Texte d'or
“Car tu es un peuple saint pour l’Éternel, ton Dieu ; l’Éternel, ton Dieu, t’a choisi, pour que tu fusses un peuple qui lui appartînt entre tous les peuples qui sont sur la face de la terre.” (Deutéronome 7:6, LSG) · Lire dans la Bible
La sixième leçon ouvre Deutéronome 7, le chapitre qui répond à la question "pourquoi ce peuple et pas un autre ?" — et la réponse démonte l'orgueil : non pas à cause de sa taille, mais parce que l'Éternel l'a aimé. L'étude suit les trois points de la revue — élection et sainteté, l'amour et la fidélité qui soutiennent l'alliance, la séparation du mal — et aborde les questions que l'adulte se pose vraiment : Dieu a-t-il ordonné de détruire des peuples entiers ? obéir garantit-il la santé et l'argent ? se séparer du monde, est-ce couper les ponts avec les gens ? À la fin, la leçon arrive à la femme cananéenne qui a demandé miséricorde et à Christ, en qui le plus petit des peuples et ceux du dehors deviennent un seul peuple particulier.
Leçon 6 • L’alliance et les bénédictions de l’obéissance
Le plus petit des peuples et un amour sans motif. Étude complète de Deutéronome 7, avec l’hébreu, l’ancienne Bible grecque, les textes d’Ougarit, de Moab et de Deir Alla, la question difficile du ḥērem, les sources juives et chrétiennes, la théologie, la science, l’appareil pédagogique pour l’enseignant et la rubrique "Fala, Pastor!" dans son intégralité
Église Marcas do Evangelho — Cariacica/ES (Brésil) • Pasteur Jairo Carvalho et Pasteure Jaciana Carvalho • 4e trimestre de 2026 (Lições Bíblicas Adultes, revue de l’École du dimanche (EBD) de la CPAD, maison d’édition des Assemblées de Dieu au Brésil, commentateur Pasteur Osiel Gomes)
✶ Texte d'or — Deutéronome 7:6
"Car tu es un peuple saint pour l’Éternel, ton Dieu ; l’Éternel, ton Dieu, t’a choisi, pour que tu fusses un peuple qui lui appartînt entre tous les peuples qui sont sur la face de la terre." (Deutéronome 7:6)
Note de texte : les traductions bibliques diffèrent sur la manière de rendre l'expression qualifiant ce peuple choisi parmi tous les peuples de la terre, parlant tantôt d'un peuple propre, tantôt d'un peuple particulier ou spécial sur la face de la terre. Sous ce terme se trouve le mot hébreu סְגֻלָּה (sᵉgullâ), qui désignait le trésor personnel d'un roi ; l'ancienne Bible grecque l'a traduit par λαὸς περιούσιος, et Paul a utilisé ces deux mêmes mots pour parler de l'Église dans Tite 2:14. La Partie III, point 2a, et le bloc B de la Partie IV développent ce terme.
Vérité pratique (CPAD) : L'alliance avec Dieu exige un amour exclusif, une obéissance fidèle et une séparation du mal, qui nous conduisent à la pleine communion avec le Seigneur.
- Date — Dimanche 8 novembre 2026
- Trimestre — Le Dieu de l'alliance : avertissements, promesses et bénédictions dans le livre du Deutéronome (13 leçons)
- Texte de l'étude — Deutéronome 7:1-26, avec les parallèles de Genèse 15:16, Exode 19:5-6 et 23:27-30, Lévitique 18:21-28, Deutéronome 9:4-6, 10:15, 22, 12:31 et 13:12-17, Josué 7, 9 et 23:13, Juges 3:1-2, Psaumes 106:34-38, Osée 2:8, 15, Matthieu 15:21-28, 1 Corinthiens 1:26-29, Tite 2:14 et 1 Pierre 2:9-10
- Lecture en classe — Deutéronome 7:6-13, 21-23
- Mot-clé — CONSÉCRATION (probable : le fichier de la revue que nous utilisons coupe le mot à "Cons…" ; l'introduction de la leçon parle d'une foi marquée par la consécration. À vérifier dans l'édition imprimée.)
- Lecture quotidienne — Lun — Exode 19:5 ; 1 Pierre 2:9 (l'élection : un appel à appartenir à Dieu) • Mar — Deutéronome 14:2 ; 1 Pierre 1:15-16 (la sainteté : la réponse à l'appel divin) • Mer — Deutéronome 7:6-8 ; 1 Jean 4:10 (l'élection par amour : la base de l'alliance) • Jeu — Deutéronome 7:9 ; Romains 2:6 (fidélité et justice : le caractère de Dieu) • Ven — Deutéronome 7:12-13 ; Matthieu 6:33 (l'obéissance : le chemin des bénédictions de Dieu) • Sam — Deutéronome 7:17-19 ; Romains 8:37 (la confiance en Dieu : victoire sur les ennemis spirituels)
- Cantiques (Harpa Cristã) — 50, 176 et 386 (Harpa Cristã est le recueil de cantiques des Assemblées de Dieu au Brésil)
- Version biblique — Toutes les citations bibliques de ce dossier ont été vérifiées lettre par lettre dans le texte de référence. Deutéronome 7 tout entier a été ouvert et vérifié pour ce dossier le 13 octobre 2026. Les textes qui n'apparaissent qu'avec leur référence, sans guillemets, doivent être ouverts dans la Bible de l'enseignant.
Dossier de recherche de la leçon : exégèse de l'hébreu, l'ancienne Bible grecque, les sources juives et chrétiennes, l'archéologie, la théologie, la rubrique "Fala, Pastor!" dans son intégralité et le support pour l'enseignant. L'article de la leçon, plus court et narratif, se trouve dans l'onglet Article de la leçon.
Présentation — comment utiliser ce dossier
Voici le matériel de recherche de la leçon, destiné à l'enseignant qui souhaite préparer son cours avec les sources en main ainsi qu'à l'élève qui veut aller au-delà de la revue (Lições Bíblicas). Chaque partie peut être lue séparément. La Partie I situe Deutéronome 7 dans le livre. La Partie II ouvre le monde dans lequel ce chapitre a été entendu : les peuples de Canaan, la religion que les textes d'Ougarit ont révélée, les noms de dieux cachés dans le verset 13, les autels où l'on brûlait des enfants, le mot ḥērem sur une pierre de Moab et les frelons. La Partie III compare les traductions et montre ce que l'hébreu et l'ancienne Bible grecque révèlent. La Partie IV est l'exposition du chapitre entier, en sept blocs. La Partie V rassemble la théologie en huit axes, dont l'un affronte avec honnêteté la question que tout adulte se pose devant ce chapitre : Dieu a-t-il ordonné de détruire des peuples entiers ? Viennent ensuite les erreurs courantes dans l'enseignement, l'Église ancienne et les réformateurs, la lecture juive, la science, le lexique, les tableaux, Christ dans la leçon et l'application.
La rubrique "Fala, Pastor!" figure intégralement dans ce dossier. Après l'application vient le texte complet de la rubrique de cette leçon, "Sainteté à l'Éternel", du Pasteur Jairo Carvalho. Cette rubrique suit la phrase gravée sur le front du souverain sacrificateur (Exode 28:36) jusqu'au peuple de Deutéronome 7:6 et jusqu'aux marmites de la cuisine de Zacharie 14, en passant par le pectoral portant les noms des tribus et par la croix. L'enseignant peut la lire comme un sermon, l'utiliser comme modèle d'exposition et vérifier les sources de chaque affirmation à la fin de la section. Quatre plans de prédication (dont "Le talon de la bénédiction", la première version de la rubrique), le support pour la classe, le questionnaire et la bibliographie commentée clôturent le dossier.
Une observation sur la lecture en classe. La revue lit Deutéronome 7:6-13 et 21-23. Elle laisse de côté les ordres qui ouvrent le chapitre (7:1-5), les bénédictions et le piège de 7:14-16, la mémoire de l'Égypte et les frelons (7:17-20), les rois livrés (7:24) ainsi que l'or des idoles (7:25-26). La revue commente presque tous ces versets dans ses sections et ses encadrés d'aide, et ce dossier parcourt le chapitre tout entier.
Comment nous traitons les sources. Toute affirmation historique est accompagnée de la source qui l'appuie. Là où les chercheurs divergent, le dossier expose le désaccord, ce qui vaut en particulier pour l'ordre de détruire les peuples de Canaan et pour les découvertes archéologiques concernant les sacrifices d'enfants. Là où le fichier de la revue que nous utilisons comporte une référence qui ne correspond pas, le dossier le signale avec respect, afin que l'enseignant puisse vérifier dans l'édition imprimée (Partie III, point 4). La théologie de ce matériel est arminienne, wesleyenne et pentecôtiste, et cela apparaît chaque fois que cela oriente la lecture.
Partie I — Où nous en sommes : le premier commandement face aux voisins
Deutéronome 7 commence par les mêmes mots que 6:10. En hébreu, les deux phrases sont identiques : כִּי יְבִיאֲךָ יְהוָה אֱלֹהֶיךָ אֶל־הָאָרֶץ (kî yᵉvîʾăkā YHWH ʾĕlōhêkā ʾel-hāʾāreṣ), "lorsque l'Éternel, ton Dieu, te fera entrer dans le pays". Les traductions rendent la première occurrence en Deutéronome 6:10 et la seconde en Deutéronome 7:1 avec de légères variations de temps ou de liaison. Moïse reprend le même point de départ et montre deux dangers différents de la Terre promise. Le chapitre 6 mettait en garde contre la maison pleine qui fait oublier Dieu (Deutéronome 6:10-12, dossier de la Leçon 5). Le chapitre 7 met en garde contre les voisins et leurs dieux. La menace contre l'alliance pouvait venir de l'abondance ou de la cohabitation ; dans les deux cas, la question était de savoir à qui appartient le cœur.
Dans le plan du livre, Deutéronome 6 à 11 expose le premier commandement. Le Shema a donné la forme positive de l'interdiction d'avoir d'autres dieux devant sa face : aimer le seul Éternel de tout son être (Deutéronome 6:4-5). Le chapitre 7 applique cet amour exclusif au lieu où Israël allait habiter, entouré de peuples qui adoraient d'autres dieux. C'est pourquoi le motif de tous les ordres du chapitre est religieux : ces peuples détourneraient leurs fils de l'Éternel pour servir d'autres dieux (Deutéronome 7:4).
Un chapitre sur la taille. Lu en hébreu, Deutéronome 7 compte et compare sans cesse. Les nations sont nombreuses, plus grandes et plus puissantes qu'Israël (Deutéronome 7:1). Dieu n'a pas choisi Israël parce qu'il surpassait les autres en nombre, mais alors qu'il était le moindre de tous les peuples (Deutéronome 7:7). La bénédiction consiste à le faire multiplier (Deutéronome 7:13). La peur parle en chiffres, en se disant que ces nations sont plus nombreuses que soi (Deutéronome 7:17). La conquête se fera peu à peu, afin que les bêtes des champs ne se multiplient pas (Deutéronome 7:22). Le mot traduit par le moindre en 7:7 et par peu à peu en 7:22 est le même mot hébreu, מְעַט (mᵉʿaṭ) (Partie XI, tableau 4). Le plus petit des peuples reçoit le pays peu à peu, et tout le chapitre enseigne à ne pas mesurer Dieu à la taille.
Les sept blocs du chapitre. La Partie IV suit cette division : A (7:1-5), les ordres concernant les peuples ; B (7:6-8), l'élection par amour, où se trouve le Texte d'or ; C (7:9-11), le Dieu fidèle ; D (7:12-16), les bénédictions qui viennent "au talon" de l'obéissance ; E (7:17-21), la peur du nombre et la mémoire de l'Égypte ; F (7:22-24), le "peu à peu" ; G (7:25-26), l'or des idoles. Le début et la fin se répondent : le chapitre s'ouvre en ordonnant de renverser les autels et de brûler les images (Deutéronome 7:5) et se referme en interdisant d'emporter chez soi leur argent et leur or (Deutéronome 7:25-26).
Qui écoutait, et qui a lu ensuite. Ceux qui écoutaient étaient la génération née dans le désert, dans les plaines de Moab, à la veille de passer le Jourdain. Plus tard, l'Écriture a consigné ce qui est arrivé lorsque ce chapitre n'a pas été pris au sérieux : "Ils ne détruisirent point les peuples Que l’Éternel leur avait ordonné de détruire. Ils se mêlèrent avec les nations, Et ils apprirent leurs œuvres. Ils servirent leurs idoles, Qui furent pour eux un piège ;" (Psaume 106:34-36). Des siècles plus tard, en exil, Néhémie et Daniel ont ouvert leurs prières de confession avec les paroles de Deutéronome 7:9 et 7:21 (Partie III, point 2g). Le chapitre qu'Israël n'a pas gardé en entrant dans le pays fut celui qu'Israël a prié en en sortant.
Partie II — Le monde de Deutéronome 7 : les peuples, les dieux, les autels et la guerre
1. Les sept peuples et le pays de Canaan
Deutéronome 7:1 nomme sept peuples : les Héthiens, les Guirgasiens, les Amoréens, les Cananéens, les Phéréziens, les Héviens et les Jébusiens. La Bible comporte plusieurs listes de ces peuples, comptant six, sept ou dix noms (Partie XI, tableau 1). La liste de sept noms n'apparaît qu'en Deutéronome 7:1, Josué 3:10 et Josué 24:11 ; la plus longue, avec dix noms, se trouve dans la promesse faite à Abraham (Genèse 15:19-21). Le chiffre sept évoque ici la totalité : tous les peuples du pays. La revue les présente au point I.2 et rappelle qu'ils étaient liés à la lignée de Canaan (Genèse 10:15-18).
Ce que l'on sait de chacun d'eux, avec la prudence requise. Les Cananéens donnaient leur nom à la région : les lettres d'Amarna, correspondance diplomatique de l'Égypte au XIVe siècle av. J.-C., appellent le pays Kinaḫḫi ou Kinaḫni. Les Amoréens portent le nom des peuples de l'ouest que les textes de Mésopotamie appelaient Amurru. Les Jébusiens habitaient à Jébus, Jérusalem, que seul David prit (Josué 15:63 ; 2 Samuel 5:6-7). Les Héviens apparaissent à Sichem (Genèse 34:2) et à Gabaon : les Gabaonites qui trompèrent Josué étaient des Héviens (Josué 9:7). Les Héthiens de Canaan portent le nom du grand empire hittite d'Anatolie, mais le rapport entre les deux est débattu. Certains chercheurs relient le nom des Phéréziens au mot פְּרָזִי (pᵉrāzî), "village sans murailles" (Deutéronome 3:5) ; c'est une hypothèse. Des Guirgasiens, on ne sait presque rien en dehors de leur nom.
Canaan s'étendait jusqu'à Tyr et Sidon. La table des nations dit : "Canaan engendra Sidon, son premier-né, et Heth ;" (Genèse 10:15), et précise que la frontière des Cananéens allait depuis Sidon (Genèse 10:19). Sidon, sur la côte de l'actuel Liban, était le premier-né de Canaan. Retenez cela pour la section "Christ dans la leçon" : lorsque Jésus se rendit dans la région de Tyr et de Sidon, une femme de ce pays vint à Lui, et Matthieu l'appelle cananéenne (Matthieu 15:21-22).
2. La religion de Canaan : ce qu'Ougarit a révélé
Jusqu'au début du XXe siècle, presque tout ce que l'on savait de la religion cananéenne venait de la Bible et d'auteurs grecs tardifs. En 1928, un laboureur ouvrit par hasard une tombe antique à Ras Shamra, sur la côte syrienne ; à partir de 1929, l'équipe française de Claude Schaeffer y fouilla la cité d'Ougarit et découvrit d'importantes archives de tablettes d'argile, dont beaucoup étaient rédigées dans un alphabet cunéiforme jusqu'alors inconnu, datant des XIVe et XIIIe siècles av. J.-C. Parmi elles figure le cycle de Baal, qui raconte les luttes du dieu de l'orage et de la pluie pour la royauté. On y trouve aussi El, le père des dieux, Athirat (l'Ashéra), Astarté (en ougaritique ʿAṯtart ; l'Astarté de Juges 2:13) et Dagan.
Les objets de 7:5 prennent un visage. En Deutéronome 7:5, Dieu ordonne de renverser leurs autels, de briser leurs statues, d'abattre leurs pieux sacrés et de brûler au feu leurs images taillées. Les statues ou stèles sont מַצֵּבֹת (maṣṣēvôt), des pierres dressées comme repères de culte. Les pieux sacrés ou bosquets sont אֲשֵׁרִים (ʾăšērîm), des objets de bois liés à la déesse Ashéra, d'où l'ordre de les abattre. Les images taillées sont פְּסִילִים (pᵉsîlîm), des idoles sculptées. Le dossier de la Leçon 3 a montré, avec les inscriptions de Kuntillet Ajrud, comment ce culte en est venu à se mêler à la foi d'Israël.
Baal était le dieu de la pluie, et la pluie était le pain. Dans un pays qui dépendait de la pluie, adorer le dieu de l'orage revenait à s'assurer la récolte, le troupeau et les enfants. C'est pourquoi la tentation de Canaan n'avait rien d'abstrait : les dieux des voisins promettaient les mêmes bénédictions que celles qu'énumère Deutéronome 7:13-14. Le prophète Osée a dénoncé cet aveuglement des siècles plus tard : "Elle n’a pas reconnu que c’était moi qui lui donnais le blé, le moût et l’huile ; et l’on a consacré au service de Baal l’argent et l’or que je lui prodiguais." (Osée 2:8). Israël attribuait à Baal ce que Dieu lui donnait, et rendait à Baal ce qu'il recevait de Dieu.
3. Les noms de dieux cachés dans l'enclos (Deutéronome 7:13)
Les deux dernières bénédictions de 7:13 ont une histoire curieuse. Les traductions parlent de la portée de tes vaches et des brebis de ton menu bétail. En hébreu : שְׁגַר אֲלָפֶיךָ וְעַשְׁתְּרֹת צֹאנֶךָ (šᵉgar ʾălāfêkā wᵉʿaštᵉrōt ṣōʾnekā). Šeger signifie "portée, ce qui naît" (le même mot qu'en Exode 13:12), et ʿaštᵉrōt a la même consonance qu'Astarté, la déesse de la fertilité. Le lexique de Brown, Driver et Briggs note que le mot désigne les petits ou les brebis "en référence à Astarté comme déesse de la fécondité". Le professeur Aaron Demsky, de l'Université Bar-Ilan (TheTorah.com, 2019), a réuni les preuves montrant que Šeger était lui aussi un nom divin : il apparaît dans les listes de dieux d'Ougarit et, aux côtés d'Astar, dans l'inscription de Deir Alla, dans l'actuelle Jordanie (découverte en 1967, datée entre 880 et 770 av. J.-C. ; combinaison I, ligne 14).
Ce que Moïse a fait de ces noms. L'expression n'apparaît que dans le Deutéronome : en 7:13, comme bénédiction, et en 28:4, 18, 51, dans les bénédictions et les malédictions de l'alliance (thème de la Leçon 7). Pour Demsky, ces noms sont devenus des noms communs, un vestige linguistique d'une religion ancienne, et le Deutéronome "n'a manifestement aucun intérêt à soutenir le culte de cette déesse". Une discussion semblable existe autour de דָּגָן (dāgān), "blé, grain", qui a la même consonance que le dieu Dagan (le Dagon des Philistins, Juges 16:23 ; 1 Samuel 5:2) ; ce lien reste débattu. La leçon pour la classe est simple : au verset 13, ce que les voisins demandaient aux dieux des champs, l'Éternel promet de le donner. Le petit qui naît dans l'enclos n'appartient pas à Astarté ; il appartient à Celui qui l'a créé.
4. Les autels où l'on brûlait des enfants
La revue dit que ces peuples étaient marqués par de graves péchés et cite Lévitique 18:21-25 et Deutéronome 18:9-12. L'encadré d'aide de la leçon renvoie en outre à Deutéronome 12:29-31, et c'est là que le péché apparaît sans détour : "Tu n’agiras pas ainsi à l’égard de l’Éternel, ton Dieu ; car elles servaient leurs dieux en faisant toutes les abominations qui sont odieuses à l’Éternel, et même elles brûlaient au feu leurs fils et leurs filles en l’honneur de leurs dieux." (Deutéronome 12:31). Lévitique 18:21 interdit de livrer qui que ce soit de sa postérité pour le faire passer par le feu en l'honneur de Moloch.
Qui était Moloch, et ce que montre l'archéologie. Il existe deux lectures. La lecture traditionnelle voit en Moloch le nom d'un dieu. Une autre, proposée par Otto Eissfeldt en 1935, comprend molk comme le terme technique désignant un type de sacrifice, à partir d'inscriptions phéniciennes et puniques. Les deux camps s'accordent sur l'essentiel : dans le monde phénico-cananéen, des enfants étaient offerts par le feu. Le cas le plus étudié est le "tophet" de Carthage, colonie phénicienne d'Afrique du Nord, un cimetière contenant des milliers d'urnes d'enfants incinérés. Le débat est sérieux. Jeffrey Schwartz et ses collègues (PLoS ONE 5, 2010) ont soutenu qu'on y enterrait des bébés morts avant ou juste après l'accouchement, "quelle qu'en fût la cause". Patricia Smith, Lawrence Stager et leurs collègues (Antiquity 85, 2011, p. 859-874 ; Antiquity 87, 2013, p. 1191-1199) ont répondu que la majorité d'entre eux étaient morts à l'âge d'environ un mois à un mois et demi, ce qui rend le sacrifice "très probable".
La Bible montre que cette horreur a touché Israël de près. Lorsque le roi de Moab se vit assiégé, il offrit son fils premier-né en holocauste sur la muraille (2 Rois 3:27). Deux rois de Juda, Achaz et Manassé, firent passer leurs propres fils par le feu (2 Rois 16:3 ; 21:6), et Jérémie dénonça les autels de Topheth, dans la vallée du fils de Hinnom (Jérémie 7:31). Le Psaume 106 résume : "Ils sacrifièrent leurs fils Et leurs filles aux idoles, Ils répandirent le sang innocent, Le sang de leurs fils et de leurs filles, Qu’ils sacrifièrent aux idoles de Canaan, Et le pays fut profané par des meurtres." (Psaume 106:37-38). Deutéronome 7:4 avait averti qu'ils détourneraient leurs fils de l'Éternel. Le danger que le chapitre avait prévu s'abattit, au sens littéral, sur les enfants.
5. Le mot ḥērem sur une stèle de Moab
L'ordre de Deutéronome 7:2 de les vouer entièrement à la destruction utilise le verbe חָרַם (ḥāram), "consacrer à la destruction", de la même racine que le substantif חֵרֶם (ḥērem), traduit par "interdit" ou "anathème" en Deutéronome 7:26. Cette pratique n'était pas propre à Israël. La Stèle de Mésha, pierre de basalte découverte en 1868 à Dhiban, dans l'actuelle Jordanie, et conservée au Musée du Louvre, a été gravée vers 840 av. J.-C. par ce même Mésha, roi de Moab, mentionné en 2 Rois 3. Le roi y raconte qu'il a pris Nebo et tué sept mille personnes, hommes, femmes et jeunes filles, parce qu'il les avait "vouées par interdit" au dieu Ashtar-Kemosh, en employant le même verbe ḥrm.
Le langage de guerre du Proche-Orient ancien. Les récits de conquête de cette époque parlaient d'extermination totale de manière stylisée. La stèle du pharaon Merneptah (v. 1208 av. J.-C., découverte à Thèbes par Flinders Petrie en 1896, aujourd'hui au Musée égyptien du Caire) comporte la phrase "Israël est dévasté, sa semence n'est plus", formule employée pour des peuples vaincus ; et pourtant Israël a continué d'exister. K. Lawson Younger Jr. a étudié ces conventions dans Ancient Conquest Accounts (JSOT Supplement 98, Sheffield, 1990). La Partie V, axe 5, utilise cette donnée avec prudence, conjointement avec ce que dit le texte biblique lui-même.
6. Les frelons
"L’Éternel, ton Dieu, enverra même les frelons contre eux, jusqu’à la destruction de ceux qui échapperont et qui se cacheront devant toi." (Deutéronome 7:20). Le mot צִרְעָה (ṣirʿâ) n'apparaît que trois fois dans la Bible : Exode 23:28, Deutéronome 7:20 et Josué 24:12. Dans ce dernier passage, Dieu regarde en arrière : "et j’envoyai devant vous les frelons, qui les chassèrent loin de votre face, comme les deux rois des Amoréens : ce ne fut ni par ton épée, ni par ton arc." (Josué 24:12). L'ancienne Bible grecque traduit par σφηκία (sphēkía), "guêpes". Les interprétations divergent : de véritables insectes ; une image de la panique que Dieu envoyait sur les ennemis, lecture aujourd'hui la plus répandue parmi les commentateurs ; l'Égypte des pharaons, qui comptait l'abeille parmi ses symboles (John Garstang, Joshua-Judges) ; ou encore une maladie. Ce que le texte garantit se trouve en Josué 24:12 : la victoire n'est venue ni par ton épée ni par ton arc. La tradition rabbinique a elle aussi discuté du frelon (Partie VIII).
Partie III — Le texte : la revue, les traductions, l'hébreu et l'ancienne Bible grecque
1. La lecture de la revue et les traductions, côte à côte
La revue et ce dossier s'appuient sur deux traductions traditionnelles dont le choix de mots diffère par endroits. Ces différences ne changent pas la doctrine, mais certaines aident à lire l'hébreu, et l'une d'elles, en Deutéronome 7:21, préserve un lien lexical que d'autres versions masquent.
| TEXTE | LECTURE DE LA REVUE | TRADUCTION DE RÉFÉRENCE DU DOSSIER |
|---|---|---|
| Deutéronome 7:6 | Désigne Israël comme son peuple propre parmi tous les peuples qui sont sur la terre | Désigne Israël comme son peuple particulier ou spécial parmi tous les peuples sur la face de la terre |
| Deutéronome 7:8 | Pour garder le serment qu'il avait juré à vos pères | Pour garder le serment qu'il avait fait à vos pères |
| Deutéronome 7:9 | Qui garde le pacte et la miséricorde jusqu'à mille générations | Qui garde l'alliance et la miséricorde jusqu'à mille générations |
| Deutéronome 7:10 | Rend en face à quiconque le hait et ne tarde point envers celui qui le hait | Rétribue directement en face ceux qui le haïssent et ne diffère point envers celui qui le hait |
| Deutéronome 7:12 | Si, écoutant ces ordonnances, vous les gardez et les pratiquez, il gardera le pacte et la bienveillance | Si, écoutant ces ordonnances, vous les gardez et les accomplissez, il gardera l'alliance et la miséricorde |
| Deutéronome 7:13 | Bénit tes céréales, ton moût et ton huile | Bénit ton blé, ton moût et ton huile |
| Deutéronome 7:21 | Dieu grand et terrible | Dieu grand et redoutable |
| Deutéronome 7:23 | L'Éternel les livrera devant toi et les frappera d'un grand trouble jusqu'à ce qu'elles soient détruites | L'Éternel, ton Dieu, te les livrera et leur infligera une grande confusion jusqu'à ce qu'elles soient consumées |
Attention aux différentes éditions des traductions bibliques. Certaines éditions numériques omettent en Deutéronome 7:6 l'idée de "face" de la terre et emploient en 7:21 l'adjectif "terrible" au lieu de "redoutable". Le texte hébreu comporte bien עַל־פְּנֵי הָאֲדָמָה, ʿal-pᵉnê hāʾădāmâ, "sur la face du sol", et en 7:21 un participe de la racine de craindre ("redoutable"). Ceux qui préparent des diapositives et des supports visuels doivent vérifier l'édition utilisée.
2. L'hébreu, mot à mot
a) Un peuple particulier : le trésor personnel du roi (7:6)
Le mot est סְגֻלָּה (sᵉgullâ). Il apparaît huit fois dans l'Ancien Testament : Exode 19:5 ; Deutéronome 7:6 ; 14:2 ; 26:18 ; 1 Chroniques 29:3 ; Psaumes 135:4 ; Ecclésiaste 2:8 ; Malachie 3:17. Deux de ces occurrences montrent le sens courant du mot. David, en faisant un don pour le temple, parle de l'or et de l'argent qu'il possède en propre (1 Chroniques 29:3) : c'est sa sᵉgullâ, le trésor personnel du roi, distinct du trésor du royaume. L'Ecclésiaste parle des trésors particuliers des rois (Ecclésiaste 2:8). Le psaume emploie ce mot pour Israël : "Car l’Éternel s’est choisi Jacob, Israël, pour qu’il lui appartînt." (Psaume 135:4).
Ce mot a des équivalents en dehors de la Bible. Moshe Greenberg l'a relié à l'akkadien sikiltu, "biens acquis et mis en réserve" (Journal of the American Oriental Society 71, 1951, p. 172-174). À Alalakh, en Syrie, le propriétaire d'un sceau s'appelle "la sikiltu du dieu Adad". Dans une lettre d'Ougarit (RS 18.038), le roi hittite rappelle au roi d'Ougarit, son vassal, qu'il est "son serviteur et sa sglt" (synthèse de Michael Marmur, TheTorah.com, 2020). Le terme unit donc deux idées : valeur et appartenance. Israël est le trésor que le Roi a mis de côté pour lui-même ; et un trésor gardé a un propriétaire.
Dans la Bible grecque et dans le Nouveau Testament. La Septante a traduit sᵉgullâ en Exode 19:5 et Deutéronome 7:6 par λαὸς περιούσιος (laòs perioúsios), "peuple qui est une propriété particulière" ; en Malachie 3:17, par εἰς περιποίησιν (eis peripoíēsin), "pour être une possession". Les deux expressions sont parvenues jusqu'à l'Église. Pierre parle d'un peuple acquis (λαὸς εἰς περιποίησιν, 1 Pierre 2:9). Paul écrit que Christ s'est donné lui-même pour nous afin de nous racheter de toute iniquité et de se purifier un peuple qui lui appartienne en propre, zélé pour les bonnes œuvres (Tite 2:14), où l'expression désignant ce peuple particulier est λαὸν περιούσιον, celle-là même de la Septante en Deutéronome 7:6. La revue cite Tite 2:14 au point II.1 et explique "peuple propre" comme un "trésor personnel". Le bloc B montre que ce même verset de Tite reprend également le verbe de 7:8.
b) Il t'a choisi (7:6-7)
Le verbe est בָּחַר (bāḥar), choisir. Dans le Deutéronome, son premier emploi pour le choix d'Israël se trouve en 4:37, lié à l'amour envers les pères ; viennent ensuite 7:6-7 ; 10:15 ; 14:2. La Bible grecque a traduit celui de 7:6 par προείλατο (proeílato), "a préféré", "a choisi parmi d'autres". Le sujet est toujours Dieu et l'objet, un peuple. La Partie V, axe 1, montre pourquoi cela importe pour la lecture arminienne de l'élection.
c) Il ne s'est point attaché à vous et ne vous a point choisis parce que… (7:7)
L'expression traduite par s'attacher ou prendre plaisir est חָשַׁק (ḥāšaq), verbe qui décrit celui qui s'attache fortement à quelqu'un ou à quelque chose. Au sens d'affection, il apparaît huit fois : Sichem pour Dina (Genèse 34:8) ; Dieu pour Israël (Deutéronome 7:7 ; 10:15) ; le soldat pour la femme captive (Deutéronome 21:11) ; Salomon pour ce qu'il voulut bâtir (1 Rois 9:19 ; 2 Chroniques 8:6) ; le fidèle pour Dieu (Psaumes 91:14) ; Dieu pour la vie d'Ézéchias (Ésaïe 38:17). C'est un mot exprimant un désir ardent (dossier de la Leçon 5, Partie II). Il prend tout son poids lorsqu'on voit le psaume qui le renvoie en écho : parce que le fidèle s'est attaché ardemment à Dieu, Dieu promet de le délivrer (Psaumes 91:14). Dieu s'est attaché le premier à son peuple (Deutéronome 7:7) ; le fidèle apprend à s'attacher à Dieu (Psaumes 91:14).
d) Plus nombreux et le moindre (7:7)
L'idée que vous surpassiez tous les peuples en nombre traduit מֵרֻבְּכֶם (mērubbᵉkem), "à cause de votre grand nombre" ; l'affirmation que vous étiez le moindre de tous les peuples traduit אַתֶּם הַמְעַט (ʾattem hammᵉʿaṭ), "vous êtes le petit nombre", "le moindre". La Bible grecque dit ὀλιγοστοί (oligostoí), "les moindres en nombre". Dans le Deutéronome, ce même mot mᵉʿaṭ raconte l'histoire du peuple : les pères sont descendus en Égypte en petit nombre (Deutéronome 26:5) ; Dieu les a rendus aussi nombreux que les étoiles des cieux (Deutéronome 10:22) ; pourtant, face aux nations, ils restaient les moins nombreux (Deutéronome 7:7) ; et, s'ils désobéissaient, ils redeviendraient peu nombreux, au lieu d'avoir été aussi nombreux que les étoiles des cieux (Deutéronome 28:62). La revue cite Deutéronome 10:22 au point II.1, et ce verset trouve toute sa place ici : la croissance fut l'œuvre de Dieu, jamais la cause du choix.
e) Parce que l'Éternel vous aime (7:8)
En hébreu : כִּי מֵאַהֲבַת יְהוָה אֶתְכֶם (kî mēʾahăvat YHWH ʾetkem), "mais par l'amour de l'Éternel pour vous". La phrase ne donne pas de raison derrière l'amour : l'amour est la raison. Le verbe aimer circule à travers le chapitre dans les deux sens : Dieu aime (Deutéronome 7:8 ; et en 7:13, où il promet qu'il t'aimera) et la miséricorde est gardée pour ceux qui l'aiment (Deutéronome 7:9). La Septante a écrit παρὰ τὸ ἀγαπᾶν κύριον ὑμᾶς (parà tò agapân kýrion hymâs), "parce que le Seigneur vous aime".
f) Il vous a rachetés (7:8)
Le verbe est פָּדָה (pādâ), racheter moyennant paiement ou délivrer. Le Deutéronome l'utilise six fois, toujours pour la sortie d'Égypte (Deutéronome 7:8 ; 9:26 ; 13:5 ; 15:15 ; 21:8 ; 24:18 ; dans le texte hébreu, 13:6). La Septante l'a traduit en 7:8 par ἐλυτρώσατο (elytrṓsato), du verbe λυτρόω (lytróō), d'où vient le mot "rachat". C'est le verbe de Tite 2:14 : "afin de nous racheter", ἵνα λυτρώσηται.
g) Le Dieu fidèle, qui garde son alliance et sa miséricorde (7:9) et le Dieu grand et redoutable (7:21)
"Le Dieu fidèle" est הָאֵל הַנֶּאֱמָן (hāʾēl hanneʾĕmān), de la racine d'"amen", comme le cours l'a expliqué. La Septante a écrit θεὸς πιστός (theòs pistós), et le Nouveau Testament parle ainsi : "Dieu est fidèle, lui qui vous a appelés à la communion de son Fils, Jésus-Christ notre Seigneur." (1 Corinthiens 1:9) ; "si nous sommes infidèles, il demeure fidèle, car il ne peut se renier lui-même." (2 Timothée 2:13) ; car celui qui a fait la promesse est fidèle (Hébreux 10:23).
Une trouvaille pour la classe : les prières de l'exil ont été bâties avec Deutéronome 7. L'expression "qui garde l'alliance et la miséricorde" (שֹׁמֵר הַבְּרִית וְהַחֶסֶד, šōmēr habbᵉrît wᵉhaḥesed) apparaît en Deutéronome 7:9 et 7:12, dans la prière de Salomon (1 Rois 8:23 ; 2 Chroniques 6:14) et dans les prières de confession de Néhémie et de Daniel (Néhémie 1:5 ; 9:32 ; Daniel 9:4). L'expression "Dieu grand et redoutable" (אֵל גָּדוֹל וְנוֹרָא, ʾēl gādôl wᵉnôrāʾ) se trouve en Deutéronome 7:21 et 10:17 ainsi que dans ces mêmes prières de Néhémie et de Daniel. Néhémie 1:5 et Daniel 9:4 réunissent les deux phrases de Deutéronome 7 : "et je dis : Ô Éternel, Dieu des cieux, Dieu grand et redoutable, toi qui gardes ton alliance et qui fais miséricorde à ceux qui t’aiment et qui observent tes commandements !" (Néhémie 1:5) ; "Je priai l’Éternel, mon Dieu, et je lui fis cette confession : Seigneur, Dieu grand et redoutable, toi qui gardes ton alliance et qui fais miséricorde à ceux qui t’aiment et qui observent tes commandements !" (Daniel 9:4). Loin du pays, à cause de la désobéissance, ces deux hommes ont prié avec le chapitre qui garantissait la fidélité de Dieu. Remarquez que les traductions rendent le même mot hébreu, nôrāʾ, par divers adjectifs comme redoutable, craint ou terrible selon les passages (Deutéronome 7:21 ; 10:17 ; Néhémie 1:5 ; 9:32 ; Daniel 9:4).
h) Jusqu'à mille générations (7:9)
L'hébreu dit לְאֶלֶף דּוֹר (lᵉʾelef dôr), "à mille générations". Dans les Dix Commandements, la phrase parallèle parle de faire miséricorde jusqu'à des milliers (Deutéronome 5:10, lāʾălāfîm), ce que certains lisent comme "des milliers de personnes". Deutéronome 7:9 lève le doute : il s'agit bien de générations. Le cours a comparé cela avec la troisième et la quatrième génération de Deutéronome 5:9 ; il vaut la peine de souligner que mille générations, à raison de vingt-cinq ans chacune, représentent plus de vingt mille ans, soit davantage que toute l'histoire humaine enregistrée. Ce nombre n'est pas de la comptabilité : c'est la mesure d'une miséricorde qui ne s'épuise pas avant la famille.
i) Rétribue en face (7:10)
L'hébreu dit deux fois אֶל־פָּנָיו (ʾel-pānāyw), "à sa face" : personnellement, directement, sans intermédiaire et sans délai (il ne diffère point). La justice de Dieu n'est pas anonyme. La tradition juive a lu ce verset autrement : Rachi, suivant le Targoum Onkelos, comprend que Dieu paie de son vivant le bien que le méchant a fait, afin qu'il n'ait aucune part au monde à venir (Partie VIII). C'est une lecture issue de la tradition, distincte du sens simple du texte, mais elle montre combien ce verset a été médité. La revue rapproche Deutéronome 7:10 de Romains 2:6 : "qui rendra à chacun selon ses œuvres ;" (Romains 2:6).
j) En conséquence de ce que vous écouterez… (7:12)
Le mot traduit par "si" ou "parce que" est עֵקֶב (ʿéqev), de la racine de "talon" : "ce qui vient à la suite", "en conséquence de". Il apparaît quinze fois dans l'Ancien Testament, et seulement quatre fois avec le verbe écouter/obéir : Genèse 22:18 et 26:5 (le serment fait à Abraham et à Isaac) et Deutéronome 7:12 et 8:20. Les traductions le rendent de plusieurs manières : par une conjonction de condition ou de cause (Deutéronome 7:12 ; Genèse 22:18 ; 26:5), ou par l'idée de rétribution et de récompense (Proverbes 22:4 ; Psaumes 19:11). Ce mot constitue l'axe du plan de prédication 2 de l'Annexe A, "Le talon de la bénédiction", qui le suit de l'Éden jusqu'à la croix.
k) Ton blé, ton moût et ton huile (7:13)
La triade דָּגָן, תִּירוֹשׁ, יִצְהָר (dāgān, tîrôš, yiṣhār) résume la richesse agricole de Canaan et revient en Deutéronome 11:14 ainsi qu'en Osée 2:8, où Israël attribue à Baal ce que Dieu lui a donné. Juste après viennent les deux mots ayant la consonance de noms divins, šeger et ʿaštᵉrōt (Partie II, point 3).
l) Les mauvaises maladies d'Égypte (7:15)
Le mot traduit par maladies est מַדְוֵי (madwê), terme rare qui ne revient qu'en Deutéronome 28:60. Ce verset fait écho à Exode 15:26, que la revue cite au point II.3, où Dieu promet de ne frapper son peuple d'aucune des maladies qu'il a mises sur l'Égypte, car il est l'Éternel qui le guérit. Avant la promesse de santé, Dieu se présente par un nom : יְהוָה רֹפְאֶךָ (YHWH rōfʾekā), "l'Éternel qui te guérit" (Partie V, axe 7).
m) Tu ne leur feras point grâce (7:2)
Le verbe est חָנַן (ḥānan), favoriser, avoir compassion, faire grâce ; en 7:2, וְלֹא תְחָנֵּם (wᵉlōʾ tᵉḥonnēm). Les rabbins ont lu cette forme de trois manières (Talmud, Avoda Zara 20a ; Partie VIII). La Septante a traduit οὐδὲ μὴ ἐλεήσητε αὐτούς (oudè mḕ eleḗsēte autoús), "et vous n'aurez point pitié d'eux", avec le verbe ἐλεέω (eleéō). C'est le verbe du cri de la femme cananéenne : Ἐλέησόν με, "aie pitié de moi" (Matthieu 15:22). La section "Christ dans la leçon" développe ce lien.
n) Tu les dévoueras par interdit (7:2) et l'interdit (7:26)
Le verbe חָרַם (ḥāram) signifie séparer quelque chose de tout usage courant en le livrant à Dieu par la destruction ; le substantif חֵרֶם (ḥērem) désigne la chose ainsi séparée. En 7:2, le verbe est redoublé, הַחֲרֵם תַּחֲרִים (haḥărēm taḥărîm), forme d'insistance. Dans le Deutéronome, ce verbe apparaît pour Sihon et Og (Deutéronome 2:34 ; 3:6), pour les peuples de Canaan (Deutéronome 7:2 ; 20:17) et pour la ville d'Israël qui se livrerait à l'idolâtrie (Deutéronome 13:15) ; le substantif figure en 7:26 (deux fois) et en 13:17. La Septante emploie la famille de ἀνάθεμα (anáthema), le mot que Paul utilise en Romains 9:3, Galates 1:8-9 et 1 Corinthiens 16:22. Le point que le texte établit clairement est qu'Israël aussi pouvait devenir ḥērem (Deutéronome 7:26 ; 13:12-17 ; Josué 7:12).
o) Ce serait un piège pour toi (7:16)
Le mot traduit par piège ou lacet est מוֹקֵשׁ (môqēš), le filet ou la trappe du chasseur. Cet avertissement revient en Exode 23:33, en Josué 23:13 (où il est dit que ces nations deviendront un piège et un filet) et en Juges 2:3, et le psaume rapporte qu'il s'est accompli : "Ils servirent leurs idoles, Qui furent pour eux un piège ;" (Psaume 106:36).
p) Tu ne les craindras point… que tu crains… Dieu grand et redoutable (7:18-21)
Trois mots de la même racine, יָרֵא (yārēʾ), craindre, traversent ce bloc : l'ordre de ne pas les craindre (Deutéronome 7:18, lōʾ tîrāʾ), la mention de ceux que tu crains (Deutéronome 7:19, yārēʾ) et l'affirmation que Dieu est grand et redoutable (Deutéronome 7:21, nôrāʾ). Traduire nôrāʾ par "redoutable" (de la racine de craindre) laisse voir le lien lexical que l'adjectif "terrible" masque. Moïse retire la crainte qu'inspiraient les nations et la rend à Celui qui en est digne : le Redoutable est au milieu de toi.
q) Peu à peu (7:22)
En hébreu, מְעַט מְעָט (mᵉʿaṭ mᵉʿāṭ), le mot de 7:7 répété ; dans la Septante, κατὰ μικρὸν μικρόν (katà mikròn mikrón). Exode 23:29-30 en donnait déjà la raison : "Je ne les chasserai pas en une seule année loin de ta face, de peur que le pays ne devienne un désert et que les bêtes des champs ne se multiplient contre toi. Je les chasserai peu à peu loin de ta face, jusqu’à ce que tu augmentes en nombre et que tu puisses prendre possession du pays." (Exode 23:29-30).
r) Une grande confusion (7:23)
Le verbe הָמַם (hāmam) et le substantif מְהוּמָה (mᵉhûmâ) décrivent la panique que Dieu jette sur les ennemis dans les batailles qu'Il livre Lui-même : à la mer Rouge (Exode 14:24), dans la promesse d'Exode 23:27, à Gabaon (Josué 10:10), contre Sisera (Juges 4:15) et contre les Philistins à Mitspa (1 Samuel 7:10).
s) Abomination (7:25-26)
תּוֹעֵבָה (tôʿēvâ), ce qui est répugnant pour Dieu. Le Deutéronome emploie ce mot dix-sept fois, et la première occurrence se trouve ici, à propos de l'or des idoles (Deutéronome 7:25). Viennent ensuite les sacrifices d'enfants (Deutéronome 12:31), la sorcellerie (Deutéronome 18:9-12), la balance fausse (Deutéronome 25:16) et d'autres pratiques. En 7:26, deux verbes forts viennent renforcer l'ordre : שַׁקֵּץ תְּשַׁקְּצֶנּוּ ("tu l'auras entièrement en horreur") et תַעֵב תְּתַעֲבֶנּוּ ("tu l'abhorreras entièrement"). La liste de Proverbes 6:16-19, qu'indique l'encadré d'aide de la revue, utilise le même mot pour la septième chose que son âme a en abomination.
t) Chasser (7:1, 22)
Le verbe de 7:1 et 7:22 est נָשַׁל (nāšal), détacher, faire tomber, chasser. En Deutéronome 19:5, il décrit le fer qui s'échappe du manche de la hache ; en 28:40, l'olive qui tombe de l'arbre ; en Exode 3:5 et Josué 5:15, le geste d'ôter sa sandale de son pied. Rachi l'explique comme "jeter et lancer au loin". Ce n'est qu'une donnée de vocabulaire : le texte ne joue pas sur ces différents emplois.
3. L'ancienne Bible grecque et le Nouveau Testament
La traduction grecque de Deutéronome 7, réalisée avant Christ, a laissé dans ce chapitre des mots que le Nouveau Testament a repris. Dans Tite 2:14, deux d'entre eux se trouvent réunis : le verbe de 7:8 (λυτρόω, "racheter") et l'expression de 7:6 (λαὸς περιούσιος, "peuple particulier"). Le "Dieu fidèle" de 7:9 (θεὸς πιστός) ouvre 1 Corinthiens 1:9. La "pitié" interdite en 7:2 (ἐλεέω) devient la supplication de la Cananéenne (Matthieu 15:22) et le mot par lequel Pierre décrit l'Église : ceux qui autrefois n'avaient pas obtenu miséricorde, mais qui maintenant ont obtenu miséricorde (1 Pierre 2:10). L'"anathème" de 7:26 se retrouve en Romains 9:3. La Partie XI, tableau 8, rassemble l'ensemble de ces liens.
4. Références du fichier de la revue à vérifier dans l'édition imprimée
Ce dossier utilise le fichier numérique de la revue. Trois points méritent d'être vérifiés dans l'édition imprimée, sans préjudice pour l'enseignement de la leçon :
(a) L'encadré d'aide "L'abomination dans ta maison" renvoie à "Proverbes 6:15-19". La liste des six choses que l'Éternel hait, et de la septième que son âme a en abomination, se trouve en Proverbes 6:16-19 ; le verset 15 clôt le paragraphe précédent.
(b) Le point I.2 énumère les "Gabaonites (Josué 9:3-15)" aux côtés des peuples de Canaan, comme s'il s'agissait d'un peuple supplémentaire. Josué les identifie comme des Héviens (Josué 9:7), l'un des sept peuples de Deutéronome 7:1. Les traductions varient également sur la graphie du nom des Phéréziens.
(c) Le point II.1 cite "Deutéronome 10:22" pour l'élection sans mérite. Ce verset est pertinent (les soixante-dix personnes devenues une multitude comme les étoiles ; voir le point 2d), mais le parallèle le plus proche de 7:7-8 est Deutéronome 10:15 : "Et c’est à tes pères seulement que l’Éternel s’est attaché pour les aimer ; et, après eux, c’est leur postérité, c’est vous qu’il a choisis d’entre tous les peuples, comme vous le voyez aujourd’hui." (Deutéronome 10:15). Il vaut la peine de lire les deux.
Partie IV — Exposition de Deutéronome 7, en sept blocs
Bloc A (7:1-5) — Les ordres concernant les peuples
"Lorsque l’Éternel, ton Dieu, t’aura fait entrer dans le pays dont tu vas prendre possession, et qu’il chassera devant toi beaucoup de nations, les Héthiens, les Guirgasiens, les Amoréens, les Cananéens, les Phéréziens, les Héviens et les Jébusiens, sept nations plus nombreuses et plus puissantes que toi ; lorsque l’Éternel, ton Dieu, te les aura livrées et que tu les auras battues, tu les dévoueras par interdit, tu ne traiteras point d’alliance avec elles, et tu ne leur feras point grâce. Tu ne contracteras point de mariage avec ces peuples, tu ne donneras point tes filles à leurs fils, et tu ne prendras point leurs filles pour tes fils ; car ils détourneraient de moi tes fils, qui serviraient d’autres dieux, et la colère de l’Éternel s’enflammerait contre vous : il te détruirait promptement. Voici, au contraire, comment vous agirez à leur égard : vous renverserez leurs autels, vous briserez leurs statues, vous abattrez leurs idoles, et vous brûlerez au feu leurs images taillées." (Deutéronome 7:1-5)
Qui marche en tête. Avant tout commandement, le texte dit qui agit : l'Éternel fait entrer, l'Éternel chasse, l'Éternel livre (7:1, 2). Les nations sont plus nombreuses et plus puissantes qu'Israël (Deutéronome 7:1) ; la victoire ne viendra donc pas d'Israël. L'ordre vient après l'action de Dieu, comme toujours dans le Deutéronome : d'abord l'Égypte, ensuite la loi.
Cinq ordres. (1) Les détruire entièrement, en les vouant à l'interdit (le ḥērem, Partie III, point 2n ; Deutéronome 7:2) ; (2) ne conclure aucune alliance avec elles (Deutéronome 7:2) ; (3) ne leur faire aucune grâce (Deutéronome 7:2) ; (4) ne contracter aucun lien de parenté avec elles, c'est-à-dire aucun mariage (Deutéronome 7:3) ; (5) renverser les autels, briser les statues, abattre les pieux sacrés et brûler au feu les images taillées (Deutéronome 7:5). Le cours a lu les deux premières interdictions d'alliance et de mariage ; l'ordre de 7:5, qui traite des objets de culte, est celui que le chapitre reprend à la fin (7:25, 26).
Le motif se trouve au verset 4, et il est religieux : elles détourneraient de l'Éternel les fils d'Israël, qui serviraient alors d'autres dieux (Deutéronome 7:4). En hébreu, l'expression traduite par « ton fils » est au singulier (יָסִיר אֶת־בִּנְךָ מֵאַחֲרַי, yāsîr ʾet-binkā mēʾaḥăray, « il détournera ton fils de me suivre »). La menace venait de l'intérieur de la maison, par le mariage, et atteignait la génération suivante. Le cours a dit avec raison que le motif était « doctrinal, et non ethnique », et a rappelé Salomon (1 Rois 11:1-4). Néhémie, des siècles plus tard, a utilisé le même exemple pour corriger les mariages de son temps (Néhémie 13:26).
La preuve que ce n'était pas une question de sang se trouve dans l'Écriture elle-même. Rahab, Cananéenne de Jéricho, a été épargnée avec sa maison et est entrée dans la généalogie de Jésus (Josué 6:25 ; Matthieu 1:5). Ruth, la Moabite, a déclaré à Naomi que son peuple serait son peuple et que son Dieu serait son Dieu, et elle figure elle aussi dans la généalogie (Ruth 1:16 ; Matthieu 1:5). Dans la direction opposée, une ville d'Israël qui se livrerait à d'autres dieux devait recevoir le même traitement que les Cananéens : "alors tu frapperas du tranchant de l’épée les habitants de cette ville, tu la dévoueras par interdit avec tout ce qui s’y trouvera, et tu en passeras le bétail au fil de l’épée." (Deutéronome 13:15) Lorsque Acan a pris de ce qui était consacré, Israël lui-même est devenu anathème : "Aussi les enfants d’Israël ne peuvent-ils résister à leurs ennemis ; ils tourneront le dos devant leurs ennemis, car ils sont sous l’interdit ; je ne serai plus avec vous, si vous ne détruisez pas l’interdit du milieu de vous." (Josué 7:12) La ligne de partage du chapitre séparait ceux qui servaient l'Éternel de ceux qui servaient les idoles, d'où qu'ils viennent.
L'alliance qui arrive avec du pain moisi. La première fois qu'Israël a enfreint l'ordre de ne pas conclure d'alliance avec eux (Deutéronome 7:2), ce fut dès l'entrée dans le pays. Les Gabaonites, des Héviens (Josué 9:7), sont venus avec de vieux sacs, des outres raccommodées et du pain sec, en disant venir de loin. "Les hommes d’Israël prirent de leurs provisions, et ils ne consultèrent point l’Éternel." (Josué 9:14) Israël n'a pas péché par rébellion ouverte, mais en décidant d'après ce qu'il voyait, sans consulter Dieu ; et le serment prononcé a lié le peuple dès lors (Josué 9:19). La règle que la revue place au point III.3 porte la même sagesse : "Ne vous mettez pas avec les infidèles sous un joug étranger. Car quel rapport y a-t-il entre la justice et l’iniquité ? ou qu’y a-t-il de commun entre la lumière et les ténèbres ?" (2 Corinthiens 6:14)
Une précaution pastorale au sujet du mariage. La revue dit que « les mariages mixtes étaient interdits ». Pour celui qui va se marier, 2 Corinthiens 6:14 est une orientation claire. Pour celui qui est déjà marié avec une personne non croyante, Paul ordonne le contraire de la séparation : "Aux autres, ce n’est pas le Seigneur, c’est moi qui dis : Si un frère a une femme non-croyante, et qu’elle consente à habiter avec lui, qu’il ne la répudie point ;" (1 Corinthiens 7:12) Le cours a déjà protégé le conjoint ou le parent non converti ; l'enseignant ne doit pas défaire cela.
Bloc B (7:6-8) — Le moindre des peuples, choisi par amour
"Car tu es un peuple saint pour l’Éternel, ton Dieu ; l’Éternel, ton Dieu, t’a choisi, pour que tu fusses un peuple qui lui appartînt entre tous les peuples qui sont sur la face de la terre. Ce n’est point parce que vous surpassez en nombre tous les peuples, que l’Éternel s’est attaché à vous et qu’il vous a choisis, car vous êtes le moindre de tous les peuples. Mais, parce que l’Éternel vous aime, parce qu’il a voulu tenir le serment qu’il avait fait à vos pères, l’Éternel vous a fait sortir par sa main puissante, vous a délivrés de la maison de servitude, de la main de Pharaon, roi d’Égypte." (Deutéronome 7:6-8)
Car Israël est un peuple saint pour l'Éternel (Deutéronome 7:6). Le « car » relie le Texte d'or aux ordres de 7:1-5 : Israël ne devait pas se mêler aux cultes de Canaan parce qu'il appartenait déjà à un autre. Saint, קָדוֹשׁ (qādôš), désigne ce qui a été mis à part pour un maître et pour un usage, comme le cours l'a illustré avec le bassin du temple. Le Lévitique dit la même chose avec la juste orientation : "Vous serez saints pour moi, car je suis saint, moi, l’Éternel ; je vous ai séparés des peuples, afin que vous soyez à moi." (Lévitique 20:26) La séparation d'Israël avait un but : appartenir à Dieu.
Son peuple particulier (Deutéronome 7:6). Israël est la sᵉgullâ, le trésor particulier que le Roi a gardé pour lui-même (Partie III, point 2a). La revue applique cette idée à l'Église avec Tite 2:14 et 1 Pierre 2:9, et le grec le confirme : les apôtres ont utilisé pour l'Église les mots que la Bible grecque avait employés pour Israël en Exode 19:5, Deutéronome 7:6 et Malachie 3:17.
Non pas parce qu'Israël surpassait en nombre tous les autres peuples (Deutéronome 7:7). Moïse renverse l'explication que n'importe quel peuple donnerait de sa propre grandeur. Les rabbins ont vu ici une leçon d'humilité : dans le Talmud (Chullin 89a), Dieu dit qu'il aime Israël parce que, même lorsqu'Il l'élève, le peuple se fait petit, comme Abraham qui se reconnaît poussière et cendre (Genèse 18:27), Moïse et Aaron qui demandent ce qu'ils sont (Exode 16:7), et David qui se dit ver et non point homme (Psaumes 22:6) ; à l'opposé des rois qui, une fois élevés, se sont enorgueillis (Partie VIII). Paul décrit l'Église de Corinthe selon la même logique : "Considérez, frères, que parmi vous qui avez été appelés il n’y a ni beaucoup de sages selon la chair, ni beaucoup de puissants, ni beaucoup de nobles. Mais Dieu a choisi les choses folles du monde pour confondre les sages ; Dieu a choisi les choses faibles du monde pour confondre les fortes ; et Dieu a choisi les choses viles du monde et celles qu’on méprise, celles qui ne sont point, pour réduire à néant celles qui sont, afin que nulle chair ne se glorifie devant Dieu." (1 Corinthiens 1:26-29) Jésus a appelé les siens un petit troupeau : "Ne crains point, petit troupeau ; car votre Père a trouvé bon de vous donner le royaume." (Luc 12:32)
Mais parce que l'Éternel aimait son peuple (Deutéronome 7:8). La phrase semble circulaire, et c'est volontaire : l'amour de Dieu n'a pas de cause en dehors de lui-même. Wesley a noté sur ce verset : « ce fut son libre choix, sans aucune cause ni aucun motif de votre part » (Explanatory Notes upon the Old Testament, 1765). Luther a écrit dans la Dispute de Heidelberg (1518), thèse 28 : « L'amour de Dieu ne trouve pas, mais crée ce qui lui est agréable ; l'amour de l'homme naît de ce qui lui plaît ». Deux chapitres plus loin, Moïse ferme la porte à la vanité morale : "Sache donc que ce n’est point à cause de ta justice que l’Éternel, ton Dieu, te donne ce bon pays pour que tu le possèdes ; car tu es un peuple au cou roide." (Deutéronome 9:6) La lecture quotidienne de la revue met en parallèle 1 Jean 4:10 : "Et cet amour consiste, non point en ce que nous avons aimé Dieu, mais en ce qu’il nous a aimés et a envoyé son Fils comme victime expiatoire pour nos péchés." (1 Jean 4:10)
Et parce qu'il voulait garder le serment fait aux pères (Deutéronome 7:8). L'amour a une histoire. Le serment fait aux pères a été prononcé pour la première fois sur le mont Morija, lorsque Dieu a juré par lui-même (Genèse 22:16) et l'a confirmé à Isaac avec la même expression hébraïque qu'en 7:8 (Genèse 26:3). L'encadré « Fala, Pastor! » de cette leçon développe ce fil conducteur.
Et il les a rachetés (Deutéronome 7:8). Le verbe de rachat (Partie III, point 2f) mène directement à Tite 2:14, où Paul réunit les deux mots de Deutéronome 7:6 et 7:8 dans la Bible grecque : "qui s’est donné lui-même pour nous, afin de nous racheter de toute iniquité, et de se faire un peuple qui lui appartienne, purifié par lui et zélé pour les bonnes œuvres." (Tite 2:14) Israël a été racheté de la maison de servitude ; l'Église, de toute iniquité ; et le prix, dans Tite, est le Christ lui-même.
Bloc C (7:9-11) — Le Dieu fidèle
"Sache donc que c’est l’Éternel, ton Dieu, qui est Dieu. Ce Dieu fidèle garde son alliance et sa miséricorde jusqu’à la millième génération envers ceux qui l’aiment et qui observent ses commandements. Mais il use directement de représailles envers ceux qui le haïssent, et il les fait périr ; il ne diffère point envers celui qui le hait, il use directement de représailles. Ainsi, observe les commandements, les lois et les ordonnances que je te prescris aujourd’hui, et mets-les en pratique." (Deutéronome 7:9-11)
Savoir donc qui est l'Éternel (Deutéronome 7:9). La connaissance de Dieu naît de l'histoire qu'Il a accomplie : la conjonction relie 7:9 au rachat de 7:8. Les deux attributs que la revue met en évidence, la fidélité et la miséricorde (neʾĕmān et ḥesed), ont été bien expliqués dans le cours. Deux ajouts pour l'enseignant : la Septante a appelé Dieu θεὸς πιστός, et le Nouveau Testament répète la formule (affirmant que Dieu est fidèle, 1 Corinthiens 1:9) ; et la mesure de mille générations (Deutéronome 7:9 ; Partie III, point 2h) est celle d'une miséricorde qui dépasse l'histoire.
La prière de celui qui est tombé. Néhémie, en apprenant que Jérusalem était en ruines, et Daniel, en comprenant que les soixante-dix ans de l'exil s'accomplissaient, ont commencé à confesser les péchés du peuple avec les paroles de ce verset et de 7:21 (Néhémie 1:5 ; Daniel 9:4 ; Partie III, point 2g). Celui qui a failli dans l'alliance peut revenir à Dieu avec la phrase même qui décrit sa fidélité.
Ceux qui le haïssent (Deutéronome 7:10). Le verset 10 parle de celui qui rejette Dieu ; celui qui lutte contre son propre péché est dans une tout autre situation, comme le cours l'a bien fait remarquer. La rétribution en face (Deutéronome 7:10) est personnelle et sans délai (Partie III, point 2i). Paul résume le principe : "qui rendra à chacun selon ses œuvres ;" (Romains 2:6) Le verset 11 appelle de nouveau la loi « le commandement », au singulier (הַמִּצְוָה), comme en 6:1.
Bloc D (7:12-16) — Les bénédictions qui suivent au talon
"Si vous écoutez ces ordonnances, si vous les observez et les mettez en pratique, l’Éternel, ton Dieu, gardera envers toi l’alliance et la miséricorde qu’il a jurées à tes pères. Il t’aimera, il te bénira et te multipliera ; il bénira le fruit de tes entrailles et le fruit de ton sol, ton blé, ton moût et ton huile, les portées de ton gros et de ton menu bétail, dans le pays qu’il a juré à tes pères de te donner. Tu seras béni plus que tous les peuples ; il n’y aura chez toi ni homme ni femme stérile, ni bête stérile parmi tes troupeaux. L’Éternel éloignera de toi toute maladie ; il ne t’enverra aucune de ces mauvaises maladies d’Égypte qui te sont connues, mais il en frappera tous ceux qui te haïssent. Tu dévoreras tous les peuples que l’Éternel, ton Dieu, va te livrer, tu ne jetteras pas sur eux un regard de pitié, et tu ne serviras point leurs dieux, car ce serait un piège pour toi." (Deutéronome 7:12-16)
Le petit mot. Le « si » de 7:12 est ʿéqev, « au talon de » (Partie III, point 2j). La bénédiction marche derrière l'obéissance. Rachi a lu ce mot à partir de l'image du talon : les commandements que l'homme « foule du talon », ceux qui semblent légers (Partie VIII). La science des habitudes montre l'ampleur de ce terrain : près de la moitié de ce que nous faisons en une journée se fait par habitude (Partie IX). Le plan de prédication 2 de l'Appendice A montre où le mot apparaît pour la première fois : à Morija, lorsque Dieu dit à Abraham que c'est parce qu'il a obéi à sa voix (Genèse 22:18).
La liste des bénédictions. D'abord, trois verbes promettent que Dieu aimera, bénira et multipliera son peuple (Deutéronome 7:13). Bénir et multiplier sont les deux verbes du serment de Genèse 22:17. Ensuite, la vie dans toutes ses strates : le fruit des entrailles, du sol, du grenier, du pressoir, de l'étable. Sous les mots de l'étable se cachent des noms de divinités de Canaan (Partie II, point 3) : Dieu promet de donner ce que les voisins demandaient à Baal et à Astarté. Osée montre ce qui arrive lorsque le peuple oublie qui donne : "Elle n’a pas reconnu que c’était moi qui lui donnais le blé, le moût et l’huile ; et l’on a consacré au service de Baal l’argent et l’or que je lui prodiguais." (Osée 2:8)
L'absence de stérilité au milieu du peuple (Deutéronome 7:14). La promesse a été faite au peuple, dans le pays, comme bénédiction collective. La Bible elle-même est remplie de femmes justes qui ont attendu des enfants pendant des années : Sara, Rébecca, Rachel, Anne et Élisabeth, dont Luc dit qu'elle et Zacharie étaient tous deux justes devant Dieu (Luc 1:6, 7). Aucun couple sans enfants ne doit sortir du cours en pensant qu'il est en dehors de la bénédiction.
L'Éternel éloignant toute maladie du peuple (Deutéronome 7:15). La revue met en parallèle Exode 15:26 : "Il dit : Si tu écoutes attentivement la voix de l’Éternel, ton Dieu, si tu fais ce qui est droit à ses yeux, si tu prêtes l’oreille à ses commandements, et si tu observes toutes ses lois, je ne te frapperai d’aucune des maladies dont j’ai frappé les Égyptiens ; car je suis l’Éternel, qui te guérit." (Exode 15:26) Avant de promettre la santé, Dieu dit qui Il est. Le cours a rappelé avec raison Trophime, que Paul a laissé malade à Milet (2 Timothée 4:20), pour montrer qu'il n'y a pas de formule magique. L'autre aspect doit aussi être affirmé : les Assemblées de Dieu croient à la guérison divine, et Jacques indique le chemin : "Quelqu’un parmi vous est-il malade ? Qu’il appelle les anciens de l’Église, et que les anciens prient pour lui, en l’oignant d’huile au nom du Seigneur ; la prière de la foi sauvera le malade, et le Seigneur le relèvera ; et s’il a commis des péchés, il lui sera pardonné." (Jacques 5:14-15) Dieu guérit, et Trophime est resté malade : la formule promet le résultat ; la foi se confie en la Personne.
Une bénédiction d'alliance, pour un peuple et un pays. Les promesses de 7:12-15 étaient destinées au peuple d'Israël, dans le pays, au sein de l'alliance du Sinaï. La revue parle de « prospérité spirituelle » et de « soin matériel » (point II.3), et le cours a apporté la nuance nécessaire. La réfutation de la théologie de la prospérité est le thème de la Leçon 7, avec Deutéronome 28 ; ici, le principe suffit : le Donateur vaut plus que les dons, et celui qui confond les deux retombe dans l'erreur d'Osée 2:8.
Le risque que cela devienne un piège (Deutéronome 7:16). Le verset 16 revient aux ordres du début et explique le danger par l'image du piège (Partie III, point 2o). Josué a répété l'avertissement à la fin de sa vie : "soyez certains que l’Éternel, votre Dieu, ne continuera pas à chasser ces nations devant vous ; mais elles seront pour vous un filet et un piège, un fouet dans vos côtés et des épines dans vos yeux, jusqu’à ce que vous ayez péri de dessus ce bon pays que l’Éternel, votre Dieu, vous a donné." (Josué 23:13)
Bloc E (7:17-21) — La peur qui compte et la mémoire qui se souvient
"Peut-être diras-tu dans ton cœur : Ces nations sont plus nombreuses que moi ; comment pourrai-je les chasser ? Ne les crains point. Rappelle à ton souvenir ce que l’Éternel, ton Dieu, a fait à Pharaon et à toute l’Égypte, les grandes épreuves que tes yeux ont vues, les miracles et les prodiges, la main forte et le bras étendu, quand l’Éternel, ton Dieu, t’a fait sortir : ainsi fera l’Éternel, ton Dieu, à tous les peuples que tu redoutes . L’Éternel, ton Dieu, enverra même les frelons contre eux, jusqu’à la destruction de ceux qui échapperont et qui se cacheront devant toi. Ne sois point effrayé à cause d’eux ; car l’Éternel, ton Dieu, est au milieu de toi, le Dieu grand et terrible." (Deutéronome 7:17-21)
Parler dans son cœur (Deutéronome 7:17). Le Deutéronome écoute ce que le peuple se dit intérieurement. L'expression תֹאמַר בִּלְבָבְךָ (tōʾmar bilvāvᵉkā), « tu dis dans ton cœur », apparaît en 7:17, 8:17, 9:4, 18:21 et 29:19 (en hébreu, 29:18). Trois d'entre elles forment une séquence : la peur dit que ces nations sont plus nombreuses qu'Israël (Deutéronome 7:17) ; l'orgueil, après l'abondance, dit que sa propre force lui a acquis cette richesse (Deutéronome 8:17) ; la propre justice prétend que c'est à cause de sa justice que l'Éternel l'a fait entrer en possession de ce pays (Deutéronome 9:4). La peur, l'orgueil et la propre justice sont trois voix d'un même cœur qui mesure tout à sa propre aune.
Ne pas manquer de se souvenir (Deutéronome 7:18). L'hébreu redouble le verbe : זָכֹר תִּזְכֹּר (zākōr tizkōr), « en te souvenant, tu te souviendras ». Le cours a bien développé ce point : la foi qui se souvient de ce que Dieu a fait ne recommence pas chaque combat à zéro. La Leçon 2 a montré ce qui s'est produit lorsque la génération précédente, devant les mêmes géants, a compté les ennemis et a oublié l'Égypte (Deutéronome 1:26-32). Le point III.1 de la revue établit ce pont avec Kadès-Barnéa.
La crainte change d'adresse. Trois mots de la racine de « craindre » traversent le bloc : ne pas les craindre (Deutéronome 7:18), ceux que le peuple craint (Deutéronome 7:19) et le Dieu grand et redoutable (Deutéronome 7:21) (Partie III, point 2p). Le peuple craignait les nations ; Moïse lui montre qui est véritablement redoutable, et dit où Il se trouve : au milieu de lui (Deutéronome 7:21). Jésus a parlé ainsi à son petit troupeau : "Ne crains point, petit troupeau ; car votre Père a trouvé bon de vous donner le royaume." (Luc 12:32) La lecture quotidienne du samedi met en parallèle Romains 8:37, que le cours a relié à 7:8 : "Mais dans toutes ces choses nous sommes plus que vainqueurs par celui qui nous a aimés." (Romains 8:37)
Bloc F (7:22-24) — Peu à peu
"L’Éternel, ton Dieu, chassera peu à peu ces nations loin de ta face ; tu ne pourras pas les exterminer promptement, de peur que les bêtes des champs ne se multiplient contre toi. L’Éternel, ton Dieu, te les livrera ; et il les mettra complètement en déroute, jusqu’à ce qu’elles soient détruites. Il livrera leurs rois entre tes mains, et tu feras disparaître leurs noms de dessous les cieux ; aucun ne tiendra contre toi, jusqu’à ce que tu les aies détruits." (Deutéronome 7:22-24)
Les frelons et la panique. Avant la conquête progressive de 7:22, le verset 20 promet les frelons (Partie II, point 6), et le verset 23 annonce une grande confusion, la panique que Dieu sème dans ses batailles (Deutéronome 7:23 ; Partie III, point 2r). Les deux images disent la même chose : celui qui remporte la victoire, c'est Dieu.
Pourquoi lentement ? Exode 23:29, 30 donne deux raisons : le pays ne devait pas devenir désert au point que les bêtes des champs se multiplient contre Israël, et le peuple avait encore besoin de croître avant de posséder pleinement le pays en héritage. Le livre des Juges en ajoute une troisième, pédagogique : les nations restées sur place ont servi à mettre Israël à l'épreuve, uniquement afin que les générations des fils d'Israël connaissent et apprennent la guerre (Juges 3:1, 2). Le moindre des peuples (7:7) reçoit le pays au rythme où il peut l'occuper (7:22), et le mot hébreu employé dans les deux phrases est le même.
Le rythme du « peu à peu » dans la vie chrétienne. Le cours a appliqué ce verset avec justesse : « un territoire conquis et non occupé est un territoire qui finit par être repris ». La tradition chrétienne a lu les peuples de Canaan comme les vices que le croyant affronte, et le rythme progressif de 7:22 comme celui de la sanctification (Jean Cassien, Partie VII). Wesley a enseigné que la sanctification commence à la nouvelle naissance et croît : « Dès le moment où nous naissons de nouveau, l'œuvre graduelle de la sanctification s'opère » (Sermon 43, The Scripture Way of Salvation, I.8). Paul en donne la garantie : "Je suis persuadé que celui qui a commencé en vous cette bonne œuvre la rendra parfaite pour le jour de Jésus-Christ." (Philippiens 1:6) La vigilance consiste à ne pas faire de cette progression une permission de s'arrêter : les nations qu'Israël a laissé subsister par relâchement sont devenues un piège et un filet (Josué 23:13 ; Juges 2:3).
Effacer leurs noms de dessous les cieux (Deutéronome 7:24). Le verset 24 promet que les rois seront livrés entre les mains d'Israël ; Josué 12 énumère, un par un, trente et un rois vaincus. Le texte parle de la fin du pouvoir politique et religieux de ces cités : le verset 5 traitait de leurs objets de culte, le verset 24 traite de leurs rois. La tradition juive en a tiré une conclusion importante pour aujourd'hui : ces peuples ne peuvent plus être identifiés, et l'ordre n'a plus personne à qui s'appliquer (Partie VIII).
Bloc G (7:25, 26) — L'or des idoles
"Vous brûlerez au feu les images taillées de leurs dieux. Tu ne convoiteras point et tu ne prendras point pour toi l’argent et l’or qui sont sur elles, de peur que ces choses ne te deviennent un piège ; car elles sont en abomination à l’Éternel, ton Dieu. Tu n’introduiras point une chose abominable dans ta maison, afin que tu ne sois pas, comme cette chose, dévoué par interdit ; tu l’auras en horreur, tu l’auras en abomination, car c’est une chose dévouée par interdit." (Deutéronome 7:25-26)
La tentation n'était pas l'idole ; c'était l'or de l'idole. Aucun Israélite fidèle n'aurait emporté Baal chez lui pour l'adorer. Le risque était autre : brûler l'image et garder le revêtement en se disant : « ce n'est que de l'or ». Le texte ferme cette porte par des verbes interdisant de convoiter cet argent et cet or ou de les prendre pour soi, et par le même vocabulaire du piège, avertissant de ne pas s'y laisser enlacer (Deutéronome 7:25 ; le verbe vient de la racine de môqēš, le « piège » de 7:16).
Acan a fait ce que le verset interdit. À Jéricho, il a confessé : "J’ai vu dans le butin un beau manteau de Schinear, deux cents sicles d’argent, et un lingot d’or du poids de cinquante sicles ; je les ai convoités, et je les ai pris ; ils sont cachés dans la terre au milieu de ma tente, et l’argent est dessous." (Josué 7:21) Argent, or, convoiter, prendre : ce sont les mots de Deutéronome 7:25 (dossier de la Leçon 4). Le résultat fut celui de 7:26 : Israël est devenu anathème (Josué 7:11, 12). La vallée où Acan a été jugé, Acor, a reçu plus tard une promesse de grâce : "Là, je lui donnerai ses vignes et la vallée d’Acor, comme une porte d’espérance, et là, elle chantera comme au temps de sa jeunesse, et comme au jour où elle remonta du pays d’Égypte." (Osée 2:15) Le lieu de la plus grande chute est devenu une porte d'espérance.
Introduire une abomination dans sa maison (Deutéronome 7:26) : ce qui entre et ce qui sort. L'encadré d'aide de la revue applique ce verset à ce qui entre au foyer par les fréquentations et les divertissements, et le cours a fait cette application. Le même encadré invite à lire Proverbes 6, et là, l'abomination sort de l'intérieur : "Il y a six choses que hait l’Éternel, Et même sept qu’il a en horreur ; Les yeux hautains, la langue menteuse, Les mains qui répandent le sang innocent, Le cœur qui médite des projets iniques, Les pieds qui se hâtent de courir au mal, Le faux témoin qui dit des mensonges, Et celui qui excite des querelles entre frères." (Proverbes 6:16-19) Jésus a dit la même chose : "Ce n’est pas ce qui entre dans la bouche qui souille l’homme ; mais ce qui sort de la bouche, c’est ce qui souille l’homme." (Matthieu 15:11) ; "Car c’est du cœur que viennent les mauvaises pensées, les meurtres, les adultères, les impudicités, les vols, les faux témoignages, les calomnies." (Matthieu 15:19) Une maison peut être propre de ce qui entre par la porte et remplie de ce qui sort par la bouche.
L'or d'aujourd'hui. La revue cite Colossiens 3:5 au point III.2 : "Faites donc mourir les membres qui sont sur la terre, l’impudicité, l’impureté, les passions, les mauvais désirs, et la cupidité, qui est une idolâtrie." (Colossiens 3:5) Paul appelle idolâtrie ce que beaucoup appellent une occasion à saisir : l'argent qui provient de ce que le croyant lui-même condamne, le profit d'une affaire que l'on ne ferait pas au grand jour. La prudence consiste à ne pas transformer cela en soupçon envers celui qui prospère honnêtement ; le péché, c'est la convoitise et le gain tiré de ce que Dieu condamne.
Partie V — Théologie de la leçon — huit axes
1. Élection d'un peuple, pour une mission, en Christ
Deutéronome 7:6 parle d'un peuple. Le verbe traduit par « a choisi » a Dieu pour sujet et Israël, en tant que nation, pour objet. La revue définit l'élection d'Israël comme « collective et fonctionnelle », avec trois finalités : préserver la révélation, être une lumière pour les nations (Ésaïe 49:6) et préparer le chemin du Messie ; et elle rappelle qu'elle « ne garantissait pas le salut » à chaque Israélite (Hébreux 3:7-19). Le cours l'a enseigné avec clarté.
Calvin a vu la même chose, et il est allé au-delà du texte. Dans l'Institution de la religion chrétienne (III.21.5-7), Calvin cite Deutéronome 7:7, 8 pour montrer que le choix d'Israël était gratuit et l'appelle l'élection générale de la nation ; ensuite, il ajoute une seconde élection, individuelle et inconditionnelle, à l'intérieur de la première. La lecture arminienne s'en tient à ce que dit Deutéronome 7 : l'élection d'un peuple, par amour, dans l'histoire, avec un maintien dans l'alliance lié à la fidélité (7:9-12).
Dans le Nouveau Testament, le peuple élu est le peuple « en Christ ». "En lui Dieu nous a élus avant la fondation du monde, pour que nous soyons saints et irrépréhensibles devant lui," (Éphésiens 1:4) Arminius, dans la Déclaration de sentiments (1608), a placé en premier lieu le décret de Dieu d'établir son Fils, Jésus-Christ, comme Médiateur et Rédempteur ; l'élection des personnes vient ensuite, comme décret de sauver ceux qui se repentent et croient en lui. William W. Klein (The New Chosen People, 1990) et Brian Abasciano (Journal of the Evangelical Theological Society 49, 2006, p. 351-371) ont développé la lecture de l'élection collective dans le Nouveau Testament. Celui qui est en Christ par la foi appartient au peuple élu ; l'élection n'est pas une liste préalable d'individus.
La persévérance est conditionnelle, et la revue l'enseigne. Paul écrit aux croyants issus des nations : "Cela est vrai ; elles ont été retranchées pour cause d’incrédulité, et toi, tu subsistes par la foi. Ne t’abandonne pas à l’orgueil, mais crains ; car si Dieu n’a pas épargné les branches naturelles, il ne t’épargnera pas non plus. Considère donc la bonté et la sévérité de Dieu : sévérité envers ceux qui sont tombés, et bonté de Dieu envers toi, si tu demeures ferme dans cette bonté ; autrement, tu seras aussi retranché." (Romains 11:20-22) L'épître aux Hébreux dit la même chose : "Car nous sommes devenus participants de Christ, pourvu que nous retenions fermement jusqu’à la fin l’assurance que nous avions au commencement," (Hébreux 3:14) L'avertissement s'adresse à celui qui s'enorgueillit et s'éloigne ; à celui qui trébuche et lutte, Paul montre la bonté de Dieu. Le thème du libre arbitre et de la grâce résistible relève de la Leçon 8.
2. L'amour qui n'a pas de cause en dehors de lui-même
Le fait que l'Éternel aimait son peuple (Deutéronome 7:8) est la seule explication que Moïse offre. Deutéronome 9:4-6 défait l'explication morale, et 7:7 défait l'explication numérique. Luther (thèse 28 de Heidelberg) et Wesley (note sur 7:8) ont dit la même chose par des chemins différents (bloc B). Dans la lecture wesleyenne, cet amour qui vient en premier est aussi la grâce prévenante : il rejoint le pécheur avant que celui-ci ne le cherche et le rend capable de répondre, sans le forcer. Dieu n'a pas aimé Israël parce qu'il l'a trouvé aimable ; il l'a aimé pour le faire sien.
3. La taille du peuple de Dieu
Deutéronome 7 interdit de mesurer l'élection par le nombre. Israël était le moindre (7:7), les nations étaient plus nombreuses (7:1, 17), et la victoire viendrait peu à peu (7:22). Le Talmud y a lu l'humilité (Chullin 89a) ; Paul, le choix par Dieu de ce que le monde méprise (1 Corinthiens 1:26-29) ; Jésus a appelé les disciples un petit troupeau (Luc 12:32). La psychologie sociale montre qu'une minorité cohérente fait évoluer l'opinion d'une majorité (Moscovici, Partie IX). Être peu nombreux n'a jamais empêché le peuple de Dieu d'être lumière ; être très nombreux lui a déjà fait oublier qui l'avait fait croître.
Un point d'actualité pour l'Église brésilienne. Le recensement de 2022 a montré que les évangéliques représentaient 26,9 % de la population âgée de dix ans ou plus, contre 21,6 % en 2010 (IBGE, publié en juin 2025 ; Partie IX). L'Église évangélique au Brésil n'est plus le moindre des peuples (Deutéronome 7:7). Deutéronome 7:7 et 9:4 valent comme avertissement pour qui grandit : la croissance est un don de Dieu ; elle ne prouve aucun mérite et n'autorise pas l'Église à mesurer la vérité au nombre de chaises.
4. Sainteté : mis à part pour
La sainteté de Deutéronome 7 est une appartenance. Dieu a séparé son peuple des autres peuples pour qu'il soit à lui (Lévitique 20:26). Le cours l'a bien résumé : « séparé pour, avant d'être séparé de ». Jésus a prié : "Je ne te prie pas de les ôter du monde, mais de les préserver du mal." (Jean 17:15) La séparation que Dieu demande ôte le monde du trône du cœur, sans ôter le croyant du monde. L'encadré de la revue regarde ce qui entre dans la maison ; Proverbes 6:16-19 et Matthieu 15:11, 19 regardent ce qui sort du cœur (bloc G). Les deux aspects appartiennent à la même sainteté.
5. La question difficile : Dieu a-t-il ordonné de détruire des peuples entiers ?
Tout adulte pose cette question devant 7:2, et l'enseignant a besoin d'une réponse honnête. La revue donne l'essentiel au point I.3 : l'ordre a été adressé à Israël, à ce moment précis de la révélation, contre des peuples marqués par des péchés graves ; aujourd'hui il ne s'applique à aucune nation, parce que le combat de l'Église est spirituel. Le cours a renforcé ce point. Ce dossier organise le sujet en cinq étapes.
(1) Un jugement après une longue patience. Quatre siècles plus tôt, Dieu avait dit à Abraham : "À la quatrième génération, ils reviendront ici ; car l’iniquité des Amoréens n’est pas encore à son comble." (Genèse 15:16) Le Lévitique décrit ce jugement comme la terre elle-même qui ne supporte plus ses habitants : "Le pays en a été souillé ; je punirai son iniquité, et le pays vomira ses habitants." (Lévitique 18:25) Moïse insiste sur le fait que la cause n'était pas la vertu d'Israël : "Non, ce n’est point à cause de ta justice et de la droiture de ton cœur que tu entres en possession de leur pays ; mais c’est à cause de la méchanceté de ces nations que l’Éternel, ton Dieu, les chasse devant toi, et c’est pour confirmer la parole que l’Éternel a jurée à tes pères, à Abraham, à Isaac et à Jacob." (Deutéronome 9:5) L'impiété comprenait le fait de brûler ses fils et ses filles au feu (Deutéronome 12:31 ; Partie II, point 4).
(2) La même règle pour Israël. Aussitôt après, le Lévitique avertit Israël : "Prenez garde que le pays ne vous vomisse, si vous le souillez, comme il aura vomi les nations qui y étaient avant vous." (Lévitique 18:28) Le Deutéronome ordonne d'appliquer le ḥērem à une ville israélite qui se livrerait à l'idolâtrie (13:12-17), et Israël est devenu anathème dans l'affaire d'Acan (Josué 7:12). En même temps, la Cananéenne Rahab, les Héviens de Gabaon et la Moabite Ruth ont été accueillis (bloc A). Le critère était l'adoration, et non le sang.
(3) Le langage de guerre du Proche-Orient ancien. Les récits de conquête de cette époque parlaient d'extermination totale de manière stylisée, comme le montrent la stèle de Merneptah et celle de Mésha (Partie II, point 5) ainsi que l'étude de K. Lawson Younger (1990). Paul Copan et Matthew Flannagan (Did God Really Command Genocide?, Baker, 2014) appliquent cela à Josué et au Deutéronome. Le texte biblique lui-même donne des indices dans la même direction : le chapitre qui ordonne de les vouer entièrement à la destruction (Deutéronome 7:2) interdit, au verset suivant, les mariages avec ces mêmes peuples (Deutéronome 7:3) et prévoit une conquête progressive (Deutéronome 7:22) ; et Juges 1 à 3 montre que beaucoup sont restés dans le pays. L'ordre avait pour cible centrale le pouvoir politique et religieux des cités cananéennes, leurs autels et leurs rois (7:5, 24).
(4) La lecture qui voit dans le ḥērem une métaphore. R. W. L. Moberly (Old Testament Theology, Baker, 2013, chap. 2) lit le ḥērem de Deutéronome 7 comme une image de la dévotion exclusive envers Dieu. Richard Hess, en recensant l'ouvrage, a exprimé son désaccord : de nombreux détails de Josué ressemblent à des annales de guerre réelles, difficiles à réduire à une métaphore. Ce dossier s'en tient à la prudence de Hess : les textes racontent des guerres réelles ; mais il reconnaît la justesse de Moberly sur un point, car le Deutéronome lui-même applique le mot ḥērem à l'or des idoles introduit dans la maison (7:26).
(5) Un ordre unique, clos, qui ne peut jamais être réappliqué. La revue et le cours ont été fermes, et avec raison : en Christ, les armes avec lesquelles nous combattons ne sont pas charnelles, mais puissantes devant Dieu pour renverser des forteresses (2 Corinthiens 10:4). Il est également honnête de dire que l'Église n'y a pas toujours été fidèle. Au cours de l'histoire, des chrétiens ont utilisé le langage de la conquête de Canaan pour justifier des guerres et la prise des terres d'autres peuples ; Robert Allen Warrior, du peuple Osage, a écrit sur la manière dont les peuples autochtones d'Amérique lisent ces textes depuis la place des Cananéens (Christianity and Crisis 49, 1989, p. 261-265). Nommer cet abus protège l'Église de le répéter. La tradition juive elle-même a conclu que cet ordre n'a plus personne à qui s'appliquer (Partie VIII).
Que dire en classe. Les étapes 1, 2 et 5 constituent le terrain solide : un jugement juste après une longue patience, sans préférence de race, dans un ordre unique et clos. L'étape 3 aide à lire le langage de l'époque ; l'étape 4 est une opinion respectable, mais ne doit pas dissoudre l'histoire. Le dernier mot sur les Cananéens, cependant, c'est le Christ qui le donne, lorsqu'une femme cananéenne lui demande miséricorde (section « Christ dans la leçon »).
6. Fidélité et justice
Le Dieu de 7:9 est le même que celui de 7:10. La miséricorde s'étend jusqu'à mille générations envers ceux qui l'aiment ; la rétribution atteint en face celui qui le hait (Deutéronome 7:9, 10). Paul réunit les deux aspects en une seule phrase lorsqu'il invite à considérer la bonté et la sévérité de Dieu (Romains 11:22). La fidélité de Dieu ne dépend pas de la nôtre : "si nous sommes infidèles, il demeure fidèle, car il ne peut se renier lui-même." (2 Timothée 2:13) La fermeté de l'alliance repose sur le caractère de Dieu ; notre part est d'y demeurer.
7. Le Donateur et les dons
Les bénédictions de 7:13-15 touchent le corps, la famille, le travail et la santé. Elles appartiennent au Dieu qui les donne ; des dieux de la fertilité, il n'est resté que les noms dans les mots désignant le bétail (Partie II, point 3). Israël est tombé lorsqu'il s'est mis à attribuer les dons à Baal (Osée 2:8). Aujourd'hui, l'erreur prend deux formes. L'une traite Dieu comme un moyen d'obtenir les dons : c'est la théologie de la prospérité, que la Leçon 7 réfute. L'autre cesse d'attendre de Dieu ce dont Il a promis de prendre soin, et va jusqu'à nier qu'Il guérit encore. Les Assemblées de Dieu croient à la guérison divine (Exode 15:26 ; Jacques 5:14, 15) et savent que Dieu est souverain sur le résultat (2 Timothée 4:20).
8. Peu à peu
Le rythme de la conquête enseigne le rythme de la sanctification. Dieu n'a pas livré le pays d'un seul coup, par sollicitude (Exode 23:29, 30) et par pédagogie (Juges 3:1, 2). Dans la vie chrétienne, la sanctification commence à la nouvelle naissance et grandit (Wesley, Sermon 43 ; Philippiens 1:6), de gloire en gloire (2 Corinthiens 3:18 ; dossier de la Leçon 3). La science des habitudes confirme que changer prend du temps (Partie IX). Cette progression étape par étape relève de la patience de Dieu ; celui qui la prend comme une permission de s'installer dans le compromis rencontre le piège de Josué 23:13.
Partie VI — Dix erreurs courantes en enseignant cette leçon
1. « Dieu a choisi une liste de personnes à sauver et a laissé les autres de côté »
Deutéronome 7 parle du choix d'un peuple, et la revue précise que cette élection était collective et fonctionnelle, et non une garantie de salut individuel. Dans le Nouveau Testament, le peuple élu est le peuple en Christ, et quiconque croit lui appartient (Éphésiens 1:4 ; 1 Pierre 2:9, 10).
2. « Être élu est un privilège, et non une mission »
Israël a été choisi pour être la lumière des nations (Ésaïe 49:6), et l'Église, pour annoncer les vertus de celui qui l'a appelée (1 Pierre 2:9). Jonas est le portrait de l'élu qui ne voulait pas voir ceux du dehors rejoints par Dieu (Matthieu 12:41).
3. « Dieu nous a choisis parce que nous étions meilleurs ou plus nombreux »
Le texte nie les deux choses : Israël était le moindre en nombre de tous les peuples (Deutéronome 7:7) et ce n'était pas à cause de sa justice (Deutéronome 9:6). La cause est l'amour de Dieu (Deutéronome 7:8).
4. « Dieu haïssait les Cananéens parce qu'ils étaient Cananéens »
Le motif était l'idolâtrie qui détournerait les fils (7:4). Le même ordre valait contre une ville israélite idolâtre (13:12-17), tandis que Rahab, les Gabaonites et Ruth ont été accueillis.
5. « L'ordre donné contre les peuples de Canaan sert de modèle pour aujourd'hui »
Jamais. Ce fut un ordre unique, à un moment donné de la révélation, et l'Église combat avec des armes spirituelles (2 Corinthiens 10:4). L'histoire montre le mal causé par ceux qui l'ont oublié (Partie V, axe 5).
6. « Deutéronome 7:13-15 garantit richesse, enfants et santé à tout croyant fidèle »
Les promesses s'adressaient à Israël en tant que peuple, dans le pays, au sein de l'alliance du Sinaï. Il y a des justes sans enfants (Luc 1:6, 7) et des serviteurs fidèles malades (2 Timothée 4:20). La Leçon 7 traite de ce sujet.
7. « Dieu ne guérit plus aujourd'hui »
Exode 15:26 présente Dieu comme l'Éternel qui guérit, et Jacques 5:14, 15 ordonne de prier pour les malades. L'exemple de Trophime empêche d'en faire une formule automatique ; la foi demeure debout.
8. « Se séparer du monde, c'est s'isoler des gens »
Jésus a demandé que les siens soient préservés du mal sans être ôtés du monde (Jean 17:15). La séparation est une question d'intention et de loyauté.
9. « L'abomination est seulement ce qui entre dans la maison »
L'encadré de la revue renvoie à Proverbes 6:16-19, où l'abomination sort de l'intérieur : l'orgueil, le mensonge, la discorde. Jésus a dit la même chose (Matthieu 15:11, 19).
10. « Le rythme du "peu à peu" autorise à remettre l'abandon du péché à plus tard »
Dieu a donné du temps à Israël pour occuper le pays ; cohabiter avec les idoles n'a jamais fait partie du plan. Ce qu'Israël a toléré est devenu un piège et un filet (Josué 23:13).
Partie VII — Voix de l'Église : les Pères, les réformateurs et Wesley
Irénée de Lyon (v. 180). Dans le livre Contre les hérésies (5.21.1), il lit Genèse 3:15 comme l'annonce du Christ, la descendance de la femme qui écrase la tête du serpent. C'est la lecture que le plan de prédication 2 de l'Appendice A suit dans son troisième mouvement.
Augustin d'Hippone (354-430). Commentant le Psaume 133 (132 dans la numérotation latine), il lit l'huile répandue sur la tête d'Aaron comme ce qui « vient de la tête », le Christ, et « est descendu d'abord sur les apôtres », raison pour laquelle « le Saint-Esprit est descendu sur eux » (§ 6). C'est la lecture que l'encadré « Fala, Pastor! » de cette leçon utilise dans son troisième mouvement, pour montrer comment la sainteté de Deutéronome 7:6 parvient jusqu'à la maison du croyant.
Jean Chrysostome (v. 390). Dans l'Homélie 52 sur Matthieu, commentant la femme cananéenne (Matthieu 15:21-28), il demande à l'auditeur, en entendant parler d'une Cananéenne, de se souvenir des nations perverses de Canaan, et ajoute : « Et, en te souvenant d'elles, considère aussi la puissance de la venue du Christ » (52.1). Il loue encore son insistance, elle qui s'est montrée audacieuse « d'une bonne audace » (52.2).
Jean Cassien (v. 420). Dans les Conférences (5, l'entretien avec l'abbé Sérapion sur les huit vices principaux), il lit les sept peuples de Deutéronome 7:1 comme les vices que le moine doit chasser, et l'Égypte comme la gourmandise, dont Israël est déjà sorti, mais qui ne se détruit pas entièrement (5.16-19). Il cite Deutéronome 7:21-23 pour enseigner que les vices sont vaincus progressivement, peu à peu, et que chaque victoire facilite la suivante (5.14). Il rappelle aussi que Genèse 15 parle de dix nations (5.22). C'est une lecture allégorique, utile pour l'application, qui ne remplace pas le sens historique du texte.
Martin Luther (1518). Dans la Dispute de Heidelberg, thèse 28 : « L'amour de Dieu ne trouve pas, mais crée ce qui lui est agréable ; l'amour de l'homme naît de ce qui lui plaît ». C'est Deutéronome 7:7, 8 sous forme de thèse.
Jean Calvin (1559). Dans l'Institution de la religion chrétienne (III.21.5-7), il utilise Deutéronome 7:7, 8, 4:37 et 10:14, 15 pour montrer que le choix d'Israël fut gratuit, et il le distingue d'une élection individuelle qu'il place derrière lui. L'arminien est d'accord avec la première partie et considère que la seconde ne se trouve pas dans Deutéronome 7 (Partie V, axe 1).
Jacobus Arminius (1608). Dans la Déclaration de sentiments, le premier décret de Dieu est d'établir le Fils comme Médiateur ; le salut des individus se réalise en lui, par la foi. L'élection a son centre en Christ, comme en Éphésiens 1:4.
John Wesley (1765). Dans les Explanatory Notes upon the Old Testament, il note en 7:8 : « ce fut son libre choix, sans aucune cause ni aucun motif de votre part » ; en 7:12, il explique l'alliance et la miséricorde (Deutéronome 7:12) comme « l'alliance de miséricorde, qu'il a conclue avec eux par sa pure grâce » ; en 7:25, il étend l'interdiction à « tout autre de leurs ornements ». Dans le Sermon 43 (The Scripture Way of Salvation, I.8) : « Dès le moment où nous naissons de nouveau, l'œuvre graduelle de la sanctification s'opère ».
Partie VIII — La lecture juive
"Parce que vous vous faites petits" (Talmud, Chullin 89a). Rabbi Éliézer, fils de Rabbi Yossé le Galiléen, enseignait que Dieu dit à Israël : "Je vous désire parce que, même lorsque je vous accorde la grandeur, vous vous abaissez devant moi". Les exemples sont Abraham (Genèse 18:27), Moïse et Aaron (Exode 16:7) et David (Psaumes 22:6). Le contraste est formé par les rois qui, une fois agrandis, se sont exaltés : Nimrod (Genèse 11:4), Pharaon (Exode 5:2), Sanchérib (2 Rois 18:35), Nebucadnetsar (Ésaïe 14:14) et le roi de Tyr (Ézéchiel 28:2). Rachi note d'abord le sens simple de 7:7, puis cette lecture.
"Tu ne leur feras point de grâce" (Talmud, Avoda Zara 20a). Une tradition ancienne (baraïta) lit lōʾ tᵉḥonnēm de trois manières, en raison de la graphie brève du mot : ne pas leur donner de lieu où camper dans le pays (ḥănāyâ) ; ne pas leur attribuer de grâce ou d'éloge (ḥēn) ; ne pas leur faire de don gratuit (matnat ḥinnām). La troisième emploie ḥinnām, le mot signifiant "gratuitement" dans Job 1:9 (dossier de la Leçon 5). L'Évangile parcourt le chemin inverse : la Cananéenne demande miséricorde et la reçoit, et la grâce est donnée gratuitement (Romains 3:24).
"Il rend en face" (Rachi, sur 7:10). Suivant le Targoum Onkelos, Rachi comprend que Dieu paie de son vivant la récompense du bien que le méchant a fait, afin de l'écarter du monde à venir. C'est une lecture de la tradition, différente du sens simple (Partie III, point 2i).
"Au talon" (Rachi, sur 7:12). "Si vous écoutez même les commandements légers, que l'homme foule des talons" : c'est la lecture que le schéma 2 de l'Appendice A utilise dans son premier mouvement.
La lame et le front effronté (Talmud, Zevachim 88b ; Yoma 7a). Le Talmud enseigne que chaque pièce du vêtement du souverain sacrificateur expiait un péché du peuple, et que la lame d'or portant "Sainteté à l'Éternel" expiait l'effronterie, le "visage effronté", ce qu'il prouve par Jérémie 3:3, où "front" est le même mot hébreu que le "front" d'Aaron (Zevachim 88b). Ailleurs, il définit ce que la lame couvrait : "le sang, la chair et la graisse devenus impurs" (Yoma 7a). Ces deux lectures se trouvent derrière le premier mouvement de la rubrique "Parole de pasteur !" de cette leçon.
Le frelon qui n'a pas traversé le Jourdain (Talmud, Sota 36a). Une baraïta affirme que le frelon n'a pas traversé le Jourdain avec Israël. La Guémara objecte à partir d'Exode 23:28 ; Rabbi Chimon ben Lakich répond qu'il est resté sur la rive et lançait son venin contre les Cananéens ; Rav Papa résout la tension en disant qu'il y eut deux frelons, celui de Moïse et celui de Josué.
Les sept peuples n'existent plus en tant que tels. Dans la Michna (Yadayim 4.4), un prosélyte ammonite, Juda, demande s'il peut entrer dans l'assemblée. Rabban Gamaliel l'interdit, à cause de Deutéronome 23:3 ; Rabbi Josué répond que "Sanchérib, roi d'Assyrie, est monté depuis longtemps et a mêlé toutes les nations", et le tribunal l'admet. Maïmonide (Michné Torah, Lois des Rois 5.4) consigne l'ordre de détruire les sept peuples et ajoute : "leur souvenir a déjà été effacé". En 6.1 et 6.4, il enseigne qu'aucune guerre, pas même contre les sept peuples, ne pouvait être engagée sans avoir d'abord offert la paix. La tradition juive, par ses propres voies, est parvenue à la même conclusion que la revue : cet ordre n'a plus d'application aujourd'hui.
Partie IX — Ce que la science observe
Près de la moitié de la journée relève de l'habitude. Wendy Wood, Jeffrey Quinn et Deborah Kashy ont demandé à des étudiants de noter, heure par heure, ce qu'ils faisaient (Journal of Personality and Social Psychology 83, 2002, p. 1281-1297). Dans la seconde étude, menée auprès de 209 étudiants, 43 % des actions étaient des habitudes, répétées presque chaque jour au même endroit et bien souvent en pensant à autre chose. C'est le terrain du "talon" de 7:12 : l'obéissance se joue, en grande partie, dans ce que nous faisons sans y penser.
Changer prend du temps. Phillippa Lally et ses collègues (European Journal of Social Psychology 40, 2010) ont suivi 96 volontaires (82 sont allés jusqu'au bout) qui répétaient chaque jour un comportement nouveau pendant 84 jours. En moyenne, il a fallu 66 jours pour que le comportement devienne automatique, avec une variation allant de 18 jours à une projection de 254. Manquer un jour isolé n'a presque rien compromis ; manquer souvent, oui. C'est le "peu à peu" de 7:22 : Dieu donne du temps, et la constance compte plus que la perfection d'un seul jour.
La minorité cohérente. Serge Moscovici, E. Lage et M. Naffrechoux (Sociometry 32, 1969, p. 365-380) ont placé, dans des groupes de six personnes, deux complices qui qualifiaient de "vertes" trente-six diapositives bleues. Lorsque les deux étaient cohérents, 8,42 % des réponses des autres ont suivi la minorité, et 32 % des participants ont dit "vert" au moins une fois ; lorsqu'ils hésitaient, l'influence tombait à 1,25 %. L'étude porte sur la perception des couleurs, mais elle illustre un principe : un petit groupe cohérent influence la majorité. Israël, le moindre des peuples (7:7), a été choisi pour être témoin devant les nations (Ésaïe 49:6).
Quand l'homme s'en va, les bêtes sauvages se multiplient. Après l'accident nucléaire de Tchernobyl (1986), la zone évacuée s'est retrouvée sans habitants. Tatiana Deryabina et ses collègues (Current Biology 25, 2015, p. R824-R826) ont montré, grâce à des recensements de longue durée, que les élans, les chevreuils, les cerfs et les sangliers avaient retrouvé des populations semblables à celles des réserves naturelles non contaminées, et que les loups y étaient environ sept fois plus nombreux que dans les réserves voisines ; l'explication réside dans l'absence de pression humaine. Exode 23:29 et Deutéronome 7:22 décrivent le même phénomène : une terre vidée d'un seul coup devient une terre de bêtes sauvages.
Le portrait religieux du Brésil. Le recensement démographique de 2022, dont les données sur la religion ont été publiées par l'IBGE le 6 juin 2025, a relevé, dans la population âgée de dix ans et plus : catholiques 56,7 % (65,1 % en 2010), évangéliques 26,9 % (21,6 %), sans religion 9,3 % (7,9 %). La croissance évangélique est un fait ; Deutéronome 7:7 rappelle à celui qui grandit que le nombre n'est ni la cause de l'élection ni la preuve de la fidélité (Partie V, axe 3).
L'archéologie de Canaan. Les textes d'Ougarit, l'inscription de Deir Alla, la stèle de Mécha, la stèle de Merneptah et le débat sur le tophet de Carthage se trouvent dans la Partie II, avec les sources et les divergences.
Partie X — Lexique de la leçon
| TEXTE | TERME | SENS |
|---|---|---|
| Deutéronome 7:1, 22 | נָשַׁל — nāšal | détacher, chasser ; le verbe employé pour ôter sa sandale (Exode 3:5 ; Josué 5:15) |
| Deutéronome 7:1 | עֲצוּמִים — ʿăṣûmîm | "plus puissantes", fortes en nombre et en vigueur |
| Deutéronome 7:2 | חָרַם — ḥāram | vouer à la destruction ; en 7:2, redoublé pour marquer l'insistance |
| Deutéronome 7:2 | בְּרִית — bᵉrît | alliance, pacte |
| Deutéronome 7:2 | חָנַן — ḥānan | avoir pitié, favoriser ; LXX ἐλεέω (eleéō) |
| Deutéronome 7:3 | הִתְחַתֵּן — hitḥattēn | s'allier par mariage |
| Deutéronome 7:5 | מַצֵּבָה — maṣṣēvâ | "statue" : pierre dressée comme stèle de culte |
| Deutéronome 7:5 | אֲשֵׁרָה — ʾăšērâ | "idole d'Astarté / pieu sacré" : objet de bois lié à la déesse Ashéra |
| Deutéronome 7:5, 25 | פְּסִיל — pᵉsîl | image taillée, idole |
| Deutéronome 7:6 | קָדוֹשׁ — qādôš | saint : mis à part pour un maître et un usage |
| Deutéronome 7:6 | סְגֻלָּה — sᵉgullâ | trésor particulier du roi ; LXX λαὸς περιούσιος |
| Deutéronome 7:6-7 | בָּחַר — bāḥar | choisir ; LXX 7:6 προείλατο, "a préféré" |
| Deutéronome 7:7 | חָשַׁק — ḥāšaq | s'attacher à, s'affectionner ; aussi Deutéronome 10:15 ; Psaumes 91:14 |
| Deutéronome 7:7 | רֹב — rōv | multitude, grand nombre |
| Deutéronome 7:7, 22 | מְעַט — mᵉʿaṭ | peu, moindre ; "peu à peu" lorsqu'il est répété |
| Deutéronome 7:8 | אַהֲבָה — ʾahăvâ | amour ; la seule cause de l'élection |
| Deutéronome 7:8 | שְׁבֻעָה — šᵉvûʿâ | serment (fait aux pères, depuis Morija, Genèse 22:16) |
| Deutéronome 7:8 | פָּדָה — pādâ | racheter ; LXX λυτρόω, le verbe de Tite 2:14 |
| Deutéronome 7:9 | נֶאֱמָן — neʾĕmān | fidèle, de la racine d'"amen" ; LXX θεὸς πιστός |
| Deutéronome 7:9, 12 | חֶסֶד — ḥesed | miséricorde, amour loyal de l'alliance |
| Deutéronome 7:9 | לְאֶלֶף דּוֹר — lᵉʾelef dôr | "jusqu'à mille générations" |
| Deutéronome 7:10 | אֶל־פָּנָיו — ʾel-pānāyw | "en face" : personnellement, sans délai |
| Deutéronome 7:12 | עֵקֶב — ʿéqev | "au talon de", en conséquence de ; le mot du schéma 2 (Appendice A) |
| Deutéronome 7:13 | דָּגָן, תִּירוֹשׁ, יִצְהָר | blé, moût, huile : la richesse de Canaan (Osée 2:8) |
| Deutéronome 7:13 | שֶׁגֶר; עַשְׁתְּרוֹת — šeger; ʿaštᵉrōt | portées du gros et du menu bétail ; mots dont la consonance évoque des noms divins |
| Deutéronome 7:14 | עָקָר — ʿāqār | stérile |
| Deutéronome 7:15 | מַדְוֶה — madweh | maladie ; seulement ici et en Deutéronome 28:60 |
| Deutéronome 7:16 | מוֹקֵשׁ — môqēš | piège, lacet (Josué 23:13 ; Psaumes 106:36) |
| Deutéronome 7:18 | זָכֹר תִּזְכֹּר — zākōr tizkōr | "en te souvenant, tu te souviendras" |
| Deutéronome 7:20 | צִרְעָה — ṣirʿâ | frelon ; LXX σφηκία ; seulement Exode 23:28 ; Deutéronome 7:20 ; Josué 24:12 |
| Deutéronome 7:21 | נוֹרָא — nôrāʾ | redoutable ; de la racine de "craindre" (7:18-19) |
| Deutéronome 7:21 | בְּקִרְבֶּךָ — bᵉqirbekā | "au milieu de toi" |
| Deutéronome 7:23 | מְהוּמָה — mᵉhûmâ | déroute, panique envoyée par Dieu |
| Deutéronome 7:25-26 | תּוֹעֵבָה — tôʿēvâ | abomination ; première des 17 occurrences dans le Deutéronome |
| Deutéronome 7:26 | חֵרֶם — ḥērem | interdit (anathème) : ce qui est voué à la destruction |
| Matthieu 15:22 | Χαναναία; ἐλέησόν με | "Cananéenne" ; "aie pitié de moi" |
| Tite 2:14 | λαὸν περιούσιον; λυτρόω | "un peuple qui lui appartienne en propre" ; "racheter" (= LXX Deutéronome 7:6, 8) |
| 1 Pierre 2:9-10 | λαὸς εἰς περιποίησιν; ἐλεηθέντες | "un peuple acquis" ; "vous avez obtenu miséricorde" |
| Romains 9:3 | ἀνάθεμα — anáthema | "anathème", le mot grec de Deutéronome 7:26 |
Partie XI — Tableaux de synthèse
1) Les peuples de Canaan dans les listes bibliques
| TEXTE | N° | OBSERVATION |
|---|---|---|
| Genèse 15:19-21 | 10 | La liste la plus longue, dans l'alliance avec Abraham ; inclut les Kéniens, les Keniziens, les Kadmoniens et les Rephaïm, et ne mentionne pas les Héviens |
| Exode 3:8, 17 ; 23:23 ; 33:2 ; 34:11 | 6 | Sans les Guirgachiens |
| Exode 13:5 | 5 | Sans les Phéréziens ni les Guirgachiens |
| Deutéronome 7:1 ; Josué 3:10 ; 24:11 | 7 | Les seules listes comportant les sept noms |
| Deutéronome 20:17 | 6 | La loi de la guerre ; sans les Guirgachiens |
| Josué 9:1 ; 11:3 ; 12:8 ; Juges 3:5 | 6 | Sans les Guirgachiens |
| 1 Rois 9:20 ; 2 Chroniques 8:7 | 5 | Ceux qui subsistaient encore au temps de Salomon |
| Esdras 9:1 | 5 + 3 | Ajoute les Ammonites, les Moabites et les Égyptiens, dans le problème des mariages |
| Néhémie 9:8 | 6 | Dans la prière de confession ; sans les Héviens |
2) "Peuple particulier" : les huit occurrences de sᵉgullâ
| TEXTE | DE QUI | SENS |
|---|---|---|
| Exode 19:5 | Israël | "mon bien particulier parmi tous les peuples" |
| Deutéronome 7:6 ; 14:2 ; 26:18 | Israël | "peuple particulier", "peuple qui lui appartient en propre" |
| 1 Chroniques 29:3 | David | "l'or et l'argent que j'ai en propre" : le trésor personnel du roi |
| Psaumes 135:4 | Israël | "pour son trésor particulier" |
| Ecclésiaste 2:8 | rois | "les trésors des rois" |
| Malachie 3:17 | les fidèles | "ils m'appartiendront en propre (mes joyaux)" ; LXX εἰς περιποίησιν → 1 Pierre 2:9 |
3) Les huit emplois de ḥāšaq ("s'attacher à") au sens d'affection
| TEXTE | QUI | À QUI OU À QUOI |
|---|---|---|
| Genèse 34:8 | Sichem | Dina |
| Deutéronome 7:7 ; 10:15 | l'Éternel | Israël et les pères |
| Deutéronome 21:11 | le soldat israélite | la femme captive |
| 1 Rois 9:19 ; 2 Chroniques 8:6 | Salomon | ce qu'il a pris plaisir à bâtir |
| Psaumes 91:14 | le fidèle | Dieu : "Puisqu'il m'aime avec affection" |
| Ésaïe 38:17 | l'Éternel | la vie d'Ézéchias : "tu as pris plaisir à retirer mon âme de la fosse" |
4) Deutéronome 7, le chapitre de la taille
| TEXTE | MOT | EXPRESSION |
|---|---|---|
| 7:1 | רַבִּים; עֲצוּמִים | "des nations nombreuses", "plus nombreuses et plus puissantes que toi" |
| 7:7 | רֹב; מְעַט | "parce que vous surpassiez en nombre" ; "vous étiez le moindre de tous les peuples" |
| 7:13 | רָבָה | "et il te multipliera" |
| 7:17 | רַבִּים | "Ces nations sont plus nombreuses que moi" |
| 7:22 | מְעַט מְעָט; רָבָה | "peu à peu" ; "de peur que les bêtes des champs ne se multiplient" |
| 26:5 → 10:22 → 28:62 | מְעַט | "en petit nombre" → "comme les étoiles du ciel" → "en petit nombre" |
5) Deutéronome 7 dans les prières d'Israël
| TEXTE | "GARDE L'ALLIANCE ET LA MISÉRICORDE" | "DIEU GRAND ET REDOUTABLE" | CONTEXTE |
|---|---|---|---|
| Deutéronome 7:9, 12 | oui | — | la promesse |
| Deutéronome 7:21 ; 10:17 | — | oui ("redoutable") | la présence de Dieu au milieu du peuple |
| 1 Rois 8:23 ; 2 Chroniques 6:14 | oui | — | la dédicace du temple |
| Néhémie 1:5 | oui ("bonté") | oui ("redoutable") | la confession devant les ruines de Jérusalem |
| Néhémie 9:32 | oui ("bonté") | oui ("terrible") | la confession du peuple après le retour |
| Daniel 9:4 | oui | oui ("redoutable") | la confession à la fin des soixante-dix ans |
6) Les mots de l'enclos (Deutéronome 7:13)
| MOT | SENS DANS LE TEXTE | NOM DIVIN APPARENTÉ | SOURCE |
|---|---|---|---|
| שֶׁגֶר — šeger | portée du gros bétail (Exode 13:12) | Šagar, dans les listes d'Ougarit et à Deir Alla | Demsky, TheTorah.com, 2019 |
| עַשְׁתְּרוֹת — ʿaštᵉrōt | portées ou brebis du troupeau | Astarté / Ashtaroth | BDB ; Demsky, 2019 |
| דָּגָן — dāgān | blé, céréale | Dagan / Dagon (Juges 16:23) | parenté débattue |
7) Qui devient ḥērem dans Deutéronome et Josué
| TEXTE | QUI | OBSERVATION |
|---|---|---|
| Deutéronome 2:34 ; 3:6 | Sihon et Og | les rois qui ont attaqué Israël en chemin |
| Deutéronome 7:2 ; 20:17 | les peuples de Canaan | motif : afin qu'ils ne vous apprennent pas à imiter toutes leurs abominations (20:18) |
| Deutéronome 7:26 | l'Israélite qui introduit l'idole dans sa maison | "afin que tu ne deviennes pas anathème comme elle" |
| Deutéronome 13:12-17 | la ville israélite idolâtre | le même traitement que celui réservé aux Cananéens |
| Josué 6:17, 25 | Jéricho | Rahab et sa maison furent épargnées |
| Josué 7:1, 11-12 | Acan et Israël lui-même | "parce qu'ils sont sous l'interdit" |
8) De la Bible grecque de Deutéronome 7 au Nouveau Testament
| DEUTÉRONOME 7 (LXX) | MOT | DANS LE NOUVEAU TESTAMENT |
|---|---|---|
| 7:2 | οὐδὲ μὴ ἐλεήσητε (vous n'aurez pas pitié) | Ἐλέησόν με, la supplication de la Cananéenne (Matthieu 15:22) ; vous avez obtenu miséricorde (1 Pierre 2:10) |
| 7:6 | λαὸν περιούσιον (peuple particulier) | un peuple qui lui appartienne en propre (Tite 2:14) |
| 7:6 (et Malachie 3:17) | περιποίησις (possession) | un peuple acquis (1 Pierre 2:9) |
| 7:7 | ὀλιγοστοί (les moins nombreux) | petit troupeau (Luc 12:32), par le thème |
| 7:8 | ἐλυτρώσατο (a racheté) | afin de nous racheter (Tite 2:14) |
| 7:9 | θεὸς πιστός (Dieu fidèle) | Dieu est fidèle (1 Corinthiens 1:9 ; 10:13) |
| 7:22 | κατὰ μικρὸν μικρόν (peu à peu) | sans citation directe ; voir Philippiens 1:6 |
| 7:26 | ἀνάθημα / ἀνάθεμα (anathème) | Romains 9:3 ; Galates 1:8-9 ; 1 Corinthiens 16:22 |
9) Les réponses à la question du ḥērem (Partie V, axe 5)
| RÉPONSE | QUI LA DÉFEND | CE QU'ELLE APPORTE | LIMITE |
|---|---|---|---|
| Jugement après patience | le texte lui-même (Genèse 15:16 ; Lévitique 18:24-28 ; Deutéronome 9:5) | montre la justice et la cause morale | à elle seule, n'explique pas les enfants et les innocents |
| Critère religieux | le texte lui-même (Deutéronome 7:4 ; 13:12-17 ; Josué 2 ; 7 ; 9) | écarte la lecture raciale | — |
| Langage de guerre stylisé | Younger (1990) ; Copan et Flannagan (2014) | explique l'hyperbole et la coexistence ultérieure (Juges 1–3) | ne doit pas nier qu'il y a eu des guerres |
| Métaphore de dévotion exclusive | Moberly (2013) | relie le ḥērem à la loyauté (Deutéronome 7:26) | Hess : les textes ressemblent à de véritables annales de guerre |
| Ordre unique et clos | la revue ; la tradition juive (Yadayim 4.4 ; Maïmonide) | empêche toute réapplication | — |
Christ dans la leçon
Deutéronome 7:2 ordonne de ne leur faire aucune grâce. L'ancienne Bible grecque a écrit là οὐδὲ μὴ ἐλεήσητε αὐτούς. Bien des siècles plus tard, Jésus se retira dans le territoire de Tyr et de Sidon, le pays du premier-né de Canaan (Genèse 10:15), et Matthieu raconte : "Jésus, étant parti de là, se retira dans le territoire de Tyr et de Sidon. Et voici, une femme cananéenne, qui venait de ces contrées, lui cria : Aie pitié de moi, Seigneur, Fils de David ! Ma fille est cruellement tourmentée par le démon." (Matthieu 15:21-22). Marc l'appelle Grecque, Syrophénicienne d'origine (Marc 7:26) ; seul Matthieu emploie le mot Χαναναία, "Cananéenne", qui n'apparaît nulle part ailleurs dans le Nouveau Testament. Sa prière, Ἐλέησόν με, reprend le verbe même de l'interdiction de Deutéronome 7:2. La descendante des peuples auxquels Israël ne devait montrer aucune pitié demande pitié au Fils de David.
L'ordre des événements dans Matthieu 15 est important. Peu avant, Jésus avait enseigné : "Ce n’est pas ce qui entre dans la bouche qui souille l’homme ; mais ce qui sort de la bouche, c’est ce qui souille l’homme." (Matthieu 15:11). Aussitôt après, il sortit d'Israël et se rendit au pays des Cananéens. Le motif de Deutéronome 7 était l'idolâtrie qui détournerait les fils (7:4) ; la Cananéenne de Matthieu arrive en adorant : "Mais elle vint se prosterner devant lui, disant : Seigneur, secours-moi !" (Matthieu 15:25). Jésus garde d'abord l'ordre de l'histoire du salut : "Il répondit : Je n’ai été envoyé qu’aux brebis perdues de la maison d’Israël." (Matthieu 15:24) ; "Il répondit : Il n’est pas bien de prendre le pain des enfants, et de le jeter aux petits chiens." (Matthieu 15:26). Elle accepte cette place et demande les miettes : "Oui, Seigneur, dit-elle, mais les petits chiens mangent les miettes qui tombent de la table de leurs maîtres." (Matthieu 15:27). La réponse change tout : "Alors Jésus lui dit : Femme, ta foi est grande ; qu’il te soit fait comme tu veux. Et, à l’heure même, sa fille fut guérie." (Matthieu 15:28). Chrysostome demandait qu'en entendant parler d'une Cananéenne, le chrétien se souvienne des nations anciennes et considère "la puissance de la venue du Christ" (Partie VII).
Pierre écrit à l'Église avec les mots de Deutéronome 7. "Vous, au contraire, vous êtes une race élue, un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple acquis, afin que vous annonciez les vertus de celui qui vous a appelés des ténèbres à son admirable lumière, vous qui autrefois n’étiez pas un peuple, et qui maintenant êtes le peuple de Dieu, vous qui n’aviez pas obtenu miséricorde, et qui maintenant avez obtenu miséricorde." (1 Pierre 2:9-10). "Peuple acquis" correspond au mot grec qui traduit la sᵉgullâ (Malachie 3:17) ; "avez obtenu miséricorde" reprend le verbe de 7:2. Ceux qui n'avaient point obtenu miséricorde sont désormais le peuple particulier. Tite en indique le prix, en parlant du Christ : "qui s’est donné lui-même pour nous, afin de nous racheter de toute iniquité, et de se faire un peuple qui lui appartienne, purifié par lui et zélé pour les bonnes œuvres." (Tite 2:14).
Le ḥērem vu depuis la croix. Dans le Deutéronome, celui qui touchait à l'anathème devenait lui-même anathème (7:26). Paul, pensant à Israël, est allé jusqu'à dire : "Car je voudrais moi-même être anathème et séparé de Christ pour mes frères, mes parents selon la chair," (Romains 9:3). Ce que Paul n'a pu que souhaiter, Christ l'a accompli : il a pris sur lui la malédiction afin que la bénédiction parvienne aux nations (Galates 3:13-14). Dans Deutéronome 7, le petit peuple a été mis à part pour ne pas être détruit par l'idolâtrie des nations ; en Christ, les nations sont rejointes pour quitter l'idolâtrie et entrer dans le peuple. La rubrique "Parole de pasteur !" de cette leçon suit un autre chemin jusqu'à la croix, à travers la phrase gravée sur le front du souverain sacrificateur : le Souverain Sacrificateur qui porte les noms sur sa poitrine et l'iniquité sur son front (Exode 28:29, 38), le Serviteur qui a porté le péché de beaucoup et a intercédé pour les coupables (Ésaïe 53:12) et le sacerdoce qui ne se transmet à personne d'autre (Hébreux 7:23-25). Le schéma 2 de l'Appendice A suit le mot ʿéqev, du talon meurtri de Genèse 3:15 au talon levé contre Jésus en Jean 13:18. Le thème du Christ accomplissant le Deutéronome est celui de la Leçon 13.
Application — ce qui reste pour la semaine
- Vous êtes un trésor gardé, et un trésor gardé a un maître. La sᵉgullâ du roi ne restait pas exposée sur la place publique et ne servait pas à n'importe quel usage (7:6).
Pour réfléchir : Quelle part de votre vie traitez-vous encore comme la vôtre, en oubliant le Maître qui vous a racheté ?
- Dieu ne mesure pas à la taille. Israël était le moindre des peuples et a été choisi par amour (7:7-8). L'église qui grandit doit s'en souvenir tout autant que celle qui est petite.
Pour réfléchir : Lorsque vous regardez votre église, votre famille ou votre ministère, qu'est-ce qui vous encourage ou vous décourage : le nombre ou la fidélité ?
- L'or de l'idole n'entre pas dans la maison. La tentation est rarement d'adorer l'idole ; elle est de garder son or (7:25-26 ; Colossiens 3:5).
Pour réfléchir : Y a-t-il dans votre vie un gain, une habitude ou un avantage qui provient de ce que vous condamnez vous-même ?
- L'abomination sort aussi du dedans. Les yeux hautains, la langue menteuse, celui qui excite des querelles entre frères (Proverbes 6:16-19).
Pour réfléchir : Laquelle des sept choses de Proverbes 6 trouve le plus de place dans votre bouche ou dans votre regard ?
- La miséricorde est parvenue jusqu'aux Cananéens. L'Église est le peuple auquel Pierre a écrit : "vous qui autrefois n’étiez pas un peuple, et qui maintenant êtes le peuple de Dieu, vous qui n’aviez pas obtenu miséricorde, et qui maintenant avez obtenu miséricorde." (1 Pierre 2:10). La séparation d'avec le mal n'est jamais une séparation d'avec les personnes que Christ est venu chercher.
Pour réfléchir : Qui considérez-vous comme trop éloigné pour la miséricorde du Christ, et qu'allez-vous faire pour cette personne cette semaine ?
Fala, Pastor! — Sainteté à l'Éternel — la rubrique du Pasteur Jairo Carvalho, dans son intégralité
Texte de la rubrique dans la version du 13 octobre 2026, reproduit sans modification. Il remplace "Le Talon de la bénédiction", du 10 octobre, qui demeure dans ce dossier comme plan 2 de l'Appendice A. Toute citation biblique a été vérifiée dans la version biblique de référence. Les sources et les réserves de chaque affirmation se trouvent à la fin de cette section, dans "Sources et notes de la rubrique".
Sainteté à l'Éternel
du front du souverain sacrificateur à la marmite de la cuisine, le peuple saint de Deutéronome 7 porté par son nom sur le cœur de Christ
SUR LE FRONT → SUR LA POITRINE → SUR LA MARMITE
Pasteur Jairo Carvalho • Pasteure Jaciana Carvalho — Igreja Marcas do Evangelho, Cariacica/ES • 8 novembre 2026
À propos du Texte d'or : L'inscription consacrant la sainteté à l'Éternel était gravée sur de l'or au front du souverain sacrificateur. Dans Deutéronome 7, Moïse l'écrit sur le peuple tout entier en lui déclarant qu'il est un peuple saint pour l'Éternel. La rubrique d'aujourd'hui suit cette inscription du front d'Aaron jusqu'à la table de votre maison.
Ouverture — la dernière pièce du vêtement
Bonjour, mes frères et sœurs ! Quelle joie immense de vous accueillir dans une nouvelle édition de l'École du dimanche (EBD) Online. Nous arrivons à la Leçon 6, "L’alliance et les bénédictions de l’obéissance". Aujourd'hui, je voudrais commencer par un jour de consécration.
Dans Lévitique 8, Moïse rassembla toute l'assemblée à l'entrée de la tente et revêtit Aaron devant tous. D'abord la tunique, puis la ceinture, la robe, l'éphod, le pectoral et la tiare. La dernière pièce était petite : une lame d'or fixée sur le devant de la tiare, au-dessus du front. Le Lévitique l'appelle la lame d'or, la couronne de sainteté (Lévitique 8:9). L'Exode indique ce qui y était gravé :
"Tu feras une lame d’or pur, et tu y graveras, comme on grave un cachet : Sainteté à l’Éternel." (Exode 28:36)
En hébreu, ce sont deux mots : קֹדֶשׁ לַיהוָה (kódesh la-Adonai), "sainteté à l'Éternel". Aaron n'a revêtu aucune de ces pièces tout seul : Moïse a placé chacune d'elles sur lui, devant le peuple. Pendant près de quarante ans, cette phrase a traversé le désert sur un seul front. Écoutez maintenant notre Texte d'or :
"Car tu es un peuple saint pour l’Éternel, ton Dieu ; l’Éternel, ton Dieu, t’a choisi, pour que tu fusses un peuple qui lui appartînt entre tous les peuples qui sont sur la face de la terre." (Deutéronome 7:6)
Un peuple saint pour l'Éternel. En hébreu, c'est la même racine et la même préposition que sur la lame. Moïse a pris l'inscription qui se trouvait sur le front d'un homme et l'a écrite sur un peuple tout entier. Des siècles plus tard, Jérémie a employé les deux mots de la lame en plaçant le nom du peuple au milieu d'eux, déclarant qu'Israël était alors sainteté pour l'Éternel (Jérémie 2:3). Ce qui était écrit sur un front est devenu le nom d'une nation.
La thèse d'aujourd'hui tient en trois phrases. Ce qui était écrit sur le front du souverain sacrificateur, Dieu l'a écrit sur son peuple. Ce peuple n'a jamais été saint parce qu'il était parfait : il est saint parce que le Souverain Sacrificateur porte son nom sur son cœur et se charge même de l'iniquité de ses choses saintes. La sainteté qui a commencé sur un front finira écrite sur la marmite de la cuisine. Il y a trois lieux : sur le front, sur la poitrine et sur la marmite.
Mouvement 1 — Exode 28:36-38 ; Lévitique 8:9 ; Jérémie 3:3 ; Nombres 6:7 ; 1 Pierre 2:5 — Sur le front
À quoi servait cette lame ? L'Exode répond deux versets plus loin, et la réponse est surprenante :
"Elle sera sur le front d’Aaron ; et Aaron sera chargé des iniquités commises par les enfants d’Israël en faisant toutes leurs saintes offrandes ; elle sera constamment sur son front devant l’Éternel, pour qu’il leur soit favorable." (Exode 28:38)
Lisez lentement : l'iniquité des choses saintes. Le verset parle des choses saintes du peuple : les offrandes, les prémices, le meilleur de ce qu'Israël apportait à l'autel. Le Talmud explique ce que la lame couvrait : le sang, la chair et la graisse d'une offrande devenue impure. Même ce qu'Israël apportait de meilleur à Dieu pouvait arriver entaché d'iniquité. La lame était là pour qu'ils trouvent agrément devant l'Éternel. Le peuple saint avait besoin de quelqu'un qui porte l'iniquité jusque dans ses choses saintes.
Cela nous parle directement. Ce qui souillait leur offrande était une impureté rituelle prévue par la loi ; ce qui souille la nôtre vient bien souvent de l'intérieur : la hâte, la distraction, des motivations mêlées. Notre prière contient de la distraction. Notre offrande contient parfois de la vanité. Notre louange cherche parfois un public. Notre jeûne cherche parfois une vitrine. Si Dieu n'acceptait que ce qui lui parvient pur de tout mélange, aucun culte de cette église ne monterait jusqu'à lui. Pierre explique comment il monte : nous sommes appelés à offrir des sacrifices spirituels agréables à Dieu par Jésus-Christ (1 Pierre 2:5). Par Jésus-Christ : c'est la lame sur son front qui fait que notre culte est accepté.
Les maîtres juifs ont conservé une autre lecture encore de cette lame. Le Talmud enseigne que chaque pièce du vêtement du souverain sacrificateur couvrait un péché du peuple, et que la lame du front couvrait l'effronterie, le visage sans honte. Ils en ont cherché la preuve dans Jérémie, là où le prophète reproche au peuple d'avoir un front de prostituée et de refuser d'avoir honte (Jérémie 3:3). Le mot traduit ici par front est le même mot hébreu que dans l'Exode. Dans notre langage familier, c'est le culot, l'impudence. Dieu a placé sa sainteté sur le front du sacrificateur parce que le front du peuple ne savait plus rougir.
Remarquez aussi le nom que le Lévitique a donné à cette lame : la couronne de sainteté. Le mot hébreu employé ici pour couronne est le même que celui du vœu de naziréat, lorsque le texte dit que la consécration de son Dieu est sur sa tête (Nombres 6:7). C'est le mot biblique de la consécration. Dans la Bible, la consécration commence par un nom que Dieu grave sur la tête de quelqu'un.
Mouvement 2 — Deutéronome 7:7 ; Exode 28:9-29 ; Malachie 3:16, 17 ; Nombres 20:27-29 ; Matthieu 27:27-29 ; Ésaïe 53:12 ; Hébreux 7:23-25 — Sur la poitrine
Le verset qui suit le Texte d'or explique ce choix en commençant par ce qu'il n'était pas : "Ce n’est point parce que vous surpassez en nombre tous les peuples, que l’Éternel s’est attaché à vous et qu’il vous a choisis, car vous êtes le moindre de tous les peuples." (Deutéronome 7:7). Dieu n'a pas choisi en fonction du nombre.
Revenons au vêtement d'Aaron. Sur les épaules, deux pierres d'onyx, avec six noms des fils d'Israël sur chacune d'elles (Exode 28:9, 10). Sur la poitrine, douze pierres précieuses gravées comme des cachets, chacune avec son nom, pour les douze tribus (Exode 28:21). Aucun chiffre gravé. Seulement des noms, avec la même technique de gravure de sceau que pour l'inscription consacrant la sainteté à l'Éternel. L'Exode précise où ils se trouvaient :
"Lorsque Aaron entrera dans le sanctuaire, il portera sur son cœur les noms des fils d’Israël, gravés sur le pectoral du jugement, pour en conserver à toujours le souvenir devant l’Éternel. -" (Exode 28:29)
Remarquez le verbe traduisant l'action de porter. En hébreu, c'est נָשָׂא (nasá), porter, se charger de. C'est le verbe des pierres des épaules (Exode 28:12) et c'est le même verbe que pour la lame, afin qu'Aaron porte l'iniquité des choses saintes (28:38). Avec un seul et même verbe, le souverain sacrificateur portait les noms du peuple et l'iniquité du peuple : les noms sur le cœur et sur les épaules, l'iniquité sur le front. Celui qui porte votre nom est le même qui porte votre péché.
Des siècles plus tard, à une époque de cynisme, Malachie entendit le peuple dire qu'il est inutile de servir Dieu (Malachie 3:14). Mais il y avait un petit groupe qui ne pensait pas ainsi, et Dieu porta son attention sur eux :
"Alors ceux qui craignent l’Éternel se parlèrent l’un à l’autre ; L’Éternel fut attentif, et il écouta ; Et un livre de souvenir fut écrit devant lui Pour ceux qui craignent l’Éternel Et qui honorent son nom. Ils seront à moi, dit l’Éternel des armées, Ils m’appartiendront, au jour que je prépare ; J’aurai compassion d’eux, Comme un homme a compassion de son fils qui le sert." (Malachie 3:16-17)
Deux mots de ce texte sont déjà apparus aujourd'hui. Le livre de souvenir reprend le mot des pierres d'Aaron, portées en mémorial devant l'Éternel. Et le mot désignant les joyaux ou le trésor est celui de notre Texte d'or : dans Deutéronome 7:6, les traductions parlent d'un peuple particulier, et dans Malachie, d'un trésor particulier ou de joyaux. En hébreu, c'est סְגֻלָּה (segulá), le trésor personnel d'un roi. Lorsque Pierre appelle l'Église un peuple acquis (1 Pierre 2:9), il utilise la même expression que celle par laquelle la Bible grecque a traduit les joyaux de Malachie. L'Église de Jésus a hérité du nom de ce petit groupe. Dieu garde ses joyaux par leur nom.
La science aide à comprendre le poids d'un nom. Les chercheurs qui étudient le cerveau observent que notre propre nom attire notre attention comme peu d'autres mots : le cerveau y réagit même pendant le sommeil, et il suffit parfois du nom pour réveiller celui qui dort. Dès quatre ou cinq mois, un bébé préfère déjà entendre son propre nom plutôt que d'autres noms. Nous avons été faits pour être appelés par notre nom. Jésus a dit que le bon berger appelle ses brebis par leur nom (Jean 10:3).
La nuit qui précéda la croix, Jésus pria en tant que souverain sacrificateur, et sa prière est remplie de personnes ayant un nom. Il demanda au Père saint de garder en son nom ceux qu'il lui avait donnés, affirmant qu'il avait gardé ceux que le Père lui avait donnés et qu'aucun d'eux ne s'était perdu, sinon le fils de perdition (Jean 17:11, 12). Il a porté les disciples sur sa poitrine jusqu'à la fin. Judas a choisi de partir, et Jésus ne l'a pas retenu de force : être sur le cœur de Christ n'efface la volonté de personne.
Mais l'Exode disait continuellement, et Aaron n'était qu'un homme. Près de quarante ans après ce jour de Lévitique 8, Dieu ordonna à Moïse de monter sur la montagne de Hor avec son frère et son neveu, Éléazar. Ils montèrent sous les yeux de toute l'assemblée (Nombres 20:27). La même assemblée qui avait vu Aaron être revêtu le voyait maintenant monter pour être dépouillé. Là-haut, Moïse fit le chemin en sens inverse : "Moïse dépouilla Aaron de ses vêtements, et les fit revêtir à Éléazar, son fils. Aaron mourut là, au sommet de la montagne. Moïse et Éléazar descendirent de la montagne." (Nombres 20:28). Les vêtements saints, avec le pectoral aux douze noms et la tiare portant la lame, passèrent au fils. L'inscription de sainteté à l'Éternel passa sur un autre front, et le peuple pleura Aaron pendant trente jours (Nombres 20:29). Le vêtement disait continuellement ; l'homme qui le portait mourait.
Des siècles plus tard, une troupe entière se rassembla pour voir un autre homme être revêtu. Les soldats du gouverneur emmenèrent Jésus dans le prétoire et rassemblèrent autour de lui toute la cohorte. Ils dépouillèrent Jésus, le couvrirent d'un manteau écarlate et, après avoir tressé une couronne d'épines, ils la posèrent sur sa tête (Matthieu 27:27-29). Les soldats se moquaient d'un roi sans savoir qu'ils se tenaient devant le Souverain Sacrificateur. Aaron avait reçu sur la tête une couronne d'or proclamant la sainteté. Jésus reçut sur la tête une couronne d'épines.
Bien longtemps auparavant, Ésaïe avait décrit ce Serviteur avec le verbe du pectoral et de la lame, annonçant qu'il a porté le péché de beaucoup et qu'il a intercédé pour les transgresseurs (Ésaïe 53:12). Le verbe traduit par porter est encore נָשָׂא. Aaron portait les noms sur la poitrine et l'iniquité sur le front, à deux endroits du vêtement. Le Serviteur d'Ésaïe porte le péché et intercède pour les transgresseurs dans le même verset. Sur la croix, les deux choses se trouvaient dans le même corps. Pierre a écrit avec ce chapitre sous les yeux : Christ a porté lui-même nos péchés en son corps sur le bois (1 Pierre 2:24). Le verbe grec traduit par porter est le même que celui qu'il a employé quelques versets plus tôt pour notre culte, lorsque nous sommes appelés à offrir des sacrifices spirituels (1 Pierre 2:5). Dans les deux cas, le sens est de porter vers le haut, de faire monter. Notre culte monte vers Dieu parce qu'auparavant, notre péché est monté avec Christ sur la croix.
Voyez maintenant la différence entre la montagne de Hor et le Calvaire. Aaron est mort, et les vêtements sont passés à son fils. Jésus est mort, il est ressuscité, et son sacerdoce n'est passé à personne. L'épître aux Hébreux dit que les autres sacrificateurs ont été empêchés par la mort d'être permanents (Hébreux 7:23), et elle poursuit :
"Mais lui, parce qu’il demeure éternellement, possède un sacerdoce qui n’est pas transmissible. C’est aussi pour cela qu’il peut sauver parfaitement ceux qui s’approchent de Dieu par lui, étant toujours vivant pour intercéder en leur faveur." (Hébreux 7:24-25)
Après Jésus, il n'existe pas d'Éléazar. Le pectoral restait sur le cœur d'Aaron continuellement jusqu'à la montagne de Hor. Notre Souverain Sacrificateur intercède toujours, et la mort n'ôtera plus jamais votre nom de sa poitrine. Pas un numéro. Un nom.
Mouvement 3 — Zacharie 14:20, 21 ; Jean 17:19 ; Lévitique 8:12 ; Psaumes 133:1, 2 ; Actes 2:17, 46 ; 1 Corinthiens 10:31 ; Hébreux 12:14 ; Apocalypse 22:4 — Sur la marmite
Venez maintenant avec moi à la fin du livre de Zacharie. Le prophète regarde vers ce jour-là, le jour où l'Éternel règne sur toutes choses, et il voit l'inscription de la lame sortir du front du souverain sacrificateur :
"En ce jour-là, il sera écrit sur les clochettes des chevaux : Sainteté à L’Éternel ! Et les chaudières dans la maison de l’Éternel Seront comme les coupes devant l’autel. Toute chaudière à Jérusalem et dans Juda Sera consacrée à l’Éternel des armées ; Tous ceux qui offriront des sacrifices viendront Et s’en serviront pour cuire les viandes ; Et il n’y aura plus de marchands dans la maison de l’Éternel des armées, En ce jour-là." (Zacharie 14:20-21)
Des clochettes de chevaux et des marmites. Le cheval était l'animal de la guerre et du transport, ce qui circule dans la rue ; la marmite était l'objet le plus ordinaire de la maison. La phrase qu'un seul homme portait sur le front se retrouve gravée sur ce qui parcourt la ville et sur ce qui bout sur le feu. La marmite de la cuisine devient semblable aux coupes devant l'autel. Remarquez le verset 21 : là où les traductions disent qu'elles seront consacrées à l'Éternel, l'hébreu reprend exactement les deux mots de la lame, kódesh la-Adonai. La sainteté que Dieu veut va de l'autel jusqu'à la cuisine.
Comment une marmite devient-elle une coupe d'autel ? Dans la même prière prononcée à la veille de la croix, Jésus a dit : "Et je me sanctifie moi-même pour eux, afin qu’eux aussi soient sanctifiés par la vérité." (Jean 17:19). C'est ce que nous avons vu à la croix : le Souverain Sacrificateur s'est consacré comme sacrificateur et comme sacrifice, afin que des gens ordinaires soient consacrés. L'épître aux Hébreux dit qu'il nous convenait d'avoir un souverain sacrificateur saint, innocent, sans tache, séparé des pécheurs (Hébreux 7:26). Lui seul a été entièrement séparé, et il s'est servi de cette séparation pour s'approcher de nous.
Il manque une étape : comment la sainteté quitte-t-elle la tête pour descendre jusqu'à la maison ? Revenons à Lévitique 8. Juste après avoir posé la lame, Moïse répandit de l'huile d'onction sur la tête d'Aaron et l'oignit pour le sanctifier (Lévitique 8:12). Un psaume a conservé cette scène. Il commence par des frères qui demeurent ensemble, comme les douze noms sur un seul pectoral, et dit :
"Voici, oh ! qu’il est agréable, qu’il est doux Pour des frères de demeurer ensemble ! C’est comme l’huile précieuse qui, répandue sur la tête, Descend sur la barbe, sur la barbe d’Aaron, Qui descend sur le bord de ses vêtements." (Psaume 133:1-2)
L'huile ne s'est pas arrêtée sur la tête. Elle est descendue sur la barbe, et de la barbe sur les vêtements où se trouvaient les noms du peuple. L'un des grands pasteurs de l'Église ancienne a lu ce psaume ainsi : l'huile vient de la tête, qui est Christ, et elle est descendue d'abord sur les apôtres ; c'est ainsi que le Saint-Esprit est descendu sur eux. Le jour de la Pentecôte, Pierre expliqua ce qui se passait avec les paroles de Joël, annonçant que Dieu répandrait de son Esprit sur toute chair (Actes 2:17). L'onction qui était sur la tête est descendue sur le corps tout entier.
Aussitôt après, Luc montre la sainteté sortant du temple et entrant dans la maison : "Ils étaient chaque jour tous ensemble assidus au temple, ils rompaient le pain dans les maisons, et prenaient leur nourriture avec joie et simplicité de cœur," (Actes 2:46). Le temple a subsisté ; la table de la maison est devenue un lieu de culte. Pour nous, pentecôtistes, le même Esprit qui remplit le culte consacre la cuisine, le travail, les trajets quotidiens et le téléphone portable. Paul l'a résumé ainsi : "Soit donc que vous mangiez, soit que vous buviez, soit que vous fassiez quelque autre chose, faites tout pour la gloire de Dieu." (1 Corinthiens 10:31).
Un mot de prudence, pour que personne ne comprenne de travers. Cela élargit la portée de la sainteté, mais aussi son exigence. Celui qui sait que la marmite appartient à l'Éternel n'y cuisine pas n'importe quoi. La sainteté qui arrive dans la cuisine regarde aussi ce qui entre dans la maison, ce qui passe sur l'écran et la manière de parler à ceux qui sont à table. L'épître aux Hébreux ordonne : "Recherchez la paix avec tous, et la sanctification, sans laquelle personne ne verra le Seigneur." (Hébreux 12:14).
Sans la sanctification, personne ne verra le Seigneur. Écoutez maintenant comment la Bible achève l'histoire de cette lame. Dans le dernier chapitre, Jean voit les serviteurs de Dieu devant le trône : "et son nom sera sur leurs fronts." (Apocalypse 22:4). Le mot grec employé pour les fronts est le même que celui utilisé par la Bible grecque pour le front d'Aaron dans Exode 28:38. La lame portait le nom de l'Éternel. Le nom qu'Aaron seul portait sur le front se trouvera sur le front de tous ceux que Christ a portés sur sa poitrine.
Application — Ce que l'on retient pour la semaine
Premièrement : servez Dieu sans effronterie. Apportez-lui vos choses saintes, la prière, l'offrande et la louange, en sachant qu'elles ne sont acceptées qu'à cause du Souverain Sacrificateur. Cela ôte l'orgueil de celui qui sert beaucoup et la crainte de celui qui pense mal servir.
La question : Dans quelle partie de votre service pour Dieu vous appuyez-vous sur votre propre sainteté ?
Deuxièmement : cessez de vous mesurer par le nombre. Dieu n'a pas choisi le peuple pour sa taille, et le Souverain Sacrificateur porte des noms. Cette semaine, priez pour des personnes par leur nom, une par une.
La question : Quels sont les noms que vous allez porter devant Dieu, un par un, cette semaine ?
Troisièmement : consacrez la marmite. Choisissez un domaine ordinaire de votre vie, la table, le travail, les trajets ou le téléphone portable, et traitez-le comme appartenant à l'Éternel.
La question : Si l'inscription consacrant la sainteté à l'Éternel était écrite sur votre table à manger, qu'est-ce qui y changerait ?
Conclusion — le nom sur le front
Mes frères et sœurs, l'inscription d'aujourd'hui a parcouru un long chemin. Elle a commencé gravée sur une lame d'or, sur le front d'Aaron. Moïse l'a écrite sur un petit peuple, que Dieu n'avait pas choisi en raison de son nombre. Sur la montagne de Hor, elle est passée sur un autre front, parce que le sacrificateur mourait. Malachie a vu Dieu écrire un livre de souvenir pour ceux qui le craignaient et les appeler ses joyaux. Zacharie l'a vue gravée sur les clochettes des chevaux et sur les marmites de Jérusalem. Jean a vu le nom de l'Éternel sur le front de tous les serviteurs de Dieu.
Aujourd'hui, elle se trouve sur le front de notre Souverain Sacrificateur, et votre nom est sur sa poitrine. Il porte l'iniquité jusque dans nos choses saintes, il a porté notre péché à la croix, il intercède pour nous par notre nom et il ne transmet son sacerdoce à personne. Il s'est consacré afin que nous soyons consacrés, et il a répandu l'Esprit afin que la consécration parvienne jusqu'à notre maison. C'est pourquoi le Deutéronome peut déclarer à un peuple imparfait qu'il est un peuple saint pour l'Éternel, son Dieu (Deutéronome 7:6).
La décision de cette semaine appartient à celui qui porte un nom. Si vous avez servi Dieu avec orgueil, abandonnez toute effronterie et servez par Jésus-Christ. Si vous vous êtes trouvé trop petit pour Dieu, souvenez-vous que le Souverain Sacrificateur vous porte sur sa poitrine, par votre nom. Si votre sainteté est restée enfermée dans le dimanche, emmenez-la dans la cuisine dès le lundi. Aujourd'hui, la sainteté est sur son front et votre nom est sur sa poitrine. Un jour, son nom sera sur votre front.
Que Dieu bénisse profondément chacun de vous. Et nous nous retrouvons lors de notre prochaine EBD Online.
☩ SOLI DEO GLORIA ☩
L'Écriture gouverne ; tout le reste, à genoux.
Sources et notes de la rubrique
L'inscription de la lame en hébreu. Exode 28:36 porte קֹדֶשׁ לַיהוָה (qōdeš laYHWH), "sainteté à l'Éternel". Deutéronome 7:6 emploie la même racine et la même préposition (ʿam qādôš… laYHWH). Jérémie 2:3 place le nom du peuple entre les deux mots (qōdeš Yiśrāʾēl laYHWH), et Zacharie 14:21 les répète au sujet des marmites de Jérusalem, là où les traductions rendent l'expression par consacrées à l'Éternel.
Mots récurrents (texte hébreu de Leningrad, via l'Open Scriptures Hebrew Bible). nāśāʾ ("porter, se charger de") pour les noms sur les épaules et sur la poitrine (Exode 28:12, 29), pour l'iniquité des choses saintes (28:38) et pour le Serviteur qui a porté le péché de beaucoup (Ésaïe 53:12), dans le même verset où il a intercédé (yapgîaʿ) · zikkārôn ("souvenir, mémorial") pour les pierres d'Aaron (Exode 28:12, 29) et le livre de souvenir de Malachie 3:16 · sᵉgullâ dans Deutéronome 7:6 ("peuple particulier") et Malachie 3:17 ("joyaux, trésor particulier") · mēṣaḥ ("front") dans Exode 28:38 et Jérémie 3:3 ("front") · nēzer dans Lévitique 8:9 ("couronne de sainteté") et Nombres 6:7 ("consécration, naziréat") · kol-hāʿēdâ ("toute l'assemblée") dans Lévitique 8:3 et Nombres 20:27 · yōrēd ("qui descend") deux fois dans Psaumes 133:2.
La Bible grecque. La Septante d'Exode 28:38 place la lame sur le front d'Aaron (ἐπὶ τοῦ μετώπου Ααρων) ; Apocalypse 22:4 emploie le même mot, μέτωπον, pour le nom inscrit sur le front des serviteurs (voir aussi Apocalypse 7:3 ; 14:1). Pierre emploie le verbe ἀναφέρω, "porter vers le haut", pour notre culte (1 Pierre 2:5, ἀνενέγκαι, "offrir") et pour Christ sur la croix (2:24, ἀνήνεγκεν, "ayant porté"), le même verbe que dans la Septante d'Ésaïe 53:12 (ἁμαρτίας πολλῶν ἀνήνεγκεν). La Septante de Malachie 3:17 traduit sᵉgullâ par εἰς περιποίησιν, et 1 Pierre 2:9 appelle l'Église λαὸς εἰς περιποίησιν, "peuple acquis" (Pierre peut aussi avoir Ésaïe 43:21 et Exode 19:5 en arrière-plan).
Sources juives. Talmud de Babylone, Zevachim 88b : chaque pièce du vêtement du souverain sacrificateur expie un péché du peuple, et la lame expie l'effronterie, le "visage impudent", avec la preuve tirée de Jérémie 3:3. Talmud de Babylone, Yoma 7a : "Pour quoi la lame obtient-elle l'agrément ? Pour le sang, pour la chair et pour la graisse qui sont devenus impurs." C'est le sens originel de l'iniquité des choses saintes ; la rubrique le précise avant d'appliquer le verset aux motivations du cœur.
Source chrétienne. Augustin d'Hippone (354-430), Commentaire sur le Psaume 133 (132 dans la numérotation latine), §6 : le parfum "vient de la tête" et "est descendu d'abord sur les apôtres", et c'est pourquoi "le Saint-Esprit est descendu sur eux". Augustin ne commente pas le "bord" du vêtement.
Science. P. Tacikowski, H. B. Cygan et A. Nowicka, "Neural correlates of own and close-other's name recognition: ERP evidence", Frontiers in Human Neuroscience 8 (2014), doi 10.3389/fnhum.2014.00194. L'article résume : Oswald, Taylor et Treisman (1960), réponse au propre nom pendant le sommeil ; Perrin et collègues (1999), réponse cérébrale au propre nom durant le sommeil ; Portas et collègues (2000), le nom qui réveille le dormeur ; Mandel, Jusczyk et Pisoni (1995), bébés de quatre à cinq mois qui préfèrent entendre leur propre nom plutôt que d'autres noms.
Réserves. (1) Nombres 20:28 dit que Moïse dépouilla Aaron de ses vêtements ; le fait que la lame soit passée à Éléazar est une déduction tirée d'Exode 28:4 (le pectoral, l'éphod et la tiare font partie des vêtements) et d'Exode 29:29 (les vêtements sacrés d'Aaron appartiendront à ses fils après lui). (2) Dans Psaumes 133:2, le mot traduit par bord rend pî middôtāyw, "l'ouverture de ses vêtements", probablement l'encolure (comparer Exode 28:32) ; la rubrique ne bâtit pas d'argument sur le bas de la robe. (3) Matthieu 27:27-29 est une parodie de royauté ; le contraste avec l'investiture d'Aaron est une lecture du prédicateur, et la rubrique la présente comme telle. (4) "Près de quarante ans" : d'Exode 40:17 à Nombres 33:38, il s'écoule environ trente-huit ans et demi. (5) Luc 23:34 (la prière demandant au Père de leur pardonner) a été laissé de côté volontairement : c'est un texte de la rubrique de la Leçon 7 et il est absent de certains manuscrits anciens.
Appendice A — Quatre plans de prédication à partir de Deutéronome 7
Plan 1 — "Sainteté à l'Éternel"
Thèse : l'inscription gravée sur le front du souverain sacrificateur, consacrant la sainteté à l'Éternel (Exode 28:36), Dieu l'a écrite sur son peuple (Deutéronome 7:6) ; ce peuple est saint parce que le Souverain Sacrificateur porte son nom sur son cœur et se charge même de l'iniquité de ses choses saintes ; la sainteté qui a commencé sur un front finira écrite sur la marmite de la cuisine (Zacharie 14:20, 21). Mouvements : (1) Sur le front (Exode 28:36-38 ; Lévitique 8:9 ; Jérémie 3:3 ; Nombres 6:7 ; 1 Pierre 2:5) ; (2) Sur la poitrine (Deutéronome 7:7 ; Exode 28:9-29 ; Malachie 3:16, 17 ; 1 Pierre 2:9 ; Jean 10:3 ; 17:11, 12 ; Nombres 20:27-29 ; Matthieu 27:27-29 ; Ésaïe 53:12 ; 1 Pierre 2:24 ; Hébreux 7:23-25) ; (3) Sur la marmite (Zacharie 14:20, 21 ; Jean 17:19 ; Hébreux 7:26 ; Lévitique 8:12 ; Psaumes 133:1, 2 ; Actes 2:17, 46 ; 1 Corinthiens 10:31 ; Hébreux 12:14 ; Apocalypse 22:4). C'est le plan de la rubrique "Fala, Pastor!" de cette leçon, reproduite intégralement ci-dessus.
Plan 2 — "Le Talon de la bénédiction"
Thèse : le mot traduit par "si" en 7:12 est ʿéqev, "talon" ; la bénédiction de l'alliance marche sur les talons de l'obéissance, l'homme a toujours tenté de l'attraper par le talon, et Dieu l'a donnée dans le talon meurtri de son Fils. Mouvements : (1) Sur le talon (Deutéronome 7:8, 12, 13 ; Genèse 22:2, 7, 8, 16-18 ; 26:3, 5, 24 ; Hébreux 6:13 ; Proverbes 22:4) ; (2) Le talon saisi (Genèse 25:26, 34 ; 27:18, 19, 36 ; 32:26-31 ; Osée 12:3, 4 ; Jérémie 9:4 ; Deutéronome 7:7) ; (3) Le talon meurtri (Genèse 3:15 ; Jean 13:5, 11, 18, 27 ; Romains 5:19 ; Philippiens 2:8, 13 ; Romains 8:32 ; 1 Pierre 2:21 ; Romains 16:20). Première version de la rubrique "Fala, Pastor!" de cette leçon (10 octobre 2026), remplacée par la rubrique "Sainteté à l'Éternel". Les sources se trouvent dans ce dossier : Partie III, point 2j ; Partie IV, bloc D ; Partie VII (Irénée) ; Partie VIII (Rachi) ; Partie IX (Wood, 2002).
Plan 3 — "Aie pitié de moi"
Thèse : ce que le Deutéronome a refusé aux peuples de Canaan à cause de leur idolâtrie, la pitié ou la miséricorde, c'est précisément ce qu'une Cananéenne a demandé à Jésus et reçu par la foi ; l'Église est le peuple de ceux qui n'avaient pas obtenu miséricorde et qui maintenant ont obtenu miséricorde. Mouvements : (1) Tu n'auras point pitié d'elles : pourquoi Dieu a fermé la porte (Deutéronome 7:2-4 ; 12:31 ; Psaumes 106:34-38) ; (2) Aie pitié de moi : la Cananéenne venue adorer (Genèse 10:15 ; Matthieu 15:11, 21-28) ; (3) Maintenant vous avez obtenu miséricorde : le nouveau peuple particulier (1 Pierre 2:9, 10 ; Tite 2:14 ; Romains 9:3). Adapté aux cultes d'évangélisation et de mission. Prudence : ne pas opposer un "Dieu dur de l'Ancien Testament" à un "Dieu bon du Nouveau" ; le même Dieu qui a jugé l'idolâtrie accueille l'idolâtre qui se tourne vers lui.
Plan 4 — "Peu à peu"
Thèse : Dieu a choisi le moindre des peuples et lui a donné le pays au rythme où il pouvait l'occuper ; la sanctification est un chemin qui a une direction, sans excuse pour s'arrêter. Mouvements : (1) Le moindre des peuples (Deutéronome 7:7 ; 26:5 ; 10:22 ; 1 Corinthiens 1:26-29) ; (2) Peu à peu (Deutéronome 7:22 ; Exode 23:29, 30 ; Juges 3:1, 2 ; Philippiens 1:6) ; (3) Sans faire d'alliance avec ce qui est resté (Deutéronome 7:16, 25, 26 ; Josué 23:13 ; Juges 2:3 ; 2 Corinthiens 3:18). Adapté au discipulat et aux classes de nouveaux convertis. Prudence : équilibrer patience et urgence ; ni perfectionnisme, ni relâchement.
Appendice B — Soutien à l'enseignant en classe
Plan de cours suggéré — 50 minutes
| TEMPS | QUE FAIRE |
|---|---|
| 0-5 min | Demandez à la classe : "Pourquoi Dieu a-t-il choisi Israël ?" Notez les réponses au tableau. Puis lisez 7:7, 8 et comparez. |
| 5-12 min | Lecture en classe (Deutéronome 7:6-13, 21-23). Montrez que le peuple particulier correspond à la sᵉgullâ, le trésor personnel du roi (1 Chroniques 29:3), et que Paul a employé la même expression grecque dans Tite 2:14. |
| 12-22 min | Point I : élection collective et en vue d'une mission ; les sept peuples ; le motif religieux de 7:4 ; les cinq étapes de la question du ḥērem (Partie V, axe 5), en langage simple. |
| 22-34 min | Point II : l'amour sans cause préalable (7:7, 8 ; 1 Corinthiens 1:26-29) ; le Dieu fidèle dans les prières de Néhémie et de Daniel (Néhémie 1:5 ; Daniel 9:4) ; les bénédictions "sur le talon" (7:12-15), avec l'équilibre nécessaire sur la guérison et la prospérité. |
| 34-45 min | Point III : la crainte et la mémoire (7:17-21) ; le "peu à peu" (7:22) ; l'or de l'idole (7:25, 26 ; Josué 7:21 ; Colossiens 3:5). Appliquez la suggestion méthodologique de la revue (cartes anonymes), en rappelant aussi Proverbes 6:16-19. |
| 45-50 min | Christ dans la leçon : la Cananéenne qui a demandé miséricorde (Matthieu 15:22-28) et l'Église qui l'a obtenue (1 Pierre 2:9, 10). Prière de consécration. |
Questions fréquentes des élèves — avec réponses
Dieu a-t-il ordonné de tuer des peuples entiers, y compris des enfants ? Le texte ordonne le ḥērem, et il convient d'en reconnaître la difficulté. La Bible présente cet ordre comme un jugement intervenant après des siècles de patience (Genèse 15:16) sur des cultures qui brûlaient leurs propres enfants (Deutéronome 12:31) ; le langage de guerre de l'époque était stylisé ; le critère était l'idolâtrie, quel que soit le peuple ; et cet ordre fut unique et circonscrit. La réponse finale se trouve en Christ, qui a exaucé la Cananéenne (Matthieu 15:28). Voir Partie V, axe 5.
Les Cananéens n'ont-ils eu aucune chance ? Ils ont eu du temps (Genèse 15:16) et ont entendu parler de ce que Dieu faisait (Josué 2:9-11). Rahab et les Gabaonites ont cherché la vie et l'ont trouvée. La tradition juive enseignait que la paix devait être proposée avant toute guerre (Maïmonide ; Partie VIII).
Être élu veut-il dire que je suis sauvé pour toujours, quoi que je fasse ? Non. L'élection d'Israël ne garantissait pas le salut individuel (comme le souligne la revue ; Hébreux 3:7-19), et Paul avertit le croyant qu'il doit demeurer dans la bonté de Dieu, autrement lui aussi sera retranché (Romains 11:22). Celui qui est en Christ par la foi et qui demeure en lui est en sécurité.
Si j'obéis, Dieu me donnera-t-il la santé et la prospérité ? Les promesses de 7:12-15 s'adressaient à Israël en tant que peuple, dans le pays. Dieu guérit (Exode 15:26 ; Jacques 5:14, 15) et prend soin des siens, mais il n'existe pas de formule automatique : Trophime est resté malade (2 Timothée 4:20). La Leçon 7 traite de la théologie de la prospérité.
Puis-je me marier avec quelqu'un qui n'est pas croyant ? L'orientation pour celui qui envisage de se marier est claire : ne pas se mettre avec les infidèles sous un joug étranger (2 Corinthiens 6:14). Celui qui est déjà marié à un conjoint non croyant qui consent à demeurer avec lui ne doit pas le quitter (1 Corinthiens 7:12).
Quel "or de l'idole" existe aujourd'hui ? Tout gain provenant de ce que Dieu condamne, même lorsque le croyant prétend ne pas adorer cela. Paul appelle la cupidité une idolâtrie (Colossiens 3:5).
Pourquoi Dieu n'a-t-il pas donné toute la victoire d'un seul coup ? Afin que le pays ne devienne pas un désert et que les bêtes sauvages ne se multiplient pas (Exode 23:29, 30), afin qu'Israël croisse et occupe le pays (23:30), et afin que les nouvelles générations apprennent à combattre (Juges 3:1, 2).
Qu'étaient les frelons ? Le mot désigne la guêpe ou le frelon. Il peut s'agir de l'insecte, d'une image de la panique que Dieu envoyait sur les ennemis ou, selon certains, d'une figure de l'Égypte. Le texte garantit l'essentiel : la victoire n'est venue ni par ton épée ni par ton arc (Josué 24:12).
Questionnaire — les cinq questions de la revue et treize autres
Sur quoi reposait la nature de l'alliance divine avec Israël ? Réponse de la revue : la nature de l'alliance divine avec Israël reposait sur l'élection et la sainteté.
Conformément à l'identité d'une nation sainte, comment Israël devait-il vivre ? Réponse de la revue : choisi comme nation sainte et témoignage vivant (Malachie 3:18), Israël devait vivre d'une manière distincte des nations impies (Deutéronome 7:6).
Selon la leçon, comment Dieu déclare-t-il Israël ? Réponse de la revue : Dieu lui-même déclare Israël peuple saint, séparé et consacré, car il lui appartenait comme propriété exclusive.
Comment la nouvelle génération devait-elle agir ? Réponse de la revue : la nouvelle génération devait croire et obéir au Seigneur (Deutéronome 7:18-21).
Comment le chrétien doit-il vivre ? Réponse de la revue : le chrétien doit vivre dans la vigilance et éviter toute contamination avec le monde (Romains 12:2 ; 2 Corinthiens 6:14-17).
Quel mot hébreu se trouve sous l'expression traduite par peuple particulier (7:6), et que signifiait-il ? Sᵉgullâ : le trésor personnel d'un roi, comme l'or et l'argent que David possédait en propre (1 Chroniques 29:3).
Dans quel verset du Nouveau Testamento apparaît la même expression grecque que dans Deutéronome 7:6 ? Dans Tite 2:14, qui parle d'un peuple qui lui appartienne en propre (λαὸν περιούσιον), avec le verbe racheter, qui correspond au rachat mentionné en 7:8.
Selon 7:7, 8, pourquoi Dieu a-t-il choisi Israël ? Non pas en raison de sa taille, car Israël était le moindre des peuples, mais parce que l'Éternel l'aimait et pour garder le serment fait aux pères.
Quel mot hébreu relie le moindre nombre de 7:7 au "peu à peu" de 7:22 ? Mᵉʿaṭ, "peu" : le moindre des peuples reçoit le pays peu à peu.
Quel est le motif des interdictions de 7:1-5 ? Le verset 4 l'explique : ces peuples détourneraient tes fils de Dieu et ils serviraient d'autres dieux. Le motif est religieux, et non ethnique.
Quels textes montrent que cet ordre n'était pas ethnique ? Deutéronome 13:12-17 (la ville israélite idolâtre), Josué 7:12 (Israël devenu anathème) et l'accueil de Rahab, des Gabaonites et de Ruth.
Quelles prières de l'exil emploient les paroles de 7:9 et 7:21 ? Celles de Néhémie (Néhémie 1:5 ; 9:32) et de Daniel (Daniel 9:4).
Que signifie le mot traduit par "si" en 7:12 ? ʿéqev, issu de la racine signifiant "talon" : "sur le talon de", "en conséquence de".
Quels mots de 7:13 ont la consonance de noms de divinités de Canaan ? Šeger (les portées de ton gros bétail) et ʿaštᵉrōt (les portées de ton menu bétail), proches de Šagar et d'Astarté. Dieu promet ce que les voisins demandaient aux divinités de la fertilité.
Pourquoi Dieu chasserait-il les nations "peu à peu" ? Afin que le pays ne devienne pas un désert et que les bêtes des champs ne se multiplient pas (Exode 23:29, 30 ; Deutéronome 7:22), et pour enseigner la guerre aux nouvelles générations (Juges 3:1, 2).
Quelle était la tentation de 7:25, et qui y a succombé ? Convoiter et prendre l'argent et l'or des idoles. Acan a reconnu les avoir convoités et pris (Josué 7:21).
Quelle liste l'encadré de la revue indique-t-il, et qu'enseigne-t-elle ? Proverbes 6:16-19 : les six choses que l'Éternel hait et la septième que son âme a en abomination. L'abomination sort aussi de l'intérieur : les yeux, la langue, les mains, le cœur, les pieds.
Quelle demande la femme cananéenne a-t-elle faite, et quel est le lien avec 7:2 ? Elle a imploré le Seigneur, Fils de David, d'avoir pitié d'elle (Matthieu 15:22). Le verbe grec est le même que celui employé par la Bible grecque en 7:2, où il est ordonné de ne pas avoir pitié d'eux.
Bibliographie commentée
Source officielle. GOMES, Osiel. Lições Bíblicas Adultos — Professor: O Deus da Aliança. 4º trimestre de 2026. Rio de Janeiro: CPAD, 2026. Bíblia de Estudo Pentecostal: Edição Global. CPAD, 2022, p. 307 et 316-317 (citée dans les encadrés de la leçon). Revista Ensinador Cristão, nº 107, p. 39 (ressource complémentaire indiquée par la revue).
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Texte. Codex de Leningrad, consulté via l'Open Scriptures Hebrew Bible. Septante (édition de Rahlfs). SBL Greek New Testament. Almeida Corrigida Fiel, édition de 2011 (Sociedade Bíblica Trinitariana do Brasil).
Sources juives. Talmud de Babylone : Chullin 89a ; Avodah Zarah 20a ; Sotah 36a ; Yoma 7a ; Zevachim 88b. Mishna : Yadayim 4:4. Targoum Onkelos. Rachi, commentaire sur Deutéronome 7:1, 7:7, 7:10 et 7:12. Maïmonide, Mishneh Torah, Lois des Rois 5:4 ; 6:1, 4.
Sources chrétiennes. IRÉNÉE. Contre les hérésies 5.21.1. AUGUSTIN. Discours sur les Psaumes (Enarrationes in Psalmos), Psaume 132 (133), §6. JEAN CHRYSOSTOME. Homélies sur Matthieu 52. JEAN CASSIEN. Conférences 5. LUTHER, Martin. Dispute de Heidelberg (1518), thèse 28. CALVIN, Jean. Institution de la religion chrétienne (1559), III.21. ARMINIUS, Jacques. Déclaration de sentiments (1608). WESLEY, John. Explanatory Notes upon the Old Testament (1765), Deutéronome 7 ; Sermon 43, The Scripture Way of Salvation.
Science et société. TACIKOWSKI, Pawel; CYGAN, Hanna B.; NOWICKA, Anna. "Neural correlates of own and close-other's name recognition: ERP evidence". Frontiers in Human Neuroscience 8 (2014), doi 10.3389/fnhum.2014.00194. MANDEL, Denise R.; JUSCZYK, Peter W.; PISONI, David B. "Infants' recognition of the sound patterns of their own names". Psychological Science 6 (1995), p. 314-317. WOOD, Wendy; QUINN, Jeffrey M.; KASHY, Deborah A. "Habits in everyday life: Thought, emotion, and action". Journal of Personality and Social Psychology 83 (2002), p. 1281-1297. LALLY, Phillippa et al. "How are habits formed: Modelling habit formation in the real world". European Journal of Social Psychology 40 (2010). MOSCOVICI, S.; LAGE, E.; NAFFRECHOUX, M. "Influence of a consistent minority on the responses of a majority in a color perception task". Sociometry 32/4 (1969), p. 365-380. DERYABINA, Tatiana et al. "Long-term census data reveal abundant wildlife populations at Chernobyl". Current Biology 25/19 (2015), p. R824-R826. IBGE. Recensement démographique 2022 : religions (publié le 6 juin 2025).
☩ SOLI DEO GLORIA ☩
L'Écriture gouverne ; tout le reste, à genoux.
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Prière finale
Seigneur notre Dieu, toi qui as regardé tous les peuples de la terre et qui as choisi le moindre. Merci parce que tu ne nous as pas choisis parce que nous étions grands, ni parce que nous étions bons, mais parce que tu nous as aimés. Merci pour le serment que tu as gardé et pour la main forte qui nous a tirés de la maison de servitude.
Tu es le Dieu fidèle, ferme comme l'amen que nous prononçons, et ta miséricorde s'étend jusqu'à mille générations. Pardonne-nous, Père, les fois où nous avons traité ton alliance comme un contrat et tes bénédictions comme un paiement. Pardonne l'or de l'idole que nous avons gardé en disant que ce n'était rien. Donne-nous le courage de retirer de notre maison ce qui dispute ta place, et la grâce d'occuper cette place avec toi.
Garde-nous d'utiliser ta Parole pour mépriser celui qui est encore loin. Rappelle-nous la femme cananéenne, qui a demandé miséricorde et a été exaucée, et fais de nous un peuple qui porte cette même miséricorde à ceux du dehors.
Et merci, par-dessus tout, pour Jésus. Il a obéi là où nous avons échoué, Il a été blessé au talon et a écrasé la tête du serpent ; Il est mort à notre place et est ressuscité le troisième jour. C'est par Lui que nous sommes ton peuple particulier. Que cette semaine notre maison ait un maître. Au nom de Jésus, amen.
Soli Deo Gloria — l'Écriture gouverne ; tout le reste, à genoux.
Questions fréquentes sur cette leçon
Que signifie le fait qu'Israël soit le "peuple choisi" ? Dieu a-t-il choisi seulement quelques-uns pour les sauver ?+
En Deutéronome 7, Dieu choisit un peuple, et non une liste d'individus sauvés d'avance. Ce choix a été fait par amour, et non par mérite — Israël était le moins nombreux de tous les peuples (Deutéronome 7:7) — et en vue d'une mission : garder la révélation de Dieu, être une lumière pour les nations et préparer le chemin du Messie (Ésaïe 49:6 ; Galates 3:16). Être Israélite ne garantissait le salut à personne : au sujet de la génération sortie d'Égypte, l'épître aux Hébreux dit qu'ils n'ont pas pu entrer à cause de leur incrédulité (Hébreux 3:19), et Paul rappelle que tous ceux qui descendent d'Israël ne sont pas Israël (Romains 9:6). Dans le Nouveau Testament, le peuple élu est le peuple en Christ : Dieu nous a élus en lui (Éphésiens 1:4). Quiconque croit en Christ et demeure en Lui appartient à ce peuple. Il n'existe pas de liste fermée où votre nom ne figurerait peut-être pas ; il existe une invitation adressée à quiconque croit en lui (Jean 3:16).
Dieu a-t-il ordonné de détruire des peuples entiers ? Comment comprendre l'ordre de les dévouer entièrement à la destruction (Deutéronome 7:2) ?+
C'est la question la plus difficile du chapitre, et elle mérite une réponse honnête. Cet ordre était un jugement spécifique, donné à Israël à ce moment-là, contre des peuples que Dieu avait supportés pendant des siècles (Genèse 15:16) et qui allaient jusqu'à brûler leurs propres enfants au feu pour leurs dieux (Deutéronome 12:31). Le motif était religieux, et non racial : ils auraient détourné les fils d'Israël de l'Éternel (Deutéronome 7:4). La preuve en est que la Cananéenne Rahab et la Moabite Ruth ont été accueillies (Josué 6:25 ; Ruth 1:16), et qu'une ville d'Israël qui se livrerait aux idoles recevrait le même jugement (Deutéronome 13:12-17). Ce fut un ordre unique et clos, qui ne vaut pour aucun peuple, aucune nation ni aucun groupe aujourd'hui. Le texte n'autorise ni la violence, ni la haine, ni l'intolérance, ni le mépris envers ceux qui appartiennent à une autre religion. L'Église combat avec d'autres armes : les armes de notre combat ne sont pas charnelles (2 Corinthiens 10:4), et notre lutte n'est pas contre la chair et le sang (Éphésiens 6:12).
Si j'obéis à Dieu, me garantit-Il la santé, des enfants et de l'argent, comme en Deutéronome 7:13-15 ?+
Pas comme une formule. Les bénédictions de Deutéronome 7:12-15 étaient des promesses d'alliance faites à Israël en tant que peuple, sur une terre et à un moment de l'histoire. Elles montrent que le Dieu de l'alliance prend soin de toute la vie — famille, travail, santé — et que le Donateur vaut plus que les dons. Mais ce n'est pas un bouton sur lequel on appuie en obéissant pour recevoir. Paul a laissé Trophime malade à Milet (2 Timothée 4:20), Timothée souffrait de fréquentes indispositions (1 Timothée 5:23), et Élisabeth et Zacharie étaient tous deux justes devant Dieu et ont attendu un enfant pendant des années (Luc 1:6, 7). Les Assemblées de Dieu croient en la guérison divine — la prière de la foi sauvera le malade (Jacques 5:15) —, et croient aussi que Dieu est souverain sur le résultat. Obéir, ce n'est pas payer Dieu ; c'est répondre à Celui qui nous a déjà rachetés.
L'Église a-t-elle pris la place d'Israël ? Les Juifs ont-ils cessé d'être le peuple de Dieu ?+
Le Nouveau Testament applique à l'Église les paroles de Deutéronome 7 — un peuple acquis (1 Pierre 2:9), un peuple qui lui appartient en propre (Tite 2:14) —, mais Paul interdit à l'Église de regarder Israël avec mépris et de se glorifier aux dépens des branches (Romains 11:18). Il demande si Dieu a rejeté son peuple et répond que non, absolument pas (Romains 11:1), et il affirme que les dons et l'appel de Dieu sont irrévocables (Romains 11:29). Le salut, pour les Juifs et les Gentils, est le même, en Christ : il n'y a pas de différence entre le Juif et le Grec, car tous ont un même Seigneur (Romains 10:12). Les Gentils ont été greffés sur l'olivier, et non mis à sa place. L'antisémitisme n'a aucune place dans la foi chrétienne.
Être saint et séparé du monde, est-ce rompre l'amitié avec ceux qui ne sont pas croyants ?+
Non. Jésus a prié : "Je ne te prie pas de les ôter du monde, mais de les préserver du mal." (Jean 17:15), et il a été appelé l'ami des publicains et des pécheurs (Matthieu 11:19) sans jamais se souiller. Dans la Bible, ce qui est saint est ce qui a été mis à part pour Dieu — il a un maître et une destination — avant d'être séparé de quoi que ce soit. Une chose est l'amitié qui vous entraîne délibérément vers ce que vous savez être mal ; une autre, bien différente, est le parent ou le collègue qui ne croit pas et qui a besoin de vous à ses côtés pour voir l'Évangile. Pour le mariage, l'orientation est claire pour ceux qui vont encore se marier (2 Corinthiens 6:14) ; pour ceux qui sont déjà mariés à quelqu'un qui ne croit pas, Paul demande de ne pas quitter le conjoint qui consent à rester (1 Corinthiens 7:12). La séparation n'est pas l'isolement, et encore moins le mépris.
Si j'ai été choisi par Dieu, puis-je me perdre ?+
La Bible prend au sérieux les deux choses : la fidélité de Dieu et la réponse de l'homme. Dieu est le Dieu fidèle, qui garde son alliance et sa miséricorde jusqu'à mille générations envers ceux qui l'aiment et qui gardent ses commandements (Deutéronome 7:9). Et Paul avertit les croyants de considérer la bonté et la sévérité de Dieu : la bonté envers celui qui demeure dans cette bonté, sinon lui aussi sera retranché (Romains 11:22). L'épître aux Hébreux dit la même chose : nous sommes devenus participants de Christ, pourvu que nous retenions fermement jusqu'à la fin le commencement de notre assurance (Hébreux 3:14). L'avertissement s'adresse à celui qui s'enorgueillit et tourne le dos à Dieu, et non à celui qui lutte contre son propre péché avec la crainte d'avoir trop échoué. Celui qui se soucie de ne pas perdre Dieu ne fait pas partie de ceux qui le haïssent (Deutéronome 7:10). Demeurer n'est pas un mérite : c'est continuer à tenir la main qui nous tient.
Article de la leçon
Ceci est l'article de la leçon — la lecture continue de la leçon. Le dossier complet de recherche, avec exégèse, sources et lexique, se trouve dans l'onglet Étude.
Dieu a regardé tous les peuples de la terre et a choisi le plus petit. Puis il a tenu à le leur dire, en toutes lettres, afin que personne ne confonde le choix avec le mérite : "Ce n’est point parce que vous surpassez en nombre tous les peuples, que l’Éternel s’est attaché à vous et qu’il vous a choisis, car vous êtes le moindre de tous les peuples." (Deutéronome 7:7). Il y a des chrétiens qui passent leur vie à essayer de découvrir pourquoi Dieu les a choisis. La réponse est écrite au verset suivant, et elle ne porte pas sur eux : c'est parce que l'Éternel les aimait (Deutéronome 7:8).
Dans la leçon précédente, nous étions dans le Shema : aimer le seul Éternel de tout son cœur et l'enseigner à la maison. En hébreu, Deutéronome 7 s'ouvre par la même phrase qu'en 6:10 — lorsque l'Éternel, ton Dieu, te fera entrer dans le pays — et montre le deuxième danger de la Terre promise. Le chapitre 6 mettait en garde contre la maison pleine qui fait oublier Dieu ; le chapitre 7 met en garde contre les voisins et leurs dieux. Moïse parle dans les plaines de Moab, à quelques semaines de la traversée du Jourdain. Ce n'est pas un cours théorique : c'est une instruction pour un petit peuple qui allait bientôt habiter au milieu de sept nations plus nombreuses et plus puissantes que lui (Deutéronome 7:1). Et le chapitre répond à la question que la leçon précédente avait laissée en suspens : pourquoi ce peuple, et pas un autre ?
La lecture en classe va de 7:6 à 7:13 et de 7:21 à 7:23, mais le chapitre entier compte vingt-six versets, et ceux qui n'y figurent pas pèsent lourd : les ordres sévères du début (7:1-5), la peur devant les nombres (7:17-20) et l'or des idoles à la fin (7:25, 26). Lu en hébreu, Deutéronome 7 est un chapitre sur la taille. Le mot traduit par "les moins nombreux" au verset 7 est le même qui, répété, devient "peu à peu" au verset 22. Le plus petit des peuples reçoit le pays peu à peu, et tout le chapitre enseigne à ne pas mesurer Dieu à l'aune de la taille. La leçon suit les trois points de la revue : l'élection et la sainteté, l'amour et la fidélité qui soutiennent l'alliance, et la séparation d'avec le mal. Et une phrase va nous accompagner jusqu'à la fin : vous n'avez pas été choisi parce que vous étiez grand ; vous avez été choisi pour être à Lui.
I — Élection et sainteté : deux aspects de l'alliance
1) Élection, sainteté et dessein dans l'alliance divine
Le Texte d'or commence par un "car", et ce "car" relie le verset 6 aux ordres sévères des versets 1 à 5. Israël ne pouvait pas se mêler aux cultes de Canaan parce qu'il appartenait déjà à un autre : "Car tu es un peuple saint pour l’Éternel, ton Dieu ; l’Éternel, ton Dieu, t’a choisi, pour que tu fusses un peuple qui lui appartînt entre tous les peuples qui sont sur la face de la terre." (Deutéronome 7:6). La revue affirme que l'alliance avec Israël reposait sur deux éléments, l'élection et la sainteté, et que chaque Israélite devait comprendre son appel comme une séparation. Mais il faut déblayer le terrain, car ces deux mots portent des siècles de malentendus.
Commencez par saint. Dans la Bible, saint ne veut pas dire d'abord "sans péché". Cela veut dire séparé, mis à part pour un maître et pour un usage. Un bassin du temple était saint non parce qu'il était moralement bon, mais parce qu'il avait une finalité — et ne servait à aucune autre. Personne n'emportait le bassin de l'autel pour laver le linge à la maison. Non pas parce que laver le linge était un péché, mais parce que ce bassin avait un maître et une destination. Le Lévitique l'exprime dans le bon sens : "Vous serez saints pour moi, car je suis saint, moi, l’Éternel ; je vous ai séparés des peuples, afin que vous soyez à moi." (Lévitique 20:26). La séparation d'Israël avait un "pour" : pour appartenir à Dieu. La sainteté commence là — non pas dans ce que vous cessez de faire, mais dans celui à qui vous appartenez et ce pour quoi vous existez.
אב Dans l'original — sᵉgullâ, "peuple particulier". Le mot hébreu qui se trouve derrière l'expression traduite par "peuple particulier" ou "peuple propre" (selon les traductions et la formulation de la revue) est סְגֻלָּה (sᵉgullâ). Il apparaît huit fois dans l'Ancien Testament, et l'une de ces occurrences montre son sens courant : lorsque David fait un don pour le temple, il parle de l'or et de l'argent qu'il possédait en propre (1 Chroniques 29:3) — le trésor personnel du roi, distinct du trésor du royaume. C'est ce mot que l'on trouve en Exode 19:5, où Dieu promet qu'ils lui appartiendront en propre entre tous les peuples, car toute la terre est à lui. Le trésor personnel ne reste pas sur la place publique et ne sert pas à n'importe quel usage ; il a de la valeur et il a un propriétaire. La Bible grecque ancienne a traduit le mot de Deutéronome 7:6 par une expression que Paul a reprise, mot pour mot, pour l'Église : Christ est venu afin de se purifier un peuple qui lui appartienne en propre, zélé pour les bonnes œuvres (Tite 2:14).
Et la phrase d'Exode 19 ne s'arrête pas au trésor. Elle continue : "vous serez pour moi un royaume de sacrificateurs et une nation sainte. Voilà les paroles que tu diras aux enfants d’Israël." (Exode 19:6). Dieu n'a jamais mis quelqu'un à part simplement pour le ranger dans un tiroir. Un trésor qui reste enfermé ne remplit pas sa fonction de trésor. L'élection s'est toujours accompagnée d'une tâche.
Maintenant, l'élection. La revue est précise : l'élection d'Israël ne se réfère pas au salut individuel, mais à un appel collectif et fonctionnel, ayant trois finalités. Préserver la révélation — à eux appartiennent l'adoption filiale, la gloire, les alliances, la loi, le culte et les promesses (Romains 9:4). Être une lumière pour les nations — établi comme lumière des nations, pour porter le salut de Dieu jusqu'aux extrémités de la terre (Ésaïe 49:6). Et préparer le chemin du Messie — la promesse selon laquelle toutes les familles de la terre seront bénies en Abraham (Genèse 12:3), promesse que Paul lit comme désignant une seule postérité, qui est Christ (Galates 3:16). Ces trois finalités se sont accomplies. L'Ancien Testament est parvenu jusqu'à nous par les mains de ce peuple, la lumière a été donnée, et le Messie est venu de Juda, comme cela était écrit — même si Israël s'est montré infidèle bien des fois en chemin. Cela en dit plus sur la fidélité de Dieu que sur celle du peuple.
Remarquez la conséquence, qui est le point où l'on se trompe le plus : être élu ne garantissait pas le salut. Le désert est rempli de gens élus qui ne sont pas entrés dans le pays. L'épître aux Hébreux dit de la génération sortie d'Égypte : "Aussi voyons-nous qu’ils ne purent y entrer à cause de leur incrédulité." (Hébreux 3:19). Paul établit la distinction en toutes lettres en affirmant que tous ceux qui descendent d'Israël ne sont pas Israël (Romains 9:6). Il y a l'Israël national, qui est le peuple, et l'Israël qui croit ; appartenir au premier n'a jamais dispensé personne du second. Et cette distinction n'a pas été inventée par le Nouveau Testament. Le Deutéronome lui-même ordonne : "Vous circoncirez donc votre cœur, et vous ne roidirez plus votre cou." (Deutéronome 10:16). Le signe dans la chair ne remplaçait pas le cœur. Aujourd'hui, avoir son nom sur le registre des membres, venir d'une famille croyante et avoir trente ans de banc d'église, ce n'est pas la même chose qu'avoir une alliance avec Dieu.
🕊 Notre lecture — un peuple choisi, et non une liste fermée. En Deutéronome 7, le verbe "a choisi" a Dieu pour sujet et un peuple pour objet. Le texte parle d'une élection collective et vocationnelle : un petit peuple, choisi par amour, pour une mission dans l'histoire. Il ne parle pas d'un décret qui séparerait, de toute éternité, des individus qui seraient sauvés quoi qu'il arrive et d'autres qui n'auraient aucune chance. Beaucoup d'adultes portent en silence cette angoisse — celle qu'il existerait quelque part une liste fermée et que leur nom n'y figurerait peut-être pas. Le texte ne traite pas de cela. Dans le Nouveau Testament, le peuple élu est le peuple qui est en Christ : "En lui Dieu nous a élus avant la fondation du monde, pour que nous soyons saints et irrépréhensibles devant lui," (Éphésiens 1:4). Nous croyons que la grâce de Dieu précède, rejoint le pécheur et le rend capable de répondre, sans le forcer ; celui qui croit entre dans le peuple, et celui qui demeure en Christ demeure en lui (Romains 11:22). La porte est ouverte à quiconque croit en lui (Jean 3:16).
La revue applique tout cela à l'Église, et le Nouveau Testament l'y autorise. Pierre écrit à des chrétiens dispersés en Asie Mineure, minoritaires et sous pression, avec le vocabulaire d'Exode 19 et de Deutéronome 7 : "Vous, au contraire, vous êtes une race élue, un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple acquis, afin que vous annonciez les vertus de celui qui vous a appelés des ténèbres à son admirable lumière," (1 Pierre 2:9). Ce qui a été dit à Israël au bord du Jourdain est dit à une Église qui n'avait rien de particulier aux yeux de l'empire. C'est le même mouvement : Dieu appelle trésor ceux que le monde ne comptait même pas. Et remarquez le but annoncé — afin que vous annonciez les vertus : le peuple particulier est particulier pour servir. Paul demande la même chose en d'autres termes, en rappelant aux croyants qu'ils ne s'appartiennent pas à eux-mêmes, car ils ont été rachetés à un grand prix, et qu'ils doivent donc glorifier Dieu dans leur corps (1 Corinthiens 6:19, 20).
2) La séparation comme exigence de la Loi de Dieu
Le chapitre s'ouvre en nommant les habitants du pays : les Héthiens, les Guirgashiens, les Amoréens, les Cananéens, les Phéréziens, les Héviens et les Jébusiens, sept nations plus nombreuses et plus puissantes qu'Israël (Deutéronome 7:1). Les traductions diffèrent sur ce point quant à la graphie du nom de l'un de ces peuples. Le chiffre sept résonne comme une totalité : tous les peuples du pays. Et, avant tout commandement, le texte dit qui agit — l'Éternel fait entrer, l'Éternel chasse, l'Éternel livre (Deutéronome 7:1, 2). La victoire n'appartiendrait pas à Israël. Ce n'est qu'ensuite que viennent les ordres : les vouer entièrement à l'interdit, ne point traiter d'alliance avec eux, ne point leur faire grâce, et ne point contracter de mariages avec eux en donnant ses filles à leurs fils ou en prenant leurs filles pour ses fils (Deutéronome 7:2, 3). Et l'ordre concernant les objets de culte : "Voici, au contraire, comment vous agirez à leur égard : vous renverserez leurs autels, vous briserez leurs statues, vous abattrez leurs idoles, et vous brûlerez au feu leurs images taillées." (Deutéronome 7:5).
🏛 Archéologie — ce que les voisins adoraient. En 1928, un laboureur a ouvert par hasard une tombe ancienne sur la côte syrienne, et les fouilles qui ont suivi ont mis au jour la cité d'Ougarit, avec des archives de tablettes d'argile des XIVe et XIIIe siècles av. J.-C. Pour la première fois, on a lu, dans les mots mêmes des Cananéens, les mythes de Baal, le dieu de l'orage et de la pluie, et de déesses comme Ashéra et Astarté (l'Ashtaroth de Juges 2:13). Les objets de Deutéronome 7:5 prennent un visage : les "statues" étaient des pierres dressées comme stèles cultuelles ; les "idoles" ou pieux sacrés étaient des poteaux de bois liés à la déesse Ashéra — c'est pourquoi l'ordre est de les abattre. Dans un pays qui dépendait de la pluie, adorer le dieu de la pluie revenait à s'assurer du pain, des troupeaux et des enfants. La tentation de Canaan n'était pas abstraite : les dieux des voisins promettaient exactement les bénédictions que Deutéronome 7:13 énumère.
Le motif de ces ordres est écrit au verset 4, et il est religieux, non ethnique : "car ils détourneraient de moi tes fils, qui serviraient d’autres dieux, et la colère de l’Éternel s’enflammerait contre vous : il te détruirait promptement." (Deutéronome 7:4). Le danger n'était pas l'origine de ces personnes ; c'était leur culte. Et la menace entrait par la porte de la maison, par le mariage, et atteignait la génération suivante. L'histoire a montré que le risque était réel. Des siècles plus tard, Salomon fut le portrait exact de ce que le chapitre avait tenté d'empêcher : à l'époque de la vieillesse de Salomon, ses femmes inclinèrent son cœur vers d'autres dieux (1 Rois 11:4). Les alliances par mariage sont entrées, les autels ont suivi, et le cœur s'est détourné. Deutéronome 7 n'était pas paranoïaque ; il était prophétique.
La preuve qu'il ne s'agissait pas d'une question de sang se trouve dans l'Écriture elle-même. Rahab, Cananéenne de Jéricho, fut épargnée avec sa maison et habita au milieu d'Israël (Josué 6:25) — et son nom figure dans la généalogie de Jésus (Matthieu 1:5). Ruth, la Moabite, déclara à Naomi que son peuple serait son peuple et que son Dieu serait son Dieu (Ruth 1:16), et elle y figure également. En sens inverse, une ville d'Israël qui se livrerait à d'autres dieux devait subir le même jugement que les Cananéens (Deutéronome 13:12-17), et lorsque Acan garda pour lui ce qui était consacré, Israël lui-même tomba sous l'interdit (Josué 7:12). La ligne de démarcation du chapitre ne séparait pas des races. Elle séparait ceux qui servaient l'Éternel de ceux qui servaient les idoles.
Remarquez aussi la première fois qu'Israël a enfreint l'ordre de ne pas conclure d'alliance avec eux. Les Gabaonites sont arrivés avec de vieux sacs, des outres raccommodées et du pain sec, en disant qu'ils venaient de loin. "Les hommes d’Israël prirent de leurs provisions, et ils ne consultèrent point l’Éternel." (Josué 9:14). L'erreur ne fut pas une rébellion ouverte ; ce fut de décider d'après ce que les yeux voyaient, sans consulter Dieu. C'est la même sagesse que l'on retrouve dans la règle que la revue applique à l'Église : "Ne vous mettez pas avec les infidèles sous un joug étranger. Car quel rapport y a-t-il entre la justice et l’iniquité ? ou qu’y a-t-il de commun entre la lumière et les ténèbres ?" (2 Corinthiens 6:14). Pour celui qui n'est pas encore marié, l'orientation est claire. Pour celui qui est déjà marié avec une personne non croyante, Paul ordonne le contraire de la séparation : "Aux autres, ce n’est pas le Seigneur, c’est moi qui dis : Si un frère a une femme non-croyante, et qu’elle consente à habiter avec lui, qu’il ne la répudie point ;" (1 Corinthiens 7:12).
3) Le principe permanent des jugements dans le Deutéronome
Ici, il est indispensable de s'arrêter, car c'est l'une des parties de la Bible les plus utilisées de manière déformée. L'ordre de les vouer entièrement à la destruction (Deutéronome 7:2) traduit le verbe hébreu ḥāram, qui signifie consacrer quelque chose à la destruction, le remettre à Dieu de telle sorte que plus personne ne l'utilise. La revue donne la clé : cet ordre doit être compris à la lumière de la révélation progressive. Dieu s'est révélé par étapes, au fil de l'histoire, et la révélation pleine vient en Christ (Hébreux 1:1, 2). Ce qui se lit en Deutéronome 7 se lit à la lumière de ce qui est venu ensuite — et non l'inverse.
Quatre choses doivent être dites en classe, avec honnêteté. Premièrement : ce fut un jugement après une longue patience. Quatre siècles plus tôt, Dieu avait dit à Abraham qu'il attendrait, parce que l'iniquité des Amoréens n'était pas encore à son comble (Genèse 15:16). Et cette iniquité incluait le pire : ils brûlaient même au feu leurs fils et leurs filles en l'honneur de leurs dieux (Deutéronome 12:31). Deuxièmement : la même règle valait pour Israël. Moïse ôte à Israël tout motif d'orgueil : "Non, ce n’est point à cause de ta justice et de la droiture de ton cœur que tu entres en possession de leur pays ; mais c’est à cause de la méchanceté de ces nations que l’Éternel, ton Dieu, les chasse devant toi, et c’est pour confirmer la parole que l’Éternel a jurée à tes pères, à Abraham, à Isaac et à Jacob." (Deutéronome 9:5). Et le Lévitique avertit Israël lui-même : "Prenez garde que le pays ne vous vomisse, si vous le souillez, comme il aura vomi les nations qui y étaient avant vous." (Lévitique 18:28). Troisièmement : le langage de guerre de ce monde-là était stylisé. De nombreux chercheurs notent que les récits de conquête du Proche-Orient ancien parlaient d'extermination totale de manière conventionnelle ; et le chapitre même qui ordonne de les vouer entièrement à l'interdit interdit, au verset suivant, les mariages avec ces mêmes peuples (7:3) et prévoit une conquête progressive, peu à peu (7:22). La cible centrale était les autels et les rois de ces villes (7:5, 24). Cela aide à lire ce langage ; cela n'efface pas le fait qu'il y a eu de vraies guerres. Quatrièmement, et c'est décisif : ce fut un ordre unique, donné à Israël, à ce moment-là, contre ces peuples-là — et il est clos. Il ne s'applique à aucun peuple, aucune nation ni aucun groupe d'aujourd'hui.
🏛 Archéologie — le même mot sur une pierre de Moab. La pratique du ḥērem n'était pas exclusive à Israël. La stèle de Mésha, pierre de basalte découverte en 1868 dans l'actuelle Jordanie et conservée aujourd'hui au musée du Louvre, a été gravée vers 840 av. J.-C. par le roi de Moab qui apparaît en 2 Rois 3. Sur celle-ci, le roi se vante d'avoir pris la ville de Nebo et d'avoir voué ses habitants à son dieu, en utilisant le même verbe hébreu qu'en Deutéronome 7:2. La différence réside dans le motif : à Moab, la guerre servait à la gloire d'un dieu national ; dans le Deutéronome, le jugement tombe sur l'idolâtrie qui brûlait des enfants — et peut tomber sur Israël lui-même, s'il agit de même.
🕊 Notre lecture — ce que Deutéronome 7:1-5 N'autorise PAS. Ce texte n'autorise ni violence, ni haine, ni intolérance, ni mépris envers quiconque appartient à une autre religion — ni envers le voisin, ni envers le parent, ni envers le collègue de travail, ni envers le temple ou le lieu de culte de qui que ce soit. Il n'autorise aucune "guerre sainte", ni dans la rue ni sur Internet. Celui qui lit Deutéronome 7 comme une permission d'agresser quelqu'un aujourd'hui lit contre la Bible elle-même. Le combat du chrétien est d'une autre nature : "Car les armes avec lesquelles nous combattons ne sont pas charnelles ; mais elles sont puissantes, par la vertu de Dieu, pour renverser des forteresses." (2 Corinthiens 10:4) ; "Car nous n’avons pas à lutter contre la chair et le sang, mais contre les dominations, contre les autorités, contre les princes de ce monde de ténèbres, contre les esprits méchants dans les lieux célestes." (Éphésiens 6:12). Il est également honnête de reconnaître qu'au cours de l'histoire, certains ont utilisé le langage de la conquête de Canaan pour justifier des guerres et la spoliation des terres d'autres peuples. Nommer cet abus protège l'Église de le répéter. Le principe qui demeure est tout autre, et la revue l'exprime bien : Dieu juge le péché, et il appartient à l'Église d'annoncer l'Évangile qui transforme — la puissance de Dieu pour le salut de quiconque croit (Romains 1:16). Il en fut ainsi à Corinthe : "Et c’est là ce que vous étiez, quelques-uns de vous. Mais vous avez été lavés, mais vous avez été sanctifiés, mais vous avez été justifiés au nom du Seigneur Jésus-Christ, et par l’Esprit de notre Dieu." (1 Corinthiens 6:11).
II — L'élection d'Israël : amour, alliance et obéissance
1) L'appel à la sainteté du peuple de Dieu
Le texte répond à la question "pourquoi ce peuple ?" d'une manière déconcertante. Il dit d'abord ce que ce n'était pas : "Ce n’est point parce que vous surpassez en nombre tous les peuples, que l’Éternel s’est attaché à vous et qu’il vous a choisis, car vous êtes le moindre de tous les peuples." (Deutéronome 7:7). Ce n'est qu'ensuite qu'il dit ce que c'était : "Mais, parce que l’Éternel vous aime, parce qu’il a voulu tenir le serment qu’il avait fait à vos pères, l’Éternel vous a fait sortir par sa main puissante, vous a délivrés de la maison de servitude, de la main de Pharaon, roi d’Égypte." (Deutéronome 7:8). L'élection n'était pas la rémunération d'une qualité. C'était une décision d'amour de la part de celui qui a choisi.
La phrase semble circulaire — Dieu les a aimés parce qu'il les a aimés —, et c'est volontaire. L'amour de Dieu n'a pas de cause en dehors de lui-même. Il n'a pas trouvé en Israël quelque chose d'aimable qui l'aurait poussé à le choisir ; il l'a choisi pour faire de lui son peuple. La revue rappelle que l'élection d'Israël ne reposait pas sur des mérites humains, et que depuis Abraham jusqu'à l'exode tout procède de la grâce. Deux chapitres plus loin, Moïse ferme aussi la porte à la vanité morale : "Sache donc que ce n’est point à cause de ta justice que l’Éternel, ton Dieu, te donne ce bon pays pour que tu le possèdes ; car tu es un peuple au cou roide." (Deutéronome 9:6). Ni par la taille, ni par la vertu. Et Jean place le même ordre au centre de l'Évangile : "Et cet amour consiste, non point en ce que nous avons aimé Dieu, mais en ce qu’il nous a aimés et a envoyé son Fils comme victime expiatoire pour nos péchés." (1 Jean 4:10).
אב Dans l'original — mᵉʿaṭ, "le peu". L'expression traduite par "les moins nombreux" rend une tournure hébraïque qui dit littéralement "vous êtes le peu", "le plus petit". Le mot est מְעַט (mᵉʿaṭ), et il raconte l'histoire du peuple à l'intérieur même du Deutéronome : les pères sont descendus en Égypte en petit nombre (Deutéronome 26:5) ; "Tes pères descendirent en Égypte au nombre de soixante-dix personnes ; et maintenant l’Éternel, ton Dieu, a fait de toi une multitude pareille aux étoiles des cieux." (Deutéronome 10:22) ; malgré cela, face aux nations de Canaan, ils étaient "les moins nombreux" (7:7). Et, répété, le même mot devient le "peu à peu" de 7:22. La croissance fut l'œuvre de Dieu, jamais la cause du choix. Quant au verbe traduit par "s'est attaché", ḥāšaq, c'est un mot d'affection forte, qui désigne celui qui s'attache profondément à quelqu'un. Le psaume le reprend dans la bouche de Dieu au sujet du fidèle : "Puisqu’il m’aime, je le délivrerai ; Je le protégerai, puisqu’il connaît mon nom." (Psaume 91:14). Dieu s'est attaché à son peuple en premier ; le fidèle apprend à s'attacher à Dieu.
Paul décrit l'Église de Corinthe avec la même logique que Deutéronome 7:7 : "Considérez, frères, que parmi vous qui avez été appelés il n’y a ni beaucoup de sages selon la chair, ni beaucoup de puissants, ni beaucoup de nobles. Mais Dieu a choisi les choses folles du monde pour confondre les sages ; Dieu a choisi les choses faibles du monde pour confondre les fortes ;" (1 Corinthiens 1:26-27). Et il en donne le motif : "afin que nulle chair ne se glorifie devant Dieu." (1 Corinthiens 1:29). Jésus a appelé les siens un petit troupeau : "Ne crains point, petit troupeau ; car votre Père a trouvé bon de vous donner le royaume." (Luc 12:32). Et ici vaut un avertissement pour l'Église brésilienne, qui a beaucoup grandi au cours des dernières décennies et n'est plus le plus petit des peuples : la croissance est un don de Dieu, non une preuve de mérite, et elle n'autorise personne à mesurer la vérité au nombre de chaises. Être peu nombreux n'a jamais empêché le peuple de Dieu d'être lumière ; être très nombreux lui a déjà fait oublier qui l'avait fait grandir.
Le verset 8 ajoute deux éléments à l'amour. Le premier est l'histoire : garder le serment qu'il avait fait à leurs pères. L'amour de Dieu pour Israël prenait racine dans une promesse jurée à Abraham, à Isaac et à Jacob, et Dieu ne revient pas sur ce qu'il jure. Le second est un prix : il les a rachetés de la maison de servitude. Le verbe hébreu pour "racheter" parle de libérer moyennant un paiement, et la Bible grecque ancienne l'a traduit par le verbe d'où vient le mot "rançon" — le même verbe qu'en Tite 2:14, où Christ s'est donné lui-même pour nous afin de nous racheter de toute iniquité. Israël a été racheté de la maison de servitude ; l'Église, de toute iniquité ; et le prix, dans Tite, est Christ lui-même. C'est pourquoi la revue conclut que, devant cet amour, la réponse est la crainte, la gratitude et l'obéissance. Une question demeure pour chacun : vous voyez-vous comme la propriété de Dieu ou comme le client de Dieu ? Ces deux relations mènent à des décisions complètement différentes. Le client négocie et réclame ; celui qui a été racheté par amour appartient.
2) Le Dieu fidèle et juste : fondement de l'alliance
Le verset 9 est le cœur doctrinal de la leçon : "Sache donc que c’est l’Éternel, ton Dieu, qui est Dieu. Ce Dieu fidèle garde son alliance et sa miséricorde jusqu’à la millième génération envers ceux qui l’aiment et qui observent ses commandements." (Deutéronome 7:9). Le "donc" relie ce qu'Israël doit savoir de Dieu à ce que Dieu a déjà fait en Égypte. Connaître Dieu, dans le Deutéronome, naît de l'histoire qu'Il a écrite avec son peuple. Et le verset le présente avec deux attributs que la revue met en avant.
אב Dans l'original — neʾĕmān et ḥesed. "Le Dieu fidèle" se dit, en hébreu, הָאֵל הַנֶּאֱמָן (hāʾēl hanneʾĕmān). Le mot neʾĕmān vient de la même racine qu'"amen" : ferme, constant, digne de confiance, ce qui ne vacille pas. Lorsque l'Église dit "amen" à la fin de la prière, elle ne dit pas "c'est fini" ; elle fait une déclaration sur le caractère de Dieu — "il est ferme". L'autre mot est ḥesed, traduit par "miséricorde" ou "bonté". Ce n'est pas de la pitié ni de la commisération : c'est un amour loyal, un amour d'alliance, un amour qui accomplit ce qu'il a promis parce qu'il l'a promis. C'est le mot que l'Ancien Testament utilise le plus souvent pour décrire la manière dont Dieu traite son peuple. Le Nouveau Testament appelle Dieu ainsi : "Dieu est fidèle, lui qui vous a appelés à la communion de son Fils, Jésus-Christ notre Seigneur." (1 Corinthiens 1:9).
Remarquez la mesure que donne le verset : jusqu'à mille générations. Mille générations, à raison de vingt-cinq ans chacune, dépasseraient vingt mille ans — plus que toute l'histoire humaine enregistrée. Ce chiffre n'est pas de la comptabilité ; c'est la manière hébraïque de dire que la miséricorde ne s'épuise pas. Et le texte construit à dessein un contraste. Dans les Dix Commandements, la punition de l'iniquité va jusqu'à la troisième et à la quatrième génération de ceux qui le haïssent (Deutéronome 5:9), mais la miséricorde va jusqu'à mille générations envers ceux qui l'aiment et qui gardent ses commandements (Deutéronome 5:10). Le compte n'est pas symétrique. La balance de Dieu penche du côté de la miséricorde, et elle penche énormément.
Le verset 10 présente l'autre versant, et la leçon ne le laisse pas de côté : "Mais il use directement de représailles envers ceux qui le haïssent, et il les fait périr ; il ne diffère point envers celui qui le hait, il use directement de représailles." (Deutéronome 7:10). "En face" signifie personnellement, sans intermédiaire. La justice de Dieu n'est pas anonyme. Paul résume le principe : "qui rendra à chacun selon ses œuvres ;" (Romains 2:6). Dieu est fidèle dans la miséricorde et juste dans le jugement, et ces deux réalités relèvent du même caractère. Il n'existe pas de miséricorde qui annule la justice, ni de justice qui annule la miséricorde.
Mais lisez attentivement le verset 10, car il ne parle pas de celui qui a failli ni de celui qui doute. Il parle de celui qui hait Dieu — une posture de rejet délibéré et persistant. Celui qui lit ces lignes en s'inquiétant d'avoir trop failli n'est pas décrit dans ce verset ; celui qui s'inquiète de faillir ne hait pas. Et la revue rappelle la fin du passage : "Ainsi, observe les commandements, les lois et les ordonnances que je te prescris aujourd’hui, et mets-les en pratique." (Deutéronome 7:11). La fidélité de Dieu n'est pas une excuse pour notre négligence ; elle est le sol ferme sur lequel marche l'obéissance. Paul affirme les deux choses ensemble : "si nous sommes infidèles, il demeure fidèle, car il ne peut se renier lui-même." (2 Timothée 2:13).
🏛 Curiosité — les prières de ceux qui sont tombés. Des siècles après Moïse, Israël était en exil, loin du pays, précisément pour ne pas avoir gardé l'alliance. Et deux hommes ont ouvert leurs prières de confession avec les paroles de Deutéronome 7. Néhémie, en apprenant que Jérusalem était en ruines : "et je dis : Ô Éternel, Dieu des cieux, Dieu grand et redoutable, toi qui gardes ton alliance et qui fais miséricorde à ceux qui t’aiment et qui observent tes commandements !" (Néhémie 1:5). Daniel, à la fin des soixante-dix ans de captivité : "Je priai l’Éternel, mon Dieu, et je lui fis cette confession : Seigneur, Dieu grand et redoutable, toi qui gardes ton alliance et qui fais miséricorde à ceux qui t’aiment et qui observent tes commandements !" (Daniel 9:4). Les deux prières unissent Deutéronome 7:9 (celui qui garde l'alliance et la miséricorde) et Deutéronome 7:21 (le Dieu grand et redoutable). Le chapitre qu'Israël n'avait pas gardé en entrant dans le pays fut le chapitre qu'Israël pria en en sortant. Celui qui a failli dans l'alliance peut revenir à Dieu avec la phrase même qui décrit Sa fidélité.
3) Obéissance et confiance : le chemin des bénédictions
Les versets 12 à 15 apportent des promesses concrètes : "Il t’aimera, il te bénira et te multipliera ; il bénira le fruit de tes entrailles et le fruit de ton sol, ton blé, ton moût et ton huile, les portées de ton gros et de ton menu bétail, dans le pays qu’il a juré à tes pères de te donner." (Deutéronome 7:13). Le verset 14 promet qu'il n'y aura personne de stérile au milieu du peuple ; le verset 15, que l'Éternel éloignera de lui toute maladie (Deutéronome 7:15). La revue intitule ce sous-point "le chemin de la prospérité en Dieu", et précise que la promesse englobait tant le soin spirituel que matériel — santé, fécondité et provision. C'est vrai. Et c'est exactement pour cela qu'il faut ici une précision chirurgicale : c'est le texte le plus facile à tordre de toute la leçon.
Commencez par le premier mot du verset 12 : "Si vous écoutez ces ordonnances, si vous les observez et les mettez en pratique, l’Éternel, ton Dieu, gardera envers toi l’alliance et la miséricorde qu’il a jurées à tes pères." (Deutéronome 7:12). Ces promesses sont des promesses d'alliance, non un catalogue de résultats. Elles s'inscrivent dans un pacte entre Dieu et un peuple, avec une terre précise, à un moment précis de l'histoire. Il n'y a pas là de bouton "obéir pour recevoir". Il y a un Dieu qui bénit celui qui marche avec Lui — et qui continue d'être Dieu lorsque la récolte ne vient pas.
אב Dans l'original — ʿéqev, "au talon". Le mot traduit par "si" ou "parce que" en Deutéronome 7:12 est עֵקֶב (ʿéqev), qui tire son origine d'une partie du corps : le talon, la partie du pied qui arrive en dernier. D'où le sens de "ce qui vient derrière", "en conséquence de". Littéralement, Moïse a dit : au talon du fait que vous écouterez ces ordonnances, l'Éternel gardera l'alliance. La bénédiction marche derrière l'obéissance, comme le talon marche derrière le pas. Et la première fois que ce mot apparaît dans la Bible, c'est sur le mont Morija, lorsque Dieu jure à Abraham : "Toutes les nations de la terre seront bénies en ta postérité, parce que tu as obéi à ma voix." (Genèse 22:18) — ce "parce que" est le même ʿéqev. Les deux verbes de ce serment, bénir et multiplier, sont les deux verbes de Deutéronome 7:13. Lorsque Moïse promet les bénédictions de l'obéissance, il répète ce que Dieu a juré à Morija. La bénédiction d'Israël marchait sur un sol qu'un autre avait déjà foulé.
🏛 Curiosité — les dieux cachés dans l'enclos. Les deux dernières bénédictions de Deutéronome 7:13, concernant les portées des vaches et l'accroissement du menu bétail, cachent une histoire. En hébreu, le mot employé pour les portées du menu bétail a la même consonance qu'Ashtaroth, la déesse cananéenne de la fertilité, et le mot pour la portée du gros bétail apparaît dans des textes anciens de la région comme le nom d'une divinité du bétail. De nombreux chercheurs estiment qu'il s'agissait de vestiges d'un langage religieux devenus des noms communs. Quoi qu'il en soit, le message est clair : ce que les voisins demandaient aux dieux des champs, l'Éternel promet de le donner. Les petits de l'enclos n'appartiennent pas à Ashtaroth ; ils appartiennent à Celui qui les a créés. Osée a dénoncé des siècles plus tard l'erreur inverse : "Elle n’a pas reconnu que c’était moi qui lui donnais le blé, le moût et l’huile ; et l’on a consacré au service de Baal l’argent et l’or que je lui prodiguais." (Osée 2:8).
Maintenant, voici le détail qui ferme la porte à toute formule magique. Le verset 15 parle d'éloigner les maladies. La revue met en parallèle Exode 15:26, où Dieu se présente par un nom avant de promettre la santé : car il est l'Éternel qui te guérit. Et les Assemblées de Dieu le croient : Dieu guérit aujourd'hui. "Quelqu’un parmi vous est-il malade ? Qu’il appelle les anciens de l’Église, et que les anciens prient pour lui, en l’oignant d’huile au nom du Seigneur ; la prière de la foi sauvera le malade, et le Seigneur le relèvera ; et s’il a commis des péchés, il lui sera pardonné." (Jacques 5:14-15). Mais, malgré cela, Paul a écrit qu'il avait laissé Trophime malade à Milet (2 Timothée 4:20), et il a recommandé à Timothée de prendre soin de ses fréquentes indispositions (1 Timothée 5:23). Si c'était une formule automatique, les serviteurs les plus fidèles du Nouveau Testament en seraient les premiers contre-exemples. Dieu guérit, et Trophime est resté malade : la formule promet le résultat ; la foi se confie en la Personne.
❤ Pour votre vie — si l'enfant n'est pas venu, si la guérison n'est pas venue. La promesse qu'il n'y aurait chez eux ni homme ni femme stérile (Deutéronome 7:14) était une promesse collective, adressée au peuple, dans le pays. La Bible elle-même est remplie de femmes justes qui ont attendu des enfants pendant des années — Sara, Rébecca, Rachel, Anne. Au sujet de Zacharie et d'Élisabeth, Luc affirme qu'ils étaient tous deux justes devant Dieu, observant d'une manière irréprochable tous les commandements et toutes les ordonnances du Seigneur (Luc 1:6), et pourtant ils n'avaient pas d'enfants. Aucun couple qui n'a pas pu avoir d'enfants, et aucun frère ou sœur qui attend une guérison, ne doit sortir de cette leçon en pensant qu'il est en dehors de la bénédiction ou qu'il a trop peu obéi. L'alliance promet la présence et le soin de Dieu sur un peuple qui marche avec Lui. Elle n'a jamais promis une vie sans perte.
Remarquez aussi ce que le texte ne promet pas : il ne promet pas l'absence de combat. Un peu plus loin, au verset 21, Dieu ordonne au peuple de ne pas s'effrayer, parce qu'Il est au milieu de lui. Celui qui n'a pas de combat n'a pas besoin d'entendre "ne crains point". C'est pourquoi la lecture quotidienne de cette leçon met en parallèle cet appel : "Cherchez premièrement le royaume et la justice de Dieu ; et toutes ces choses vous seront données par-dessus." (Matthieu 6:33). "Ces choses", dans le contexte, ce sont la nourriture et le vêtement — le nécessaire dont le Père sait que nous avons besoin —, et non le luxe. C'est l'ordre de priorité qui importe : le Royaume d'abord, le Donateur au-dessus des dons. Le thème des bénédictions et des malédictions de l'alliance reviendra dans la prochaine leçon. Ici, le principe suffit : l'obéissance n'est pas un prix que l'on paie à Dieu pour recevoir ; c'est la réponse de celui qui a déjà été racheté. Celui qui obéit pour acheter traite Dieu comme un client traite un fournisseur.
III — Sainteté et séparation : vivre dans l'obéissance
1) Fortifier la confiance par l'obéissance
Le Deutéronome écoute ce que le peuple se dit intérieurement : "Peut-être diras-tu dans ton cœur : Ces nations sont plus nombreuses que moi ; comment pourrai-je les chasser ?" (Deutéronome 7:17). C'est la peur qui fait ses calculs. La revue rappelle que la génération précédente, face aux mêmes géants, avait compté les ennemis et oublié l'Égypte, et n'était pas entrée dans le pays à cause de son incrédulité et de sa désobéissance (Deutéronome 1:32). Le souvenir de Kadès-Barnéa ne devait pas engendrer la peur, mais servir d'avertissement. La nouvelle génération devait agir différemment : croire et obéir.
Et Dieu donne l'argument : "Ne les crains point. Rappelle à ton souvenir ce que l’Éternel, ton Dieu, a fait à Pharaon et à toute l’Égypte, les grandes épreuves que tes yeux ont vues, les miracles et les prodiges, la main forte et le bras étendu, quand l’Éternel, ton Dieu, t’a fait sortir : ainsi fera l’Éternel, ton Dieu, à tous les peuples que tu redoutes ." (Deutéronome 7:18-19). En hébreu, le verbe "se souvenir" est redoublé — "en te souvenant, tu te souviendras". La mémoire de ce que Dieu a déjà fait est le carburant pour ce qui reste à accomplir. Il ne demande pas une foi dans le noir ; il demande une foi qui a une histoire. C'est là que beaucoup échouent — non par manque de foi, mais par manque de mémoire. Celui qui ne note pas ce que Dieu a fait recommence chaque combat à zéro.
Le verset 20 promet les frelons, et Josué, à la fin de sa vie, a regardé en arrière et confirmé l'essentiel : "et j’envoyai devant vous les frelons, qui les chassèrent loin de votre face, comme les deux rois des Amoréens : ce ne fut ni par ton épée, ni par ton arc." (Josué 24:12). S'agissait-il de vrais insectes ou d'une image de la panique que Dieu jetait sur les ennemis ? Les chercheurs en discutent ; ce que le texte garantit, c'est que la victoire n'est pas venue de l'épée d'Israël. Puis vient le verset 21, inclus dans la lecture en classe : "Ne sois point effrayé à cause d’eux ; car l’Éternel, ton Dieu, est au milieu de toi, le Dieu grand et terrible." (Deutéronome 7:21). Remarquez-le : le motif pour ne pas craindre n'est pas la taille de l'armée d'Israël. C'est la présence de Dieu au milieu de lui. En hébreu, trois mots issus de la même racine que "craindre" traversent ces versets — ne pas les craindre (7:18), les peuples que l'on craint (7:19) et le Dieu grand et redoutable (7:21). Moïse retire la crainte qu'inspiraient les nations et la rend à Celui qui en est digne.
La lecture quotidienne de samedi met en parallèle la version du Nouveau Testament : "Mais dans toutes ces choses nous sommes plus que vainqueurs par celui qui nous a aimés." (Romains 8:37). Être plus que vainqueurs, ce n'est pas gagner de justesse à la dernière minute ; c'est vaincre avec une marge qui n'est pas la nôtre. Et remarquez le motif, par celui qui nous a aimés — la même raison qu'en Deutéronome 7:8. Du début à la fin, le motif est Son amour, jamais notre taille. Et le verbe est au passé : nous sommes vainqueurs à cause de quelque chose qu'Il a déjà accompli.
Vient alors un verset trop pastoral pour être survolé : "L’Éternel, ton Dieu, chassera peu à peu ces nations loin de ta face ; tu ne pourras pas les exterminer promptement, de peur que les bêtes des champs ne se multiplient contre toi." (Deutéronome 7:22). L'Exode l'avait déjà expliqué : "Je ne les chasserai pas en une seule année loin de ta face, de peur que le pays ne devienne un désert et que les bêtes des champs ne se multiplient contre toi. Je les chasserai peu à peu loin de ta face, jusqu’à ce que tu augmentes en nombre et que tu puisses prendre possession du pays." (Exode 23:29-30). Si tous partaient d'un seul coup, le pays resterait vide et les bêtes sauvages prendraient le dessus avant qu'Israël ne parvienne à l'occuper. Dieu n'a pas promis un miracle instantané ; il a promis un processus que le peuple pourrait soutenir. La lenteur était une protection. Dieu ne tardait pas par manque de puissance ; il donnait au peuple le temps d'occuper ce qu'il recevait au fur et à mesure.
❤ Pour votre vie — peu à peu, mais sans s'arrêter. Cela parle à celui qui lutte depuis vingt ans contre la même chose. Peut-être la victoire vient-elle au rythme où vous pouvez occuper le terrain, et non au rythme que vous voudriez. Paul en donne la garantie : "Je suis persuadé que celui qui a commencé en vous cette bonne œuvre la rendra parfaite pour le jour de Jésus-Christ." (Philippiens 1:6). Mais il y a un avertissement caché au verset 22 : un territoire conquis et non occupé est un territoire qui finit par être repris. Celui qui a été délivré de quelque chose et n'a rien mis à la place l'apprend généralement à ses dépens. Et le "peu à peu" n'a jamais été une permission de faire la paix avec ce qui restait : les nations qu'Israël a laissées par complaisance sont devenues, selon les paroles de Josué, un piège et un filet, un fouet sur leurs côtés et des épines dans leurs yeux (Josué 23:13). La patience de Dieu n'est pas notre paresse.
2) Aucun compromis avec le mal
La victoire était certaine, mais Israël ne pouvait pas conclure d'accord avec ce qui restait derrière lui : il ne devait pas servir leurs dieux, car cela serait pour lui un piège (Deutéronome 7:16). Le "piège" est le filet du chasseur, qui reste caché au sol et ne se referme que lorsque le pied y est déjà engagé. Le psaume atteste que l'avertissement s'est accompli : "Ils servirent leurs idoles, Qui furent pour eux un piège ;" (Psaume 106:36).
Le chapitre se referme sur le détail le plus révélateur : "Vous brûlerez au feu les images taillées de leurs dieux. Tu ne convoiteras point et tu ne prendras point pour toi l’argent et l’or qui sont sur elles, de peur que ces choses ne te deviennent un piège ; car elles sont en abomination à l’Éternel, ton Dieu. Tu n’introduiras point une chose abominable dans ta maison, afin que tu ne sois pas, comme cette chose, dévoué par interdit ; tu l’auras en horreur, tu l’auras en abomination, car c’est une chose dévouée par interdit." (Deutéronome 7:25-26). Remarquez la tentation. Aucun Israélite fidèle n'aurait emporté Baal chez lui pour l'adorer. Le risque était ailleurs : brûler l'image et garder le revêtement — "ce n'est que de l'or". La tentation est rarement d'adorer l'idole ; elle est de garder son or. Acan a fait exactement cela à Jéricho, et il l'a confessé avec les mots mêmes du verset, reconnaissant qu'il les avait convoités et pris, et qu'ils étaient cachés dans la terre au milieu de sa tente (Josué 7:21). Paul nomme l'or de l'idole d'aujourd'hui en parlant de la cupidité, qui est une idolâtrie (Colossiens 3:5) — le gain qui provient de ce que le croyant lui-même condamne, le profit d'une affaire que l'on ne ferait pas au grand jour. La prudence consiste à ne pas transformer cela en soupçon envers celui qui prospère honnêtement ; le péché, c'est la convoitise.
La revue propose un encadré portant le titre tiré du verset 26, "L'abomination dans ta maison", et l'applique à ce qui entre dans le foyer par l'intermédiaire de personnes ou de divertissements. C'est la partie qui fait mal. Le divertissement est la chose la plus facile à reconnaître et la plus difficile à abandonner, parce qu'il entre par abonnement mensuel et que personne ne remarque le moment où il est devenu un régime quotidien. Et le mot "abomination" est fort à dessein : il ne décrit pas ce qui est peu recommandable ; il décrit ce qui est incompatible avec la présence de Dieu dans cette maison. Personne n'a besoin d'une liste établie par l'Église pour savoir ce qui s'interpose entre lui et Dieu dans son propre salon. Paul met en garde quant à la bonté et à la sévérité de Dieu (Romains 11:22), et Jean termine sa lettre par une seule phrase : "C’est lui qui est le Dieu véritable, et la vie éternelle. Petits enfants, gardez-vous des idoles." (1 Jean 5:21).
Concernant les personnes, toutefois, il faut beaucoup de prudence, et la leçon n'autorise pas à rejeter les gens. Une chose est l'amitié qui vous entraîne délibérément vers ce que vous savez déjà être mauvais. Autre chose, tout à fait différente, est le parent non converti qui a besoin de vous avoir près de lui pour voir l'Évangile de tout près. Jésus a été appelé l'ami des publicains et des pécheurs (Matthieu 11:19), et l'accusation était vraie : Il ne s'est pas isolé, et Il ne s'est pas souillé. Ce sont deux choses différentes. Le critère pratique est la direction de l'influence : si vous allez chez telle personne et que vous en revenez différent de ce que vous étiez, le problème n'est peut-être pas la personne — c'est que vous n'étiez pas encore assezaffermi pour y aller. Jésus a prié pour les siens : "Je ne te prie pas de les ôter du monde, mais de les préserver du mal." (Jean 17:15).
3) Une séparation totale pour une vie sainte
La revue conclut que toute alliance avec ces nations mènerait Israël à la ruine spirituelle, et que la négligence ouvrirait la porte à l'idolâtrie jusque dans les foyers. De la même manière, le chrétien est appelé à vivre dans la vigilance : "Ne vous conformez pas au siècle présent, mais soyez transformés par le renouvellement de l’intelligence, afin que vous discerniez quelle est la volonté de Dieu, ce qui est bon, agréable et parfait." (Romains 12:2). Celui qui a été appelé à la sainteté se sépare du péché pour vivre consacré : "Si donc quelqu’un se conserve pur, en s’abstenant de ces choses, il sera un vase d’honneur, sanctifié, utile à son maître, propre à toute bonne œuvre." (2 Timothée 2:21). Et l'épître aux Hébreux ne présente pas la sainteté comme une option : "Recherchez la paix avec tous, et la sanctification, sans laquelle personne ne verra le Seigneur." (Hébreux 12:14).
Mais l'ordre des mots importe beaucoup dans la pratique. La séparation biblique consiste à être séparé pour, avant d'être séparé de. Ce n'est pas sortir du monde ; c'est ne pas laisser le monde entrer en vous. Celui qui commence par la séparation "de" devient généralement un chrétien de listes, qui mesure la spiritualité à ce qu'il ne fait pas. Celui qui commence par la séparation "pour" découvre que beaucoup de choses tombent d'elles-mêmes, parce qu'elles ont perdu leur sens. Le bassin du temple n'avait pas besoin d'une liste d'usages interdits ; il lui suffisait de savoir à qui il appartenait.
Et la sainteté regarde aussi ce qui sort de l'intérieur. Le même encadré de la revue invite à lire Proverbes 6, et là l'abomination n'entre pas par la porte ; elle sort du cœur : "Il y a six choses que hait l’Éternel, Et même sept qu’il a en horreur ; Les yeux hautains, la langue menteuse, Les mains qui répandent le sang innocent, Le cœur qui médite des projets iniques, Les pieds qui se hâtent de courir au mal, Le faux témoin qui dit des mensonges, Et celui qui excite des querelles entre frères." (Proverbes 6:16-19). Jésus a dit la même chose : "Ce n’est pas ce qui entre dans la bouche qui souille l’homme ; mais ce qui sort de la bouche, c’est ce qui souille l’homme." (Matthieu 15:11). Une maison peut être propre de ce qui entre par la porte et pleine de ce qui sort par la bouche — l'orgueil dans le regard, le mensonge dans la conversation, la discorde entre frères. Les deux aspects appartiennent à la même sainteté.
Et pour celui qui est tombé, le chapitre d'Acan a une fin qui vaut la peine d'être connue. La vallée où il fut jugé s'appelait Acor, "trouble". Des siècles plus tard, Dieu a promis par le prophète : "Là, je lui donnerai ses vignes et la vallée d’Acor, comme une porte d’espérance, et là, elle chantera comme au temps de sa jeunesse, et comme au jour où elle remonta du pays d’Égypte." (Osée 2:15). Le lieu de la plus grande chute est devenu une porte d'espérance. La séparation que Dieu demande n'est jamais la fin de l'histoire de celui qui a failli ; c'est le commencement du retour.
Christ dans la leçon
Deutéronome 7 laisse une question inconfortable en suspens : et ceux du dehors ? Le petit peuple a été choisi par amour — mais qu'en est-il des Cananéens, envers qui Israël ne devait montrer aucune pitié ? Le Nouveau Testament répond par une scène, une lettre et une croix.
Premièrement : la Cananéenne qui a demandé grâce. Deutéronome 7:2 ordonne de ne point leur faire grâce. Bien des siècles plus tard, Jésus se retira dans le territoire de Tyr et de Sidon (Matthieu 15:21) — la terre du premier-né de Canaan (Genèse 10:15) —, et Matthieu raconte : "Et voici, une femme cananéenne, qui venait de ces contrées, lui cria : Aie pitié de moi, Seigneur, Fils de David ! Ma fille est cruellement tourmentée par le démon." (Matthieu 15:22). Seul Matthieu l'appelle "Cananéenne" ; Marc précise qu'elle était Syrophénicienne d'origine (Marc 7:26). Et le verbe de sa supplication, dans la langue de l'Évangile, est le même verbe que la Bible grecque ancienne avait utilisé en Deutéronome 7:2 pour "faire grâce" ou "avoir pitié". La descendante des peuples auxquels Israël ne devait montrer aucune pitié demande pitié au Fils de David. Le motif de Deutéronome 7 était l'idolâtrie qui détournerait les enfants (7:4) ; cette femme arrive en adorant : "Mais elle vint se prosterner devant lui, disant : Seigneur, secours-moi !" (Matthieu 15:25). Jésus respecte l'ordre de l'histoire du salut — rappelant qu'il n'a été envoyé qu'aux brebis perdues de la maison d'Israël (Matthieu 15:24) —, elle accepte sa place et demande les miettes, et la réponse change tout : "Alors Jésus lui dit : Femme, ta foi est grande ; qu’il te soit fait comme tu veux. Et, à l’heure même, sa fille fut guérie." (Matthieu 15:28). Le jugement de Deutéronome 7 est tombé sur l'idolâtrie. La miséricorde de Christ a rejoint la Cananéenne qui s'est tournée vers Lui.
Deuxièmement : le peuple particulier qui n'avait pas obtenu miséricorde. Pierre écrit à l'Église avec les mots de notre chapitre et termine par le mot que le Deutéronome avait refusé aux Cananéens : "vous qui autrefois n’étiez pas un peuple, et qui maintenant êtes le peuple de Dieu, vous qui n’aviez pas obtenu miséricorde, et qui maintenant avez obtenu miséricorde." (1 Pierre 2:10). Ceux qui n'avaient pas obtenu miséricorde sont maintenant le trésor du Roi. Et Tite en indique le prix, réunissant en une seule phrase le rachat de Deutéronome 7:8 et le peuple particulier de Deutéronome 7:6 : "qui s’est donné lui-même pour nous, afin de nous racheter de toute iniquité, et de se faire un peuple qui lui appartienne, purifié par lui et zélé pour les bonnes œuvres." (Tite 2:14). Le plus petit des peuples et ceux du dehors sont devenus un seul peuple — non par la taille, non par le mérite, mais par le même amour sans cause de Deutéronome 7:8.
Troisièmement : la bénédiction au talon d'un Autre. La bénédiction de l'alliance marche au talon de l'obéissance (Deutéronome 7:12) — et aucune génération d'Israël n'a obéi comme elle le devait, ni la nôtre. Mais la première fois que la Bible parle de talon, elle parle d'une blessure et d'une victoire : "Je mettrai inimitié entre toi et la femme, entre ta postérité et sa postérité : celle-ci t’écrasera la tête, et tu lui blesseras le talon." (Genèse 3:15). Et la seule fois où ce mot apparaît dans le Nouveau Testament, c'est lors de la dernière Cène, lorsque Jésus cite le psaume sur l'ami qui trahit : "Ce n’est pas de vous tous que je parle ; je connais ceux que j’ai choisis. Mais il faut que l’Écriture s’accomplisse : Celui qui mange avec moi le pain a levé son talon contre moi." (Jean 13:18). Ce qu'Israël n'a pas réussi à garder, un Homme l'a gardé : "Car, comme par la désobéissance d’un seul homme beaucoup ont été rendus pécheurs, de même par l’obéissance d’un seul beaucoup seront rendus justes." (Romains 5:19). Il s'est rendu obéissant jusqu'à la mort, même jusqu'à la mort de la croix (Philippiens 2:8), il est mort à notre place et il est ressuscité le troisième jour. Nous sommes bénis dans le talon blessé du Fils. C'est pourquoi notre obéissance n'achète pas la bénédiction — elle marche derrière Lui, là où Il est déjà passé.
Le même Dieu qui a racheté ce peuple de la maison de servitude à main forte a livré son propre Fils : "Lui, qui n’a point épargné son propre Fils, mais qui l’a livré pour nous tous, comment ne nous donnera-t-il pas aussi toutes choses avec lui ?" (Romains 8:32). C'est par Lui que nous sommes une race élue, un sacerdoce royal et une nation sainte. Vous n'avez pas été choisi parce que vous étiez grand ; vous avez été choisi pour être à Lui.
Application pratique
1. Souvenez-vous de qui vous êtes avant de décider quoi faire. Est saint celui qui a un maître et une destination (Deutéronome 7:6 ; Lévitique 20:26). Avant de demander "est-ce permis ?", demandez "est-ce que cela s'accorde avec Celui qui m'a racheté et avec ce pour quoi Il m'a mis à part ?". Le bassin du temple n'avait pas besoin d'une liste ; il avait besoin de savoir à qui il appartenait. Pour réfléchir : avez-vous vécu comme la propriété de Dieu ou comme le client de Dieu ?
2. Sortez l'or de l'idole de votre maison. La tentation est rarement d'adorer l'idole ; elle est de garder son or (Deutéronome 7:25, 26 ; Colossiens 3:5). Un objet, un abonnement, une application, une habitude, un gain qui provient de ce que vous condamnez vous-même. Vous savez déjà de quoi il s'agit. Et ne laissez pas la place vide : un territoire conquis et non occupé finit par être repris. Pour réfléchir : qu'y a-t-il à l'intérieur de votre maison qui affaiblit votre communion avec Dieu — et que vous n'avez pas encore enlevé ?
3. Séparez-vous du mal sans rejeter les personnes. La séparation n'est ni l'isolement ni le mépris (Jean 17:15 ; Matthieu 11:19). Éloignez-vous de l'influence qui vous tire vers l'erreur ; approchez-vous, avec fermeté, du parent et du collègue qui ont besoin de voir l'Évangile de près. Et souvenez-vous que l'abomination sort aussi de la bouche (Proverbes 6:16-19). Pour réfléchir : dans vos relations, qui influence qui ?
4. Notez ce que Dieu a déjà fait. Souvenez-vous sans cesse de ce que l'Éternel a accompli (Deutéronome 7:18). La foi qui se souvient ne recommence pas chaque combat à zéro. Et si votre bataille avance lentement, cessez d'interpréter la lenteur comme un abandon : peut-être Dieu vous donne-t-il le temps d'occuper ce que vous avez déjà reçu (Deutéronome 7:22). Pour réfléchir : quelle délivrance de Dieu avez-vous oubliée précisément dans le combat d'aujourd'hui ?
Guide de l'enseignant
Essence du cours
Dieu a choisi le moindre des peuples par amour, et non par mérite, pour qu'il soit à Lui et serve Son dessein — et celui qui appartient à Dieu répond avec fidélité et se sépare de ce qui dispute Sa place, sachant que la bénédiction de l'alliance vient comme le fruit de la marche avec Lui, non comme un paiement, et qu'en Christ même ceux du dehors ont obtenu miséricorde.
Plan du cours
| Temps | Étape |
|---|---|
| 0–5 min | Ouverture (la question : pourquoi ce peuple et pas un autre ?) |
| 5–15 min | Point 1 — Élu pour être à Lui (section I) |
| 15–20 min | Dynamique — Le bassin du temple |
| 20–31 min | Point 2 — L'amour sans cause et le Dieu fidèle (section II) |
| 31–40 min | Point 3 — L'or de l'idole et le peu à peu + Christ (section III) |
| 40–45 min | Conclusion + défi de la semaine + prière |
Commencez ainsi
Avant d'ouvrir la Bible, écrivez la question au tableau et laissez-la en suspens : "Pourquoi Dieu a-t-il choisi Israël ?" Demandez des réponses rapides et notez-les telles qu'elles viennent — "parce qu'ils étaient fidèles", "à cause d'Abraham", "parce que c'était un peuple particulier", "parce que Dieu l'a voulu". Ne corrigez rien. Puis dites : "Le texte lui-même répond. Et il commence par dire ce que ce N'ÉTAIT PAS." Demandez à quelqu'un de lire Deutéronome 7:7-8 à voix haute et de comparer avec ce qui est au tableau. Normalement, la classe remarque d'elle-même que la réponse est à la fois plus petite et plus grande qu'on ne le pensait : ce n'était ni pour la taille, ni pour la vertu — c'était par amour. Faites alors la lecture en classe (Deutéronome 7:6-13, 21-23) et livrez la phrase qui reviendra à la fin : "Vous n'avez pas été choisi parce que vous étiez grand ; vous avez été choisi pour être à Lui."
Point 1 — Élu pour être à Lui
- Dans la revue : section I ("Élection et sainteté : deux aspects de l'alliance"), sous-points 1, 2 et 3 ; et l'encadré d'aide "Le rôle d'Israël", à la fin de la section.
- Ce qu'il faut enseigner : est saint ce qui a un maître et une destination (Lévitique 20:26) ; être un peuple particulier, c'est être le trésor personnel du Roi (Exode 19:5-6), et ce trésor existe pour servir. L'élection d'Israël était collective et fonctionnelle — préserver la révélation, être une lumière pour les nations, préparer le Messie (Ésaïe 49:6 ; Galates 3:16) — et ne garantissait pas le salut à chaque Israélite (Hébreux 3:19 ; Romains 9:6). Dites clairement que le texte ne parle pas d'une liste fermée d'individus : le peuple élu, aujourd'hui, est le peuple en Christ (Éphésiens 1:4), et la porte est ouverte à quiconque croit. Le motif des ordres de 7:1-5 est religieux, non racial (7:4) : Rahab et Ruth ont été accueillies. Énoncez la sauvegarde en toutes lettres : l'ordre de détruire ces peuples-là fut un jugement unique, propre à ce moment-là, désormais clos ; il ne s'applique à aucun peuple d'aujourd'hui et n'autorise ni violence, ni intolérance, ni mépris envers quiconque appartient à une autre religion (2 Corinthiens 10:4).
- Verset d'ancrage : "Car tu es un peuple saint pour l’Éternel, ton Dieu ; l’Éternel, ton Dieu, t’a choisi, pour que tu fusses un peuple qui lui appartînt entre tous les peuples qui sont sur la face de la terre." (Deutéronome 7:6)
- Question clé : "Si 'saint' veut dire 'mis à part pour un maître et un usage', qu'est-ce que cela change dans notre façon de comprendre la sainteté ?"
- Réponses probables (+ approfondissement) : "la sainteté, ce n'est pas seulement ne pas pécher", "c'est appartenir", "c'est avoir un but". Approfondissez : "Alors, avoir son nom sur le registre des membres et trente ans d'église rend-il quelqu'un saint ? Qu'est-ce qui le fait ?" (Deutéronome 10:16 ; Romains 9:6).
- Si personne ne parle : utilisez l'image du bassin du temple — "personne n'emportait le bassin de l'autel pour laver le linge à la maison. Non pas parce que laver le linge était un péché, mais parce que le bassin avait un maître" — et demandez : "Quel est le 'linge de maison' que nous insistons pour laver dans le bassin du temple ?"
Point 2 — L'amour sans cause et le Dieu fidèle
- Dans la revue : section II ("L'élection d'Israël : amour, alliance et obéissance"), sous-points 1, 2 et 3 ; et l'encadré d'aide "L'alliance et la miséricorde [...] envers ceux qui l'aiment", à la fin de la section.
- Ce qu'il faut enseigner : Dieu a choisi le moindre (Deutéronome 7:7) parce qu'Il l'a aimé (7:8) — ni pour la taille, ni pour la vertu (9:6) ; c'est la même logique qu'en 1 Corinthiens 1:26-29. Le Dieu fidèle (neʾĕmān, la racine d'"amen") garde la miséricorde (ḥesed, l'amour loyal) jusqu'à mille générations — et le compte n'est pas symétrique : mille contre la troisième et la quatrième (Deutéronome 5:9-10). Le verset 10 parle de celui qui hait Dieu, non de celui qui lutte contre son propre péché. Dans les bénédictions de 7:12-15, enseignez le mot "talon" (ʿéqev) : la bénédiction marche sur les pas de l'obéissance. Énoncez la sauvegarde en toutes lettres : la revue parle du "chemin de la prospérité en Dieu" ; expliquez que les bénédictions de Deutéronome 7 sont des bénédictions d'alliance, pour Israël, dans le pays — et non une formule d'enrichissement ni une garantie de santé. Dieu guérit (Jacques 5:14-15) et Trophime est resté malade (2 Timothée 4:20). L'obéissance est une réponse à la grâce, non une monnaie d'échange.
- Verset d'ancrage : "Sache donc que c’est l’Éternel, ton Dieu, qui est Dieu. Ce Dieu fidèle garde son alliance et sa miséricorde jusqu’à la millième génération envers ceux qui l’aiment et qui observent ses commandements." (Deutéronome 7:9)
- Question clé : "Si Dieu a choisi Israël alors qu'il était petit, qu'est-ce que cela dit sur la façon dont Il nous regarde — et sur la façon dont nous mesurons les personnes ?"
- Réponses probables (+ approfondissement) : "Dieu ne se soucie pas de la taille", "nous mesurons par les chiffres et Lui non", "personne n'a de quoi se glorifier". Approfondissez : "Et quand l'église grandit ? Le nombre prouve-t-il que Dieu est avec nous ?" (Deutéronome 7:7 ; 1 Corinthiens 1:29).
- Si personne ne parle : posez la question de la propriété : "Vous voyez-vous comme la propriété de Dieu ou comme un client de Dieu ? Que fait le client quand le service prend du retard ?" Laissez-les répondre "il réclame", "il annule", "il change de fournisseur" — et montrez que c'est ainsi que beaucoup de gens traitent les bénédictions de Deutéronome 7:13.
Point 3 — L'or de l'idole et le peu à peu
- Dans la revue : section III ("Sainteté et séparation : vivre dans l'obéissance"), sous-points 1, 2 et 3 ; et l'encadré d'aide "Une abomination dans ta maison", à la fin de la section II.
- Ce qu'il faut enseigner : la peur calcule (7:17), la mémoire répond (7:18-19), et la raison de ne pas craindre est la présence de Dieu au milieu de son peuple (7:21). La conquête peu à peu (7:22) est une protection, non un retard — mais ce n'est pas une permission de conclure un pacte avec ce qui est resté (Josué 23:13). La tentation de 7:25 n'était pas d'adorer l'idole, mais d'en garder l'or ; Acan l'a fait (Josué 7:21). L'abomination dans la maison inclut ce qui y entre (divertissements, abonnements) et ce qui sort du cœur (Proverbes 6:16-19 ; Matthieu 15:11). La séparation est "pour" avant d'être "de". Terminez en Christ : la Cananéenne qui a demandé miséricorde (Matthieu 15:22-28), l'Église qui l'a obtenue (1 Pierre 2:10) et le Fils blessé au talon, par l'obéissance duquel nous sommes bénis (Genèse 3:15 ; Romains 5:19).
- Verset d'ancrage : "Tu n’introduiras point une chose abominable dans ta maison, afin que tu ne sois pas, comme cette chose, dévoué par interdit ; tu l’auras en horreur, tu l’auras en abomination, car c’est une chose dévouée par interdit." (Deutéronome 7:26)
- Question clé : "Pourquoi le verset 25 parle-t-il de l'or qui était sur l'idole, et non de l'idole elle-même ?"
- Réponses probables (+ approfondissement) : "parce que personne n'allait adorer Baal, mais on allait vouloir l'or", "parce que la convoitise est plus déguisée", "parce que cela semble inoffensif". Approfondissez : "Quel est le 'ce n'est que de l'or' d'aujourd'hui ? Que gardons-nous en disant que cela n'a rien à voir ?"
- Si personne ne parle : racontez d'abord un exemple personnel, simple et vrai (une habitude, une série, une application que vous avez dû retirer), sans dramatiser. Puis demandez seulement : "Qui ici a déjà découvert qu'une chose 'inoffensive' occupait la place de Dieu ?" Ne demandez à personne de dire ce que c'est.
Dynamique
- Objectif : ancrer l'idée que la sainteté est, avant tout, une appartenance — avoir un maître et une destination — et que retirer ce qui dispute la place de Dieu ne fonctionne que lorsque la place est occupée.
- Matériel : un bassin, une casserole ou un récipient de cuisine ordinaire (ou son dessin au tableau) et un morceau de papier pour chaque élève.
- Étape par étape : montrez le récipient et demandez : "À quoi cela sert-il ?" Laissez-les dire : faire la vaisselle, garder de la nourriture, laver le linge. Puis dites : "Maintenant, imaginez que ce bassin ait été mis à part pour l'autel du temple. Peut-il encore servir à laver le linge ?" La classe répondra que non, et voici alors la question clé : "Laver le linge est-il devenu un péché ?" Non. "Alors pourquoi ne le peut-il pas ?" Parce qu'il a un maître et une destination. Ensuite, distribuez les papiers et demandez à chacun d'écrire, uniquement pour soi, d'un côté : "une chose chez moi qui dispute la place de Dieu" ; de l'autre côté : "ce qui va occuper cette place". Chaque élève plie son papier et le garde dans sa propre Bible. Personne ne le remet, personne ne le lit à voix haute, personne n'est interrogé sur ce qu'il a écrit.
- Conclusion (retour au texte) : "Israël n'était pas saint parce qu'il était meilleur ; il était saint parce qu'il appartenait à l'Éternel (Deutéronome 7:6). Et Dieu n'a pas seulement ordonné de retirer l'idole — Il a ordonné de ne pas en garder l'or (7:25) et d'occuper le pays peu à peu (7:22). Le papier qui est dans votre Bible est entre vous et Dieu. Le bassin a un maître. Vous aussi."
- Pourquoi les papiers ne sont pas ramassés : la revue suggère de recueillir des fiches anonymes et d'en lire quelques-unes à voix haute. Dans une petite classe, l'écriture et le sujet trahissent l'auteur, et un adulte peut écrire quelque chose de grave (une dépendance, une trahison, un péché que personne ne connaît) qui ne doit pas devenir un sujet de conversation dans les couloirs. Gardez la réflexion personnelle ; si quelqu'un veut parler, échangez après le cours, en privé, et transmettez au pasteur ce qui est grave.
Si l'on vous pose cette question
Question : "Dieu a-t-Il ordonné de tuer des peuples entiers, même des enfants ? Comment faire confiance à un tel Dieu ?" Réponse courte : Reconnaissez la difficulté — ne la minimisez pas. Ensuite, quatre étapes. (1) C'était un jugement après des siècles de patience (Genèse 15:16), sur des peuples qui brûlaient leurs propres enfants au feu pour leurs dieux (Deutéronome 12:31). (2) Le critère était l'idolâtrie, non la race : Rahab et Ruth ont été accueillies, et une ville israélite idolâtre recevait le même jugement (Deutéronome 13:12-17). (3) Le langage de guerre de cette époque était stylisé, et le chapitre lui-même prévoit une coexistence et une conquête peu à peu (7:3, 22). (4) C'était un ordre unique, désormais clos, qui ne vaut pour personne aujourd'hui — et quiconque l'utilise pour justifier la violence ou le mépris envers une autre religion lit à contresens de la Bible (2 Corinthiens 10:4). Le dernier mot sur les Cananéens appartient à Christ, qui a exaucé une Cananéenne (Matthieu 15:28).
Question : "Si j'obéis, Dieu est-Il obligé de me donner la santé et de l'argent, comme en Deutéronome 7:13-15 ?" Réponse courte : Non. Les promesses étaient des promesses d'alliance, pour Israël en tant que peuple, dans le pays ; le "si" du verset 12 signifie "au talon" — le fruit de la marche avec Dieu, non un paiement. Dieu guérit et prend soin des siens (Exode 15:26 ; Jacques 5:14-15), mais Paul a laissé Trophime malade (2 Timothée 4:20), et Zacharie et Élisabeth étaient justes et ont attendu un enfant pendant des années (Luc 1:6-7). Celui qui obéit pour recevoir traite Dieu comme un fournisseur. S'il y a dans la classe quelqu'un qui est malade ou sans enfants, dites clairement que cette personne n'est pas exclue de la bénédiction.
Question : "J'ai un parent d'une autre religion, ou je suis marié à quelqu'un qui ne croit pas. Deutéronome 7 m'ordonne-t-il de m'éloigner ?" Réponse courte : Non. L'interdiction de 7:3 avait un motif — le détournement vers d'autres dieux (7:4) — et a été donnée à Israël à l'entrée du pays. Pour l'Église, l'orientation est la suivante : que celui qui va se marier ne se mette pas sous un joug étranger (2 Corinthiens 6:14) ; que celui qui est déjà marié à un non-croyant qui consent à rester ne le quitte pas (1 Corinthiens 7:12). Avec les parents et les amis, le critère est la direction de l'influence : éloignez-vous de ce qui vous entraîne au péché, et restez proche de celui qui a besoin de voir l'Évangile. Jésus a été appelé l'ami des pécheurs (Matthieu 11:19).
Question : "L'Église a-t-elle remplacé Israël ? Les Juifs ne sont-ils plus le peuple de Dieu ?" Réponse courte : Pierre et Paul appliquent à l'Église les paroles de Deutéronome 7:6 (1 Pierre 2:9 ; Tite 2:14), mais Paul interdit le mépris, avertissant de ne pas se glorifier contre les branches (Romains 11:18) et affirmant que Dieu n'a nullement rejeté son peuple (Romains 11:1). Le salut est le même pour les Juifs et les Gentils, en Christ (Romains 10:12). Les Gentils ont été greffés, et non mis à la place. Si le sujet dérive vers un débat sur la politique du Moyen-Orient, n'y entrez pas : dites que le cours porte sur la Bible et poursuivez.
Conclusion + défi de la semaine
- Conclusion : "Deutéronome 7 répond à la question de savoir pourquoi ce peuple-là a été choisi, et la réponse démonte tout orgueil : ce n'était pas parce qu'ils étaient nombreux, c'était parce que Dieu les aimait. L'élection n'était pas une récompense, c'était une fonction — et être choisi n'a jamais dispensé personne de répondre personnellement au Seigneur. Le Dieu de cette alliance est fidèle comme le mot amen et juste envers qui le rejette ; et la sainteté qu'Il demande, c'est d'être mis à part pour Lui avant d'être séparé de quoi que ce soit. Mais tout cela ne repose pas sur notre obéissance. Le même Dieu qui a tiré ce peuple de la maison de servitude a livré son propre Fils : Jésus est mort sur la croix à notre place et est ressuscité le troisième jour, et c'est par Lui que nous sommes une race élue, un sacerdoce royal et une nation sainte — y compris ceux qui, autrefois, étaient dehors, comme la femme cananéenne. Vous n'avez pas été choisi parce que vous étiez grand ; vous avez été choisi pour être à Lui."
- Défi : choisissez une chose dans votre maison — un objet, un abonnement, une application, une habitude — dont vous savez qu'elle affaiblit votre communion avec Dieu, et retirez-la cette semaine. Le même jour, occupez sa place par quelque chose qui soit de Dieu : le temps de cette série devient lecture de la Bible en famille ; l'espace de cet objet reçoit un verset écrit à la main ; la notification supprimée laisse place à une minute de prière. Ce n'est pas une personne — on ne jette pas les gens. Dimanche, revenez avec votre récit.
Kit de l'enseignant
- Avant : lisez Deutéronome 7 en entier à voix haute, d'une seule traite — y compris les versets qui restent en dehors de la lecture en classe (7:1-5, 14-20, 24-26). Lisez ensuite Matthieu 15:21-28, Tite 2:14 et 1 Pierre 2:9-10. Marquez dans votre Bible : Deutéronome 7:4, 7:6, 7:7-8, 7:9-10, 7:12, 7:21-22, 7:25-26 ; Lévitique 20:26 ; Exode 19:5-6 ; Hébreux 3:19 ; Romains 9:6 ; Éphésiens 1:4 ; Genèse 15:16 ; Deutéronome 12:31 ; 2 Corinthiens 10:4 ; 1 Jean 4:10 ; 2 Timothée 4:20 ; Josué 7:21 ; Proverbes 6:16-19 ; Matthieu 15:22, 28 ; 1 Pierre 2:10 ; Genèse 3:15 ; Romains 5:19. Regardez la leçon vidéo, si elle est déjà en ligne, et préparez le récipient pour la dynamique.
- Notes de formulation, pour ne pas hésiter devant la classe : les traductions bibliques diffèrent dans la formulation du texte d'or en Deutéronome 7:6 — où le mot hébreu reste le même (sᵉgullâ, le trésor personnel du roi) — ainsi que dans certains termes de la lecture en classe (7:8-10, 7:12-13, 7:21 et 7:23), mais le sens ne change pas ; expliquez-le en dix secondes et poursuivez.
- Références à vérifier dans votre revue : si l'encadré d'aide "Une abomination dans ta maison" indique Proverbes 6:15-19, la liste des six choses que l'Éternel hait se trouve en Proverbes 6:16-19. Les Gabaonites, cités dans la section I à côté des peuples de Canaan, étaient des Héviens (Josué 9:7), l'un des sept peuples de 7:1. Et, pour l'élection sans mérite (section II), en plus de Deutéronome 10:22, il vaut la peine de lire : "Et c’est à tes pères seulement que l’Éternel s’est attaché pour les aimer ; et, après eux, c’est leur postérité, c’est vous qu’il a choisis d’entre tous les peuples, comme vous le voyez aujourd’hui." (Deutéronome 10:15)
- Apportez : votre Bible, un tableau et un feutre, un récipient de cuisine ordinaire et un morceau de papier pour chaque élève.
- Priez avant : pour celui qui porte en silence la peur de ne pas être "sur la liste" ; pour celui qui va entendre parler de l'absence de stérilité ou de l'éloignement de toute maladie au milieu d'une attente ou d'une maladie ; pour celui qui a chez lui une chose dont il sait déjà qu'elle doit sortir ; pour celui qui a un parent d'une autre religion et qui a besoin de sortir du cours plus proche de lui, et non plus éloigné ; pour celui qui est tombé et a besoin de savoir que la vallée d'Acor est devenue une porte d'espérance. Et demandez que le cours se termine en Christ, et non sur une liste d'interdictions.
Devoir à la maison
Votre mission de la semaine
Choisissez une chose dans votre maison — un objet, un abonnement, une application, une habitude — dont vous savez qu'elle affaiblit votre communion avec Dieu, et retirez-la cette semaine. Le même jour, occupez sa place par quelque chose qui soit de Dieu : le temps de cette série devient lecture de la Bible en famille ; l'espace de cet objet reçoit un verset écrit à la main ; la notification supprimée laisse place à une minute de prière. Ce n'est pas une personne — on ne jette pas les gens.
Pourquoi
Vous n'avez pas été choisi parce que vous étiez grand ; vous avez été choisi pour être à Lui. Et celui qui a un maître ne garde pas chez lui l'or de l'idole : "Tu n’introduiras point une chose abominable dans ta maison, afin que tu ne sois pas, comme cette chose, dévoué par interdit ; tu l’auras en horreur, tu l’auras en abomination, car c’est une chose dévouée par interdit." (Deutéronome 7:26) Mais retirer ne suffit pas — un territoire conquis et non occupé finit par être repris. C'est pourquoi Dieu a donné le pays peu à peu (Deutéronome 7:22) : afin que le peuple occupe ce qu'il recevait.
Comment savoir que vous l'avez fait
À la fin de la semaine, cette chose n'est plus chez vous, et sa place a un autre maître : vous pouvez dire ce qui a pris sa place et combien de fois vous l'avez utilisé. Si vous n'avez fait qu'y penser, ou si vous l'avez retirée en laissant l'espace vide, ce n'est pas encore fait.
Dimanche, revenez avec votre récit
Le prochain cours commencera par là : ce qui a changé chez vous quand la place a reçu un autre maître. Vous n'avez pas besoin de raconter ce que vous avez retiré — il suffit de raconter ce qui est entré. Ne restez pas en dehors.







