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Choisir la vie ou la mort

Leçon 8 · 4e trimestre 2026 · 08/11/2026 · 154 min de lecture

Par Equipe Marcas Editora

Première bientôt

Dimanche 8 novembre · 09:00 (heure de Brasilia)

Le cours vidéo n'a pas encore été diffusé.

Texte d'or

“J’en prends aujourd’hui à témoin contre vous le ciel et la terre : j’ai mis devant toi la vie et la mort, la bénédiction et la malédiction. Choisis la vie, afin que tu vives, toi et ta postérité,” (Deutéronome 30:19, LSG) · Lire dans la Bible

La huitième leçon ouvre Deutéronome 30, l'appel final de Moïse dans les plaines de Moab, et traite du sujet qui sépare notre foi de bien des choses que l'on prêche autour de nous : le libre arbitre. L'étude suit les trois points de la revue — le libre arbitre à la lumière des Écritures, la proposition divine et la responsabilité humaine, et la meilleure invitation — et aborde les questions que l'adulte se pose vraiment : si Dieu sait tout, est-ce que je choisis vraiment ? celui qui a choisi la vie peut-il souffrir ? À la fin, elle conduit à Christ, la Parole qui est proche et la vie même que Moïse a annoncée.

Leçon 8 • Choisir la vie ou la mort

Choisis donc la vie. Étude complète de Deutéronome 30, avec l'hébreu, l'ancienne Bible grecque, les témoins des traités du Proche-Orient ancien, la tradition des deux voies, le débat sur la grâce et le libre arbitre d'Augustin à Wesley, la lecture juive, la science des habitudes, l'appareil pédagogique pour l'enseignant et la rubrique « Fala, Pastor! » dans son intégralité

Église Marcas do Evangelho — Cariacica/ES, Brésil • Pasteur Jairo Carvalho et Pasteure Jaciana Carvalho • 4e trimestre de 2026 (Lições Bíblicas Adultes, CPAD, commentateur Pasteur Osiel Gomes)

✶ Texte d'or — Deutéronome 30:19

"J’en prends aujourd’hui à témoin contre vous le ciel et la terre : j’ai mis devant toi la vie et la mort, la bénédiction et la malédiction. Choisis la vie, afin que tu vives, toi et ta postérité," (Deutéronome 30:19)

Note de texte : les traductions diffèrent sur ce verset, et ces différences s'expliquent par l'hébreu. Le texte emploie d'abord le pluriel בָכֶם (bākem, « contre vous »), puis revient aussitôt au singulier, לְפָנֶיךָ (lᵉpānêkā, « devant toi » ; Partie III, point 2). Le terme זַרְעֶךָ (zarʿekā) signifie littéralement « ta semence », au sens de « ta descendance ». L'expression וּבָחַרְתָּ (ûbāḥartā), « et tu choisiras », a valeur d'ordre (« choisis donc »). Dans le Deutéronome, le verbe hébreu bāḥar (« choisir ») apparaît 31 fois ; dans 29 d'entre elles, celui qui choisit est Dieu, une fois c'est l'esclave fugitif qui choisit où habiter (Deutéronome 23:16), et ici seulement celui qui choisit est Israël (Partie XI, tableau 1).

Vérité pratique (CPAD) : Dieu propose la vie par le moyen de sa Parole ; il appartient à chacun de répondre avec foi et obéissance.

  • Date — Dimanche 22 novembre 2026
  • Trimestre — Le Dieu de l'alliance : avertissements, promesses et bénédictions dans le livre du Deutéronome (13 leçons)
  • Texte de l'étude — Deutéronome 30:1-20, avec Deutéronome 29, 11:26-32 et 4:26 ; 31:28 ; 32:1, 46, 47, et les parallèles de Genèse 2–3, Josué 24:14-15, Jérémie 21:8, Ézéchiel 18:30-32 et 36:26, 27, Matthieu 7:13, 14, Jean 5:39, 40 ; 6:44 ; 11:25 ; 14:6, 21, 23, Romains 6:23 ; 10:5-10, Philippiens 2:12, 13 et Hébreux 12:2
  • Lecture en classe — Deutéronome 30:15-20
  • Mot-clé — CHOIX
  • Lecture quotidienne — Lun — Deutéronome 30:15 ; Romains 6:23 (Le choix entre la vie et la mort) • Mar — Deutéronome 30:16 ; Jean 14:21 (Aimer Dieu, c'est obéir à sa Parole) • Mer — Deutéronome 30:19 ; Josué 24:15 (La responsabilité de la décision spirituelle) • Jeu — Deutéronome 30:14 ; Romains 10:8-10 (La Parole est proche : une direction pour la vie) • Ven — Deutéronome 30:6 ; Ézéchiel 36:26 (L'action de Dieu dans le cœur humain) • Sam — Deutéronome 30:20 ; Jean 11:25 (La vie consiste à demeurer dans le Seigneur)
  • Cantiques (Harpa Cristã) — 158, 201 et 452 (la Harpa Cristã est le recueil de cantiques des Assemblées de Dieu au Brésil)
  • Version biblique — Les citations bibliques de ce dossier suivent la version de référence de chaque langue, vérifiées mot à mot. Le nom divin YHWH est rendu par l'Éternel. Les textes mentionnés uniquement par leur référence doivent être ouverts dans la Bible de l'enseignant ; les remarques de comparaison entre traductions portent sur les différences issues du texte original.

Dossier de recherche de la leçon : exégèse de l'hébreu, l'ancienne Bible grecque, les sources juives et chrétiennes, l'archéologie, la théologie, la rubrique « Fala, Pastor! » dans son intégralité et le support pour l'enseignant. L'article du cours, plus court et narratif, se trouve dans l'onglet Article de la leçon.

Présentation — comment utiliser ce dossier

Voici le matériel de recherche de la leçon, destiné à l'enseignant qui souhaite préparer son cours avec les sources en main ainsi qu'à tout lecteur désireux d'aller au-delà de la revue (Lições Bíblicas). Il a été rédigé pour les enseignants de l'École du dimanche (EBD) partout dans le monde, et chaque partie peut être lue de manière indépendante. La Partie I situe Deutéronome 30 dans le livre et dans la cérémonie de l'alliance en Moab. La Partie II ouvre le monde dans lequel ce chapitre a été entendu : les témoins des traités anciens, le procès de l'alliance chez les prophètes et la tradition des « deux voies », qui va de Moïse à Jésus et aux premiers chrétiens. La Partie III compare les traductions et lit les six versets de la lecture en classe dans l'hébreu et dans l'ancienne Bible grecque. La Partie IV parcourt l'ensemble du chapitre en quatre blocs. La Partie V rassemble la théologie en neuf axes, avec les questions que la classe pose habituellement sur la grâce, le libre arbitre, l'élection, la loi et l'Évangile. Viennent ensuite les erreurs courantes dans l'enseignement, l'Église ancienne et la Réforme, la lecture juive, la science, le lexique, les tableaux, Christ dans la leçon et l'application.

La rubrique « Fala, Pastor! » figure intégralement dans ce dossier. Après l'application se trouve le texte complet de la rubrique de cette leçon, « Choisis donc la vie », du Pasteur Jairo Carvalho, accompagné des sources de chaque affirmation. Cette rubrique suit les trois points de la revue : Dieu propose, vous décidez, Il est votre vie. À l'intérieur de ceux-ci, la famille de Lot, Orpa et Ruth interviennent comme exemples, chacun rattaché à un verset de la lecture. L'Appendice A présente les autres versions de la rubrique rédigées pour cette leçon, sous forme de plans de prédication.

Une remarque sur le découpage. La lecture en classe va de 30:15 à 30:20, et c'est là que se trouve le choix. Mais le chapitre commence plus tôt. Les versets 1 à 10 promettent le retour après l'exil et annoncent que Dieu circoncira le cœur du peuple (30:6) ; les versets 11 à 14 affirment que la parole est proche (30:14). La revue elle-même place 30:6 et 30:14 dans la lecture quotidienne. Ce dossier lit le chapitre entier, parce que le choix de 30:19 dépend de ce qui le précède.

Notre traitement des sources. Chaque affirmation historique est accompagnée de la source qui l'appuie. Là où les spécialistes divergent, le dossier expose le désaccord. Cela vaut pour la forme du texte de 30:16, où l'hébreu et la Bible grecque diffèrent, ainsi que pour la lecture que Paul fait de 30:12-14 en Romains 10. Cela vaut surtout pour le débat entre la grâce et le libre arbitre, dans lequel augustiniens, calvinistes, luthériens, arminiens et wesleyens lisent le même chapitre de manières différentes. La théologie de ce matériel est arminienne, wesleyenne et pentecôtiste, et cela apparaît chaque fois que la lecture en est modifiée. Lorsque nous présentons une autre position, nous cherchons à la décrire telle que ses défenseurs la décriraient.

Partie I — Où nous sommes : le dernier appel de l'alliance de Moab

1. Deutéronome 30 dans le livre

Le Deutéronome se présente comme les paroles que Moïse prononça au-delà du Jourdain, dans le pays de Moab (Deutéronome 1:5), devant une génération qui allait entrer dans le pays sans lui. Les pères étaient morts dans le désert : trente-huit ans s'étaient écoulés jusqu'à ce que toute cette génération d'hommes de guerre eût disparu du milieu du camp (Deutéronome 2:14). Moïse avait cent vingt ans (Deutéronome 31:2), et l'Éternel lui avait déclaré qu'il ne passerait pas le Jourdain (Deutéronome 31:2).

Les chapitres 29 et 30 forment la cérémonie de l'alliance en Moab. Le chapitre 29 commence par un regard en arrière : "Voici les paroles de l’alliance que l’Éternel ordonna à Moïse de traiter avec les enfants d’Israël au pays de Moab, outre l’alliance qu’il avait traitée avec eux à Horeb." (Deutéronome 29:1). En hébreu, cette phrase est le dernier verset du chapitre 28 (28:69) ; nos Bibles la placent comme le premier verset du chapitre 29, et c'est pourquoi la numérotation du chapitre 29 y est en avance d'un verset sur la numérotation hébraïque. Le chapitre 30 est la conclusion de cette cérémonie. Après lui, le livre traite de la succession de Moïse (31), de son cantique (32), de sa bénédiction aux tribus (33) et de sa mort (34).

Qui était présent ? Le chapitre 29 tient à le préciser : "Vous vous présentez aujourd’hui devant l’Éternel, votre Dieu, vous tous, vos chefs de tribus, vos anciens, vos officiers, tous les hommes d’Israël, vos enfants, vos femmes, et l’étranger qui est au milieu de ton camp, depuis celui qui coupe ton bois jusqu’à celui qui puise ton eau." (Deutéronome 29:10-11). Personne n'est laissé de côté, ni les enfants, ni l'étranger, ni le travailleur le plus humble. L'alliance atteint également ceux qui n'étaient pas encore nés : "Ce n’est point avec vous seuls que je traite cette alliance, cette alliance contractée avec serment. Mais c’est avec ceux qui sont ici parmi nous, présents en ce jour devant l’Éternel, notre Dieu, et avec ceux qui ne sont point ici parmi nous en ce jour." (Deutéronome 29:14-15). C'est pourquoi le choix de 30:19 se fait encore aujourd'hui, par celui qui lit.

2. Le cadre : « Vois… je mets devant vous »

Deutéronome 30:15 n'est pas la première fois que Moïse place un choix devant le peuple. Avant de commencer le code de lois (chapitres 12 à 26), il avait dit : "Vois, je mets aujourd’hui devant vous la bénédiction et la malédiction : la bénédiction, si vous obéissez aux commandements de l’Éternel, votre Dieu, que je vous prescris en ce jour ; la malédiction, si vous n’obéissez pas aux commandements de l’Éternel, votre Dieu, et si vous vous détournez de la voie que je vous prescris en ce jour, pour aller après d’autres dieux que vous ne connaissez point." (Deutéronome 11:26-28).

En hébreu, 11:26 et 30:15 commencent de la même manière : רְאֵה (rᵉʾēh, « vois »), « aujourd'hui », et le verbe nātan avec lifnê, « mettre devant ». Les traductions rendent parfois cet impératif initial par deux formules différentes dans les deux passages. La même formule ouvre le livre : en 1:8, Moïse dit רְאֵה נָתַתִּי לִפְנֵיכֶם אֶת־הָאָרֶץ, « Vois, j'ai mis ce pays devant vous », avec la même forme verbale qu'en 30:15 (nātattî). Au début, Dieu a mis le pays devant le peuple ; à la fin, il a mis la vie et la mort. Entre 11:26 et 30:15 se trouvent les lois, la cérémonie des monts Ébal et Garizim (27) ainsi que les bénédictions et les malédictions (28). Le choix encadre la loi. En 11:28, le danger est de suivre d'autres dieux ; en 30:17, c'est de se prosterner devant d'autres dieux et de les servir. Le début et la fin de l'exposé de la loi désignent la même croisée des chemins.

À l'intérieur même du chapitre 30, l'expression « mettre devant toi » (nātattî lᵉpānêkā) apparaît trois fois : au verset 1 (à propos de la bénédiction et de la malédiction mises devant le peuple), au verset 15 (pour ce qui est mis devant lui aujourd'hui) et au verset 19 (pour la vie et la mort proposées). Les traductions varient parfois dans le choix du verbe français, mais en hébreu c'est la même expression (Partie XI, tableau 3).

3. Les trois mouvements du chapitre

30:1-10 : le retour. Moïse parle d'un temps où la bénédiction et la malédiction seront déjà survenues et où le peuple sera dispersé parmi toutes les nations (Deutéronome 30:1). Si le peuple revient à Dieu, Dieu le fera revenir, le rassemblera même si ses bannis se trouvent à l'extrémité du ciel (Deutéronome 30:4) et accomplira ce que le peuple ne parvenait pas à faire seul : "L’Éternel, ton Dieu, circoncira ton cœur et le cœur de ta postérité, et tu aimeras l’Éternel, ton Dieu, de tout ton cœur et de toute ton âme, afin que tu vives." (Deutéronome 30:6). Le verbe « revenir » (šûb) apparaît sept fois dans ces dix versets (Partie XI, tableau 6).

30:11-14 : la parole proche. Le commandement n'est ni hors de portée ni trop éloigné (Deutéronome 30:11). Il n'est ni dans le ciel ni au-delà de la mer : cette parole est tout près, dans la bouche et dans le cœur, afin qu'on la mette en pratique (Deutéronome 30:14). Paul lira ces versets en Romains 10:6-8 (Partie IV, bloc B ; Partie V, axe 4).

30:15-20 : le choix. Les deux voies, les témoins, l'ordre de choisir la vie et la définition même de la vie, car l'Éternel est lui-même la vie du croyant (Deutéronome 30:20). C'est la lecture en classe.

L'ordre des mouvements est instructif. Avant d'appeler à choisir, le chapitre parle de ce que Dieu fera dans le cœur (30:6) et de la manière dont la parole s'est approchée (30:14). Le choix s'inscrit dans une grâce qui a déjà été annoncée.

4. Le problème du cœur, du chapitre 29 au chapitre 30

Le chapitre 29 s'ouvre sur un diagnostic sévère. Après quarante ans de miracles, Moïse dit : "Mais, jusqu’à ce jour, l’Éternel ne vous a pas donné un cœur pour comprendre, des yeux pour voir, des oreilles pour entendre." (Deutéronome 29:4). Le verbe est « donner » (nātan), le même qu'en 30:15. Le problème d'Israël n'était pas un manque d'information, car ils avaient vu les grandes épreuves (Deutéronome 29:3). Il leur manquait un cœur.

Le chapitre 30 répond à ce diagnostic par une promesse : Dieu circoncira le cœur (30:6). Le mot « cœur » (lēbāb) apparaît huit fois au chapitre 30 (versets 1, 2, 6 trois fois, 10, 14 et 17). Le chapitre commence par le cœur qui se souvient (30:1), passe par le cœur que Dieu transforme (30:6) et par le cœur où la parole se trouve déjà (30:14), et aboutit au cœur qui peut se détourner (30:17). Paul cite 29:4 en Romains 11:8, conjointement avec Ésaïe 29:10, pour parler de l'aveuglement d'une partie d'Israël à son époque.

5. « Aujourd'hui » : l'alliance au présent de celui qui écoute

« Aujourd'hui » (הַיּוֹם, hayyôm) est l'un des mots les plus répétés du Deutéronome. Au chapitre 30, il apparaît sept fois (versets 2, 8, 11, 15, 16, 18 et 19), dont quatre fois dans la lecture en classe. L'« aujourd'hui » de Moïse ne marque pas seulement la date du discours. Il place chaque génération à la place de la génération de Moab, comme l'affirment 29:14-15 et 5:3, où Moïse rappelle que ce n'est pas avec leurs pères que l'Éternel a traité cette alliance, mais avec eux tous qui sont vivants aujourd'hui. L'épître aux Hébreux fait de même avec le Psaume 95 en appelant les fidèles à s'exhorter chaque jour, aussi longtemps que dure le temps appelé « Aujourd'hui » (Hébreux 3:13).

6. Les enfants qui aujourd'hui ne connaissent ni le bien ni le mal

Il y a un détail au début du livre qui donne tout son poids à 30:15. Lorsque la génération précédente refusa d'entrer dans le pays, à Cadès-Barnéa, Dieu déclara que ce seraient leurs enfants, ceux qui ce jour-là ne connaissaient ni le bien ni le mal, qui y entreraient (Deutéronome 1:39). En hébreu, ce sont les mêmes mots qu'en 30:15 : hayyôm, ṭôb (« bien ») et rāʿ (« mal »). Les enfants de 1:39 sont les adultes de 30:15. Trente-huit ans plus tôt (2:14), ils ne savaient pas discerner le bien du mal. Maintenant, Moïse place « le bien » et « le mal » devant eux, et ils sont appelés à choisir.

Ces mêmes mots mènent encore plus loin. « La vie », « le bien » et « le mal » sont les termes du jardin d'Éden, où se trouvaient l'arbre de la vie au milieu du jardin et l'arbre de la connaissance du bien et du mal (Genèse 2:9). Là, Dieu avait averti l'homme que le jour où il en mangerait, il mourrait certainement (Genèse 2:17). Deutéronome 30 place de nouveau devant un peuple la vie, la mort, le bien et le mal. Le lien est à la fois lexical et thématique. Le texte ne dit pas que Moïse commente la Genèse, et l'enseignant doit présenter ce rapprochement comme une lecture de l'ensemble des Écritures (Partie VI, erreur 3).

Pour réfléchir : En Deutéronome 1:39, les enfants ne connaissaient ni le bien ni le mal. En 30:15, ces mêmes enfants ont le bien et le mal devant eux. Quelle différence cela fait-il, dans une vie, de connaître le bien et de devoir le choisir ?

Partie II — Le monde de Deutéronome 30 : témoins, tribunaux et deux voies

1. Prendre les cieux et la terre à témoin

Dans le Proche-Orient ancien, les traités conclus entre un grand roi et un roi vassal se terminaient par une liste de témoins, qui étaient les dieux des deux peuples ainsi que les forces de la nature. Le traité du roi hittite Mursili II avec Duppi-Teshub, roi d'Amurru (XIVe siècle av. J.-C.), clôt ainsi la liste, dans la traduction d'Albrecht Goetze : « the mountains, the rivers, the springs, the great Sea, heaven and earth, the winds (and) the clouds — let these be witnesses to this treaty and to the oath » (« les montagnes, les fleuves, les sources, la grande Mer, le ciel et la terre, les vents et les nuages : qu'ils soient témoins de ce traité et du serment ») (dans J. B. Pritchard, dir., Ancient Near Eastern Texts Relating to the Old Testament, ANET). Les traités araméens de Sefiré (VIIIe siècle av. J.-C.) invoquent des dieux « en présence du ciel et de la terre, en présence de l'abîme et des sources » (J. A. Fitzmyer, The Aramaic Inscriptions of Sefire, Rome, 1995, p. 76). Le traité de succession du roi assyrien Assarhaddon (672 av. J.-C.) parle des « dieux qui habitent au ciel et sur la terre » (S. Parpola et K. Watanabe, Neo-Assyrian Treaties and Loyalty Oaths, SAA 2, Helsinki, 1988, n° 6).

Le Deutéronome utilise ce cadre et en change le contenu. Moshe Weinfeld a observé que, dans l'alliance biblique, Dieu ne pouvait pas être appelé comme témoin, puisqu'il était l'une des parties du pacte ; et, comme il n'y avait pas d'autres dieux à invoquer, il restait le ciel et la terre (M. Weinfeld, Deuteronomy and the Deuteronomic School, Oxford, 1972, p. 62). Duane Christensen note que, dans le Deutéronome, le ciel et la terre « ne sont pas considérés comme des dieux », mais comme des témoins au sens figuré (D. L. Christensen, Deuteronomy 21:10–34:12, Word Biblical Commentary 6B, 2002, p. 748). Pour une présentation accessible du sujet, voir S. E. Holtz, « YHWH's Covenant: Why Moses Calls Heaven and Earth as Witnesses », TheTorah.com, 2024.

Ce que cela enseigne. L'auditeur de Moïse connaissait le langage des traités : un serment solennel, accompagné de témoins, qui ne se rompt pas. Mais, là où les peuples voisins alignaient des dizaines de dieux, Israël n'avait qu'un seul Dieu, et la création tout entière servait de témoin devant lui. Moïse prend les cieux et la terre à témoin trois fois dans le livre (4:26 ; 30:19 ; 31:28), et son cantique commence en appelant les deux à écouter : "Cieux ! prêtez l’oreille, et je parlerai ; Terre ! écoute les paroles de ma bouche." (Deutéronome 32:1).

2. Le tribunal de l'alliance chez les prophètes

Les prophètes ont repris la scène des témoins lorsqu'Israël a rompu l'alliance. Ésaïe ouvre ainsi son livre : "Cieux, écoutez ! terre, prête l’oreille ! Car l’Éternel parle. J’ai nourri et élevé des enfants, Mais ils se sont révoltés contre moi." (Ésaïe 1:2). Michée convoque les montagnes pour qu'elles écoutent le procès de l'Éternel, car l'Éternel a un procès avec son peuple (Michée 6:2). Le Psaume 50 dit que Dieu appelle les cieux d'en haut et la terre pour juger son peuple (Psaumes 50:4). En 1959, Herbert Huffmon a étudié ce modèle, le « procès de l'alliance » (rîb, « litige », « cause judiciaire »), et l'a relié aux témoins des traités (H. B. Huffmon, « The Covenant Lawsuit in the Prophets », Journal of Biblical Literature 78, 1959, p. 285-295). G. Ernest Wright a étudié Deutéronome 32 selon cette clé (« The Lawsuit of God », 1962), et Julien Harvey a décrit le « rîb-pattern » en 1962. D'autres chercheurs ont par la suite contesté l'existence d'un genre fixe de « procès » chez les prophètes (M. De Roche, Journal of Biblical Literature 102, 1983). Ce qui ne fait aucun doute, c'est l'écho : lorsque les prophètes appellent le ciel et la terre, ils rappellent l'« aujourd'hui » de Moab.

3. Les deux voies

Deutéronome 30:15-20 est la matrice biblique d'une image qui traverse l'Écriture ainsi que la littérature juive et chrétienne ancienne : la vie placée devant deux voies.

Dans l'Ancien Testament. Le Psaume 1, porte d'entrée du Psautier, oppose la voie des justes et la voie des méchants (Psaumes 1:6). Les Proverbes comparent le sentier des justes à la lumière de l'aurore et la voie des méchants aux ténèbres (Proverbes 4:18, 19). Jérémie, lors du siège de Jérusalem, entendit Dieu déclarer qu'il mettait devant ce peuple le chemin de la vie et le chemin de la mort (Jérémie 21:8), et là, le chemin de la vie consistait à se rendre aux Chaldéens (21:9).

Dans les Évangiles. Jésus a repris l'image : "Entrez par la porte étroite. Car large est la porte, spacieux est le chemin qui mènent à la perdition, et il y en a beaucoup qui entrent par là. Mais étroite est la porte, resserré le chemin qui mènent à la vie, et il y en a peu qui les trouvent." (Matthieu 7:13-14). La revue cite ce texte au point II.1 et dans l'introduction.

Chez les premiers chrétiens. La Didachè, manuel d'enseignement chrétien de la fin du Ier siècle ou du début du IIe, s'ouvre par Ὁδοὶ δύο εἰσί, μία τῆς ζωῆς καὶ μία τοῦ θανάτου, « il y a deux voies, l'une de la vie et l'autre de la mort, et grande est la différence entre les deux voies » (1.1) ; la voie de la vie commence par le double commandement de l'amour (1.2), et celle de la mort est décrite à partir de 5.1. L'Épître de Barnabé (IIe siècle) parle de « deux voies d'enseignement et de puissance, l'une de la lumière et l'autre des ténèbres » (18.1). Sur la relation entre ces deux textes et leurs racines juives, voir H. van de Sandt et D. Flusser, The Didache: Its Jewish Sources and Its Place in Early Judaism and Christianity (Assen/Minneapolis, 2002).

Dans le judaïsme du Second Temple. La Règle de la Communauté de Qumrân (1QS 3.13–4.26, l'« Instruction sur les deux esprits », dans une copie d'environ 100-75 av. J.-C.) affirme que Dieu a placé en l'homme deux esprits, celui de la vérité et celui de l'injustice. Le texte est fortement déterministe, mais sa partie finale, selon Jerome Murphy-O'Connor, souligne « la responsabilité de l'individu de choisir le bien et non le mal » (Anchor Bible Dictionary, 1992, article « Community, Rule of the »). Le Testament d'Aser dit : « Dieu a donné deux voies aux fils des hommes » (1.3) ; les spécialistes débattent des interpolations chrétiennes dans les Testaments des douze patriarches. Le livre de Ben Sira (15:14-17) est abordé dans la Partie VIII.

Ce que cela enseigne. La littérature grecque connaissait elle aussi cette image : Hésiode parle d'une route aisée vers la méchanceté et d'un chemin escarpé vers la vertu (Les Travaux et les Jours 287-292), et le sophiste Prodicos a raconté le choix d'Héraclès entre la Vertu et le Vice (Xénophon, Mémorables 2.1.21-34). Là, le choix porte sur la vertu. Dans la Bible, les deux voies relèvent de l'alliance et de la loyauté envers Dieu : l'une consiste à aimer Dieu et à vivre, l'autre à détourner son cœur et à mourir. Jésus a résumé les deux voies en une Personne en affirmant qu'il est lui-même le chemin, la vérité et la vie (Jean 14:6).

Partie III — Le texte : les traductions, l'hébreu et l'ancienne Bible grecque

1. Les différences de traduction côte à côte

Les traductions bibliques diffèrent sur plusieurs détails des versets lus en classe. Les différences ci-dessous sont celles que l'enseignant entendra si la classe utilise des Bibles différentes, et elles reflètent des choix distincts face au texte hébreu.

Verset Lecture 1 Lecture 2 Commentaire
30:15 Sans répétition de la conjonction devant la seconde paire Avec répétition de la conjonction « et » devant la seconde paire L'hébreu répète la conjonction (wᵉʾet… wᵉʾet) devant chaque paire.
30:16 Emploi du titre « Seigneur » et du verbe « passer » pour posséder Emploi du nom « l'Éternel » et du verbe « entrer » pour posséder L'hébreu dit littéralement « où tu entres là-bas pour le posséder » (bāʾ šāmmâ).
30:18 Formes au singulier pour la déclaration et les verbes Formes au pluriel pour la déclaration et les verbes L'hébreu est au pluriel (lākem, tōʾbēdûn, taʾărîkun) ; certaines traductions conservent le pluriel, d'autres passent au singulier.
30:19 Pronom au singulier (« contre toi ») et traduction littérale (« ta semence ») Pronom au pluriel (« contre vous ») et traduction selon le sens (« ta descendance ») « Contre vous » suit le pluriel bākem. « Semence » est littéral (zeraʿ) ; « descendance » en exprime le sens.
30:20 Construction verbale variante et « longueur de tes jours » Construction verbale variante et « prolongement de tes jours » Le même mot hébreu (ʾōrek) est rendu par des termes différents selon les traductions.

2. L'hébreu, mot à mot

a) « Vois » (30:15)

Le verset s'ouvre par רְאֵה (rᵉʾēh), impératif du verbe « voir », au singulier. C'est la même ouverture qu'en 11:26, où Moïse invite le peuple à voir ce qu'il place devant lui aujourd'hui, au début de l'exposé des lois. Le choix commence par ce que Dieu montre.

b) « J'ai mis devant toi aujourd'hui » (30:15, 19)

L'hébreu porte נָתַתִּי לְפָנֶיךָ הַיּוֹם (nātattî lᵉpānêkā hayyôm), « j'ai donné / mis devant toi aujourd'hui ». Le parfait hébreu marque ici un acte qui s'accomplit au moment même où il est prononcé : en parlant, Moïse place les voies devant le peuple. La revue nomme ce verbe natan, « mettre », « proposer », et précise qu'il « révèle l'action divine consistant à présenter avec clarté les alternatives à l'homme » (point II.2). C'est le même verbe qu'en 29:4 : l'Éternel n'avait pas encore « donné » un cœur au peuple.

c) « La vie et le bien, la mort et le mal » (30:15)

Quatre substantifs avec article, répartis en deux paires : אֶת־הַחַיִּים וְאֶת־הַטּוֹב וְאֶת־הַמָּוֶת וְאֶת־הָרָע. « Vie » (ḥayyîm) est au pluriel, comme il est normal en hébreu. « Bien » et « mal » (ṭôb, raʿ) désignent ici avant tout ce qui advient à celui qui choisit : prospérité ou malheur, en parallèle avec la bénédiction et la malédiction de 30:19. Les mêmes mots décrivent le discernement moral en 1:39 et en Genèse 2:9, 17 (Partie I, point 6). L'ancienne Bible grecque réorganise les paires : « la vie et la mort, le bien et le mal » (point 3).

d) « Ce que je te commande aujourd'hui » (30:16) : le texte court et le texte long

Le Texte massorétique commence le verset par אֲשֶׁר אָנֹכִי מְצַוְּךָ הַיּוֹם (ʾăšer ʾānōkî mᵉṣawwᵉkā hayyôm), « ce que je te commande aujourd'hui », une construction qui paraît incomplète. La Septante comporte une proposition supplémentaire : ἐὰν εἰσακούσῃς τὰς ἐντολὰς κυρίου τοῦ θεοῦ σου, ἃς ἐγὼ ἐντέλλομαί σοι σήμερον, « si tu écoutes les commandements du Seigneur ton Dieu, que je te commande aujourd'hui ». Certaines traductions modernes suivent la Septante, comme l'ESV et la NRSV en anglais, tandis que d'autres, comme la KJV et la NIV, suivent l'hébreu. La traduction anglaise de la Septante (NETS) défend le texte long : Melvin Peters écrit que, sur ce point, l'hébreu de l'édition critique est « à la fois illogique et déficient » et le grec « tout à fait clair » (« Deuteronomion: To the Reader », dans A. Pietersma et B. G. Wright, dir., A New English Translation of the Septuagint, Oxford, 2007). Le commentaire de Cambridge (G. A. Smith) disait déjà que la construction hébraïque « peut être restaurée à partir de la Septante ». Pour l'enseignant, la différence ne change rien à l'enseignement : dans les deux textes, le chemin de la vie consiste à écouter les commandements, à aimer Dieu, à marcher dans ses voies et à garder ses statuts.

e) Les cinq étapes du détour (30:17)

Le verset 17 envisage le cas où le cœur se détourne, refuse d'écouter et se laisse entraîner à se prosterner devant d'autres dieux et à les servir. En hébreu : יִפְנֶה לְבָבְךָ (yifneh lᵉbābᵉkā, « si ton cœur se tourne »), וְלֹא תִשְׁמָע (wᵉlōʾ tišmāʿ, « et que tu n'écoutes pas »), וְנִדַּחְתָּ (wᵉniddaḥtā, nifal de nādaḥ, « et que tu sois poussé, entraîné »), וְהִשְׁתַּחֲוִיתָ (wᵉhištaḥăwîtā, « et que tu te prosternes ») et וַעֲבַדְתָּם (waʿăbadtām, « et que tu les serves »). Certaines traductions rendent nādaḥ par « séduit » ou « entraîné » ; le sens fondamental est d'être poussé au loin, et c'est le même verbe que celui employé pour la dispersion parmi les nations (30:1) et pour les bannis (30:4). Deutéronome 4:19 présente la même séquence (wᵉniddaḥtā wᵉhištaḥăwîtā… waʿăbadtām), et là elle commence par les yeux : תִּשָּׂא עֵינֶיךָ (tiśśāʾ ʿênêkā, « que tu lèves les yeux »), l'expression utilisée pour Lot en Genèse 13:10 (wayyiśśāʾ lôṭ ʾet-ʿênāyw, « Lot leva les yeux »). Le verbe pānâ de 30:17 apparaît également en 29:18 à propos de celui dont le cœur se détourne aujourd'hui de l'Éternel notre Dieu.

f) « Vous périrez certainement » (30:18)

L'hébreu dit הִגַּדְתִּי לָכֶם הַיּוֹם כִּי אָבֹד תֹּאבֵדוּן (higgadtî lākem hayyôm kî ʾābōd tōʾbēdûn). « Je déclare » est le hifil de nāgad, annoncer publiquement. « Vous périrez certainement » joint l'infinitif absolu au verbe conjugué, la manière hébraïque de renforcer l'affirmation ; la même construction apparaît en 4:26 et 8:19. Le verset se termine par « vous ne prolongerez pas vos jours » (lōʾ-taʾărîkun yāmîm), auquel le verset 20 répond par « le prolongement de tes jours » (ʾōrek yāmêkā).

g) Le singulier et le pluriel

En 30:15-17, Moïse parle au singulier (« devant toi », « ton cœur »). En 30:18, il passe au pluriel (« je vous déclare », « vous périrez »), mais la proposition finale revient au singulier (« le pays où tu passes », ʾattâ ʿōbēr). En 30:19, il commence au pluriel (« contre vous », bākem) et revient au singulier (« devant toi », « choisis », « toi et ta descendance »). Ce phénomène, appelé par les spécialistes Numeruswechsel, traverse tout le Deutéronome. Un courant d'études, à partir de G. Minette de Tillesse (« Sections "tu" et sections "vous" dans le Deutéronome », Vetus Testamentum 12, 1962), a vu dans les sections au pluriel l'indice de couches rédactionnelles ; d'autres lisent ce changement comme un procédé rhétorique délibéré (voir C. T. Begg, Ephemerides Theologicae Lovanienses 55, 1979, p. 116-124, pour l'histoire de la question). La Septante ne reproduit pas la même répartition. Pour la classe, l'effet est clair : le choix appartient à chacun (« choisis », au singulier) et il s'accomplit au sein d'un peuple (« contre vous », au pluriel). Certaines traductions conservent cette alternance, tandis que d'autres l'effacent.

h) « Choisis donc la vie, afin que tu vives » (30:19)

L'hébreu porte וּבָחַרְתָּ בַּחַיִּים לְמַעַן תִּחְיֶה אַתָּה וְזַרְעֶךָ (ûbāḥartā baḥayyîm lᵉmaʿan tiḥyeh ʾattâ wᵉzarʿekā). « Choisis » est un parfait avec waw consécutif, « et tu choisiras », qui après une déclaration fonctionne comme un ordre. Le verbe bāḥar suivi de la préposition bᵉ est la construction normale pour « choisir quelque chose ». La revue souligne que bāḥar indique « un choix délibéré, conscient et responsable » (point III.1). Dans le Deutéronome, ce verbe a presque toujours Dieu pour sujet (Partie XI, tableau 1). « Afin que tu vives, toi et ta descendance » répète la racine de « vie » (le substantif baḥayyîm et le verbe tiḥyeh) et met en relief le pronom « toi » (ʾattâ).

i) « Car il est ta vie » (30:20)

L'hébreu כִּי הוּא חַיֶּיךָ וְאֹרֶךְ יָמֶיךָ (kî hûʾ ḥayyêkā wᵉʾōrek yāmêkā) admet deux lectures, parce que le pronom hûʾ peut signifier « lui » (« il ») ou « cela ». Les traductions se partagent :

« Il » (l'Éternel) « Cela » (aimer et s'attacher)
Vulgate : « ipse est enim vita tua » Septante : « ὅτι τοῦτο ἡ ζωή σου » (« car ceci est ta vie »)
Traductions lisant le pronom au masculin (« car il est ta vie ») NJPS (traduction juive en anglais) : « For thereby you shall have life »
Traductions explicitant le sujet (« Car le Seigneur est ta vie ») Traductions lisant le pronom au neutre (« car de cela dépend ta vie »)
Rachi et la traduction usuelle du Targoum Onkelos Targoum Pseudo-Jonathan : « la loi… est votre vie » (Partie VIII)

Les deux lectures convergent : la vie consiste à aimer Dieu et à s'attacher à Lui, et c'est pourquoi Il est lui-même la vie. Le Targoum Onkelos conserve le pronom ambigu (hûʾ) et évite l'anthropomorphisme de « s'attacher à Lui » en traduisant par « s'approcher de sa crainte ». L'enseignant qui prêche que Dieu est notre vie à partir de 30:20 s'accorde avec la Vulgate et les traductions qui lisent le pronom au masculin, mais il doit savoir que l'ancienne Bible grecque et d'autres traductions lisent « cela ». En 32:47, la même construction (kî hûʾ ḥayyêkem) est dite de la parole, qui n'est pas pour le peuple une parole vaine, mais sa vie même.

3. L'ancienne Bible grecque et le Nouveau Testament

Différences de la Septante que l'enseignant peut citer. En 30:1, le rappel des paroles dans le cœur devient δέξῃ εἰς τὴν καρδίαν σου, « tu recevras dans ton cœur ». En 30:3, le retour de la captivité devient ἰάσεται κύριος τὰς ἁμαρτίας σου, « le Seigneur guérira tes péchés ». En 30:6, la Septante n'utilise pas le verbe « circoncire » (περιτέμνω), qu'elle avait employé en 10:16, mais περικαθαριεῖ, « il purifiera tout autour » : « et le Seigneur purifiera ton cœur et le cœur de ta descendance ». En 30:14, elle ajoute « et dans tes mains » : ἔστιν σου ἐγγὺς τὸ ῥῆμα σφόδρα ἐν τῷ στόματί σου καὶ ἐν τῇ καρδίᾳ σου καὶ ἐν ταῖς χερσίν σου αὐτὸ ποιεῖν (« la parole est tout près de toi, dans ta bouche, dans ton cœur et dans tes mains, pour la pratiquer »). En 30:15, elle réorganise les paires : τὴν ζωὴν καὶ τὸν θάνατον, τὸ ἀγαθὸν καὶ τὸ κακόν. En 30:19, « choisis » est l'impératif ἔκλεξαι τὴν ζωήν. En 30:20, comme nous l'avons vu, elle lit « ceci est ta vie ».

Paul et la main manquante. Lorsque Paul cite 30:14 en Romains 10:8, il laisse de côté l'expression « et dans tes mains » de la Septante : Ἐγγύς σου τὸ ῥῆμά ἐστιν, ἐν τῷ στόματί σου καὶ ἐν τῇ καρδίᾳ σου (« La parole est près de toi, dans ta bouche et dans ton cœur »). Paul suit ici l'hébreu, qui n'a pas non plus « dans tes mains », et cette omission s'accorde avec ce qu'il va dire aussitôt après : la justice vient par la bouche qui confesse et par le cœur qui croit (Romains 10:9, 10), et non par les œuvres des mains.

Choisir dans le Nouveau Testament. Le verbe de la Septante en 30:19, ἐκλέγομαι, est celui de Luc 10:42, où Marie a choisi la bonne part qui ne lui sera pas ôtée (τὴν ἀγαθὴν μερίδα ἐξελέξατο). Hébreux 11:25 emploie un autre verbe de choix, αἱρέομαι, à propos de Moïse préférant être maltraité avec le peuple de Dieu. Pierre répond à Jésus avec le vocabulaire de 32:47 (la parole qui est vie), en confessant que lui seul a les paroles de la vie éternelle (Jean 6:68 ; ῥήματα ζωῆς αἰωνίου).

4. Une référence de la revue à vérifier

Dans le fichier numérique de la revue que nous utilisons, le point II.2 porte « appelant à la réflexion et au choix conscient Os 24.15) ». Le contexte demande Josué 24:15, l'appel à choisir aujourd'hui qui servir, qui est également le texte de la lecture quotidienne du mercredi. L'enseignant devra vérifier dans la revue imprimée.

Partie IV — Exposition de Deutéronome 30, en quatre blocs

La revue lit 30:15-20. Les blocs A et B montrent le terrain dans lequel cette lecture est plantée ; les blocs C et D constituent la lecture en classe. Dans chaque bloc, le texte vient d'abord et les conclusions ensuite.

Bloc A (30:1-10) — Le retour et le cœur nouveau

Le point de départ est l'échec. "Lorsque toutes ces choses t’arriveront, la bénédiction et la malédiction que je mets devant toi, si tu les prends à cœur au milieu de toutes les nations chez lesquelles l’Éternel, ton Dieu, t’aura chassé," (Deutéronome 30:1). Moïse parle comme quelqu'un qui connaît déjà la fin de l'histoire : la malédiction arrivera, et le peuple sera dispersé. Le chapitre du choix commence par admettre qu'Israël choisira mal.

Le premier retour se produit à l'intérieur. L'expression traduite par rentrer en soi-même ou se souvenir de ces choses rend וַהֲשֵׁבֹתָ אֶל־לְבָבֶךָ (wahăšēbōtā ʾel-lᵉbābekā), littéralement « et tu feras revenir à ton cœur ». Avant que le peuple ne revienne sur la terre, les paroles reviennent au cœur. Lamentations 3:21 emploie la même expression hébraïque : "Voici ce que je veux repasser en mon cœur, Ce qui me donnera de l’espérance." (Lamentations 3:21) (littéralement, « je ferai revenir ceci à mon cœur »).

Israël revient, et Dieu revient. Le verbe šûb (« revenir ») apparaît sept fois en 30:1-10. Quatre fois, le sujet est Israël : le peuple fait revenir les paroles à son cœur (v. 1), revient à Dieu (v. 2), reviendra (v. 8) et revient (v. 10). Trois fois, le sujet est Dieu : il ramènera tes captifs et te rassemblera de nouveau (v. 3), et l'Éternel se réjouira de nouveau sur toi (v. 9). Une précaution s'impose : en 30:3b et 30:9, le verbe fonctionne comme un auxiliaire, « faire de nouveau », et le décompte de quatre et trois porte sur les mots, et non sur les scènes ; il montre le vocabulaire du chapitre, mais ne doit pas être utilisé seul pour dire que Dieu « revient » au même sens où le peuple revient. Les traductions utilisent plusieurs verbes différents pour rendre ce même šûb (Partie XI, tableau 6). L'expression de 30:3, šāb ʾet-šᵉbût, est la même qu'en Job 42:10, où l'Éternel rétablit l'état de Job (littéralement, ramena sa captivité). Job n'était pas en prison ; l'expression veut dire restaurer le sort de quelqu'un, et en 30:3 elle inclut le retour de l'exil.

La portée de la recherche. "Quand tu serais exilé à l’autre extrémité du ciel, l’Éternel, ton Dieu, te rassemblera de là, et c’est là qu’il t’ira chercher." (Deutéronome 30:4). Des siècles plus tard, à la cour perse, à Suse, Néhémie a prié avec ces paroles : "Souviens-toi de cette parole que tu donnas ordre à Moïse, ton serviteur, de prononcer. Lorsque vous pécherez, je vous disperserai parmi les peuples ; mais si vous revenez à moi, et si vous observez mes commandements et les mettez en pratique, alors, quand vous seriez exilés à l’extrémité du ciel, de là je vous rassemblerai et je vous ramènerai dans le lieu que j’ai choisi pour y faire résider mon nom." (Néhémie 1:8-9). Le terme désignant ceux qui sont chassés ou bannis (30:4) traduit le verbe nādaḥ, le même que celui qui décrit l'endroit où Dieu t'aura chassé (30:1) et le fait de se laisser entraîner (30:17). L'homme entraîné du verset 17 est le banni du verset 4, et Dieu promet d'aller le chercher.

Le verset central du bloc. "L’Éternel, ton Dieu, circoncira ton cœur et le cœur de ta postérité, et tu aimeras l’Éternel, ton Dieu, de tout ton cœur et de toute ton âme, afin que tu vives." (Deutéronome 30:6). En 10:16, le même sujet était un ordre : "Vous circoncirez donc votre cœur, et vous ne roidirez plus votre cou." (Deutéronome 10:16). En 30:6, c'est une promesse, et celui qui agit est Dieu. La circoncision était le signe de l'alliance dans la chair (Genèse 17:10-11). Celle du cœur est l'alliance gravée à l'endroit d'où sortent l'amour et les choix. Le verset se termine par lᵉmaʿan ḥayyêkā, « à cause de ta vie », et le mot ḥayyêkā (« ta vie ») reviendra à la fin du chapitre, là où il est dit qu'il est ta vie (30:20).

Ce que les prophètes ont fait de 30:6. Jérémie a répété l'ordre de se circoncire pour l'Éternel et d'ôter les prépuces de son cœur (Jérémie 4:4), puis a annoncé la promesse que Dieu mettrait sa loi au-dedans d'eux et l'écrirait dans leur cœur (Jérémie 31:33). Ézéchiel a gardé les deux choses côte à côte : l'appel à se faire un cœur nouveau et un esprit nouveau, en demandant pourquoi la maison d'Israël mourrait (Ézéchiel 18:31), et la promesse de leur donner un cœur nouveau et de mettre en eux un esprit nouveau (Ézéchiel 36:26). Dans le Nouveau Testament, Paul dit que la vraie circoncision est celle du cœur, selon l'esprit et non selon la lettre (Romains 2:29), et qu'en Christ les croyants ont été circoncis d'une circoncision que la main n'a pas faite (Colossiens 2:11).

Condition ou promesse ? Les versets 1 et 10 comportent la particule kî (« quand » ou « si »), et le verset 2 poursuit la condition, reprise au verset 10 par l'appel à obéir à la voix de l'Éternel ton Dieu et à revenir à lui de tout ton cœur (30:10). Le verset 6 affirme que l'Éternel circoncira le cœur. Les deux choses restent dans le même bloc, et le texte ne résout pas la tension pour le lecteur. La particule hébraïque kî peut signifier « si », « quand » ou « parce que », et les commentateurs se divisent sur le sens en 30:10. Pour la lecture arminienne et wesleyenne, c'est ici que l'on voit la manière dont Dieu agit : Il promet de faire dans le cœur ce qu'Il ordonne au cœur, et la réponse humaine se produit à l'intérieur de cette action (Partie V, axes 2 et 3).

Pour réfléchir : En Deutéronome 30, le chapitre du choix commence par la promesse de Dieu d'aller chercher celui qui a mal choisi. Comment cela change-t-il la manière de présenter le choix à la classe ?

Bloc B (30:11-14) — La parole qui est tout près

Ce n'est pas au-dessus de tes forces. "Ce commandement que je te prescris aujourd’hui n’est certainement point au-dessus de tes forces et hors de ta portée." (Deutéronome 30:11). L'adjectif traduit par au-dessus de tes forces ou caché rend נִפְלֵאת (niplēʾt), du verbe pālāʾ, qui parle de ce qui est extraordinaire, trop élevé, trop difficile. C'est le verbe de la question de Dieu à Abraham, demandant s'il y a quoi que ce soit d'étonnant ou de trop difficile de la part de l'Éternel (Genèse 18:14). Pour Dieu, rien n'est trop difficile ; et ce qu'Il ordonne n'est pas trop difficile pour son peuple, parce que Lui-même l'a rendu proche.

Ni dans le ciel, ni au-delà de la mer. "Il n’est pas dans le ciel, pour que tu dises : Qui montera pour nous au ciel et nous l’ira chercher, qui nous le fera entendre, afin que nous le mettions en pratique ? Il n’est pas de l’autre côté de la mer, pour que tu dises : Qui passera pour nous de l’autre côté de la mer et nous l’ira chercher, qui nous le fera entendre, afin que nous le mettions en pratique ?" (Deutéronome 30:12-13). Le ciel et la mer étaient les deux distances impossibles du monde antique. Moïse dit que personne n'a besoin d'un héros ni d'un spécialiste pour avoir accès à la volonté de Dieu.

Tout près : dans la bouche et dans le cœur. "C’est une chose, au contraire, qui est tout près de toi, dans ta bouche et dans ton cœur, afin que tu la mettes en pratique." (Deutéronome 30:14). Dans la bouche, parce qu'elle était répétée à voix haute (6:7 ; Josué 1:8, qui ordonne que ce livre de la loi ne s'éloigne point de ta bouche). Dans le cœur, parce qu'elle était gardée à l'intérieur (6:6). La parole est devenue proche parce que Dieu a parlé, et qu'Il a parlé dans la langue du peuple.

Comment peut-elle être « tout près » s'il manquait un cœur (29:4) ? La question est juste, et la réponse se trouve dans le chapitre lui-même : la parole est proche parce que Dieu l'a apportée, et le cœur en est capable parce que Dieu le circoncit (30:6). Sans 30:6, le passage de 30:11-14 devient du légalisme, comme si la loi était facile pour n'importe qui. Avec 30:6, cela devient de la grâce : Dieu a mis la parole à portée de main et promet de donner le cœur qui la reçoit.

La lecture de Paul. En Romains 10, Paul met deux textes de Moïse côte à côte. Le premier est Lévitique 18:5 : "En effet, Moïse définit ainsi la justice qui vient de la loi : L’homme qui mettra ces choses en pratique vivra par elles." (Romains 10:5). Le second est Deutéronome 30:12-14, qu'il fait parler au nom de la justice qui vient de la foi : "Mais voici comment parle la justice qui vient de la foi : Ne dis pas en ton cœur : Qui montera au ciel ? c’est en faire descendre Christ ; ou : Qui descendra dans l’abîme ? c’est faire remonter Christ d’entre les morts. Que dit-elle donc ? La parole est près de toi, dans ta bouche et dans ton cœur. Or, c’est la parole de la foi, que nous prêchons." (Romains 10:6-8). Paul remplace l'au-delà de la mer par l'abîme, lit le texte à la lumière de l'incarnation et de la résurrection et conclut : "Si tu confesses de ta bouche le Seigneur Jésus, et si tu crois dans ton cœur que Dieu l’a ressuscité des morts, tu seras sauvé." (Romains 10:9). La bouche et le cœur de Deutéronome 30:14 deviennent la bouche qui confesse et le cœur qui croit. Les principales lectures des spécialistes sur ce passage se trouvent dans la Partie V, axe 4.

Bloc C (30:15-18) — Les deux chemins

Vois ici. "Vois, je mets aujourd’hui devant toi la vie et le bien, la mort et le mal." (Deutéronome 30:15). Le verset commence par un impératif, « vois », comme en 11:26. Dieu ne cache rien : Il met les deux chemins sous les yeux et dit où chacun mène.

D'abord, aimer. "Car je te prescris aujourd’hui d’aimer l’Éternel, ton Dieu, de marcher dans ses voies, et d’observer ses commandements, ses lois et ses ordonnances, afin que tu vives et que tu multiplies, et que l’Éternel, ton Dieu, te bénisse dans le pays dont tu vas entrer en possession." (Deutéronome 30:16). L'ordre des verbes a du poids : aimer vient avant marcher et garder. Dans le Deutéronome, l'obéissance découle de l'amour (6:5 ; 10:12-13). Jésus a parlé de la même manière : "Si vous m’aimez, gardez mes commandements." (Jean 14:15).

Comment on arrive sur l'autre chemin. "Mais si ton cœur se détourne, si tu n’obéis point, et si tu te laisses entraîner à te prosterner devant d’autres dieux et à les servir," (Deutéronome 30:17). Il y a cinq verbes à la suite, et chacun entraîne le suivant. Le cœur se détourne, et le verbe pānâ veut dire se tourner (le même qu'en 29:18, à propos de celui dont le cœur se détourne aujourd'hui de l'Éternel notre Dieu). Ensuite vient le refus d'écouter. Puis le fait de se laisser entraîner ou séduire, ce qui en hébreu signifie être traîné ou poussé (nādaḥ). Ce n'est qu'alors que viennent le fait de se prosterner et celui de les servir. L'idolâtrie est le bout de la route ; le commencement est un cœur qui détourne le visage et une oreille qui se ferme. Deutéronome 4:19 décrit la même séquence et commence par les yeux, mettant en garde contre le fait de lever les yeux vers le ciel, de voir le soleil, la lune et les étoiles, et de se laisser entraîner à se prosterner devant eux et à les servir (Partie III, point 2e).

La sentence. "je vous déclare aujourd’hui que vous périrez, que vous ne prolongerez point vos jours dans le pays dont vous allez entrer en possession, après avoir passé le Jourdain." (Deutéronome 30:18). L'affirmation que le peuple périra certainement double le verbe en hébreu (ʾābōd tōʾbēdûn), comme en 4:26 et 8:19. Les traductions diffèrent sur ce point quant au maintien du pluriel employé ici par l'hébreu ou au passage au singulier. Le verset 20 répond au verset 18 : ici, ils ne prolongeront pas leurs jours ; là, il est ta vie et la prolongation de tes jours.

Bloc D (30:19-20) — Les témoins et l'ordre de choisir

Les témoins. Moïse prend aujourd'hui à témoin contre le peuple le ciel et la terre (30:19). Il avait déjà utilisé cette formule (4:26) et l'utilisera de nouveau (31:28), et son cantique commence en appelant les cieux et la terre à écouter (32:1). Les prophètes ont repris la scène : Ésaïe appelle les cieux à écouter et la terre à prêter l'oreille (Ésaïe 1:2) ; Michée invite les montagnes à écouter le procès de l'Éternel (Michée 6:2). L'arrière-plan de ces textes dans les traités du Proche-Orient ancien est présenté dans la Partie II. Pour l'auditeur de Moïse, le sens était clair : le ciel et la terre étaient là avant ce peuple et continueraient d'être là après. Personne ne pourrait dire qu'il n'avait pas été averti.

Choisis donc la vie. Après avoir mis devant le peuple la vie et la mort, la bénédiction et la malédiction, Moïse ne reste pas neutre : il dit laquelle des deux choisir. Dieu propose deux chemins et dit lequel Il désire. Ézéchiel dit la même chose en d'autres termes : "Car je ne désire pas la mort de celui qui meurt, dit le Seigneur, l’Éternel. Convertissez-vous donc, et vivez." (Ézéchiel 18:32). Le verbe « choisir » (bāḥar) est le verbe de l'élection dans le Deutéronome. Dieu a choisi les pères (4:37), a choisi Israël (7:6-7 ; 10:15 ; 14:2) et choisit le lieu du culte vingt et une fois. Ici, pour la seule fois dans le livre, Israël est appelé à choisir. Le peuple choisi est appelé à choisir Celui qui l'a choisi (Partie V, axe 1).

Toi et ta postérité. Le choix atteint les enfants. Le chapitre avait déjà mentionné toi et tes enfants (30:2) ainsi que le cœur de ta postérité (30:6). L'alliance de Moab incluait celui qui n'est pas ici parmi nous aujourd'hui (29:15). L'enseignant doit garder les deux vérités du Deutéronome : le choix d'une génération pèse sur la suivante, et chacun mourra pour son propre péché (24:16). L'influence passe des parents aux enfants ; la culpabilité et la réponse à Dieu appartiennent à chacun (Partie V, axe 8).

Les trois verbes du choix. Le texte appelle à aimer l'Éternel ton Dieu, à obéir à sa voix et à s'attacher à lui (30:20). Choisir la vie a un contenu. C'est aimer (ʾāhab), écouter la voix (šāmaʿ bᵉqôl) et rester attaché (dābaq). Le troisième verbe est celui de Genèse 2:24 (l'homme s'attachera à sa femme) et de Ruth 1:14 (Ruth s'attacha à elle). Dans le Deutéronome, il apparaît avec Dieu pour objet en 10:20, 11:22, 13:4 et 30:20, et l'adjectif de la même racine se trouve en 4:4 : "Et vous, qui vous êtes attachés à l’Éternel, votre Dieu, vous êtes aujourd’hui tous vivants." (Deutéronome 4:4). Dans le même livre, le verbe décrit aussi ce qui s'attache à celui qui s'éloigne : la peste (28:21) et toutes les maladies d'Égypte (28:60) (Partie XI, tableau 2).

Car il est ta vie. L'hébreu dit כִּי הוּא חַיֶּיךָ (kî hûʾ ḥayyêkā). Certaines traductions lisent « il » (ou « lui »), c'est-à-dire l'Éternel, et la phrase devient le centre de la leçon : la vie que Dieu propose, c'est Lui-même. D'autres lisent « cela », c'est-à-dire le fait d'aimer et de s'attacher, et la Bible grecque ancienne a un pronom neutre (Partie III, point 3). Les deux lectures arrivent au même endroit, parce qu'aimer Dieu et s'attacher à Lui, c'est vivre avec Lui. Deux chapitres plus loin, Moïse dit la même chose de la parole, affirmant que cette parole n'est pas sans importance pour vous, mais qu'elle est votre vie (32:47), avec la même construction hébraïque. La parole est la vie, et Dieu est la vie ; Jean unit les deux choses en déclarant qu'au commencement était la Parole et qu'en elle était la vie (Jean 1:1, 4).

La terre et le serment. Le verset s'achève sur la promesse que tu habites sur le pays que l'Éternel a juré à tes pères, Abraham, Isaac et Jacob, de leur donner (30:20). Le choix d'aujourd'hui s'appuie sur une promesse ancienne. Le peuple ne choisit pas pour gagner la terre ; il choisit pour demeurer sur la terre que Dieu a juré de donner. La revue rappelle, au point III.3, que cet héritage pointe vers une patrie meilleure, c'est-à-dire céleste (Hébreux 11:16).

Pour réfléchir : Moïse appelle la classe à choisir la vie en aimant, en écoutant sa voix et en s'attachant à Lui. Lequel de ces trois verbes votre classe oublie-t-elle le plus ?

Partie V — Théologie de la leçon — neuf axes

Chaque axe répond à une question que la classe se pose. La position de ce dossier est arminienne, wesleyenne et pentecôtiste ; les autres positions apparaissent telles que leurs défenseurs les présentent.

1. Dieu choisit le premier

Dans le Deutéronome, le verbe « choisir » (bāḥar) apparaît 31 fois, et le sujet est Dieu dans 29 d'entre elles (Partie XI, tableau 1). Dieu a choisi les pères et leur postérité (4:37), Il a choisi Israël pour qu'il soit son peuple particulier (7:6), Il choisit le lieu du culte, le roi et les sacrificateurs. Le motif ne se trouve pas en Israël : "Ce n’est point parce que vous surpassez en nombre tous les peuples, que l’Éternel s’est attaché à vous et qu’il vous a choisis, car vous êtes le moindre de tous les peuples. Mais, parce que l’Éternel vous aime, parce qu’il a voulu tenir le serment qu’il avait fait à vos pères, l’Éternel vous a fait sortir par sa main puissante, vous a délivrés de la maison de servitude, de la main de Pharaon, roi d’Égypte." (Deutéronome 7:7-8). Ce n'est qu'en 30:19 que le peuple est appelé à choisir. Le choix humain dans le Deutéronome est une réponse au choix divin.

La question suivante est inévitable : si Dieu choisit, le choix humain compte-t-il ? Les traditions chrétiennes répondent de manières différentes. Dans la lecture réformée (calviniste), l'élection d'individus pour le salut est inconditionnelle, et la réponse humaine est le fruit certain de cette élection. Dans la lecture arminienne et wesleyenne, Dieu élit en Christ (Il nous a élus en lui, Éphésiens 1:4) ceux qui croient, et la grâce qui précède rend possible une réponse réelle, qui peut être donnée ou refusée. Deutéronome 30 ne tranche pas à lui seul ce débat, mais montre deux choses que les deux traditions affirment : l'initiative vient de Dieu, et l'appel adressé à l'homme est sérieux.

2. La liberté humaine : réelle, blessée et soutenue par la grâce

La revue distingue deux idées du libre arbitre. Dans la philosophie sécularisée, il est autonomie : l'homme comme « maître de lui-même, indépendant de Dieu et étranger à la réalité du péché » (point I.1, avec Romains 1:21-23). Dans les Écritures, « l'homme possède une liberté réelle ; celle-ci, toutefois, est limitée par sa condition déchue et subordonnée à la souveraineté de Dieu » (point I.1, avec Ésaïe 46:10). Jésus a dit que quiconque commet le péché est esclave du péché (Jean 8:34). Paul a décrit la volonté blessée en constatant que la volonté est présente en lui, mais non le pouvoir d'accomplir le bien (Romains 7:18).

C'est pourquoi la revue ajoute que l'homme « dépend de la grâce divine, qui le rend capable de répondre (Jean 6:44 ; cf. Jean 5:40) », et qu'« il peut résister à la grâce (Actes 7:51) ». Dans la réponse à la deuxième question, elle utilise le terme technique : « grâce prévenante ». C'est la grâce qui vient avant (praeveniens), que Wesley a décrite ainsi : « No man living is entirely destitute of what is vulgarly called natural conscience. But this is not natural: It is more properly termed preventing grace » (« Aucun homme vivant n'est entièrement dépourvu de ce que l'on appelle communément la conscience naturelle. Mais cela n'est pas naturel : le nom le plus approprié est grâce prévenante » ; Sermon 85, On Working Out Our Own Salvation, III.4). Les textes que la tradition arminienne lit dans ce sens sont Jean 1:9 (la véritable lumière qui éclaire tout homme), Jean 12:32 (Jésus attirant tous les hommes à lui) et Tite 2:11 (la grâce de Dieu, source de salut pour tous les hommes, qui a été manifestée).

La carte du débat aide l'enseignant. Pélage (Vᵉ siècle) a enseigné que l'homme peut, par nature, choisir et faire le bien ; il a été condamné par l'Église ancienne, et aucune des traditions décrites ici ne le suit. Augustin, les réformateurs et les arminiens s'accordent à dire que, sans la grâce, l'homme déchu ne choisit pas Dieu. Les Articles des Remontrants (1610), premier document officiel des arminiens, disent que l'homme « can of and by himself neither think, will, nor do any thing that is truly good » (« ne peut, de lui-même et par lui-même, ni penser, ni vouloir, ni faire quoi que ce soit qui soit véritablement bon », art. 3) et que la grâce de Dieu est « the beginning, continuance, and accomplishment of all good » (« le commencement, la continuation et l'accomplissement de tout bien »), mais que sa manière d'agir « is not irresistible » (« n'est pas irrésistible », art. 4). Calvinistes et arminiens s'accordent sur la nécessité de la grâce et divergent sur la question de savoir si la grâce qui appelle peut être refusée et si elle atteint tous les hommes. La tradition réformée lit 30:6 comme un texte clé de la régénération qui précède la foi, et affirme en même temps que la volonté humaine n'est pas forcée (Confession de Westminster, chap. IX). La tradition luthérienne occupe une troisième place : elle enseigne que la grâce est offerte à tous et peut être rejetée, mais que la conversion est l'œuvre de Dieu seul (Formule de Concorde, art. II). Le concile d'Orange (529) avait déjà rejeté l'idée que le commencement de la foi vienne de l'homme, et la théologie arminienne et wesleyenne suit Orange sur ce point : la grâce prévenante précède tout pas humain. Wesley l'a dit ainsi : « Natural free-will, in the present state of mankind, I do not understand: I only assert, that there is a measure of free will supernaturally restored to every man » (« Un libre arbitre naturel, dans l'état actuel de l'humanité, je ne comprends pas ce que c'est ; j'affirme seulement qu'il y a une mesure de libre arbitre surnaturellement restaurée en chaque homme » ; Predestination Calmly Considered, §45).

3. Le commandement et la promesse : « donne ce que tu ordonnes »

Le Deutéronome ordonne au peuple de circoncire son cœur (10:16) et promet que Dieu le fera (30:6). Ézéchiel fait de même, en appelant à se faire un cœur nouveau (Ézéchiel 18:31) et en promettant de donner un cœur nouveau (Ézéchiel 36:26). L'Écriture n'y voit pas de contradiction : Dieu ordonne ce qu'Il rend Lui-même capable de faire. Augustin a résumé cela dans une prière devenue célèbre : Da quod iubes et iube quod vis, « Donne ce que tu ordonnes, et ordonne ce que tu veux » (Confessions X.29.40 et X.31.45).

Paul met les deux choses dans le même souffle : "Ainsi, mes bien-aimés, comme vous avez toujours obéi, travaillez à votre salut avec crainte et tremblement, non seulement comme en ma présence, mais bien plus encore maintenant que je suis absent ; car c’est Dieu qui produit en vous le vouloir et le faire, selon son bon plaisir." (Philippiens 2:12-13). Wesley a prêché sur ce texte et en a tiré deux conclusions : « God worketh in you; therefore you can work » (« Dieu agit en vous ; par conséquent, vous pouvez agir », Sermon 85, III.3) et « God worketh in you; therefore you must work » (« Dieu agit en vous ; par conséquent, vous devez agir », III.7). C'est la meilleure clé pour Deutéronome 30 : parce que Dieu circoncit le cœur (30:6), le peuple peut choisir la vie et doit la choisir (30:19).

4. La parole tout près : loi et Évangile en Romains 10

En Romains 10:5-10, Paul met côte à côte Lévitique 18:5 (selon lequel l'homme qui mettra ces choses en pratique vivra par elles) et Deutéronome 30:12-14, qu'il fait parler au nom de la justice qui vient de la foi. La manière dont Paul lit Deutéronome 30 est l'un des thèmes les plus étudiés du Nouveau Testament. Il existe trois grandes lignes de lecture.

La lecture de contraste. Luther a lu Romains 10 comme l'opposition entre la loi, qui ordonne et révèle le péché, et l'Évangile, qui donne (Partie VII, point 3). Calvin se situe entre le contraste et la continuité. Il dit, en commentant Deutéronome 30:11-14, que « Paul, with very good reason, accommodates this passage to the Gospel » (« Paul, à très juste titre, applique ce passage à l'Évangile ») et que, si Dieu corrige le cœur par l'Esprit, « this is not the property of the Law, but of the Gospel » (« cela n'est pas le propre de la Loi, mais de l'Évangile ») (Commentaries on the Four Last Books of Moses, Deutéronome 30:11-14) ; mais, en 30:19, il lit Moïse comme parlant de la loi accompagnée de la grâce de Christ (Partie VII, point 4).

La lecture de continuité. D'autres interprètes notent que Deutéronome 30:11-14 vient juste après la promesse de 30:1-10, où Dieu circoncit le cœur. Ainsi, Paul ne tordrait pas le sens de Moïse, mais lirait 30:11-14 à l'intérieur de la promesse de la restauration et de la nouvelle alliance, qu'il voit accomplie en Christ. Mark Seifrid a soutenu que Paul n'ignore pas le contexte du Deutéronome et voit un lien théologique entre le don de la loi et la venue de Christ (« Paul's Approach to the Old Testament in Rom 10:6-8 », Trinity Journal 6, 1985). Richard Hays a qualifié la citation de Paul de « deliberately provocative » (« délibérément provocatrice » ; Echoes of Scripture in the Letters of Paul, Yale, 1989, p. 79).

La lecture sapientiale. Le livre de Baruch (3:29-30, deutérocanonique) avait déjà appliqué les questions de Deutéronome 30, sur qui monterait au ciel et qui traverserait la mer, à la Sagesse, qu'il identifie à la loi (Baruch 4:1). Paul remplace l'au-delà de la mer par l'abîme et applique les questions à Christ. Hays (p. 79-80) et Per Jarle Bekken (The Word is Near You, BZNW 144, Berlin, 2007) montrent que cette manière de lire avait des parallèles dans le judaïsme du temps de Paul.

Pour la classe. Les trois lectures aboutissent à un point commun : la parole que Dieu a rendue proche trouve son centre en Christ, qui est descendu et est ressuscité, et elle est reçue par la foi. L'obéissance de Deutéronome 30 est le chemin de celui qui a déjà reçu la parole.

5. Vie et mort

Dans le Deutéronome, la « vie » est concrète : vivre de longs jours sur la terre, se multiplier, être béni (30:16, 20). La « mort », c'est périr et perdre la terre (30:18). Mais la vie n'est pas seulement une durée : il est ta vie (30:20). La parole aussi est vie : cette parole n'est pas sans importance pour vous, mais elle est votre vie (32:47) ; l'homme ne vivra pas de pain seulement, mais de tout ce qui sort de la bouche de l'Éternel (8:3). Les prophètes élargissent l'horizon en appelant à se convertir et à vivre (Ézéchiel 18:32).

Dans le Nouveau Testament, la vie est la vie éternelle, qui commence dès maintenant : celui qui écoute la parole de Jésus et croit à Celui qui l'a envoyé a la vie éternelle et est passé de la mort à la vie (Jean 5:24) ; la vie éternelle, c'est qu'ils connaissent le seul vrai Dieu et Jésus-Christ qu'Il a envoyé (Jean 17:3). La mort, avant d'être la fin du corps, est la séparation d'avec Dieu, l'état de ceux qui étaient morts par leurs offenses et par leurs péchés (Éphésiens 2:1). La revue relie la promesse de la terre à « l'espérance eschatologique de la vie éternelle avec Dieu (Hébreux 11:16) » (point III.3). L'enseignant doit garder les deux côtés : le Deutéronome parle de bénédictions concrètes, et celles-ci pointent vers une vie qu'aucune terre ne peut contenir.

6. Il n'y a pas de neutralité

La revue affirme : « Il n'y a pas de place pour la neutralité lorsqu'il s'agit de la destinée humaine » (point II.1), et relie le thème à Matthieu 7:13-14. L'Écriture le répète de bien des manières : Élie demande jusqu'à quand le peuple clochera des deux côtés, l'appelant à suivre l'Éternel s'Il est Dieu ou Baal s'il l'est, sans que le peuple lui réponde rien (1 Rois 18:21) ; nul ne peut servir deux maîtres (Matthieu 6:24) ; celui qui n'est pas avec Jésus est contre lui (Matthieu 12:30). Josué, successeur de Moïse, a répété l'appel de 30:19 en exhortant le peuple à choisir aujourd'hui qui il veut servir, tout en déclarant que lui et sa maison serviraient l'Éternel (Josué 24:15). Le silence du peuple devant Élie est aussi une réponse : celui qui ne choisit pas la vie continue sur le chemin où il se trouve déjà.

7. Aimer avant d'obéir

Le verbe « aimer » (ʾāhab) apparaît trois fois dans le chapitre, et toujours en tête : Dieu circoncit le cœur pour que tu aimes (30:6) ; Moïse ordonne aujourd'hui d'aimer, de marcher et de garder (30:16) ; le choix consiste à aimer, écouter sa voix et s'attacher à Lui (30:20). Dans le Deutéronome, l'obéissance découle de l'amour (6:5 ; 10:12-13). Jésus a parlé de la même manière : "Si vous m’aimez, gardez mes commandements." (Jean 14:15) ; et celui qui a ses commandements et les garde, c'est celui qui l'aime (Jean 14:21, lecture quotidienne de mardi). Jean ajoute que ses commandements ne sont pas pénibles (1 Jean 5:3), la même idée qu'en Deutéronome 30:11. La revue décrit le « sentier de l'obéissance » avec trois verbes, écouter, obéir et accomplir (point III.2, avec Deutéronome 30:10, 14), et résume : « Choisir la vie, c'est aimer, écouter et obéir à Dieu pour vivre en communion » (synthèses II et III). Cet ordre protège contre le moralisme : celui qui commence par le devoir finit dans l'orgueil ou dans le désespoir ; celui qui commence par l'amour de Dieu obéit en tant que fils.

8. « Toi et ta postérité »

Deutéronome 30 parle des enfants trois fois : toi et tes enfants (30:2), le cœur de ta postérité (30:6) et toi et ta postérité (30:19). L'alliance de Moab incluait ceux qui n'étaient pas encore nés (29:14-15), et les choses révélées sont pour nous et pour nos enfants à perpétuité (29:29). Les choix des parents forment les enfants : par l'exemple, par l'enseignement (6:7) et par l'atmosphère de la maison. Paul rappelle que la foi de Timothée a habité d'abord dans son aïeule Loïs et dans sa mère Eunice (2 Timothée 1:5), et Pierre a annoncé que la promesse était pour vous, pour vos enfants, et pour tous ceux qui sont au loin (Actes 2:39).

Mais l'influence n'est pas un destin. Le texte que l'on a coutume d'utiliser pour parler de malédiction familiale est Deutéronome 5:9, qui parle de l'iniquité des pères punie sur les enfants de ceux qui haïssent Dieu : la phrase décrit des générations qui persistent dans la même haine envers Dieu, et non des enfants punis pour ce qu'ils n'ont pas fait. Le même livre dit : "On ne fera point mourir les pères pour les enfants, et l’on ne fera point mourir les enfants pour les pères ; on fera mourir chacun pour son péché." (Deutéronome 24:16), et Ézéchiel 18 démonte l'idée d'une culpabilité héritée. La promesse de 30:6 est que Dieu circoncira aussi le cœur de la postérité ; la grâce atteint la génération suivante, et chaque personne répond pour elle-même. Le dossier de la Leçon 7 traite de la « malédiction héréditaire » en détail. L'histoire de Ruth, la Moabite, montre la grâce passant par-dessus une exclusion : Deutéronome 23:3 disait qu'aucun Moabite n'entrerait dans l'assemblée de l'Éternel, et Ruth, qui s'est attachée au Dieu d'Israël, est entrée dans la famille de David et de Jésus (Ruth 4:17 ; Matthieu 1:5) ; Ésaïe 56:3-7 ouvre la même porte à l'étranger qui s'attache à l'Éternel.

9. « Car il est ta vie »

La phrase de 30:20 est le centre théologique de la lecture. Si le pronom est « il », la vie que Dieu propose est Dieu Lui-même ; si c'est « cela », la vie consiste à aimer Dieu et à s'attacher à Lui (Partie III, point 2i). Dans les deux cas, la vie n'est pas un objet que l'on emporte loin du Donateur. La tradition rabbinique a lu cette phrase comme désignant la Torah (le Targum Pseudo-Jonathan et le Talmud, dans Berakhot 61b ; Partie VIII). Le Nouveau Testament mène cette lecture jusqu'au bout : au commencement était la Parole, et en elle était la vie (Jean 1:1, 4) ; Jésus est la résurrection et la vie (Jean 11:25) ; celui qui a le Fils a la vie (1 Jean 5:12) ; Christ est notre vie (Colossiens 3:4). La revue conclut : « Ce choix atteint son plein sens en Christ, car en Lui seul se trouve la vraie vie (Jean 14:6) ».

Partie VI — Dix erreurs courantes en enseignant cette leçon

Chaque erreur est accompagnée de la phrase que l'on entend en classe et du texte qui la corrige.

1. « Choisir la vie, c'est se sauver par son propre effort »

Cette erreur lit 30:19 sans 30:6. Dans le Deutéronome, Celui qui circoncit le cœur est Dieu, et le choix est une réponse à Celui qui a choisi le premier (7:7-8). Dans le Nouveau Testament, la vie éternelle est le don gratuit de Dieu (Romains 6:23), et le salut vient par la grâce, par le moyen de la foi : "Car c’est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu. Ce n’est point par les œuvres, afin que personne ne se glorifie." (Éphésiens 2:8-9). L'obéissance est le chemin de celui qui a déjà reçu la vie, car nous sommes son ouvrage, ayant été créés en Jésus-Christ pour de bonnes œuvres (Éphésiens 2:10).

2. « Si Dieu est souverain, le choix n'est qu'une apparence »

C'est l'erreur inverse. Si le choix n'était qu'une apparence, l'appel de 30:19 serait du théâtre, et les larmes de Jésus sur Jérusalem n'auraient aucun sens, lorsqu'Il rappelle combien de fois Il a voulu rassembler ses enfants, mais qu'elle ne l'a pas voulu (Matthieu 23:37). Dieu dit qu'Il ne prend pas plaisir à la mort de celui qui meurt (Ézéchiel 18:32). La souveraineté de Dieu inclut le fait de créer des personnes capables de répondre. Pour la revue, « l'homme possède une liberté réelle » (point I.1). Calvinistes et arminiens expliquent de manières différentes comment Dieu agit dans cette réponse, et les deux côtés affirment la responsabilité humaine (Partie V, axe 2).

3. « Le libre arbitre, c'est que je décide ce qui est bon pour moi »

C'est la liberté du serpent, promettant que vous serez comme Dieu, connaissant le bien et le mal (Genèse 3:5). En Deutéronome 30, Celui qui définit le bien et le mal est Dieu ; l'homme choisit parmi ce que Dieu a proposé. La revue qualifie cette autonomie de « dangereuse » et cite Romains 1:21-23 (point I.1). "Telle voie paraît droite à un homme, Mais son issue, c’est la voie de la mort." (Proverbes 14:12).

4. « Je n'ai pas encore décidé ; je réfléchis »

En Deutéronome 30, il n'y a pas de troisième chemin. Élie a demandé jusqu'à quand le peuple clocherait des deux côtés (1 Rois 18:21), et Jésus a dit que celui qui n'est pas avec lui est contre lui (Matthieu 12:30). Remettre à plus tard, c'est rester là où l'on est, et celui qui est hors de la vie reste dehors. Le texte place le choix dans l'« aujourd'hui » quatre fois (30:15, 16, 18, 19).

5. « Choisir la vie garantit la santé, l'argent et le succès »

Dans le Deutéronome, la vie inclut des bénédictions concrètes : de longs jours, des enfants, des récoltes (30:9, 16, 20). Mais le centre de la vie est Dieu, car il est ta vie (30:20). La revue rappelle que la promesse de la terre pointe vers une patrie meilleure, c'est-à-dire céleste (Hébreux 11:16). Utiliser 30:19 comme une garantie de prospérité, c'est échanger le Donateur contre le don. Le dossier de la Leçon 7 traite de la théologie de la prospérité en détail.

6. « La malédiction de 30:19 passe de père en fils »

L'expression toi et ta postérité parle de l'influence d'une génération sur l'autre, et non d'une culpabilité héritée. Le même livre dit : "On ne fera point mourir les pères pour les enfants, et l’on ne fera point mourir les enfants pour les pères ; on fera mourir chacun pour son péché." (Deutéronome 24:16), et tout Ézéchiel 18 démonte le proverbe des raisins verts. En Christ, la malédiction de la loi a été portée par Lui (Galates 3:13). Le dossier de la Leçon 7 traite de la « malédiction héréditaire » en détail.

7. « La loi est facile ; il suffit de l'accomplir »

Cette erreur lit 30:11-14 sans le chapitre 29 et sans Romains 10. Le même Moïse a dit que le peuple n'avait pas encore reçu un cœur pour comprendre (29:4). La parole est proche parce que Dieu l'a apportée, et le cœur peut la recevoir parce que Dieu le circoncit (30:6). Paul lit 30:12-14 comme la parole de la foi que nous prêchons (Romains 10:8). Enseigner 30:14 comme « c'est facile, fais-le » produit de l'orgueil chez celui qui pense y arriver et du désespoir chez celui qui sait qu'il n'y arrive pas.

8. « Choisis la vie : choisis le bon emploi, le bon mariage »

Deutéronome 30:19 est un choix d'alliance : aimer Dieu, écouter sa voix et s'attacher à Lui (30:20). Les décisions de la vie pratique entrent dans ce choix, parce que celui qui aime Dieu décide autrement en matière de mariage, de travail et d'usage du temps. Mais le verset n'est pas une promesse que chaque décision pratique réussira, ni une méthode pour découvrir la volonté de Dieu dans chaque choix. Celui qui utilise 30:19 ainsi sort le texte de son sujet.

9. « Attention, sinon vous deviendrez une statue de sel »

La femme de Lot est un avertissement de Jésus (Luc 17:32), et l'avertissement est sérieux. Mais Jésus l'a donné à des disciples, au milieu d'un enseignement sur son retour, et le contexte est celui d'un amour qui alerte. Avant l'ordre de ne pas regarder en arrière, les anges, par la miséricorde de l'Éternel, avaient pris cette famille par la main (Genèse 19:16). Utiliser cette histoire pour faire peur, sans la grâce qui précède, enseigne la crainte, et non l'amour. La rubrique « Fala, Pastor! » de cette leçon garde cet ordre : d'abord la main, ensuite l'ordre.

10. « Le choix n'appartient qu'à moi ; l'Église n'a rien à voir là-dedans »

Le choix est personnel, mais le texte s'adresse à un peuple. Moïse alterne le singulier et le pluriel dans le même paragraphe (30:15-19 ; Partie III, point 2). L'épître aux Hébreux ordonne de s'exhorter les uns les autres chaque jour, aussi longtemps qu'on peut dire : Aujourd'hui ! (Hébreux 3:13), et met en garde contre le fait d'abandonner notre assemblée, comme c'est la coutume de quelques-uns (Hébreux 10:25). Personne ne choisit à votre place, et personne n'a besoin de choisir seul.

Partie VII — Voix de l'Église : les Pères, les réformateurs et Wesley

Les citations proviennent des traductions anglaises classiques (Ante-Nicene et Nicene and Post-Nicene Fathers ; traductions de la Calvin Translation Society et de Henry Cole pour Luther), accompagnées de notre propre traduction. Une précaution méthodologique : les auteurs anciens ne citent presque jamais Deutéronome 30 mot à mot ; ils ont l'habitude de le mêler à Genèse 2–3 ou à Ben Sira 15, et citent de mémoire la Bible grecque. C'est pourquoi nous parlons d'allusions, et non de citations exactes.

1. Les premiers siècles : la liberté contre le destin

Aux IIe et IIIe siècles, les chrétiens ont utilisé Deutéronome 30 principalement contre le fatalisme païen, l'idée selon laquelle tout est écrit par le destin ou par les astres. Justin Martyr (v. 100-165) soutient que les hommes "walk uprightly and stumble" ("marchent droitement et trébuchent") par libre choix, car, si tout arrivait par le destin, "neither is anything at all in our own power" ("rien du tout ne serait en notre pouvoir") (Première Apologie 43). Ensuite, il cite une phrase qui fusionne Deutéronome 30:15, 19 avec la Genèse : Dieu aurait dit "to the man first created: 'Behold, before thy face are good and evil: choose the good'" ("au premier homme créé : Voici devant ta face le bien et le mal ; choisis le bien" ; 44). Tertullien (v. 160-220) opère la même fusion avec l'arbre de la connaissance et conclut que nous ne devons pas "lay to the account of the Lord's will that which lies subject to our own choice" ("mettre sur le compte de la volonté du Seigneur ce qui dépend de notre propre choix" ; Exhortation à la chasteté 2).

Origène (v. 185-254), dans son traité Des principes, rassemble des textes bibliques pour montrer "that it is our own doing whether we live rightly or not" ("qu'il dépend de nous de vivre droitement ou non"), et cite Moïse : "I have placed before your face the way of life and the way of death: choose what is good, and walk in it" ("J'ai placé devant ta face le chemin de la vie et le chemin de la mort : choisis ce qui est bon et marche dans cette voie" ; III.1.6, selon la numérotation de la traduction anglaise ANF). Irénée (v. 130-202) ne cite pas Deutéronome 30 dans le chapitre où il traite du libre arbitre, mais il lit la complainte de Jésus sur Jérusalem (Matthieu 23:37) comme "the ancient law of human liberty" ("l'ancienne loi de la liberté humaine"), parce que "God made man a free [agent] from the beginning" ("Dieu a fait l'homme libre dès le commencement" ; Contre les hérésies IV.37.1).

Jean Chrysostome (v. 347-407), prêchant sur Romains 10, a expliqué l'affirmation selon laquelle la parole est tout près en ces termes : "That is, It is easy… There is no long journey to go, no seas to sail over, no mountains to pass, to get saved" ("C'est-à-dire : c'est facile… Il n'y a pas de long voyage à faire, ni de mers à traverser, ni de montagnes à franchir pour être sauvé" ; Homélies sur l'épître aux Romains 17).

Précaution de lecture. Ces auteurs défendaient la responsabilité humaine face au destin ; ils ne discutaient pas de la grâce prévenante comme les théologiens modernes. Il est anachronique de les qualifier d'arminiens ou de calvinistes. Ce qu'ils montrent, c'est que l'Église ancienne lisait Deutéronome 30 comme la preuve que le choix humain est réel.

2. Augustin : le choix que la grâce inspire

Augustin (354-430) a affronté les pélagiens, qui utilisaient Deutéronome 30 et Ben Sira 15 pour affirmer que l'homme choisit le bien par nature. Il n'a pas nié le choix. Dans le traité La Grâce et le Libre Arbitre, il écrit que partout où l'Écriture ordonne de ne pas faire telle chose, "there is at once a sufficient proof of free will" ("il y a d'emblée une preuve suffisante du libre arbitre" ; chap. 4). Mais, répondant à un adversaire qui citait le passage où la vie et la mort sont placées devant l'homme avec l'appel à choisir la vie, il demanda s'il y aurait le moindre avantage à choisir la vie "unless God inspired love to make such a choice, and gave the possession of it when chosen" ("si Dieu n'inspirait pas l'amour pour faire un tel choix, et n'en donnait pas la possession une fois choisie" ; La Perfection de la justice de l'homme 19). Sa prière résume sa position : "Donne ce que tu commandes, et commande ce que tu veux" (Confessions X.29.40).

3. Érasme et Luther (1524-1525)

Lors de la Réforme, Deutéronome 30 fut au centre du débat le plus célèbre sur le libre arbitre. Érasme de Rotterdam, dans le De libero arbitrio diatribe (Discours sur le libre arbitre, 1524), cita 30:19 comme preuve que le texte "leaves to man the liberty of choosing" ("laisse à l'homme la liberté de choisir"), selon la citation qu'en fait Luther. Luther répondit dans Du serf arbitre (1525) que, par les paroles de la loi, l'homme "is admonished and taught what he ought to do, not what he can do" ("est averti et instruit de ce qu'il doit faire, et non de ce qu'il peut faire"), et critiqua celui qui, "when you have caught hold of one imperative verb you infer an indicative sense" ("ayant saisi un verbe à l'impératif, en déduit un sens indicatif" ; section LVI dans la traduction de Henry Cole). Pour Luther, le commandement révèle le péché et conduit à l'Évangile ; pour Érasme, le commandement suppose une capacité réelle de répondre.

Pour la classe. La critique de Luther vaut contre toute lecture pélagienne : l'impératif ordonnant de choisir ne prouve pas, à lui seul, que l'homme déchu peut choisir. C'est pourquoi la lecture arminienne et wesleyenne ne fonde pas le choix sur la nature humaine, mais sur la grâce qui précède (30:6 ; Partie V, axes 2 et 3).

4. Calvin

Jean Calvin (1509-1564) lit 30:6 comme une œuvre de Dieu : Dieu "should endow them with the Spirit of regeneration" ("devait les doter de l'Esprit de régénération"). Il critique "the defenders of free-will" ("les défenseurs du libre arbitre"), qui concluent que Dieu n'exige pas plus que ce que l'homme peut faire, et rappelle qu'ailleurs "they are taught to ask of God whatever He enjoins" ("il leur est enseigné à demander à Dieu tout ce qu'Il ordonne"). Sur 30:19, il demande comment Moïse peut ordonner de choisir la vie si la loi, à cause de la corruption de la nature, ne produit que la mort, et répond que Moïse "does not exclude the two-fold grace of Christ" ("n'exclut pas la double grâce de Christ") : la régénération par l'Esprit et la réconciliation gratuite par le pardon des péchés (Commentaries on the Four Last Books of Moses, Deutéronome 30). Dans l'Institution de la religion chrétienne, il met côte à côte 10:16 et 30:6 (II.5.8) et affirme que la facilité décrite en 30:11-14 réside "in the protection and help of the Holy Spirit" ("dans la protection et le secours du Saint-Esprit" ; II.5.12).

5. Les arminiens et Wesley

Les Articles des Remontrants (1610), rédigés par les disciples de Jacobus Arminius (1560-1609), affirment que l'homme ne peut rien faire de véritablement bon sans être régénéré "of God in Christ, through his Holy Spirit" ("par Dieu en Christ, par son Saint-Esprit", art. 3) et que la grâce de Dieu "is not irresistible" ("n'est pas irrésistible", art. 4, citant Actes 7:51). Nous n'avons pas trouvé, dans les œuvres d'Arminius que nous avons consultées, de commentaire direct sur Deutéronome 30.

John Wesley (1703-1791) a commenté ce chapitre dans ses Explanatory Notes upon the Old Testament (1765). Sur 30:6 : Dieu "will by his word and spirit change and purge thy heart from all thine idolatry and wickedness, and incline thy heart to love him" ("par sa parole et par son Esprit changera et purifiera ton cœur de toute ton idolâtrie et de toute ta méchanceté, et inclinera ton cœur à l'aimer") ; et "God will first convert and sanctify them" ("Dieu les convertira et les sanctifiera d'abord"). Sur 30:11 : bien que la pratique de la loi soit au-dessus de nos forces, "considering the advantage of gospel grace, whereby God enables us to do our duty, it is near and easy to us, who believe" ("considérant l'avantage de la grâce de l'Évangile, par laquelle Dieu nous rend capables d'accomplir notre devoir, elle est proche et facile pour nous qui croyons"). Sur 30:14 : "the Law is plain and easy: but the gospel is much more so" ("la loi est claire et facile, mais l'Évangile l'est bien davantage"). Sur 30:19 : "They shall have life that chuse it… but they die, because they will die" ("Ils auront la vie, ceux qui la choisissent… mais ils meurent parce qu'ils veulent mourir"). La note sur 30:19 résume presque mot pour mot le commentaire de Matthew Henry (point 6), comme c'est le cas dans plusieurs notes de Wesley sur l'Ancien Testament.

Dans le traité Predestination Calmly Considered (1752), Wesley demande au lecteur de considérer comment il serait possible de concilier la réprobation inconditionnelle avec une série de textes, parmi lesquels l'appel où Dieu déclare avoir mis aujourd'hui devant l'homme la vie et le bien, la mort et le mal, et lui ordonne de choisir la vie afin que lui et sa postérité vivent (§19, citant Deutéronome 30:15, 19). Dans le Sermon 85, sur Philippiens 2:12-13, il donne la clé wesleyenne du chapitre : Dieu agit, et c'est pourquoi l'homme peut et doit agir (Partie V, axe 3).

6. Matthew Henry

Le commentaire du presbytérien Matthew Henry (1662-1714) sur 30:15-20, lu par des générations de prédicateurs, déclare : "Those shall have life that choose it: those that choose the favour of God and communion with him for their felicity… shall have what they choose" ("Ils auront la vie, ceux qui la choisissent : ceux qui choisissent la faveur de Dieu et la communion avec Lui comme leur félicité… auront ce qu'ils ont choisi"), et "they die because they will die; that is, because they do not like the life promised upon the terms proposed" ("ils meurent parce qu'ils veulent mourir ; c'est-à-dire parce qu'ils n'aiment pas la vie promise aux conditions proposées"). Sur 30:6 : "The heart is then circumcised to love God when it is strongly engaged and held by that bond to this duty" ("le cœur est alors circoncis pour aimer Dieu lorsqu'il est fermement engagé et retenu par ce lien dans ce devoir").

7. Synthèse

Presque toutes les voix de l'Église affirment deux choses en lisant Deutéronome 30 : l'appel est réel, et l'homme répond de son choix ; et le cœur capable de choisir la vie est un don de Dieu. Augustin a défendu le libre arbitre et Calvin la responsabilité humaine ; Wesley, comme eux, a placé la grâce avant tout. La divergence porte sur la manière dont la grâce agit et sur la possibilité de la refuser. Wesley répond que la grâce précède, rend capable et peut être refusée. C'est la lecture qu'adopte la revue et que suit ce dossier.

Partie VIII — La lecture juive

Deutéronome 30 a été lu et commenté à la synagogue bien avant qu'aucun enseignant chrétien ne l'ouvre. Les sources ci-dessous ont été vérifiées sur Sefaria (sefaria.org) ; les traductions de l'hébreu et de l'araméen sont les nôtres, sauf indication contraire. Ces lectures ne gouvernent pas l'interprétation chrétienne, mais montrent comment le texte a résonné pour le peuple à qui il a été donné en premier, et où les deux lectures se rencontrent et se séparent.

1. À la synagogue : lu avant le Nouvel An

Dans le cycle annuel de lecture de la Torah, Deutéronome 29:9 à 30:20 (numérotation hébraïque) forme la section appelée Nitzavim ("vous vous tenez debout", le premier mot marquant de 29:10, où Moïse déclare que tous se tiennent aujourd'hui devant l'Éternel). Le Talmud attribue à Esdras la règle de lire les malédictions du Deutéronome (la section de Deutéronome 28) avant le Nouvel An juif, כְּדֵי שֶׁתִּכְלֶה הַשָּׁנָה וְקִלְלוֹתֶיהָ, "afin que l'année s'achève avec ses malédictions" (Talmud de Babylone, Meguila 31b). Les commentateurs médiévaux (Tosafot sur Meguila 31b) expliquent que Nitzavim est lu entre la section des malédictions et le Nouvel An, afin que les malédictions ne restent pas accolées à celui-ci. Le code de loi juive de Joseph Caro précise que Nitzavim est toujours lu le sabbat précédant Roch Hachana, parfois conjointement avec la section suivante (Choulhan Aroukh, Orah Haïm 428.4). Ainsi, chaque année, le peuple juif entend l'exhortation à choisir la vie au cours de la semaine où commence le temps de la repentance. La tradition associe ces deux éléments ; nous n'avons pas trouvé de source normative affirmant que cette lecture a été placée là à cause de la repentance.

2. Rachi : le père qui place son fils sur la meilleure part

Rachi (Chlomo Yitzhaki, 1040-1105), le commentateur juif le plus lu du Moyen Âge, dit à propos de 30:15 : זֶה תָּלוּי בָּזֶה, "l'un dépend de l'autre : si tu fais le bien, voici pour toi la vie ; si tu fais le mal, voici pour toi la mort". Sur 30:19, il raconte une parabole : Dieu agit כְּאָדָם הָאוֹמֵר לִבְנוֹ, בְּחַר לְךָ חֵלֶק יָפֶה בְנַחֲלָתִי, וּמַעֲמִידוֹ עַל חֵלֶק הַיָּפֶה, "comme un homme qui dit à son fils : choisis pour toi une belle part dans mon héritage, et qui le place debout sur la meilleure part" en lui disant de choisir celle-là. Rachi relie cette image au Psaume 16:5, qu'il lit comme Dieu posant la main d'Israël sur le bon lot. Pour Rachi, le choix est libre, et le Père ne reste pas neutre : il conduit son fils jusqu'à la bonne part et la lui montre. C'est la même lecture que la revue fait de 30:19 : "le Seigneur n'impose pas, mais instruit et persuade".

Sur la mention des cieux et de la terre (30:19), Rachi donne deux explications. La première : ils demeurent pour toujours et peuvent donc témoigner. La seconde, tirée du Sifré sur Deutéronome 32 : le ciel et la terre n'ont jamais changé leur course, alors qu'ils ne reçoivent ni récompense ni châtiment ; à combien plus forte raison Israël, qui reçoit l'un et l'autre, devrait-il garder la sienne.

3. Sifré : le carrefour

Le Sifré sur le Deutéronome, un commentaire rabbinique ancien (rédigé dans les premiers siècles de l'ère chrétienne), ne comporte pas de section sur le chapitre 30, mais utilise 30:19 en commentant 11:26. Il raconte la parabole d'un homme assis à un carrefour, devant deux chemins : l'un commençait plat et se terminait dans les épines ; l'autre commençait dans les épines et se terminait plat. L'homme avertissait les passants. Puis le Sifré soulève une objection : שֶׁמָּא יֹאמְרוּ יִשְׂרָאֵל: הוֹאִיל וְנָתַן הַמָּקוֹם לְפָנֵינוּ שְׁנֵי דְרָכִים… נֵלֵךְ בְּאֵיזוֹ מֵהֶם שֶׁנִּרְצֶה, "peut-être Israël dira-t-il : puisque Dieu a placé devant nous deux chemins… marchons dans celui que nous voudrons". La réponse suit aussitôt : תַּלְמוּד לוֹמַר ״וּבָחַרְתָּ בַחַיִּים״, "c'est pourquoi le texte dit : choisis donc la vie" (Sifré Devarim 53). Dieu donne le choix et indique lequel choisir.

4. Rabbi Akiva : tout est prévu, et la liberté est donnée

Dans la Mishna, au traité Pirkei Avot (Maximes des Pères), se trouve une phrase attribuée à Rabbi Akiva (IIe siècle) : הַכֹּל צָפוּי, וְהָרְשׁוּת נְתוּנָה, "tout est prévu, et la liberté est donnée" (Avot 3.15, selon la numérotation de Sefaria ; d'autres éditions numérotent 3.16 ou 3.19). La phrase n'explique pas comment ces deux vérités s'accordent ; elle affirme les deux. La tradition chrétienne connaît la même tension : Dieu annonce dès le commencement ce qui arrive à la fin (Ésaïe 46:10, cité par la revue) et appelle chacun à choisir (Deutéronome 30:19).

5. Maïmonide : la liberté comme pilier de la Torah

Maïmonide (Moïse ben Maïmon, 1138-1204) consacre le chapitre 5 des Lois du repentir (Hilkhot Techouva, dans le Michné Torah) au libre arbitre. Il ouvre par רְשׁוּת לְכָל אָדָם נְתוּנָה, "la liberté est donnée à tout homme" (5.1). Il rejette l'idée que Dieu décrète, dès la naissance, que quelqu'un sera juste ou impie : אֵין הַדָּבָר כֵּן, "il n'en est pas ainsi" ; chaque personne peut être juste comme Moïse ou impie comme Jéroboam (5.2). Il appelle la liberté "principe fondamental et pilier de la Torah et des commandements" et cite Deutéronome 30:15 et 11:26 comme preuves (5.3). Il demande quel sens auraient la loi, le châtiment et la récompense si l'homme ne choisissait pas (5.4), et affronte l'objection de la prescience divine (5.5). Pour Maïmonide, la liberté humaine est une condition de la justice de Dieu.

6. Nahmanide : le cœur circoncis et la nouvelle alliance

Nahmanide (Ramban, 1194-1270) lit 30:6 ainsi : depuis la création, l'homme a le pouvoir de faire ce qu'il veut, d'être juste ou impie ; אֲבָל לִימוֹת הַמָּשִׁיחַ תִּהְיֶה הַבְּחִירָה בַּטּוֹב לָהֶם טֶבַע, "mais aux jours du Messie, le choix du bien leur sera une nature", et le cœur ne désirera plus ce qui ne convient pas. Il appelle cette circoncision la fin du mauvais penchant, et Ramban lui-même cite, dans son commentaire, la promesse de Jérémie annonçant que Dieu mettra sa loi au-dedans d'eux et celle d'Ézéchiel promettant un cœur nouveau. Ainsi, un rabbin médiéval a lu Deutéronome 30:6 à la lumière de la nouvelle alliance de Jérémie 31, le texte qu'Hébreux 8:10 applique à Christ.

Sur 30:11, Ramban rapporte que beaucoup comprenaient ce commandement comme la loi tout entière, et donne sa propre lecture : c'est le commandement de la repentance décrit plus haut, revenir à l'Éternel, son Dieu (30:2), ce que l'on peut faire "en tout temps et en tout lieu". Il explique la présence de la parole dans la bouche et dans le cœur (30:14) comme le fait de confesser le péché de la bouche et de revenir à Dieu avec le cœur. Le parallèle avec Romains 10:9-10, où la bouche confesse et le cœur croit, est évident, bien que les deux parviennent à des conclusions différentes.

7. Pourquoi ordonner de choisir ce qui est évident ?

Les commentateurs ont remarqué que l'ordre de choisir la vie semble superflu : qui choisirait la mort ? Obadia Sforno (v. 1470-1550) répond que choisir la vie n'est pas calculer une récompense : וְאָמַרְתִּי שֶׁתִּבְחַר בַּחַיִּים לֹא כְּעוֹבֵד עַל מְנָת לְקַבֵּל פְּרָס, "et j'ai dit que tu choisisses la vie, non comme celui qui sert pour recevoir une récompense", mais pour aimer Dieu en reconnaissant sa bonté. Abraham ibn Ezra (1089-1167) résume : ופירש כי החיים הם לאהבה, "et il a expliqué que la vie, c'est d'aimer". Tous deux lisent 30:19 à partir de 30:20, comme le fait ce dossier.

8. "Car il est ta vie" : Dieu ou la Torah ?

Le Targoum Onkelos, la traduction araméenne officielle de la Torah à la synagogue, conserve en 30:20 le pronom ambigu de l'hébreu : אֲרֵי הוּא חַיָּיךְ וְאוֹרָכוּת יוֹמָיךְ, que l'on traduit habituellement par "car Il est ta vie et la prolongation de tes jours". Mais il remplace l'attachement à Lui par le fait de "s'approcher de sa crainte", pour éviter l'image physique. En revanche, le Targoum appelé Pseudo-Jonathan change le sujet : אֲרוּם אוֹרַיְיתָא דְאַתּוּן עֲסִיקִין בָּהּ הִיא חַיֵיכוֹן בְּעַלְמָא הָדֵין, "car la loi à laquelle vous vous appliquez est votre vie dans ce monde", et la prolongation des jours "dans le monde à venir". En 30:19, ce même Targoum dit : "choisissez le chemin de la vie, qui est la loi".

Le Talmud raconte que, lorsque Rome interdit l'étude de la Torah, Rabbi Akiva continua d'enseigner en public. Lorsqu'on lui demanda pourquoi, il raconta la parabole du renard qui invitait les poissons à sortir de l'eau pour fuir les filets ; les poissons répondirent que, s'ils avaient peur dans l'eau, qui était leur vie, combien plus auraient-ils peur hors d'elle. Puis il fit l'application : אַף אֲנַחְנוּ… שֶׁכָּתוּב בָּהּ: ״כִּי הוּא חַיֶּיךָ וְאֹרֶךְ יָמֶיךָ״, "ainsi en est-il de nous, qui étudions la Torah, au sujet de laquelle il est écrit : car elle est ta vie et la prolongation de tes jours" (Berakhot 61b).

Ici, les deux lectures se séparent et se touchent. Pour la tradition rabbinique, la vie d'Israël est la Torah. Le Nouveau Testament convient que la parole de Dieu est vie (cette parole est votre vie, Deutéronome 32:47 ; Pierre confesse à Jésus qu'il a les paroles de la vie éternelle, Jean 6:68), et va plus loin : la Parole s'est faite chair, et en elle était la vie (Jean 1:4, 14). Pour le chrétien, l'affirmation selon laquelle il est notre vie s'accomplit dans une Personne : celui qui a le Fils a la vie (1 Jean 5:12).

9. "Elle n'est pas dans le ciel" : le four d'Akhnaï

L'usage rabbinique le plus célèbre de 30:12 se trouve dans le Talmud, Bava Metzia 59b. Lors d'une controverse sur la pureté d'un four, Rabbi Éliézer invoqua des miracles et jusqu'à une voix céleste en sa faveur. Rabbi Josué se leva et dit : ״לֹא בַשָּׁמַיִם הִיא!״, "Elle n'est pas dans le ciel !" Le Talmud explique : comme la Torah a déjà été donnée au Sinaï, la décision suit l'interprétation de la majorité des sages, et non une voix céleste. L'histoire se termine avec le prophète Élie racontant que Dieu a souri et a dit : "mes enfants m'ont vaincu". C'est un usage rabbinique du verset, portant sur l'autorité d'interprétation, et non une explication du sens originel. Paul a lu le même texte autrement : la parole qu'il n'est pas nécessaire d'aller chercher au ciel est Christ, qui est descendu et est ressuscité (Romains 10:6-8).

10. Ben Sira : la vie et la mort devant l'homme

Le livre de Ben Sira (l'Ecclésiastique), écrit en hébreu vers 180 av. J.-C., fait écho à Deutéronome 30 : "Si tu le veux, tu garderas les commandements" (15.15) et, selon l'édition hébraïque des manuscrits du Caire, "devant l'homme sont la vie et la mort ; ce qu'il voudra lui sera donné" (15.17). Ce livre figure dans le canon des Églises catholique et orthodoxes, mais ni dans le canon hébraïque ni dans celui des Églises protestantes, qui le lisent comme un témoignage de la piété juive ancienne, et non comme Écriture. Il montre comment Deutéronome 30 est devenu, parmi les Juifs, le texte classique de la liberté humaine.

Pour réfléchir : Rachi dit que le Père place son fils debout sur la meilleure part et lui dit "choisis celle-ci". Où, dans votre cours, devez-vous montrer que Dieu n'est pas neutre face au choix ?

Partie IX — Ce que la science observe

L'Écriture gouverne cette partie. La science ne prouve pas la Bible et ne décide pas de la théologie ; elle décrit des schémas du comportement humain qui aident à comprendre pourquoi Deutéronome 30:17 décrit l'égarement par étapes. Les données sont présentées avec leur source et les limites de chaque étude.

1. Comment les habitudes se forment

Une équipe de l'University College de Londres a suivi 96 volontaires qui ont choisi un comportement sain (boire de l'eau au déjeuner, marcher, faire de l'exercice) et l'ont répété tous les jours dans le même contexte, pendant 84 jours. Les participants indiquaient quotidiennement s'ils avaient accompli l'action et à quel point elle se produisait déjà "sans y penser". Parmi les 39 participants dont les données ont permis d'établir une bonne courbe, la médiane pour atteindre 95 % du seuil d'automaticité a été de 66 jours, avec une variation allant de 18 à 254 jours. Manquer un jour isolé n'a pas entravé de manière significative la formation de l'habitude (P. Lally, C. H. M. van Jaarsveld, H. W. W. Potts et J. Wardle, "How are habits formed: Modelling habit formation in the real world", European Journal of Social Psychology 40, 2010, p. 998-1009).

Ce que cela éclaire. Des choix répétés dans le même contexte finissent par se produire presque sans décision consciente. Cela vaut pour le bien comme pour le mal. En Deutéronome 30:17, le cœur se détourne avant que les genoux ne se prosternent. L'étude montre aussi qu'un faux pas isolé ne défait pas une bonne habitude. Le croyant qui a manqué sa lecture biblique d'un jour n'a pas perdu le chemin ; il y revient le lendemain.

Limites. Les volontaires étaient de jeunes adultes, presque tous étudiants, et les comportements étaient simples. Les chiffres sont les médianes d'un modèle, et non des délais fixes pour chaque personne.

2. La pente glissante de la malhonnêteté

Neil Garrett, Stephanie Lazzaro, Dan Ariely et Tali Sharot ont demandé à 80 volontaires de conseiller une autre personne sur la somme d'argent contenue dans un bocal de pièces, dans des situations où mentir leur procurait un avantage. Les mensonges intéressés ont commencé modestement et ont augmenté avec la répétition. Chez 25 participants examinés par imagerie par résonance magnétique, la réponse de l'amygdale, région liée aux émotions, a diminué à chaque mensonge, et cette baisse prédisait l'ampleur du mensonge suivant. Les auteurs ont parlé de "slippery slope" : "what begins as small acts of dishonesty can escalate into larger transgressions" ("ce qui commence par de petits actes de malhonnêteté peut s'amplifier jusqu'à des transgressions plus graves") (N. Garrett et al., "The brain adapts to dishonesty", Nature Neuroscience 19, 2016, p. 1727-1732).

Ce que cela éclaire. C'est la description, en laboratoire, de ce qu'Hébreux 3:13 appelle l'endurcissement par la séduction du péché. Le malaise de la conscience diminue avec la répétition, et chaque pas rend le suivant plus facile. L'étude a mesuré un type de péché (le mensonge intéressé) dans un environnement contrôlé ; l'application à d'autres domaines relève de l'analogie, et non du résultat direct de l'étude.

3. Le mariage et les petites demandes d'attention

Le psychologue John Gottman et son équipe ont observé des couples de jeunes mariés en laboratoire et les ont recontactés des années plus tard. Ils ont étudié ce qu'ils ont appelé les "bids", les petites demandes d'attention entre conjoints : une remarque, une question, un geste. L'article de référence est J. L. Driver et J. M. Gottman, "Daily marital interactions and positive affect during marital conflict among newlywed couples", Family Process 43 (2004), p. 301-314. Le Gottman Institute diffuse le résultat le plus cité de cet axe de recherche : six ans plus tard, les couples qui étaient restés mariés avaient répondu à ces sollicitations dans 86 % des cas ; ceux qui avaient divorcé, dans 33 % des cas ("Turn Toward Instead of Away", gottman.com).

Ce que cela éclaire. Le mariage se refroidit dans ces petits moments où un conjoint détourne le visage de l'autre. Le verbe hébreu de 30:17 traduit par se détourner (pānâ) signifie se tourner ailleurs. Le Deutéronome prend au sérieux l'affection dans le mariage : le jeune marié restait un an exempté de guerre, et le texte précise que c'était pour réjouir la femme qu'il avait prise (Deutéronome 24:5).

Limites. Les chiffres de 86 % et 33 % proviennent de la communication de l'institut lui-même ; l'article de 2004 traite de la relation entre les interactions quotidiennes et l'humeur lors des conflits. L'étude observe une association, et ne prouve pas un lien de causalité.

4. Les enfants et les écrans

L'Organisation mondiale de la santé a publié en 2019 ses lignes directrices pour les enfants de moins de cinq ans (WHO guidelines on physical activity, sedentary behaviour and sleep for children under 5 years of age). Pour les bébés de moins d'un an, "screen time is not recommended" (le temps d'écran n'est pas recommandé) ; pour les enfants d'un an, le temps d'écran sédentaire n'est pas recommandé ; de deux à quatre ans, "no more than 1 hour; less is better" (pas plus d'une heure ; moins, c'est mieux). La Société brésilienne de pédiatrie, dans son manuel #MenosTelas #MaisSaúde (2019, mis à jour en 2024), recommande d'éviter les écrans avant deux ans ; jusqu'à une heure par jour de deux à cinq ans, sous supervision ; une à deux heures de six à dix ans ; deux à trois heures de onze à dix-huit ans ; aucun écran pendant les repas, à tout âge ; et de se déconnecter une à deux heures avant de dormir. Les enseignants d'autres pays doivent consulter les recommandations de la société de pédiatrie de leur pays.

Ce que cela éclaire. Moïse a ordonné aux parents d'enseigner les paroles de Dieu à leurs enfants lorsqu'ils sont assis dans leur maison, lorsqu'ils marchent en chemin, lorsqu'ils se couchent et lorsqu'ils se lèvent (Deutéronome 6:7). Les heures que le Deutéronome réserve à la conversation et à l'enseignement sont précisément celles que les écrans occupent aujourd'hui : la table, le trajet, l'heure du coucher et l'heure du lever.

5. Les neurosciences ont-elles renversé le libre arbitre ?

En 1983, Benjamin Libet et ses collègues ont enregistré l'activité électrique du cerveau de volontaires qui pliaient le poignet quand ils le voulaient et indiquaient à quel moment ils avaient ressenti l'intention d'agir. Une onde d'activité, le "potentiel de préparation", commençait quelques centaines de millisecondes avant le moment déclaré de l'intention ; dans les mouvements spontanés, en moyenne environ 350 ms avant (B. Libet, C. A. Gleason, E. W. Wright et D. K. Pearl, "Time of conscious intention to act in relation to onset of cerebral activity (readiness-potential)", Brain 106, 1983, p. 623-642). Beaucoup en ont conclu que le cerveau décide avant la personne.

Deux observations modifient ce tableau. Libet lui-même a écrit, en 1985, que les volontaires parvenaient à "opposer un veto" au mouvement dans les 100 à 200 ms précédant le moment convenu pour agir (B. Libet, "Unconscious cerebral initiative and the role of conscious will in voluntary action", Behavioral and Brain Sciences 8, 1985, p. 529-539). En 2012, Aaron Schurger, Jacobo Sitt et Stanislas Dehaene ont proposé que la montée graduelle du potentiel puisse être, en bonne partie, l'effet de la moyenne de fluctuations spontanées de l'activité neuronale, et non la marque d'une décision déjà prise (A. Schurger, J. Sitt et S. Dehaene, "An accumulator model for spontaneous neural activity prior to self-initiated movement", Proceedings of the National Academy of Sciences 109, n. 42, 2012, doi: 10.1073/pnas.1210467109).

Ce que cela éclaire. Ces expériences mesurent l'instant où l'on bouge un poignet sans motif, et non des décisions morales réfléchies, comme servir Dieu ou d'autres dieux. La science discute encore de la signification de ces données, et aucune d'elles n'autorise à dire que le choix humain est une illusion. La Bible traite la volonté humaine comme réelle et, en même temps, blessée par le péché : le vouloir est présent en l'homme, mais non le pouvoir d'accomplir le bien (Romains 7:18). C'est pourquoi elle ne s'arrête pas à la volonté. Elle parle d'un cœur circoncis par Dieu (Deutéronome 30:6) et d'un Esprit qui produit à la fois le vouloir et le faire (Philippiens 2:13).

6. Ce que la science n'atteint pas

Les études ci-dessus décrivent comment les habitudes se forment, comment la conscience s'habitue et comment les relations se refroidissent. Elles ne disent pas ce qui est bien et ne donnent pas la force de choisir le bien. Deutéronome 30 fait les deux : Dieu définit la vie — car il est ta vie (30:20) — et promet le cœur capable de l'aimer (30:6). La science confirme que les petits choix pèsent ; l'Écriture dit quel choix sauve et qui donne la force de le faire.

Partie X — Lexique de la leçon

Les mots hébreux suivent le Texte Massorétique (Codex de Léningrad) ; les mots grecs, la Septante et le Nouveau Testament grec. La translittération suit la norme académique. Pour chaque terme, le sens dans le texte de Deutéronome 30 est indiqué.

Hébreu

רָאָה (rāʾâ) — voir. L'impératif רְאֵה (rᵉʾēh, "vois") ouvre 30:15 et 11:26. Le choix commence lorsque Dieu montre.

נָתַן לִפְנֵי (nātan lifnê) — donner, mettre devant. Employé pour dire que Dieu a mis devant le peuple (30:1, 15, 19). La revue appelle ce verbe natan, "mettre", "proposer" (point II.2). Le même verbe se trouve en 29:4 : l'Éternel n'avait pas encore donné au peuple un cœur pour comprendre.

הַיּוֹם (hayyôm) — aujourd'hui. Sept fois au chapitre 30 (v. 2, 8, 11, 15, 16, 18, 19). Place chaque génération devant le même choix (29:14-15 ; 5:3).

חַיִּים / חָיָה (ḥayyîm / ḥāyâ) — vie / vivre. Le substantif est au pluriel, comme c'est courant pour la vie en hébreu. En 30:15-20, cette famille de mots apparaît six fois : la vie (15, 19 deux fois), afin que tu vives (16, 19) et ta vie (20).

מָוֶת (māwet) — mort. La mort et le mal (30:15), la vie et la mort (30:19).

טוֹב / רַע (ṭôb / raʿ) — bien / mal. En 30:15, tous deux désignent avant tout ce qui arrive à celui qui choisit : prospérité ou malheur, en parallèle avec la bénédiction et la malédiction de 30:19. Les mêmes mots décrivent le discernement moral en 1:39 (les enfants qui ne connaissent ni le bien ni le mal) et en Genèse 2:9, 17.

בְּרָכָה / קְלָלָה (bᵉrākâ / qᵉlālâ) — bénédiction / malédiction (30:1, 19). La liste complète se trouve en Deutéronome 28 (dossier de la Leçon 7).

שׁוּב (šûb) — revenir, se convertir. Sept fois en 30:1-10, avec Israël et Dieu comme sujets. Les traductions le rendent selon le contexte par rentrer en soi-même, revenir, se convertir ou ramener.

שׁוּב שְׁבוּת (šûb šᵉbût) — restaurer le sort, ramener des captifs (30:3) ; la même expression apparaît en Job 42:10.

נָדַח (nādaḥ) — être chassé, poussé, entraîné. Employé pour les nations où l'Éternel t'aura chassé (30:1), tes exilés (30:4) et le fait de se laisser entraîner (30:17). Aussi en 4:19.

מוּל (mûl) — circoncire. Circoncisez (10:16, ordre) ; circoncira (30:6, promesse).

לֵבָב (lēbāb) — cœur : le centre de la personne, d'où procèdent les pensées, les décisions et les affections. Huit fois au chapitre 30.

נִפְלֵאת (niplēʾt) — participe niphal de pālāʾ, être extraordinaire, trop élevé, trop difficile. Rendu par au-dessus de tes forces ou caché (30:11). Le même verbe qu'en Genèse 18:14, où il est demandé s'il y a quoi que ce soit d'extraordinaire pour l'Éternel.

קָרוֹב (qārôb) — proche. Cette parole est fort près de toi (30:14).

אָהַב (ʾāhab) — aimer. Trois fois dans le chapitre (30:6, 16, 20), et toujours avant les verbes d'obéissance.

שָׁמַע בְּקוֹל (šāmaʿ bᵉqôl) — écouter la voix, obéir. En écoutant sa voix (30:20). Le verbe šāmaʿ apparaît sept fois dans le chapitre.

פָּנָה (pānâ) — se tourner, se détourner. Si ton cœur se détourne (30:17) ; aussi en 29:18.

הִשְׁתַּחֲוָה (hištaḥăwâ) — s'incliner, se prosterner en adoration. Te prosterner devant d'autres dieux (30:17).

עָבַד (ʿābad) — servir, rendre un culte. Et les servir (30:17).

אָבַד (ʾābad) — périr. Vous périrez certainement (30:18), avec l'infinitif absolu qui renforce le verbe, comme en 4:26 et 8:19.

אָרַךְ / אֹרֶךְ (ʾārak / ʾōrek) — prolonger / prolongation. Vous ne prolongerez pas vos jours (30:18) et la prolongation de tes jours (30:20).

עוּד (hiphil) (hēʿîd) — prendre à témoin, témoigner contre. J'en prends aujourd'hui à témoin contre vous (30:19) ; aussi en 4:26 ; 8:19 ; 31:28.

בָּחַר (bāḥar) — choisir. 31 fois dans le Deutéronome ; 29 fois avec Dieu comme sujet ; une fois avec Israël (30:19) et une fois avec l'esclave fugitif qui choisit où habiter (23:16). La revue l'appelle bãhar, "choix délibéré, conscient et responsable" (point III.1).

זֶרַע (zeraʿ) — semence, postérité. Toi et ta postérité (30:19, littéralement "semence") ; le cœur de ta postérité (30:6).

דָּבַק / דָּבֵק (dābaq / dābēq) — s'attacher, adhérer / attaché. En t'attachant à lui (30:20) ; 10:20 ; 11:22 ; 13:4 ; adjectif en 4:4. Aussi en Genèse 2:24 et Ruth 1:14.

כִּי הוּא חַיֶּיךָ (kî hûʾ ḥayyêkā) — car il est ta vie (30:20). La même construction se trouve en 32:47, dite de la parole : elle est votre vie.

Grec

ζωή (zōē) — vie. Dans la Septante en 30:15, 19, 20 et en Jean, lorsque Jésus déclare être la résurrection et la vie (Jean 11:25) ainsi que le chemin, la vérité et la vie (Jean 14:6).

ἐκλέγομαι (eklegomai) — choisir. La Septante emploie la forme ἔκλεξαι en 30:19 ("choisis"). Dans le Nouveau Testament, il est dit que Marie a choisi la bonne part (Luc 10:42).

αἱρέομαι (haireomai) — choisir, préférer. Employé à propos de Moïse, qui a choisi d'être maltraité avec le peuple de Dieu (Hébreux 11:25).

ἐγγύς (engys) — près. Employé pour dire que la parole est près de toi (Romains 10:8, citant Deutéronome 30:14).

ἀφοράω (aphoraō) — regarder fixement, en détournant les yeux du reste. Employé pour exhorter à avoir les regards sur Jésus (Hébreux 12:2). Deux fois seulement dans le Nouveau Testament (Philippiens 2:23 ; Hébreux 12:2).

Partie XI — Tableaux de synthèse

Comptages effectués sur le Texte Massorétique (Open Scriptures Hebrew Bible, avec morphologie). Dans les chapitres 13 et 23 du Deutéronome, la numérotation hébraïque a un verset d'avance sur la numérotation habituelle de nos Bibles ; au chapitre 29, elle a un verset de retard. Les références ci-dessous suivent la numérotation du texte de l'étude.

1) Qui choisit dans le Deutéronome : le verbe bāḥar (31 fois)

Qui choisit Ce qu'il choisit Références Occurrences
Dieu les pères et leur postérité ; Israël 4:37 ; 7:6 ; 7:7 ; 10:15 ; 14:2 5
Dieu le lieu où il mettra son nom 12:5, 11, 14, 18, 21, 26 ; 14:23, 24, 25 ; 15:20 ; 16:2, 6, 7, 11, 15, 16 ; 17:8, 10 ; 18:6 ; 26:2 ; 31:11 21
Dieu le roi 17:15 1
Dieu les sacrificateurs, fils de Lévi 18:5 ; 21:5 2
l'esclave fugitif le lieu où il va habiter 23:16 1
Israël la vie 30:19 1

Le Dieu qui choisit 29 fois appelle le peuple à choisir une seule fois. Le choix de 30:19 est une réponse au choix de Dieu, et le motif du choix divin se trouve en 7:7-8 : ce n'est pas parce qu'Israël était plus nombreux que tous les autres peuples, mais parce que l'Éternel l'aimait.

2) Ce qui s'attache : le verbe dābaq dans le Deutéronome

Référence Qui s'attache À quoi Sens dans le texte
4:4 (adjectif) vous à l'Éternel, votre Dieu vous qui vous êtes attachés… vous êtes tous vivants aujourd'hui
10:20 tu à lui (l'Éternel) tu t'attacheras à lui
11:22 vous à lui en vous attachant à lui
13:4 vous à lui vous vous attacherez à lui
13:17 rien de ce qui est voué par interdit à ta main rien ne s'attachera à ta main
28:21 la peste à toi attachera à toi la peste
28:60 les maux d'Égypte à toi ils s'attacheront à toi
30:20 tu à lui en t'attachant à lui

Dans le Deutéronome, ce verbe présente deux versants. Celui qui s'attache à Dieu est vivant (4:4) ; chez celui qui s'éloigne, ce sont les maladies qui s'attachent à lui (28:21, 60). Les traductions emploient différents verbes pour rendre ce même dābaq selon le contexte.

3) "Mettre devant" : nātan lifnê dans le Deutéronome

Référence Ce que Dieu met devant le peuple Sens dans le texte
1:8 le pays vois, j'ai mis le pays devant vous
1:21 le pays vois, l'Éternel, ton Dieu, met le pays devant toi
4:8 la loi toute cette loi que je mets aujourd'hui devant vous
11:26 la bénédiction et la malédiction vois, je mets aujourd'hui devant vous
11:32 les lois et les ordonnances que je mets aujourd'hui devant vous
30:1 la bénédiction et la malédiction que j'ai mises devant toi
30:15 la vie et le bien, la mort et le mal je mets aujourd'hui devant toi
30:19 la vie et la mort, la bénédiction et la malédiction j'ai mis devant toi

Dieu met devant le peuple le pays, la loi et le choix. En 1:8 et 30:15, la forme est identique (rᵉʾēh nātattî) : le livre s'ouvre et se referme sur Dieu mettant quelque chose devant le peuple. Les autres occurrences de l'expression dans le livre (2:31 ; 2:33 ; 2:36 ; 7:2, 23 ; 23:14 ; 28:7, 25 ; 31:5) parlent de Dieu livrant les ennemis devant Israël, ou Israël devant ses ennemis.

4) Vie et mort dans la lecture en classe (30:15-20)

Verset Vie Mort
30:15 la vie et le bien la mort et le mal
30:16 afin que tu vives —
30:17-18 — vous périrez certainement
30:19 la vie, choisis la vie, afin que tu vives la mort
30:20 car il est ta vie —

Six fois la famille de mots de la vie, deux fois la mort et une fois périr. La lecture commence en équilibrant les deux côtés et se termine uniquement sur la vie.

5) "Aujourd'hui" au chapitre 30

Verset Sens dans le texte
30:2 selon tout ce que je te prescris aujourd'hui
30:8 tous ses commandements que je te prescris aujourd'hui
30:11 ce commandement que je te prescris aujourd'hui
30:15 vois, je mets aujourd'hui devant toi
30:16 que je te prescris aujourd'hui
30:18 je vous déclare aujourd'hui
30:19 j'en prends aujourd'hui à témoin contre vous

6) Revenir (šûb) en 30:1-10

Verset Qui revient Sens dans le texte
30:1 Israël (les paroles au cœur) et que tu les rappelles à ton cœur
30:2 Israël et que tu reviennes à l'Éternel, ton Dieu
30:3 Dieu ramènera tes captifs
30:3 Dieu et te rassemblera de nouveau
30:8 Israël et toi, tu reviendras
30:9 Dieu l'Éternel prendra de nouveau plaisir à ton bonheur
30:10 Israël lorsque tu reviendras à l'Éternel, ton Dieu

7) Le cœur (lēbāb) au chapitre 30

Verset Le cœur… Sens dans le texte
30:1 qui se souvient tu les rappelles à ton cœur (faire revenir au cœur)
30:2 qui revient tout entier de tout ton cœur
30:6 que Dieu circoncit (deux fois) et qui aime tout entier (une fois) circoncira ton cœur et le cœur de ta postérité… de tout ton cœur
30:10 qui revient tout entier de tout ton cœur
30:14 où se trouve la parole dans ta bouche et dans ton cœur
30:17 qui peut se détourner si ton cœur se détourne

8) Les deux chemins dans l'Écriture

Texte Le chemin de la vie Le chemin de la mort
Deutéronome 11:26-28 la bénédiction, si vous obéissez aux commandements la malédiction… pour aller après d'autres dieux
Deutéronome 30:15-20 aimer, écouter, s'attacher : car il est ta vie le cœur qui se détourne : vous périrez certainement
Josué 24:15 moi et ma maison, nous servirons l'Éternel les dieux qu'ont servis vos pères
Psaumes 1:6 la voie des justes la voie des pécheurs mène à la ruine
Proverbes 4:18-19 comme la lumière resplendissante comme les ténèbres
Jérémie 21:8 le chemin de la vie le chemin de la mort
Matthieu 7:13-14 resserré le chemin qui mène à la vie spacieux le chemin qui mène à la perdition
Jean 14:6 Jésus est le chemin, la vérité et la vie —

Jérémie 21:8 est le seul autre passage où Dieu met (nātan lifnê) la vie et la mort devant le peuple, comme en Deutéronome 30:15, 19 ; Jérémie ajoute le mot "chemin". Là, alors que Jérusalem était assiégée, le chemin de la vie consistait à se rendre aux Chaldéens (Jérémie 21:9). L'Appendice A propose un canevas de prédication à partir de ce texte.

Christ dans la leçon

Dieu a choisi le premier, et il a choisi en Christ. Dans le Deutéronome, Dieu choisit 29 fois, tandis qu'Israël choisit une seule fois (Partie XI, tableau 1). Paul dit que Dieu nous a élus en lui avant la fondation du monde, pour que nous soyons saints et irrépréhensibles devant lui dans l'amour (Éphésiens 1:4). Dans la lecture arminienne et wesleyenne, Christ est l'Élu, et les croyants sont élus en lui ; le choix humain de 30:19 est une réponse à ce choix antérieur, rendue possible par la grâce.

Christ est l'Israël qui a choisi la vie par le chemin de l'obéissance. Israël a reçu l'ordre d'aimer, d'écouter et de s'attacher (30:20), et a échoué (30:1). Jésus a aimé le Père, a écouté sa voix et ne s'est pas séparé de lui, priant que s'accomplisse non pas sa volonté, mais celle du Père (Matthieu 26:39). Il s'est humilié lui-même en se rendant obéissant jusqu'à la mort, même jusqu'à la mort de la croix (Philippiens 2:8), et il a appris l'obéissance par les choses qu'il a souffertes, devenant pour tous ceux qui lui obéissent l'auteur d'un salut éternel (Hébreux 5:8-9). Par l'obéissance d'un seul, beaucoup seront rendus justes (Romains 5:19). Moïse lui-même, dit l'épître aux Hébreux, a fait son choix en regardant vers Christ : "aimant mieux être maltraité avec le peuple de Dieu que d’avoir pour un temps la jouissance du péché, regardant l’opprobre de Christ comme une richesse plus grande que les trésors de l’Égypte, car il avait les yeux fixés sur la rémunération." (Hébreux 11:25-26)

Christ a choisi la mort pour nous donner la vie. Dans Deutéronome 30, la mort est la fin du chemin de celui qui se détourne. Jésus est entré sur ce chemin sans s'être détourné, affirmant que personne ne lui ôte sa vie, mais qu'il la donne de lui-même (Jean 10:18). "Et comme tous meurent en Adam, de même aussi tous revivront en Christ," (1 Corinthiens 15:22) La mort que le péché paie comme salaire, il l'a reçue ; la vie que personne ne mérite, il la donne gratuitement (Romains 6:23).

Christ est la parole qui est tout près. Paul a lu Deutéronome 30:12-14 comme parlant de Christ : personne n'a besoin de monter au ciel pour le faire descendre, ni de descendre dans l'abîme pour le faire remonter d'entre les morts, parce qu'il est déjà descendu et qu'il est déjà ressuscité. "Que dit-elle donc ? La parole est près de toi, dans ta bouche et dans ton cœur. Or, c’est la parole de la foi, que nous prêchons." (Romains 10:8)

Christ est la circoncision du cœur. Ce que Deutéronome 30:6 avait promis, l'épître aux Colossiens l'annonce comme accompli : en lui nous avons aussi été circoncis d'une circoncision que la main n'a pas faite, mais de la circoncision de Christ (Colossiens 2:11). L'Esprit qu'Ézéchiel avait promis — lorsque Dieu annonce qu'il mettra son Esprit en nous et fera que nous suivions ses ordonnances (Ézéchiel 36:27) — est l'Esprit que Christ a répandu ; et la loi de l'Esprit de vie en Jésus-Christ nous a affranchis de la loi du péché et de la mort (Romains 8:2). Dans la foi pentecôtiste, c'est là la force que la volonté seule n'a pas.

Christ est la vie. Moïse a dit qu'il est notre vie (30:20). Jean a annoncé qu'en lui était la vie (Jean 1:4). Jésus a dit à Marthe qu'il est la résurrection et la vie (Jean 11:25), et aux disciples qu'il est le chemin, la vérité et la vie (Jean 14:6). Les deux chemins du Deutéronome aboutissent à une Personne. "Celui qui a le Fils a la vie ; celui qui n’a pas le Fils de Dieu n’a pas la vie." (1 Jean 5:12) Choisir la vie, aujourd'hui, c'est croire en lui, l'aimer, l'écouter et demeurer en lui, comme il nous appelle à demeurer en lui et lui en nous (Jean 15:4).

Application — ce qu'il faut retenir pour la semaine

L'application suit l'ordre de Deutéronome 30 : d'abord ce que Dieu a fait, ensuite la réponse. Aucun point n'est un échelon pour mériter la vie ; tous sont des manières de demeurer dans la vie que Dieu a donnée. Les exemples proviennent de la prédication pastorale de l'église Marcas do Evangelho ; l'enseignant peut les remplacer par ceux de sa communauté.

  1. Remerciez avant de décider. Avant d'appeler à choisir, Deutéronome 30 dit ce que Dieu fera dans le cœur (30:6) et rappelle que la parole est déjà tout près (30:14). Commencez la semaine en remerciant Dieu pour la grâce qui est arrivée la première : la main qui vous a tiré de votre Sodome.

  2. Choisissez aujourd'hui, et de nouveau demain. Moïse dit aujourd'hui quatre fois dans la lecture. Écrivez la décision que vous remettez à plus tard et, à côté, la bonne chose que Dieu vous a demandée et que vous laissez pour après. Le choix entre la vie et la mort se fait dans les petites choses, et le verset 17 montre que l'égarement commence dans le cœur avant d'atteindre les genoux.

  3. Restez près de la Parole. La loi ordonnait même au roi de lire la Parole tous les jours de sa vie (Deutéronome 17:19). Ouvrez la Bible avant votre téléphone. Utilisez un plan de lecture quotidienne ; l'église Marcas do Evangelho suit le plan de Robert Murray M'Cheyne, qui parcourt la Bible en un an à raison de quatre chapitres par jour. Celui qui manque un jour n'a pas perdu le chemin : reprenez le lendemain.

  4. Tournez votre visage vers votre foyer. Le Deutéronome accordait au nouveau marié une année libre pour réjouir la femme qu'il avait prise (Deutéronome 24:5) et ordonnait aux parents d'enseigner leurs enfants en se couchant et en se levant (Deutéronome 6:7). Cette semaine, ayez une conversation sans téléphone avec votre conjoint et un repas sans écran avec vos enfants, et lisez la Bible avec eux avant de dormir, en prenant la résolution que vous et votre maison servirez l'Éternel (Josué 24:15).

  5. Priez, jeûnez et rassemblez-vous. Jésus a parlé de la prière et du jeûne comme de la pratique de tout disciple, en disant quand tu pries et quand tu jeûnes (Matthieu 6:6, 17). Moïse a passé quarante jours et quarante nuits devant l'Éternel pour le peuple (Deutéronome 9:18). Mettez un jour à part pour jeûner pour quelqu'un de votre foyer qui est à l'arrêt. N'abandonnez pas votre assemblée, comme c'est la coutume de quelques-uns (Hébreux 10:25) : personne ne choisit à votre place, et personne n'a besoin de choisir seul. Si la lutte concerne une dépendance, cherchez de l'aide et demandez au Saint-Esprit la force que la volonté seule n'a pas.

Parole de pasteur ! — Choisis donc la vie — la rubrique du pasteur Jairo Carvalho, en intégralité

Texte de la rubrique dans la version du 28 octobre 2026, reproduit sans modifications. Il a été écrit pour être dit à voix haute, dans un langage simple, et suit les trois points de la revue. Les versions antérieures rédigées pour cette leçon se trouvent à l'Annexe A, sous forme de plans de prédication. Toutes les citations bibliques entre guillemets ou en bloc ont été vérifiées dans la Bible de référence. Les sources et les réserves relatives à chaque affirmation figurent à la fin de cette section, sous "Sources et notes de la rubrique". Les mentions du "cours" et des "enseignants" renvoient au cours enregistré de l'EBD Online qui précède la rubrique.

Choisis donc la vie

Dieu propose, vous décidez, et lui-même est la vie. Obéir, c'est choisir la vie, et désobéir, c'est choisir la mort, tous les jours, même dans les petites choses

DIEU PROPOSE → VOUS DÉCIDEZ → IL EST VOTRE VIE

Pasteur Jairo Carvalho • Pasteure Jaciana Carvalho — Église Marcas do Evangelho, Cariacica/ES • 22 novembre 2026

Ouverture — la vie et la mort, aujourd'hui

Bonjour, mes frères et sœurs ! Quelle immense joie de vous accueillir dans une nouvelle édition de l'EBD Online. Nous arrivons à la Leçon 8, "Choisir la vie ou la mort". Le mot-clé de la leçon est choix. Les enseignants ont commencé le cours d'aujourd'hui par une phrase qui a touché beaucoup de monde : "Il y a une décision en suspens dans votre vie, et vous savez même laquelle". Puis ils ont demandé : "Quelle est la décision que vous remettez à plus tard ?"

Aujourd'hui, je veux rester avec vous dans Deutéronome 30, le texte de notre leçon. Moïse est à la fin de sa vie, dans le pays de Moab (Deutéronome 29:1). Ceux qui l'écoutent forment une nouvelle génération, qui va entrer dans la Terre promise sans lui. Après quarante ans de désert, Moïse résume tout en un seul choix : la vie ou la mort.

Notre revue résume ce chapitre en une phrase : "Dieu propose, l'homme décide, et les conséquences se manifestent". C'est ce chemin que nous allons parcourir aujourd'hui, à l'intérieur du texte de la leçon.

Voici le message d'aujourd'hui. Obéir, c'est choisir la vie ; désobéir, c'est choisir la mort. Dieu place ce choix devant nous tous les jours, même dans les petites choses qui gagnent le cœur sans que l'on s'en aperçoive. Celui qui choisit la vie s'attache à une Personne, car il est notre vie.**

Mouvement 1 — Dieu propose

Deutéronome 30:15, 6, 11, 14 ; Ézéchiel 36:27 ; Romains 10:8 ; Jean 3:16 ; Genèse 19:16-17 ; Jean 5:40

Moïse commence ainsi :

"Vois, je mets aujourd’hui devant toi la vie et le bien, la mort et le mal." (Deutéronome 30:15)

Moïse dit qu'il a mis aujourd'hui ce choix devant le peuple. Avant que le peuple ne choisisse quoi que ce soit, Dieu avait déjà parlé. La revue rappelle qu'en hébreu, le verbe signifie "mettre", "placer" : Dieu a placé devant le peuple les deux chemins et a montré où chacun mène. Le verset commence en invitant à regarder. Dieu met tout en évidence.

Pourquoi Dieu propose-t-il au lieu d'obliger ? La revue suggère une question pour la classe : entre un robot et une personne, lequel des deux peut aimer ? Seule la personne le peut, car l'amour ne se programme pas. Dieu veut être aimé, et c'est pourquoi il place le choix devant nous. La revue le formule ainsi : "Le Seigneur n'impose pas, mais il instruit et persuade, appelant le peuple à l'obéissance."

Mais la grâce vient en premier. Quelques versets plus tôt, Moïse a promis que Dieu lui-même travaillerait dans le cœur du peuple : "L’Éternel, ton Dieu, circoncira ton cœur et le cœur de ta postérité, et tu aimeras l’Éternel, ton Dieu, de tout ton cœur et de toute ton âme, afin que tu vives." (Deutéronome 30:6) Dieu lui-même travaille dans le cœur afin qu'il puisse aimer et choisir la vie. Ézéchiel 36, que la revue a placé à côté de ce verset dans la lecture quotidienne, complète : "Je mettrai mon esprit en vous, et je ferai en sorte que vous suiviez mes ordonnances, et que vous observiez et pratiquiez mes lois." (Ézéchiel 36:27) La force d'obéir vient du Saint-Esprit.

Dieu ne demande non plus rien d'impossible. Moïse a dit que ce commandement n'est ni trop difficile ni hors de portée (30:11), et a ajouté : "C’est une chose, au contraire, qui est tout près de toi, dans ta bouche et dans ton cœur, afin que tu la mettes en pratique." (Deutéronome 30:14) Paul a lu ce verset et a montré de quelle parole il s'agit : "Que dit-elle donc ? La parole est près de toi, dans ta bouche et dans ton cœur. Or, c’est la parole de la foi, que nous prêchons." (Romains 10:8) Personne n'a besoin d'être docteur pour obéir à Dieu. La parole qui sauve s'est déjà approchée de vous.

L'offre s'adresse à tous. Les enseignants ont rappelé aujourd'hui que "personne ne se perd faute d'offre", et la revue mentionne ici Jean 3:16, rappelant que Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique. Mais personne ne décide à votre place, "ni le pasteur, ni votre mère, ni l'église qui prie pour vous depuis vingt ans".

Moïse lui-même a rappelé Sodome dans ce sermon. Un chapitre plus tôt, il a parlé de la destruction de Sodome et de Gomorrhe (Deutéronome 29:23). Or, c'est justement à Sodome que l'on a vu la grâce arriver avant la décision. Lorsque les anges sont allés faire sortir Lot de la ville, il était encore immobile. Écoutez le verset 16 :

"Et comme il tardait, les hommes le saisirent par la main, lui, sa femme et ses deux filles, car l’Éternel voulait l’épargner ; ils l’emmenèrent, et le laissèrent hors de la ville." (Genèse 19:16)

Lot tardait. C'est la décision en suspens dont le cours a parlé. Dieu a pris Lot par la main, parce que l'Éternel avait compassion de lui, et il a pris aussi par la main sa femme et ses filles. Ce n'est qu'ensuite qu'est venu l'ordre de se sauver pour sa vie et de ne pas regarder derrière soi (Genèse 19:17). D'abord la main, ensuite l'ordre. Les enseignants ont dit que nous obéissons "parce que nous avons déjà été rejoints". L'obéissance répond à la main qui nous a déjà sortis de Sodome.

La grâce appelle, mais elle peut être refusée. Jésus a dit à des hommes qui sondaient les Écritures (Jean 5:39) : "Et vous ne voulez pas venir à moi pour avoir la vie !" (Jean 5:40) La main qui a sorti Lot de Sodome a aussi sorti sa femme, et nous allons voir dans un instant ce qu'elle a fait. La revue résume : "Le salut est par la grâce, et la condamnation, par le rejet." Dieu parle le premier et tend la main le premier ; le pas suivant est le vôtre, et la même grâce qui a appelé donne la force de faire ce pas.

Mouvement 2 — Vous décidez, tous les jours

Deutéronome 30:16-18 ; Romains 6:23 ; Genèse 13 ; 19 ; Hébreux 3:13 ; 10:25 ; Luc 17:31-33 ; Deutéronome 24:5 ; 6:7 ; 17:19 ; Ruth 1:15

Maintenant, Moïse place les deux chemins côte à côte. D'abord, le chemin de l'obéissance :

"Car je te prescris aujourd’hui d’aimer l’Éternel, ton Dieu, de marcher dans ses voies, et d’observer ses commandements, ses lois et ses ordonnances, afin que tu vives et que tu multiplies, et que l’Éternel, ton Dieu, te bénisse dans le pays dont tu vas entrer en possession." (Deutéronome 30:16)

Ensuite, le chemin de la désobéissance :

"Mais si ton cœur se détourne, si tu n’obéis point, et si tu te laisses entraîner à te prosterner devant d’autres dieux et à les servir," (Deutéronome 30:17)

"je vous déclare aujourd’hui que vous périrez, que vous ne prolongerez point vos jours dans le pays dont vous allez entrer en possession, après avoir passé le Jourdain." (Deutéronome 30:18)

Il n'existe pas de troisième chemin. Obéir, c'est vivre et se multiplier. Désobéir, c'est mourir et périr certainement. La revue dit qu'ici "il n'y a pas de neutralité". Celui qui ne choisit pas la vie marche déjà sur l'autre chemin, et le cours a averti que "remettre un choix à plus tard ne suspend pas le choix".

Paul montre la différence entre les deux chemins dans un verset que la revue a placé dans la lecture quotidienne de cette semaine : "Car le salaire du péché, c’est la mort ; mais le don gratuit de Dieu, c’est la vie éternelle en Jésus-Christ notre Seigneur." (Romains 6:23) La mort est un salaire : le péché paie exactement celui qui travaille pour lui. La vie est un cadeau : personne ne la mérite, et Dieu la donne.

Prêtez attention à la manière dont la désobéissance commence au verset 17. D'abord, le cœur se détourne. Ensuite, on refuse d'écouter. Puis, on se laisse entraîner. Ce n'est qu'alors que l'on se prosterne devant d'autres dieux et que, finalement, on les sert. Le chemin qui aboutit à d'autres dieux commence par le cœur qui se tourne un peu de côté, puis par l'oreille qui se ferme à la voix de Dieu. C'est ainsi que les petites choses gagnent le cœur sans que l'on s'en aperçoive.

La vie de Lot montre comment cela se produit lentement. Dans Genèse 13, Abram a laissé Lot choisir le premier où il allait habiter. Lot a regardé la plaine du Jourdain, qui était entièrement bien arrosée (Genèse 13:10), et la Bible dit que Lot choisit pour lui toute la plaine du Jourdain (13:11). Dans le texte hébreu, c'est le même verbe que celui de notre Texte d'or, qui appelle à choisir la vie. La revue dit que ce verbe indique "un choix délibéré, conscient et responsable". Lot a choisi les yeux ouverts. Ensuite, il dressa ses tentes jusqu'à Sodome (13:12). Au chapitre 14, il habitait déjà dans Sodome. Au chapitre 19, Lot était assis à la porte de Sodome. Le cours a dit que "le temps n'est pas neutre, il exécute". Lot n'était pas un homme impie : l'apôtre Pierre appelle Lot un homme juste (2 Pierre 2:8), et pourtant il s'est approché de Sodome, un petit pas après l'autre.

La science a observé quelque chose de semblable dans le cerveau, dans le cas du mensonge. Des chercheurs de Londres ont demandé à quatre-vingts volontaires de dire à une autre personne combien d'argent se trouvait dans un bocal de pièces. Lorsque mentir procurait un avantage, les mensonges ont commencé petits et ont grandi, et l'examen du cerveau a montré qu'une zone liée aux émotions réagissait de moins en moins à chaque mensonge. Les chercheurs eux-mêmes ont appelé cela une pente glissante.

La Bible en a parlé bien avant : "Mais exhortez-vous les uns les autres chaque jour, aussi longtemps qu’on peut dire : Aujourd’hui ! afin qu’aucun de vous ne s’endurcisse par la séduction du péché." (Hébreux 3:13) Dans notre lecture, Moïse dit aujourd'hui quatre fois. Le cours a dit que le choix entre la vie et la mort "se répète chaque fois". Il se répète le matin, quand vous choisissez "la Bible ou le téléphone", et le soir, dans ce que vous laissez entrer par vos yeux. La même épître avertit que l'abandon du rassemblement commence comme une coutume chez quelques-uns (Hébreux 10:25) : on manque un culte, puis un autre, et l'habitude devient un chemin.

Sur la route de Sodome, le verset 18 s'est accompli en une seule scène. La femme de Lot était déjà hors de la ville, tirée par la même main qui avait tiré son mari. La grâce l'avait véritablement atteinte, et elle avait entendu l'ordre de ne pas regarder derrière soi. Alors :

"La femme de Lot regarda en arrière, et elle devint une statue de sel." (Genèse 19:26)

Elle a désobéi et est morte sur place. La Genèse ne dit pas ce qu'elle a ressenti, mais Jésus a donné un indice. Juste avant d'appeler à se souvenir de la femme de Lot (Luc 17:32), il a dit qu'au jour de son retour, celui qui sera aux champs ne doit pas retourner en arrière (17:31). Juste après, il a ajouté que quiconque cherchera à sauver sa vie la perdra (17:33). D'après ce que Jésus laisse entendre, ses pieds étaient sortis de Sodome, mais son cœur n'en était pas encore sorti. C'est le cœur qui se détourne dont parle le verset 17. Personne ici n'a besoin de vivre dans la peur de chaque pensée qui lui traverse l'esprit. Le vrai danger, c'est le cœur qui reste attaché à ce que Dieu a ordonné de quitter.

La famille de Lot s'était approchée de Sodome lentement, et y avait pris racine. Lorsque les anges sont arrivés, les filles étaient déjà promises à des hommes de la ville, et ces gendres ont cru que l'avertissement de Lot était une plaisanterie (Genèse 19:14). Il n'est pas étonnant qu'au moment de partir, le cœur de sa femme soit resté en arrière. La Sodome de beaucoup de croyants est faite de bonnes choses que Dieu a demandées et que l'on remet à plus tard. Nous entendons souvent ces demandes dans la prédication, et bien souvent nous choisissons de ne rien faire.

Dans le mariage. Le Deutéronome ordonnait au jeune marié de rester une année entière à la maison, sans aller à la guerre, afin qu'il soit libre dans sa demeure pendant un an pour réjouir la femme qu'il avait prise (Deutéronome 24:5). La tendresse dans le mariage fait partie de la loi de Dieu. Mais le téléphone l'emporte sur la conversation, la rancœur reste gardée, et le cœur se détourne peu à peu. Le mot traduit par se détourner, au verset 17, signifie se tourner. Un chercheur américain a suivi des couples de jeunes mariés et les a retrouvés six ans plus tard. Ceux qui étaient restés mariés répondaient aux petits appels de l'autre, une remarque ou une demande simple, 86 fois sur 100. Ceux qui avaient divorcé, seulement 33 fois. Le mariage se refroidit dans ces petits moments où l'on détourne le visage.

Avec les enfants. Moïse a ordonné : "Tu les inculqueras à tes enfants, et tu en parleras quand tu seras dans ta maison, quand tu iras en voyage, quand tu te coucheras et quand tu te lèveras." (Deutéronome 6:7) Aujourd'hui, beaucoup d'enfants se couchent et se lèvent avec un écran à la main, et c'est la vidéo suivante qui les instruit. La Sociedade Brasileira de Pediatria recommande aucun écran avant deux ans, au maximum une heure par jour jusqu'à cinq ans, et aucun écran pendant les repas, à tout âge. Lot a habité des années à Sodome, et lorsque l'heure est venue de parler de Dieu à la maison, sa parole n'avait plus de poids.

Avec la Parole. Le verset 17 parle de celui qui refuse d'écouter. La loi ordonnait même au roi de lire la Parole tous les jours de sa vie, afin qu'il apprenne à craindre l'Éternel, son Dieu (Deutéronome 17:19). Nous avons notre Bible de dévotion avec le plan de lecture de McCheyne, un pasteur écossais qui a préparé ce plan pour son église à la fin de 1842, quelques mois avant de mourir à l'âge de vingt-neuf ans. Ce sont quatre chapitres par jour ; en un an, l'Ancien Testament une fois, le Nouveau Testament et les Psaumes deux fois. Celui qui cesse de lire la Bible décide presque jamais d'arrêter. Il saute un jour, puis trois, et sans s'en rendre compte, cela fait un mois qu'il ne l'a plus ouverte.

Sur la route de Moab, le verset 17 est apparu de nouveau. Naomi retournait à Bethléhem avec ses deux belles-filles veuves, Orpa et Ruth, et elle a insisté pour que toutes deux repartent. Personne n'a choisi à leur place. Orpa embrassa sa belle-mère et s'en alla, et Naomi dit à Ruth que sa belle-sœur était retournée vers son peuple et vers ses dieux (Ruth 1:15). Orpa n'était pas une mauvaise femme ; elle avait pleuré avec sa belle-mère. Mais, au moment de choisir, elle est retournée vers les autres dieux dont parle le verset 17. Sur la même route et avec les mêmes larmes, l'une est retournée en arrière et l'autre s'est attachée.

Mouvement 3 — Il est votre vie

Deutéronome 30:19-20 ; 4:4 ; Ruth 1:14, 16 ; 2:23 ; 4:17 ; Jean 11:25 ; Matthieu 6:6, 17 ; Luc 9:51 ; Ésaïe 50:7 ; Hébreux 12:2

Nous arrivons à notre Texte d'or et au verset qui clôt la lecture :

"J’en prends aujourd’hui à témoin contre vous le ciel et la terre : j’ai mis devant toi la vie et la mort, la bénédiction et la malédiction. Choisis la vie, afin que tu vives, toi et ta postérité," (Deutéronome 30:19)

"pour aimer l’Éternel, ton Dieu, pour obéir à sa voix, et pour t’attacher à lui : car de cela dépendent ta vie et la prolongation de tes jours, et c’est ainsi que tu pourras demeurer dans le pays que l’Éternel a juré de donner à tes pères, Abraham, Isaac et Jacob." (Deutéronome 30:20)

Après avoir appelé à choisir la vie, Moïse explique comment on la choisit : en aimant l'Éternel, son Dieu, en obéissant à sa voix et en s'attachant à lui. La revue résume : "Choisir la vie, c'est aimer, écouter et obéir à Dieu pour vivre en communion."

Le troisième verbe est s'attacher. En hébreu, c'est דָּבַק (davák), qui veut dire adhérer, rester collé. Moïse avait déjà employé ce verbe au début du livre, en parlant au même peuple, à Moab : "Et vous, qui vous êtes attachés à l’Éternel, votre Dieu, vous êtes aujourd’hui tous vivants." (Deutéronome 4:4) S'attacher à Dieu, aujourd'hui, et vivre : c'est toute notre leçon en un seul verset. Ruth 1:14 utilise le même verbe en disant que Ruth s'attacha à elle. Ce que Moïse a prêché à Moab, une Moabite l'a accompli sur la route. Elle a dit à Naomi :

"Ruth répondit : Ne me presse pas de te laisser, de retourner loin de toi ! Où tu iras j’irai, où tu demeureras je demeurerai ; ton peuple sera mon peuple, et ton Dieu sera mon Dieu ;" (Ruth 1:16)

La femme de Lot a regardé en arrière, et Orpa est repartie ; Ruth a refusé de repartir. Elle a choisi sans aucune garantie, aux côtés d'une belle-mère veuve et pauvre.

L'attachement de Ruth s'est poursuivi après la route. À Bethléhem, elle alla glaner des épis dans le champ de Boaz, et la Bible dit qu'elle s'attacha aux servantes de Boaz pour glaner jusqu'à la fin de la moisson des orges et de la moisson du froment (Ruth 2:23). Le verbe traduit par s'attacha est le même davák. Ce furent des semaines de moisson, un jour après l'autre. Les petites choses de chaque jour peuvent elles aussi gagner le cœur pour Dieu.

S'attacher à Dieu se traduit dans la pratique. Jésus a parlé de la prière et du jeûne comme de la pratique de tout disciple, en disant quand tu pries et quand tu jeûnes (Matthieu 6:6, 17). La prière laissée pour quand on aura le temps et le jeûne laissé pour quand la crise viendra relâchent peu à peu notre attachement à Dieu.

Notre Texte d'or se termine par la promesse que tu vivras, toi et ta postérité. Ruth était moabite, et le Deutéronome lui-même appelle les Moabites les enfants de Lot (Deutéronome 2:9). De la descendance de Lot, l'homme qui s'était attardé à Sodome, Dieu a tiré une femme qui s'est attachée à lui. Ruth a épousé Boaz, et leur fils, Obed, fut le père d'Isaï, père de David (Ruth 4:17). Matthieu a inscrit son nom dans la généalogie de Jésus (Matthieu 1:5).

Maintenant, la fin du verset 20 déclare qu'il est ta vie. Le cours a souligné : "non pas qu'il donne la vie, mais qu'il est la vie". Choisir la vie, c'est choisir une Personne. Dans la lecture quotidienne, la revue a placé à côté de ce verset les paroles de Jésus à Marthe :

"Jésus lui dit : Je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi vivra, quand même il serait mort ;" (Jean 11:25)

La Terre promise du verset 20 n'était que le commencement. En Jésus, celui qui choisit la vie a la vie dès maintenant et la vie éternelle ensuite, car celui qui croit en lui vivra, quand même il serait mort.

Jésus a aussi montré ce que signifie obéir jusqu'au bout. Lorsque l'heure de la croix est venue, Luc dit qu'il prit la ferme résolution d'aller à Jérusalem (Luc 9:51) ; littéralement, il affermit sa face. L'expression rappelle le Serviteur d'Ésaïe, qui a dit avoir rendu sa face semblable à un caillou (Ésaïe 50:7). Le caillou est une pierre dure. La femme de Lot a tourné son visage en arrière ; Jésus a affermi son visage vers l'avant, et c'est par son obéissance que nous avons pu sortir de notre Sodome.

C'est pourquoi l'épître aux Hébreux indique où porter nos regards : en ayant les yeux fixés sur Jésus, le chef et le consommateur de la foi (Hébreux 12:2). Les dictionnaires de grec expliquent que le mot employé ici signifie détourner les yeux des autres choses pour les fixer sur un seul point. Personne ne peut regarder vers Jésus et vers Sodome en même temps.

Application — Ce qu'il faut retenir pour la semaine

Premièrement : choisissez la vie aujourd'hui, et de nouveau demain. Moïse a dit aujourd'hui quatre fois dans notre lecture. Les enseignants vous ont demandé d'écrire la décision remise à plus tard, avec une date. Écrivez aussi, à côté, la bonne chose que vous laissez pour après. Demain matin, avant votre téléphone, ouvrez votre Bible de dévotion à la lecture du jour. La Parole est tout près de vous (Deutéronome 30:14).

La question : Quelle petite chose est en train de gagner votre cœur sans que vous vous en aperceviez ?

Deuxièmement : tournez votre visage vers votre foyer. Cette semaine, ayez une conversation sans téléphone avec votre conjoint et un repas sans écran avec vos enfants, et lisez la Bible avec eux avant de dormir. Josué, le serviteur qui a succédé à Moïse, a répété l'appel à choisir aujourd'hui qui l'on veut servir et a donné sa réponse : lui et sa maison serviraient l'Éternel (Josué 24:15). Si la lutte concerne une dépendance, cherchez de l'aide, car personne n'a besoin de s'en sortir seul. Le cours a rappelé que "la volonté veut, mais cette même volonté n'y arrive pas" : demandez au Saint-Esprit la force que la volonté seule n'a pas.

La question : Que devez-vous éteindre pour regarder de nouveau ceux qui vivent sous votre toit ?

Troisièmement : priez et jeûnez pour quelqu'un de votre foyer. Moïse s'est tenu devant Dieu pour le peuple pendant quarante jours et quarante nuits, sans manger de pain et sans boire d'eau, à cause de tous les péchés qu'ils avaient commis (Deutéronome 9:18). Lot a été tiré de Sodome parce que Dieu s'est souvenu d'Abraham (Genèse 19:29), l'oncle qui avait intercédé pour cette ville, et malgré cela chacun dans la maison a dû choisir pour lui-même. Mettez à part un jour de cette semaine pour jeûner pour celui qui est à l'arrêt, et tendez-lui la main. Pierre a laissé cette promesse : le Seigneur sait délivrer de l'épreuve les hommes pieux (2 Pierre 2:9).

La question : Pour qui de votre foyer allez-vous prier et jeûner cette semaine ?

Conclusion — choisis donc la vie

Mes frères et sœurs, Deutéronome 30 tient en une phrase : Dieu propose, vous décidez, et lui-même est la vie. Dieu a placé la vie et la mort devant vous et a tendu la main le premier. La désobéissance commence petite, dans le cœur qui se détourne et dans l'oreille qui se ferme, et aboutit à la mort. L'obéissance se fait elle aussi de petites choses, un jour après l'autre, et aboutit à la vie, parce qu'elle aboutit à Jésus.

Aujourd'hui, Dieu place de nouveau devant vous la vie et la mort, et demain il les placera encore, dans les petites choses de la journée. Les mains de Dieu sont toujours tendues, et cette église prie pour vous.

Choisissez donc la vie. Aimez le Seigneur, écoutez sa voix et restez attachés à lui, car, comme l'a dit Moïse, il est votre vie.**

Que Dieu bénisse profondément chacun de vous. Et nous nous retrouvons lors de notre prochaine EBD Online.

Sources et notes de la rubrique

Le cours et la revue. Les phrases attribuées aux "enseignants" et au "cours" proviennent du cours enregistré de l'EBD Online de cette leçon, qui précède la rubrique, et ont été transcrites à partir de l'enregistrement. Les phrases attribuées à la "revue" proviennent de la Leçon 8 de la revue CPAD de l'enseignant : la conclusion ("Dieu propose, l'homme décide, et les conséquences se manifestent"), le point I.2 ("Le salut est par la grâce, et la condamnation, par le rejet"), l'encadré du point I ("Le Seigneur n'impose pas, mais il instruit et persuade, appelant le peuple à l'obéissance"), le point II.2 (le verbe natan, "mettre", "proposer"), le point II.3 ("il n'y a pas de neutralité"), le point III.1 (bãhar, "un choix délibéré, conscient et responsable"), les synthèses II et III ("Choisir la vie, c'est aimer, écouter et obéir à Dieu pour vivre en communion") et la suggestion pédagogique du point I (le robot et la personne devant le carrefour). Les textes de la lecture quotidienne utilisés dans la rubrique sont Romains 6:23 (lundi), Romains 10:8 (jeudi), Ézéchiel 36 (vendredi ; la rubrique cite le v. 27, qui nomme l'Esprit), Josué 24:15 (mercredi) et Jean 11:25 (samedi).

L'hébreu prononcé à l'antenne. Un seul mot hébreu est prononcé : דָּבַק (dābaq, prononcé "davák"), dans Deutéronome 30:20 (ûlᵉdobqâ-bô), Ruth 1:14 (dābᵉqâ), Ruth 2:23 (wattidbaq, traduit par s'attacha) et dans l'adjectif de Deutéronome 4:4 (haddᵉbēqîm). Le verbe choisit de Genèse 13:11 (wayyibḥar) est le même verbe que celui de Deutéronome 30:19 (ûbāḥartā), mentionné à l'antenne sans prononcer le terme hébreu. L'expression se détourner de Deutéronome 30:17 est yifneh, de pānâ, se tourner (Partie III, point 2e ; Partie X).

Moïse, Sodome et Moab. Deutéronome 29:1 situe le sermon dans le pays de Moab. Deutéronome 29:23 compare la terre de l'alliance rompue à la destruction de Sodome et de Gomorrhe. C'est Moïse lui-même qui relie son sermon à Sodome, et c'est pourquoi la rubrique peut faire entrer la famille de Lot dans la leçon. Deutéronome 2:9 appelle les Moabites les enfants de Lot. L'origine de Moab (Genèse 19:30-38) n'est pas racontée dans la rubrique, à dessein.

La famille de Lot. Genèse 13 emploie le nom d'Abram (le nom change en Genèse 17:5). Les étapes de Lot : Genèse 13:10-12 ; 14:12 ; 19:1. Lot est appelé juste en 2 Pierre 2:8. Les gendres devaient prendre ses filles et prirent Lot pour un plaisantin (Genèse 19:14) ; la rubrique résume en disant qu'ils "ont cru que l'avertissement de Lot était une plaisanterie". La main des anges a saisi Lot, sa femme et ses filles (Genèse 19:16), et c'est pourquoi la rubrique dit que "la grâce l'avait véritablement atteinte". La Genèse ne dit pas ce que la femme de Lot a ressenti ni que son cœur a été séduit peu à peu. Ce qui est progressif dans le texte, c'est le cheminement de la famille (Genèse 13, 14 et 19). L'attachement du cœur vient de l'indice que Jésus donne en Luc 17:31-33, et la rubrique précise "d'après ce que Jésus laisse entendre".

Orpa et Ruth. Naomi a insisté auprès de ses belles-filles (Ruth 1:8, 11, 12, 15) ; la rubrique dit : "Personne n'a choisi à leur place". L'expression mentionnant d'autres dieux vient de Deutéronome 30:17 ; Ruth 1:15 dit qu'Orpa est retournée vers son peuple et vers ses dieux. "Revenir d'après toi" est la traduction littérale de לָשׁוּב מֵאַחֲרָיִךְ dans Ruth 1:16 (rendu dans les traductions courantes par cesser de te suivre). Obed, père d'Isaï, père de David (Ruth 4:17) ; Ruth dans la généalogie de Jésus (Matthieu 1:5).

Science. La "pente glissante" : Garrett et al., Nature Neuroscience 19 (2016) ; 80 volontaires, 25 sous imagerie par résonance magnétique. Le mariage : Driver et Gottman, Family Process 43 (2004), et les chiffres diffusés par le Gottman Institute (86 % et 33 %). Les écrans : Sociedade Brasileira de Pediatria, #MenosTelas #MaisSaúde (2019, mise à jour de 2024). Détails et limites dans la Partie IX.

Le plan de McCheyne. Robert Murray M'Cheyne (1813-1843), pasteur de la St. Peter's Church, à Dundee, en Écosse, a préparé le calendrier de lecture pour son assemblée à la fin de 1842 et est mort en mars 1843, à 29 ans. Le plan comporte quatre portions par jour (en général quatre chapitres) : en un an, l'Ancien Testament une fois, le Nouveau Testament et les Psaumes deux fois (Banner of Truth, Read the Bible in a Year). L'église Marcas do Evangelho utilise une Bible de dévotion comprenant ce plan ; l'enseignant d'une autre église peut appliquer ce point à n'importe quel plan de lecture quotidienne.

Le Deutéronome dans les exemples pratiques. Le jeune marié exempté de guerre pour réjouir la femme qu'il a prise (Deutéronome 24:5) ; enseigner ses enfants en se couchant et en se levant (Deutéronome 6:7) ; le roi qui lit la loi tous les jours de sa vie (Deutéronome 17:19) ; Moïse quarante jours et quarante nuits devant l'Éternel pour le peuple (Deutéronome 9:18). Les textes du Nouveau Testament : quand tu pries et quand tu jeûnes (Matthieu 6:6, 17) ; comme c'est la coutume de quelques-uns (Hébreux 10:25, où les traductions diffèrent sur l'expression désignant notre assemblée).

Jésus affermit son visage. Dans Luc 9:51, les traductions diffèrent sur la manière de rendre l'expression ; le grec du Texte Reçu a τὸ πρόσωπον αὐτοῦ ἐστήριξε ("il affermit sa face" ; le texte critique a ἐστήρισεν). R. F. O'Toole, "How Does Luke Portray Jesus as Servant of YHWH", Biblica 81 (2000), p. 341, considère comme "quite probable" que la formule rappelle Ésaïe 50:7, où le Serviteur rend sa face semblable à un caillou.

Regarder vers Jésus. Hébreux 12:2 emploie ἀφορῶντες, de ἀφοράω : "to turn the eyes away from other things and fix them on something" (J. H. Thayer, Greek-English Lexicon of the New Testament). Deux occurrences seulement dans le Nouveau Testament (Philippiens 2:23 ; Hébreux 12:2).

Comptages. Le mot aujourd'hui apparaît quatre fois dans la lecture en classe (Deutéronome 30:15, 16, 18, 19) et sept fois dans le chapitre (Partie XI, tableau 5). Jean 11:25 a été dit à Marthe. Josué a succédé à Moïse (Deutéronome 31:7-8 ; Josué 1:1-2).

Annexe A — Six plans de prédication à partir de Deutéronome 30

Avant d'aboutir à la rubrique "Choisis donc la vie", le pasteur Jairo et l'équipe ont rédigé six autres versions pour cette leçon, entre le 25 et le 27 octobre 2026. Chacune suit un chemin différent et peut servir de plan pour un sermon ou pour un cours d'approfondissement. Les références ont été vérifiées dans la Bible de référence et dans le texte hébreu ; les réserves propres à chacune figurent à la fin.

Plan 1 — "De Sodome à Bethléhem"

Thèse : obéir, c'est choisir la vie, et désobéir, c'est choisir la mort ; dans la même famille, une femme est sortie de Sodome par la main de Dieu et a regardé en arrière, et des siècles plus tard une Moabite de la même lignée a quitté ses dieux, s'est attachée à Dieu et est entrée dans la généalogie de Jésus. Le lien est biblique : le Deutéronome appelle les Moabites les enfants de Lot (Deutéronome 2:9), Moïse a prêché dans le pays de Moab (29:1) et a rappelé Sodome dans le même sermon (29:23), et le verbe s'attacher de 30:20 est celui de Ruth 1:14. Mouvements : (1) Elle regarda en arrière (Genèse 13:10-12 ; 14:12 ; 19:1, 13-17, 26, 29 ; 2 Pierre 2:8 ; Hébreux 3:13 ; Deutéronome 30:16, 18 ; Luc 17:31-33) ; (2) Elle s'attacha (Deutéronome 2:9 ; Ruth 1:1-6, 8, 11, 14-17 ; 2:8, 12, 23 ; 4:13, 17 ; Matthieu 1:5) ; (3) Il ne retourna pas en arrière (Luc 9:51, 61-62 ; Ésaïe 50:5, 7 ; Hébreux 12:2 ; Deutéronome 30:19-20). Version du 27 octobre 2026. Attention : l'origine de Moab (Genèse 19:30-38) ne doit pas être racontée en classe sans préparation, et la loi de Deutéronome 23:3-4 ne doit pas être lue comme une malédiction héréditaire ; Ruth montre que celui qui s'attache à Dieu n'est pas exclu.

Plan 2 — "Souvenez-vous de la femme de Lot"

Thèse : Dieu prend par la main pour tirer de la destruction, mais la direction du regard est le choix de chacun ; la femme de Lot est sortie de Sodome, mais son cœur y est resté ; choisir la vie, c'est sortir sans regarder en arrière, les yeux fixés sur Jésus. Mouvements : (1) Pris par la main (Genèse 13:6, 9-13 ; 14:12, 16 ; 19:1, 12-16, 29 ; 18:23 ; 2 Pierre 2:8) ; (2) Arrêtée en chemin (Genèse 19:17, 26 ; Luc 17:28-33 ; Deutéronome 30:17) ; (3) Les yeux fixés sur Jésus (Luc 9:51, 62 ; Ésaïe 50:7 ; Hébreux 12:1-2 ; Deutéronome 30:19-20). Versions des 26 et 27 octobre 2026. Sources : Partie IV, blocs C et D ; Partie IX, point 2. Attention : la Genèse ne dit pas ce que la femme de Lot a ressenti ; l'attachement du cœur est l'indice donné par Jésus en Luc 17:31-33, et doit être présenté comme tel.

Plan 3 — "Elle s'attacha"

Thèse : à la fin de la lecture, choisir la vie consiste à s'attacher à Dieu (dābaq, 30:20) ; Moïse a prêché cela à Moab peu après que les filles de Moab eurent entraîné Israël à se prosterner devant leurs dieux (Nombres 25:1-2, avec le même verbe qu'en Deutéronome 30:17) ; des siècles plus tard, sur une route de Moab, une Moabite a fait le chemin inverse, et de son choix est née la maison de David. Mouvements : (1) Prêché à Moab (Deutéronome 29:1 ; 30:17, 20 ; Nombres 25:1-3 ; 31:16 ; Deutéronome 4:3-4 ; Genèse 2:24 ; Apocalypse 2:14) ; (2) Choisi sur la route (Ruth 1:1-17 ; Jean 6:65-68) ; (3) Né à Bethléhem (Ruth 2:8, 12, 21, 23 ; 4:13, 17 ; Matthieu 1:5 ; Actes 2:39). Version du 26 octobre 2026. Sources : Partie XI, tableau 2 ; Partie IV, bloc D. Attention : dans Ruth 2:14, l'invitation à s'approcher traduit un autre verbe hébreu (nāgaš), et non dābaq ; le rapprochement ne vaut que dans certaines traductions.

Plan 4 — "Tant qu'il y a un retour possible"

Thèse : Dieu a écrit le chemin du retour et ira chercher le banni là où il se trouve (30:1-10) ; Jésus a montré, dans l'histoire du riche et de Lazare, le lieu d'où personne ne revient par lui-même, et il a vaincu la mort, lui qui détient les clés de la mort et du séjour des morts (Apocalypse 1:18) ; c'est pourquoi la vie se choisit de ce côté-ci, tant qu'un retour est possible. Mouvements : (1) Il ira le chercher (Deutéronome 30:1-4, 6, 17 ; 10:16 ; Lamentations 3:21 ; Ézéchiel 11:15-16 ; 2 Samuel 14:14) ; (2) Personne n'en revient (Luc 16:19-31 ; Genèse 13:2 ; 2 Samuel 12:23 ; Jean 11:43 ; 12:10) ; (3) Un seul en est revenu (Apocalypse 1:18 ; Jean 5:24-25 ; Luc 22:31-32 ; Matthieu 27:3 ; Deutéronome 30:19). Version du 26 octobre 2026, fusion de trois plans antérieurs. Sources : Partie IV, bloc A ; Partie XI, tableau 6. Attention : en parlant de Judas, ne pas aborder la manière dont il est mort ni sa destinée, par respect pour les familles endeuillées par le suicide.

Plan 5 — "Il revient avec vous"

Thèse : avant de placer la vie et la mort devant le peuple, Dieu avait déjà écrit le chemin du retour ; le verbe "revenir" (šûb) apparaît sept fois en 30:1-10, quatre fois avec Israël pour sujet et trois fois avec Dieu, et les traductions diffèrent sur la manière de le rendre par plusieurs verbes ; celui qui se laisse entraîner en 30:17 est désigné par le même verbe que le banni de 30:4 (nādaḥ), et Dieu promet d'aller le chercher. Mouvements : (1) Le retour était déjà écrit (Deutéronome 30:1-5 ; Lamentations 3:21) ; (2) Il revient le premier (Deutéronome 30:3, 6, 9 ; 10:16 ; Ézéchiel 11:16 ; Luc 22:31-32) ; (3) Choisis la vie (Deutéronome 30:15-20). Version du 25 octobre 2026. Sources : Partie IV, bloc A ; Partie XI, tableau 6. Attention : le Talmud (Meguila 29a, dans une lecture attribuée à Rabbi Shimon bar Yochai) lit en 30:3 que la Présence de Dieu "revient avec" le peuple de l'exil ; c'est une lecture rabbinique que la grammaire n'impose pas ; en 30:3b, le même verbe fonctionne comme auxiliaire (Partie IV, bloc A). Si elle est utilisée, elle doit être présentée comme une lecture des rabbins, appuyée sur Ézéchiel 11:16, et non comme une preuve grammaticale.

Plan 6 — "Le roi qui n'a pas choisi"

Thèse : en dehors de Deutéronome 30, Dieu n'a placé la vie et la mort devant le peuple qu'une seule fois, en Jérémie 21:8, où il présente le chemin de la vie et le chemin de la mort alors que Jérusalem est assiégée ; là, le chemin de la vie s'appelait la reddition (21:9) ; le roi Sédécias savait quel était le chemin, a interrogé le prophète en secret et a laissé la crainte des hommes choisir à sa place (Jérémie 38:19 ; Proverbes 29:25) ; un étranger de la maison du roi, lui aussi effrayé, a fait confiance à Dieu et a reçu sa vie pour butin (Jérémie 39:18). Mouvements : (1) Le chemin de la vie s'appelait la reddition (Jérémie 21:1-10 ; 2 Chroniques 36:12 ; 2 Rois 22:19) ; (2) La peur qui a choisi à la place du roi (Jérémie 37:3, 17 ; 38:1-24 ; 39:4-7) ; (3) La vie pour butin (Jérémie 38:7-13 ; 39:17-18 ; 45:5 ; Jean 18:1-9 ; Hébreux 13:13). Version du 25 octobre 2026. Sources : Partie XI, tableau 8. Attention : la reddition était l'ordre donné pour ce siège particulier ; le principe applicable consiste à cesser de lutter contre Dieu, et non à établir une règle de passivité.

Annexe B — Soutien à l'enseignant en classe

Plan de cours suggéré — 50 minutes

Temps Étape Quoi faire
0–5 min Ouverture Lisez 30:15 et demandez : "Si Dieu montre les deux chemins et dit lequel choisir, pourquoi tant de gens choisissent-ils l'autre ?" Notez les réponses sans commenter.
5–10 min Le robot et la personne La suggestion de méthode de la revue : dessinez un robot et une personne à un carrefour. Lequel des deux peut aimer ? L'amour présuppose le choix (section I).
10–20 min Section I : Dieu propose Lisez 30:6 et 30:11-14. Montrez que la grâce précède : Dieu circoncit le cœur et rend la parole proche. Utilisez le tableau 1 de la Partie XI : Dieu choisit 29 fois avant qu'Israël ne choisisse une seule fois.
20–32 min Section II : vous décidez Lisez 30:16-18. Montrez les cinq étapes du verset 17 au tableau (se détourner, ne pas écouter, se laisser entraîner, se prosterner, servir). Demandez des exemples de "petites choses" qui détournent le cœur. Il n'y a pas de neutralité (1 Rois 18:21).
32–42 min Section III : Il est ta vie Lisez 30:19, 20. Mettez en évidence les trois verbes (aimer, écouter, s'attacher) et le fait qu'Il est notre vie. Reliez cela à Jean 11:25 et 14:6. La vie que l'on choisit est une Personne.
42–48 min Application Chaque élève écrit une décision reportée et une bonne chose qu'il remet à plus tard (Partie "Application", points 2 à 5).
48–50 min Conclusion Lisez Romains 10:8, 9 et priez pour la classe.

Questions que les élèves posent souvent — avec réponses

  1. Si Dieu sait tout ce qui va arriver, suis-je vraiment libre ? Dieu déclare qu'Il annonce dès le commencement ce qui doit arriver à la fin (Ésaïe 46:10, cité par la revue) et, dans le même livre de Moïse, Il appelle le peuple à choisir (Deutéronome 30:19). La Bible affirme les deux choses. Savoir à l'avance n'est pas la même chose qu'obliger. La tradition juive a également gardé les deux vérités ensemble ("tout est prévu, et la liberté est donnée", Avot 3:15 ; Partie VIII). Dans la lecture arminienne, Dieu connaît le choix parce qu'il sera fait, et ne le cause pas par le fait de le connaître.

  2. Si la grâce précède, alors est-ce Dieu qui choisit ? Dieu agit en premier : Il circoncit le cœur (30:6), rend la parole proche (30:14) et attire (Jean 6:44). Mais la grâce peut être refusée : l'homme peut toujours résister au Saint-Esprit (Actes 7:51 ; Matthieu 23:37). C'est pourquoi la revue résume : "Le salut est par la grâce, et la condamnation, par le rejet". Les calvinistes comprennent que la grâce efficace n'est pas refusée par les élus ; les arminiens et les wesleyens comprennent que la grâce rend capable de répondre sans y forcer (Partie V, axe 2).

  3. Si la parole est tout près et n'est pas difficile, pourquoi est-il si difficile d'obéir ? Parce que Deutéronome 30:14 vient après 29:4 (où il est dit que l'Éternel n'avait pas encore donné un cœur pour comprendre) et après 30:6 (Dieu circoncira le cœur). La parole est proche parce que Dieu l'a approchée ; la force vient du cœur qu'Il change. Paul lit 30:14 comme la parole de la foi en Christ (Romains 10:8), et l'Esprit produit en nous le vouloir et le faire (Philippiens 2:13).

  4. L'appel à choisir la vie sert-il pour choisir un emploi, un mariage, une ville ? Le verset porte sur l'alliance avec Dieu : L'aimer, L'écouter et s'attacher à Lui (30:20). Celui qui aime Dieu décide de tout autrement, et la Bible contient beaucoup de sagesse pour ces décisions. Mais 30:19 n'est pas une promesse que chaque décision pratique réussira (Partie VI, erreur 8).

  5. La malédiction de 30:19 peut-elle retomber sur mes enfants ? Le texte dit que le choix atteint la personne et sa descendance, et il est vrai que les parents influencent leurs enfants. Mais le même livre affirme que chacun mourra pour son propre péché (Deutéronome 24:16), et en Christ la malédiction a été portée (Galates 3:13). Personne n'est condamné par le choix de ses parents ; chacun répond devant Dieu (Ézéchiel 18:20).

  6. Un croyant peut-il choisir la mort après avoir choisi la vie ? Le texte lui-même a été adressé à un peuple qui appartenait déjà à Dieu (29:12, 13), et le Nouveau Testamento avertit les croyants : "Prenez garde, frères, que quelqu’un de vous n’ait un cœur mauvais et incrédule, au point de se détourner du Dieu vivant." (Hébreux 3:12). La tradition arminienne, wesleyenne et pentecôtiste (y compris les Assemblées de Dieu) enseigne que l'apostasie est possible, mais qu'aucun croyant qui demeure en Christ ne sera ravi de sa main (Jean 10:28) et que Dieu garde et restaure celui qui revient (Deutéronome 30:1-10 ; Luc 22:32). La tradition réformée enseigne la persévérance nécessaire des élus. L'enseignant doit enseigner l'avertissement et l'assurance ensemble, sans crainte et sans négligence.

  7. Pourquoi Dieu place-t-Il le choix devant nous et ne choisit-Il pas à notre place ? Parce que Dieu veut être aimé, et que l'amour ne se programme pas (suggestion de méthode de la revue). Rachi compare Dieu à un père qui montre à son fils la meilleure part de l'héritage et lui dit "choisis celle-ci" (Partie VIII). Dieu ne reste pas neutre : Il propose, montre le résultat et dit lequel choisir.

  8. Où intervient la femme de Lot dans cette leçon ? Moïse relie son sermon à Sodome (Deutéronome 29:23). La femme de Lot a été tirée de la ville par la main (Genèse 19:16), a reçu l'ordre de ne pas regarder en arrière (19:17), a regardé et est morte (19:26). C'est le verset 18 de Deutéronome 30 en une scène : désobéir, c'est mourir. Jésus a utilisé cette histoire comme avertissement aux disciples (Luc 17:32, 33).

Questionnaire — les cinq questions de la revue et treize autres

Les cinq premières proviennent de la revue, avec les réponses de la revue elle-même. Les autres viennent de ce dossier.

  1. Comment les Écritures présentent-elles le libre arbitre par rapport à la philosophie sécularisée ? Réponse de la revue : "Les Écritures présentent une vision équilibrée : l'homme possède une liberté réelle, mais limitée par sa condition déchue et subordonnée à la souveraineté de Dieu (Ésaïe 46:10)."

  2. Selon la leçon, quelle est la relation entre la grâce divine et la réponse humaine dans le salut ? Réponse de la revue : "L'homme, affecté par le péché, dépend de la grâce prévenante, qui le rend capable de répondre (Jean 6:44)."

  3. Comment le moment de la décision est-il présenté au peuple dans le Deutéronome ? Réponse de la revue : "La Loi avait déjà été exposée, et maintenant le peuple est appelé à répondre : choisir entre la vie et le bien, ou la mort et le mal (Deutéronome 30:15)."

  4. Pourquoi n'y a-t-il pas de neutralité devant la proposition divine ? Réponse de la revue : "L'annonce solennelle de Moïse, confirmée par les cieux et par la terre (Deutéronome 30:19), révèle qu'il n'y a pas de neutralité : tout choix entraîne des conséquences."

  5. Que signifie choisir la vie selon le Deutéronome ? Réponse de la revue : "Opter pour une vie en communion avec Dieu, marquée par l'amour et l'obéissance (Deutéronome 30:16)."

  6. Combien de fois le verbe "choisir" apparaît-il dans le Deutéronome, et qui en est le sujet ? 31 fois ; 29 fois le sujet est Dieu, une fois l'esclave fugitif (23:16) et une fois Israël (30:19).

  7. Quel verset de Deutéronome 30 répond au diagnostic de 29:4 ? 30:6, où il est promis que l'Éternel, notre Dieu, circoncira notre cœur.

  8. Quelle est la différence entre Deutéronome 10:16 et 30:6 ? En 10:16, circoncire le cœur est un ordre donné au peuple ; en 30:6, c'est une promesse, et celui qui agit est Dieu.

  9. Quelles sont les étapes de l'égarement en 30:17 ? Le cœur se détourne, l'oreille se ferme, la personne se laisse entraîner, se prosterne et sert d'autres dieux.

  10. Pourquoi certaines traductions emploient-elles le pluriel et d'autres le singulier en 30:19 ? Parce que l'hébreu utilise le pluriel (bākem) à cet endroit et revient au singulier juste après ; les traductions diffèrent sur ce point selon qu'elles conservent ou non ce changement de nombre.

  11. Quels sont les trois verbes de 30:20 qui expliquent comment l'on choisit la vie ? Aimer, écouter sa voix et s'attacher à Lui.

  12. Que signifie le verbe hébreu traduit par s'attacher ? Dābaq : coller, adhérer étroitement. C'est le verbe de Genèse 2:24 et de Ruth 1:14.

  13. Quel autre texte de l'Ancien Testament utilise la même formule que Deutéronome 30 pour placer la vie et la mort devant le peuple ? Jérémie 21:8 (qui place devant le peuple le chemin de la vie et le chemin de la mort).

  14. Comment Paul lit-il Deutéronome 30:12-14 ? Comme la parole de la foi que les apôtres prêchaient : Christ est descendu et est ressuscité, et le salut vient en confessant de la bouche et en croyant dans le cœur (Romains 10:6-10).

  15. Quelle section de la Torah contient Deutéronome 30, et quand est-elle lue à la synagogue ? Nitzavim ; le sabbat précédant le Nouvel An juif (Roch Hachana).

  16. Que dit Deutéronome 32:47 de la parole, avec la même construction que 30:20 ? Que cette parole n'est pas sans importance pour le peuple, mais qu'elle est sa vie.

  17. Quel choix de Moïse Hébreux 11 rapporte-t-il ? "aimant mieux être maltraité avec le peuple de Dieu que d’avoir pour un temps la jouissance du péché," (Hébreux 11:25).

  18. Où, selon Jésus, se trouve la vie que Deutéronome 30:20 promet ? En Lui, qui affirme être la résurrection et la vie (Jean 11:25), ainsi que le chemin, la vérité et la vie (Jean 14:6).

Bibliographie commentée

Source officielle. GOMES, Osiel. Lições Bíblicas Adultos — Professor: O Deus da Aliança. 4e trimestre 2026. Rio de Janeiro : CPAD (la maison d'édition des Assemblées de Dieu au Brésil), 2026, Leçon 8, "Escolhendo a Vida ou a Morte". Aides citées par la revue : Bíblia de Estudo Pentecostal — Edição Global (CPAD, 2021), p. 2312 ; Bíblia de Estudo Aplicação Pessoal (CPAD, 2017), p. 232 ; Revista Ensinador Cristão, nº 107, p. 40.

Texte biblique. Codex de Léningrad, consulté via l'Open Scriptures Hebrew Bible (avec morphologie). Septante (édition de Rahlfs, vérifiée sur Blue Letter Bible et Ellopos ; pour l'édition critique, J. W. Wevers, Göttingen, 1977). SBL Greek New Testament. Almeida Corrigida Fiel, édition de 2011 (Sociedade Bíblica Trinitariana do Brasil), vérifiée sur bibliaonline.com.br. PIETERSMA, Albert ; WRIGHT, Benjamin G. (éds.). A New English Translation of the Septuagint. Oxford : OUP, 2007 — avec l'introduction de Melvin K. H. Peters au Deutéronome, sur le texte de 30:16.

Commentaires sur le Deutéronome. CHRISTENSEN, Duane L. Deuteronomy 21:10–34:12. Word Biblical Commentary 6B. Nashville : Thomas Nelson, 2002. CRAIGIE, Peter C. The Book of Deuteronomy. NICOT. Grand Rapids : Eerdmans, 1976. TIGAY, Jeffrey H. Deuteronomy. JPS Torah Commentary. Philadelphie : JPS, 1996 — la meilleure porte d'entrée vers la lecture juive moderne. McCONVILLE, J. Gordon. Deuteronomy. Apollos OT Commentary. Leicester : Apollos, 2002 ; et Grace in the End: A Study in Deuteronomic Theology. Grand Rapids : Zondervan, 1993 — la priorité de la promesse sur le commandement. BARKER, Paul A. The Triumph of Grace in Deuteronomy. Carlisle : Paternoster, 2004 — lit 30:1-10 autour du v. 6 et soutient que la circoncision du cœur mène à la repentance. WEINFELD, Moshe. Deuteronomy and the Deuteronomic School. Oxford : Clarendon, 1972. Les trois premiers ouvrages ainsi que ceux de McConville sont des œuvres de référence indiquées pour l'approfondissement ; les affirmations de ce dossier attribuées à des auteurs ont été vérifiées dans les sources citées dans le texte.

Monde antique et deux chemins. PRITCHARD, James B. (éd.). Ancient Near Eastern Texts Relating to the Old Testament (ANET), avec le traité de Mursili II et Duppi-Teshub dans la traduction d'A. Goetze. FITZMYER, Joseph A. The Aramaic Inscriptions of Sefire. Rome : PBI, 1995. PARPOLA, Simo ; WATANABE, Kazuko. Neo-Assyrian Treaties and Loyalty Oaths. SAA 2. Helsinki, 1988. HOLTZ, Shalom E. "YHWH's Covenant: Why Moses Calls Heaven and Earth as Witnesses". TheTorah.com, 2024. HUFFMON, Herbert B. "The Covenant Lawsuit in the Prophets". JBL 78 (1959), p. 285-295. VAN DE SANDT, Huub ; FLUSSER, David. The Didache: Its Jewish Sources and Its Place in Early Judaism and Christianity. Assen/Minneapolis, 2002. MURPHY-O'CONNOR, Jerome. "Community, Rule of the (1QS)". Anchor Bible Dictionary, 1992.

Texte et grammaire. MINETTE DE TILLESSE, G. "Sections 'tu' et sections 'vous' dans le Deutéronome". Vetus Testamentum 12 (1962). BEGG, Christopher T. "The Significance of the Numeruswechsel in Deuteronomy: The 'Pre-History' of the Question". ETL 55 (1979), p. 116-124.

Paul et Deutéronome 30. HAYS, Richard B. Echoes of Scripture in the Letters of Paul. New Haven : Yale, 1989, p. 79-80. SEIFRID, Mark A. "Paul's Approach to the Old Testament in Rom 10:6-8". Trinity Journal 6 (1985). BEKKEN, Per Jarle. The Word is Near You: A Study of Deuteronomy 30:12-14 in Paul's Letter to the Romans in a Jewish Context. BZNW 144. Berlin : De Gruyter, 2007.

Sources juives. Sifrei Devarim 53. Mishna, Avot 3:15 (numérotation de Sefaria). Talmud de Babylone, Meguila 29a et 31b (avec les Tossafot) ; Bava Metzia 59b ; Berakhot 61b. Targoum Onkelos et Targoum Pseudo-Jonathan sur Deutéronome 30:19, 20. Rachi, Ibn Ezra, Nahmanide (Ramban) et Sforno sur Deutéronome 30. Pour la littérature grecque : Hésiode, Les Travaux et les Jours 287-292 ; Xénophon, Mémorables 2.1.21-34. Maïmonide, Mishné Torah, Hilkhot Techouva 5. Choulhan Aroukh, Orah Hayim 428.4. Ben Sira 15:14-17 (édition hébraïque de D. Kahana). Tous consultés sur Sefaria (sefaria.org), avec les traductions qui y sont indiquées.

Sources chrétiennes. Didachè 1.1 ; 5.1. Épître de Barnabé 18-20. JUSTIN. Première Apologie 43-44. TERTULLIEN. Exhortation à la chasteté 2. ORIGÈNE. Traité des Principes III.1.6. IRÉNÉE. Contre les hérésies IV.37. JEAN CHRYSOSTOME. Homélies sur les Romains 17. AUGUSTIN. Confessions X.29.40 ; De la grâce et du libre arbitre 4 ; De la perfection de la justice de l'homme 19. ÉRASME. De libero arbitrio diatribe (1524). LUTHER, Martin. De servo arbitrio (1525), trad. Henry Cole, sections LVI-LVIII. CALVIN, Jean. Commentaries on the Four Last Books of Moses, Dt 30 ; Institution de la religion chrétienne II.5.8, 12. Articles des Remontrants (1610), dans P. Schaff, The Creeds of Christendom, vol. 3. Concile d'Orange (529). Confession de Westminster (1647), chap. IX. Formule de Concorde (1577), art. II. WESLEY, John. Explanatory Notes upon the Old Testament (1765), Dt 30 ; Predestination Calmly Considered (1752), §19 et §45 ; Sermon 85, On Working Out Our Own Salvation. HENRY, Matthew. Commentary on the Whole Bible, Dt 30. Nos traductions à partir des éditions anglaises (Ante-Nicene et Nicene and Post-Nicene Fathers ; Calvin Translation Society).

Science. LALLY, P. et al. "How are habits formed: Modelling habit formation in the real world". European Journal of Social Psychology 40 (2010), p. 998-1009. GARRETT, N. et al. "The brain adapts to dishonesty". Nature Neuroscience 19 (2016), p. 1727-1732. DRIVER, J. L. ; GOTTMAN, J. M. "Daily marital interactions and positive affect during marital conflict among newlywed couples". Family Process 43 (2004), p. 301-314 ; Gottman Institute, "Turn Toward Instead of Away". WORLD HEALTH ORGANIZATION. Guidelines on physical activity, sedentary behaviour and sleep for children under 5 years of age. Genève : OMS, 2019. SOCIEDADE BRASILEIRA DE PEDIATRIA. Manual de Orientação #MenosTelas #MaisSaúde (2019 ; mise à jour de 2024). LIBET, B. et al. "Time of conscious intention to act in relation to onset of cerebral activity (readiness-potential)". Brain 106 (1983), p. 623-642. LIBET, B. "Unconscious cerebral initiative and the role of conscious will in voluntary action". Behavioral and Brain Sciences 8 (1985), p. 529-539. SCHURGER, A. ; SITT, J. ; DEHAENE, S. "An accumulator model for spontaneous neural activity prior to self-initiated movement". PNAS 109, n. 42 (2012).

Lecture dévotionnelle. M'CHEYNE, Robert Murray. Calendar for Daily Readings (1842) ; édition actuelle : Read the Bible in a Year. Édimbourg : Banner of Truth.

☩ SOLI DEO GLORIA ☩

L'Écriture gouverne ; tout le reste, à genoux.

ÉCOLE DU DIMANCHE (EBD) EN LIGNE • escoladominicalonline.com.br • Église Marcas do Evangelho

Prière finale

Seigneur notre Dieu, merci parce que tu ne nous as pas créés comme des machines, mais comme des enfants capables de t'aimer. Merci parce que tu as placé devant nous la vie et la mort et que tu nous as dit, avec un cœur de Père, laquelle choisir. Pardonne-nous pour les fois où nous avons appelé attente ce qui était une fuite, et doute ce qui était un refus.

Tu as dit que ta parole est proche, dans notre bouche et dans notre cœur. Fais ce que toi seul peux faire : circoncis notre cœur et le cœur de nos enfants, afin que nous t'aimions de tout notre cœur et que nous vivions. Fortifie celui qui se trouve devant une décision difficile, console celui qui a choisi la vie et traverse la douleur, et atteins par ta grâce celui qui n'a pas encore répondu à ton invitation.

Merci, par-dessus tout, pour Jésus. Il est la Parole qui est descendue jusqu'à nous, la résurrection et la vie. Il est mort sur la croix à notre place et est ressuscité le troisième jour, et c'est pourquoi ton invitation nous parvient avec la note déjà payée. Aujourd'hui, Seigneur, nous choisissons la vie — nous te choisissons. Au nom de Jésus, amen.

Soli Deo Gloria — l'Écriture gouverne ; tout le reste, à genoux.

Questions fréquentes sur cette leçon

La Bible enseigne-t-elle que l'homme a un libre arbitre ?+

Oui, mais pas le libre arbitre de la culture, qui fait de l'homme le maître de lui-même. La Bible enseigne une liberté réelle, parce que Dieu appelle, argumente et attend une réponse, nous appelant à choisir la vie afin que nous vivions (Deutéronome 30:19) et à choisir aujourd'hui qui nous voulons servir (Josué 24:15). Cette liberté a cependant deux limites. La première est la chute : la volonté humaine est blessée par le péché et ne revient pas à Dieu toute seule (Jean 6:44). La seconde est la souveraineté de Dieu, dont le dessein demeure ferme (Ésaïe 46:10). C'est pourquoi les Assemblées de Dieu enseignent que c'est la grâce de Dieu qui vient en premier et rend l'homme capable de répondre — et que cette grâce peut être refusée, car l'on peut toujours résister au Saint-Esprit (Actes 7:51). Le salut est par la grâce ; la condamnation vient du rejet.

Qu'est-ce que la grâce prévenante ?+

C'est la grâce qui précède. Avant que l'homme ne fasse le moindre pas vers Dieu, Dieu agit déjà : Il appelle, convainc et rend la réponse possible. Jésus a dit : "Nul ne peut venir à moi, si le Père qui m’a envoyé ne l’attire ; et je le ressusciterai au dernier jour." (Jean 6:44) — et Il a dit aussi : "Et moi, quand j’aurai été élevé de la terre, j’attirerai tous les hommes à moi." (Jean 12:32) Paul dit que la grâce de Dieu, source de salut pour tous les hommes, a été manifestée (Tite 2:11). Cette grâce rend capable, mais elle n'entraîne pas de force : on peut lui résister (Actes 7:51). C'est pourquoi personne n'est sauvé par mérite — l'initiative vient de Dieu — et personne ne se perd faute d'offre — le refus vient de l'homme.

Si Dieu sait tout d'avance, est-ce que je choisis vraiment ?+

Oui, vous choisissez. Savoir n'est pas causer. Dieu connaît la fin dès le commencement (Ésaïe 46:10), mais le fait qu'Il sache ce que vous allez choisir ne fait pas que ce choix cesse d'être le vôtre — Il sait parce que vous allez choisir ; vous ne choisissez pas parce qu'Il sait. La preuve se trouve dans la Bible elle-même : Dieu déplore le refus de l'homme. "Jérusalem, Jérusalem, qui tues les prophètes et qui lapides ceux qui te sont envoyés, combien de fois ai-je voulu rassembler tes enfants, comme une poule rassemble ses poussins sous ses ailes, et vous ne l’avez pas voulu !" (Matthieu 23:37) "Dis-leur : je suis vivant ! dit le Seigneur, l’Éternel, ce que je désire, ce n’est pas que le méchant meure, c’est qu’il change de conduite et qu’il vive. Revenez, revenez de votre mauvaise voie ; et pourquoi mourriez-vous, maison d’Israël ?" (Ézéchiel 33:11) Si la réponse humaine n'était que l'exécution d'un texte appris par cœur, ces pleurs seraient du théâtre. Ce n'en est pas.

Choisir la vie garantit-il la prospérité, la santé et une vie sans problèmes ?+

Non. Dans Deutéronome 30, la "vie" est avant tout la communion avec Dieu au sein de l'alliance, car Il est Lui-même notre vie (Deutéronome 30:20). Les bénédictions matérielles liées à la terre appartenaient à l'alliance nationale d'Israël et ne sont pas un contrat individuel d'enrichissement. Dans le Nouveau Testament, la vie est une Personne : "Or, la vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi, le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ." (Jean 17:3) Jésus a averti : "Je vous ai dit ces choses, afin que vous ayez la paix en moi. Vous aurez des tribulations dans le monde ; mais prenez courage, j’ai vaincu le monde." (Jean 16:33) Celui qui a choisi la vie peut traverser la maladie, le deuil et l'épreuve — Lazare était celui que Jésus aimait et il est tombé malade (Jean 11:3). Ce que ce choix garantit, c'est que rien de tout cela ne le sépare de l'amour de Dieu manifesté en Jésus-Christ notre Seigneur (Romains 8:39).

Pourquoi Paul cite-t-il Deutéronome 30 dans Romains 10 ?+

Parce que Moïse a dit que la parole de Dieu n'était pas loin — ni dans les cieux ni au-delà de la mer —, mais tout près de nous, dans notre bouche et dans notre cœur, afin que nous la mettions en pratique (Deutéronome 30:14). Paul lit ce texte à la lumière de Christ : personne n'a besoin de monter au ciel pour en faire descendre Christ, ni de descendre dans l'abîme pour le faire remonter d'entre les morts (Romains 10:6-7). Christ est déjà descendu et Il est déjà ressuscité. Ce qui reste, c'est de croire et de confesser : "Si tu confesses de ta bouche le Seigneur Jésus, et si tu crois dans ton cœur que Dieu l’a ressuscité des morts, tu seras sauvé." (Romains 10:9) Le "choisis la vie" de Moïse devient, chez Paul, l'invitation de l'Évangile.

J'ai déjà fait trop de mauvais choix. Puis-je encore choisir la vie ?+

Oui, vous le pouvez. Le mot de Deutéronome 30 est "aujourd'hui", et l'épître aux Hébreux répète ce même mot pour nous : "pendant qu’il est dit : Aujourd’hui, si vous entendez sa voix, N’endurcissez pas vos cœurs, comme lors de la révolte." (Hébreux 3:15) Le fils prodigue avait tout dépensé et, rentrant en lui-même, il a décidé de se lever et d'aller vers son père (Luc 15:17-18) — et son père a couru à sa rencontre (Luc 15:20). Certaines conséquences des choix passés peuvent demeurer, mais la porte de la grâce est ouverte : "Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous les pardonner, et pour nous purifier de toute iniquité." (1 Jean 1:9) Dieu n'attend pas que vous arriviez prêt ; Il attend que vous veniez.

Adultes

4e trimestre