Texte d'or
“Je puis tout par celui qui me fortifie.” (Philippiens 4:13, LSG) · Lire dans la Bible
La Leçon 11 lit Philippiens 4:10-13 d'un bout à l'autre : la joie de Paul face à des amis qui se sont souvenus de lui, le contentement qu'il a appris dans la faim et dans l'abondance, et le verset le plus affiché du pays remis à sa place. La force vient de Christ, arrive chaque jour et sert à traverser n'importe quelle situation sans perdre la foi — non pas à conquérir tout ce que l'on veut.
Elle a posté la photo de la clé de son nouvel appartement, avec la phrase « Dieu est fidèle » en dessous. Et il l'est. Vous avez commenté, mis un émoji, souhaité des bénédictions. Puis vous avez fermé l'application et êtes resté à fixer le plafond, en faisant un calcul que personne n'avait demandé : vous avez eu votre diplôme avant elle, vous êtes entré dans l'église avant elle, et vous êtes toujours dans la même chambre chez vos parents. Sans vous en rendre compte, vous avez commencé à mesurer la fidélité de Dieu à la vitesse à laquelle il agit dans la vie des autres.
Ce calcul est vieux. Et la réponse la plus célèbre qui lui ait été donnée a été écrite par un homme en prison. Paul n'écrit pas l'épître aux Philippiens depuis un nouvel appartement ; il écrit sous bonne garde, sans savoir s'il sortira vivant de son procès (Philippiens 1:13, 20). Et c'est de là qu'il prononce quelques mots qui changent tout : "Ce n’est pas en vue de mes besoins que je dis cela, car j’ai appris à être content de l’état où je me trouve." (Philippiens 4:11). J'ai appris. Non pas « j'ai toujours été ainsi ». Non pas « je suis né avec ce tempérament ». J'ai appris.
La revue organise le cours en trois étapes : la bénédiction de l'amitié véritable, qui motive le texte ; le contentement, qui est ce que Paul a appris ; et le verset qui clôt le paragraphe — "Je puis tout par celui qui me fortifie." (Philippiens 4:13). Dans les deux dernières leçons, ce verset est déjà apparu au passage, en rappelant qu'il est directement rattaché à la faim et à l'abondance du verset 12. Aujourd'hui, nous nous y arrêtons, mot par mot.
Avant de commencer, voici trois choses que cette leçon n'est pas. Ce n'est ni du développement personnel ni un slogan de haute performance : Philippiens 4:13 ne promet ni la réussite à un concours ni la victoire à un championnat. Ce n'est pas du conformisme : personne ici ne vous dira que vous devez accepter en silence un salaire en retard, l'injustice ou les abus. Et ce n'est pas une accusation contre ceux qui sont dans le besoin : la pauvreté et le chômage ne sont pas la preuve d'un manque de foi — l'homme qui a écrit cela a connu la faim.
Répondez seulement pour vous-même : à quand remonte la dernière fois où la vie d'une autre personne a gâché l'une de vos bonnes journées ?
I — La bénédiction de l'amitié véritable
Une grande joie — dans le Seigneur
Le paragraphe commence par une joie : "J’ai éprouvé une grande joie dans le Seigneur de ce que vous avez pu enfin renouveler l’expression de vos sentiments pour moi ; vous y pensiez bien, mais l’occasion vous manquait." (Philippiens 4:10). L'église de Philippes avait envoyé une aide à Paul par l'intermédiaire d'Épaphrodite (Philippiens 2:25), et l'apôtre va l'en remercier. Mais remarquez où il place sa joie : dans le Seigneur.
La revue le souligne. Paul ne se réjouit pas parce que l'argent est enfin arrivé, mais parce que Dieu a poussé ses amis à lui témoigner de nouveau l'amour qu'ils avaient pour lui. L'envoi compte, mais ce qui remplit le cœur, c'est la main de Dieu derrière cet envoi. C'est la différence entre se réjouir du cadeau et se réjouir de celui qui s'est souvenu de vous.
אב Dans l'original — grec. « Refleurir » ou « renouveler » traduit anethalete, un verbe issu du monde végétal : bourgeonner de nouveau, refleurir, comme un arbre qui semblait sec et qui pousse de nouvelles feuilles au printemps. Paul n'accuse pas les Philippiens d'avoir laissé mourir leur amour. Il dit que leur sollicitude, qui était comme une plante en hiver, a de nouveau fleuri.
Ils se sont souvenus de moi
La satisfaction de Paul, dit la revue, était de ressentir à nouveau la chaleur humaine de cette église, même séparé d'elle par des centaines de kilomètres. L'amitié véritable ne dépend pas de la géographie. On peut être ami de près comme de loin. Ce qui compte, c'est la démonstration concrète de considération, d'affection et de sollicitude.
Et la Bible valorise l'amitié bien plus qu'on ne le prêche habituellement. Le psalmiste dit : "Je suis l’ami de tous ceux qui te craignent, Et de ceux qui gardent tes ordonnances." (Psaume 119:63). Remarquez le critère : il n'est pas le compagnon de ceux qui ont les mêmes goûts, ni de ceux qui habitent tout près, mais de ceux qui marchent dans la même direction. Jésus a été appelé par ses ennemis l'ami des publicains et des pécheurs (Matthieu 11:19) — cela se voulait une insulte, et c'était la vérité. Le Fils de Dieu a passé du temps à table avec des gens que la religion de l'époque avait rejetés.
La revue cite aussi un proverbe sévère : "Celui qui se tient à l’écart cherche ce qui lui plaît, Il s’irrite contre tout ce qui est sage." (Proverbes 18:1). Lisez-le avec soin. Le texte parle de celui qui choisit de s'isoler pour suivre son propre désir et fuir les conseils, non de celui qui est timide, de celui qui vient de changer de ville ou de celui qui est seul sans l'avoir choisi. Si c'est votre cas, le verset n'est pas une accusation ; c'est une invitation à laisser quelqu'un s'approcher.
Et aujourd'hui, on s'isole sans s'en rendre compte. On peut avoir trois cents contacts et pas une seule personne qui sache comment vous allez vraiment. La connexion n'est pas l'amitié. L'amitié a une histoire, une constance et un coût — et c'est ce que Paul et cette église avaient bâti au fil d'années de route ensemble.
« Vous n'en aviez pas eu l'occasion »
Voici maintenant la phrase qui passe inaperçue. Paul sait que les Philippiens voulaient l'aider depuis longtemps, mais que l'occasion leur avait manqué. La revue rappelle qu'avec son autorité d'apôtre, il aurait pu leur faire des reproches. Il aurait pu dire qu'on l'oubliait. Il fait le contraire : il lit ce retard avec générosité et y voit Dieu à l'œuvre dans le temps pour que l'aide arrive au bon moment.
C'est déjà le contentement en action, avant même que le mot n'apparaisse dans le texte. Le contentement ne consiste pas seulement à supporter le manque ; il consiste à ne pas réclamer aux autres, intérieurement, le compte de ce qui a manqué. Combien d'amitiés avons-nous déjà mises en demeure en silence ? Le message resté sans réponse, l'invitation qui n'est pas venue, la personne qui a disparu juste quand vous aviez besoin d'elle. Tout silence n'est pas un abandon. Parfois, c'est simplement un manque d'occasion.
🏛 Curiosité — des lecteurs qui avaient tout vu. Philippes fut la ville où Paul et Silas furent battus de verges et jetés en prison sans jugement. Le geôlier les jeta dans la prison intérieure et leur mit les pieds dans des entraves (Actes 16:24). Et là, "Vers le milieu de la nuit, Paul et Silas priaient et chantaient les louanges de Dieu, et les prisonniers les entendaient." (Actes 16:25). Lorsque l'église de Philippes a lu que Paul avait appris à se contenter de son sort, ce n'était pas de la théorie. Certains de ces frères avaient entendu le cantique s'élever de la prison.
II — Le contentement
« J'ai appris »
La revue voit dans ces mots un haut degré de maturité. Paul est passé par des expériences de toutes sortes — certaines bonnes, d'autres désagréables — et, à travers elles, il a appris à vivre de manière joyeuse et digne, indépendamment des circonstances. Le contentement, pour lui, n'était pas inné. Il a été appris, et tout apprentissage comporte un processus, des essais et des erreurs.
C'est une bonne nouvelle pour ceux qui n'y sont pas encore parvenus. Si Paul a dû apprendre, personne n'a besoin de faire semblant de déjà savoir. Et la revue ajoute un détail précieux : apprendre à sourire malgré la douleur, oui, mais aussi apprendre à sourire quand tout va bien — sans oublier d'où vient le bien. Les deux choses demandent une école.
Me contenter de ce que j'ai
La revue relie cette phrase à la gratitude. David disait : "Mon âme, bénis l’Éternel, Et n’oublie aucun de ses bienfaits !" (Psaume 103:2). Pour elle, la gratitude est l'antidote contre le dixième commandement : "Tu ne convoiteras point la maison de ton prochain ; tu ne convoiteras point la femme de ton prochain, ni son serviteur, ni sa servante, ni son bœuf, ni son âne, ni aucune chose qui appartienne à ton prochain." (Exode 20:17).
La convoitise est exactement le contraire du contentement : c'est vouloir ce qui appartient à l'autre parce que ce qui est à moi a cessé de me suffire. La gratitude vous oblige à regarder d'abord ce que vous avez déjà, avant de regarder ce qui vous manque. L'épître aux Hébreux relie les deux choses et en donne le motif : "Ne vous livrez pas à l’amour de l’argent ; contentez-vous de ce que vous avez ; car Dieu lui-même a dit : Je ne te délaisserai point, et je ne t’abandonnerai point." (Hébreux 13:5). Le contentement n'est pas ancré dans la garantie que vous aurez davantage. Il est ancré dans une présence.
אב Dans l'original — grec. « Être content » traduit autarkēs, un mot qui n'apparaît qu'ici dans le Nouveau Testament. C'était le vocabulaire des philosophes stoïciens, célèbres au temps de Paul : autarkēs désignait le sage autosuffisant, qui se suffit à lui-même et reste indifférent à la bonne comme à la mauvaise fortune. La revue montre le renversement : Paul utilise le mot connu et change le détenteur de la suffisance. Des mots de la même famille apparaissent dans "C’est, en effet, une grande source de gain que la piété avec le contentement ;" (1 Timothée 6:6) et lorsqu'il parle d'avoir toujours, en toutes choses, une entière suffisance (2 Corinthiens 9:8) — et dans les deux cas, la suffisance vient de Dieu, non de l'homme.
Les deux examens : être abaissé et être dans l'abondance
Alors Paul ouvre son cahier : "Je sais vivre dans l’humiliation, et je sais vivre dans l’abondance. En tout et partout j’ai appris à être rassasié et à avoir faim, à être dans l’abondance et à être dans la disette." (Philippiens 4:12). La revue appelle cela l'une des déclarations les plus profondes sur l'équilibre émotionnel et spirituel. Et elle rappelle que cet équilibre ne naît pas de l'autosuffisance, mais de la formation que Dieu a opérée dans sa vie. Les circonstances, joyeuses ou difficiles, deviennent des instruments d'enseignement entre les mains de Dieu (Jacques 1:2-4).
Remarquez qu'il y a deux examens, et que presque tout le monde n'étudie que pour un seul. Nous pensons au contentement comme à une affaire réservée à ceux qui sont dans le manque. Mais l'abondance fait aussi échouer — et elle fait échouer beaucoup de monde. Dans le manque, la personne court vers Dieu par nécessité. Dans l'abondance, elle l'oublie, parce que pendant un temps elle s'en sort toute seule. Moïse en avait averti Israël avant d'entrer dans le pays, de peur qu'après avoir mangé à satiété et avoir bâti et habité de belles maisons, leur cœur ne s'élève et qu'ils n'oublient l'Éternel, leur Dieu (Deutéronome 8:12, 14). Et un sage a demandé à Dieu une part qui ne soit ni un extrême ni l'autre : ne lui donner ni pauvreté ni richesse, mais lui accorder le pain qui lui est nécessaire, de peur que, rassasié, il ne le renie et ne dise qui est l'Éternel, ou que, dans la pauvreté, il ne commette un vol et ne porte atteinte au nom de son Dieu (Proverbes 30:8-9).
Pour ceux qui ont entre 18 et 35 ans, c'est très concret. Le premier salaire, la bourse d'études, la promotion, le mois où il reste enfin de l'argent — tout cela est un test. Celui qui n'apprend pas le verset 11 quand il est à l'étroit oublie généralement Dieu quand la pression diminue.
אב Dans l'original — grec. « Je suis instruit » traduit memyēmai, un autre mot qui n'apparaît qu'ici dans le Nouveau Testament. Il venait des religions à mystères du monde grec et signifiait « j'ai été initié », « j'ai appris le secret ». Paul l'utilise à dessein : il existe bel et bien un secret, et on ne le découvre pas en lisant à son sujet, mais seulement en le vivant. Toutefois, ce n'est ni un rite secret ni une technique réservée à quelques-uns. Ce secret, dira le verset suivant, a un nom.
Le calcul faussé de la comparaison
Le pont entre cela et notre génération porte un nom : la comparaison. Salaire comparé, loyer comparé, voyage, mariage, ministère — tout est mesuré à l'aune de la vie retouchée d'une autre personne sur un écran. Personne ne publie le CV resté sans réponse, la chambre qui n'a pas changé, l'année qui n'a pas abouti. Vous comparez votre vie entière, avec tout ce qu'elle comporte, à l'extrait soigneusement choisi de la vie des autres. Le calcul ne tombe jamais juste.
Ce n'est pas une invention d'internet. L'Ecclésiaste l'avait déjà vu : "J’ai vu que tout travail et toute habileté dans le travail n’est que jalousie de l’homme à l’égard de son prochain. C’est encore là une vanité et la poursuite du vent." (Ecclésiaste 4:4). Et le psalmiste Asaph avoue sans détour : "Car je portais envie aux insensés, En voyant le bonheur des méchants." (Psaume 73:3). Il a essayé de comprendre tout seul et dit que cela a été très douloureux, jusqu'à ce qu'il soit entré dans le sanctuaire de Dieu (Psaumes 73:17). La comparaison ne se résout pas en regardant davantage l'autre ; elle se résout en regardant depuis un autre lieu. Et le psaume se termine là où se termine le contentement : "Quel autre ai-je au ciel que toi ! Et sur la terre je ne prends plaisir qu’en toi." (Psaume 73:25).
🕊 Notre lecture — le contentement n'est pas du conformisme. La revue tient à cette mise au point, et elle est sérieuse pour cette tranche d'âge : le contentement biblique n'est ni du conformisme, ni de la passivité, ni l'absence de rêves. Paul n'a pas cessé de travailler — ses propres mains ont pourvu à ses besoins et à ceux des personnes qui étaient avec lui (Actes 20:34) —, ni de voyager, ni de faire des projets. Et le contentement ne consiste pas à accepter l'injustice en silence. La Bible condamne celui qui fait travailler son prochain sans le payer et ne lui donne pas son salaire (Jérémie 22:13), et Jacques dit que le salaire retenu aux travailleurs crie aux oreilles du Seigneur (Jacques 5:4). Paul lui-même, dans cette même ville de Philippes, a refusé de sortir de prison en cachette après avoir été battu sans jugement, exigeant que les magistrats viennent eux-mêmes les faire sortir (Actes 16:37). Réclamer le salaire qui vous est dû, faire valoir vos droits par des moyens légitimes, sortir d'une relation ou d'un environnement abusif et demander de l'aide aux responsables de l'église, à la famille ou aux autorités — rien de tout cela n'est un manque de contentement. Le contentement, c'est que votre paix ne dépende pas de la circonstance ; ce n'est pas renoncer à agir sur elle.
🕊 Notre lecture — le manque n'est pas un manque de foi. Philippiens 4:12 démonte l'idée selon laquelle un croyant fidèle ne connaît jamais le besoin. Paul savait ce qu'était la faim. Il a écrit aux Corinthiens : "Jusqu’à cette heure, nous souffrons la faim, la soif, la nudité ; nous sommes maltraités, errants çà et là ;" (1 Corinthiens 4:11). Jésus a dit : "Jésus lui répondit : Les renards ont des tanières, et les oiseaux du ciel ont des nids ; mais le Fils de l’homme n’a pas où reposer sa tête." (Matthieu 8:20). Le chômage, un salaire insuffisant et une facture en retard ne prouvent pas une petite foi, et une voiture neuve n'en prouve pas une grande. Celui qui est à l'étroit prie, cherche du travail, organise ce qu'il a — et accepte l'aide des frères sans honte, car l'église existe pour cela : "Portez les fardeaux les uns des autres, et vous accomplirez ainsi la loi de Christ." (Galates 6:2).
III — Je puis toutes choses en Christ qui me fortifie
« Je puis »
Voici maintenant le verset le plus imprimé sur les t-shirts, les tatouages et les publications de réussite du pays. La revue commence par le premier mot. Après avoir énuméré le besoin, l'abondance, la faim et la satiété, Paul dit qu'il a la capacité de bien vivre au milieu de tout cela. Et la revue reconnaît que « je peux, je réalise, je suis capable » ressemble à une phrase tirée d'un livre de développement personnel. Mais telle n'était pas l'idée. Paul reprend une pensée qui circulait parmi les faiseurs d'opinion de l'époque — les « influenceurs » de l'Antiquité, dit la revue — et la place sous la croix de Christ, en en changeant le sens.
אב Dans l'original — grec. La phrase de Paul, dans l'ordre du grec, commence ainsi : panta ischyō — « toutes choses j'ai la force ». Le verbe ischyō ne veut pas dire « je peux » au sens de « j'ai la permission » ou « j'ai le talent » ; il signifie avoir la force, avoir le souffle, tenir bon. L'accent tombe sur « toutes choses », qui vient en premier dans la phrase et renvoie en arrière, à la liste du verset 12.
« Toutes choses »
La revue est directe : si le verset s'arrêtait à « je puis toutes choses », il aurait sa place dans un manuel de philosophie grecque ou dans un livre de coaching. Le ciel serait la seule limite. Mais lorsque Paul dit « toutes choses », il ne dit pas qu'il peut faire tout ce qu'il veut ; il dit qu'il peut affronter n'importe quelle situation. L'accent n'est pas mis sur une conquête illimitée. Il est mis sur la résistance spirituelle : être prêt à vivre n'importe quel scénario sans perdre la foi.
Le contexte ne laisse aucun doute. Les « toutes choses » du verset 13 sont celles du verset 12 : être abaissé et être dans l'abondance, être rassasié et avoir faim. Et la preuve se trouve dans la vie de Paul lui-même. Il a demandé trois fois qu'une écharde lui soit ôtée, et il s'est entendu dire que la grâce du Seigneur lui suffisait, car sa puissance s'accomplit dans la faiblesse (2 Corinthiens 12:9). L'écharde est restée. Si « je puis toutes choses » signifiait obtenir tout ce que l'on demande, elle serait partie dès la première prière. Et l'homme qui a écrit Philippiens 4:13 n'est pas sorti de prison grâce à ce verset — il l'a écrit depuis l'intérieur de sa prison.
Cela change la manière d'utiliser ce verset. Il est vrai le jour de la réussite à l'examen et le jour de l'échec. Le jour de l'entretien d'embauche et le jour du licenciement. Le jour de la clé de l'appartement et le jour où vous restez dans la même chambre. La promesse n'est pas que vous allez remporter chaque compétition ; c'est qu'aucune circonstance n'a le pouvoir d'arracher à Christ celui qui demeure en lui. C'est ce que Paul dit dans une autre épître : "Mais dans toutes ces choses nous sommes plus que vainqueurs par celui qui nous a aimés." (Romains 8:37) — et « ces choses », là-bas, ce sont la tribulation, l'angoisse, la persécution, la faim.
« En Christ qui me fortifie »
Et alors, dit la revue, Paul allume une lumière dans le dernier souffle de la phrase : tout dépend de Christ. Sous sa puissance, par l'action du Saint-Esprit, l'abondance et la disette, la satiété et la faim cessent d'avoir la force de détourner Paul de son projet de vie, qui est de servir Christ. Le centre du message est ici. Retirez Christ de la fin de la phrase et il ne reste qu'une promesse vide, que personne ne parvient à soutenir tout seul.
אב Dans l'original — grec. « Qui me fortifie » traduit endynamounti, du verbe endynamoō, « mettre de la force à l'intérieur », « revêtir de puissance ». Et il est au participe présent : ce n'est pas « qui m'a fortifié un jour », mais « qui me fortifie continuellement » — maintenant, et de nouveau demain. La force de Philippiens 4:13 n'est pas un stock que l'on accumule le dimanche pour le dépenser dans la semaine ; c'est un approvisionnement quotidien, comme la manne. C'est le même verbe que lorsqu'il exhorte à se fortifier dans le Seigneur et par sa force toute-puissante (Éphésiens 6:10) et que dans l'une des phrases les plus tristes et les plus belles de Paul, écrite vers la fin de sa vie, où il raconte que personne ne l'a assisté dans sa première défense et que tous l'ont abandonné, mais que le Seigneur s'est tenu près de lui et l'a fortifié (2 Timothée 4:16-17). Quand les amis ont failli, Christ a continué de le fortifier.
🏛 Curiosité — « en celui » ou « en Christ » ? Les traductions bibliques diffèrent sur ce point en raison des manuscrits grecs : une partie d'entre eux porte le nom Christō à la fin du verset, tandis que d'autres éditions suivent des manuscrits qui ne portent que le pronom, mais le sens reste le même — dans toute l'épître, celui qui fortifie Paul est Christ.
Le chef d'orchestre et le peintre
La revue clôt cette section par deux images. Elle rappelle que c'est Dieu qui produit en nous le vouloir et le faire, selon son bon plaisir (Philippiens 2:13), et que nous sommes ouvriers avec Dieu (1 Corinthiens 3:9) — des seconds rôles, des détails dans le coin d'un tableau multicolore, des instruments qui parfois même jouent faux, mais qui font partie d'un orchestre merveilleux. Et dans ces images, le peintre et le chef d'orchestre ne font qu'un : Jésus-Christ.
Remarquez l'équilibre du texte. Dieu produit le vouloir et le faire, et c'est précisément pour cela que le verset précédent ordonne de travailler à notre salut avec crainte et tremblement (Philippiens 2:12). La grâce vient en premier et rend capable ; nous répondons, et nous pouvons répondre ou non. Le « j'ai appris » de Paul le prouve : personne n'apprend sans participer au cours. Christ donne la force ; Paul est allé à l'école de la faim et de l'abondance et il a appris. Et Jésus a dit la même chose avec une autre image, affirmant que celui qui demeure en lui et en qui il demeure porte beaucoup de fruit, car sans lui nous ne pouvons rien faire (Jean 15:5). Sans lui, rien. En lui, toutes choses — toutes celles du verset 12.
Ce qui vient juste après dans le chapitre — l'offrande des Philippiens et la promesse que Dieu prend soin des besoins des siens — est le sujet de la prochaine leçon. Et, disons-le dès maintenant : là non plus, il n'y a pas de marchandage.
Christ dans la leçon
Le secret que Paul a appris n'est pas une technique ; c'est une Personne. Et cette Personne a parcouru le chemin des deux extrêmes avant chacun de nous. "Car vous connaissez la grâce de notre Seigneur Jésus-Christ, qui pour vous s’est fait pauvre, de riche qu’il était, afin que par sa pauvreté vous fussiez enrichis." (2 Corinthiens 8:9). Il a quitté la gloire, s'est dépouillé lui-même en prenant une forme de serviteur, et s'est humilié lui-même en se rendant obéissant jusqu'à la mort, même jusqu'à la mort de la croix (Philippiens 2:7-8). Il a vécu sans avoir où reposer sa tête (Matthieu 8:20). À Gethsémané, il a demandé que la coupe s'éloigne — et a ajouté que toutefois ce ne soit pas sa volonté qui se fasse, mais celle du Père (Luc 22:42).
Personne n'a connu un plus grand contentement dans le manque que lui. Et son contentement n'était pas de l'indifférence : il a pleuré, il a connu l'angoisse, il a senti le poids de la croix. C'était la confiance dans le Père. En vue de la joie qui lui était réservée, il a souffert la croix, méprisé l'ignominie, et s'est assis à la droite du trône de Dieu (Hébreux 12:2). Il est mort à notre place, portant la culpabilité de notre convoitise, de notre ingratitude et de tous les calculs faussés que nous avons déjà faits, et il est ressuscité le troisième jour.
C'est pourquoi Philippiens 4:13 a un fondement. La force qui fortifie Paul n'est ni une énergie ni un état d'esprit ; c'est le Christ vivant, ressuscité, présent par le Saint-Esprit. Et c'est aussi pourquoi le contentement chrétien ne dépend pas de ce que vous avez : il dépend de Celui qui vous possède. Paul a résumé cela dans la même épître : "car Christ est ma vie, et la mort m’est un gain." (Philippiens 1:21). Celui qui a Christ peut perdre le reste sans avoir perdu l'essentiel. Celui qui a le reste et n'a pas Christ n'a encore rien qui dure.
Application pratique
Passez les deux examens. Demandez-vous honnêtement : de quel côté échouez-vous aujourd'hui — dans le manque ou dans l'abondance ? Si c'est dans le manque, le chemin est la gratitude pour ce que vous avez déjà et la confiance que Christ fortifie pour traverser l'épreuve. Si c'est dans l'abondance, le chemin est de vous rappeler d'où vient le bien, avant que votre cœur ne s'élève (Deutéronome 8:14).
Désarmez la comparaison. Lorsque la vie de quelqu'un vous serre le cœur, remplacez ce calcul faussé par une prière pour cette personne — et dites, même si cela vous coûte : « Seigneur, tant mieux pour elle ». "Réjouissez-vous avec ceux qui se réjouissent ; pleurez avec ceux qui pleurent." (Romains 12:15). Si un profil ne fait que nourrir l'envie en vous, le mettre en sourdine n'est pas une faiblesse ; c'est de la sagesse.
Ne confondez pas le contentement avec le fait de tolérer le mal. Si le patron ne paie pas, si l'environnement est marqué par le harcèlement, si la relation est abusive, le contentement n'ordonne pas de se taire. Faites valoir vos droits par des moyens légitimes, parlez-en aux responsables de l'église, demandez de l'aide. La paix qui vient de Christ ne dépend pas d'un changement de situation — mais Dieu ne vous demande pas d'appeler contentement ce qui est une injustice.
Prenez soin des amitiés véritables. Pensez à ceux qui, aujourd'hui, savent vraiment comment vous allez — et à ceux dont vous connaissez vraiment l'état. Si la liste est trop courte, commencez par un pas : cherchez quelqu'un de l'église avec qui discuter, sans hâte. Et si un ami a mis du temps à répondre, souvenez-vous de Paul : c'est peut-être simplement un manque d'occasion.
Prière finale
Seigneur Jésus, Toi qui, étant riche, T'es fait pauvre pour nous, enseigne-nous le secret que Paul a appris. Pardonne les calculs faussés que nous faisons en regardant la vie des autres, la convoitise que nous appelons rêve et l'ingratitude pour ce que Tu nous as déjà donné. Lorsque nous sommes abattus, soutiens-nous ; lorsque nous sommes dans l'abondance, garde-nous de T'oublier. Console ceux qui sont au chômage, endettés ou qui travaillent sans être payés, et accorde-leur justice, provision et des frères à leurs côtés. Donne-nous de vrais amis et fais de nous de tels amis. Que notre joie soit en Toi, et non dans ce que nous possédons ; et que Ta force, renouvelée chaque jour par le Saint-Esprit, nous fasse traverser toute situation sans lâcher Ta main. En Ton nom, amen.
Soli Deo Gloria — l'Écriture gouverne ; tout le reste, à genoux.
Questions fréquentes sur cette leçon
Que signifie Philippiens 4:13 dans son contexte ?+
Que Paul a la force de traverser chacune des situations qu'il vient d'énumérer au verset 12 : vivre dans l'humiliation et vivre dans l'abondance, être rassasié et avoir faim, être dans l'abondance et être dans la disette. Ce tout désigne ces situations-là. Et la force ne vient pas de lui : en grec, le verbe traduit par fortifier est au présent continu, une force que Christ accorde jour après jour, et non une réserve que Paul porte en lui. Ce n'est pas la promesse de remporter chaque compétition ; c'est la certitude qu'aucune circonstance n'a le pouvoir d'arracher à Christ celui qui demeure en Lui.
Pourquoi certaines traductions de la Bible mentionnent-elles le nom de Christ dans Philippiens 4:13 tandis que d'autres parlent seulement de celui qui fortifie ?+
Parce que les manuscrits grecs varient sur ce point. Une partie d'entre eux porte le nom de Christ à la fin du verset, et certaines traductions les suivent : "Je puis tout par celui qui me fortifie." (Philippiens 4:13). D'autres éditions suivent les manuscrits qui mentionnent seulement celui qui fortifie, sans le nom. Le sens ne change pas : dans toute la lettre, celui qui fortifie Paul est Christ. Certaines traductions rendent simplement ce nom explicite.
Quelle est la différence entre le contentement chrétien et celui des philosophes stoïciens ?+
Les stoïciens utilisaient le mot autarkēs, le même qu'en Philippiens 4:11, pour désigner le sage qui se suffit à lui-même et reste indifférent à ce qui arrive. Paul reprend le mot et change la source de cette suffisance : il ne se suffit pas à lui-même, il est soutenu par Christ (Philippiens 4:13). Et il ne reste pas indifférent : il se réjouit avec ses amis (Philippiens 4:10) et confesse qu'il sait vivre dans l'humiliation (Philippiens 4:12). Le stoïcien s'enorgueillit de n'avoir besoin de personne ; le chrétien se repose en Celui dont il sait avoir besoin.
Être content de ce que l'on a, est-ce accepter l'injustice, les abus ou un salaire impayé ?+
Non. Le contentement consiste à ne pas laisser les circonstances gouverner le cœur ; ce n'est pas rester passif devant ce qui est injuste. La Bible condamne celui qui ne paie pas le travailleur (Jérémie 22:13 ; Jacques 5:4) et affirme que l'ouvrier mérite son salaire (Luc 10:7). Paul lui-même, à Philippes, a demandé des comptes aux autorités pour l'emprisonnement illégal qu'il avait subi (Actes 16:37). Réclamer ce qui vous est dû par des moyens légitimes, sortir d'une situation d'abus et demander de l'aide ne sont pas un manque de contentement.
Celui qui est au chômage ou dans le besoin a-t-il peu de foi ?+
Non. L'homme qui a écrit Philippiens 4:13 connaissait la faim, ayant vécu dans la faim et la soif, dans de nombreux jeûnes, dans le froid et le dénuement (2 Corinthiens 11:27). Jésus a dit qu'il n'avait pas où reposer sa tête (Matthieu 8:20). Être dans le manque ne prouve pas une faible foi, et vivre dans l'abondance ne prouve pas une grande foi. Celui qui traverse des difficultés financières doit prier, chercher du travail et aussi accepter l'aide de l'Église, qui existe pour porter les fardeaux les uns des autres (Galates 6:2).
Comment faire face à la comparaison sur les réseaux sociaux ?+
D'abord, en mettant des mots dessus : comparer toute votre vie avec l'extrait choisi de la vie d'une autre personne est un calcul faussé. Le psalmiste Asaph confesse qu'il a envié la prospérité d'autrui, jusqu'à ce qu'il entre dans le sanctuaire de Dieu et voie les choses sous un autre angle (Psaumes 73:3, 17). Ensuite, en remplaçant la convoitise par la gratitude (Psaumes 103:2) et par la prière pour la personne à qui vous vous comparez — l'Écriture commande de se réjouir avec ceux qui se réjouissent (Romains 12:15). Et, lorsque cela aide, en mettant en sourdine ce qui ne fait que nourrir la comparaison.
Guide de l'enseignant
Essence du cours
Le contentement n'est ni un tempérament ni du conformisme : c'est un secret que Paul a appris dans la faim et dans l'abondance — la force de Christ, donnée chaque jour, pour traverser n'importe quelle situation sans perdre la foi ; et c'est cela, et non une conquête illimitée, que promet Philippiens 4:13.
Plan du cours
| Temps | Étape |
|---|---|
| 0–5 min | Ouverture — « la vie de qui a déjà gâché l'une de vos bonnes journées ? » |
| 5–13 min | Point 1 — La bénédiction de l'amitié véritable (revue, Section I) |
| 13–24 min | Point 2 — Le contentement (revue, Section II) |
| 24–31 min | Activité de classe — « Bonheur ou contentement ? » |
| 31–40 min | Point 3 — Je puis toutes choses (revue, Section III) |
| 40–45 min | Conclusion + défi de la semaine + prière |
Commencez ainsi
Commencez sans ouvrir la Bible : « Levez la main si vous avez déjà vu Philippiens 4:13 sur un t-shirt, sur une voiture, dans une publication de réussite ou sur un tatouage. » Presque tous lèveront la main. Puis demandez : « Et qui sait ce qui est écrit au verset 12, juste avant ? » Probablement personne. Laissez le silence durer un instant.
Dites alors : « Le verset le plus affiché du pays a été écrit par un homme en prison, juste après avoir dit qu'il savait ce que c'était que d'avoir faim. Aujourd'hui, nous allons lire le verset 13 à sa vraie place. » Puis lancez la question d'accroche : « À quand remonte la dernière fois où la vie d'une autre personne a gâché l'une de vos bonnes journées ? » Demandez-leur de répondre intérieurement ; ceux qui le souhaitent peuvent parler de manière générale — « cela arrive quand on voit quelqu'un… ». Il sera question d'emploi, de mariage, de voyage, d'appartement, de ministère. Gardez ces réponses en tête : tout le cours y répond.
Ne demandez à personne de dire qui il envie ni de montrer un profil.
Conseil de préparation — le texte dans la revue et dans la Bible de la classe. (1) Le texte principal. Les traductions diffèrent sur la fin du verset (certaines portent le pronom, d'autres le nom de Christ), ce qui est une différence de manuscrit et non de sens (voir l'encadré « en celui ou en Christ ? » dans l'Étude). Si quelqu'un le remarque, expliquez-le en une phrase et tirez-en parti : dans cette leçon, le nom de Christ dans le verset est précisément l'essentiel. (2) La lecture en classe est Philippiens 4:10-13 et s'arrête au verset 13. L'aide des Philippiens en détail et la promesse de provision qui vient plus loin dans le chapitre constituent la prochaine leçon ; ne les anticipez pas. (3) La Lecture quotidienne accompagne le thème : Lun Néhémie 8:10 (la joie de Dieu est notre force) · Mar Matthieu 6:26 (faire confiance à Dieu dans l'épreuve) · Mer Jean 15:11 ; 16:24 (une joie parfaite) · Jeu Romains 5:3 (la gloire des tribulations) · Ven 2 Corinthiens 12:9 (la gloire des faiblesses) · Sam Jacques 1:2, 3 (le bonheur dans les épreuves). Si la classe a un groupe de messagerie, envoyez-en une par jour. (4) Le tableau de l'Orientation pédagogique devient l'activité de classe : préparez les bandes de papier à l'avance.
Attention, enseignant — à lire avant dimanche. 1. Personne ne doit sortir du cours en pensant que la pauvreté est un manque de foi. Il peut y avoir dans la salle des personnes au chômage, avec un salaire insuffisant, des factures en retard, ou qui soutiennent seules leur foyer. Ne dites jamais « celui qui a la foi ne connaît pas le besoin ». Le texte dit le contraire (Philippiens 4:12). 2. Le contentement n'est pas la résignation face à l'injustice. Il peut y avoir quelqu'un qui travaille sans être payé, qui subit du harcèlement au travail ou qui vit une relation abusive. Soyez clair : faire valoir ses droits, sortir d'une situation d'abus et demander de l'aide n'est pas un manque de contentement (Actes 16:37 ; Jacques 5:4). Si quelqu'un confie une telle chose, accueillez-le avec bienveillance, ne l'exposez pas, parlez-lui en privé après le cours et transmettez la situation à la direction pastorale le jour même. 3. Philippiens 4:13 n'est pas un verset de haute performance. Pas de « rien n'est impossible à celui qui veut », ni de motivation pour atteindre des objectifs, ni de « décréter ». 4. Pas de marchandage. N'enseignez pas que celui qui est content « débloque » une bénédiction, ni que donner ou accepter le manque est le moyen de recevoir davantage. 5. La comparaison sans exposition. Personne ne dit le nom de celui qu'il envie, personne ne montre de profil. 6. L'isolement n'est pas une accusation. En lisant Proverbes 18:1, rappelez que le texte parle de celui qui choisit de s'isoler pour suivre son propre désir — et non de la personne timide, en deuil ou nouvellement arrivée. 7. La tristesse n'est pas un manque de contentement. Paul dit qu'il sait « être abaissé ». Celui qui traverse une souffrance persistante a besoin de soins, y compris d'un suivi professionnel, et non de reproches.
Point 1 — La bénédiction de l'amitié véritable
- Dans la revue : Section I — « La bénédiction de l'amitié véritable », sous-points 1 (Une grande joie), 2 (Ils se sont souvenus de moi) et 3 (Manque d'occasion), avec l'encadré sur la joie de Paul et l'Introduction de la leçon.
- Ce qu'il faut enseigner : Paul se réjouit dans le Seigneur, et non à cause du colis : ce qui remplit son cœur, c'est que Dieu ait poussé ses amis à se souvenir de lui. La Bible valorise l'amitié (Psaumes 119:63 ; Matthieu 11:19), et l'amitié ne dépend pas de la géographie. Et le « vous n'en aviez pas eu l'occasion » est déjà le contentement en action : Paul aurait pu faire des reproches et a choisi de lire ce retard avec générosité.
- Verset d'ancrage : "J’ai éprouvé une grande joie dans le Seigneur de ce que vous avez pu enfin renouveler l’expression de vos sentiments pour moi ; vous y pensiez bien, mais l’occasion vous manquait." (Philippiens 4:10).
- Question clé : « Quelle est la différence entre avoir beaucoup de contacts et avoir de vrais amis ? »
- Réponses probables (+ approfondissement) : « un ami sait comment vous allez », « un ami vous reprend », « un contact ne fait qu'aimer vos publications ». Approfondissez : « Paul avait des raisons de faire des reproches à cette église et il ne l'a pas fait. Combien d'amitiés mettons-nous en demeure en silence, sans jamais rien dire ? Qu'est-ce qui change si nous lisons le silence de l'autre comme Paul l'a lu ? »
- Si personne ne parle : racontez d'abord : « Une fois, j'ai cru qu'un ami m'avait abandonné parce qu'il avait disparu pendant des semaines. Ensuite, j'ai découvert qu'il traversait [une situation]. J'avais fait un mauvais calcul. » Utilisez un cas personnel, réel et simple. Puis demandez : « Cela est-il déjà arrivé à quelqu'un de notre âge que vous connaissez ? »
Point 2 — Le contentement
- Dans la revue : Section II — « Le contentement », sous-points 1 (J'ai appris), 2 (Me contenter de ce que j'ai) et 3 (Je sais être abaissé et je sais aussi être dans l'abondance), avec les deux encadrés — sur le contentement des stoïciens et sur le maintien de la joie en toute circonstance. Couvre le 2e Objectif — enseigner que Paul avait appris à vivre satisfait, quelle que soit la situation.
- Ce qu'il faut enseigner : « J'ai appris » est un verbe de processus : le contentement s'apprend. La gratitude est l'antidote de la convoitise (Psaumes 103:2 ; Exode 20:17). Les stoïciens parlaient d'autarkēs, se suffire à soi-même ; Paul utilise le mot et en change le maître — la suffisance vient de Christ. Il y a deux examens, la faim et l'abondance, et l'abondance fait aussi échouer (Deutéronome 8:12, 14). Et le contentement n'est pas du conformisme : Paul travaillait, faisait des projets et a fait valoir ses droits à Philippes (Actes 16:37).
- Verset d'ancrage : "Je sais vivre dans l’humiliation, et je sais vivre dans l’abondance. En tout et partout j’ai appris à être rassasié et à avoir faim, à être dans l’abondance et à être dans la disette." (Philippiens 4:12).
- Question clé : « Pourquoi pensez-vous que l'abondance fait aussi échouer les gens ? »
- Réponses probables (+ approfondissement) : « parce que la personne oublie Dieu », « parce qu'elle devient orgueilleuse », « parce qu'elle en veut toujours plus ». Approfondissez : « Proverbes 30:8, 9 demande ni pauvreté ni richesse. Lequel des deux dangers de cette prière semble le plus proche de notre génération ? »
- Si personne ne parle : présentez un cas à la troisième personne : « Un jeune homme a prié pendant deux ans pour un emploi. Il l'a obtenu. Six mois plus tard, il n'avait plus de temps pour l'église, et son salaire ne suffisait jamais. Dans lequel des deux examens se trouvait-il ? » Laissez-les répondre et montrez qu'il avait appris à demander dans le manque, mais pas à remercier dans l'abondance.
Activité de classe
- Objectif : percevoir la différence entre le bonheur qui dépend des circonstances et le contentement qui dépend de Christ — c'est le tableau que la revue suggère dans l'Orientation pédagogique, avec deux bandes de papier supplémentaires pour séparer le contentement du conformisme.
- Matériel : un tableau, du ruban adhésif et des bandes de papier déjà écrites. Au tableau, tracez deux colonnes : Bonheur circonstanciel et Contentement chrétien. Sur les bandes, mélangées : dépend de ce qui arrive · dépend de Christ · est passager · est durable · oscille facilement · demeure ferme · fondé sur les conquêtes · fondé sur la communion avec Dieu · produit la comparaison · produit la gratitude. Et deux bandes supplémentaires : (A) « accepter en silence de travailler sans être payé, pour ne pas paraître manquer de foi » et (B) « arrêter d'étudier et de chercher un emploi parce que "je suis déjà content" ».
- Étape par étape : distribuez les bandes à des volontaires ou en binômes — personne n'est désigné d'office pour aller devant. Chacun colle la sienne dans la colonne qu'il juge appropriée et explique pourquoi en une phrase. Les bandes supplémentaires vont susciter la discussion — elles sont là pour ça. Aidez la classe à voir qu'aucune des deux n'entre dans « contentement chrétien » : elles décrivent le conformisme et la passivité, ce que la revue dit expressément que le contentement n'est pas. Collez-les en dehors des colonnes et écrivez à côté : « ni l'un ni l'autre ». Lisez Actes 16:37 et Actes 20:34. Pour conclure, demandez laquelle des deux colonnes prédomine dans la culture actuelle.
- Conclusion (retour au texte) : « La colonne de gauche monte et descend selon le jour. Celle de droite ne dépend pas du jour, parce qu'elle ne dépend pas de vous : elle dépend de Christ. Et les deux bandes restantes montrent que le contentement ne consiste ni à baisser les bras ni à supporter l'injustice. C'est ce que dit la revue : il ne naît pas de l'abondance et ne disparaît pas dans la disette — il fleurit lorsque vous apprenez que votre suffisance est en Christ. »
Point 3 — Je puis toutes choses
- Dans la revue : Section III — « Je puis tout par celui qui me fortifie », sous-points 1 (Je puis), 2 (Toutes choses) et 3 (Par celui qui me fortifie), avec l'encadré « Pouvons-nous vraiment tout faire ? » et la Conclusion. Couvre le 1er et le 3e Objectifs — le secret du contentement et la certitude que le croyant fidèle peut supporter n'importe quelle circonstance, parce qu'il sera toujours secouru par Dieu.
- Ce qu'il faut enseigner : les « toutes choses » du verset 13 sont celles du verset 12 : la faim et l'abondance. Le verbe signifie « avoir la force », « tenir bon » — l'endurance, et non la conquête illimitée. L'écharde de Paul n'est pas partie (2 Corinthiens 12:9), et il a écrit aux Philippiens en étant prisonnier. « Qui me fortifie » est au présent continu : une force donnée chaque jour, comme la manne. Et celui qui fortifie a un nom — certaines traductions écrivent explicitement « en Christ ». Dieu agit, et nous coopérons (Philippiens 2:12, 13 ; 1 Corinthiens 3:9).
- Verset d'ancrage : "Je puis tout par celui qui me fortifie." (Philippiens 4:13).
- Question clé : « Si Philippiens 4:13 ne promet pas que je vais réussir mon concours, que promet-il ? »
- Réponses probables (+ approfondissement) : « que Dieu est avec moi si j'échoue », « la force d'essayer à nouveau », « rien, alors ? ». Accueillez la troisième réponse, qui est honnête, et approfondissez : « Paul a demandé trois fois et l'écharde est restée. A-t-il perdu la promesse — ou a-t-il découvert quelle était la vraie promesse ? Lisez 2 Corinthiens 12:9. »
- Si personne ne parle : faites le remplacement à voix haute : « Lisons le verset en remplaçant "toutes choses" par la liste du verset 12 : "Je puis être abaissé, je puis être dans l'abondance, je puis avoir faim, je puis être rassasié — en Christ qui me fortifie." Est-ce que cela change quelque chose pour vous ? »
Si l'on vous pose cette question
- Question : « Si je me contente de ce que j'ai, ne vais-je pas arrêter de poursuivre mes objectifs ? » Réponse courte : Non. Le contentement, c'est que votre paix ne dépende pas de la circonstance, ce n'est pas y renoncer. Paul travaillait de ses propres mains (Actes 20:34), a parcouru l'empire et faisait des projets même en prison. Vous pouvez et devez étudier, chercher un meilleur emploi, faire des projets. Ce qui change, c'est que vous ne conditionnez ni votre joie ni la fidelité de Dieu au résultat. "C’est, en effet, une grande source de gain que la piété avec le contentement ;" (1 Timothée 6:6).
- Question : « Je prie depuis des années pour un emploi et rien ne vient. Est-ce parce que j'ai peu de foi ? » Réponse courte : Non. Celui qui a écrit Philippiens 4:13 a connu la faim, la soif, le froid et la nudité (2 Corinthiens 11:27), et Jésus n'avait pas où reposer sa tête (Matthieu 8:20). Paul aussi a prié trois fois et s'est entendu répondre que la grâce du Seigneur lui suffisait (2 Corinthiens 12:9). Le délai n'est pas la preuve d'une petite foi. Continuez à prier, continuez à chercher, et laissez l'église porter le fardeau avec vous (Galates 6:2) — demander de l'aide n'est pas une défaite. Et méfiez-vous de ceux qui promettent que, si vous donnez ou faites telle chose, Dieu sera obligé d'envoyer la réponse : Dieu est un Père, pas un comptoir d'échange.
- Question : « Mon patron paie mon salaire en retard (ou m'humilie au travail). Être content, est-ce supporter cela en silence ? » Réponse courte : Non. La Bible condamne celui qui ne paie pas le travailleur (Jérémie 22:13) et dit que ce salaire crie vers Dieu (Jacques 5:4). Paul, à Philippes, a demandé des comptes aux autorités pour son emprisonnement illégal (Actes 16:37). Faites valoir vos droits par les moyens légitimes, sans vengeance et sans mensonge ; demandez conseil ; et, s'il y a du harcèlement ou des abus, parlez-en à une personne de confiance et aux responsables de l'église, et cherchez de l'aide. Le contentement consiste à ne pas laisser l'injustice voler votre paix en Christ — et non à appeler l'injustice la volonté de Dieu. (Si la question est posée à titre personnel, répondez en privé après le cours.)
- Question : « Mais Jean-Baptiste n'a-t-il pas ordonné aux soldats de se contenter de leur solde ? Je ne peux donc pas demander une augmentation ? » Réponse courte : Lisez le verset entier : "Des soldats aussi lui demandèrent : Et nous, que devons-nous faire ? Il leur répondit : Ne commettez ni extorsion ni fraude envers personne, et contentez-vous de votre solde." (Luc 3:14). Les soldats utilisaient leur uniforme pour extorquer le peuple. Jean leur a ordonné d'arrêter de voler pour compléter leur salaire — il n'a interdit à personne de rechercher un salaire juste par des moyens honnêtes. La cible du verset est l'extorsion, pas le travailleur qui négocie.
Conclusion + défi de la semaine
- Conclusion : « Paul a écrit "j'ai appris" depuis l'intérieur d'une prison. Il a appris dans la faim et dans l'abondance, et il a découvert que le secret n'était pas de se suffire à soi-même, mais d'être soutenu. Philippiens 4:13 ne promet pas que vous allez tout gagner ; il promet que rien n'a le pouvoir de vous arracher à Christ tant que vous demeurez en lui — ni le manque, ni l'abondance. Et ce n'est pas du conformisme : c'est une paix qui ne dépend pas du jour. La force vient de Christ, qui s'est fait pauvre pour nous, est mort à notre place et est ressuscité, et qui continue de fortifier, un jour à la fois. Celui qui a Christ peut perdre le reste sans avoir perdu l'essentiel. »
- Défi : Pensez à une personne dont vous comparez souvent la vie à la vôtre — quelqu'un que vous connaissez, pas une célébrité. Vous n'avez besoin de dire à personne de qui il s'agit. Pendant sept jours, priez pour elle au moins une fois par jour, en demandant à Dieu une chose bonne et précise pour sa vie. Et chaque fois que la comparaison vous serre le cœur — sur votre fil d'actualité, dans une conversation, face à une nouvelle —, faites sur-le-champ deux phrases de prière : l'une pour elle (« Seigneur, bénis [prénom] dans [quelque chose de concret] ») et l'autre pour vous (« Seigneur, enseigne-moi le contentement ; ma force est en Christ »). Dimanche, revenez avec votre récit. (Lorsque vous ferez le point dimanche, ne demandez jamais qui est la personne. Demandez ce qui est arrivé à la comparaison après quelques jours à prier pour elle, et ce qui a été le plus difficile. Si quelqu'un confie que cette personne est quelqu'un qui l'a blessé ou a abusé de lui, dites-lui en privé que le défi ne concerne pas cette personne et transmettez le cas à la direction pastorale.)
Kit de l'enseignant
- Avant : lisez l'Introduction, les trois sections, les trois encadrés, l'Orientation pédagogique avec le tableau et la Conclusion ; lisez Philippiens 4:10-13 dans votre Bible, ainsi qu'Actes 16:16-40 et 2 Corinthiens 12:7-10. Regardez la leçon vidéo dès sa diffusion. Lisez attentivement l'encadré « Attention, enseignant ». Les questions de révision conviennent bien pour les dernières minutes.
- Apportez : votre Bible, les douze bandes de l'activité déjà écrites, du ruban adhésif et le tableau. Ayez à portée de main les coordonnées de la direction pastorale, au cas où quelqu'un aurait besoin de parler après le cours.
- Priez avant : pour les élèves qui sont au chômage, endettés ou qui travaillent sans être payés, afin qu'ils sortent du cours accueillis et non accusés ; pour ceux qui vivent dans l'abondance, afin qu'ils n'oublient pas Dieu ; pour ceux qui se comparent en silence ; et pour vous-même, afin d'enseigner le contentement sans conformisme et Philippiens 4:13 sans triomphalisme, en tournant les regards vers Christ.
Devoir à la maison
Votre mission de la semaine
Pensez à une personne dont vous comparez souvent la vie à la vôtre — quelqu'un que vous connaissez, pas une célébrité. Vous n'avez besoin de dire à personne de qui il s'agit. Pendant sept jours, priez pour elle au moins une fois par jour, en demandant à Dieu une chose bonne et précise pour sa vie. Et chaque fois que la comparaison vous serre le cœur — sur votre fil d'actualité, dans une conversation, face à une nouvelle —, faites sur-le-champ deux phrases de prière : l'une pour elle (« Seigneur, bénis [prénom] dans [quelque chose de concret] ») et l'autre pour vous (« Seigneur, enseigne-moi le contentement ; ma force est en Christ »). Dimanche, revenez avec votre récit.
Pourquoi
La comparaison est le laboratoire de la convoitise, et le contentement s'apprend : "Ce n’est pas en vue de mes besoins que je dis cela, car j’ai appris à être content de l’état où je me trouve." (Philippiens 4:11). Prier pour le bien de celui que vous enviez entraîne le cœur à se réjouir avec ceux qui se réjouissent (Romains 12:15) et à chercher la force là où Paul l'a cherchée — en Christ, un jour à la fois.
Comment savoir que vous l'avez fait
Pendant sept jours, une personne précise a reçu de votre part au moins une prière par jour demandant quelque chose de bon pour elle, et vous avez observé ce qui est arrivé à la comparaison lorsqu'elle s'est fait sentir.
Dimanche, revenez avec votre récit
Personne ne demandera qui est cette personne. Racontez ce qui a changé — ou ce qui n'a pas changé — dans la comparaison après une semaine à prier pour elle, et quel a été le moment le plus difficile. Le prochain cours commence avec ceux qui l'ont fait ; ne restez pas en reste.






