était puissant en paroles et en œuvres (Actes 7:22). La transmission de la vérité — "Et ces commandements, que je te donne aujourd’hui, seront dans ton cœur. Tu les inculqueras à tes enfants, et tu en parleras quand tu seras dans ta maison, quand tu iras en voyage, quand tu te coucheras et quand tu te lèveras." (Deutéronome 6:6-7).

L'héritage biblique, dit la revue, est la somme de ce que quelqu'un a été devant Dieu et devant les hommes, et cela inspire les autres à la fidélité (2 Timothée 2:2). Remarquez que 2 Timothée 2:2 réunit quatre générations en une seule phrase : Paul, Timothée, les hommes fidèles et les autres. L'héritage spirituel est une chaîne, et une chaîne se rompt à la génération qui ne transmet plus. C'est pourquoi l'épître aux Hébreux nous demande d'être les imitateurs de ceux qui, par la foi et la persévérance, héritent des promesses (Hébreux 6:12).

2) L'héritage de Moïse en tant que prophète

Moïse s'est distingué comme un prophète singulier, parce que le Seigneur lui parlait face à face, dans une communion véritable (Deutéronome 34:10). Dieu lui-même l'a distingué des autres prophètes : "Il n’en est pas ainsi de mon serviteur Moïse. Il est fidèle dans toute ma maison. Je lui parle bouche à bouche, je me révèle à lui sans énigmes, et il voit une représentation de l’Éternel. Pourquoi donc n’avez-vous pas craint de parler contre mon serviteur, contre Moïse ?" (Nombres 12:7-8). Et sa vie a été marquée par des signes et des prodiges que le Seigneur a opérés pour confirmer son ministère (Deutéronome 34:11-12).

La revue en tire une leçon pour tous les dirigeants : la direction biblique exige une relation profonde avec Dieu et une autorité spirituelle, et cette autorité s'accompagne de la manifestation de la puissance de Dieu et de fruits qui attestent un ministère authentique (Marc 16:20 ; Romains 15:19). Dans notre foi pentecôtiste, nous croyons que Dieu continue de confirmer sa Parole aujourd'hui : les disciples s'en allèrent prêcher partout, le Seigneur travaillant avec eux et confirmant la parole par les miracles qui l'accompagnaient (Marc 16:20). Mais remarquez l'ordre qu'enseigne Moïse : l'intimité vient avant le signe. Le signe sans communion avec Dieu devient un spectacle ; la communion avec Dieu ne reste jamais sans fruit.

3) Un héritage de foi, de fermeté et de fidélité

Deutéronome 34:11-12 montre, selon la revue, que Moïse a affronté Pharaon sans reculer et s'est montré ferme pour conduire un peuple difficile. Sa fidélité est consignée dans le Pentateuque et confirmée dans le Nouveau Testament : "Pour Moïse, il a été fidèle dans toute la maison de Dieu, comme serviteur, pour rendre témoignage de ce qui devait être annoncé ;" (Hébreux 3:5) (cf. Nombres 12:7). Il est demeuré fidèle à son appel sans céder aux pressions, aux critiques ni à l'instabilité du peuple.

Et l'épître aux Hébreux montre d'où venait cette fermeté : "C’est par la foi que Moïse, devenu grand, refusa d’être appelé fils de la fille de Pharaon, aimant mieux être maltraité avec le peuple de Dieu que d’avoir pour un temps la jouissance du péché, regardant l’opprobre de Christ comme une richesse plus grande que les trésors de l’Égypte, car il avait les yeux fixés sur la rémunération. C’est par la foi qu’il quitta l’Égypte, sans être effrayé de la colère du roi ; car il se montra ferme, comme voyant celui qui est invisible." (Hébreux 11:24-27). La revue observe que la foi de Moïse n'était pas seulement théorique : elle était pratique, obéissante, persévérante, soutenue par la certitude que la promesse s'accomplirait au temps de Dieu. L'héritage du Nébo a commencé à se construire des décennies plus tôt, dans le palais d'Égypte, par un choix que personne n'a applaudi.

Revenez maintenant à l'épitaphe et remarquez ce qu'elle ne dit pas. Il n'a pas été écrit « l'homme qui a ouvert la mer », ni « le plus grand dirigeant d'Israël », ni « le législateur ». Il a été écrit qu'il était le serviteur de l'Éternel (Deutéronome 34:5) et que l'Éternel le connaissait face à face (Deutéronome 34:10). Les œuvres de Moïse ont été immenses — et pourtant, ce ne sont pas elles qui l'ont défini. Ce fut son intimité avec Dieu et sa position de serviteur.

Cela nous amène à une question que personne n'aime poser, mais que tout adulte doit se poser : que restera-t-il écrit à mon sujet ? Personne ne choisit sa propre épitaphe. Moïse n'a pas écrit la sienne. Mais chacun choisit, chaque jour, le contenu qui la remplira. Le Psaume 90, que son titre attribue à Moïse, contient la prière juste à cet égard : "Enseigne-nous à bien compter nos jours, Afin que nous appliquions notre cœur à la sagesse." (Psaume 90:12). Compter ses jours, ce n'est pas vivre dans la peur de la mort. C'est vivre en sachant que nos jours sont comptés — et donc les employer à ce qui demeure. "L’herbe sèche, la fleur tombe ; Mais la parole de notre Dieu subsiste éternellement." (Ésaïe 40:8).

❤ Pour votre vie — la chaise vide. Si vous avez perdu quelqu'un qui marchait avec Dieu, Hébreux 13:7 est pour vous, lorsqu'il appelle à se souvenir d'eux et à imiter leur foi. Le meilleur hommage à rendre à celui qui est parti n'est ni une belle pierre tombale ni un autel à la maison. C'est de poursuivre la foi que cette personne a vécue. La prière qu'elle faisait, le cantique qu'elle chantait, la manière dont elle traitait les autres — tout cela peut continuer en vous. Ainsi, la chaise reste vide, mais la foi ne l'est pas.

La revue conclut que l'œuvre de Dieu est sous sa garde : Il utilise des personnes comme instruments et, lorsqu'elles viennent à manquer, Il en suscite d'autres pour assurer la continuité de la mission. La mort de Moïse n'a pas mis fin au projet de Dieu ni annulé ses promesses ; elle a marqué le passage à une nouvelle étape de l'alliance. L'Église apprend à demeurer ferme même en l'absence de grands dirigeants.

Dans la prochaine leçon, qui clôture le trimestre, le Deutéronome trouve son accomplissement en Christ — mais cela sera pour dimanche prochain.

Christ dans la leçon

Deutéronome 34 se termine avec la promesse toujours debout et une place vacante. Le pays demeure promis par serment, mais celui qui a porté la promesse est resté au-dehors. Et l'épitaphe affirme qu'il n'a plus jamais paru de prophète semblable à Moïse. Le Nouveau Testament ouvre ce chapitre et montre que la promesse ne fait pas seulement continuer : elle s'accomplit en Christ.

La Postérité à qui le pays a été juré. Sur la montagne, Dieu a déclaré que c'était le pays qu'il avait juré à Abraham, à Isaac et à Jacob de donner à leur postérité (Deutéronome 34:4). Paul lit cette même parole et dit qui est la postérité : "Or les promesses ont été faites à Abraham et à sa postérité. Il n’est pas dit : et aux postérités, comme s’il s’agissait de plusieurs, mais en tant qu’il s’agit d’une seule : et à ta postérité, c’est-à-dire, à Christ." (Galates 3:16). La promesse que Moïse a vue de loin avait un nom, et ce n'était pas celui de Josué. Josué a introduit le peuple dans un pays ; Christ est l'héritier de toutes les promesses, et quiconque est en Lui hérite avec Lui. "car, pour ce qui concerne toutes les promesses de Dieu, c’est en lui qu’est le oui ; c’est pourquoi encore l’Amen par lui est prononcé par nous à la gloire de Dieu." (2 Corinthiens 1:20). C'est pourquoi la promesse survit à tout serviteur qui meurt : elle n'a jamais été attachée à un serviteur. Elle était attachée au Fils.

Le serviteur et le Fils. Moïse a été le plus grand serviteur de l'ancienne alliance, et l'épître aux Hébreux l'honore sans l'amoindrir — puis, aussitôt après, elle montre Quelqu'un de plus grand : "Pour Moïse, il a été fidèle dans toute la maison de Dieu, comme serviteur, pour rendre témoignage de ce qui devait être annoncé ; mais Christ l’est comme Fils sur sa maison ; et sa maison, c’est nous, pourvu que nous retenions jusqu’à la fin la ferme confiance et l’espérance dont nous nous glorifions." (Hébreux 3:5-6). L'épitaphe du Deutéronome dit que Dieu connaissait Moïse face à face. Jean dit quelque chose qui va plus loin : "car la loi a été donnée par Moïse, la grâce et la vérité sont venues par Jésus-Christ. Personne n’a jamais vu Dieu ; le Fils unique, qui est dans le sein du Père, est celui qui l’a fait connaître." (Jean 1:17-18). Moïse parlait avec Dieu comme un homme parle avec son ami. Jésus vient du sein du Père. La place vacante de Deutéronome 34:10 a été occupée par Celui qui n'avait pas besoin de monter sur la montagne pour voir Dieu — parce qu'Il est Dieu.

Deux tombeaux. Le tombeau de Moïse est resté caché, afin que personne ne l'adore. Le tombeau de Jésus est le seul que la Bible nous invite à aller voir — et l'ange montre l'endroit pour prouver qu'il n'y a personne : "Il n’est point ici ; il est ressuscité, comme il l’avait dit. Venez, voyez le lieu où il était couché," (Matthieu 28:6). Jésus est mort sur la croix à notre place et est ressuscité le troisième jour. C'est pourquoi l'espérance chrétienne face à la mort n'est pas une consolation vague : "Mais maintenant, Christ est ressuscité des morts, il est les prémices de ceux qui sont morts." (1 Corinthiens 15:20). Les prémices sont les premiers fruits de la moisson ; après eux vient le reste. Il est venu pour délivrer tous ceux qui, par crainte de la mort, étaient toute leur vie retenus dans la servitude (Hébreux 2:15). Et Il dit à chacun de ceux qui sont en deuil : "Jésus lui dit : Je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi vivra, quand même il serait mort ;" (Jean 11:25).

L'homme qui a vu de loin. Moïse est mort en voyant le pays sans y entrer. Des siècles plus tard, dans le temple de Jérusalem, un vieillard nommé Siméon prit dans ses bras l'enfant Jésus et dit : "Maintenant, Seigneur, tu laisses ton serviteur S’en aller en paix, selon ta parole. Car mes yeux ont vu ton salut," (Luc 2:29-30). Tous deux sont morts en serviteurs, et tous deux selon la parole divine. Moïse a vu la terre promise ; Siméon a vu la promesse en personne. Et Moïse lui-même n'est pas resté dehors pour toujours : sur la montagne de la transfiguration, Moïse et Élie leur apparurent, s'entretenant avec lui (Matthieu 17:3). Le serviteur qui n'a pas traversé le Jourdain apparaît aux côtés du Fils. La discipline de Meriba a coûté à Moïse une traversée ; elle ne lui a pas coûté le salut.

Moïse ne pouvait pas nous faire entrer. Jésus le peut — et Il l'a promis : "Il y a plusieurs demeures dans la maison de mon Père. Si cela n’était pas, je vous l’aurais dit. Je vais vous préparer une place. Et, lorsque je m’en serai allé, et que je vous aurai préparé une place, je reviendrai, et je vous prendrai avec moi, afin que là où je suis vous y soyez aussi." (Jean 14:2-3).

Application pratique

1. Pleurez — et pleurez avec espérance. Israël a pleuré Moïse pendant trente jours, et Dieu n'a pas réprimandé ces pleurs (Deutéronome 34:8 ; Jean 11:35). Si vous êtes en deuil, vous n'avez pas besoin de feindre d'avoir déjà surmonté l'épreuve, ni d'accepter que quelqu'un fixe un délai à votre douleur. Mais souvenez-vous que le deuil du chrétien a une porte ouverte : Jésus est mort et il est ressuscité (1 Thessaloniciens 4:13-14). Pour réfléchir : à qui avez-vous permis de pleurer avec vous — ou bien avez-vous porté votre deuil tout seul ?

2. Ne faites d'autel ni d'un tombeau ni d'un dirigeant. Dieu a caché la sépulture de Moïse afin que personne ne l'adore (Deutéronome 34:6 ; 2 Rois 18:4). Honorez celui qui est parti en imitant sa foi (Hébreux 13:7) — sans l'interroger, sans lui faire de vœux, sans transformer le souvenir en culte (Deutéronome 18:11). Et, dans l'Église, honorez vos dirigeants sans mettre aucun d'eux à la place de Christ. Pour réfléchir : y a-t-il quelqu'un — vivant ou mort — de qui votre foi dépend plus que de Dieu ?

3. Construisez votre héritage maintenant, pas lors des funérailles. L'épitaphe de Moïse parlait de ce qu'il était devant Dieu, et non de ce qu'il possédait. Cet héritage se construit à la table du repas, sur le chemin du travail, dans la manière de parler de ceux qui nous ont blessés (Deutéronome 6:6-7). Vos enfants et petits-enfants imiteront votre foi réelle, et non vos discours sur la foi. Pour réfléchir : si votre famille devait écrire votre épitaphe aujourd'hui, que dirait-elle de votre foi ?

4. Préparez ceux qui prendront la relève. Josué était dans la tente pendant que Dieu parlait avec Moïse (Exode 33:11), et c'est pourquoi la transition a fonctionné le moment venu. Celui qui comprend que l'œuvre appartient à Dieu prépare les autres pendant qu'il a encore de la vigueur (2 Timothée 2:2). Pour réfléchir : qui est assez proche de vous pour voir comment vous marchez avec Dieu ?

Prière finale

Seigneur notre Dieu, tu es fidèle de génération en génération. Tes serviteurs passent, mais ta promesse demeure. Merci parce que la mort de tes saints a du prix à tes yeux, et parce qu'aucun des tiens ne meurt oublié — tu es dans la vallée, même quand plus personne n'y est.

Console ceux qui sont en deuil cette semaine. Sois le compagnon de celui qui pleure seul, la force de celui qui prend soin d'un malade, la paix de celui qui a peur. Délivre-nous de la tentation de faire un autel d'une tombe ou d'un dirigeant, et enseigne-nous à bien compter nos jours, afin que nous vivions d'une manière qui laisse la foi, et pas seulement un souvenir, à ceux qui viendront après nous.

Merci, par-dessus tout, pour Jésus, la Descendance à qui la promesse a été faite. Il est mort sur la croix à notre place, il est ressuscité le troisième jour, et son tombeau est vide. En lui toutes tes promesses sont oui et amen. À cause de lui nous pleurons, mais non sans espérance. Au nom de Jésus, amen.

Soli Deo Gloria — l'Écriture gouverne ; tout le reste, à genoux.

Questions fréquentes sur cette leçon

Pourquoi Moïse n'est-il pas entré dans la Terre promise, s'il a été si fidèle ?+

À cause de ce qui s'est passé aux eaux de Meriba. Le jour même où il a ordonné à Moïse de monter sur la montagne, Dieu en a rappelé la raison : "parce que vous avez péché contre moi au milieu des enfants d’Israël, près des eaux de Meriba, à Kadès, dans le désert de Tsin, et que vous ne m’avez point sanctifié au milieu des enfants d’Israël." (Deutéronome 32:51). C'était une discipline concernant sa mission terrestre, et non la perte du salut. Dieu l'a appelé serviteur de l'Éternel jusqu'au dernier verset relatant sa mort (Deutéronome 34:5), Hébreux le place parmi ceux qui ont vécu par la foi (Hébreux 11:24-27), et, des siècles plus tard, sur la montagne de la transfiguration, Moïse et Élie sont apparus en train de parler avec Jésus (Matthieu 17:3). Moïse a perdu la traversée du Jourdain ; il n'a pas perdu son Dieu.

Qui a écrit Deutéronome 34, si ce chapitre raconte la mort de Moïse ?+

La Bible n'en donne pas le nom. Beaucoup comprennent que ce fut Josué, qui a marché aux côtés de Moïse pendant quarante ans et a pris la conduite du peuple après lui, ou quelqu'un de cette même génération, sous la direction de Dieu. Cela n'enlève pas à Moïse la paternité du livre. Le Deutéronome lui-même rapporte que Moïse a écrit cette loi et l'a remise aux sacrificateurs (Deutéronome 31:9), et Jésus a traité Moïse comme l'auteur : "Car si vous croyiez Moïse, vous me croiriez aussi, parce qu’il a écrit de moi." (Jean 5:46). Un dernier chapitre écrit par une autre main, pour consigner la mort de l'auteur, est exactement ce que l'on attendrait d'un livre véridique.

Pourquoi personne ne sait-il où Moïse a été enseveli ?+

Le texte mentionne le fait, mais non la raison : "Et l’Éternel l’enterra dans la vallée, au pays de Moab, vis-à-vis de Beth-Peor. Personne n’a connu son sépulcre jusqu’à ce jour." (Deutéronome 34:6). L'explication la plus acceptée est pastorale : un tombeau connu aurait pu devenir un sanctuaire. Le risque était réel — des siècles plus tard, le roi Ézéchias a dû briser le serpent d'airain que Moïse avait fait, parce que jusqu'à ce jour-là les fils d'Israël lui brûlaient de l'encens (2 Rois 18:4). Dieu a honoré son serviteur et, en même temps, l'a protégé du risque de devenir un objet de culte. Le seul tombeau que la Bible nous invite à visiter est celui de Jésus, et c'est pour voir qu'il est vide, car il n'est plus là, étant ressuscité (Matthieu 28:6).

Est-ce un manque de foi pour un chrétien de pleurer la mort de quelqu'un ?+

Non. Israël a pleuré Moïse pendant trente jours, et la Bible rapporte ce deuil avec respect : "Les enfants d’Israël pleurèrent Moïse pendant trente jours, dans les plaines de Moab ; et ces jours de pleurs et de deuil sur Moïse arrivèrent à leur terme." (Deutéronome 34:8). Devant le tombeau de Lazare, Jésus a pleuré (Jean 11:35), tout en sachant qu'il allait le ressusciter. L'Écriture reconnaît qu'il y a un temps pour pleurer et un temps pour mener deuil (Ecclésiaste 3:4). Ce qui change pour le chrétien, ce ne sont pas les larmes ; c'est l'espérance : "Nous ne voulons pas, frères, que vous soyez dans l’ignorance au sujet de ceux qui dorment, afin que vous ne vous affligiez pas comme les autres qui n’ont point d’espérance. Car, si nous croyons que Jésus est mort et qu’il est ressuscité, croyons aussi que Dieu ramènera par Jésus et avec lui ceux qui sont morts." (1 Thessaloniciens 4:13-14).

Que signifie l'affirmation qu'il ne s'est plus levé en Israël de prophète semblable à Moïse ?+

C'est l'épitaphe de Moïse : "Il n’a plus paru en Israël de prophète semblable à Moïse, que l’Éternel connaissait face à face." (Deutéronome 34:10). Personne dans l'ancienne alliance n'a eu une telle intimité avec Dieu : "L’Éternel parlait avec Moïse face à face, comme un homme parle à son ami. Puis Moïse retournait au camp ; mais son jeune serviteur, Josué, fils de Nun, ne sortait pas du milieu de la tente." (Exode 33:11). Mais la phrase laisse une place vacante, et le Nouveau Testament dit qui l'occupe : "car la loi a été donnée par Moïse, la grâce et la vérité sont venues par Jésus-Christ. Personne n’a jamais vu Dieu ; le Fils unique, qui est dans le sein du Père, est celui qui l’a fait connaître." (Jean 1:17-18). Moïse a parlé avec Dieu face à face ; Jésus est Dieu avec nous. Moïse a été fidèle en tant que serviteur ; Christ, en tant que Fils (Hébreux 3:5-6).

Puis-je essayer de parler à un proche décédé ?+

Non. La loi que Moïse a laissée interdit expressément de consulter les morts (Deutéronome 18:11), et le prophète demande : "Si l’on vous dit : Consultez ceux qui évoquent les morts et ceux qui prédisent l’avenir, Qui poussent des sifflements et des soupirs, Répondez : Un peuple ne consultera-t-il pas son Dieu ? S’adressera-t-il aux morts en faveur des vivants ?" (Ésaïe 8:19). Le chagrin de l'absence est légitime ; la consultation des morts ne l'est pas. Celui qui est mort en Christ est avec le Seigneur — nous aimons mieux quitter ce corps pour demeurer auprès du Seigneur (2 Corinthiens 5:8) —, et la consolation du chrétien ne vient ni de signes ni de messages de l'au-delà, mais de la promesse des retrouvailles à la résurrection (1 Thessaloniciens 4:14). Si la douleur est trop lourde, cherchez votre pasteur : le deuil n'a pas à être porté seul.

Adultes

4e trimestre