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Le grand commandement

Leçon 5 · 4e trimestre 2026 · 18/10/2026 · 100 min de lecture

Par Equipe Marcas Editora

La vidéo dispose d'un doublage automatique en français. Si vous entendez du portugais, ouvrez les paramètres du lecteur (⚙) → Piste audio → Français.

Texte d'or

“Tu aimeras l’Éternel, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force.” (Deutéronome 6:5, LSG) · Lire dans la Bible

La cinquième leçon arrive au cœur du Deutéronome : le Shema (Deutéronome 6:4-9), la confession que l'Éternel est le seul Seigneur et le commandement de l'aimer de tout son être. L'étude suit les trois points de la revue — l'amour qui soutient les commandements, l'amour éveillé par la Parole et l'amour vécu dans la pratique — et ouvre le dernier mot du Texte d'or, qui en hébreu signifie "beaucoup" : aimer Dieu avec ce que l'on a et avec ce que l'on souffre. Elle répond à ce que l'adulte demande vraiment — l'amour se commande-t-il ? le Shema nie-t-il la Trinité ? et l'enfant qui s'est détourné ? — et se termine en Jésus, le seul qui ait aimé le Père avec tout son beaucoup.

Leçon 5 • Le grand commandement

De tout ton beaucoup. Étude complète de Deutéronome 6, le Shema, avec l'hébreu, l'ancienne Bible grecque, les traités assyriens, les phylactères de Qumrân, les sources juives et chrétiennes, la théologie, la science, l'appareil pédagogique pour l'enseignant et la rubrique "Fala, Pastor!" dans son intégralité

Église Marcas do Evangelho — Cariacica/ES (Brésil) • Pasteur Jairo Carvalho et Pasteure Jaciana Carvalho • 4e trimestre de 2026 (Lições Bíblicas Adultes, CPAD, commentateur Pasteur Osiel Gomes)

✶ Texte d'or — Deutéronome 6:5

"Tu aimeras l’Éternel, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force." (Deutéronome 6:5)

Note textuelle : les traductions bibliques diffèrent à la fin de ce verset, certaines rendant le dernier terme par pouvoir et d'autres par forces. Sous ces deux lectures se trouve le mot hébreu מְאֹד (meʾód), qui, dans presque toutes ses trois cents occurrences, signifie "beaucoup". Littéralement, le Texte d'or se termine ainsi : "et de tout ton beaucoup". La Partie IV, bloc C, analyse ce mot ; la rubrique "Fala, Pastor!" de cette leçon a été construite sur lui.

Vérité pratique (CPAD) : L'amour pour Dieu s'exprime par une obéissance sincère, l'enseignement au foyer, la pratique constante de sa Parole et l'amour du prochain.

  • Date — Dimanche 1er novembre 2026
  • Trimestre — Le Dieu de l'alliance : avertissements, promesses et bénédictions dans le livre du Deutéronome (13 leçons)
  • Texte de l'étude — Deutéronome 6:1-25, avec les parallèles de Deutéronome 10:12-15 et 11:13-21, Nombres 15:37-41, Exode 21:5, 6, 2 Rois 23:25, Job 1–2, Psaumes 127, Matthieu 6:19-34, Marc 12:28-34, Luc 10:25-37 et 15:11-32
  • Lecture en classe — Deutéronome 6:1-9
  • Mot-clé — AMOUR
  • Lecture quotidienne — Lun — Deutéronome 6:1-3 ; Proverbes 1:7 (écouter et garder la Parole pour vivre dans l'obéissance) • Mar — Deutéronome 6:4 ; Ésaïe 45:5 (aimer Dieu de manière exclusive de tout son cœur) • Mer — Deutéronome 6:6 ; Jacques 1:22 (garder la Parole dans son cœur et la mettre en pratique avec fidélité) • Jeu — Deutéronome 6:7 ; Proverbes 22:6 (enseigner la Parole au foyer pour former des générations fidèles) • Ven — Deutéronome 10:12, 13 ; 1 Jean 5:3 (aimer Dieu par une obéissance sincère) • Sam — Deutéronome 6:5 ; Jean 14:15 (vivre l'amour pour Dieu avec fidélité au quotidien)
  • Cantiques (Harpa Cristã, recueil de cantiques des Assemblées de Dieu au Brésil) — 217, 385 et 432
  • Version biblique — Toutes les citations bibliques suivent la version de référence en français, vérifiée à la lettre. Deutéronome 6 tout entier a été ouvert et vérifié pour ce dossier le 13 octobre 2026. Les textes qui n'apparaissent qu'avec la référence, sans guillemets, doivent être ouverts dans la Bible de l'enseignant.

Dossier de recherche de la leçon : exégèse de l'hébreu, l'ancienne Bible grecque, les sources juives et chrétiennes, l'archéologie, la théologie, la rubrique "Fala, Pastor!" dans son intégralité et le support pour l'enseignant. L'article du cours, plus court et narratif, se trouve dans l'onglet Article de la leçon.

Présentation — comment utiliser ce dossier

Voici le matériel de recherche de la leçon, destiné à l'enseignant qui prépare son cours avec les sources en main et à l'élève qui souhaite aller au-delà de la revue (Lições Bíblicas). Chaque partie peut être lue séparément. La Partie I situe Deutéronome 6 dans le livre et dans la vie d'Israël. La Partie II ouvre le monde dans lequel le Shema a été entendu : les traités assyriens qui ordonnaient eux aussi d'"aimer" un roi, ainsi que les phylactères et les mezouzot découverts à Qumrân. La Partie III compare les traductions de la revue et du dossier et montre ce que l'hébreu et l'ancienne Bible grecque révèlent. La Partie IV est l'exposition du chapitre entier, en sept blocs. La Partie V rassemble la théologie en huit axes. Viennent ensuite les erreurs courantes dans l'enseignement, l'Église ancienne et les réformateurs, la lecture juive, la science, le lexique, les tableaux, Christ dans la leçon et l'application.

La rubrique "Fala, Pastor!" figure intégralement dans ce dossier. Après l'application vient le texte complet de la rubrique de cette leçon, "De tout ton beaucoup", du Pasteur Jairo Carvalho, dans la version approuvée pour l'enregistrement. L'enseignant peut le lire comme un sermon, l'utiliser comme modèle d'exposition et vérifier dans le corps du dossier les sources de chaque affirmation (blocs C et G de la Partie IV, Parties VII, VIII et IX). Trois plans de prédication, le support pour la salle de classe, le questionnaire et la bibliographie commentée clôturent le dossier.

Une remarque sur la lecture en classe. La revue lit Deutéronome 6:1-9. Le chapitre compte vingt-cinq versets, et la seconde moitié complète la première : la maison remplie de biens qui fait oublier Dieu (6:10-12), les deux versets que Jésus a cités dans le désert (6:13, 16), et le fils qui demande ce que signifient les témoignages et les lois (6:20-25). Ce dossier parcourt le chapitre tout entier.

Comment nous traitons les sources. Toute affirmation historique est accompagnée de la source qui l'appuie. Là où les chercheurs divergent, le dossier expose le désaccord. Là où le fichier de la revue que nous utilisons comporte une référence qui ne correspond pas, le dossier le signale avec respect, afin que l'enseignant puisse vérifier dans l'édition imprimée (Partie III, point 4). La théologie de ce matériel est arminienne, wesleyenne et pentecôtiste, et cela apparaît chaque fois que cela éclaire la lecture.

Partie I — Où nous en sommes : le commandement qui ouvre la loi

Deutéronome 6 est la suite directe du chapitre 5. À Horeb, Dieu a dit à Moïse de rester là auprès de lui afin qu'il lui dise tous les commandements, les lois et les ordonnances qu'il devait leur enseigner (Deutéronome 5:31). Le chapitre 6 commence en livrant précisément cela, en présentant les commandements, les lois et les ordonnances que l'Éternel, leur Dieu, a commandé de leur enseigner (Deutéronome 6:1). Il y a un détail que la traduction ne montre pas : en hébreu, le premier mot de la série est au singulier, וְזֹאת הַמִּצְוָה (wᵉzōʾt hammiṣwâ), "et voici le commandement". Le Deutéronome utilise ce singulier pour désigner la loi comme un tout (5:31 ; 7:11 ; 30:11). Le premier contenu que Moïse donne à ce "commandement" est le Shema. Avant les lois et les ordonnances, l'amour.

Dans le plan du livre, Deutéronome 6 à 11 constitue l'exposition du premier commandement. Les spécialistes qui lisent Deutéronome 12 à 26 comme un commentaire des Dix Commandements (Stephen Kaufman, 1979 ; John Walton, 1987 ; voir le dossier de la Leçon 4) placent les chapitres 6 à 11 sous le premier, qui interdit d'avoir d'autres dieux devant sa face. Le Shema est la forme positive de cette interdiction. Le chapitre 5 disait de ne pas en avoir d'autres ; le chapitre 6 dit qui aimer et avec quelle mesure.

Le Shema dans la vie d'Israël. "Shema" est le premier mot de 6:4 en hébreu, שְׁמַע (šᵉmaʿ), "écoute", et il est devenu le nom de cette confession de foi. La Mishna, compilée vers l'an 200, ouvre son premier traité par la question "à partir de quand récite-t-on le Shema le soir ?" (Berakhot 1.1), et organise la récitation du matin et du soir, suivant l'instruction de 6:7 sur le moment où l'on se couche et où l'on se lève. Le Shema récité réunit trois passages : Deutéronome 6:4-9, Deutéronome 11:13-21 et Nombres 15:37-41 (Berakhot 2.2). À l'époque de Jésus, c'était la confession quotidienne de tout Juif pieux, comme le rappelle l'encadré "Ampliando o Conhecimento" de la revue (citant la Bíblia de Estudo Pentecostal). Lorsqu'un scribe a demandé à Jésus quel était le premier de tous les commandements, il a commencé par cet appel à écouter adressé à Israël (Marc 12:29) ; ce thème est développé dans la Leçon 13.

Qui écoutait. Le même peuple que dans la Leçon 4 : la génération née dans le désert, dans les plaines de Moab, sur le point de traverser le Jourdain. C'est pourquoi le chapitre parle tant de l'avenir : lorsque l'Éternel, ton Dieu, te fera entrer dans le pays (6:10), et lorsque ton fils te demandera demain (6:20). Moïse prêche à un peuple qui n'avait pas encore de maison, et il lui dit déjà quoi faire avec les portes de sa maison.

Partie II — Le monde du Shema : des traités qui ordonnaient d'aimer un roi et de petites boîtes en cuir dans le désert de Judée

1. L'ordre d'aimer dans le langage des traités

En 1963, William Moran a publié un article qui a changé la lecture du Shema ("The Ancient Near Eastern Background of the Love of God in Deuteronomy", Catholic Biblical Quarterly 25). Il a montré que, dans les traités et les lettres diplomatiques du Proche-Orient ancien, "aimer" le roi était le vocabulaire officiel de la loyauté : le vassal qui "aime" son suzerain est celui qui lui est fidèle, lui obéit et ne s'allie à aucun autre. Le Deutéronome parle cette langue : "aimer" Dieu va de pair avec le fait de garder ses commandements, de marcher dans ses voies et de le servir (6:5 ; 10:12 ; 11:13).

Le parallèle le plus proche est le Traité de succession d'Assarhaddon, roi d'Assyrie (672 av. J.-C.). Assarhaddon fit jurer à ses vassaux fidélité à son fils, Assourbanipal. Des copies du serment ont été découvertes à Nimroud, l'ancienne Kalkhu, en 1955, et publiées par Donald Wiseman en 1958 (Iraq 20) ; une autre copie est apparue en 2009, dans un temple de Tell Tayinat, dans le sud de l'actuelle Turquie (publiée par Jacob Lauinger en 2012). Le texte ordonne aux vassaux d'aimer Assourbanipal comme leur propre vie (lignes 266-268), interdit de dire à leurs fils et petits-fils quoi que ce soit de contraire au serment et ordonne que le pacte soit transmis aux fils qui vivront après lui (lignes 284-286 et 385-387). Amour total, enseignement aux enfants, pour toujours : les mêmes éléments que dans Deutéronome 6:5-7, dans le document d'un empire.

C'est la différence qui importe. Le roi assyrien exigeait l'amour pour garantir son propre trône et menaçait de malédictions. Le Dieu d'Israël demande l'amour après avoir aimé le premier : c'est parce que l'Éternel les aimait qu'il les a fait sortir à main forte (Deutéronome 7:8), et c'est uniquement aux pères que l'Éternel s'est attaché pour les aimer (10:15). Les commandements, de plus, sont donnés pour le bien de l'homme (10:13), et non pour le bien du roi. Jacqueline Lapsley (Catholic Biblical Quarterly 65, 2003) a montré en outre que l'amour dans le Deutéronome ne se réduit pas à la loyauté politique : il inclut l'affection. Le texte lui-même en donne la preuve lorsqu'il parle de l'amour de Dieu avec le verbe חָשַׁק (ḥāšaq, "s'attacher à, prendre plaisir en") en 7:7 et 10:15, le verbe de celui qui s'éprend d'affection. Le Shema utilise la forme du traité, mais son contenu est celui d'une alliance d'amour.

2. Phylactères et mezouzot de Qumrân

Les ordres de 6:8, 9 ont pris une forme concrète très tôt. Dans les grottes de Qumrân, près de la mer Morte, on a retrouvé plus de vingt phylactères (petites boîtes en cuir attachées au bras et au front, en hébreu tefillin) et plusieurs mezouzot (étuis fixés au montant de la porte), contenant des passages d'Exode 12–13 et de Deutéronome 5, 6, 10 et 11 ; l'édition principale est celle de J. T. Milik, dans la série Discoveries in the Judaean Desert VI (1977). Certains phylactères contiennent aussi les Dix Commandements. Jésus connaissait cette coutume et en a critiqué l'abus chez ceux qui portent de larges phylactères et allongent les franges de leurs vêtements pour être vus des hommes (Matthieu 23:5). Le mot grec de Matthieu, φυλακτήρια (phylaktḗria), "objets de protection", n'apparaît que là dans le Nouveau Testament.

Ce que cela enseigne à l'enseignant. Le texte du Deutéronome ordonne de lier et d'écrire ces paroles. Le problème que Jésus dénonce n'est pas l'objet, mais la Parole transformée en vitrine. L'Église en lit le sens : la Parole sur la main (ce que nous faisons), entre les yeux (ce que nous voyons et pensons) et sur les portes (ce qui entre et sort de la maison). Un verset au mur est un bon rappel ; ce n'est pas une amulette.

3. Le papyrus Nash

La plus ancienne feuille de papyrus comportant un texte hébreu connue avant les rouleaux de la mer Morte, datée d'environ 150 à 100 av. J.-C. et conservée à la bibliothèque de l'Université de Cambridge, contient les Dix Commandements suivis du début du Shema. Les deux textes, la loi et l'amour, étaient déjà récités ensemble (voir le dossier de la Leçon 4, Partie III).

Partie III — Le texte : la revue, les traductions, l'hébreu et l'ancienne Bible grecque

1. Différences que l'élève remarquera

La revue et ce dossier suivent deux traductions bibliques différentes pour la lecture en classe ; les variantes sont peu nombreuses, mais deux d'entre elles touchent au cœur de la leçon.

VERSET TRADUCTION DE LA REVUE TRADUCTION DU DOSSIER COMMENTAIRE
6:1 pour qu'on vous les enseigne et que vous les pratiquiez pour vous les enseigner et que vous les accomplissiez l'hébreu a "voici le commandement", au singulier (Partie I)
6:3 veille à les garder applique-toi à les garder en hébreu, la promesse d'une grande multiplication contient déjà meʾód (bloc A)
6:5 de tout ton pouvoir de toutes tes forces les deux traduisent meʾód, "beaucoup" (bloc C)
6:7 tu les inculqueras à tes enfants tu les enseigneras à tes enfants le verbe hébreu est celui d'aiguiser des flèches et des épées (bloc D)
6:8 comme des bandeaux sur le front comme des frontaux entre les yeux le mot hébreu est rare et discuté (point 2)

2. Ce que montre l'hébreu de Deutéronome 6

a) Les deux grandes lettres. Dans les rouleaux de la Torah et dans le Codex de Léningrad (le plus ancien manuscrit complet de la Bible hébraïque, datant de 1008/1009), le verset 6:4 comporte deux lettres plus grandes que les autres : le ע (ʿayin) à la fin de šᵉmaʿ et le ד (dalet) à la fin de ʾeḥād. L'édition numérique du Codex (Open Scriptures Hebrew Bible) marque les deux comme des "grandes lettres". Les commentateurs juifs donnent trois explications, rassemblées par le Baal HaTurim et le Kli Yakar et déjà présentes dans le Midrash (Vayikra Rabbah 19.2) : le grand dalet empêche que אֶחָד (ʾeḥād, "un") ne soit lu אַחֵר (ʾaḥēr, "autre"), car le dalet et le resh se confondent presque ; le grand ʿayin empêche que šᵉmaʿ, "écoute", ne soit lu avec un alef, šᵉmāʾ, "peut-être" ; et les deux ensemble forment עֵד (ʿēd), "témoin". Celui qui récite le Shema rend témoignage, comme le Seigneur l'a déclaré dans Ésaïe en appelant son peuple ses témoins (Ésaïe 43:10).

b) Quatre mots et aucun verbe. Après l'appel initial à écouter adressé à Israël, l'hébreu ne compte que quatre mots : יְהוָה אֱלֹהֵינוּ יְהוָה אֶחָד (YHWH ʾĕlōhênû YHWH ʾeḥād). Sans verbe, la phrase admet plus d'une traduction : l'Éternel notre Dieu est le seul Éternel ; l'Éternel est notre Dieu, l'Éternel est un ; l'Éternel est notre Dieu, l'Éternel seul. Les traductions ne s'opposent pas : toutes affirment que le Dieu d'Israël est un seul et que lui seul est le Dieu d'Israël. La revue a raison de dire que la phrase affirme à la fois l'unité et l'exclusivité (point I.2). Rachi, au XIe siècle, y a lu en outre un sens futur : l'Éternel, qui est maintenant notre Dieu, sera un jour reconnu par tous comme le seul, et il a cité la prophétie selon laquelle l'Éternel sera roi sur toute la terre et, en ce jour-là, l'Éternel sera unique et son nom sera unique (Zacharie 14:9). Le tableau 1 de la Partie XI rassemble ces lectures.

c) "Beaucoup" deux fois en trois versets. Le mot מְאֹד (meʾód) apparaît environ trois cents fois dans l'Ancien Testamento, presque toujours comme adverbe signifiant "beaucoup" ou "très" (comme dans Genèse 1:31, où tout ce que Dieu avait fait était très bon). En 6:3, il est dans son emploi normal, dans la promesse que tout ira bien pour Israël et qu'il se multipliera beaucoup. En 6:5, il devient un nom et reçoit le pronom : מְאֹדֶךָ (mᵉʾōdekā), "ton beaucoup". Avec le pronom suffixé, le mot n'apparaît que deux fois dans toute la Bible hébraïque : ici et en 2 Rois 23:25, dans l'éloge de Josias. Dieu promet de rendre le peuple "beaucoup" (6:3) et, deux versets plus loin, demande "tout ton beaucoup" (6:5).

d) Le cœur écrit avec deux lettres identiques. Pour "cœur", l'hébreu possède deux formes : לֵב (lēv) et לֵבָב (lēvāv), avec le bet répété. Deutéronome 6:5 utilise la forme longue. La Mishna en a tiré une leçon : aimer de tout son cœur veut dire avec ses deux penchants, le bon et le mauvais (Berakhot 9.5). Même sans la lecture rabbinique, le sens biblique demeure fort : dans la Bible, le cœur est le siège de l'intelligence, de la décision et de la volonté, et pas seulement des émotions (l'encadré dévotionnel de la revue dit la même chose).

e) "Tu enseigneras", c'est aiguiser. Le verbe de 6:7 est וְשִׁנַּנְתָּם (wᵉšinnantām), de la racine שָׁנַן (šānan). Il apparaît neuf fois dans la Bible hébraïque, et dans toutes les huit autres occurrences le sens est d'aiguiser ou d'être aiguisé : l'épée que Dieu aiguise (Deutéronome 32:41), les flèches aiguisées (Ésaïe 5:28 ; Psaumes 45:5 ; 120:4 ; Proverbes 25:18), les langues aiguisées des médisants (Psaumes 64:3 ; 140:3) et la douleur de celui qui sent ses reins transpercés (Psaumes 73:21). Ce n'est qu'en Deutéronome 6:7 qu'il signifie enseigner. La leçon de la revue a rappelé l'image de la lame sur la pierre ; la concordance ajoute que, dans la Bible, presque tout ce que l'on aiguise avec ce verbe est une flèche. Le Psaume 127 (Psaumes 127:4), que la revue cite au point II.3, compare les fils à des flèches dans la main d'un guerrier.

f) "Frontaux" : un mot dont personne ne connaît le sens exact avec certitude. טֹטָפֹת (ṭôṭāpōt) n'apparaît que trois fois, toujours dans cette formule : Exode 13:16, Deutéronome 6:8 et 11:18. Le sens exact est discuté (bandeau, signe sur le front, ornement). La première occurrence, en Exode 13:16, se trouve dans le contexte de la Pâque et des premiers-nés, où cela doit servir de signe sur la main et de frontaux entre les yeux, parce que l'Éternel a fait sortir Israël d'Égypte à main forte. La Septante n'a pas traduit le mot par un objet : elle a écrit que les paroles seront ἀσάλευτον (asáleuton), "inébranlables", devant tes yeux.

g) "Poteaux" : la porte du sang et la porte de l'oreille. Les "poteaux" de 6:9 sont מְזוּזֹת (mᵉzûzōt), d'où vient le nom mezouza. Le mot apparaît pour la première fois lors de la Pâque : le sang de l'agneau mis sur les deux poteaux des maisons (Exode 12:7, 22, 23). Il apparaît aussi dans une loi qui relie à elle seule l'amour, l'oreille et la porte : le serviteur qui, la septième année, déclarait aimer son maître, sa femme et ses enfants et refusait de sortir libre était amené près de la porte ou du poteau de la porte, et son maître lui perçait l'oreille avec un poinçon afin qu'il le serve pour toujours (Exode 21:5, 6 ; voir Deutéronome 15:16, 17). Sur le poteau où Israël devait écrire l'appel à écouter et à aimer, la loi marquait déjà l'oreille de celui qui aimait son maître. Le bloc D et la section "Christ dans la leçon" développent cette découverte.

3. L'ancienne Bible grecque et les Évangiles

La Septante ajoute une introduction au Shema. Avant l'appel à écouter adressé à Israël, elle porte : "Καὶ ταῦτα τὰ δικαιώματα καὶ τὰ κρίματα ὅσα ἐνετείλατο κύριος τοῖς υἱοῖς Ισραηλ ἐν τῇ ἐρήμῳ", "et voici les lois et les ordonnances que le Seigneur a commandées aux fils d'Israël dans le désert". Ensuite : "ἄκουε Ισραηλ κύριος ὁ θεὸς ἡμῶν κύριος εἷς ἐστιν", "le Seigneur notre Dieu est un seul Seigneur", la forme que Jésus cite en Marc 12:29.

Les trois termes de 6:5 en grec. L'édition courante porte καρδία (cœur), ψυχή (âme, vie) et δύναμις (force, pouvoir) pour meʾód. C'est de là que viennent les traductions par pouvoir ou par forces dans nos Bibles : la traduction a suivi la Bible grecque, et elle ne s'est pas trompée. Une partie des manuscrits de la Septante porte διάνοια (pensée, intelligence) au lieu de "cœur". Cela aide à comprendre pourquoi les Évangiles citent le Shema avec quatre termes : Marc 12:30 a le cœur, l'âme, la pensée et la force ; Luc 10:27 a le cœur, l'âme, la force et la pensée ; Matthieu 22:37 a le cœur, l'âme et la pensée. Jésus n'a pas changé le commandement ; les termes grecs couvrent ensemble ce que l'hébreu dit avec trois. Ce thème est développé dans la Leçon 13.

Deux autres détails de la Septante. En 6:7, le verbe enseigner est devenu προβιβάσεις (probibáseis), "tu feras avancer, tu instruiras". Et, comme nous l'avons vu, les "frontaux" sont devenus des paroles "inébranlables" devant les yeux. En Matthieu 6:24, Jésus affirme que nul ne peut servir deux maîtres : en grec, δυσὶ κυρίοις, le même mot κύριος que dans l'expression "un seul Seigneur" du Shema grec. Celui qui sert Mammon en vient à avoir deux seigneurs.

4. Références du fichier de la revue à vérifier dans l'édition imprimée

Ce dossier a été élaboré à partir du fichier numérique de la revue de l'enseignant. Deux points méritent d'être vérifiés avant le cours :

a) Au point I.3, l'affirmation selon laquelle Dieu parle et le peuple répond par l'obéissance et l'amour est accompagnée des références "(Deutéronome 32:29 ; Ésaïe 42:8)". Deutéronome 32:29 est une complainte du Cantique de Moïse, exprimant le souhait qu'ils soient sages, qu'ils comprennent cela et qu'ils considèrent leur fin. Le verset qui se rapproche le plus de la phrase de la revue est Deutéronome 5:29, où Dieu souhaite qu'ils aient toujours un tel cœur pour le craindre et pour garder tous ses commandements. Il se peut qu'il y ait eu une inversion de chapitre ; le Cantique de Moïse est le thème de la Leçon 10.

b) Dans la troisième question du questionnaire de révision ("Revisando o Conteúdo"), la réponse officielle attribue l'appel à écouter adressé à Israël à "(Deutéronome 6:5)". L'expression se trouve en 6:4 ; le point I.3 lui-même cite "Deutéronome 6:4, 5".

Partie IV — Exposition de Deutéronome 6, bloc par bloc

Bloc A (6:1-3) — Le commandement, la crainte et les trois générations

"Voici les commandements, les lois et les ordonnances que l’Éternel, votre Dieu, a commandé de vous enseigner, afin que vous les mettiez en pratique dans le pays dont vous allez prendre possession ; afin que tu craignes l’Éternel, ton Dieu, en observant, tous les jours de ta vie, toi, ton fils, et le fils de ton fils, toutes ses lois et tous ses commandements que je te prescris, et afin que tes jours soient prolongés. Tu les écouteras donc, Israël, et tu auras soin de les mettre en pratique, afin que tu sois heureux et que vous multipliiez beaucoup, comme te l’a dit l’Éternel, le Dieu de tes pères, en te promettant un pays où coulent le lait et le miel." (Deutéronome 6:1-3)

Pour vous les enseigner. Le verbe est lāmad, le même qu'en 5:1 et 5:31 : la loi est venue pour être apprise et enseignée. La revue le dit au point I.1 : il ne suffisait pas de connaître les commandements ; il fallait les apprendre, les pratiquer et les transmettre. Le chapitre va montrer où l'on enseigne (à la maison, 6:7) et quand (tout le temps).

Afin que tu craignes. La crainte apparaît avant l'amour (6:2), revient après lui (6:13) et referme le chapitre (6:24). En hébreu, יָרֵא (yārēʾ) inclut la révérence, le respect et la reconnaissance de qui est Dieu. Deutéronome 10:12 place la crainte et l'amour dans le même verset : craindre l'Éternel, ton Dieu, marcher dans toutes ses voies et l'aimer. Dans le livre, craindre et aimer ne rivalisent pas ; la crainte garde l'amour de devenir une intimité sans révérence, et l'amour garde la crainte de devenir de la peur. La lecture quotidienne du lundi relie ce thème à Proverbes 1:7, selon lequel la crainte de l'Éternel est le commencement de la science.

Toi, ton fils et le fils de ton fils. Avant d'ordonner d'aimer, le texte parle déjà de trois générations. La promesse que tes jours soient prolongés est celle du cinquième commandement (5:16) et celle du Texte d'or de la Leçon 4 (5:33) : la longue vie dans le pays est liée à la foi transmise.

Écoute donc et beaucoup. Le verset 3 commence par le même verbe que le Shema : וְשָׁמַעְתָּ (wᵉšāmaʿtā), "et tu écouteras". L'impératif d'écouter en 6:4 est le second du paragraphe. Ici apparaît pour la première fois le mot du Texte d'or, dans son usage courant : afin que tu sois heureux et que vous vous multipliiez beaucoup (תִּרְבּוּן מְאֹד, tirbûn mᵉʾōd). Le "beaucoup" que Dieu promet au peuple en 6:3 est le mot qu'Il redemande en 6:5.

Bloc B (6:4) — Écoute, Israël

"Écoute, Israël ! l’Éternel, notre Dieu, est le seul Éternel." (Deutéronome 6:4)

Écoute. L'hébreu n'a pas de verbe propre pour "obéir" ; il dit "écouter" ou "écouter la voix" (dossier de la Leçon 4, Partie V). C'est pourquoi la revue explique que le Shema est "un appel profond à l'écoute obéissante" (point I.3). Le Shema commence par l'oreille, et non par les yeux : Israël n'a vu aucune figure à Horeb, il a entendu une voix (4:12).

L'Éternel, notre Dieu. Le terme l'Éternel (ou SEIGNEUR en lettres majuscules dans certaines versions) traduit le nom propre de Dieu, les quatre lettres יהוה (YHWH), révélé à Moïse dans le buisson (Exode 3:14-15). Notre Dieu est le langage de l'alliance : le Dieu de tous les peuples s'est fait connaître à ce peuple par son nom.

Seul. Le mot est אֶחָד (ʾeḥād), le numéral "un". La revue a raison de dire que la phrase affirme l'unité de Dieu et, plus encore, son exclusivité : il n'y en a aucun autre digne d'adoration (point I.2 ; Ésaïe 45:5, où l'Éternel déclare qu'il est l'Éternel et qu'il n'y en a point d'autre). Dans l'histoire d'Israël, le Shema fut mis à l'épreuve sur le mont Carmel. Élie demanda au peuple jusqu'à quand il clocherait des deux côtés, l'appelant à suivre l'Éternel s'il est Dieu ou Baal s'il l'est, mais le peuple ne lui répondit rien (1 Rois 18:21). Après le feu, le peuple tomba sur son visage et reconnut que c'est l'Éternel qui est Dieu (18:39). Le peuple du Carmel était le peuple du Shema, boitant entre deux côtés. Le Shema fut retrouvé le visage contre terre. La revue ajoute Ésaïe 42:8, où Dieu déclare qu'il ne donnera pas sa gloire à un autre.

Le Shema et la foi chrétienne en un seul Dieu. Paul cite le Shema aux Corinthiens en rappelant que l'idole n'est rien dans le monde et qu'il n'y a qu'un seul Dieu (1 Corinthiens 8:4), et il y place Jésus : "néanmoins pour nous il n’y a qu’un seul Dieu, le Père, de qui viennent toutes choses et pour qui nous sommes, et un seul Seigneur, Jésus-Christ, par qui sont toutes choses et par qui nous sommes." (1 Corinthiens 8:6). Le théologien britannique Richard Bauckham (Jesus and the God of Israel, 2008) a montré que Paul répartit les mots du Shema, "Dieu" et "Seigneur", entre le Père et Jésus, sans abandonner le monothéisme. Un souci d'honnêteté : l'idée circule que ʾeḥād signifierait "unité composée" et prouverait à lui seul la Trinité. L'argument est faible : ʾeḥād est le numéral courant, utilisé pour un jour, un homme, une pierre. La doctrine de la Trinité ne dépend pas de ce détail ; elle s'appuie sur le témoignage de toute l'Écriture concernant le Père, le Fils et le Saint-Esprit. L'erreur opposée existe aussi : utiliser le Shema contre la divinité de Christ, ce que 1 Corinthiens 8:6 dément.

Bloc C (6:5) — Tu aimeras : le cœur, l'âme et le beaucoup

"Tu aimeras l’Éternel, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force." (Deutéronome 6:5)

1) Peut-on ordonner l'amour ?

"Tu aimeras" est וְאָהַבְתָּ (wᵉʾāhavtā), une forme verbale qui, dans l'hébreu législatif, fonctionne comme un ordre. L'objection est ancienne : un sentiment ne se commande pas. La réponse comporte deux degrés. Le premier vient de l'histoire (Partie II) : dans les traités, "aimer" désignait aussi la loyauté pratique, ce qui peut être ordonné. Le second vient du livre lui-même : Dieu a aimé le premier (7:8 ; 10:15), et le commandement s'adresse à celui qui a déjà été aimé. Jean dit la même chose : "Pour nous, nous l’aimons, parce qu’il nous a aimés le premier." (1 Jean 4:19). Dans la lecture arminienne et wesleyenne, l'ordre d'aimer est accompagné de la grâce qui rend possible d'y obéir ; le Deutéronome lui-même promet que Dieu circoncira le cœur pour aimer l'Éternel, ton Dieu (30:6, thème de la Leçon 8).

2) Le cœur et l'âme

לֵבָב (lēvāv), "cœur", est le siège de la pensée, de la décision et de la volonté (Partie III, point 2d). נֶפֶשׁ (nepeš), "âme", est la vie, le souffle, la personne tout entière ; ailleurs, le mot signifie même "gorge". L'aide dévotionnelle de la revue le résume bien : l'"âme" est l'"être" de quelqu'un (Lawrence Richards). Aimer de toute son âme, c'est aimer avec sa propre vie, et la tradition juive l'a compris ainsi : "même s'Il te prend ton âme" (Mishna, Berakhot 9:5).

3) Ton beaucoup : ce que les anciens ont lu

Le troisième mot est le plus surprenant. Comme nous l'avons vu, מְאֹדֶךָ (mᵉʾōdekā) signifie "ton beaucoup". La traduction grecque a lu "force", et les traductions courantes ont suivi (Partie III, point 3). Les anciens lecteurs juifs ont lu autrement :

SOURCE LECTURE DE "TOUT TON BEAUCOUP"
Targoum Onkelos (traduction araméenne lue dans les synagogues) "avec tous tes biens"
Mishna, Berakhot 9:5 ; Sifré Deutéronome 32 "avec tout ton argent (mamon)"
Mishna, Berakhot 9:5 (deuxième lecture, dans le même passage) "pour chaque mesure qu'Il te mesure, remercie-le beaucoup, beaucoup" : jeu de mots entre meʾód, middâ (mesure) et môdeh (remercier)
Talmud, Berakhot 61b (Rabbi Éliézer) il y a celui à qui son corps est plus cher que son argent et celui à qui son argent est plus cher que son corps ; le commandement ferme les deux portes
Mishna, Berakhot 9:5 (règle pratique) bénir Dieu pour le mal comme on le bénit pour le bien

Les deux lectures réunies disent ce qu'est le "beaucoup" : ce que vous avez (biens, argent) et ce qui vous arrive (chaque mesure que la vie mesure). Aimer Dieu de tout son beaucoup, c'est l'aimer avec ce que l'on possède et avec ce que l'on souffre.

4) Le beaucoup dans la bouche de Jésus

Dans le Sermon sur la montagne, trois versets qui se suivent reprennent les trois mots du Shema. "Car là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur." (Matthieu 6:21) : le cœur. Nul ne peut servir deux maîtres, et vous ne pouvez servir Dieu et Mamon (6:24) : à la place du "beaucoup" se trouve le mot par lequel les maîtres l'expliquaient, μαμωνᾶς (mamōnás), que Matthieu a laissé en araméen. Ne vous inquiétez pas pour votre vie (6:25) : ψυχή (psychḗ), le mot qui traduit l'"âme" du Shema. La direction de 6:21 surprend : le cœur va là où se trouve le trésor. Le beaucoup entraîne le cœur avec lui ; c'est pourquoi il peut devenir un maître. Proverbes décrit la même domination : celui qui emprunte est l'esclave de celui qui prête (Proverbes 22:7), le verset qui suit celui que la revue cite sur l'éducation des enfants (22:6).

5) Le seul homme qui a donné le beaucoup

Avec le pronom suffixé, meʾód ne revient qu'à un seul endroit, dans le résumé de la vie du roi Josias :

"Avant Josias, il n’y eut point de roi qui, comme lui, revînt à l’Éternel de tout son cœur, de toute son âme et de toute sa force, selon toute la loi de Moïse ; et après lui, il n’en a point paru de semblable." (2 Rois 23:25)

C'est le Texte d'or tout entier, appliqué à un homme. Le jour de l'alliance, l'engagement de tous fut de suivre l'Éternel de tout leur cœur et de toute leur âme (23:3) ; le "beaucoup", la Bible ne l'inscrit qu'au compte de la vie de Josias. Qu'est-ce que ce beaucoup lui a acheté ? Le jugement sur Juda vint malgré tout (23:26), il mourut jeune à Megiddo (23:29), et ses fils firent ce qui est mal (23:32, 37 ; 24:19). Mais la prophétesse Hulda lui avait promis qu'il serait recueilli en paix dans son sépulcre et que ses yeux ne verraient pas tout le malheur que Dieu ferait venir sur ce lieu (22:20). Sa mort précoce était une miséricorde promise. Ce que Josias a reçu de Dieu est venu par promesse, par grâce ; le beaucoup n'a rien acheté. Une difficulté honnête : 2 Chroniques 35:22 dit qu'il n'écouta pas les paroles de Néco, qui venaient de la bouche de Dieu ; le texte ne cache pas la faute de l'homme qui a le plus aimé.

6) Le beaucoup mis à l'épreuve : Job et le "en vain"

La question de l'accusateur. Au ciel, devant Dieu, Satan demande si c'est d'une manière désintéressée, en vain, que Job craint Dieu (Job 1:9). Le mot hébreu est חִנָּם (ḥinnām), "gratuitement, en vain, sans rien recevoir". L'accusation retourne contre Dieu la promesse même du Deutéronome, qui dit que les commandements sont donnés afin que tu sois heureux (6:3) et pour notre bien toujours (6:24) : si Dieu promet le bien à celui qui l'aime, celui qui l'aime ne viserait que ce bien. Dieu permet l'épreuve, avec une limite : ne pas porter la main sur lui (1:12), puis épargner sa vie (2:6). Job perd ses biens et ses dix enfants et déclare que l'Éternel a donné, que l'Éternel a ôté, et que le nom de l'Éternel soit béni (1:21).

Le verbe caché. Les deux premiers chapitres de Job tournent autour de בָּרַךְ (bārak), "bénir". Par révérence, l'hébreu évite d'écrire "maudire Dieu" et emploie "bénir" à la place ; c'est pourquoi les traductions, avec raison, rendent ce même verbe de différentes manières selon le contexte : maudire ou pécher contre Dieu dans le cœur (1:5), bénir l'œuvre de ses mains (1:10), maudire ou blasphémer en face (1:11), béni soit le nom de l'Éternel (1:21), maudis Dieu et meurs (2:9). L'accusateur a parié que Job dirait barákh à la face de Dieu ; Job l'a dit, et c'était une bénédiction. Dieu reprend le mot de l'accusateur : Satan l'a excité contre lui pour le perdre sans motif (2:3), de nouveau ḥinnām. Job a souffert gratuitement et a continué d'aimer gratuitement. Bénir dans le malheur est la règle que les maîtres ont tirée du Texte d'or, et Job l'a accomplie avant eux.

La chaîne du "gratuitement". Le mot ḥinnām traverse la Bible. Les Israélites l'ont utilisé pour se souvenir du poisson qu'ils mangeaient gratuitement en Égypte (Nombres 11:5), mais qu'ils payaient de leur dos. Dieu l'a utilisé contre les sacrificateurs en demandant qui parmi eux fermerait les portes pour rien et n'allumerait pas en vain le feu de son autel (Malachie 1:10). Ésaïe l'a utilisé pour le rachat : c'est pour rien que vous avez été vendus, et ce n'est pas à prix d'argent que vous serez rachetés (Ésaïe 52:3). La Septante l'a traduit par δωρεάν (dōreán), "gratuitement", en Job 1:9 et en Ésaïe 52:3, et le Nouveau Testament emploie ce mot pour la grâce : Jésus déclare accompli le psaume disant qu'ils l'ont haï sans cause (Jean 15:25) ; Paul écrit que nous sommes justifiés gratuitement par sa grâce (Romains 3:24) ; et la dernière invitation de la Bible appelle celui qui veut à prendre de l'eau de la vie gratuitement (Apocalypse 22:17). Le mot de l'accusation est devenu le mot du salut.

7) Le beaucoup dans le Nouveau Testament : la veuve et le Fils

La veuve de Marc 12. Trois versets après que Jésus a cité le Shema (Marc 12:29-30), Marc raconte que plusieurs riches mettaient beaucoup dans le tronc, et qu'une pauvre veuve y mit deux petites pièces : tous avaient mis de leur superflu, mais elle, de son nécessaire, avait mis tout ce qu'elle possédait, tout ce qu'elle avait pour vivre (12:41-44). En grec, l'expression traduite par tout ce qu'elle avait pour vivre est ὅλον τὸν βίον αὐτῆς, "toute sa vie", avec le même "tout" (ὅλος) qui se répète dans le Shema en 12:30. Beaucoup de commentateurs lisent cette scène comme le Shema vécu : elle a aimé avec tout le beaucoup qu'elle avait. Il existe une lecture contraire, défendue par Addison Wright (Catholic Biblical Quarterly 44, 1982) : Jésus déplorerait une piété exploitée par ceux qui dévorent les maisons des veuves (12:40), deux versets plus haut. Les deux lectures protègent le pauvre : la veuve est un exemple d'amour, et le système qui l'exploite est condamné. Aucune des deux n'autorise à ôter le pain du pauvre au nom de Dieu.

Le Fils. Lors de la dernière nuit, avant Gethsémané, Jésus dit que le prince du monde vient et n'a rien en lui, mais que c'est afin que le monde sache qu'il aime le Père (Jean 14:30-31). C'est la seule fois dans les Évangiles où Jésus dit, avec ces mots, "j'aime le Père" (ἀγαπῶ τὸν πατέρα). Cette nuit-là et le lendemain, Il a aimé avec les trois mots du Texte d'or : l'âme (son âme est triste jusqu'à la mort, Matthieu 26:38), le cœur qui décide (non pas comme il veut, mais comme le Père veut, 26:39) et le beaucoup (les soldats se partagèrent ses vêtements, Jean 19:23-24). L'accusateur a cherché un prix et n'en a pas trouvé. Le Fils a aimé le Père en perdant tout, et ce qui pour nous est gratuit Lui a tout coûté (2 Corinthiens 8:9). Le thème de Christ accomplissant le grand commandement appartient à la Leçon 13.

8) Beaucoup et récompense

Espérer quelque chose de Dieu est-il un péché ? Non : il faut que celui qui s'approche de Dieu croie que Dieu existe et qu'il est le rémunérateur de ceux qui le cherchent (Hébreux 11:6) ; Moïse a quitté les trésors de l'Égypte parce qu'il avait les yeux fixés sur la rémunération (11:26). Ce qui défait l'accusation de Job 1:9, c'est de savoir quelle est la récompense. Dieu dit à Abram de ne pas craindre, car il est son bouclier et sa très grande récompense (Genèse 15:1) ; "très grande" est הַרְבֵּה מְאֹד (harbēh mᵉʾōd), avec le mot du Texte d'or. La récompense de celui qui aime Dieu de tout son beaucoup, c'est Dieu lui-même. C. S. Lewis (The Weight of Glory, 1941) a établi la distinction classique : celui qui se marie pour l'argent est un mercenaire, mais le mariage est la récompense propre de celui qui aime, et personne ne traite d'intéressé celui qui désire épouser la personne aimée.

Bloc D (6:6-9) — La Parole dans le cœur, dans la bouche, sur la main et sur la porte

"Et ces commandements, que je te donne aujourd’hui, seront dans ton cœur. Tu les inculqueras à tes enfants, et tu en parleras quand tu seras dans ta maison, quand tu iras en voyage, quand tu te coucheras et quand tu te lèveras. Tu les lieras comme un signe sur tes mains, et ils seront comme des fronteaux entre tes yeux. Tu les écriras sur les poteaux de ta maison et sur tes portes." (Deutéronome 6:6-9)

6:6 — D'abord dans le cœur. L'hébreu dit עַל־לְבָבֶךָ (ʿal-lᵉvāvekā), littéralement "sur ton cœur". L'ordre du paragraphe importe : cœur (6:6), enfants (6:7), main et yeux (6:8), maison et portes (6:9). Personne n'enseigne ce qu'il n'a pas gardé. La revue développe ce point en II.1 avec Jérémie 23:29 (la Parole comme un feu et un marteau) et Colossiens 3:16, qui exhorte à ce que la parole de Christ habite en vous abondamment. Habiter, c'est demeurer, non rendre visite. Jésus a relié le cœur rempli à la bouche qui parle : c'est de l'abondance du cœur que la bouche parle (Luc 6:45). La maison où demeure la Parole en parle sans programmation.

6:7 — Aiguiser des flèches. Nous avons vu que le verbe šānan, dans toutes ses autres occurrences, signifie aiguiser une épée ou une flèche (Partie III, point 2e). Le Psaume 127, cité par la revue, complète l'image : "Voici, des fils sont un héritage de l’Éternel, Le fruit des entrailles est une récompense. Comme les flèches dans la main d’un guerrier, Ainsi sont les fils de la jeunesse. Heureux l’homme qui en a rempli son carquois ! Ils ne seront pas confus, Quand ils parleront avec des ennemis à la porte." (Psaume 127:3-5). Une flèche ne reste pas dans le carquois pour toujours : elle est aiguisée et orientée tant qu'elle est encore dans la main. C'est pourquoi le psaume parle des fils de la jeunesse : le temps pour viser est court. Le psaume se termine à la porte, la même qu'en Deutéronome 6:9.

Et tu en parleras. Le verset n'ordonne pas seulement de donner l'exemple ; il ordonne de parler, וְדִבַּרְתָּ בָּם (wᵉdibbartā bām). Les quatre situations, assis dans la maison, marchant en chemin, en se couchant et en se levant, forment ce que les spécialistes appellent un mérisme : deux paires d'extrêmes qui veulent dire "tout le temps, en tout lieu". La science donne raison aux deux moitiés du verset (Partie IX) : les enfants dont les parents parlent avec eux du don ont plus de chances de donner que ceux qui voient seulement l'exemple ; et la foi se transmet mieux des parents aux enfants là où il y a de la chaleur et de la proximité. L'enseignement du foyer a lieu dans la conversation au cœur de la vie, tous les jours.

Deux mises en garde de l'Écriture elle-même. Premièrement, la lame aiguisée coupe aussi : "Et vous, pères, n’irritez pas vos enfants, mais élevez-les en les corrigeant et en les instruisant selon le Seigneur." (Éphésiens 6:4) (cité par la revue) ; "Pères, n’irritez pas vos enfants, de peur qu’ils ne se découragent." (Colossiens 3:21). Le verset utilisé uniquement à l'heure de la réprimande apprend à l'enfant à associer la Parole aux cris. Deuxièmement, "Instruis l’enfant selon la voie qu’il doit suivre ; Et quand il sera vieux, il ne s’en détournera pas." (Proverbes 22:6) est un principe de sagesse, et non une promesse automatique : le père de la parabole du fils prodigue n'a pas commis d'erreur et a eu deux fils loin de lui (Luc 15:11-32).

6:8 — Sur la main et entre les yeux. Comme un signe sur la main et comme des fronteaux entre les yeux (Partie III, point 2f). La formule est née lors de la Pâque : Exode 13:16 dit que le signe sur la main et les fronteaux rappellent que l'Éternel nous a fait sortir d'Égypte par sa main puissante. Le judaïsme a accompli cet ordre à la lettre avec les phylactères (Partie II, point 2) ; l'Église en lit le sens : la Parole gouvernant ce que fait la main et ce que les yeux voient et pensent.

6:9 — Sur les poteaux. Le mot mᵉzûzâ, "poteau de porte", a une histoire biblique qui donne du poids au verset (Partie III, point 2g). C'est sur les poteaux qu'Israël mit le sang de l'agneau la nuit de la Pâque (Exode 12:7, 22-23). C'est au poteau de la porte que la loi ordonnait de percer l'oreille de l'esclave qui déclarait aimer son maître :

"Si l’esclave dit : J’aime mon maître, ma femme et mes enfants, je ne veux pas sortir libre, - alors son maître le conduira devant Dieu, et le fera approcher de la porte ou du poteau, et son maître lui percera l’oreille avec un poinçon, et l’esclave sera pour toujours à son service." (Exode 21:5-6)

Le Deutéronome répète cette loi au chapitre 15 : l'esclave qui dit qu'il ne sortira pas de chez son maître parce qu'il l'aime, lui et sa maison, a l'oreille percée contre la porte et le sert pour toujours (15:16-17). L'amour, l'oreille et la porte : les trois mêmes éléments que le Shema. Sur le poteau où Israël écrirait les paroles d'écouter et d'aimer restait la marque à l'oreille de celui qui était resté par amour. Ce n'était pas un esclavage forcé : c'était la décision libre de celui qui pouvait partir et choisissait de rester. La section "Christ dans la leçon" montre où le Nouveau Testament conduit cette image.

Bloc E (6:10-15) — La maison remplie et le danger d'oublier

"L’Éternel, ton Dieu, te fera entrer dans le pays qu’il a juré à tes pères, à Abraham, à Isaac et à Jacob, de te donner. Tu posséderas de grandes et bonnes villes que tu n’as point bâties, des maisons qui sont pleines de toutes sortes de biens et que tu n’as point remplies, des citernes creusées que tu n’as point creusées, des vignes et des oliviers que tu n’as point plantés. Lorsque tu mangeras et te rassasieras, garde-toi d’oublier l’Éternel, qui t’a fait sortir du pays d’Égypte, de la maison de servitude." (Deutéronome 6:10-12)

Tout par grâce. Quatre fois le texte répète que ce n'est pas toi : que tu n'as point bâties, que tu n'as point remplies, que tu n'as point creusées, que tu n'as point plantées. Le pays est un cadeau. Le "beaucoup" que Dieu demande au verset 5 est le beaucoup qu'Il allait lui-même donner au verset 11. Josué répète cette liste à la fin de la conquête : Dieu leur a donné un pays qu'ils n'avaient point travaillé et des villes qu'ils n'avaient point bâties (Josué 24:13).

Le danger de l'abondance. Manger et se rassasier, puis prendre garde de ne pas oublier l'Éternel (6:11-12). Le verbe est שָׁכַח (šākaḥ), oublier, le même que Moïse utilise en 4:9, 23 (dossier de la Leçon 3) et en 8:11-14, où l'avertissement revient. Israël a oublié Dieu dans le désert par manque ; dans le pays, le risque serait de l'oublier par surplus. C'est le père qui laisse la maison pleine et ses enfants sans son Dieu.

6:13-15 — Crainte, service, serment. "Tu craindras l’Éternel, ton Dieu, tu le serviras, et tu jureras par son nom." (Deutéronome 6:13). Jésus a cité ce verset dans le désert, contre le tentateur qui lui offrait tous les royaumes du monde (Matthieu 4:10) ; ce thème appartient à la Leçon 13. Le verset 15 rappelle que Dieu est un Dieu jaloux au milieu de toi : la jalousie de l'alliance (dossier de la Leçon 4, bloc B).

Bloc F (6:16-19) — Ne pas tenter Dieu comme à Massa

"Vous ne tenterez point l’Éternel, votre Dieu, comme vous l’avez tenté à Massa. Mais vous observerez les commandements de l’Éternel, votre Dieu, ses ordonnances et ses lois qu’il vous a prescrites." (Deutéronome 6:16-17)

Massa veut dire "épreuve, tentation". À Rephidim, sans eau, le peuple chercha querelle à Moïse en demandant si l'Éternel était au milieu d'eux, ou non (Exode 17:7). Tenter Dieu, c'est exiger qu'Il prouve sa présence de la manière qu'on veut, quand on le veut. Jésus a également cité ce verset dans le désert (Matthieu 4:7). L'amour de 6:5 fait confiance sans exiger de signe ; la tentation de Massa aime sous condition.

Bloc G (6:20-25) — Le fils qui pose des questions

"Lorsque ton fils te demandera un jour : Que signifient ces préceptes, ces lois et ces ordonnances, que l’Éternel, notre Dieu, vous a prescrits ? tu diras à ton fils : Nous étions esclaves de Pharaon en Égypte, et l’Éternel nous a fait sortir de l’Égypte par sa main puissante." (Deutéronome 6:20-21)

Lorsque, et non si. Moïse compte sur la question du fils, et la réponse ne commence pas par une règle : elle commence par une histoire, en rappelant qu'ils étaient esclaves de Pharaon. La loi s'explique par la grâce qui l'a précédée. La tradition juive a placé ces versets au centre du repas de la Pâque : dans la Haggada, le "fils sage" pose la question de Deutéronome 6:20, et la réponse de la soirée commence par les mots de 6:21, ʿAvadim hayinu, "Nous étions esclaves". Le cours de la revue a lu le verset 20 et a rappelé que, pour le chrétien, l'histoire de la délivrance inclut désormais la croix.

"L’Éternel nous a commandé de mettre en pratique toutes ces lois, et de craindre l’Éternel, notre Dieu, afin que nous fussions toujours heureux, et qu’il nous conservât la vie, comme il le fait aujourd’hui. Nous aurons la justice en partage, si nous mettons soigneusement en pratique tous ces commandements devant l’Éternel, notre Dieu, comme il nous l’a ordonné." (Deutéronome 6:24-25)

Pour notre bien toujours. Le chapitre se termine comme il a commencé : les commandements sont bien et vie (6:2-3, 24). C'est la promesse que l'accusateur de Job a tenté de transformer en soupçon (bloc C).

Et ce sera notre justice. Le mot est צְדָקָה (ṣᵉdāqâ), le même qu'en Genèse 15:6, lorsque l'Écriture dit d'Abram : "Abram eut confiance en l’Éternel, qui le lui imputa à justice." (Genèse 15:6). Dans le Deutéronome, la phrase se trouve à l'intérieur de la réponse au fils, après avoir rappelé que l'Éternel les a fait sortir d'Égypte : l'obéissance est la vie juste d'un peuple déjà racheté, non le prix du rachat. Dans la lecture arminienne et pentecôtiste, la justice qui sauve vient par la foi en Christ (Romains 3:24 ; 10:4), et l'obéissance est le fruit que cette grâce produit par l'Esprit (Romains 8:4).

Partie V — Théologie de la leçon — huit axes

1. Un seul Seigneur, une seule loyauté

Le Shema affirme qui est Dieu et, par conséquent, à qui appartient le cœur. L'unité de Dieu inclut l'exclusivité. C'est pourquoi Jésus dit que nul ne peut servir deux maîtres (Matthieu 6:24), avec le mot du "seul Seigneur" du Shema grec. L'idolâtrie d'aujourd'hui demande rarement que l'on renie Dieu ; elle demande seulement une partie de la semaine, du revenu, du cœur. Pour le chrétien, le Shema demeure debout et reçoit un nom : un seul Dieu, le Père, et un seul Seigneur, Jésus-Christ (1 Corinthiens 8:6).

2. L'amour qui répond

Le Deutéronome ordonne d'aimer, mais seulement après avoir montré que Dieu a aimé le premier (7:8 ; 10:15). L'amour commandé est une réponse, jamais une conquête. La théologie arminienne et wesleyenne ajoute : la grâce qui précède (grâce prévenante) éveille et rend capable de répondre, sans annuler la liberté de celui qui répond. Dieu ne demande pas d'amour à celui qui n'a pas encore été aimé, et ne force pas l'amour de celui qui l'a été. La foi pentecôtiste confesse comment cet amour parvient jusqu'à nous : l'amour de Dieu est répandu dans nos cœurs par le Saint-Esprit qui nous a été donné (Romains 5:5).

3. Tout ton beaucoup

Le Texte d'or place les possessions et les circonstances à l'intérieur du commandement de l'amour. Le cœur et l'âme sont ce que vous êtes ; le "beaucoup" est ce que vous avez et ce qui vous arrive (Partie IV, bloc C). Jésus en montre le risque : le cœur va là où se trouve le trésor (Matthieu 6:21), et l'argent peut devenir un maître (6:24). Luther a appelé l'argent et les biens, lorsque l'homme y met tout son cœur, "l'idole la plus commune sur la terre" (Grand Catéchisme, premier commandement). Wesley a résumé l'usage chrétien de l'argent en trois règles : gagner tout ce que l'on peut, économiser tout ce que l'on peut et donner tout ce que l'on peut (Sermon 50, The Use of Money). Le beaucoup ou bien va à Dieu, ou bien devient un dieu.

4. Amour gratuit et récompense

L'accusation de Job 1:9 (demandant si c'est d'une manière désintéressée que Job craint Dieu) est la question la plus sérieuse sur la foi : quelqu'un aime-t-il Dieu pour ce qu'Il est ? La Bible répond par une personne, et non par un argument : Job, qui a béni le nom lorsqu'il a tout perdu, et surtout le Fils, qui a aimé le Père afin que le monde sache (Jean 14:31). Elle répond aussi que la récompense existe et qu'elle est bonne (Hébreux 11:6, 26), parce que la récompense, c'est Dieu lui-même (Genèse 15:1). Augustin priait : il t'aime moins, celui qui aime avec toi quelque chose qu'il n'aime pas à cause de toi (Confessions X.29.40).

5. La Parole dans le cœur et au foyer

L'ordre de Deutéronome 6:6-9 va de l'intérieur vers l'extérieur : cœur, enfants, main, yeux, maison, portes. La foi passe de génération en génération par la conversation au fil de la vie (6:7), par l'exemple et par des signes visibles (6:8-9). La promesse de la nouvelle alliance, la loi écrite dans le cœur (Jérémie 31:33 ; Hébreux 10:16), est développée dans la Leçon 7 ; ici, il suffit de noter que le Deutéronome demandait déjà que la Parole soit dans le cœur avant d'être sur la porte.

6. Crainte et amour

Le chapitre s'ouvre et se ferme sur la crainte (6:2, 24) et place l'amour au milieu (6:5). La crainte biblique est une révérence qui reconnaît qui est Dieu ; le Psaume 19 dit que la crainte de l'Éternel est pure et, au verset suivant, déclare les jugements de Dieu plus doux que le miel (Psaumes 19:9-10). Lorsque Jean écrit qu'il n'y a pas de crainte dans l'amour (1 Jean 4:18), il parle de la peur du châtiment, et non de la révérence. Celui qui ne fait que craindre devient esclave ; celui qui aime sans révérence devient familier sans respect. Le Deutéronome demande les deux.

7. Mémoire et oubli

Prends garde de ne point oublier (6:12). Le péché que Moïse redoute le plus dans le pays est l'oubli dans l'abondance. Le remède est la mémoire racontée aux enfants : nous étions esclaves de Pharaon (6:21). L'Église a elle aussi sa mémoire racontée à table : la Cène du Seigneur, célébrée en mémoire de lui (1 Corinthiens 11:24).

8. L'amour parfait, dans la tradition wesleyenne

Pour John Wesley, la "perfection chrétienne" n'était pas l'absence d'erreur, mais le fait d'aimer Dieu de tout son cœur, de toute son âme, de toute sa pensée et de toute sa force, et son prochain comme soi-même, un amour qui exclut le péché volontaire (A Plain Account of Christian Perfection, 1766). Le Shema est, pour la tradition wesleyenne, le but de la sanctification. Ce que la loi demande, l'Esprit le répand ; ce que l'Esprit répand, le croyant le cultive.

Partie VI — Dix erreurs courantes en enseignant cette leçon

1. "Le mot ʾeḥād prouve à lui seul la Trinité"

ʾeḥād est le numéral courant "un". La Trinité s'appuie sur le témoignage de toute l'Écriture, non sur ce détail. L'erreur opposée, utiliser le Shema contre la divinité de Christ, est démentie par 1 Corinthiens 8:6.

2. "Aimer Dieu n'est qu'un sentiment"

Dans le livre, aimer va de pair avec garder, marcher dans ses voies et servir (10:12 ; 11:13). L'amour est à la fois affection et loyauté.

3. "Aimer Dieu, c'est seulement obéir"

L'obéissance sans affection devient ce que la revue appelle une "foi froide", comme celle du fils aîné de la parabole (Luc 15:29-30). Le même Deutéronome demande la joie (16:11) et parle de l'amour de Dieu avec un verbe d'affection (7:7 ; 10:15).

4. ""Forces" veut dire la force physique"

Le mot hébreu est meʾód, "beaucoup" : possessions, capacités et tout ce que la vie mesure pour chacun (Partie IV, bloc C).

5. "Espérer une récompense de Dieu est un péché"

L'Écriture appelle Dieu le rémunérateur de ceux qui le cherchent (Hébreux 11:6). L'erreur est l'amour mercenaire, qui veut le cadeau sans le Donateur ; la récompense propre de celui qui aime Dieu, c'est Dieu lui-même (Genèse 15:1).

6. "Aimer Dieu de tout son beaucoup garantit la prospérité"

Josias a donné le beaucoup et est mort jeune ; Job l'a perdu et a continué d'aimer. Le Texte d'or n'est pas un investissement. La réfutation de la théologie de la prospérité est le thème de la Leçon 7.

7. "Tout donner à l'église, c'est aimer de tout son beaucoup"

Jésus a condamné ceux qui dévorent les maisons des veuves (Marc 12:40), deux versets avant de louer la pauvre veuve. Aimer avec son beaucoup inclut le fait de prendre soin de sa propre famille (1 Timothée 5:8) et d'ouvrir sa main au pauvre (Deutéronome 15:7, 11).

8. "Un verset sur le mur protège la maison"

Deutéronome 6:9 ordonne d'écrire la Parole pour qu'elle soit rappelée et vécue. Jésus a critiqué les phylactères portés pour se faire voir (Matthieu 23:5). La Parole sur la porte est un témoignage, non une amulette.

9. "Proverbes 22:6 garantit que l'enfant ne se détournera jamais"

C'est un principe de sagesse, non une promesse automatique. Des parents fidèles peuvent avoir des enfants éloignés de Dieu ; le père de la parabole en avait deux (Luc 15:11-32).

10. "Jésus a changé le commandement en ajoutant "la pensée""

Les termes grecs du Shema varient déjà dans la Septante (Partie III, point 3). Jésus a cité le même commandement, avec les termes qui couvrent le sens de l'hébreu.

Partie VII — Voix de l'Église : les Pères, les médiévaux et les réformateurs

Polycarpe de Smyrne (v. 155). Amené au stade déjà âgé, il entendit le proconsul lui dire : "Jure, et je te relâche ; insulte le Christ". Il répondit : "Il y a quatre-vingt-six ans que je le sers, et il ne m'a jamais fait aucun mal ; comment puis-je blasphémer mon Roi, qui m'a sauvé ?" (Martyre de Polycarpe 9.3). C'est l'accusation de Job 1:11 (pari qu'il le maudirait en face) à laquelle répond un pasteur chrétien : un amour sans prix.

Augustin d'Hippone (354–430). Dans les Confessions (X.29.40), deux phrases réunies : "il t'aime moins, celui qui aime avec toi quelque chose qu'il n'aime pas à cause de toi", et la prière "Donne ce que tu commandes, et commande ce que tu veux". Dans La Doctrine chrétienne (I.3-4), il a distingué les choses dont on jouit (Dieu seul) des choses dont on use (toutes les autres) : le "beaucoup" doit être utilisé dans l'amour pour Dieu, non savouré à sa place.

Bernard de Clairvaux (1090–1153). Il ouvre le traité De l'amour de Dieu (De diligendo Deo 1.1) par une phrase qui ressemble à un commentaire du "beaucoup" du Texte d'or : "La cause d'aimer Dieu, c'est Dieu ; la mesure, c'est de l'aimer sans mesure" (causa diligendi Deum, Deus est; modus, sine modo diligere).

Martin Luther (1529). Dans le Grand Catéchisme, premier commandement : ce en quoi vous mettez votre cœur et votre confiance est, à proprement parler, votre dieu ; et l'argent et les biens, lorsque l'homme y met tout son cœur, sont "l'idole la plus commune sur la terre". Dans le Petit Catéchisme, le premier commandement s'explique ainsi : nous devons craindre et aimer Dieu et nous confier en lui par-dessus toutes choses.

John Wesley (1703–1791). Dans le sermon The Use of Money (Sermon 50) : gagner tout ce que l'on peut, économiser tout ce que l'on peut, donner tout ce que l'on peut. Dans A Plain Account of Christian Perfection (1766) : la perfection chrétienne est l'amour de Dieu de tout son cœur et du prochain comme soi-même. Le Shema est le centre de la théologie wesleyenne de la sainteté.

Dietrich Bonhoeffer (1906–1945). Dans Le Prix de la grâce (Nachfolge, 1937), il a appelé la "grâce à bon marché" l'ennemie mortelle de l'Église : une grâce qui pardonne sans appeler personne à suivre le Christ. Il fut pendu par les nazis à Flossenbürg le 9 avril 1945. La grâce est gratuite, mais elle n'est pas à bon marché : elle a coûté le Fils.

C. S. Lewis (1898–1963). Dans The Weight of Glory (1941) : il existe des récompenses mercenaires et des récompenses propres ; le mariage est la récompense propre de celui qui aime, et le désirer n'est pas de l'intérêt (Partie IV, bloc C, point 8).

Partie VIII — La lecture juive

Le joug du Royaume avant le joug des commandements. La Mishna demande pourquoi le Shema (Deutéronome 6:4-9) précède le passage sur l'obéissance aux commandements en Deutéronome 11:13-21. Rabbi Josué ben Korcha répond : afin que la personne accepte d'abord sur elle le joug du Royaume des cieux et ensuite le joug des commandements (Berakhot 2:2). D'abord à qui, ensuite quoi.

La phrase murmurée. Après le premier verset du Shema, les Juifs disent à voix basse : "Béni soit le nom de son règne glorieux à jamais et éternellement". Le Talmud (Pessahim 56a) en raconte l'origine : Jacob, sur son lit de mort, craignit que l'un de ses fils ne fût pas fidèle ; ses fils répondirent par le Shema, appelant leur père par le nom que Dieu lui avait donné — Écoute, Israël, l'Éternel, notre Dieu, est le seul Éternel — ; et Jacob, consolé, bénit le nom du Royaume. Comme la phrase ne figure pas dans le texte de Moïse, les maîtres ont ordonné de la dire tout bas.

Les grandes lettres. Le ʿayin de šᵉmaʿ et le dalet de ʾeḥād écrits en plus grand, et les explications du Midrash (Vayikra Rabbah 19:2), du Baal HaTurim et du Kli Yakar (Partie III, point 2a).

Les trois mots du Texte d'or. Mishna, Berakhot 9:5, et Sifré Deutéronome 32 : de tout ton cœur, avec tes deux penchants ; de toute ton âme, même s'Il te prend ton âme ; de tout ton beaucoup, avec tout ton argent, et, selon une autre lecture, pour chaque mesure qu'Il te mesure, remercie-le beaucoup. Targoum Onkelos : "avec tous tes biens". Talmud, Berakhot 61b : Rabbi Éliézer sur ceux à qui l'argent est plus cher que le corps (Partie IV, bloc C).

Rabbi Akiva, avec une note d'honnêteté. Le Talmud (Berakhot 61b) raconte que Rabbi Akiva, exécuté par les Romains pour avoir enseigné la loi, mourut en récitant le Shema et dit qu'il avait attendu toute sa vie d'accomplir "même s'Il te prend ton âme". L'enseignant chrétien doit connaître le reste : le Talmud de Jérusalem (Taanit 4:5) rapporte qu'Akiva acclama Bar Kokhba comme Messie, et Justin Martyr (Première Apologie 31) raconte que, lors de cette révolte, des chrétiens furent châtiés pour avoir refusé de renier le Christ. C'est pourquoi la rubrique "Fala, Pastor!" de cette leçon a utilisé le témoignage de Polycarpe, et non celui d'Akiva.

"L'Éternel sera un." Rachi lit aussi Deutéronome 6:4 comme une promesse : l'Éternel, qui est maintenant notre Dieu et non encore celui des nations, sera un jour reconnu par tous comme le seul, en citant Sophonie 3:9 et Zacharie 14:9.

Servir sans salaire. Antigone de Sokho, l'un des premiers maîtres cités dans la Mishna, enseignait : ne soyez pas comme des serviteurs qui servent le maître en vue de recevoir une récompense, mais soyez comme des serviteurs qui servent le maître sans la condition de recevoir une récompense, et que la crainte du Ciel soit sur vous (Avot 1:3). C'est la réponse juive à la question de Job 1:9.

La nuit de la Pâque. Dans la Haggada, le fils sage pose sa question avec les paroles de Deutéronome 6:20, et la réponse commence par 6:21, rappelant qu'ils étaient esclaves de Pharaon en Égypte (bloc G).

Partie IX — Ce que la science observe

  1. Converser enseigne davantage que donner seulement l'exemple. L'étude Women Give 2013, du Women’s Philanthropy Institute (Lilly Family School of Philanthropy, Université de l'Indiana), a suivi 903 enfants de familles américaines sur deux périodes (données du Panel Study of Income Dynamics). Les enfants de parents qui parlaient avec eux du don avaient environ 20 % de chances en plus de donner ; et le rapport conclut que l'exemple seul ne semble pas aussi efficace que la conversation. Une étude menée auprès de 1 244 adolescents (Mark Ottoni-Wilhelm et ses collègues, Journal of Adolescence 37, 2014) a constaté que l'exemple et la conversation sont tous deux fortement associés au don et au bénévolat. Deutéronome 6:7 demande les deux choses : enseigner et parler. Les données sont observationnelles, et non expérimentales ; elles convergent avec le texte, sans le remplacer.

  2. La foi se transmet mieux là où il y a de la chaleur. Le sociologue Vern Bengtson a suivi des familles américaines depuis 1970 dans le cadre de la Longitudinal Study of Generations et a publié Families and Faith (Oxford University Press, 2013). La transmission de la foi a été plus forte dans les familles marquées par la proximité et l'affection, surtout lorsque le père était perçu comme chaleureux et proche. La revue dit la même chose au point III.3 : un enseignement sans affection engendre une foi froide.

  3. Répéter à des moments espacés fixe mieux la mémoire. Une revue de centaines d'expériences sur la mémoire (Cepeda et ses collègues, Psychological Bulletin 132, 2006) a confirmé ce qu'on appelle l'effet d'espacement : ce qui est repris à des moments répartis dans le temps est retenu bien mieux que ce qui est étudié en une seule fois. Deutéronome 6:7 répartit la Parole tout au long de la journée : à la maison, en chemin, au coucher, au lever.

  4. Le beaucoup qui n'apporte pas le bien-être promis. Une méta-analyse de Helga Dittmar et ses collègues (Journal of Personality and Social Psychology 107, 2014), portant sur 259 échantillons indépendants et 753 résultats, a trouvé une association négative entre le matérialisme et le bien-être : plus la vie tourne autour du fait de posséder, moins la personne a tendance à se porter bien. C'est la direction de Matthieu 6:21 : le trésor entraîne le cœur avec lui.

  5. La domination de la dette. L'enquête Pesquisa de Endividamento e Inadimplência do Consumidor (Peic), de la Confederação Nacional do Comércio, a montré en septembre 2026 que 81,7 % des familles brésiliennes avaient une dette ; le revenu moyen engagé était de 29,6 %, et 19,4 % des familles avaient plus de la moitié de leur revenu engagé. Celui qui emprunte est l'esclave de celui qui prête (Proverbes 22:7).

Partie X — Lexique de la leçon

TEXTE TERME SENS
Deutéronome 6:1 הַמִּצְוָה — hammiṣwâ "le commandement", au singulier, pour la loi dans son ensemble (5:31 ; 7:11 ; 30:11)
Deutéronome 6:1 לְלַמֵּד — lᵉlammēd "pour enseigner", du verbe lāmad (apprendre ; à la forme intensive, enseigner)
Deutéronome 6:2, 13, 24 יָרֵא — yārēʾ craindre, révérer ; la crainte ouvre et ferme le chapitre
Deutéronome 6:3, 4 שָׁמַע — šāmaʿ écouter ; en hébreu, obéir c'est "écouter la voix"
Deutéronome 6:3 מְאֹד — meʾód "beaucoup" (adverbe) : te multiplier beaucoup
Deutéronome 6:4 יהוה — YHWH le nom propre de Dieu, traduit par "l'Éternel"
Deutéronome 6:4 אֶחָד — ʾeḥād "un", "unique" ; avec le dalet écrit en plus grand
Deutéronome 6:5 אָהַב — ʾāhav aimer ; affection et loyauté de l'alliance (la revue écrit "ʾahêb")
Deutéronome 6:5 לֵבָב — lēvāv cœur : pensée, décision et volonté
Deutéronome 6:5 נֶפֶשׁ — nepeš âme, vie, la personne tout entière
Deutéronome 6:5 מְאֹדֶךָ — mᵉʾōdekā "ton beaucoup" ; avec pronom, seulement ici et en 2 Rois 23:25
Deutéronome 6:6 עַל־לְבָבֶךָ — ʿal-lᵉvāvekā "sur ton cœur"
Deutéronome 6:7 שָׁנַן — šānan aiguiser (épée, flèche, langue) ; seulement en Deutéronome 6:7 il signifie enseigner
Deutéronome 6:7 וְדִבַּרְתָּ — wᵉdibbartā "et tu parleras"
Deutéronome 6:8 טֹטָפֹת — ṭôṭāpōt frontaux (ou bandeaux selon les traductions) ; seulement en Exode 13:16 ; Deutéronome 6:8 ; 11:18
Deutéronome 6:9 מְזוּזָה — mᵉzûzâ poteau, montant de porte ; la porte du sang (Exode 12) et de l'oreille percée (Exode 21:6)
Deutéronome 6:12 שָׁכַח — šākaḥ oublier ; le danger de l'abondance
Deutéronome 6:16 מַסָּה — Massâ "épreuve, tentation" ; le lieu où le peuple a exigé un signe (Exode 17:7)
Deutéronome 6:25 צְדָקָה — ṣᵉdāqâ justice ; le même mot qu'en Genèse 15:6
Deutéronome 7:7 ; 10:15 חָשַׁק — ḥāšaq se plaire en, s'attacher à : l'affection de Dieu pour son peuple
Genèse 15:1 הַרְבֵּה מְאֹד — harbēh mᵉʾōd une "très grande" récompense, avec le mot du Texte d'or
Exode 21:5 אָהַבְתִּי — ʾāhavtî "j'aime", dans la bouche du serviteur qui choisit de rester
Job 1:9 ; 2:3 חִנָּם — ḥinnām "en vain", "sans cause", "gratuitement"
Job 1:5–2:9 בָּרַךְ — bārak bénir ; utilisé par révérence au lieu de "maudire Dieu"
Ésaïe 52:3 (LXX) ; Romains 3:24 δωρεάν — dōreán "gratuitement", "pour rien"
Matthieu 6:24 μαμωνᾶς — mamōnás Mammon, la richesse traitée comme un maître (mot araméen)
Matthieu 6:24 κύριος — kýrios "seigneur, maître" ; le même mot que "un seul Seigneur" du Shema grec
Matthieu 23:5 φυλακτήρια — phylaktḗria phylactères ; unique occurrence dans le NT
Marc 12:30 διάνοια; ἰσχύς — diánoia; ischýs pensée (entendement) ; force
Marc 12:44 ὅλον τὸν βίον — hólon tòn bíon "tout ce qu'elle avait pour vivre", toute sa vie
Jean 14:31 ἀγαπῶ τὸν πατέρα — agapō tòn patéra "j'aime le Père"

Partie XI — Tableaux de synthèse

1) Les lectures possibles de Deutéronome 6:4

TRADUCTION ACCENT QUI L'APPUIE
"l'Éternel notre Dieu est le seul Éternel" unité et exclusivité traductions classiques ; tradition chrétienne
"l'Éternel est notre Dieu, l'Éternel est un" unité de Dieu Septante (κύριος εἷς ἐστιν) ; Marc 12:29
"l'Éternel est notre Dieu, l'Éternel seul" exclusivité de l'adoration de nombreux commentateurs modernes
"l'Éternel, qui est maintenant notre Dieu, sera le seul" promesse future Rashi, avec Sophonie 3:9 et Zacharie 14:9

2) "De tout ton cœur et de toute ton âme" dans le Deutéronome

TEXTE CE QUI SE FAIT "DE TOUT SON CŒUR ET DE TOUTE SON ÂME"
4:29 chercher Dieu dans l'exil
6:5 aimer Dieu, et seulement ici "de tout ton beaucoup"
10:12 servir Dieu
11:13 aimer et servir
13:3 aimer Dieu, mis à l'épreuve par le faux prophète
26:16 observer les lois et les ordonnances
30:2 revenir à Dieu et écouter sa voix
30:6 aimer, avec le cœur circoncis par Dieu
30:10 revenir à Dieu

3) "Ton beaucoup" : les deux seules occurrences

TEXTE FORME CONTEXTE
Deutéronome 6:5 mᵉʾōdekā, "ton beaucoup" le commandement donné à tout Israël
2 Rois 23:25 mᵉʾōdô, "son beaucoup" l'éloge de Josias, le seul dont il est dit qu'il a accompli les trois mots
2 Rois 23:3 sans le mot l'engagement du peuple, de tout son cœur et de toute son âme

4) La chaîne du "gratuitement"

TEXTE MOT SENS
Nombres 11:5 ḥinnām, "gratuitement" le poisson d'Égypte, payé de leur dos
Job 1:9 ḥinnām, "en vain" (LXX dōreán) l'accusation : personne n'aime Dieu sans paiement
Job 2:3 ḥinnām, "sans cause" Dieu utilise le mot de l'accusateur
Malachie 1:10 ḥinnām, "en vain" Dieu accuse les sacrificateurs qui ne servent que contre paiement
Ésaïe 52:3 ḥinnām, "pour rien" (LXX dōreán) vendus pour rien, rachetés sans argent
Psaumes 35:19 ; 69:4 → Jean 15:25 "sans cause" (dōreán) la haine contre le Messie, accomplie en Jésus
Romains 3:24 dōreán, "gratuitement" la justification par la grâce
Apocalypse 22:17 dōreán, "gratuitement" la dernière invitation de la Bible

5) Le verbe "bénir" dans Job 1–2

TEXTE SENS DANS LES TRADUCTIONS L'HÉBREU DIT
1:5 ont maudit Dieu dans leur cœur "ont béni"
1:10 tu as béni l'œuvre de ses mains "tu as béni"
1:11 tu verras s'il ne te maudit pas en face "s'il ne te bénit pas en face"
1:21 que le nom de l'Éternel soit béni "béni"
2:9 maudis Dieu et meurs "bénis Dieu"

6) Le Shema en hébreu, en grec et dans les Évangiles

TEXTE TERMES
Deutéronome 6:5 (hébreu) cœur (lēvāv), âme (nepeš), beaucoup (meʾód)
Deutéronome 6:5 (Septante) cœur (kardía), âme (psychḗ), force (dýnamis) ; une partie des manuscrits porte pensée (diánoia)
Matthieu 22:37 cœur, âme, pensée
Marc 12:30 cœur, âme, pensée, force
Luc 10:27 cœur, âme, force, pensée
Marc 12:33 (le scribe) cœur, intelligence (sýnesis), force

7) Le verbe de "tu inculqueras" (šānan) dans la Bible hébraïque

TEXTE CE QUI EST AIGUISÉ
Deutéronome 6:7 les paroles, enseignées aux enfants
Deutéronome 32:41 l'épée étincelante de Dieu
Ésaïe 5:28 ; Psaumes 45:5 ; 120:4 des flèches aiguës
Proverbes 25:18 la flèche aiguë du faux témoin
Psaumes 64:3 ; 140:3 les langues des médisants
Psaumes 73:21 les reins transpercés de piqûres

8) Le poteau de la porte (mᵉzûzâ) dans la Bible

TEXTE CE QUI SE PASSE SUR LE POTEAU DE LA PORTE
Exode 12:7, 22, 23 le sang de l'agneau la nuit de la Pâque
Exode 21:6 l'oreille percée du serviteur qui déclare aimer son maître
Deutéronome 6:9 ; 11:20 les paroles du Shema écrites
Proverbes 8:34 l'homme heureux qui écoute la sagesse en veillant aux poteaux de son entrée
Ésaïe 57:8 le mémorial idolâtre placé derrière les portes et les poteaux : la place de la Parole occupée par l'idole

Christ dans la leçon

Le Shema demande une oreille ouverte et un amour entier. Le Nouveau Testament présente le Serviteur qui a eu les deux. Sur le poteau de la porte, la loi marquait l'oreille du serviteur qui déclarait aimer son maître et ne pas vouloir sortir libre (Exode 21:5, 6). Le Psaume 40 met dans la bouche du juste la déclaration que Dieu n'a voulu ni sacrifice ni offrande, mais qu'Il lui a ouvert les oreilles (Psaumes 40:6), avec un autre verbe hébreu (kārâ, "creuser, ouvrir"), mais la même image du serviteur dont l'oreille appartient à son Seigneur. Hébreux applique ce psaume à Christ qui, en entrant dans le monde, déclare qu'il vient — comme il est écrit de lui dans le rouleau du livre — pour faire la volonté de Dieu (Hébreux 10:5, 7). Le Serviteur d'Ésaïe affirme que le Seigneur éveille chaque matin son oreille pour qu'il écoute, que le Seigneur, l'Éternel, lui a ouvert les oreilles, et qu'il n'a point été rebelle ni ne s'est retiré en arrière (Ésaïe 50:4, 5). Jésus est le Serviteur qui a écouté chaque matin et n'est pas sorti de la maison du Père : il agit comme le Père le lui a commandé, afin que le monde sache qu'il aime le Père (Jean 14:31).

Il a aimé avec les trois mots du Texte d'or : avec l'âme, à Gethsémané ; avec le cœur, en priant que ce ne soit pas sa volonté qui se fasse ; avec son beaucoup, nu sur la croix, lorsqu'on s'est partagé ses vêtements (Matthieu 26:38, 39 ; Jean 19:23, 24). Personne ne lui a ôté la vie : Il l'a donnée de lui-même (Jean 10:18). Et, exalté, Il a répandu l'Esprit qui met cet amour en nous (Romains 5:5). Ce que le Shema a demandé à Israël, Christ l'a accompli ; ce que Christ a accompli, l'Esprit le répand dans le cœur de celui qui croit. Le thème de Christ accomplissant le Deutéronome est celui de la Leçon 13.

Application — ce qui reste pour la semaine

  1. Votre beaucoup devant Dieu. Le beaucoup ou bien va à Dieu, ou bien devient un dieu, et le cœur suit le trésor. Mettez devant Lui, en les nommant, ce que vous avez et ce qui vous est arrivé.

Pour réfléchir : Qu'est-ce qui, dans votre beaucoup, a déjà commencé à vous commander ?

  1. La conversation à la maison. Deutéronome 6:7 ordonne d'inculquer et de parler, sur le canapé, en voiture, en se couchant et en se levant. Les enfants apprennent en voyant et en écoutant. Le verset ne demande pas un culte parfait ; il demande une Parole qui habite à la maison.

Pour réfléchir : Quand vos enfants vous ont-ils entendu parler de Dieu en dehors du culte pour la dernière fois ?

  1. La flèche et la lame. Le verbe traduit par enseigner ou inculquer est celui d'aiguiser des flèches, et une flèche aiguisée blesse aussi. Enseigner sans irriter ses enfants (Éphésiens 6:4), c'est aiguiser avec amour.

Pour réfléchir : Quand votre enfant entend un verset sortir de votre bouche, s'attend-il à une étreinte ou à une réprimande ?

  1. La maison pleine. Des maisons pleines de toutes sortes de biens que l'on n'a pas remplies soi-même, suivies de l'avertissement de prendre garde de ne pas oublier l'Éternel (Deutéronome 6:11, 12). L'abondance est le lieu le plus dangereux pour la mémoire.

Pour réfléchir : Qu'est-ce que Dieu vous a donné que vous avez déjà commencé à traiter comme votre propre conquête ?

  1. L'amour qui reste. Le serviteur d'Exode 21 pouvait sortir libre et a choisi de rester par amour pour son maître. Aimer Dieu gratuitement, c'est rester avec Lui avec ou sans bénédiction, comme Job, et accomplir avec Lui la Vérité pratique : obéissance sincère, enseignement au foyer, Parole pratiquée et amour du prochain.

Pour réfléchir : Si Dieu ne vous donnait plus rien, L'aimeriez-vous pour ce qu'Il est déjà ?

Fala, Pastor! — De tout ton beaucoup — la rubrique du pasteur Jairo Carvalho, dans son intégralité

Texte approuvé pour l'enregistrement (version 3, 9 octobre 2026), reproduit sans modifications. Toutes les citations bibliques ont été vérifiées dans le texte de référence. Les sources de chaque affirmation se trouvent dans le corps de ce dossier : Partie III (hébreu et grec), Partie IV, blocs A, C et G, Partie VII (Polycarpe, Bonhoeffer, Lewis), Partie VIII (Mishna et Talmud) et Partie IX (science).

De tout ton beaucoup

le troisième amour du Shema, le pari du diable et la réponse de la croix

TON BEAUCOUP → EN VAIN ? → GRATUITEMENT

Pasteur Jairo Carvalho • Pasteure Jaciana Carvalho — Église Marcas do Evangelho, Cariacica/ES • 1er novembre 2026

Sur le Texte d'or : La fin du verset parle d'aimer Dieu de toute sa force. En hébreu, le dernier mot de ce verset est le mot "beaucoup". Aujourd'hui, nous allons nous y arrêter : ce qu'il demande, qui parie que personne ne l'accomplit, et comment le Fils l'a accompli sur la croix.

Ouverture — le dernier mot du Texte d'or

Bonjour, mes frères et sœurs ! Quelle joie immense de vous accueillir dans une nouvelle édition d'EBD Online (notre École du dimanche en ligne). Nous arrivons à la Leçon 5 — "Le grand commandement". Le mot-clé de la leçon est amour, et aujourd'hui je veux m'arrêter avec vous sur un seul mot de notre Texte d'or, le dernier, que la traduction cache et que presque personne ne remarque.

"Tu aimeras l’Éternel, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force." (Deutéronome 6:5)

Le cœur et l'âme, nous les connaissons. Le mot que notre Bible a traduit par "force" est une autre histoire. En hébreu, c'est מְאֹד (meʾód), et il apparaît environ trois cents fois dans l'Ancien Testament avec le sens de "beaucoup" ou "très". C'est le mot de Genèse 1:31, lorsque Dieu vit que cela était très bon (Genèse 1:31). Le cœur et l'âme sont des parties de qui vous êtes. "Beaucoup" n'est une partie de personne : c'est une mesure, c'est le combien. Moïse a pris cette mesure et l'a placée dans le commandement comme quelque chose que nous possédons. Au pied de la lettre : tu aimeras l'Éternel, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton beaucoup.

Notre Bible ne s'est pas trompée. Les traductions diffèrent sur ce point, rendant le terme tantôt par pouvoir ou puissance, tantôt par force. La Bible grecque, réalisée avant Christ, a compris ce beaucoup comme la force, et les traductions ont suivi cette voie. Sous les mots de pouvoir et de force se trouve le mot que Moïse a écrit, et il dit beaucoup.

Cela sonne-t-il étrange en français ? En hébreu aussi, c'était rare. Avec le possessif "ton" collé à lui, comme quelque chose que quelqu'un possède, ce mot n'apparaît que deux fois dans la Bible : ici, et à la fin de la vie d'un roi que vous connaissez déjà. Un autre détail : le couple "tout le cœur et toute l'âme" apparaît neuf fois dans le Deutéronome. Dans huit d'entre elles, il s'arrête à l'âme. Ici seulement, il va jusqu'au beaucoup. Moïse a demandé le beaucoup une seule fois, et ne l'a pas répété.

La thèse d'aujourd'hui tient en deux phrases. Votre beaucoup ou bien va à Dieu, ou bien devient votre dieu. Le diable parie que personne n'aime Dieu sans le beaucoup. Avançons en trois étapes : ce qu'est votre beaucoup, le pari du diable, et la réponse que Dieu a donnée sur la croix.

Mouvement 1 — Deutéronome 6:5, 11 ; Matthieu 6:21-25 ; 2 Rois 22:20 ; 23:25 — Ton beaucoup

Qu'est-ce que votre beaucoup ? Les Juifs ont posé cette question bien avant nous. La traduction en araméen qu'on lisait dans les synagogues anciennes a remplacé "tout ton beaucoup" par "tous tes biens". Les anciens maîtres d'Israël l'ont dit d'une manière encore plus directe : "avec tout ton mammon", le mot courant pour l'argent. Ils expliquaient aussi pourquoi le commandement, après avoir demandé l'âme, demande encore le beaucoup : il y a des gens pour qui la vie vaut plus que l'argent, et il y a des gens pour qui l'argent vaut plus que la vie elle-même. Le commandement a fermé les deux portes.

Ils ont donné une seconde lecture, plus profonde. Le beaucoup est aussi tout ce que la vie mesure pour vous, le bon et le mauvais. En hébreu, "beaucoup", "mesure" et "remercier" ont une consonance proche, et ils enseignaient : dans chaque mesure que Dieu te mesurera, remercie-Le beaucoup, beaucoup. De ce verset, ils ont tiré une règle que les Juifs pratiquent jusqu'à aujourd'hui : on doit bénir Dieu pour le mal tout comme on Le bénit pour le bien. Gardez ce verbe, bénir. Il va revenir tout à l'heure, dans un endroit où vous ne l'attendez pas.

Maintenant, écoutez Jésus en ayant le Shema en tête. Dans le Sermon sur la montagne, Il déclare que là où est votre trésor, là aussi sera votre cœur (Matthieu 6:21). Trois versets plus loin, Il affirme que vous ne pouvez pas servir Dieu et Mammon (Matthieu 6:24), et Matthieu a laissé ce mot dans la langue de Jésus, sans le traduire. Juste après, Il demande de ne pas vous inquiéter pour votre vie (Matthieu 6:25), et ce mot pour la vie est le même mot grec qui traduit l'âme du Shema. Cœur, mammon, âme : les trois mots de notre Texte d'or, l'un après l'autre, dans la bouche de Jésus. À la place du beaucoup se trouve le mot avec lequel les maîtres d'Israël l'expliquaient.

Voyez ce que Jésus révèle sur le beaucoup. Le cœur et l'âme ne deviennent pas des dieux ; ils sont vous. Le beaucoup, lui, peut le devenir. Jésus a appelé l'argent un maître, en affirmant que nul ne peut servir deux maîtres (Matthieu 6:24). Voyez aussi la direction de la phrase du verset 21. Jésus n'a pas dit que le trésor va là où est le cœur. Il a dit le contraire : le cœur va là où est le trésor. Le beaucoup emmène le cœur avec lui. Celui qui ne remet pas son beaucoup à Dieu finit par remettre son cœur au beaucoup.

Au Brésil, ce maître commande beaucoup. La Bible avait déjà dit comment il commande : celui qui emprunte est l'esclave de celui qui prête (Proverbes 22:7). En septembre de cette année, près de deux familles brésiliennes sur dix livraient aux dettes plus de la moitié de ce qu'elles gagnent. Mammon ne demande ni autel ni genou fléchi. Il demande le salaire du mois prochain.

Cinq versets après le Texte d'or, Moïse montre d'où viendrait le beaucoup d'Israël. Des villes qu'ils n'avaient pas bâties, des maisons pleines de toutes sortes de biens qu'ils n'avaient pas remplies, des puits creusés qu'ils n'avaient pas creusés, des vignes et des oliviers qu'ils n'avaient pas plantés (Deutéronome 6:11). Le beaucoup que Dieu demande au verset 5 est le beaucoup qu'Il allait Lui-même donner au verset 11. Aimer Dieu de tout son beaucoup, c'est rendre le cadeau au Donateur, avant que le cadeau ne devienne le maître.

Il reste la seconde fois où le mot apparaît. Vous souvenez-vous de Josias, le roi de la Leçon 1, à l'époque duquel le livre de la loi fut trouvé dans le temple, et qui déchira ses vêtements en l'écoutant ? Quand la Bible a résumé sa vie, elle a écrit ainsi :

"Avant Josias, il n’y eut point de roi qui, comme lui, revînt à l’Éternel de tout son cœur, de toute son âme et de toute sa force, selon toute la loi de Moïse ; et après lui, il n’en a point paru de semblable." (2 Rois 23:25)

C'est notre Texte d'or tout entier, appliqué à un seul homme. Le jour de l'alliance, l'engagement de tous avait été de suivre l'Éternel de tout son cœur et de toute son âme (2 Rois 23:3). Le beaucoup, la Bible ne l'a enregistré qu'à la fin, au bilan de la vie de Josias. Dans toute la Bible hébraïque, aucun autre être humain ne reçoit cette phrase.

Qu'est-ce que le beaucoup a acheté pour Josias ? Le verset suivant répond que, toutefois, l'Éternel ne se désista pas de l'ardeur de sa grande colère dont Il brûlait contre Juda (2 Rois 23:26). Le jugement vint malgré tout, et Josias mourut avant lui, à Megiddo, encore jeune (2 Rois 23:29). De ses fils, l'un après l'autre, la Bible écrit qu'ils firent ce qui est mal aux yeux de l'Éternel (2 Rois 23:32, 37 ; 24:19). Maintenant, lisez ce que Dieu avait promis à Josias par la prophétesse Hulda, le jour où le livre fut trouvé : Dieu allait le recueillir auprès de ses pères, il serait recueilli en paix dans son sépulcre, et ses yeux ne verraient pas tout le mal que Dieu ferait venir sur ce lieu (2 Rois 22:20). La mort précoce faisait partie de la promesse. C'était une miséricorde : il ne verrait pas la fin. Le seul homme qui ait aimé Dieu de tout son beaucoup n'a acheté avec cela ni l'avenir du pays, ni la foi de ses fils. Ce qu'il a reçu de Dieu est venu par promesse, gratuitement.

Alors, pourquoi aimer Dieu ainsi ? La question est ancienne, et la Bible montre qui aime la poser.

Mouvement 2 — Job 1:5-11, 20-22 ; 2:3-10 ; 42:7 — En vain ?

La scène qui ouvre le pari se passe au ciel, et c'est Dieu qui lance le sujet en demandant à Satan s'il a remarqué son serviteur Job, car il n'y a personne comme lui sur la terre (Job 1:8). Dieu est fier d'un homme. Le diable répond :

"Et Satan répondit à l’Éternel : Est-ce d’une manière désintéressée que Job craint Dieu ? Ne l’as-tu pas protégé, lui, sa maison, et tout ce qui est à lui ? Tu as béni l’œuvre de ses mains, et ses troupeaux couvrent le pays. Mais étends ta main, touche à tout ce qui lui appartient, et je suis sûr qu’il te maudit en face." (Job 1:9-11)

"En vain", en hébreu, c'est חִנָּם (ḥinnám) : gratuitement, sans rien recevoir. C'est le même mot que nous avons vu dimanche dernier, quand Israël a dit qu'en Égypte il mangeait du poisson gratuitement (Nombres 11:5). Là-bas, c'était un mensonge, parce que le poisson était payé de leur dos. Ici, c'est une accusation : Job est payé pour aimer Dieu. C'est la thèse qui se répète aujourd'hui dans n'importe quel bureau : tout homme a son prix. Remarquez qui l'accusation vise. Si Job n'aime que parce qu'il reçoit, alors personne n'aime Dieu pour ce qu'Il est. La cible du diable, c'est Dieu lui-même, un Dieu qui ne serait aimé que tant qu'Il paie. Retirez le paiement, et l'amour s'arrête.

Notez la ruse. Dieu n'a jamais caché qu'Il bénit celui qui L'aime. Dans le même chapitre que notre Texte d'or, Il dit que les commandements sont donnés afin que tu sois heureux (Deutéronome 6:3) et pour notre bien toujours, afin de nous conserver la vie (Deutéronome 6:24). Le diable a pris la promesse de Dieu et en a fait une accusation : si Dieu promet le bien à celui qui L'aime, celui qui L'aime lorgne sur le bien. La promesse est devenue suspecte. Il n'y avait qu'une seule façon de répondre : un homme qui perdrait le bien et continuerait d'aimer.

Maintenant, voici le verbe que je vous ai demandé de garder en mémoire. Ce début de livre tourne autour d'un seul mot hébreu, et notre traduction, à juste titre, le traduit de plusieurs manières. Le mot est בָּרַךְ (barákh), bénir. Job offrait des holocaustes pour ses fils parce qu'il se disait que ses fils avaient peut-être péché et avaient maudit Dieu dans leur cœur (Job 1:5) ; en hébreu, "ont béni". Le diable dit à Dieu qu'Il a béni l'œuvre de ses mains (Job 1:10) ; c'est le même verbe. Ensuite, il parie que Job finira par le maudire en face (Job 1:11) ; en hébreu, "s'il ne te bénit pas en face". Par révérence, l'hébreu évitait d'écrire "maudire Dieu" et utilisait "bénir" à la place. Relisez le pari : Dieu a béni Job, et le diable garantit qu'une fois la bénédiction retirée, Job va "bénir" Dieu dans le mauvais sens, en pleine face.

En un seul jour, quatre messagers arrivèrent. Les bœufs et les ânesses, emportés. Les brebis, brûlées. Les chameaux, emportés. Le dernier apporta la pire nouvelle : la maison s'était écroulée sur ses enfants, et ils étaient morts. Dix enfants. Job se leva, déchira son manteau, se rasa la tête, se jeta par terre et se prosterna. Il dit :

"et dit : Je suis sorti nu du sein de ma mère, et nu je retournerai dans le sein de la terre. L’Éternel a donné, et l’Éternel a ôté ; que le nom de l’Éternel soit béni !" (Job 1:21)

"Béni", en hébreu, c'est le même barákh. Le diable avait prévu que Job dirait ce mot devant Dieu. Job l'a dit. C'était une bénédiction. Qu'a-t-il béni ? Les biens étaient partis, les enfants aussi. Il restait le Nom, et c'est le Nom qu'il a béni : qui Dieu est, avant tout ce que Dieu donne.

Au chapitre suivant, Dieu lui-même utilise le mot du diable. Il dit que Satan l'a excité contre Job pour le perdre sans cause (Job 2:3), et cette expression "sans cause" est le même ḥinnám. Job a souffert gratuitement et a continué d'aimer gratuitement. Le diable n'a pas renoncé, affirmant que l'homme donne peau pour peau et tout ce qu'il possède pour sa vie (Job 2:4). Ce mot pour la vie est le même mot que notre Texte d'or traduit par "âme". Le diable connaît le Shema : il a attaqué d'abord le beaucoup, puis l'âme. Dieu l'a permis, et a posé une limite, comme Il l'avait déjà posée la première fois en ordonnant de ne pas étendre la main sur lui (Job 1:12) ; et maintenant en ordonnant d'épargner sa vie (Job 2:6). Le diable ne fait pas ce qu'il veut. Il fait ce qui lui est permis, jusqu'où cela lui est permis.

La maladie vint, de la plante du pied jusqu'au sommet de la tête. Sa femme, qui avait perdu les mêmes dix enfants, lui dit de maudire Dieu et de mourir ; en hébreu, c'est encore une fois le verbe bénir à l'envers. Ne jugez pas cette femme trop vite : sa douleur avait la taille de celle de son mari. Job répondit en demandant si nous recevrions de Dieu le bien et ne recevrions pas aussi le mal (Job 2:9, 10). Le diable a perdu son pari deux fois.

Cette réponse de Job est la règle que les maîtres d'Israël ont tirée de notre Texte d'or : bénir Dieu pour le mal comme on Le bénit pour le bien. Le verbe de la règle est le même verbe que celui du livre de Job. Aimer de tout son beaucoup inclut le jour où le beaucoup s'en va.

Les maîtres ont lu les trois mots du Texte d'or ainsi : de toute ton âme, même s'Il te prend ton âme ; de tout ton beaucoup, avec tout ton argent. Job a vécu le troisième mot. Le deuxième, un pasteur de l'Église ancienne l'a vécu devant une foule. Polycarpe, pasteur à Smyrne, vers l'an 155, fut amené dans sa vieillesse au stade, et le gouverneur lui offrit une porte de sortie : "Jure, et je te relâche. Insulte le Christ." Rappelez-vous le pari du diable, selon lequel l'homme finirait par blasphémer Dieu en face. Le vieillard répondit : "Il y a quatre-vingt-six ans que je le sers, et il ne m'a jamais fait aucun mal. Comment puis-je blasphémer mon Roi, qui m'a sauvé ?" On lui offrit la vie en échange d'un blasphème, et il n'avait pas de prix. Tout à l'heure, nous verrons qui a vécu les trois.

Un mot d'attention pastorale pour ceux qui sont en deuil ou qui ont beaucoup perdu. Job n'a pas fait semblant : il a déchiré son manteau, s'est jeté par terre, et ensuite il a pleuré, s'est plaint et a posé à Dieu des questions dures, chapitre après chapitre. À la fin, Dieu a repris les amis qui avaient répondu à sa douleur par des phrases toutes faites, leur disant qu'ils n'avaient pas parlé de Lui avec droiture comme l'avait fait son serviteur Job (Job 42:7). Bénir dans le malheur, c'est continuer à tenir la main de Dieu tout en pleurant.

C'est ici que le Shema entre à la maison. Deux versets après le Texte d'or, Moïse ordonne deux choses : les inculquer à ses enfants et en parler lorsqu'on est assis dans sa maison et lorsqu'on marche en chemin (Deutéronome 6:7). Enseigner et parler. Le troisième amour s'enseigne avec la main, dans ce que vos enfants vous voient faire de votre beaucoup, et il s'enseigne avec la bouche. Une université américaine a suivi neuf cent trois enfants pendant des années pour voir ce qui amenait un enfant à donner aux autres. L'exemple des parents comptait. La conversation comptait davantage : les enfants de parents qui leur parlaient du don avaient environ vingt pour cent de chances de plus de donner, et l'exemple seul, sans parole, ne suffisait pas. Moïse avait ordonné les deux choses trois mille ans plus tôt. Votre enfant apprendra ce que signifie aimer Dieu de tout son beaucoup en voyant ce que vous faites du vôtre, et en vous entendant en parler : quand l'argent arrive, quand la maladie arrive, quand l'emploi s'en va.

Mouvement 3 — Ésaïe 52:3 ; 53:5 ; Jean 14:30, 31 ; Matthieu 26:38, 39 ; Genèse 15:1 ; Hébreux 11:6 ; Romains 5:5 — Gratuitement

La question du diable reste en suspens : quelqu'un aime-t-il Dieu gratuitement ? La Bible ne répond pas par un argument. Elle répond par une Personne, et commence par un prophète. Ésaïe a écrit au peuple captif qu'il avait été vendu pour rien, et qu'il serait aussi racheté sans argent (Ésaïe 52:3). "Pour rien" est le même ḥinnám que dans Job. Le peuple avait été vendu gratuitement et serait racheté sans argent. Dix versets plus loin commence le cantique du Serviteur, et là se trouve le prix que l'argent n'a pas payé :

"Mais il était blessé pour nos péchés, Brisé pour nos iniquités ; Le châtiment qui nous donne la paix est tombé sur lui, Et c’est par ses meurtrissures que nous sommes guéris." (Ésaïe 53:5)

Maintenant, le mot fait un tour complet. Quand les Juifs ont traduit les Écritures en grec, avant Christ, ils ont mis à la place de ce "en vain" de Job le mot δωρεάν (dōreán) : gratuitement. Le même mot est resté pour le "pour rien" d'Ésaïe. Jésus l'a déclaré accompli en Lui, afin que s'accomplisse la parole écrite dans leur loi selon laquelle ils l'ont haï sans cause (Jean 15:25), la parole d'un psaume écrit des siècles plus tôt avec le même ḥinnám. Paul l'a utilisé pour parler de nous, affirmant que nous sommes justifiés gratuitement par sa grâce (Romains 3:24). La Bible le répète dans sa dernière invitation : que celui qui veut prenne gratuitement de l'eau de la vie (Apocalypse 22:17). Le mot avec lequel le diable a accusé Job est devenu le mot avec lequel Dieu sauve le monde.

Il manquait quelqu'un pour répondre au diable de front. La dernière nuit, avant de sortir vers Gethsémané, Jésus a dit ceci :

"Je ne parlerai plus guère avec vous ; car le prince du monde vient. Il n’a rien en moi ; mais afin que le monde sache que j’aime le Père, et que j’agis selon l’ordre que le Père m’a donné, levez-vous, partons d’ici." (Jean 14:30-31)

Lisez lentement. Le prince de ce monde vient : c'est l'accusateur du livre de Job qui arrive. Jésus dit qu'il n'a rien en Lui. En grec, la phrase sonne comme un langage juridique : il n'a rien contre moi, aucun droit sur moi. Dans Job, l'accusateur avait de quoi pointer du doigt : la haie, les biens, le bétail. En Jésus, il a cherché un prix et n'en a pas trouvé. Ensuite vient la seule phrase de toute la Bible où Jésus dit directement qu'Il aime le Père. Il l'a dit ici, en chemin vers la croix, et Il a dit pourquoi : afin que le monde sache.

Cette nuit-là, le Fils a aimé le Père avec les trois mots de notre Texte d'or. L'âme : Il déclare que son âme est triste jusqu'à la mort (Matthieu 26:38). Le cœur, qui dans la Bible est le lieu où l'on décide : Il prie que ce ne soit toutefois pas comme Il veut, mais comme le Père veut (Matthieu 26:39). Le beaucoup : sur la croix, les soldats se sont partagé ses vêtements et ont tiré sa tunique au sort (Jean 19:23, 24). Il est mort sans rien. Personne ne lui a arraché cela : Il affirme que personne ne lui ôte sa vie, mais qu'Il la donne de lui-même (Jean 10:18). Le diable a demandé si quelqu'un aimerait Dieu gratuitement. Le Fils a répondu sur la croix, et Il a répondu pour nous.

Alors, attendre quelque chose de Dieu, est-ce un péché ? La Bible dit que non : il faut que celui qui s'approche de Dieu croie que Dieu existe et qu'Il est le rémunérateur de ceux qui le cherchent (Hébreux 11:6). De Moïse, qui a quitté les trésors de l'Égypte, elle dit qu'il avait les yeux fixés sur la rémunération (Hébreux 11:26). Ce qui défait l'accusation du diable, c'est de savoir quelle est la récompense. Dieu a dit à Abram de ne pas craindre, car Il est son bouclier et sa très grande récompense (Genèse 15:1). L'expression traduite par "très grande", en hébreu, porte le mot de notre Texte d'or : une récompense beaucoup, beaucoup grande, et la récompense, c'est Dieu lui-même. Celui qui se marie pour l'argent est intéressé ; celui qui se marie par amour veut la personne, et nul n'appelle cela de l'intérêt, parce que la personne est la récompense propre de l'amour. Le diable a accusé Job d'aimer pour le paiement. Job aimait Celui qui le bénissait, avec ou sans bénédiction. La récompense de celui qui aime Dieu de tout son beaucoup, c'est Dieu lui-même.

Ce qui pour nous est gratuit lui a tout coûté : de riche qu'Il était, Il s'est fait pauvre pour vous par amour (2 Corinthiens 8:9). Un pasteur allemand, pendu par les nazis en avril 1945, a écrit que la grâce à bon marché est l'ennemie mortelle de l'Église : une grâce qui pardonne sans appeler personne à suivre. La grâce de Dieu est gratuite, mais elle n'a jamais été bon marché. Cet amour ne reste pas non plus à l'extérieur : l'amour de Dieu est répandu dans nos cœurs par le Saint-Esprit qui nous a été donné (Romains 5:5). Le Saint-Esprit met en nous l'amour que le Shema demande. Celui qui a été aimé gratuitement n'a plus besoin de paiement pour aimer.

Application — Ce qui reste pour la semaine

Premièrement : votre beaucoup ou bien va à Dieu, ou bien devient votre dieu, et le cœur le suit.

La question : Qu'est-ce qui, dans votre beaucoup, a déjà commencé à vous commander ?

Deuxièmement : le troisième amour est mis à l'épreuve le jour où le beaucoup s'en va, et vos enfants regardent.

La question : Si tout cela s'en allait demain, que vous verraient faire vos enfants ?

Troisièmement : le diable parie encore que vous n'aimez Dieu que pour ce que vous recevez. Sur la croix, le Fils a aimé le Père en perdant tout, et l'Esprit répand cet amour en celui qui croit.

La question : Si Dieu ne vous donnait plus rien, L'aimeriez-vous pour ce qu'Il est déjà ?

Conclusion — de tout ton beaucoup

Mes frères et sœurs, Moïse n'a demandé le beaucoup qu'une seule fois, et la Bible n'a enregistré qu'un seul homme qui l'ait donné. Jésus a montré que le beaucoup ou bien sert Dieu, ou bien devient un maître. Le diable a parié que personne n'aime Dieu sans paiement, et Job, en deuil, a béni le nom de l'Éternel. Sur la croix, le Fils a aimé le Père en perdant tout, et l'Esprit répand cet amour en nous.

Celui qui aime Dieu gratuitement reste-t-il sans rien ? À la fin du livre, avant que Dieu ne lui rende aucun bien, Job a déclaré que son oreille avait entendu parler de Lui, mais que maintenant son œil L'avait vu (Job 42:5). Il a commencé en écoutant, comme l'ordonne le Shema, et a terminé en voyant. Ensuite, le livre se referme avec le verbe du début : l'Éternel bénit la dernière condition de Job plus que la première (Job 42:12). Les troupeaux vinrent au double. Pour les enfants, il eut sept fils et trois filles (Job 42:13), le même nombre qu'avant : un enfant ne se remplace ni ne se double, et la Bible n'a pas feint le contraire. La promesse du Deutéronome s'est accomplie, après que l'amour eut été éprouvé sans elle. Avant les troupeaux, Job a reçu la récompense : il a vu Dieu.

Revenez au Texte d'or. Maintenant, vous savez ce qui est écrit sous le mot force : votre beaucoup, ce que vous avez et ce qui vous arrive. Personne n'aime Dieu ainsi pour gagner quelque chose. On aime parce qu'on a déjà été aimé.

La décision de cette semaine commence par une prière. Mettez votre beaucoup devant Dieu, en le nommant : la maison, le salaire, les enfants, la santé, le projet qui vous tient le plus à cœur. Dites-Lui que vous L'aimez avec cela et sans cela. Ouvrez la main pour quelqu'un qui est dans le besoin, comme Moïse l'a ordonné dans le même livre : tu n'endurciras point ton cœur et tu ne fermeras point ta main devant ton frère pauvre (Deutéronome 15:7), mais tu lui ouvriras largement ta main (Deutéronome 15:11). Laissez vos enfants voir cela, et dites-leur pourquoi. Qu'un jour on puisse écrire de vous ce qu'on a écrit de Josias. Le diable a parié que personne n'aime Dieu gratuitement. Que votre maison soit une preuve de plus qu'il a perdu.

Que Dieu bénisse profondément chacun de vous. Et nous nous retrouvons lors de notre prochaine EBD Online.

☩ SOLI DEO GLORIA ☩

L'Écriture gouverne ; tout le reste, à genoux.

Annexe A — Trois plans de prédication à partir de Deutéronome 6

Plan 1 — "De tout ton beaucoup"

Thèse : le dernier mot du Texte d'or est "beaucoup" ; votre beaucoup ou bien va à Dieu, ou bien devient votre dieu ; le diable parie que personne n'aime Dieu sans paiement, et le Fils a répondu sur la croix. Mouvements : (1) Ton beaucoup (Deutéronome 6:5, 11 ; Matthieu 6:21-25 ; Proverbes 22:7 ; 2 Rois 22:20 ; 23:25) ; (2) En vain ? (Job 1:5-12, 20-22 ; 2:3-10 ; 42:7 ; Deutéronome 6:7) ; (3) Gratuitement (Ésaïe 52:3 ; 53:5 ; Jean 15:25 ; Romains 3:24 ; Jean 14:30, 31 ; Matthieu 26:38, 39 ; Genèse 15:1 ; Hébreux 11:6, 26 ; 2 Corinthiens 8:9 ; Romains 5:5). Ce plan a servi de trame à la rubrique "Fala, Pastor!" de cette leçon, reproduite dans son intégralité ci-dessus.

Plan 2 — "Le fils qui avait tout"

Thèse : on peut habiter dans la maison du Père toute sa vie sans avoir le cœur du Père ; et le Père sort deux fois de la maison pour chercher ses deux fils. Mouvements : (1) Le fils qui est parti avec l'héritage (Luc 15:11-24) ; (2) Le fils qui est resté et n'est pas entré, reprochant à son père de le servir depuis tant d'années sans jamais transgresser son commandement et sans jamais recevoir même un chevreau (Luc 15:25-30) ; (3) Le Père qui sort : il court vers le cadet (Luc 15:20) et supplie l'aîné en lui rappelant qu'il est toujours avec lui et que tout ce qu'il a est à lui (Luc 15:28-32), avec Deutéronome 6:7 et 6:20, 21. Bon pour les cultes de famille. Attention pastorale : ne pas culpabiliser les parents d'enfants éloignés de la foi (le père de la parabole n'a pas failli), et rappeler que la parabole se termine de façon ouverte.

Plan 3 — "Des flèches aiguisées"

Thèse : le verbe traduit par "tu inculqueras" est celui d'aiguiser des flèches ; les enfants sont des flèches destinées à être lancées, et non gardées ; la même lame qui aiguise peut aussi blesser. Mouvements : (1) La Parole dans le cœur avant la bouche (Deutéronome 6:6 ; Luc 6:45 ; Colossiens 3:16) ; (2) Aiguiser et viser pendant que la flèche est dans la main (Deutéronome 6:7 ; Psaumes 127:3-5 ; Proverbes 22:6 comme principe) ; (3) Sans irriter, sur le seuil de l'amour (Éphésiens 6:4 ; Colossiens 3:21 ; Deutéronome 6:9 ; Exode 21:5, 6). Bon pour le culte de la famille, la présentation d'enfants et les rencontres de parents. Attention pastorale : étendre l'image aux "enfants dans la foi" de ceux qui n'ont pas d'enfants.

Annexe B — Soutien à l'enseignant en classe

Plan de cours suggéré — 50 minutes

TEMPS QUOI FAIRE
0-5 min Suivez la suggestion de la revue : montrez une Bible, une photographie de famille et un objet de valeur, puis demandez : "Lequel de ces héritages a le plus de valeur et dure le plus longtemps ?"
5-12 min Lecture en classe (Deutéronome 6:1-9). Montrez les deux grandes lettres du Shema et ce qu'elles forment : "témoin".
12-22 min Point I : "voici le commandement" (singulier), le Shema, le mont Carmel (1 Rois 18:21, 39) et 1 Corinthiens 8:6.
22-34 min Point II : Deutéronome 6:6-9. Le verbe de "tu inculqueras" est celui d'aiguiser des flèches (Psaumes 127:3-5) ; enseigner et parler (l'étude sur la conversation et l'exemple) ; le poteau de la porte de la Pâque et du serviteur qui aime (Exode 12 ; 21:5, 6).
34-45 min Point III : l'amour. Montrez que le mot traduit par "force" signifie "beaucoup" ; Josias (2 Rois 23:25) ; la question de Job 1:9 ; la récompense de Genèse 15:1.
45-50 min Application de la revue : mettez chaque élève au défi de réserver, cette semaine, un moment pour lire la Bible en famille et partager un enseignement. Prière.

Questions que les élèves posent souvent — avec réponses

  1. Comment peut-on ordonner à quelqu'un d'aimer ? Dans la Bible, aimer Dieu est à la fois affection et loyauté. Dieu ordonne d'aimer après avoir aimé le premier (Deutéronome 7:8 ; 1 Jean 4:19), et sa grâce rend la réponse possible. L'Esprit répand cet amour dans le cœur de celui qui croit (Romains 5:5).

  2. Le Shema nie-t-il la Trinité ? Non. Il affirme qu'il y a un seul Dieu, et la foi chrétienne l'affirme aussi. Paul cite le Shema et y inclut Jésus : il y a pour nous un seul Dieu, le Père, et un seul Seigneur, Jésus-Christ (1 Corinthiens 8:6). D'autre part, le mot ʾeḥād à lui seul ne prouve pas la Trinité ; la doctrine s'appuie sur toute l'Écriture.

  3. Pourquoi la revue dit-elle "pouvoir" alors que ma Bible dit "force" ? Les deux traduisent le mot hébreu meʾód, qui signifie "beaucoup". L'ancienne Bible grecque l'a traduit par "force", et les versions ont suivi. Le sens est "de tout ton beaucoup" : ce que vous avez et ce qui vous arrive.

  4. Puis-je avoir des versets au mur ou sur des objets ? Oui, comme rappel et témoignage (Deutéronome 6:9). Ce que Jésus a condamné, c'est d'utiliser la Parole pour se faire voir (Matthieu 23:5), et ce qu'il ne faut pas faire, c'est traiter le verset comme une amulette.

  5. J'ai enseigné mon enfant et il s'est détourné. Ai-je échoué ? Proverbes 22:6 est un principe, pas une promesse automatique. Le père de la parabole n'a pas commis d'erreur et il a eu deux fils loin de lui. Continuez à prier, à parler et à garder la porte ouverte, comme le père qui est sorti deux fois (Luc 15:20, 28-32).

  6. Attendre la bénédiction de Dieu, est-ce un amour intéressé ? Non. Dieu est le rémunérateur de ceux qui le cherchent (Hébreux 11:6). L'intéressé est celui qui veut le cadeau et se passe du Donateur. La récompense de celui qui aime Dieu, c'est Dieu lui-même (Genèse 15:1).

  7. Pourquoi Jésus a-t-il cité le commandement avec "pensée" (ou "entendement") ? Les termes grecs variaient déjà dans la Septante ; les Évangiles utilisent quatre mots pour couvrir le sens des trois mots hébreux (Partie III, point 3). Jésus n'a pas changé le commandement.

  8. Comment celui qui n'a pas d'enfants accomplit-il Deutéronome 6:7 ? En enseignant et en parlant de Dieu aux enfants dans la foi, aux neveux et nièces, aux élèves, aux plus jeunes de l'église. Le texte exclut la maison muette, non la maison sans enfants.

Questionnaire de révision — avec réponses

Les cinq premières sont celles de la revue ("Révision du contenu"), avec la réponse officielle. Les autres ont été ajoutées par ce dossier.

  1. Comment Deutéronome 6 présente-t-il les commandements ? Deutéronome 6 présente les commandements comme des instruments divins pour former un peuple saint et exemplaire parmi les nations (Deutéronome 6:1-3).

  2. Par quoi la réponse d'Israël aux commandements devait-elle être marquée ? La réponse d'Israël aux commandements devait être marquée par un amour exclusif pour Dieu, fondé sur sa révélation et son action rédemptrice en les délivrant d'Égypte.

  3. Que introduit l'expression écoute, Israël, et de quoi s'agit-il ? L'expression écoute, Israël introduit un appel profond à l'écoute obéissante (Deutéronome 6:5). Il ne s'agit pas seulement d'entendre avec les oreilles, mais d'accueillir la Parole avec attention, d'y réfléchir et de la mettre en pratique. (Note du dossier : l'expression se trouve en Deutéronome 6:4.)

  4. Comment Moïse oriente-t-il l'enseignement de Deutéronome 6 à l'égard des enfants ? Moïse oriente cet enseignement pour qu'il ait lieu en tout temps, en s'asseyant, en marchant, en se couchant et en se levant, et montre qu'il ne doit pas être occasionnel, mais continu, pratique et relationnel.

  5. Que se passe-t-il lorsque l'enseignement et l'action sont pratiqués sans amour ? L'enseignement et l'action sans amour deviennent formels et n'atteignent pas le cœur. Lorsque l'affection manque, il se forme une foi froide, comme celle du fils aîné dans la parabole du fils prodigue (Luc 15:11-32).

  6. Que signifie "Shema" et quels passages forment la récitation quotidienne ? "Écoute". La récitation réunit Deutéronome 6:4-9, Deutéronome 11:13-21 et Nombres 15:37-41 (Mishna, Berakhot 2.2).

  7. Quelles lettres sont écrites en plus grand dans Deutéronome 6:4, et que forment-elles ensemble ? Le ʿayin de šᵉmaʿ et le dalet de ʾeḥād ; ensemble, elles forment ʿēd, "témoin" (Ésaïe 43:10).

  8. Quel mot hébreu se trouve derrière "force", et que signifie-t-il ? Meʾód, "beaucoup". Littéralement : "de tout ton beaucoup".

  9. Dans quel autre passage la Bible utilise-t-elle "son beaucoup", et de qui parle-t-elle ? Dans 2 Rois 23:25, dans l'éloge de Josias, le seul dont il est dit qu'il revint à l'Éternel de tout son cœur, de toute son âme et de toute sa force.

  10. Comment les anciens lecteurs juifs ont-ils expliqué "tout ton beaucoup" ? "Avec tous tes biens" (Targum Onkelos), "avec tout ton argent" et "pour chaque mesure qu'Il te mesurera, remercie-le beaucoup" (Mishna, Berakhot 9.5).

  11. Quel verbe hébreu se trouve derrière "tu les enseigneras", et que signifie-t-il dans ses autres occurrences ? Šānan. Dans ses huit autres occurrences, il signifie aiguiser : l'épée, les flèches et les langues (Deutéronome 32:41 ; Psaumes 45:5 ; 120:4).

  12. Que s'est-il passé sur les poteaux (mᵉzûzōt) en Exode 12 et en Exode 21 ? En Exode 12, le sang de l'agneau fut mis sur les poteaux la nuit de la Pâque. En Exode 21, près du poteau, on perçait l'oreille du serviteur qui déclarait aimer son maître.

  13. Quelle fut la question de Satan en Job 1:9, et quel mot hébreu utilise-t-elle ? Il demanda si Job craignait Dieu en vain. Le mot est ḥinnām, "gratuitement, sans rien recevoir".

  14. Comment le mot ḥinnām arrive-t-il dans le Nouveau Testament ? Par la traduction grecque dōreán, "gratuitement" : Jean 15:25 (sans cause), Romains 3:24 (gratuitement) et Apocalypse 22:17 (gratuitement).

  15. Quel document du Proche-Orient ancien utilise le langage d'"aimer" le roi ? Le Traité de succession d'Assarhaddon (672 av. J.-C.), qui ordonne aux vassaux d'aimer Assurbanipal comme leur propre vie et de transmettre le serment à leurs fils.

  16. Que fait Paul avec le Shema en 1 Corinthiens 8:6 ? Il répartit les mots du Shema entre le Père (un seul Dieu) et Jésus (un seul Seigneur), sans abandonner le monothéisme.

  17. Dans quel verset Jésus dit-il qu'il aime le Père, et à quel moment ? En Jean 14:31, lors de la dernière nuit, en chemin vers Gethsémané : afin que le monde sache qu'il aime le Père.

  18. Que dit Dieu à Abram en Genèse 15:1, et quel mot du texte d'or s'y trouve ? Il lui dit qu'Il est son bouclier et sa très grande récompense ; l'expression "très grande" comporte meʾód. La récompense est Dieu lui-même.

Bibliographie commentée

Source officielle. GOMES, Osiel. Lições Bíblicas Adultos — Professor: O Deus da Aliança. 4e trimestre de 2026. Rio de Janeiro : CPAD, 2026. Bíblia de Estudo Pentecostal: Edição Global. CPAD, p. 312 (citée dans la section "Ampliando o Conhecimento"). RICHARDS, Lawrence O. Comentário Devocional da Bíblia. Rio de Janeiro : CPAD, 2012, p. 109 et 111 (cité dans les aides dévotionnelles). Revista Ensinador Cristão, nº 107, p. 38 (ressource indiquée par la revue).

Commentaires sur le Deutéronome. CRAIGIE, Peter C. The Book of Deuteronomy. NICOT. Eerdmans, 1976. WRIGHT, Christopher J. H. Deuteronomy. NIBC, 1996. BLOCK, Daniel I. Deuteronomy. NIVAC, 2012. McCONVILLE, J. G. Deuteronomy. Apollos, 2002. TIGAY, Jeffrey H. Deuteronomy. JPS Torah Commentary, 1996 — la porte d'entrée de la lecture juive. WEINFELD, Moshe. Deuteronomy 1-11. Anchor Bible, 1991 — technique, avec les parallèles assyriens.

L'amour et les traités. MORAN, William L. "The Ancient Near Eastern Background of the Love of God in Deuteronomy". Catholic Biblical Quarterly 25 (1963), p. 77-87. LAPSLEY, Jacqueline E. "Feeling Our Way: Love for God in Deuteronomy". Catholic Biblical Quarterly 65 (2003). WISEMAN, D. J. "The Vassal-Treaties of Esarhaddon". Iraq 20 (1958). LAUINGER, Jacob. "Esarhaddon’s Succession Treaty at Tell Tayinat: Text and Commentary". Journal of Cuneiform Studies 64 (2012). GRANT, Deena. "Loving God beyond the Way You Love Ashurbanipal". TheTorah.com, 2016.

Le Shema et Christ. BAUCKHAM, Richard. Jesus and the God of Israel. Eerdmans, 2008. WRIGHT, Addison G. "The Widow’s Mites: Praise or Lament? A Matter of Context". Catholic Biblical Quarterly 44 (1982).

Texte et manuscrits. Codex de Léningrad, consulté via l'Open Scriptures Hebrew Bible (avec le marquage des grandes lettres). Septante. SBL Greek New Testament. MILIK, J. T. Qumrân grotte 4.II: Tefillin, Mezuzot et Targums. Discoveries in the Judaean Desert VI. Oxford : Clarendon, 1977. Papyrus Nash, Cambridge University Library.

Sources juives. Mishna : Berakhot 1.1 ; 2.2 ; 9.5 ; Avot 1.3. Sifré Deutéronome 32. Talmud de Babylone : Berakhot 61b ; Pessahim 56a. Talmud de Jérusalem : Taanit 4.5. Vayikra Rabbah 19.2. Targum Onkelos. Rachi, commentaire sur Deutéronome 6:4. Baal HaTurim et Kli Yakar, sur Deutéronome 6:4. Haggadah de Pessah.

Sources chrétiennes. Martyre de Polycarpe 9. JUSTIN. Première Apologie 31. AUGUSTIN. Confessions X.29.40 ; La Doctrine chrétienne I.3-4. BERNARD DE CLAIRVAUX. De diligendo Deo 1.1. LUTHER, Martin. Grand Catéchisme et Petit Catéchisme (1529), premier commandement. WESLEY, John. Sermon 50, The Use of Money ; A Plain Account of Christian Perfection (1766). BONHOEFFER, Dietrich. Le Prix de la grâce (1937). LEWIS, C. S. The Weight of Glory (1941).

Science et société. WOMEN’S PHILANTHROPY INSTITUTE. Women Give 2013. Lilly Family School of Philanthropy, Indiana University, 2013. OTTONI-WILHELM, Mark et al. "Role-modeling and conversations about giving in the socialization of adolescent charitable giving and volunteering". Journal of Adolescence 37 (2014), p. 53-66. BENGTSON, Vern L. Families and Faith: How Religion Is Passed Down across Generations. Oxford University Press, 2013. CEPEDA, Nicholas J. et al. "Distributed practice in verbal recall tasks". Psychological Bulletin 132 (2006). DITTMAR, Helga et al. "The relationship between materialism and personal well-being: A meta-analysis". Journal of Personality and Social Psychology 107 (2014). CNC. Pesquisa de Endividamento e Inadimplência do Consumidor (Peic), septembre 2026.

☩ SOLI DEO GLORIA ☩

L'Écriture gouverne ; tout le reste, à genoux.

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Prière finale

Seigneur notre Dieu, seul Seigneur. Merci parce que, avant de dire "tu aimeras", tu nous as aimés le premier et tu nous as tirés de la maison de servitude. Tout ce que tu nous demandes vient après tout ce que tu nous as déjà donné.

Pardonne-nous, Père, notre cœur partagé : les fois où nous t'avons donné le dimanche tout en livrant la semaine à d'autres seigneurs ; les fois où notre beaucoup a commencé à nous commander. Prends notre cœur, notre âme et tout notre beaucoup — ce que nous possédons et ce qui nous arrive. Apprends-nous à bénir ton nom au jour de l'abondance comme au jour de la perte.

Mets ta Parole dans notre cœur, et donne-nous une bouche pour en parler à la maison, en chemin, en nous couchant et en nous levant — sans blesser, avec patience et avec joie. Garde nos enfants, nos petits-enfants et les plus jeunes dans la foi que tu nous as confiés, et console les parents qui pleurent pour des enfants éloignés.

Et merci, par-dessus tout, pour Jésus. Il t'a aimé de toute son âme à Gethsémané, de tout son cœur lorsqu'il a dit que ta volonté se fasse et non la sienne, et de tout son beaucoup lorsqu'il est mort sur la croix dépouillé de tout, payant ce que nous devions. Il est ressuscité le troisième jour, et par le Saint-Esprit il répand ton amour en nous. Que notre maison t'aime gratuitement, parce que nous avons été aimés gratuitement. Au nom de Jésus, amen.

Soli Deo Gloria — l'Écriture gouverne ; tout le reste, à genoux.

Questions fréquentes sur cette leçon

Qu'est-ce que le Shema et pourquoi Jésus l'a-t-il appelé le grand commandement ?+

Shema est le premier mot de Deutéronome 6:4 en hébreu et signifie "écoute". Il est devenu le nom de la confession : "Écoute, Israël ! l’Éternel, notre Dieu, est le seul Éternel." (Deutéronome 6:4), suivie du commandement d'aimer Dieu de tout son être (Deutéronome 6:5). À l'époque de Jésus, les Juifs pieux la récitaient tous les jours. Lorsqu'on a demandé à Jésus quel était le premier de tous les commandements, il a commencé exactement par elle (Marc 12:29, 30) et y a joint l'amour du prochain : "De ces deux commandements dépendent toute la loi et les prophètes." (Matthieu 22:40). C'est le grand commandement parce que ce n'est pas une règle parmi d'autres : c'est la source d'où naissent les autres. Celui qui aime Dieu ainsi garde le reste comme une réponse, et non comme un poids, car ses commandements ne sont pas un fardeau (1 Jean 5:3).

Pourquoi la revue parle-t-elle de tout votre pouvoir alors que d'autres traductions bibliques parlent de toute votre force ?+

Les traductions diffèrent sur ce point parce qu'elles rendent le même mot hébreu, me'od, tantôt par pouvoir, tantôt par force. Aucune ne s'est trompée : l'ancienne traduction grecque a lu le mot comme force, et les versions ont suivi cette voie. Mais me'od, dans ses quelque trois cents occurrences, signifie presque toujours "beaucoup" — c'est le mot employé lorsque Dieu vit que tout ce qu'il avait fait était très bon (Genèse 1:31). Mot à mot, la fin du verset dit "de tout votre beaucoup" : ce que vous avez, ce que vous êtes capable de faire et tout ce que la vie mesure pour vous, le bon et le mauvais. C'est pourquoi Jésus, en citant le commandement, a utilisé plus d'un mot pour en couvrir le sens (Marc 12:30).

Aimer Dieu "avec tout votre beaucoup", est-ce tout donner à l'église ? Dieu me fera-t-il prospérer si je donne ?+

Ni l'un ni l'autre. Aimer Dieu avec son beaucoup, c'est placer devant lui ce que l'on a — argent, maison, temps, talent — et le laisser gouverner cela, au lieu de laisser cela vous gouverner : "Car là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur." (Matthieu 6:21). Cela se manifeste dans l'intendance et la générosité : prendre soin de sa propre famille, car celui qui ne prend pas soin des siens et surtout de ceux de sa famille a renié la foi (1 Timothée 5:8), et ouvrir la main au pauvre (Deutéronome 15:11). Ce n'est pas vider sa maison au profit d'une institution : Jésus a condamné ceux qui dilapident les biens des veuves sous un prétexte religieux (Marc 12:40). Et ce n'est pas un investissement au rendement garanti : le seul homme dont la Bible dit qu'il revint à l'Éternel de toute sa force fut Josias (2 Rois 23:25), et il est mort jeune ; Job a tout perdu et a continué d'aimer. Celui qui donne pour recevoir davantage aime le cadeau, et non le Donateur.

Si l'Éternel est le seul Éternel, le Shema nie-t-il la Trinité ?+

Non. La foi chrétienne confesse le Shema tout entier : il n'y a qu'un seul Dieu (Marc 12:29). Paul cite cette confession et y inclut Jésus : "néanmoins pour nous il n’y a qu’un seul Dieu, le Père, de qui viennent toutes choses et pour qui nous sommes, et un seul Seigneur, Jésus-Christ, par qui sont toutes choses et par qui nous sommes." (1 Corinthiens 8:6). Nous croyons en un seul Dieu en trois Personnes — le Père, le Fils et le Saint-Esprit —, et non en un Dieu qui se présente tantôt comme Père, tantôt comme Fils, tantôt comme Esprit : c'est là la doctrine unicitaire, que l'Écriture ne soutient pas. Mais un souci d'honnêteté s'impose : le mot hébreu rendu par unique (echad) est le numéral courant "un", utilisé pour un jour ou un homme ; à lui seul, il ne prouve pas la Trinité. La doctrine s'appuie sur le témoignage de toute l'Écriture concernant le Père, le Fils et le Saint-Esprit, et non sur un détail de grammaire.

J'ai instruit mon enfant dans la voie du Seigneur et il s'en est détourné. Proverbes 22:6 a-t-il échoué ?+

Non, il n'a pas échoué, parce que ce n'est pas un contrat. "Instruis l’enfant selon la voie qu’il doit suivre ; Et quand il sera vieux, il ne s’en détournera pas." (Proverbes 22:6) est un principe de sagesse — ce qui arrive habituellement quand on sème tôt —, et non une garantie automatique. Chaque personne répond d'elle-même devant Dieu. Le père de la parabole n'a pas commis d'erreur et il a eu deux fils loin de lui : l'un dans un pays lointain, l'autre à l'intérieur de la maison, refusant d'entrer dans la fête (Luc 15). Ce que le texte demande aux parents, c'est de continuer : prier, parler, garder la porte ouverte. Le père de la parabole est sorti deux fois — il a couru à la rencontre du plus jeune (Luc 15:20) et il est sorti pour prier l'aîné d'entrer (Luc 15:29). Personne ne doit porter seul la culpabilité du choix d'un enfant devenu adulte.

Avoir un verset sur le mur ou sur la porte protège-t-il la maison ?+

Le verset est un bon rappel ; ce n'est pas une amulette. Le Deutéronome ordonne d'écrire ces paroles sur les montants de la maison et sur les portes (Deutéronome 6:9) afin que la famille s'en souvienne et les vive — et non pour que le papier fasse ce que Dieu seul fait. Avec le temps, beaucoup de Juifs en sont venus à accomplir l'ordre à la lettre, avec de petites boîtes en cuir attachées au bras et au front et un étui sur le montant de la porte. Jésus n'a pas condamné la Parole ; il a condamné ceux qui l'utilisaient pour se montrer, faisant leurs œuvres pour être vus des hommes et portant de larges phylactères (Matthieu 23:5). La protection de la maison est le Seigneur, et le signe qu'il recherche est une maison qui obéit.

Adultes

4e trimestre